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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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Notsil
Candy


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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 10 Juin - 9:43

Eh bien, ça avance ça avance ! Est-ce un miracle ? ^^

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 10 Juin - 10:08

Oui. Je dois être la réincarnation de Jésus, en fait.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 11 Juin - 17:20

XLIII


– Gardes, faites ce que vous avez à faire ! tonne Gaga en me désignant du doigt.
Lesdits gardes s’emparent de moi, indifférents à mes hurlements désespérés. Je lance des regards implorants vers mes compagnons afin que, n’écoutant que leur courage, ils volent à mon secours. Sauf que Snaf me tourne le dos, absorbé par la contemplation d’une grande peinture de maître un peu plus loin dans le couloir. Quant à Zavid et Kiki, ils sont en pleine leçon de dressage : le lieutenant du BSI tend la main et le nexu s’assoit avant de tendre sa papatte vers sa maîtresse.
– Bande de vendus ! que je crie. Je comprends mieux l’horrible goût de trahison que j’ai dans la bouche !
– Non. Ce sont des bactéries, corrige le type du serveur médical, la voix étouffée sous son masque.
Et c’est ainsi que je suis emmené dans les couloirs comme un vulgaire criminel. Sur notre passage, les gens de Gaga se plaquent contre les murs, comme s’ils avaient peur d’être contaminés. Tas d’enfoirés…
Ces monstres sans foi ni loi vont-ils pousser l’abjection jusqu’à m’éliminer ? Moi, Cirederf Nomis, fer de lance de l’élite humaine impériale ?
Ils m’emmènent dans une pièce très sombre, m’attachent bras et jambes sur un support vertical, avant de me plaquer un masque sur le visage.
Par tous les dieux, je ne vais quand même avoir droit à une mort atroce délivrée par un gaz mortel ? Ils referment une porte sur moi, et je me rends compte que je suis dans un grand cylindre aux parois transparentes.
Quelle est donc cette sensation étrange à mes pieds ? Je baisse les yeux : un liquide épais me lèche les chevilles et part à l’assaut de mes genoux, puis de mes cuisses…
Gazé et noyé en même temps ? Décidément, Gaga le Hutt ne manque pas d’imagination ! Moi si, alors je cherche désespérément un moyen de m’en sortir. Je ne peux pas finir ainsi ! Les autres, si, mais pas moi !
– Alors, tout est prêt ? demande le type du senseur, qui dirige aussi les opérations ici.
– Impec, chef.
– Pourquoi on est dans le noir ?
– L’ampoule est grillée, répond une voix un peu plus loin. C’est bon, elle est changée.
Pendant ce temps, le liquide épais arrive à mon cou. La mort arrive, lentement, au service de tortionnaires sadiques…
La lumière jaillit soudain, si fort que je me demande si cela ne fait pas partie de leurs techniques de tortures. Bon, vu comme ils se protègent eux aussi les yeux, peut-être pas. Ou alors ils sont assez stupides pour se torturer eux-mêmes. À moins bien sûr qu’ils ne poussent la perversion à aimer ça ? Ou alors ils se p…
– Tout fonctionne à merveille, chef. La solution concentrée en bacta va commencer son œuvre. Dans quelques heures, il ne restera plus aucune trace sur le corps de Nomis de bactaries grâce au bacté. Ou quelque chose comme ça.
Tiens ! Maintenant qu’ils le disent et que mes yeux se sont habitués à la luminosité, il est vrai que cette pièce ressemble à s’y méprendre à une infirmerie, et le tube où je me trouve à une cuve à bacta.
Tout ça pour deux trois microbes ? Décidément, ces gens sont très excessifs, pour ne pas dire complètement fous.
L’eau continue de monter. Elle atteint presque mes oreilles. Le clapotis du bacta qui monte peu à peu dans la cuve me donne envie de faire pipi. Je décide de m’exécuter. Après tout, c’est aussi discret que de le faire dans une piscine, un océan ou un bain ! Sauf que là, j’entends en retour :
– Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhh ! Ce porc vient de se soulager dans la cuve à bacta ! Regardez, le colorant détecteur spécial que j’ai installé dedans brille de mille feux ! C’est fou, ça : jamais vu un porc pareil !
– Il doit sûrement se rouler dans sa fange en rentrant chez lui, extrapole son collègue, une grimace de dégoût sur le visage.
Mais… mais… rien ne me sera donc épargné ? Je ferme les yeux, juste avant que le bacta les atteigne. Les oreilles sous l’eau, je n’entends plus rien. Je flotte paresseusement dans le bacta et commence déjà à me sentir mieux. Je sens toute la fatigue et les blessures accumulées s’évacuer de mon corps.
Qu’est-ce que c’est bon. Qu’est-ce que c’est délassant. Je me sens bien. Si bien. Je pars… au loin…

Je vole dans l’espace, bien que sans scaphandre. Je m’aperçois que je ne suis pas seul. Une minuscule créature verte, toute ridée et avec de grandes oreilles – beurk, encore un non-humain : décidément, l’univers est sacrément infesté – vole à mes côtés et me dit :
– Trop super bien c’est, hein ?
Je l’ai reconnu tout de suite : il s’agit rien moins que de maître Yoda, l’un des criminels les plus recherchés de l’Empire !
Je pointe mon arme sur lui et lui dis :
– Pas un geste, maître Yoda ! Vous êtes en mon pouvoir !
Il ne répond rien et se contente de fixer mon arme en réprimant un sourire. Qu’est-ce qu’il a à rire, comme si mon arme n’était rien pour lui ? Je l’inspecte rapidement du regard, au cas où. Bon sang, suis-je bête ! J’avais oublié de déverrouiller le cran de sûreté ! Je m’empresse d’y remédier et pointe à nouveau ma brosse de bain à tête de canard vers le Jedi déchu, prêt à presser la détente.

C’est alors que j’entends deux voix, lointaines, si lointaines…
– Oh non, je me suis trompé !
– À quel propos ?
– Au lieu de mettre du bacta concentré, j’ai mis du bâton de la mort concentré !
– Aïe ! Ce pauvre gars doit halluciner et planer grave…

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 11 Juin - 17:21

XLIV



Yoda ne semble pas impressionné par la brosse à tête de canard braquée sur lui. Le fou ! N’a-t-il donc pas vu que j’ai le doigt sur la détente, prêt à le cribler de tirs de blaster à répétition ? (car oui, un blaster-mitrailleur petit canard, ça fait du dégât… beaucoup de dégât.)
Il écarte le pan de sa bure de Jedi et en sort son sabre-laser, avant d’appuyer sur le bouton d’activation de la lame. Son arme fait « clic », et si de la lumière en jaillit, ce n’est pas sous la forme de plasma concentré. Juste un cône lumineux, inoffensif, qui éclaire un peu l’espace autour de lui.
– Zut, trompé je me suis, fait la petite créature verte. Pas mon sabre-laser ce n’est mais ma lampe de poche.
Je soupire vis-à-vis de la bêtise de mon vis-à-vis (oui, soyons écolos, recyclons les mots). J’ajuste mes petites lunettes rondes, caresse ma barbiche, tapote de ma longue baguette le bureau devant lequel je me tiens debout, afin de capter l’attention de ma classe.
Bon, je devrais m’en sortir : parmi la trentaine de pupitres, peu sont occupés, dont un par Yoda, en short et culotte courte, stylo dans une main, sucette géante dans l’autre. Il a l’air bien ennuyé d’être là, ce que je comprends aisément : c’est l’heure du cours de français, et on connaît ses talents en la matière…
De ma baguette, je lui montre le tableau noir sur lequel est écrit à la craie :

Exercice numéro un : remets les éléments de la phrase dans le bon ordre.
« Pas mon sabre-laser ce n’est mais ma lampe de poche ».



Et je rajoute, excédé par cet élève si médiocre :
– C’est pourtant pas compliqué ! N’importe qui est capable d’y arriver ! Alors toi, avec tes neuf cents ans, en plus… Ah, pour se tataner la tête avec les copains à grands coups de sabres qui font vzioum vzioum et de la lumière, y’a du monde, mais dès qu’il s’agit de parler correctement l’aurebesh, il n’y a plus personne !
– Pas ma faute ce n’est. Jamais compris je n’ai.
– Je n’ai jamais compris, que je corrige.
– Ah, toi non plus ? demande-t-il.
Se moquerait-il de moi ? Si c’est le cas, ce petit impertinent mériterait que je le colle pour quatre heures, avec comme punition copier plusieurs centaines de fois les phrases « Je ne dois pas tenter de renverser la République ni de tuer le Chancelier. C’est pas bien. L’Empire est mon ami. »
Je me demande pourquoi je m’obstine. Je ne voudrais pas être pessimiste, mais si cette petite tanche non-humain n’a pas été foutue d’apprendre l’aurebesh en neuf cents ans, je ne vois vraiment pas ce qui pourra l’aider, même avec des millions d’heures de soutien scolaire en plus des cours.
Si encore c’était le seul élève à problème. Mais non, ce serait trop facile ! Regardez le petit Mace Windu, assis à côté de Yoda. Quand je lui dis « Prends ton cahier, on va faire une dictée », et qu’il me répond « Mais m’sieur, je peux pas écrire, Kikinou m’a coupé la main ! » en brandissant son moignon, je ne peux m’empêcher qu’il y met beaucoup de mauvaise volonté : après tout, il lui reste sa main gauche ! Encore un rebelle en puissance…
Le petit Gaga le Hutt s’approche de moi en se dandinant d’un pied sur l’autre (enfin, façon de parler). Il me tend un mot de son papa, sur lequel est noté « Monsieur le professeur, merci de dispenser mon fils Gaga du cours de sport de cet après-midi ».
Je rétorque froidement à Gaga :
– Ça suffit, les faux prétextes pour ne pas aller en cours.
– Mais m’sieur, tente Gaga, cet après-midi c’est saut à la perche.
– Oui, et alors ?
– Ben… Je suis un Hutt.
– Je ne veux pas entendre tes excuses moisies ! Quand on veut, on peut ! Na ! Tu iras en cours, et si tu ne fais pas d’efforts, laisse-moi te dire que tu auras zéro, et que ce sera bien fait. Non mais oh ! Jamais vu une telle mauvaise volonté !
Un autre élève intervient :
– M’sieur ! M’sieur ! Au secours !
– Oui, Palpatinou ? Qu’est-ce qui t’arrive ?
– Je viens de devenir aveugle, aidez-moi !
– Voyons, Palpatinou ! C’est juste à cause de ta capuche de rappeur, elle te recouvre les yeux. Relève-la et tout ira mieux.
L’élève s’exécute, dévoilant ainsi son visage zébré de cicatrices torturées.
– Hum… que je fais. Avec ta tête, je pense qu’il vaut mieux que tu remettes ta capuche, finalement. Tu vas faire peur à tes petits camarades, sinon.
– Mais si je ne vois rien, je ne peux pas être bon à l’école ni apprendre mes leçons ! Je n’aurais pas de diplôme !
– C’est pas grave, tu n’auras qu’à faire de la politique.
– Mais ça a l’air compliqué, la politique. Il faut faire des longues phrases avec des mots compliqués.
– C’est pas grave non plus. De toute manière, quand tu auras prononcé le dernier mot de ta phrase, sept minutes après l’avoir commencée, plus personne ne se souviendra du début, donc bon… Et puis il s’agit surtout de promettre aux gens n’importe quoi, de préférence ce qu’ils veulent entendre. Bref, pour être un bon homme politique, il suffit de savoir mentir. Tu sais le faire, n’est-ce pas ?
– Non.
– Très bien ! Je vois que tu le sais, vu ta réponse ! Donc pour réussir en politique, il faut mentir, mentir et encore mentir, tout en montant les gens les uns comme les autres.
– Mais les gens vont se rendre compte que je moque d’eux, à force !
– Oui, mais ils s’en fichent, en fait.
– Ils sont si stupides que ça ?
– Ce n’est même pas ça : c’est simplement que les hommes politiques étant tous interchangeables, les gens n’ont pas le choix.
– Mais à force, les hommes politiques doivent se faire écarteler, traîner dans la boue, clouer au pilori, non ?
– Et bien non, c’est toute la magie de ce métier ! Les hommes politiques, c’est comme les élèves dissipés. Quand ils font une bêtise, ils vont au coin et quelque temps après, ils peuvent revenir faire des bêtises, comme si de rien n’était !
– Ah ouaip, trop bien, je vais faire ça, alors !
– C’est ça, Palpatinou, fais donc…

Et là, le rancor sort de la corbeille à papiers, me tranche en trente-huit morceaux avec ses griffes, et je fais :
– Oh non, comment je vais faire pour mes vêtements ? Je ne sais pas coudre !
Alors j’enfourche le destroyer stellaire, rênes bien en mains, et lui donne un coup d’éperons pour qu’il file dans l’espace, direction le soleil couchant.
Comme de bien entendu, je me mets à l’unisson de la scène en chantant :
« I’m a poor… lonesome Cirederf… »

Dommage que je ne dispose pas du don d’ubiquité. Je pourrais me prendre en holo-photo, pour la postérité et pour faire des cartes postales à envoyer aux copains.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 11 Juin - 17:22

XLV



I believe I can flyyyyyy…

Je flotte au-dessus des nuages. Tout irait bien, nonobstant ce bruit de fond, des mots qui parviennent à mon esprit sans pour autant faire sens.
– Bon sang, il a eu une sacrée veine de ne pas faire une overdose ! Il aurait pu en mourir !
– J’en suis ravi pour lui, répond une voix morose. Lui, au moins, il survivra à cette erreur.
– Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
– Que nous, nous sommes morts. Dès que Gaga s’apercevra qu’il lui manque une poche de bâton de la mort liquéfié, il mènera l’enquête, remontera jusqu’à nous et nous fera exécuter.
– Ça fait pas un peu beaucoup de « nous », dans ta diatribe ?
– Peu importe.
– Il faut croire que son idée de dissimuler les bâtons de la mort sous forme de poches de bacta était une trop bonne idée. Quoi qu’il en soit, ce fut un plaisir de t’avoir rencontré. Mais ça fait quand même chier de mourir, alors que j’étais si proche de réussir à remplir mon CODEVI.
– De mon côté, je me console en pensant que mes huit ex-femmes vont enfin devoir se débrouiller sans les pensions alimentaires que je leur verse tous les mois et qui grèvent en permanence mon budget.
Je n’ai rien compris de ce qui se disait. Je parviens à ouvrir un œil. Une fois que tout a fini de tourner autour de moi, une scène floue apparaît devant mes yeux : deux hommes qui se donnent l’accolade, serrés l’un contre l’autre.
L’un d’eux reprend la parole :
– Au fait, tu es devenu gay ?
– Euh… non, et toi ?
– Non plus. On va peut-être arrêter de se coller comme ça, du coup.
– T’as raison, fait l’autre en s’écartant.
Alors que la fatigue menace à nouveau de m’emporter, les mots qu’ils prononcent dansent une sarabande que je ne comprends plus.
– Tiens, mais j’y pense ! Que nous sommes bêtes ! Il y a un moyen très simple pour survivre à notre erreur !
– Ah oui ? Lequel ?
– On met ça sur le dos de ce Nomis. Après tout, c’est lui qui l’a consommé, ce concentré de bâtons de la mort !
– Pas bête… parfait, même ! On lui prélève un peu de sang, on dira que c’était pour vérifier qu’il ne suintait pas trop de germes purulents et hop, le moment venu, on montre nos analyses comme quoi la drogue est dans son sang !
– Génial, on fait comme ça ! Tapes m’en cinq !

Quand je me réveille, je suis trèèèèès fatigué. Méga mal au crâne. Ankylosé de partout. Mes mains n’arrêtent pas de trembler. J’ai la bouche tellement sèche que j’ai l’impression d’avoir mangé du sable. Au moins un désert.
– Aaaaaaaaaaaah, ce cher Cirederf se réveille, me fait le type au senseur, un grand sourire radieux aux lèvres.
– Il a fait un gros dodo, le Cirederfinou, ajoute l’autre, bonhomme.
Je souris. Aïe, ça fait mal aux joues ! Mais je souris quand même, parce que ces deux gars sont si amicaux… On dirait qu’ils ont enfin pris conscience de l’importance de l’homme important qu’ils ont l’incroyable chance de côtoyer, d’où leur air réjoui et leur amabilité. Comme je les comprends : les gens de pouvoir comme moi, ça se ménage, ça se choye, car on a le bras long ! J’ai interviewé l’empereur en personne, moi !
Les grands hommes ne frayant pas avec la plèbe, je m’assois et leur demande, glacial :
– Où sont mes fringues ?
L’homme au senseur les amène avec délicatesse. Ils ont été repassés, et même lavés vu la bonne odeur de lavande qui s’en dégage.
Tout en m’habillant, j’inspecte soigneusement mes habits. Ils n’ont jamais été plus nickels, peut-être même pas quand je les ai achetés. Mais les grands hommes ont toujours un reproche à la bouche pour le petit peuple, aussi je lui dis :
– Ils sont rêches. La prochaine fois, mettez plus d’adoucissant.
– Tu as toujours des regrets quant à ce qu’on projette de faire ? demande l’homme au senseur en se tournant vers son acolyte.
– Non, aucun. Mes scrupules viennent de s’envoler, là, comme ça, pouf !
– De quoi vous parlez ? que je demande.
– De rien, de rien, répondent-ils à l’unisson.
L’un d’eux me prend par le bras pour m’aider à marcher puis, avec moult courbettes, ils m’accompagnent jusqu’à la porte de l’infirmerie. Dès que je suis dans le couloir, la porte refermée sur eux, j’entends dans mon dos :
– Champagne !
Pfeuhhh… il faut croire que ces deux pécores vont s’adonner à la boisson. Décidément, un gueux restera toujours un gueux, et méritera toujours mon mépris.
Avec tout ça, je ne sais pas où je suis, or j’aimerais bien rejoindre les autres. Le couloir est d’une telle propreté que j’ose à peine marcher, m’attendant à chaque pas à me faire désintégrer par un canon-blaster qui surgirait des murs, pour me punir d’avoir Sali le sol avec mes chaussures.
Et puis il y a des portes partout. Comment trouver la bonne ?
Comme je suis un être exceptionnel, je me dis que c’est l’occasion de vérifier à nouveau si des pouvoirs liés à la Force ne se manifestent pas en moi. Ce serait trop génial ! Maîtriser la télékinésie, par exemple : plus besoin de se lever du sofa pour attraper une bière dans le frigo. C’est elle qui viendrait à moi ! Manipuler les esprits faibles. Je me vois déjà dire à mon banquier :
– Vous avez commis une erreur sur mes comptes. Vous allez transférer un milliard de crédits dessus.
Et lui de répondre :
– J’ai commis une erreur sur vos comptes. Je vais transférer un milliard de crédits dessus.
En attendant ce jour, je décide de m’entraîner sur le sens de l’orientation, tout en marchant les yeux mi-clos.
Là !
Cette porte m’appelle, je peux le sentir ! C’est forcément le bon chemin !
J’ouvre. Un placard à balais. Bon, je manque tout simplement d’entraînement, on va dire.
Quand j’arrive devant la porte suivante, je n’ai pas à appuyer sur le bouton d’ouverture car la porte s’efface devant moi. Et je me retrouve nez à nez avec une superbe femme. Si ça ce n’est pas un signe du destin…
– Salut, beauté, que je lui fais de ma voix la plus suave possible.
Et elle se jette sur moi.

Décidément, je m’épaterai toujours.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 11 Juin - 21:09

La dernière phrase te va à merveille Wink

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 11 Juin - 22:28

Ça fait un sacré morceau tout ça !
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 12 Juin - 0:16

Notsil a écrit:
La dernière phrase te va à merveille Wink

Veux-tu m'épouser ? Grand Sourire

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 12 Juin - 9:56

C'est pas à moi qu'il faut poser la question je te rappelle :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 12 Juin - 10:24

Ah oui, merde ! affraid

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 12 Juin - 10:52

XLVI



Je dois reconnaître que cette femme est plutôt démonstrative. Pour ce qui est de la conversation, je ne sais pas encore. Sa langue fouille tant et tant dans ma bouche avec passion, à croire qu’elle a perdu quelque chose dedans, au point que j’ai bientôt l’impression d’avoir une limace chaude, gluante et speedée dans la bouche.
Elle me lâche, me prend la main et me susurre à l’oreille :
– Viens !
Et moi je réponds :
– Aïe !
Il faut dire qu’en passant, elle m’a mordu le lobe de l’oreille.
Elle m’entraîne dans sa chambre, qu’elle s’apprêtait à quitter avant notre rencontre.
À vrai dire, je ne suis même pas étonné par son attitude. Je trouve normal que n’importe quelle femme se jette sur moi. la seule chose étonnante est qu’elles ne soient pas plus nombreuses à le faire, subjuguées par ma beauté, mon intelligence, mon charisme, mon exceptionalité (il existe vraiment, ce mot ? Bah, on s’en fiche, il est joli). Quand les religions diverses et variées de la galaxie ont pris corps, il y a des millions d’années, ce sont tout simplement des gens comme moi qui ont été pris en exemple et déifiés, ça me semble évident. Il faudra que j’en discute avec un théologien, un jour…
En attendant, je la suis et la porte se referme sur nous. Je rentre le ventre et bombe le torse. Zut, mon ventre dépasse toujours un peu. Qu’à cela ne tienne, j’y remédie en me penchant légèrement en avant. Mais pas longtemps, car elle se jette à nouveau sur moi et me plaque violemment au mur en disant :
– Je te veux !
– Aïe, mon dos ! que je rétorque.
Elle a de la force, mine de rien. Alors que j’ouvre à nouveau la bouche pour continuer cette intéressante conversation, je m’aperçois que je suis nu. Diantre, belle efficacité de sa part !
Elle recule, me toise de la tête aux pieds. L’air gourmand et avide qui se lisait sur son visage laisse la place à une grimace de déception.
– Bon, je suppose qu’il va falloir s’en contenter, qu’elle dit.
Et elle se jette à nouveau sur moi.
Je ne prends même pas le temps de me vexer, gagné à mon tour par l’excitation. Le lit est à à peine deux mètres de nous, mais autant faire les choses bien, lui montrer ma virilité et la puissance de mes muscles euh… saillants, en la prenant dans mes bras pour l’y déposer.
Je la bascule sur moi, passe une main autour de ses épaules, mets l’autre sous ses genoux pour la soulever. Je n’y arrive pas. Je la remets sur pied et l’entraîne par la main vers le lit. Ça s’appelle un plan B, et ça marche tout aussi bien.
Je la fais tomber sur le lit et lui dis fièrement :
– Mon nom est Cirederf Nomis. Profite bien de ma présence, car comme à toutes les femmes que j’ai connues auparavant, je vais te laisser un souvenir impérissable !
– Moi je m’appelle Sylmort de Leonbinetos, qu’elle me répond sans sembler impressionnée le moins du monde par ma tirade.
– Super compliqué, ton nom.
– On me surnomme « Sy ».
– C’est nettement plus joli. Et bien trouvé. Diminutif de ton prénom, n’est-ce pas ?
– Non, diminutif du mot syphilis.
– Ah…
Mais là encore, alors qu’elle m’attire à elle, je laisse l’excitation me guider, décidé à l’envoyer au huitième ciel. Oui, au huitième. Je laisse le septième aux gens ordinaires, dont je ne fais pas partie.



Dix-sept secondes plus tard, je suis épuisé, allongé sur le dos, un masque à oxygène dans une main, que je plaque de temps à temps sur ma bouche, histoire de reprendre mon souffle. Dans l’autre main, une cigarette. Je transpire autant qu’un Rbeton sous la pluie.
Tout à mon bonheur – c’était véritablement divin ! –, je ferme les yeux pour mieux le savourer et me tourne vers Sy. À l’aveugle, je l’embrasse et dis :
– Fffhj ghjjf fjhgff.
Pas facile de parler la bouche pleine, finalement. Je me recule, ouvre les yeux, me rend compte qu’en fait, c’était son oreiller que j’embrassais. Voilà qui explique pourquoi je trouvais qu’elle avait soudain un sale goût.
Je prends de nouveau ma plus belle voix suave pour lui susurrer :
– Alors, chérie ? Heureuse ?
Tiens donc, je me rends compte à ce moment que je suis seul dans le lit. Je vois juste sa silhouette franchir la porte, qui se referme derrière elle.
Étonnant comme elle est partie vite. Probablement bouleversée par ma performance hors du commun. J’espère qu’elle s’en remettra. Même s’il faudra sûrement de longs mois voire des années pour cela. Je ne fais pas partie des hommes qui s’oublient facilement.
Plus probable : elle entrera dans les ordres et finira dans un couvent, persuadée à raison de ne plus jamais ressentir les mêmes sensations grisantes. Là, elle pourra à jamais choyer les souvenirs de cette merveilleuse rencontre.
Ce n’est pas ma faute. Je leur fais immanquablement cet effet-là, vu la vitesse à laquelle elles partent toutes.
Je me rhabille tranquillement en sifflotant, et j’en profite pour fouiller un peu sa chambre. Cool, je trouve cinquante crédits. Décidément, c’est une belle journée !
Je me sens d’excellente humeur quand je me retrouve dans le couloir, et ma veine continue : je croise un garde qui m’indique comment gagner la salle du trône de Gaga.
Bien ! Tout va pour le mieux. Nous allons récupérer la famille de Snaf puis nous quitterons Althètis, avant de repartir à la recherche de cet imbécile de Covelian. Je suis sûr que je vais même réussir à convaincre Zavid de me laisser partir. Après tout, mon charme est au top, je viens d’en avoir une fois de plus la preuve flagrante !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 12 Juin - 10:53

XLVII



J’entre dans la salle du trône de Gaga. Une salve d’applaudissements et des vivats retentissent. Étrange. Non pas que ça m’arrive, c’est même plutôt normal, mais ce que je trouve étrange, c’est que ça n’arrive pas systématiquement dans tout endroit où je mets les pieds.
Je fends la foule en hochant la tête et en murmurant des « merci » de bon aloi, même si on ne devrait pas remercier les gens se contentant de souligner votre grandeur, puisque c’est quelque chose qui devrait aller de soi.
Quand j’arrive devant Zavid, elle me fait, revêche :
– Snaf a négocié avec succès le rachat de sa famille à Gaga. Ils viennent de s’enlacer de bonheur, et tout le monde applaudit parce que c’est une belle happy end.
Ah… c’est pour ça. Histoire de ne pas trop perdre la face, je dis :
– Je sais, tu penses bien. Je… je plaisantais, voilà tout !
– Mais bien sûr, prends-moi pour une gourde ! T’es aussi rouge qu’une tomate ayant chopé un coup de soleil !
Je décide d’ignorer sa réponse mais elle reprend :
– Bon, cette histoire étant réglée, on va enfin pouvoir se remettre en quête du colonel Covelian. Avant tout, contacter Hoyman Hoydgins pour savoir s’il a retrouvé sa trace.
Je ricane intérieurement : si tu savais !
Je m’apprête à négocier ma séparation d’avec Zavid afin de regagner mes pénates sur Coruscant quand je me rappelle soudain que ma tête est mise à prix. Entre elle et Kiki, je suis plus en sécurité que je ne le serai jamais sur Coruscant, où doivent m’attendre des hordes entières de chasseurs de primes. La mort dans l’âme, je décide donc que je vais continuer à la suivre.
D’un autre côté, grâce à Gaga, je récupère 70 030 crédits, plus les cinquante trouvés dans la chambre de Sy. Qui sait combien d’argent je peux encore glaner en suivant cette folle furieuse du BSI ?
L’atmosphère est est joyeuse dans la salle du trône tandis que Snaf nous rejoint, avec sa femme et son fils. Ce sont des Rbetons comme lui, avec une tête et des cheveux rouges.
– Comme je suis ému, snif. Maintenant, je peux vous conduire où vous voulez. Maître Gaga a fait amener mon vaisseau ici-même, au hangar 3, qu’il m’a dit. On va pouvoir décoller dès que vous serez prêts.
– Ne traînons pas, alors, fait Zavid. Kiki, au pied !
– Une minute, que je fais. J’ai encore ma récompense à toucher !
– D’accord, concède Zavid. Comme tu dis, tu as exactement une minute pour la récupérer.
Oups, ça va être chaud ! Je commence à me frayer un chemin dans la foule, direction le trône, quand la porte de la salle s’ouvre à la volée, révélant un Tesnor surexcité :
– Mon seigneur, nous avons été trahis !
Un silence sépulcral s’abat aussitôt sur les lieux.
– Comment ça ? demande Gaga.
– Je supervisais l’embarquement des poches des bâtons de la mort pour la transaction de demain, et me suis rendu compte qu’il en manquait une ! Il y a un voleur parmi nous !
– QUOI ?? rugit Gaga. Alerte rouge ! Branle-bas le combat ! Ça va iech !
– Pas de panique, monseigneur, reprend Tesnor. J’ai mené mon enquête.
– Et ?
Tesnor fait signe à deux personnes cachées derrière lui de s’avancer. Je reconnais l’homme aux senseurs et son acolyte. Le premier prend la parole :
– Comme on était en charge de Nomis, on en a profité pour faire une prise de sang, au cas où un virus aurait échappé à notre vigilance. Nous n’en avons pas trouvé, mais mis la main sur pire : son organisme était saturé de bâton de la mort. Voici le diagramme qui le prouve !
Aussitôt, je deviens l’objet de l’opprobre général.
– La sale fouine d’humain !
– Le malhonnête homme !
– Quel esprit pervers !
– Je suis sûr qu’il mange des bébés phoques au petit déjeuner !
– Jusqu’où ira sa vilenie ? Voler le sac à mains d’une vieille dans la rue ? Arracher une sucette de la bouche d’un enfant ?
Bien que je sois, comme on peut le concevoir, fortement contrarié de tous les voir me voler ainsi dans les plumes que je ne possède pas, je contiens mon calme et me fais au contraire le plus petit possible. Il y a tellement de monde que personne ne m’a encore remarqué.
Je me retrouve nez à mufle avec un non-humain hideux (pléonasme, on ne le dira jamais assez) qui écarquille ses yeux à facettes à ma vue, avant de lancer :
– Ill est llà ! Ll’humain détesté est llà !
– Même pas vrai, que je réponds du tac au tac, pris d’une soudaine inspiration. En fait, je m’appelle… euh… Frederic… Simon… et Cirederf Nomis est mon jumeau maléfique !
– Ça alors, c’est incroyablle, me répond mon interlocuteur. La ressembllance est frappante !
Je n’arrive pas à y croire, mais on dirait que mon subterfuge fonctionne.
– Ne te fais pas avoir, il te ment ! dit le type à côté de lui.
– Non, c’est vrai ? répond l’autre. Quell sallaud !
C’est à ce moment que je décide de jouer des coudes pour m’enfuir. Heureusement, il y a tant de monde, et qui plus est à s’agiter dans tous les sens, que personne ne parvient à me mettre le grappin dessus pendant que je progresse vers la sortie.
Au-delà des cris des uns et des autres, la voix tonitruante de Gaga retentit :
– Maudit Nomis ! Rapportez-moi sa tête ! Pour sa récompense, il peut se gratter ! Au contraire, je mets sa tête à prix : un million de crédits à qui me ramènera Nomis vivant, zéro s’il est mort. J’ai toujours préféré torturer des vivants plutôt que des morts.
Si j’avais le temps de penser à autre chose qu’à m’échapper, je me réjouirais d’apprendre que quoiqu’il arrive, je survivrai.
– Par contre, vous avez le droit d’en couper un ou deux morceaux, ajoute Gaga.
Je présume que c’était trop beau.
Par miracle, j’arrive à échapper aux griffes, doigts palmés, ailes, sabots et autres monstrueux appendices que tout un chacun serait bien en peine de nommer.
Dès que je suis dans le premier couloir venu, je prie à nouveau la Force de me révéler mes pouvoirs cachés. Objectif : trouver la porte qui mènera à un hangar, d’où je pourrai voler un vaisseau. Je n’en ai jamais volé mais quand on est pétri de talents comme moi, on ne s’inquiète pas à l’avance de comment procéder. D’autant que ça a l’air facile, d’après toutes les holo-séries et tous les holo-films que j’ai regardés.
Là ! C’est la bonne porte, je le sens ! J’ouvre. Une odeur de détergent m’agresse les narines, et je manque de m’étaler dans un seau. Il y a des balais accrochés partout. C’est officiel : je hais la Force. On ne peut pas lui faire confiance.
J’entends des voix furieuses derrière moi. Il semblerait que la chasse commence ! Aïe aïe aïe ! Pire encore, j’entends des gens courir vers moi, derrière le coude du prochain couloir.
J’ouvre une nouvelle porte et la referme derrière moi.
Oh non, je ne suis pas seul ! La pièce est sombre mais je distingue une silhouette assise sur une chaise en face de moi. J’attends. Lui aussi. Le temps passe. Bon, ça commence à bien faire. J’allume la lumière.
Le type cligne des yeux, ébloui. Je comprends tout de suite pourquoi il n’a pas réagi à mon entrée. Il est attaché à la chaise, les mains dans le dos, et bâillonné.
Par contre, je ne connais que trop bien cette face bovine d’ahuri, avec en prime un air de déjà vu concernant ce type de rencontre.

J’ai retrouvé le colonel Covelian !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 12 Juin - 10:53

XLVIII



Je sais que je vais le regretter, mais je lui enlève son bâillon.
– Nomis ? Mais qu’est-ce que vous foutez là ?
– C’est une longue histoire. Et vous ?
– Après que vous m’ayez lâchement abandonné, des chasseurs de primes et autres contrebandiers ont investi les lieux du carnage que vous avez laissé derrière vous. Ils ont volé tout ce qui avait de la valeur et quand ils m’ont trouvé, l’un d’eux m’a reconnu comme étant le célèbre colonel Jace Covelian du BSI. Ce salopiaud a décidé de me vendre comme esclave, alors vu que Gaga a ses entrées dans ce monde-là, me voilà à attendre que la vente soit organisée.
– Et vous valez combien ? que je demande, au cas où.
Après tout, je me traîne de telles dettes qu’une petite bouffée d’oxygène en vendant moi-même mon ancien patron ne ferait pas de mal, surtout que j’abhorre ce type.
– 10 000.
– Tant que ça ? que je m’insurge. Moi qui ai toujours pensé que vous ne valez rien, je trouve ce chiffre très exagéré. Les gens ne se rendent donc pas compte que vous valez autant qu’un emprunt toxique de banque ?
– Non mais dites donc, espèce de…
Tiens ? Pourquoi est-ce qu’il s’arrête au milieu de sa phrase ? Est-ce que par hasard il se souviendrait que c’est suite à ce genre de paroles que la dernière fois qu’on s’est croisés, je l’ai abandonné ?
– Vous avez raison, mon cher Nomis, je suis surévalué. Et vous, vous allez bien, j’espère ?
Aucun doute, il s’en souvient. Quel hypocrite !
– Vous savez, Nomis, j’ai eu le temps de réfléchir à beaucoup de choses depuis que je suis retenu prisonnier. Et il m’apparaît clairement que vous n’avez jamais été reconnu à votre juste valeur.
Très hypocrite !
– Si je vous avais mieux connu à l’époque de ma prise de fonction à la tête de la Tribune Impériale, il est évident que j’aurais démissionné à votre profit tant vous êtes un bon journaliste…
Très très hypocrite !
– … Que dis-je, un bon. Le meilleur, plutôt ! Incroyable que vous n’ayez jamais eu le prix Puzerlit, d’ailleurs. Un scandale qui, grâce à mes nombreuses relations, pourrait prendre fin lors de la prochaine cérémonie. Qu’en dites-vous, mon cher ami ?
Que vous êtes le roi, l’empereur des hypocrites, que je manque de lui répondre, quand je me souviens que Covelian est agent du BSI. Colonel, de surcroît. Bref, un type aussi efficace que Zavid, Kiki en moins. Et comme ces deux-là commencent à me courir sur le haricot, il est peut-être temps de changer d’allié.
Je décide de faire semblant de jouer le jeu et lui réponds :
– Ça marche ! À nous la liberté, et à moi la direction de la Tribune Impériale ! Topez là, que je fais en tendant la paume de ma main vers lui.
– Espèce d’abru… euh… j’aurai un peu beaucoup de mal à « toper là » les mains attachées dans le dos, Nomis.
– Ah oui, j’oubliais ce détail.
– Et pourquoi dites-vous « à nous la liberté » ? Vous n’êtes pas libre ?
– Il se pourrait que Gaga et l’intégralité de ses hommes veuillent un peu ma peau. Du coup, je cherche à rallier le hangar à vaisseaux histoire de fuir.
– Alors vous avez une chance immense de m’avoir croisé, Nomis ! Les techniques de combat et d’infiltration n’ont aucun secret pour moi, je ne peux que vous être utile.

Covelian est un barbouze sans cervelle. Son intelligence, comparée à la mienne, est plutôt au niveau d’une amibe nouvelle-née. C’est un arriviste de militaire, rêvant de mener une carrière politique, et ayant cherché à bâtir son réseau d’influence en se faisant nommer directeur de ma Tribune Impériale.
Non mais sans blague ! Lui, directeur du journal le plus populaire de la galaxie ? Alors que je ne suis même pas certain qu’il sache écrire !
Ça, c’est du moins ce que je pense en temps normal. Parce qu’à ce moment précis, la porte s’ouvre à nouveau et voilà que quelques sbires de Gaga montrent leur sale faciès de non-humains. Du coup, Covelian, en tant que combattant expert, se retrouve en tête de liste de mes amis pour la vie, voire dans le rôle du frère bienaimé que je n’ai jamais eu. Bon, en fait j’en ai un mais ceci est une autre histoire.
Les gars nous toisent, goguenards, doigts sur les gâchettes de leurs blasters. Héhé : ils ne vont pas goguenardiser (joli, hein ?) longtemps.
– Ils sont à vous, que je fais à Covelian, un petit sourire en coin à l’idée qu’il va les réduire en charpie.
– Moi je veux bien, qu’il me répond, mais je suis toujours attaché.
– Ah oui, oups. Ne bougez pas, je m’en occupe.
Tandis que je m’attaque aux nœuds qui l’entravent, l’un des sbires de Gaga entame la conversation :
– On ne voudrait pas vous déranger, les gars, mais il va falloir lever les mains et nous suivre, sinon on vous atomise.
– Oui, deux secondes, que je fais.
Ces maudits nœuds sont très récalcitrants.
– Dépêchez-vous un peu, Nomis, fait Covelian.
– Je fais ce que je peux. Je ne suis ni scout ni marin, alors moi et les nœuds…
– En plus, c’est un nœud de grappin, intervient le garde de Gaga. C’est moi qui l’ai fait et je sais que c’est une vraie galère à défaire. Alors rendez-vous, vous ne pouvez pas vous en sortir.
– On peut aussi leur trouer la peau pour qu’ils coopèrent, suggère un autre des hommes, plutôt que de faire la causette.
– Silence, imbécile ! reprend le premier. C’est mon heure de gloire, là, la révélation de tous mes talents en matière de nœuds marins. J’ai toujours su qu’un jour mon génie serait reconnu. Ô oui…
– Alors, Nomis, ça vient ? demande Covelian.
– Aïe, je me suis retourné un ongle, que je rétorque. Ça fait mal.
Le colonel soupire et ajoute :
– Bon, soulevez ma chaise et lancez-la sur eux, je m’occupe du reste.
– Vous êtes malade, que je réponds à bon escient. Jamais je n’y arriverai, vous êtes trop gro… lourd.
– C’est ça où dans quelques secondes, nous sommes morts.
– Il n’empêche que…
– Que rien du tout, Nomis. Quand on veut on peut, na !

C’est à ce moment que tout s’enchaîne.
L’un des gardes, visiblement las de nous attendre, pointe sur blaster en notre direction. Sans réfléchir, servi par mon instinct de survie à toute épreuve, je plonge derrière Covelian afin qu’il me serve de bouclier. Le garde tire en même temps mais me rate. Quels réflexes j’ai, tout de même !
Dans le feu de l’action, je cherche quelque chose à lancer en direction des gardes. Machinalement, je m’empare de la chaise de Covelian, avec lui dessus, et je balance le tout sur les gardes, tandis que le colonel crie :
– Géronimo !
L’impact est terrible : telle une quille lancée dans le jeu éponyme, Covelian fait des ravages. J’entends des os craquer. Quand le colonel se relève, avec un barreau de sa chaise dans chaque main, je comprends que le bruit venait de la chaise qui se disloquait à l’impact.
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, encore moins pour l’écrire, mais plus que pour le penser, Covelian entre en action et joue de ses bâtons improvisés. En maître es arts martiaux qu’il est, il ne lui faut qu’un clin d’œil pour assommer tous les gardes, encore hébétés.
Il me dit :
– Vous voyez, Nomis, je vous l’avais bien dit : quand on veut on peut. Et puis face à un danger mortel, l’adrénaline nous fait faire des miracles ! Comme vous en réussissant à lancer ma carcasse.
Mouais. Je ne suis pas convaincu, estimant plus simplement que je suis exceptionnel. Mais je décide de ne pas le contrarier sur ce point. Après tout, maintenant qu’il est libre, il pourrait à juste titre penser qu’il n’a plus besoin de moi, et il ne s’en faudrait que d’une paire de secondes qu’il me transforme en papillotes.
Sur ce, il tombe à terre comme un pantin désarticulé. Je me précipite pour l’aider.
– Colonel, que se passe-t-il ? Vous avez été blessé lors de la bagarre ?
– Pas du tout, Nomis, qu’il me répond calmement. C’est l’adrénaline. Le danger étant passé, elle retombe. C’est uniquement grâce à elle que j’ai réussi à tenir debout, vu que ça fait plusieurs jours que j’étais attaché à cette maudite chaise. Maintenant, il va falloir attendre un certain temps avant que le sang circule à nouveau normalement dans mes veines et me permette de me mouvoir par moi-même. En attendant, il va falloir me porter, Nomis.

Ah. Je me doutais bien qu’il y avait une arnaque.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 14 Juin - 14:15

XLIX



Et me voilà transformé en monture, qui plus est par un homme que j’ai toujours considéré comme étant un âne, ce qui est un joli paradoxe.
Je fais deux pas avant de m’arrêter, Covelian ayant crié :
– Hue, casaque noire !
À mon air interrogateur, il en prend un contrit et m’explique :
– Désolé, je suis fan de turf. Dans le feu de l’action, je me suis identifié à…
– Vous pourriez avoir l’amabilité de vous taire, colonel ?
– Je… oui, bien sûr. Mon cher…
Ces deux derniers mots ont du mal à franchir ses lèvres, presque scellées sur le coup.
– Et puis vous êtes sacrément lourd. Un régime ne sera pas de trop une fois que vous serez rentré sur Coruscant, m’est avis.
Il ne répond rien mais j’entends un drôle de bruit émanant de lui, que je finis par identifier comme étant ses dents qui crissent. Je ricane intérieurement : elle me plaît bien, cette évasion avec Covelian.
Laborieusement, je fais les quelques pas qui nous rapprochent de la porte du couloir. Arrivé devant, une grande question me taraude : mes mains étant occupées à retenir Covelian sous les genoux, je fais comment pour ouvrir ?
– Tournez-vous, je vais ouvrir, fait justement ledit colonel.
– Ah, bonne idée ! Bien pensé.
Pas de doute, il a un sacré sens pratique : son passé de barbouze, ça…
– Bof, c’est une idée niveau école matern… euh… merci, voulais-je dire. Nous… formons… une bonne équipe, Nomis.
Je me tourne vers lui pour me délecter de la pitoyable grimace dont il me gratifie, en espérant me faire croire que c’est un sourire. Je suis aux anges, avec le sentiment que ses joues vont se déchirer à cause de l’effort zygomatique incommensurable qu’il est en train de produire.
Une fois la porte ouverte, je m’avance, et Covelian me fait :
– Baissez-vous, sinon je vais me prendre le cadre de la port… ouille !
Choc. Covelian part en arrière et m’entraîne dans sa chute.
– Non mais c’est pas possible d’être aussi empoté ! me lance-t-il en se frottant le front douloureux. Vous avez pris des cours, ou quoi ?
Je le regarde, il me regarde. Il corrige :
– Ce n’est pas grave, en fait. J’ai bien conscience que vous faites du mieux que vous pouvez, Nomis. Et permettez-moi de vous dire que pour un non-combattant, je trouve que vous valez bien des hommes surentraînés !
Je ne réponds plus à ses basses flatteries, trop occupé à reprendre mon souffle. J’ai les bras gourds et qui me font un mal de chien, en plus. C’est qu’il est lourd, l’animal !
– Bon, on y retourne, Nomis ?
– Minute. Je… je suis épuisé.
– Déjà ?
– C’est des muscles que je n’ai pas l’habitude de solliciter, c’est pour ça.
– Hum… oui, ça doit être ça. Mais quand même… on a fait un bon mètre, et il faudra en faire quelques centaines de plus pour aller jusqu’au hangar à vaisseaux.
– Oui bah c’est bon, que je rétorque, vous allez peut-être pouvoir marcher, maintenant ?
– Si je marche, vous me servez à quoi, Nomis ? qu’il me fait, perfide. De toute manière, mes jambes ne répondent toujours pas.
Je me remémore à son ton méprisant pourquoi je n’aime pas ce type. D’un autre côté, je me rends compte qu’il n’a pas tort. Maintenant que je l’ai libéré, il n’aura plus besoin de moi dès qu’il sera en état de tenir debout.
Même si je souffre le martyre, il va falloir que je puise au plus profond de moi-même des forces cachées. Je ne vois pas du tout où, par contre. Elles sont vachement bien cachées parce que là, je n’ai qu’une envie. Rester allongé et me reposer.

– On les tient !
Covelian et moi n’avons pas été assez prudents. Par la porte restée ouverte, cinq sbires de Gaga viennent de surgir et nous tiennent en joue.
Machinalement, j’attrape la première chose qui me tombe sous la main et je me retrouve à les menacer avec un balai.
Sans même réfléchir, je leur lance :
– Déposez vos armes ou je vous abats !
Ce n’est qu’après que je me dis : non mais un balai… Vraiment ?
Étrangement, l’un des gars jette son fusil-blaster-mitrailleur au sol et lève les mains en signe de reddition. Face aus regards insistants de ses collègues, il reprend son arme et dit, pour sauver la face :
– C’était une blague, les gars. Lol, quoi.
Ils n’ont pas l’air d’y croire et se tournent vers moi :
– Comment dire… C’est bien avec un balai que tu nous menaces ?
– Je crois bien que oui, fait un autre.
– Faites gaffe, les gars, c’est peut-être un piège ! Après tout, Covelian est un agent du BSI. Si ça se trouve, Nomis en est un aussi, et en tant qu’espion féru de gadgets technologiques, ça ne m’étonnerait guère qu’il ait fait en sorte d’acheminer discrètement une arme sous le couvert inoffensif d’un balai.
Je crois bien que j’adore ce type.
– Arrête tes âneries, réplique un autre. Tu regardes trop les holo-films de Bames Jond.
Lui, je ne l’aime pas. Et il ajoute à mon intention :
– Tire, alors, si c’est une arme.
Là, et pour l’une des très rares fois de ma vie, j’ai l’air malin. Heureusement, une tornade humaine me passe devant en faisant des roues acrobatiques et plein de prises de rakaté dignes de Let Ji et de Cacky Jhan. Le plus étonnant c’est que c’est bien sûr Covelian.
Quelques secondes lui suffisent pour mettre les cinq gars hors de combat, et je commence à m’inquiéter : il a clairement retrouvé sa capacité à utiliser ses jambes. Ce qui veut dire qu’il n’a plus besoin de moi.
Mon inquiétude augmente d’un cran quand il prend un fusil-blaster-mitrailleur dans chaque main et se tourne vers moi.
Et là, il tombe à terre, sans prévenir, comme ça, pouf, et grommelle :
– Zut, l’adrénaline a cessé de faire effet.
Ouf, je vais pouvoir continuer à le porter. Quoique « ouf »… C’est quand même super fatiguant.
– En avant, Nomis, me fait Covelian une fois que j’ai réussi à le soulever sur mon dos.
Je fais un pas. Puis un autre. Puis encore un. Encore. Encore.
– La porte, Nomis ! Faites attention à la porte !
Je la franchis en m’accroupissant légèrement. Je transpire comme jamais et mes jambes commencent à trembler. Bon, on a presque assez avancé pour qu’il ne soit plus de toucher la porte à bout de bras. On y croit !
Il y a un qui n’a pas l’air d’y croire, vu les soupirs qu’il lâche.
– Au bout du couloir, il faudra tourner à droite, Nomis.
– Comment vous le savez ?
– Je suis colonel du BSI, voyons ! J’ai noté tous les détails quand on m’a amené ici, et suis donc capable de retrouver mon chemin partout dans le palais de Gaga. Nous sommes à 352 mètres du hangar à vaisseaux. Ou 357, j’ai peut-être perdu le fil quand on a croisé la Zeltronne nymphomane dans un couloir.
Plus de 350 mètres ? On n’y arrivera jamais ! Je n’y arriverai jamais, surtout en trimbalant un tel poids mort.
Mais pas question de montrer le moindre signe de faiblesse. Courage, Cirederf ! Dis-toi bien qu’au bout de ce chemin de croix, la liberté t’attend !
Alors je fais un pas, puis un autre, encore un autre, puis encore un autre… C’est chiant, hein ?

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 14 Juin - 14:16

L



[note de l’auteur : donc « L » c’est « 50 » ? Intéressant, je le note. Je note également la progression, qui se décline donc en taille de fringues, par ordre décroissant. Du coup, y’a des chances que « 60 » en chiffres romains soit « S », et « 70 » « XS ». L’avenir nous le dira !]

Contre toute attente, nous voilà arrivant finalement à la porte du hangar à vaisseaux. Le miracle va-t-il se produire ? Allons-nous réussir à fuir la vindicte de Gaga le Hutt ?
En tout cas, la chance continue à nous sourire. Il y a bien un garde, mais il est à quatre pattes, nous gratifiant de la vue de son postérieur, et en train de gratter quelque chose au sol.
On s’approche et on l’entend marmonner :
– Si seulement je tenais le sagouin qui a osé jeter son chewing-gum par terre. C’est dégoûtant, et si Gaga voit ça, nul doute que ça signera mon arrêt de mort.
Covelian et moi échangeons un regard et on hoche la tête. Je ne peux empêcher un frisson d’excitation de parcourir mon corps : on agit exactement comme dans les holo-séries, à la cool, tout en efficacité. Mais comme c’est Covelian le barbouze et qu’à la vérité, je n’ai aucune idée de la signification de notre hochement de tête, je le laisse passer devant, curieux de savoir comment il va se débarrasser de l’ennemi.
Va-t-il à nouveau me gratifier d’une démonstration d’art martial époustouflante ? Laisser parler le maître de Teräs Käsi qui sommeille en lui ? Utiliser une prise de dujo de niveau 137ème dan ceinture noire ?
Covelian s’approche subrepticement de sa cible, tel le félin fondant sur l’innocente petite souris qui, prenant le soleil au petit matin, pousse des petits « Iiiik ! iiiik » pour saluer le jour nouveau.
Arrivé à portée, il tend sa jambe en arrière, et administre un monumental coup de pied aux fesses du garde qui, poussé en avant, percute violemment le mur. Sans avoir le temps de dire « ouf », le voilà assommé pour le coup.
– Pas mal, hein ? me fait Covelian, fier de lui.
– Manque total de classe, que je réponds. Mais néanmoins efficace, que je rajoute vu que son regard vient de s’assombrir.
Ce serait dommage que notre si belle entente prenne déjà fin, et qu’il m’abandonne là. Parce que, et j’en ai bien conscience, à partir du moment où je l’ai libéré, il n’a plus besoin de moi pour s’enfuir.
Heureusement, cet imbécile semble se tenir à la parole donnée, au respect des engagements, des promesses, toussa. Quel sentimentalisme naïf ! Moi, à sa place…
– Suivez-moi, Nomis ! Voici exactement le vaisseau qu’il nous faut pour fuir !
Le navire qu’il me montre ressemble énormément à un fer à friser. Covelian m’explique :
– C’est le Firespray-32, conçu par Kuat Systems Engineering. Face au succès du Firespray-31 qu’ils avaient conçu auparavant et qui ressemblait tant à un fer à repasser, ils se sont dit « Pourquoi ne pas continuer dans la même veine, avec un vaisseau qui cette fois-ci ressemblera à un fer à friser ? ».
– Une logique élémentaire, que je concède.
– Il se murmure même que leur prochain modèle ressemblera à un sèche-cheveux.
– Pourquoi s’arrêter en si bon chemin, en effet.

Mais alors que nous nous dirigeons vers le vaisseau, notre chance semble nous abandonner, sous forme d’un :
– Haut les mains ou je tire, les gars !
On s’exécute avant d’être exécutés, et on se retourne pour voir à qui on a à faire. Le type est seul, moche avec ses bosses sur le crâne et les lekkus qui pendouillent de part et d’autre de son cou. Décidément, cette espèce ne vaut que si elle se conjugue au féminin.
– Hey, je vous reconnais, vous ! qu’il fait à l’intention du colonel. Vous êtes Covelian, notre prisonnier du BSI ! Quant à vous, vous êtes Nomis. Ma fortune est faite !
Ni une ni deux, mon génie naturel parle à ma place et je prends les choses en main.
– Je peux vous parler en privé ? que je demande, avant de hocher la tête à l’intention de Covelian.
Celui-ci fait mine de comprendre et imite mon geste.
– Euh, ouais. Mais pas d’entourloupe, hein ? Sinon je te massacre.
Il me fait signe d’approcher, relâche son emprise sur son blaster mais extirpe de son ceinturon une vibro-lame crantée aussi longue que mon avant-bras.
– Ce sera plus pratique que mon blaster si je dois me défendre à courte portée, m’explique-t-il alors que je déglutis et sens la sueur dégouliner de mon front.
Cette réaction physiologique de ma part doit forcément être due à la chaleur, même s’il ne doit pas faire plus de trois degrés dans le hangar. Quelle autre explication pourrait-il y avoir sinon ?
– Je t’écoute, qu’il me fait en léchouillant la lame de sa vibro-lame, dans un geste de sadisme étudié pour me faire peur.
Je dois reconnaître que ça marche, du moins jusqu’à ce qu’il sursaute et dise :
– Aïe, le con ! Je me suis coupé ! Oui, bon, bref, tu veux quoi ?
Je le sens énervé, je n’ai pas intérêt à me trouer dans l’exécution de mon plan pour me débarrasser de lui. Si je n’ai pas les capacités physiques – que je ne reconnaîtrai jamais comme étant impressionnantes, même sous la torture, et même si je le pense – d’un Covelian, je dispose en revanche d’un atout primordial dont il ne bénéficiera jamais : un cerveau. Et quel cerveau !
– Alors voilà, je le lui dis à voix basse. Le colonel Covelian, que tu vois là avec un stupide air bovin, est recherché pour 10 000 crédits. Si on le capture, on se partage la prime, moitié-moitié, et en échange, tu me laisses partir, OK ?
– Je serai idiot de faire ça, vu que toi tu vaux un million !
– C’est vrai, que je dis, je vaux un million. Mais tu n’as pas bien dû écouter. Cette somme n’est pas en crédits galactiques, mais en roulbes.
– En roulbes ? Tu parles bien de la monnaie du Secteur Moscovien ?
– Exactement.
– Mais alors tu vaux…
– Cinq crédits galactiques, oui.
– Ah oui, forcément, c’est nettement moins intéressant, qu’il concède.
Après avoir réfléchi, il me fait :
– Bon, OK, je marche. Comment on fait ?
– Sors ton blaster discrètement. Je suis entre toi et Covelian, il ne verra rien. Dès que je m’écarte, tu le flingues et il s’évanouit. Tu deviens un héros, tu me files mes 5 000 crédits, je pique un vaisseau et on ne se connaît plus.
Il réfléchit à nouveau. Un long moment. Soit il réfléchit à un niveau conceptuel que je ne peux imaginer, genre la théorie des dix-huit cordes et du pendu, dernière théorie en vogue dans le domaine de l’astrophysique, soit ses neurones ont du mal à se connecter pour former des pensées cohérentes. Je penche pour cette dernière hypothèse.
– OK, je marche, qu’il finit par dire.
On met notre plan à exécution. Je m’écarte, marche sur mon lacet et m’étale par terre pendant que le garde tire sur Covelian.
Le colonel s’écroule en criant :
– Mais que… !
Oui, même quand il tombe évanoui, le colonel Covelian n’a pas beaucoup d’imagination.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 14 Juin - 14:16

LI



Mon nouveau copain et moi on se tape dans le dos tellement on est contents que tout ce soit si bien passé. Je lui tends mon datapad pour qu’il se connecte à sa banque et me fasse le virement convenu de 5 000 crédits. Ce sera déjà ça de pris, mon compte ira un peu mieux.
Justement, un message de ma banque n’est pas long à s’afficher :

Cher client, nous avons bien enregistré la ridicule somme pitoyable que vous venez de faire verser sur votre compte. Votre découvert n’est donc désormais plus que de 326 274 593, 16 crédits. Car oui, grâce à ce virement de 5 000 crédits, vous venez de réduire votre dette de 0,30 crédits. Ça s’appelle la magie des intérêts. Génial, hein ?

Votre dévoué toujours prompt à vous débiter et vous enfoncer,
Tablazhar Sicpou.

Je suis ravi de cette bonne nouvelle, qui me met du baume au cœur. Continue comme ça, Cirederf, et tes ennuis financiers ne seront bientôt plus qu’un mauvais souvenir !

Bon, c’est pas tout ça mais il faut penser à décamper. Je regarde les quelques vaisseaux du hangar. Il y a de tout, je n’ai que l’embarras du choix. Sauf un détail, dont je m’ouvre de mon copain garde :
– Tu sais comment on vole un vaisseau ? Il faut un peu beaucoup que je parte.
– Aucune idée, mais je suis sûr que tu peux trouver la méthode sur le holonet.
– Vraiment ?
– Oui, ou plutôt dans sa version cachée réservée aux criminels, le holopasnet.
– Et comment on y accède ?
– Ah, il faut être affilié à un syndicat du crime pour ça. Domme-moi ton pad, je vais me connecter avec mes identifiants…
Il tapote le pad et me fait :
– C’est bon ! Voyons voir… vols de vaisseaux… rentrer le modèle dans le champ de recherche… Lequel tu veux voler ?
– Celui-là a l’air sympa, que je fais en désignant un yacht de luxe. À la revente, il devrait rapporter un max.
– Voyons voir ça, reprend mon ami en tapotant derechef. Ah, trouvé ! Aïe, tu peux oublier.
– Ah ? Pourquoi ?
– J’ai bien la notice pour forcer l’ouverture de ce type de vaisseau, mais ça demande cinq gars, dont deux ingénieurs.
– Zut ! Lequel est plus facilement volable ?
– Hum… celui-ci, je pense.
Mon regard se porte sur la direction qu’il indique. L’épave… et encore, le terme me semble trop gentil pour les épaves, ressemble à un YT-1300, en plus haut, et dont le cockpit se trouve au bout d’une longue avancée du navire, en hauteur.
– Ça vole, ce truc ? que je demande, dubitatif.
– D’après mon guide, oui. C’est un modèle de type Kass’rol.
– Connais pas.
– Pourri mais increvable, que c’est écrit.
– Pourri, je veux bien le croire. Increvable… j’espère bien parce que si je dois voler là-dedans…
– Bah écoute, je viens de vérifier tous les autres vaisseaux présents dans le hangar, et il est impossible d’en voler un sans un minimum d’expérience.
– Bon, va pour la Kass’rol, alors. Comment je procède ?
– Il faut aller à l’écoutille latérale. Il y a un paillasson marqué « Bienvenue » dessus, et il n’est pas rare que la clé soit cachée dessous.
Plus que jamais dubitatif, je me rends à ladite écoutille, mon acolyte sur les talons. Le paillasson est là. Par contre, rien en dessous.
– Attention, il y a d’autres astuces, me fait le garde, le nez sur le pad. S’il y a un pot de fleurs à côté de l’écoutille, la clé peut être dedans.
À ma grande surprise, il y a effectivement une suspension juste à côté, avec une plante aux longues grappes de feuilles tombant en parapluie. Mais là encore, je fais chou blanc.
– Il y a une autre possibilité, me fait mon ami. Y a-t-il un pare-soleil au-dessus de la porte ?
Il y en a effectivement un, même si je ne vois pas du tout à quoi il peut bien servir.
Mon ami détient la réponse :
– C’est un accessoire typique pour ranger ses clés discrètement. Historiquement parlant, ça existait sur les speeders, à la base, pour protéger du soleil.
J’abaisse le pare-soleil et, ô miracle, un trousseau de clés me tombe dans la main ! Vu qu’il n’y en a que deux, j’ai tôt fait de trouver la bonne.
Quelques secondes plus tard, mon nouvel ami et moi nous faisons nos adieux, dans les bras l’un de l’autre.
– Bonne chance, Nomis, qu’il me fait en me tapotant le dos.
– Merci, vieux, que je réponds, ému. Mais tu ne trouves pas qu’on est un peu trop souvent dans les bras l’un de l’autre depuis le début de ce chapitre ?
– Hum… t’as pas tort, qu’il me répond avant de me lâcher et de faire un pas en arrière.
Je fais la même chose et ajoute :
– Et puis bon, si on nous voyait, ça pourrait jaser.
– Pfeuh, tu veux que je te dise ? On s’en moque, de tous ces jaloux ! Ils ne peuvent pas comprendre la profondeur de notre amitié !
– C’est sûr, que j’acquiesce.
Puis je baisse la tête, soupire, écrase une larme au bout de mon œil et ajoute :
– Bonne chance pour la suite à toi aussi.
Il déglutit nerveusement, incapable de répondre. Je m’engouffre dans la Kass’rol avant d’être submergé par l’émotion.

Les adieux avec un être cher sont parfois si déchirants…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 14 Juin - 14:25

Ce rythme de folie ! Attention :)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 14 Juin - 19:19

La numérotation des chapitres a n'en plus finir...
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 14 Juin - 20:41

Mais si, ça va se finir un jour, sûrement cette année, même !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 16 Juin - 11:52

LII



Quand, dans le cockpit, je tourne la manivelle qui met le vaisseau en route après quelques crachotements – oui, le vaisseau est légèrement ancien. Je ne suis d’ailleurs même pas certain qu’il en existe encore des exemplaires dans les plus grands musées de l’univers ; et oui, mes apartés explicatifs sont peut-être parfois un peu longs –, un sentiment d’exaltation m’étreint.
Certes, j’aurais préféré que cette étreinte provoquant mon émoi soit le fait d’une accorte Lanconienne qui me susurrerait « Prends-moi, Cirederf ! », ou « T’avoir rencontré a changé ma vie à jamais », ou encore « Je ne te mérite pas, tu es trop super à côté de moi » mais bon, on n’a pas toujours ce qu’on veut dans la vie, c’est malheureusement bien connu.
Exaltation donc, car je suis libre ! Enfin ! Débarrassé de tout le monde, de Zavid, de Kiki, de Gaga, de Snaf, de Covelian, de mon banquier et de tous les autres.
Liiiiiiiiiiiiiiibre !
Libre de commencer une nouvelle vie, de prendre un nouveau départ. L’univers n’attend plus que je parte à sa conquête !
Je suis définitivement né sous une bonne étoile, ce dont j’ai toujours été persuadé, d’ailleurs.

La mise en route du vaisseau est décidément spéciale. Au-dessus de la manivelle, il y avait un panneau disant « 1 : tourner la manivelle ». À ma droite, une petite molette avec écrit dessus « 2 : mettre les gaz. Prière d’éteindre vos cigarettes, un accident est si vite arrivé ». La manette face à moi est surmontée d’un « 3 : manette d’aclélération… d’aréccél… de la vitesse, moins et plus : en avant pour plus, en arrière pour moins ». Enfin, il y a une espèce de cercle de fer devant moi : « 4 : ceci est un volant. Le tourner à droite pour aller à droite, le tourner à gauche pour aller à gauche. La droite, c’est la main avec laquelle vous écrivez. Si vous êtes normal ». 
Ayant assimilé les instructions, je fais décoller le vaisseau. Soit il n’a pas décollé et le hangar est en proie à un séisme de magnitude 18 sur une échelle de 1 à 10, soit la Kass’rol est décidément une grosse brique avec des moteurs. Je serais plus au calme sur une planche à voile au milieu d’un cyclone en plein océan.
Alors que la nausée me prend, j’avise un panneau amovible, avec son sempiternel conseil : « 5 : ici, vous trouverez les sacs à vomi. Achetez-les en gros chez Marrefour Carcket, le dixième est offert ». C’est bon à savoir, me dis-je tandis que j’en colle un sous mon menton et fais ce que j’ai à faire dedans.
Enfin, je quitte l’atmosphère d’Althétis. Par-delà le cockpit, l’indicible drap de ténèbres de l’espace est moucheté des innombrables étoiles qui semblent me crier : « Choisis-moi ! ». « Non, moi ! ». « Ne l’écoute pas, c’est vachement mieux chez moi ! ». « Ignore ces mythos, j’abrite le paradis ! ». « Tu as pensé à consulter ? Parce que là, t’es quand même en train d’avoir une conversation avec des étoiles ». 
Coup d’œil à ma gauche, sur une console. « 6 : hyperpropulsion. Quand vous rentrerez les coordonnées de votre destination, appuyez bien sur la touche 4, elle reste parfois bloquée ». Ma destination ? Très bonne question, ça. Déjà, je ne sais pas où je vais, et en plus je n’en connais aucune de tête. 
Peu importe, je suis Cirederf Nomis, je n’ai peur de rien, même pas de l’inconnu.
Je tape donc des coordonnées totalement au hasard et j’appuie sur le bouton « marche » (« 7 : gardez votre doigt appuyé sur le bouton dix secondes. Le contact a du mal à se faire sinon »). Les étoiles se transforment alors en traits lumineux.
Mais aussi sec, une alarme retentit, ainsi que la voix de l’ordinateur de bord :
– Attention ! Attention ! Les coordonnées que vous avez rentrées n’existent pas dans la base de données !
Oups. Je tente de désactiver l’hyperespace. En vain.
La voix reprend : 
– Trop tard, vous n’aviez qu’à réfléchir avant. Vous ne viendrez pas pleurer si le vaisseau termine sa course dans une étoile.
En proie à la panique, j’appuie sur tous les boutons à portée de main. Rien n’y fait.
– Arrêtez vos caprices. De toute manière, les commandes sont bloquées, par sécurité. Fallait apprendre à compter avant. Boulet.

Vais-je donc mourir là, abandonné de tous, au milieu de nulle part ? Le stress m’envahit. Se pourrait-il qu’il soit possible que Cirederf Nomis meure ainsi ? Sans avoir accompli l’extraordinaire destin qui lui est forcément promis ?
Oui, Cirederf aime bien parler de lui à la troisième personne du singulier. Ça fait classe. Ceci dit, j’échange sans souci ma classe contre ma survie.
Quelque chose explose dans une console du cockpit. En plus des étincelles et de la fumée, une nouvelle alarme se met à beugler, si fort que je sursaute et lâche mon sac à vomi qui tombe et se déchire sur mes genoux.

Et tandis que le panorama bleu mouvant de l’hyperespace se transforme en un blanc opaque qui envahit tout, y compris le cockpit, je crie une ultime fois mon désespoir :

– Noooooooooooooooon ! Je n’ai pas de pantalon de rechange !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 16 Juin - 11:53

LIII



Je tremble de tous mes membres. Jusqu’à mes dents qui claquent. Car je suis mort. Oh, je le sais, inutile de faire semblant de vous apitoyer sur mon sort. Il ne peut en être autrement, pour la simple et bonne raison que je baigne dans un brouillard de coton.
Je ne vois même plus le bout de mon nez. Non pas qu’il soit si gros. Au contraire, il est aussi fin et distingué que le reste de ma personne, mais il est quand même vachement près de mes yeux, donc si je ne le vois plus, aïe aïe aïe…
Comment je sais que je suis mort ? La lumière blanche, voyons ! il est bien connu que les gens qui, au bord de la mort, suivent la lumière blanche sont sûrs d’y rester.
Par contre, je suis plutôt mécontent. J’ai pas demandé à la suivre, moi ! Si j’avais pu, bien sûr que j’aurais pris mes jambes à mon cou pour m’enfuir loin d’elle. Si la mort se met à tricher et bafoue les traditions, où va l’univers, je vous le demande ?
Je me dis également que s’il y a un SAV de la lumière blanche, il va m’entendre ! Je vais leur péter un scandale dont il se souviendra longtemps, foi de Cirederf Nomis ! Et puis même si leur SAV n’existe pas, je bouderai tout le reste de l’éternité, juste par principe, na !
Je m’installe confortablement dans mon fauteuil de pilotage invisible. Tant qu’à passer l’éternité ici, autant prendre ses aises. Je soupire. C’est long. Je m’ennuie. Ça va être comme ça tout le temps ? Rhalala, quelle galère.
En fait, ce qu’il me faudrait, c’est une sorte de purgatoire. La vraie vie – surtout la mienne ces derniers temps – est trop agitée, trop folle. Et la mort, c’est l’enfer. Si j’ose dire. Donc un truc intermédiaire ce serait pas mal. Mi-mort mi-vivant, comme qui dirait. Mais rien à voir avec un zombie, merci.

Pour tromper mon ennui, j’énonce ma frustration à haute voix :
– Quelqu’un pour une belote ?
Je fais un bond et je tombe sur un sol invisible quand une voix me répond :
– Non merci, je suis sûr de t’écraser.
– Que… ? Qui… ? Euh… C’est toi ? Dieu ?
– Non, triple buse, je suis l’ordinateur de bord, et j’attends que tu appuies sur le bouton d’évacuation de la fumée.
– La… fumée ?
– Tu n’as pas remarqué que de la vapeur d’eau a envahi le cockpit ?
– Ah, c’était donc ça, que je fais.
– Bah oui, tu croyais quoi ? Et c’est qui, ce « Dieu » ?
– Euh… non, personne.

Ainsi donc, je ne suis pas mort ! Bon, tant mieux… si ma situation veut bien évoluer.
– Il est où, ce bouton ? que je demande à l’ordinateur de bord.
– Console B4, bouton E7.
– Oh, chic, une partie de bataille navale !
– Qu’est-ce que tu racontes, encore ?
– Hum… Euh… Où est la console, voulais-je dire ? On n’y voit rien.
Je sais que ce n’est possible mais à ce moment, je jurerais avoir entendu l’ordinateur soupirer avant de répondre :
– La console à droite de celle qui te fait face.
À force de tâtonner, je finis par trouver ladite console, et le bon bouton. Comme par enchantement, la fumée se dissipe.
À travers le cockpit, je vois à nouveau les étoiles, ainsi qu’une planète ocre en contrebas. Et je me vois moi, y compris le bout de mon nez.
– Yahou ! De retour dans le monde des vivants ! que je m’écrie, bras levés vers le ciel.
Une alarme retentit alors et l’ordinateur de bord annonce :
– Alerte collision. Comme tu as fait n’importe quoi au niveau des coordonnées hyperspatiales, le saut programmé devait traverser cette planète… donc on est sorti d’hyperespace pour éviter que cela arrive, mais ça a provoqué une panoplie de pannes à bord.
– Bah, relançons les moteurs et en voiture Simone !
– Qui est cette Simone ?
– Laisse tomber, que je soupire.
– De toute manière, l’arrêt brutal de la propulsion hyperluminique a affecté quasiment tous les autres systèmes du vaisseau.
– Genre ?
– Genre les moteurs subliminiques, l’air, y compris conditionné, la chasse d’eau, les chargeurs d’Ipadphone, le…
– Qu’est-ce qui marche encore, en fait ? Ça ira sans doute plus vite dans ce sens-là.
– Le compartiment du frigo qui fabrique des glaçons.
– OK, que je réponds calmement, avant que la compréhension de notre situation n’atteigne mon cerveau.
Alors je crie, nettement moins calmement :
– Je vais mouriiiiiiiiiiiiiiiir !
– Trop sympa de penser à moi, bougonne l’ordinateur en reniflant de mépris. Tous les mêmes, ces êtres organiques…
– On va mouriiiiiiiiiiiiiiir ! que je corrige.
– Je te dirais que je suis ravi de t’avoir connu, que c’est un honneur de mourir à tes côtés, mais je ne suis pas doué pour l’hypocrisie.
– Et moi, alors ? Tu ne crois pas que j’aurais mourir d’une crise cardiaque en plein ébats avec plusieurs femelles Twi’leks et Zeltronnes ?
– Tes centres d’intérêt sont décidément aussi limités que toi, que cet enfoiré me balance.
– Non mais dis donc, espèce de stupide machine de m…
– Je te signale, juste comme ça en passant, entre nous, que la gravité de cette planète est en train de nous attirer, et que nous n’avons plus le contrôle de la Kass’rol.
– Mais… tu ne peux pas réparer ?
– Je n’ai pas de bras, stupide animal, encore moins de doigts, sinon tu penses bien que j’en aurais levé un en ton honneur depuis longtemps.
Je me demande ce qu’il veut dire par là, mais pas le temps de m’y attarder : je veux survivre !
– Et si moi j’allais réparer ? que je propose.
– Tu as un diplôme d’ingénieur ? Parfait, on a peut-être une chance, alors !
– Euh… non. Je n’ai aucun diplôme, et je n’y connais pas grand-chose en technologies.
– Je vois. Tu es du genre à ne savoir que changer une ampoule ou les piles usagées d’une télécommande.
– La dernière fois que j’ai changé une ampoule, je me suis pris une décharge électrique. Quant à la télécommande… elle ne marche plus depuis que je n’ai jamais pu découvrir par quel tour de Force on ouvre le compartiment des piles.
– Je vais mouriiiiiiiiir ! crie alors l’ordinateur de bord.
– Non mais si tu me dis quoi faire, pas de problème, je vais réparer.
– Ah oui, tiens, je n’y avais pas pensé, qu’il concède.
Et toc ! L’homme est plus fort que la machine, en plus d’être plus fort que tous ces perfides non-humains qui pullulent dans la galaxie. Non mais oh !
– Bien, reprend l’ordinateur de bord. Mon diagnostic est posé, je sais précisément ce qu’il faut faire pour remettre les systèmes en route. En dessous de ton siège, il y a la caisse à outils, tu la vois ?
– C’est bon, je l’ai.
– Très bien. Prends le tournevis cruciforme.
– C’est fait !
– Euh… Comment dire… Ce que tu tiens à la main, ça s’appelle une scie égoïne.
– Ah oui ? C’est compliqué, aussi, tous ces outils. Ils se ressemblent tous, que je dis pour ma défense.
– Je sens que c’est pas gagné, commente l’ordinateur de bord.
– Au fait, où sont les gants ? que je demande. Parce que les outils, je sais ce que ça fait : en cinq minutes, j’attrape toujours des ampoules si je ne porte pas de gants.
– Non, décidément, vraiment pas gagné…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 16 Juin - 11:54

LIV



Ça fait je ne sais combien de temps que je m’échine à essayer de réparer ce maudit moteur et je n’en peux plus depuis longtemps, genre trois secondes après avoir commencé. Je suis un intellectuel, moi, pas un manuel ! Je vise des sphères, des domaines spirituels bien plus élevés.
J’ai les mains dans le cambouis. C’est sale. Beurk ! Et en plus je n’ai pas trouvé de gants. Si ça se trouve, je suis en train de manipuler des produits cancérigènes ou qui dissolvent des trucs dans mes doigts, sous l’épiderme. Sans parler des vapeurs d’ozone, d’essence, d’huile, et que sais-je encore. Quand donc les moteurs crasseux sentiront-ils la vanille ou le steak haché-frites ? Pourquoi aucun ingénieur n’a-t-il jamais pensé à ce genre de choses en créant un moteur ?
En plus de tout cela, il y a toujours ce maudit ordinateur de bord acariâtre et prompt à me critiquer, à se moquer de moi méchamment à chaque fois que je me trouve en suivant ses instructions ou en prenant un outil.
Pfeuh. De toute manière, c’est forcément lui qui explique mal : c’est la seule explication logique au fait que l’esprit supérieur que je suis ne comprenne pas lesdites instructions. Cet ordinateur est pire qu’une notice de montage de meuble écrite en duésois, c’est pour dire.

Comme si cela ne suffisait pas, j’ai super chaud, c’est mortel. Je m’essuie le front dégoulinant de sueur, et je commence d’ailleurs à me demander si cette chaleur infernale est normale. Je fais part de mes doutes à voix haute :
– C’est moi ou il fait chaud ?
– Il fait chaud, me confirme l’ordinateur de bord. Cinquante-deux degrés celsius, et ça continue tranquillement de monter.
– Cinquante-deux ??? Mais enfin, je vais mourir si ça continue ! Comment ça se fait ?
– Vu que tu es l’homme le moins doué et le moins rapide que je connaisse en matière de réparation de moteur spatial, cela fait désormais une demi-heure que nous sommes entrés dans l’atmosphère. Si tu ne parviens pas à réparer, nous allons finir pulvérisés et fondus, un spectacle qui devrait être très joli vu d’en bas si les autochtones ont la chance d’être de nuit par temps clair. Sans doute croiront-ils à une pluie de météorites et feront-ils des vœux. Cinquante-trois degrés, maintenant.
– On va mouriiiiir !
– Peut-être que non. Tu es presque au bout des réparations.
– Ah oui ? que je fais, reprenant espoir.
C’est quand même fou : alors que je n’y connais absolument rien en mécanique, je suis encore parvenu à sauver la situation. Y’a des jours, je me demande comment il est possible de concentrer autant de talents dans le même homme. Ça doit être pour ça que les gens me semblent si médiocres à côté. Histoire de compenser.
– Oui. Il y a une heure que tu as entamé cette réparation qui aurait pris quatre minutes à un technicien qualifié et on y est presque, même si je n’y ai pas cru pendant longtemps. Cinquante-quatre.
– Bon sang, il faut vite terminer avant que je grille !
– Ah, tu as déjà chaud ? J’oublie parfois que vous autres les êtres organiques êtes très fragiles. Moi, je peux tenir jusqu’à sept cents degrés.
Non mais c’est qu’il se foutrait de moi, ce tas de circuits imprimés obsolètes ?
– Ça te fera une belle jambe de tenir jusque-là quand je serai mort depuis longtemps et que du coup, il n’y aura plus personne pour achever la réparation et sauver tes fesses métalliques.
– Tu marques un point, qu’il me concède du bout des lèvres de son haut-parleur vocal.
– Bon, comment j’achève de réparer ? que je demande, inquiet quand même et dégoulinant de partout.
– Il ne reste plus qu’à déconnecter le subtransmetteur latéral à ondes courtes ionisantes dans le moteur droit de combustion infraluminique, de manière à ce que le panneau d’arrivée des gaz d’échappement du niveau 7 soit purgé des impuretés du cœur du noyau du réacteur.
– Hein ?
– Coupe le fil rouge devant toi et c’est bon.
Mais pourquoi il n’a pas commencé par me dire ça ?
– Pour ce faire, il te faut une pince coupante.
– Ça ? que je demande en brandissant un outil, et en me disant qu’à multiplier les « ça » depuis le début du chapitre, l’auteur de ces lignes manque clairement de vocabulaire.
– Non, ça c’est un marteau.
– Ça ?
– Une pointe.
– Celui-ci ?
– Un élastique.
– Et là ?
– Tournevis cruciforme.
– Lui ?
– Le marteau. Encore.
Quand je dis que je déteste le bricolage. Tous les outils se ressemblent, c’est dingue. Ils ne pourraient pas faire des trucs bien distincts les uns des autres, les constructeurs d’outil ? Bah non, ça aurait été trop facile. C’est sûrement un complot de la part des conglomérats de fabricants d’outil : vous êtes obligés d’en acheter vingt-sept avant d’avoir enfin le bon. Il faudra que j’écrive un article un article dénonçant ces pratiques douteuses à mon retour…
– Çui-là ?
– Alléluia ! Merci mon dieu, merci ! Je vous vénèrerai jusqu’à la fin des temps pour le miracle qui vient de se produire devant mes récepteurs photoniques ! Ce bon à rien de Cirederf vient de trouver la pince coupante !
Je ne dis rien mais je trouve qu’il en fait trop. L’ordinateur enchaîne :
– Attention, Nomis, l’heure est grave : tu peux réussir le combo en coupant le bon fil ! N’oublie pas, c’est le rouge. Pas le vert, ni le bleu, encore moins le noir. Rouge, comme la couleur de ton sang. Si tu as un doute, fais-en couler un peu, comme ça tu seras sûr de ne pas te tromper.
Grrrrr. Si je savais comment faire, ça fait longtemps que je l’aurais désactivé, lui…
Je coupe le fil – bien évidemment rouge – et par miracle, voilà que le moteur se met en route.
– Yahou ! que je crie.
Mon esprit supérieur a encore triomphé, contre vents et marées ! Aussitôt, je file au poste de pilotage et j’empoigne les commandes. Et là je demande à l’ordinateur :
– Comment on fait atterrir un vaisseau ?
– Je crois que je vais prendre les commandes, qu’il me répond en soupirant. Et quand on aura atterri, je me mettrais en mode repos. Genre un siècle ou un millénaire. Il faudra bien ça pour que je récupère.
– Ah, tu peux piloter le vaisseau ? que je demande.
– Oui, heureusement pour nous deux.
– Et bien comme ça tu auras finalement servi à quelque chose, que je lui balance.
Non mais !
À son tour de ne rien répondre.
– On est où, au fait ? que je fais.
– Aucune idée. Ce système n’est pas référencé dans mes bases de données.
Oui, décidément, cette stupide machine est inutile.
– Par contre, je détecte que l’atmosphère est constitué d’air.
Ouf.
– Et je vois des signes d’activité à la surface. On va se poser à proximité.
Aïe. La planète est donc habitée. Je me demande par quel type de créatures répugnantes et abjectes.

À ma grande surprise, tout se passe bien à l’atterrissage, qui se fait sur une place dégagée, ceinte de maisons en bois. Bon, les autochtones ne sont sûrement que des primitifs. Il me vient une idée fabuleuse : mon intellect supérieur et moi on pourrait devenir les chefs des lieux, voire même un dieu !
Tandis que l’écoutille s’ouvre, je bombe le torse et plaque en arrière mes cheveux trempés par la chaleur infernale. Houlà, je vais éviter de trop lever les bras, j’ai failli m’évanouir tellement ça pue la transpiration. Je descends les marches, tête haute, menton en avant, prêt à accueillir le forcément glorieux destin qui m’attend en ces lieux.
Tiens, les quelques autochtones qui se sont rassemblés au pied du vaisseau sont humains. Ouf, déjà ça de pris.
Et là, une voix acariâtre, éraillée par l’âge et vaguement féminine retentit :
– Cirederf, espèce de bon à rien, fils d’imbécile, qu’est-ce que tu fous là ?
Ma mâchoire manque de se décrocher de surprise. Tout ce que je trouve à dire c’est :
– Mémé ?
– Qui veux-tu que ce soit, débile dégénéré de fin de race ?

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 16 Juin - 13:57

Oh, mais on arrive sur la fin !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 16 Juin - 14:24

Yep, chapitres inédits à partir de ce week-end !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 16 Juin - 19:48

Ouaouhhhh !
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   

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(2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)
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