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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 1 Juin - 22:59

Silence, vous ! tongue

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 2 Juin - 14:26

XXV



Hoyddings et ses hommes fouillent consciencieusement le bâtiment pendant des heures, hormis le placard à balais, contre la porte duquel je reste adossé tout le temps de leurs recherches.
Mon prétexte pour rester là est que ça a été beaucoup d’émotions, que je n’ai pas l’habitude. Bref, je simule l’état de choc. Peu importe, d’ailleurs, ils me croient sur parole, me considérant déjà comme une sorte de sous-homme. Cette humiliation est compensée par le fait que ma carrière va pouvoir continuer son ascension. La survie et la libération de Covelian, à côté, c’est de la crotte de moustique nain constipé. À savoir quelque chose de trop anecdotique pour être mentionné.
À la fin, frustré, Hoyddings attrape l’un des Tarpézistes vaincus et le secoue de toutes ses forces.
– Parle, Hoy ! Qu’est-ce que vous avez fait de Covelian ? Avoue ! Hoy ! Hoy !
– Je pense que le tir de blaster qui l’a atteint entre les deux yeux va l’empêcher de répondre, fais-je remarquer.
– Hoy, j’avais pas vu ! Mais je trouvais qu’il faisait vachement bien le mort. Je comprends mieux, maintenant ! Hoy ! Hoy !
Par contre, je commence sérieusement à m’inquiéter. Si des Tarpézistes ont survécu à l’attaque et qu’il les interroge, il risque de découvrir le pot-aux-roses… et Covelian … et ça va barder pour mon matricule, sans doute de manière mortelle.
Au départ, tout se déroule plutôt bien : tous les Tarpézistes que Hoyddings interroge sont morts. Forcément, c’est moins simple d’obtenir des réponses de leur part dans ces conditions.
Malheureusement, ma bonne étoile finit par cesser de me protéger. Hoyddings découvre un survivant et entreprend de lui tirer les vers du nez. Mais pas littéralement, ouf !
– Parle, ordure moisie, hoy ! Pourquoi avez-vous enlevé le colonel Covelian ?
– Cet être abject n’a eu que ce qu’il méritait ! Je n’avais pas vu une telle ignominie chez quiconque depuis bien longtemps, même de la part du pire des psychopathes !
– Hoy ! Il a fait quoi ?
– Un crime capital pour lequel nous aurions dû l’abattre sur-le-champ, comme un chien galeux !
– Hoy ! Mais il a fait quoi, bon sang ?
– Si vous saviez ce qu’on l’a surpris à faire avec l’enfant polien…

Hoyddings se tait, interdit. Et moi je me rapproche, intéressé par les révélations croustillantes à venir. Si Covelian s’avère être un monstre – ce qui ne m’étonnerait guère, j’ai toujours pensé qu’il conjuguait très peu voire aucune qualité et beaucoup, si ce n’est tous, de défauts –, je me ferai un plaisir de le dénoncer à la face de la galaxie entière !
Ainsi, même si on le retrouvait, rien de ce qu’il pourrait dire me concernant ne serait pris au sérieux : je l’aurais discrédité entretemps grâce aux scoops que je vais avoir !
– Hoy ! L’enfant polien ? demande prudemment Hoyman Hoyddings, finalement plus très sûr de vouloir entendre la suite.
– Oui, quoi, l’enfant polien ? que je demande à mon tour, la main dans la poche pour activer le mode enregistreur de mon datapad. On est journaliste ou on ne l’est pas ! Et si je peux couler Covelian avant qu’il ne me dénonce, je le ferai avec le plus grand des plaisirs ! Un gêneur de moins sur la route qui mènera à ma gloire éternelle !
– Il l’a bousculé, avoue le Tarpéziste du bout des lèvres.
– Hoy ! C’est tout ?
– Ça s’est passé sur le trottoir, devant l’échoppe du marchand de glaces. Covelian a bousculé l’enfant, qui venait d’acheter une glace à trois boules citron-vanille-citron vert, et la glace est tombée par terre. Covelian s’est retourné, il a lancé un regard froid comme la mort à l’enfant et a continué son chemin !
– Vraiment ? que je demande, incrédule ?
– C’est ce que je vous dis ! Insensible aux pleurs de l’enfant, ce monstre inhumain ne s’est même pas donné la peine de s’excuser, et encore moins de payer une nouvelle glace à l’enfant !
– Hoy ! Je comprends… pauvre gosse…
– Moi, quand j’étais petit, un jour on m’a volé ma papabarba, dit l’un des hommes de Hoyddings. C’était horrible !
– Et moi ma pièce est restée coincée dans le distributeur de bonbons, dit un autre. Je me faisais une telle joie de ce bonbon…
– Aucune vilenie n’arrêtera donc jamais Covelian sur la route du péché et de la perdition ? que j’ajoute, extrêmement choqué par le grave crime qui vient de m’être rapporté.
Imaginer qu’un sinistre individu aurait pu me voler ou faire tomber la friandise préférée de ma jeunesse, les donbercus importés directement de la planète Slessurb, me donne les frissons de terreur.
– Hoy ! Je… Je ne savais pas, mon brave Colwn.
– Non, Tarpéziste.
– Dans ce cas, j’annule officiellement la fin de l’opération « Sauver Covelian ». Vous êtes libre, mon ami, hoy !
– Et moi je vais me fendre d’un article assassin contre Covelian, que la galaxie entière connaisse sa turpitude !
– Hoy ! Je témoignerai, Nomis !
– Vous pouvez compter sur moi aussi, monsieur, ajoute le Tarpéziste en me tendant un bout de papier. Voici mon numéro.
Sur ce, nous nous serrons tous les trois les mains avec émotion, heureux de répandre un peu de justice et de civilisation dans cet univers de barbarie sans foi ni loi.
Soudain, Hoyddings reprend ses esprits et me pousse dans le dos afin qu’on sorte le plus vite possible.
– Mais qu’est-ce qui vous prend tout à coup ? que je demande.
– Filons avant qu’il ne se souvienne que j’ai tué tous ses camarades, hoy ! Hoy !
J’avais oublié ce détail. Alors je cours. Mais pas longtemps car je me heurte vite aux hommes d’Hoyddings restés bloquer la sortie, pressés par les Nichois avides d’entrer. Dans notre dos, nous entendons le Tarpéziste qui s’écrie :
– MES FRÈRES ! OH NON, ILS SONT MORTS ! 
– Poussez-vous, les gars, que je dis en me frayant un passage en jouant des coudes.
– JAURAI VOTRE PEAU POUR ÇA, BANDE DE SALAUDS !
J’atteins enfin le seuil de la porte. Je jette un œil derrière moi : au bout du couloir, le Tarpéziste surgit d’une porte, un blaster-fusil-mitrailleur à la main.
– CREVEZ TOUS ! qu’il crie avant d’ouvrir le feu.
– Opération « Laissez-moi passer, déconnez pas, les gars ! », hurle Hoyddings tandis que les tirs de blaster pleuvent autour de nous.
Mes camarades sont des agents du BSI, surentraînés pour se sortir des pires situations. Chacun d’eux n’est pas long à s’emparer du premier Nichois venu pour s’en faire un bouclier.
C’est super pas moral ! que je me dis, scandalisé. Mais efficace, que j’ajoute in petto avant d’empoigner un Nichois à mon tour. Il était temps, un tir bien ajusté lui brûle la cervelle. Ouf, je l’ai échappé belle !
Protégés par nos boucliers improvisés, nous parvenons à nous enfuir, puis nous nous débarrassons des dépouilles des Nichois.
– Hoy ! Merci les gars, on ne vous oubliera pas. Consolez-vous en vous disant que c’était pour la bonne cause !
Bien que les événements récents ont tendance à m’endurcir, ce qui est bien naturel, surtout eu égard à mes qualités d’adaptation toujours aussi exceptionnelles qu’à l’accoutumée, je me sens tout de même ému par l’hommage d’Hoyddings à ces pauvres diables. Vrai que sans eux, nous serions morts. Quelque part, ce sont des héros, ce dont je suis ravi pour eux. Et moi je me sens plutôt bien : non seulement je suis aussi un héros, mais en plus je suis vivant.

Nous regagnons illico nespresso notre QG. Une surprise de taille nous y attend : le lieutenant Diva Zavid gît au sol, sur le ventre. Un hématome de belle taille orne son front.
Hoyddings la retourne sur le dos, la gifle et nous dit, à son équipe et à moi, qui l’entourons :
– Hoy ! Ne lui dites jamais ce que je viens de lui faire, sinon elle me tuera !
Il la gifle une nouvelle fois.
– Personne n’a rien vu, Hoy !
Une troisième.
– Il ne s’est rien passé, hoy ! Hoy !
Il lève la main pour la gifler encore, mais c’est à moment que Zavid ouvre les yeux.
Hoyddings, effrayé, la lâche et se recule. Son équipe et moi, qui avons aussi fait un pas en arrière, instinctivement, pointons tous le doigt vers Hoyddings en disant :
– C’EST PAS NOUS, C’EST LUI !

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 2 Juin - 14:27

XXVI



Heureusement pour Hoyddings, Zavid est patraque. Elle ne relève même pas qu’il vient de la frapper, par contre elle se relève elle-même littéralement. Aussitôt, elle est entourée par l’équipe d’Hoyddings, qui rivalise d’imagination pour gagner ses bonnes grâces :
– Vous voulez un dopraline ?
– Un caf bien serré ?
– J’appelle un speeder-ambulance ?
– Un petit massage aux huiles essentielles de Naboo ?
– Ou aux huiles superflues du Centre Impérial ?
– FERMEZ-LA TOUS !
Je suis sûr qu’à ce moment, le cœur du désert le plus aride et reculé de Tatooine est plus bruyant que la pièce où nous nous trouvons.

– Ici Cirederf Nomis, envoyé spécial de la Tribune Impériale, en direct de P’oilad-e. j’ai à mes côtés un charmant lieutenant du BSI dont, pour des raisons évidentes de sécurité, je tairai le nom et que je ne filmerai pas. Elle semble avoir la proie d’une lâche agression. Alors, lieutenant, que s’est-il passé ?
Ce n’est qu’à ce moment que je me rends compte que je n’ai pas réfléchi et juste réagi d’instinct, comme le redoutable journaliste impartial d’État que je suis. Et tandis que mon datapad enregistreur est pointé sur Zavid, je prie pour qu’elle ne suive pas son propre instinct et me découpe le bras en dix-huit morceaux, en le frappant deux fois. c’est une tueuse, elle en est forcément capable !
Pourtant, elle n’a pas l’air d’avoir complètement repris ses esprits. Ouf, je vais peut-être encore survivre à cette douloureuse épreuve !
Elle rajuste le col de sa tenue moulante en latex, sort son nécessaire de maquillage, escamote sa bosse, se remet du gloss tout noir et se recoiffe, avant de s’exclamer :
– Ah, zut ! Ça ne sert à rien que je me fasse belle pour une interview ! Je suis du BSI, je dois rester discrète, pas question d’être filmée.
Je la sens si malheureuse de rater le moment de passer à la postérité que je l’encourage :
– C’est pas grave. Je peux toujours vous filmer et vous laisser l’enregistrement pour vos archives personnelles. Vous pourrez le montrer à vos petits-enfants…
… que vous n’aurez jamais vu que vous n’aimez pas les hommes, que je rajoute in petto. Il y a des paroles qu’il ne vaut mieux pas prononcer à haute voix.
– Oui, je compte bien en avoir un jour, dit-elle, pensive. Il me faut juste trouver un donneur qui en soit digne.
Et là, elle plante ses yeux sur moi, aussi sûrement qu’elle y planterait une vibro-lame. Je déglutis nerveusement. Faire des trucs avec cette folle ? Si ça se trouve, elle a des mantes religieuses dans son ascendance, genre qui bouffent les mâles après le coït. D’un autre côté, je bombe le torse : mes prouesses sexuelles sont connues et reconnues à travers tout le Noyau, au minimum. Elle serait à peu près sûre d’engendrer un surhomme grâce à mon patrimoine génétique hors du commun. Qui sait, peut-être même que je peux gommer le traumatisme que Covelian lui a laissé, et la faire revenir du bon côté de la barrière ?
Là elle me dit, les yeux dans les yeux :
– Bon, c’est pas ici que je trouverai ce qu’il me faut. On se la fait, cette interview ?
Garce ! Traînée ! Tu ne sais pas ce que tu perds ! Et puisque c’est comme ça, tu ne le sauras jamais, na !
– Ouaip, on va faire ça, que je dis froidement. Alors, lieutenant Zavid, comment un agent surentraîné du BSI a réussi à se prendre une branlée, comme le premier lapin nain de trois semaines venu ? Je vous aurais crue plus douée que ça ?
Oh non, mes nerfs viennent encore de lâcher ! Si elle s’énerve…
Mais non, elle reprend, après avoir réfléchi :
– Je n’ai rien vu venir. L’ennemi a surgi de nulle part et hop, il me faisait face ! Kiki a voulu lui sauter dessus, mais l’être a tendu la main vers lui et là, l’impossible s’est produit : Kiki s’est assis et lui a tendu la papatte !
– Hoy ! intervient qui vous savez. Je ne connais qu’une sorte d’humanoïdes capables de mater les pires prédateurs de la galaxie d’un seul geste : les redoutables Domtpeurs, de la planète Arcobat !
– La ferme, toi, c’est mon interview ! fait Zavid, l’œil noir.
Il se fige et elle ajoute à mon intention :
– Oui… C’est forcément un Domtpeur… euh… leurs qualités sont bien connues, ils… Tu sais quoi sur eux, Hoyddings ?
– Comme je l’ai dit, ils peuvent se faire obéir de n’importe quel animal, hoy ! Hoy ! Mais si vous ne l’avez pas vu avant qu’il entre en action, c’est qu’il portait une tenue d’invisibilité.
– Comme Parry Hotter ? que je demande.
Hoyddings me lance un regard méprisant :
– Je ne parle pas d’un personnage de fiction. Parmi les Domtpeurs, il existe une caste d’assassins très efficaces. Et ils portent tous une cape en cacaméléon, ce qui leur permet de se fondre discrètement dans n’importe quel environnement.
Il existe tant de races bizarres dans la galaxie. Vivement qu’on les ait toutes éradiquées, afin qu’il ne reste que la seule qui vaille, la race humaine. Mais bon, vu leur nombre, je suppose qu’il va falloir attendre un bon bout de temps avant que la galaxie soit remise dans le bon sens et qu’on les ait tous parqués dans des zoos.
– Et que s’est-il passé ensuite ? que je demande à Zavid.
– J’étais tellement abasourdie qu’il ait mis Kiki hors d’état de nuire que j’ai baissé ma garde. Il a sorti un gourdin de sous sa cape et m’a donné un gros coup à la tête avec, avant que j’ai eu le temps de réagir.
Je cherche un mot gentil pour la consoler, mais vu qu’intérieurement je suis en train de me moquer d’elle tellement elle a été nulle, rien ne vient.
Et puis bon : la compassion, c’est pour les faibles.
– KIKIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
Le hurlement que Zavid vient de pousser soudain me laisse des bourdonnements dans les oreilles. L’écran de mon datapad se fissure, et quatre vitres explosent.
– Il n’est plus là ! Il a été enlevé ! Il faut le sauver !
Jamais je n’ai vu Zavid dans un tel état. Tous autant qu’on est, on se tait. Elle s’attend à quoi ? Qu’on lui propose nos services pour l’aider à retrouver ce sale monstre de sale bête ? Qu’il crève ! Et qu’elle s’en aille courir après le Domtpeur si ça l’amuse, comme ça ça nous fera des vacances. De toute manière, la mission Covelian étant terminée, je prends conscience avec un certain bonheur que je vais enfin pouvoir regagner le Centre Impérial !
Et je le répète, tant pis pour l’interview de la cunicultrice ! J’ai besoin de vacances… de très longues vacances !
Zavid prend une grande inspiration pour se calmer. Elle s’approche d’une des cages vides de la pièce, dégaine son fouet-laser à la vitesse de la lumière puis le remet à sa ceinture. Face à elle, les barreaux de la cage en duracier tombent à terre, découpés en allumettes.
Se souvenant de notre présence, elle redevient elle-même :
– Au rapport, tout le monde ! Vous avez sauvé Covelian ?
– Hoy ! C’est-à-dire que…
– Je vois : ça veut dire non ! Évident, vu qu’il n’est pas avec vous. Que s’est-il passé ?
– Nous avons attaqué et tué les Tarpézistes qui le retenaient, mais il n’était nulle part. Les Tarpézistes n’ont pas eu le temps d’avouer où ils l’ont envoyé.
– VOUS ÊTES UNE BELLE BROCHETTE D’INCOMPÉTENTS ! qu’elle hurle.
Ils reculent tous en se cachant derrière Hoyddings et moi, malin, je fais un pas de côté, histoire de bien montrer que je ne suis pas avec eux. Je me suis juste laissé entraîner dans cette improbable mission. Bref, je ne suis qu’une victime innocente, voilà ce que je montre subtilement par mon attitude neutre.
Je pense que Zavid manque de subtilité, elle. Plutôt que d’arriver à la même conclusion que moi, elle me défonce la mâchoire d’un coup de poing. Elle montre néanmoins une once d’humanité en me disant, tout en haussant les épaules :
– Il fallait que je frappe quelqu’un et tu étais le seul à ma portée.
Étrangement, ça ressemble presque à des excuses.
– Bon, on se divise en deux groupes. Hoyddings, toi et tes gars vous allez retourner sur la piste de Covelian. Au boulot !
– Hoy ! Hoy ! dit Hoyddings en courant déjà vers la porte avec ses hommes. Opération « Sauver Covelian, acte II » !
Me voilà désormais seul avec Zavid. Je prends mon courage à deux mains afin de lui faire mes adieux, lui souhaiter une bonne continuation, que je rentre à la maison, toussa, mais elle me fait :
– Nous, on part à la recherche de Kiki !
Hein ? Quoi ? Ça va pas, non ? Moi, risquer ma peau pour cette saloperie de bestiole ?
– Mon pauvre chatounet, qu’est-ce qu’ils t’ont fait ?
J’ai un bref doute, n’ayant pas le sentiment qu’on parle du même animal.
– En avant, Nomis !
Mes yeux tombent sur les restes de la cage qu’elle a réduite en miettes, et je réponds, avec un entrain que je suis loin de ressentir :
– Oui, Kiki ! Bouche pas, on arrife !
Aïe. Le coup de poing de Zavid semble avoir fait plus de dégâts que je ne le pensais de prime abord.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 2 Juin - 14:27

XXVII



Faire équipe avec une telle folle furieuse me donne envie de pleurer. La suite logique serait que P’oilad-e, si elle était munie de micro-micro-micro-climats, m’envoie un nuage au-dessus de la tête, qui ne pleuvrait que sur moi. Mais bon, cette ignominie m’est épargnée.
Comme quoi on peut toujours voir du positif dans la pire des situations, j’en suis la preuve vivante.
– Il nous faut une piste, que Zavid me dit.
– C’est vrai, que j’acquiesce.
Elle reste me regarder l’air sévère, et je finis par comprendre que c’est à moi de lui en trouver une. Non mais elle est folle ou quoi ? C’est elle l’espionne ! Moi je suis juste journaliste ! Quoiqu’à la réflexion, je ne suis pas certain qu’un espion soit capable d’être aussi fouille-tout qu’un journaliste. Humm ? Plaît-il ? « Fouille-tout » ? Ah oui, c’est une expression typique de nous autres journalistes. Les non-initiés parlent de « fouille-merde », mais mes pairs et moi on n’aime pas ce terme, allez savoir pourquoi. Alors on a forgé le nôtre, plus sympa et moins péjorativement négatif.
Bon, OK, je prends les choses en main. Je me connecte au holo-réseau via mon datapad. D-O-M-T-P-E-U-R… voyons voir…
La vie sexuelle des Domtpeurs. Bof…
Les spécialités culinaires de des Domtpeurs. Hum, ça a l’air bon, mais hors-sujet.
Mode : les tendances domtpeuses de l’hiver. Bon sang, rien d’utile, décidément !
– Alors, ça vient ? me demande Zavid, aussi irritable qu’un flic rapisien.
– Oui, c’est bon, je suis des pistes prometteuses.
Je vous arrête tout de suite : je ne mens pas. J’anticipe juste sur mes prochains succès, qui sont inéluctables. On a le talent ou on ne l’a pas : moi, j’ai choisi mon camp.
En attendant, vite, Cirederf ! Vite ! Tapote ton datapad, trouve des infos. Et là, miracle ! Je tombe sur un site parlant du plus grand rassemblement galactique des Domtpeurs, un événement qui a lieu une fois par an – tiens, c’est la semaine prochaine ! –, événement au cours duquel ils peuvent comparer les animaux, de préférence les plus exotiques possibles ou dangereux possibles, qu’ils ont attrapé durant l’année écoulée.
Bon sang mais c’est bien sûr ! Le Domtpeur va sûrement exhiber le nexu qu’il a capturé lors de cette occasion !
– C’est bon, que je dis, j’ai trouvé ! Le Dompteur et Kiki se rendent sûrement vers Zarc Poologik, la planète des animaux en tous genres !
– Ah quand même, tu auras mis le temps à mettre le doigt dessus !
Et merci, tu connais ?
– OK, on est partis, Cirederf !
Tandis qu’elle se prépare, je retourne sur le site culinaire des Domtpeurs, alléché par les photos entrevues auparavant. Je tombe sur un article parlant du dernier plat qui fait fureur : des dés crus de nexu, façon sushis.
– De nouvelles infos ? me demande Zavid.
– Non, rien, que je réponds en éteignant mon datapad.
Le bon journaliste sait ce que son public doit ou non savoir. En l’occurrence, il vaut mieux que Zavid reste dans l’ignorance… Même si à titre personnel, je me ferais un plaisir de manger des cubes de Kiki. Mais pas pour le goût : juste pour la vengeance. Et ce n’est pas de la mesquinerie : juste un retour à l’équilibre cosmique.
Sac à dos sur le dos (on ne verra jamais plus logique, quelque part), Zavid me dit :
– Go, Nomis !
J’attrape mon sac à mon tour et la suit, clopin-clopant comme le malheureux que je suis.
– Moins vite, que je fais. J’ai toujours super mal à la cheville !
– M’en fous ! Kiki est en danger ! Et si besoin est, je peux toujours sortir mon fouet-laser pour te motiver.
C’est fou comme dans certains cas, il est facile de marcher avec une cheville foulée. C’est ce que je découvre à compter de cet instant. Il est d’ailleurs bien connu que le mental transcende le physique, et même si je sais que le mien est au top, je ne l’imaginais pas à ce point, je l’avoue. Je me surprendrai décidément toujours… et toujours en bien.
Et nous voilà courant dans la rue, direction l’astroport.
– T’es venu comment, Nomis ? Avec ton propre vaisseau ?
– Non, la Tribune Impériale m’a payé le voyage… sur un yacht de luxe, que je mens effrontément, pour lui montrer à quel point je suis un homme aussi important que bien vu.
– C’est chouette, ça. Quand je pense que le BSI m’a mis dans un transport miteux pour payer moins cher… J’ai une idée ! On va sur Zarc Poologik en yacht de luxe, aux frais de la TI !
Aïe. Ça m’apprendra à faire le malin. Vite, rectifier le tir…
– Bah en fait, il se trouve que…
– Quoi ? Môssieur a des avantages qu’il ne veut pas partager, c’est ça ? Hein, c’est ça ?
Mais éloigne donc ta main de ce maudit fouet-laser, espèce de psychopathe !
– Euh non, mais… il n’est simplement pas prévu dans le budget de ma mission de prendre deux places.
Malin, hein ?
– Bah, c’est pour la bonne cause, au service de l’Empire ! Je suis certaine que tes supérieurs te remercieront quand ils le sauront !
Sauront ? Smaugh ? Hum ! Elle ne sait décidément pas de qui elle cause. Mais en attendant, je me dois de faire bonne figure.
– Ouaip, pas de problème ! Après tout, je suis le journaliste de la TI, tout le monde me mange dans la main à la rédaction !
Je pleure en songeant à l’état de mon compte en banque en rentrant, et je vois déjà le Sith qui me sert de banquier se frotter les mains. Le bonheur du Côté Obscur est dans les agios…
Je prie pour qu’il n’y ait aucun vol de luxe vers Zarc Poologik, et je constate à notre arrivée à l’astroport, avec une indicible joie, que c’est le cas. Ah ! Ah ! La roue tourne ! Et maintenant, Zavid ? Comment tu comptes t’en sortir ? Oh…Oh… Elle n’a pourtant la mine ni défaite ni abattue. Elle me désigne un terminal du doigt :
– Par-là, Nomis !
Je cours à sa suite et j’ai juste le temps de lire le panneau au-dessus de la porte que nous franchissons au triple galop.
« Jets privés luxueux, toutes destinations, à toute heure ».

Mon sac pèse soudain 1 532 kilos.

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aj crime
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 3 Juin - 21:14

Et ben !
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 4 Juin - 0:34

Bien, continue :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 4 Juin - 10:48

Chef, oui chef ! :p

XXVIII



À l’embarquement, je tends ma carte de crédit sans sourciller, alors que le prix indiqué pour la traversée représente trois ans de mon salaire, primes comprises.
Hélas, le paiement est accepté. J’entends résonner dans mes oreilles le rire diabolique de mon banquier, et je comprends mieux pourquoi il a tellement insisté pour me fourguer une carte de crédit dont les montants à débiter sont TOUJOURS acceptés. « En cas de dépassement, on s’arrangera ! », m’avait-il dit. « Après tout, les relations banquiers-clients sont presque des relations familiales ! ».
Mouais. Comme on dit, on choisit ses amis mais pas sa famille. Finalement, j’ai moins hâte de rentrer au Centre Impérial, tout à coup…
Au moins, à bord de ce vol luxueux – ah mes dieux, le confort de ces fauteuils qui s’adaptent au corps, quel bonheur ! –, le service est d’une efficacité à toute épreuve. Tout respire le grand luxe, je me sens à la place que je devrais occuper depuis longtemps : le centre de l’univers !
Le lieutenant Zavid se fait servir un festin de roi tout en bénéficiant d’une pédicure. Je sirote apéro sur apéro, avec une charmante hôtesse pour me masser les épaules douloureuses en même temps. Je ne suis pas loin de la félicité. Quand elle me tend une carte détaillant les prestations privées qu’elle peut me fournir, je n’hésite pas une seconde. Confiant en mon sex-appeal à toute épreuve, je choisis la « spéciale », avec le forfait « quarante-huit heures ». Bon, en fin de compte j’aurais plutôt tenu entre quarante-huit secondes et quarante-huit minutes, mais ça valait le coup, sans rentrer dans les détails.
Pendant ce temps, je vois Zavid enchaîner sur le massage XXXXL pour gens très stressés, puis sur le bain de boue de Dagobah qui redonne tout son éclat à la peau, et enfin sur la piscine moussante au plancton de Calamari.
Nous nous retrouvons finalement dans le restaurant le plus huppé du yacht. Outre le menu le plus cher, je prends l’option « hôtesse sur les genoux », mais découvre qu’en face de moi, Zavid a opté pour la même, ce qui me coupe la chique. Le repas est somptueux, gargantuesque, digne de la table impériale un samedi soir de gala.
Ce n’est qu’à la fin de la soirée, quand on me présente discrètement la note, que je comprends qu’en fait, toutes les libations auxquelles nous nous sommes adonnées ne sont pas comprises dans notre forfait.
Je hèle donc l’une des escl… serviteuses (comment ça ça ne se dit pas ?), car il y a manifestement une erreur informatique sur ma note, à savoir un zéro de trop sur la facture. Il s’avère finalement que ce n’est pas une erreur.

Ah.

Je passe le reste du séjour enfermé dans notre suite, histoire de réduire les frais, tournant en rond entre les meubles massifs en bois de Kashyyyk valant une fortune, et allant faire mes besoins avec réticence sur des lunettes de toilette en platine saupoudrées d’or, et m’essuyant le fondement avec des feuilles de papier toilette serties de diamant.
Quand je saisis un de ces derniers, bien entendu par inadvertance, et sans la moindre arrière-pensée qu’en les revendant, je pourrais un tant soit peu alléger le désastre financier qui menace de me plomber jusqu’à la dix-septième génération, une batterie de canons-laser sortent des murs pour me mettre en joue, tandis qu’une alarme tonitruante et des droïdes de sécurité surarmés font leur apparition, prêts à m’abattre.
Grâce à mon sens aigu de la diplomatie, en l’occurrence le règlement d’une très grosse amende, genre le poids d’un Hutt en or, je m’en sors sans mal. Je pense que là, par contre, je viens d’endetter deux générations de plus.
À ce moment, les prestations dont a profité Zavid dans la journée s’affichent sur mon datapad. Okaaaaay… ce sera donc vingt-deux générations, peut-être même vingt-trois.
Heureusement, nous arrivons à destination le lendemain.

Quand nous atterrissons, le personnel du yacht nous réserve une haie d’honneur. Fort sympathiquement, je commence à serrer toutes les mains qu’ils tendent vers moi. Enfin un peu d’humanité au milieu de ces relations mercantiles ! Je comprends vite, à leur air dépité voire méprisant, et en voyant les autres passagers déposer de substantiels pourboires dans leurs mains, que je fais route.
– Espèce de radin, fait Zavid, qui a compris mon manège et n’est pas longue à me chiper ma carte de crédit pour la poser dans la main du premier membre du personnel venu.
Par magie, un débiteur de carte apparaît dans sa main. Dès qu’il a extirpé une somme qui lui semble logique et bien gagnée, il passe la carte et l’appareil à sa voisine. Blême, j’essaye de compter entre combien de mains ma carte de crédit va passer, mais je commence à m’embrouiller dans mon calcul passé le quatre-vingtième membre du personnel.
J’ai envie de vomir, telle une réminiscence du début de cette aventure, mais bon. Dans la vie, Cirederf va toujours de l’avant ! Peut-être un peu trop souvent, d’ailleurs, mais ceci est un autre problème.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 4 Juin - 10:48

XXIX



L’astroport de Zarc Poologogik est entièrement dédié aux animaux divers et variés, ce qui est normal vu que le planète entière a fait de la transaction des animaux en tous genres sa raison de vivre.
Il y en a partout, c’est incroyable ! Y compris au guichet de la douane, étonnamment, alors que c’est un poste stratégique où on aurait pu s’attendre à un peu plus de sérieux. Derrière la vitre, il y a une espèce de chien qui me regarde avec méfiance, genre bouledogue, affublé d’un uniforme. Zut, si j’avais su, j’aurais amené un os à moëlle.
Je lui dis :
– Ah ! Ah ! Super drôle, les gars ! Vous êtes cachés sous le comptoir et vous faites croire que des animaux sont des douaniers à votre place ? Ah ! Ah ! Qu’est-ce que c’est amusant ! Waouf ! Waouf ! Donne la papatte, le cabot !
– Ça vous fait rire ? qu’il me répond froidement dans un aurebesh parfait. Hey, les gars, on a un suspect !
De la guitoune dans laquelle il veille, cinq êtres-chiens qui lui ressemblent comme deux gouttes d’eau sortent comme un seul homme (-chien). Chacun attrape un gant en latex, qu’ils enfilent soigneusement à leur main droite, sauf un, à la main gauche : forcément, il fallait bien qu’il y en ait un encore moins normal que les autres.
Ils font claquer leurs gants et l’un d’eux me fait :
– Fouille corporelle poussée. Veuillez nous suivre, monsieur.
Ô que je n’aime pas son sourire satisfait…
Je me tourne vers Zavid, parfaitement capable de me sortir de ce mauvais pas, je le sais. Elle se contente de me sourire narquoisement, la garce, et me dit :
– Bon courage, Nomis. Je t’attends, t’inquiète.
Ouaip, c’est sûr, chuis vachement pas inquiet quand j’entends ce type de commentaire… Je hais la galaxie et toutes les formes de vie bizarres qui la peuplent. Quand je dis qu’il faut éradiquer tout le monde sauf les humains, les seuls êtres normaux !
Au bout de trois heures, je sors de la guitoune des douaniers, dans un état dont je n’ai guère envie de parler. J’ajoute Zark Poologik à la liste des planètes où les Rebelles pullulent, à côté de P’oilad-e. Dès que je serai rentré à la maison, il va y avoir des articles assassins qui vont sortir sur certaines planètes peuplées d’arriérés aux velléités révolutionnaires.
– Bon, et maintenant on fait quoi ? que je demande à Zavid, en ignorant son sourire narquois.
– C’est toi le journaliste, démerde-toi pour trouver Kiki !
Tss… Elle est marrante, elle. Je fais quoi, moi ? Je télécharge une application pour suivre les crottes de nexus ?
Bon, vu que le nexu se vend très cher, je fais une recherche primaire sur le holonet. Miracle ! Un seul est annoncé en vente aujourd’hui, dans une vente aux enchères non loin d’ici. Quand je lui montre ça, Zavid a l’air plutôt contente. Et comme je vois que c’est à peu de kilomètres de notre position, je suggère un truc qui fera du bien à mes pauvres finances :
– On y va à pied ?
– Taxi-speeder !
Ça, c’est ce qu’elle crie en même temps que je parle.
J’ai le sentiment de boire le vin jusqu’à la lie, d’une bouteille où il n’y aurait que de la lie.
Le taxi-speeder nous prend une fortune pour nous déposer à la salle des ventes. Bien évidemment, au moment de payer, Zavid se tourne vers moi. Non mais oh, je suis une vache à lait bleu ou quoi ? Bon, OK, je ne dis rien, mais je n’en pense pas moins.
L’expo d’animaux se déroule dans un hall immense, genre on pourrait y parquer un destroyer stellaire. Les fortes odeurs qui y règnent et s’entrecroisent me rappellent un peu celles de mon appartement un lendemain de cuite de plusieurs jours.
Quand les types à l’entrée nous indiquent que l’expo est payante, devinez qui se tourne vers moi ? À croire qu’elle ne sait faire que ça…
Évidemment, je paye encore. Et évidemment, mon paiement est encore accepté. À mon retour, je suis un homme mort. Si ça se trouve, mon appartement est d’ores et déjà saisi, histoire d’éponger une goutte d’eau parmi mes dettes. Et la banque a peut-être mis ma tête à prix.
Bientôt, tous les tueurs de la galaxie seront à mes trousses ! Même si je n’ai pas trousses, n’étant pas un écolier.
Bref, je verrai ça en rentrant parce que là, je dois suivre Zavid, qui entre d’un pas décidé. Ouf, pour une fois, ce n’est pas moi qui vais prendre tous les risques mais elle.
Je la suis donc docilement, prêt à la voir tuer tout le monde, ravager tout le hall juste pour retrouver Kiki. En fait, j’ai hâte de voir Zavid exploser (pas littéralement), en explosant (littéralement) tout le monde. Voir un bon massacre me calmera les nerfs, et je me dis qu’elle doit être à bout de patience, elle aussi : après tout, ça fait longtemps qu’elle n’a pas tué quelqu’un.
Bien évidemment, rien ne se passe comme prévu. Quand on arrive devant une cage à nexu – je devrais dire LA cage au nexu vu qu’il n’y en a qu’une –, l’adorable (sic) Kiki se jette sur les barreaux de sa cage en nous voyant.
– Nomis ! me fait Zavid en me désignant la pancarte sur la cage. Je lis ce qu’il y a de noté : au début, je pense que le chiffre qui s’affiche en gros comptabilise le nombre de nexus vivant dans la galaxie. Finalement, il semblerait que ce soit le prix auquel Kiki est vendu.
Je tombe pour m’évanouir mais suis retenu par Zavid. Alors que nous sommes ainsi, dans les bras l’un de l’autre, elle au-dessus de moi, voilà qu’elle se penche vers moi et que ses lèvres se rapprochent vers les miennes…
Avant que j’ai eu le temps de hurler, elle me glisse à l’oreille :
– Va falloir raquer, Nomis.

Ah. Je me disais, aussi…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 4 Juin - 10:49

XXX



Zavid me remet sur pieds et me lâche. J’ai encore les jambes toutes tremblotantes à l’idée qu’elle m’embrasse. Quel cauchemar !
Je regarde le vendeur. Les yeux humides d’émotion, il nous dit :
– Comme c’était romantique, snif ! Vous faites un si beau couple !
Je ne vois pas du tout de quoi il veut parler, et Zavid non plus, vu l’incompréhension que je lis dans son regard.
Peu importe. Il est temps d’en finir. Je sors ma carte bancaire et dit au vendeur :
– On achète le nexu.
Aussitôt, de nouvelles larmes jaillissent dans ses yeux :
– Mes dieux, quelle émotion ! Snif ! Dix-huit ans que je cherche à récupérer un nexu pour le vendre et ce jour est arrivé ! J’ai désormais suffisamment d’argent pour racheter ma femme et mon fils à Gaga le Hutt, chez qui ils sont esclaves. Snif ! Grâce à vous, une nouvelle vie commence pour moi ! Vous êtes mes bienfaiteurs !
Mais enfin, qu’est-ce qu’il nous veut, ce type ? Il m’a bien regardé ? Il croit peut-être que je suis son biographe officiel, chargé de prendre des notes pendant qu’il raconte son insipide vie ?
Lui, sa grognasse et son moutard peuvent crever la bouche ouverte, je ne veux qu’une chose pour ma part : en finir avec tout cela et rentrer à la maison. J’espère juste que Smaugh voudra bien m’autoriser à faire quelques heures supplémentaires. J’ai besoin d’argent.

Soudain, alors que le vendeur ouvre la cage de Kiki, une idée plus que géniale – pléonasme en ce qui me concerne, je vous l’accorderais si ma modestie ne m’en empêchait –, jaillit dans mon cerveau fécond et j’ordonne sèchement :
– Attaque, Kiki !
S’il pouvait bouffer ce type et provoquer une panique dans le hall, on pourrait s’enfuir discrètement dans le chaos provoqué et je n’aurais pas à débourser un sou !
Il faut croire que Kiki m’a reconnu car il réagit à mon ordre. Il se met sur le dos, les quatre pattes en l’air, attendant qu’on lui gratte le ventre.
– Ooooooooooh, qu’il est mignon, snif ! fait le vendeur en essuyant de nouvelles larmes. On dirait un gros chaton, il est tout poutou-poutou.

Je soupire, et tends ma carte bancaire.

Une fois l’achat entériné, le vendeur me rend ma carte, ainsi que le reçu de la transaction.
– Rhoooo, c’est le plus beau jour de ma vie, snif ! Mon cœur défaille de bonheur !
Si seulement il pouvait littéralement défaillir, ça me mettrait un peu de baume au cœur. Mais non, je n’ai pas ce bonheur, moi.
Kiki, détaché, se précipite sur Zavid et la renverse en grognant. Peut-être n’a-t-il pas été nourri depuis des jours et qu’il va la dévorer sur place, que je me mets à espérer ?
Ah bah non, il lui lèche le visage avec sa longue langue dégoulinante de bave. Beurk…
– Ooooooooh, comme c’est émouvant, ces retrouvailles, snif !

Cette fois c’est sûr, j’en ai marre et plus que marre de tout ce bazar. C’est décidé : je rentre à la maison !
Je dis à Zavid, qui se relève enfin :
– Bon, c’était sympa, toussa, ravi de t’avoir connu etc, mais maintenant que tu as récupéré Kiki, il est temps que nos chemins se séparent. Le Centre Impérial m’attend.
– Nous n’en avons pas terminé ensemble, Nomis, qu’elle me répond.
Mes cheveux se hérissent sur ma tête : je lis presque de la douceur dans son regard. Je recule d’un pas. Fasse le ciel que cette psychotique ne s’approche pas de moi !
– Comment ça ? que j’ose demander en déglutissant nerveusement.
– Notre mission n’est pas terminée : nous devons toujours sauver Covelian ! Il faut contacter Hoyddings pour savoir où il en est, et le rejoindre !
– Oooooooh, comme c’est beau, snif. Vous préparez une mission de sauvetage ! Vous êtes des héros, snif !
Je me tourne vers le vendeur, les mains en avant pour l’étrangler, mais il y glisse un bout de papier.
– C’est quoi ?
– Un nouveau reçu qui vient de sortir du terminal de paiement. Je crois que c’est pour vous, snif.
Je lis :

Cher Cirederf Nomis,

Veuillez recevoir toutes mes félicitations, vous avez réussi à dépenser ce mois courant plus que certains de nos clients en un millénaire, un exploit qui restera dans les annales de notre banque à tout jamais.
Par contre, se pose désormais la question du remboursement. À cet effet, veuillez trouver ci-joint l’échéancier du prêt que je vous accorde généreusement afin de vous remettre sur pied financièrement parlant.

Toujours à vos côtés,
Votre dévoué banquier,

Tablazhar Sicpou.



L’échéancier parle d’un prêt à un taux de 53,74%. Et d’après ce que je lis, j’aurais terminé de rembourser dans 2 578 ans.

Comme il faut toujours voir le côté positif des choses, j’assène à Zavid avec une certaine jouissance :
– Problème résolu ! Je n’ai plus un rond ! Donc je ne t’emmène plus nulle part, je n’en ai plus les moyens. Ravi d’avoir fait ta connaissance, et bonjour à Covelian quand tu le retrouveras !
Elle ouvre la bouche pour répondre, mais finalement, la referme sans un mot. Yeah ! J’ai enfin réussi à lui rabattre son caquet ! Victoire ! Rien que pour ça, ça valait le coup de vivre toutes ces aventures ! Et là je me rends compte que si je n’ai plus d’argent pour lui faire quitter la planète, je n’en ai plus non plus pour regagner le Centre Impérial.

Je me demande s’il me reste suffisamment de menue monnaie dans les poches pour m’acheter une corde…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Juin - 19:58

XXXI



– Bon, reprends finalement Zavid, je suppose que nos chemins se séparent ici, Nomis. Bosser avec toi aura été un plaisir. C’est même presque dommage que tout s’arrête ici, on formait une bonne équipe.
Et là, j’explose :
– Une bonne équipe ? Non mais c’est une blague ! Depuis que je t’ai rencontré, j’ai failli me faire bouffer par Kiki, failli être brûlé vif, failli mourir sous des tirs de blaster, me suis fait frappé, et je suis sur la paille ! Je vais te dire une bonne chose, Zavid : tu es la pire plaie que j’ai jamais rencontrée !
En prononçant cette dernière phrase, sans même m’en rendre compte, je me suis approché d’elle et je la pousse du doigt.
Et après avoir prononcé ladite phrase et m’être aperçu des conséquences qu’elles vont déclencher sur ma santé, je fais :
– Enfin, je veux dire… c’est comme ça que certains pourraient voir les choses… mais je ne suis pas comme ça, hein ! Je… je déconnais…
– Rhooooo, c’est émouvant, tout cet amour qu’on sent entre vous, même pendant une dispute, snif !
Le vendeur nous regarde en essuyant ses larmes. Mais d’où a-t-il sorti le gros gobelet de pop-corn qu’il tient en main ?
Zavid s’avance vers moi, calmement. Je me crispe. Comment va-t-elle me tuer ? D’une manchette qui va me décapiter ? En brisant mes cervicales avec deux doigts ? En me donnant en pâture à Kiki ? Adieu la vie ! Adieu la galaxie, qui ne me verra jamais lui faire bénéficier de mon plein potentiel d’être exceptionnel ! Elle le regrettera, ça c’est sûr ! Adieu mon banquier… ouf, enfin une bonne nouvelle, finalement !
Zavid pose sa main sur mon épaule. Aïe ! Elle va l’arracher d’une torsion ? Pourtant non, elle n’a même pas l’air en colère.
– Nomis, c’est la première fois que je te vois te comporter en homme depuis qu’on se connaît.
– Ah ? Euh… merci.
Là, son fulgurant crochet du droit m’explose la tempe et je me retrouve à terre, groggy.
– Mais tu ne me parles plus jamais sur ce ton ou je t’arrache les yeux, les oreilles, le nez, les doigts, les moignons de bras et les jambes !
– Alouette, snif !

Je reste assis, hébété. Mais comme Cirederf Nomis restera toujours Cirederf Nomis, je me reprends vite. Quoi qu’il arrive, je me relève toujours ! Enfin pas là. Je préfère rester assis pour éviter un éventuel nouveau coup de poing. Je me remets quand même debout : après tout, elle peut toujours me filer des coups de pied si je reste à terre.
Zavid a l’air de s’être calmée. Elle dit :
– Bon, je présume que je n’ai plus qu’à me servir du compte secret du BSI auquel j’ai accès, même si ça m’embête d’attaquer cette réserve d’un million de crédits.
– QUOI ? TU AS ACCÈS À UN MILLION DE CRÉDITS ET TU NE ME L’AS JAMAIS DIT ?
Oui, là c’est moi, et c’est peut-être moi qui vais lui arracher les membres après avoir appris cette nouvelle.
– GRRRRRRR… fait Kiki.
– Couché, Kiki, fait David.
– Rhoooo, quelle belle famille unie, je me pâme, snif, fait le vendeur.
Comme je sais n’avoir aucune chance en tentant de tuer Zavid, je tends les bras vers le vendeur pour l’étrangler. Il y dépose un nouveau papier.
– Qu’est-ce que c’est ?
– Un nouveau message sorti du terminal de paiement. Je crois que c’est encore votre banque.

Cher Cirederf Nomis,

Il s’avère qu’après examen plus attentif de votre situation financière, le conseil d’administration de votre banque dévouée a décidé que vous ne serez jamais capable de faire face aux échéances de remboursement qui vous ont été proposées.

Aussi le prêt en votre faveur est-il par la présente annulé, et une prime d’un million de crédits a été mise sur votre tête. Votre banque dévouée respectant scrupuleusement les voies légales, l’avis de recherche vous concernant a été transmis en bonne et due forme à la Guildes des Chasseurs de Primes.

Anciennement toujours à vos côtés,
Votre ancien dévoué banquier,

Tablazhar Sicpou.

PS : la bonne nouvelle est que la prime ne vaut que vous êtes capturé vivant. Vous comprenez bien qu’on montrant à nos clients récalcitrants les longues scènes de torture que vous allez subir une fois entre vos mains, votre exemple les poussera à respecter les exigences de leur banque dévouée.


– Mes chers amis, je sens bien que vous êtes en détresse, snif. Le tragique de votre situation désespérée m’émeut. Je tiens, à vous aider, snif. Vraiment !
– Ah oui ? demande Zavid tandis que je reste sans réaction, le cerveau remplacé par un trou noir.
– Oui, snif. Et puis je peux bien faire ça pour vous. Après tout, c’est grâce à vous que je vais retrouver ma famille, snif. Jamais je n’avais cru sérieusement pouvoir vous vendre ce nexu pour dix fois son prix, snif.
– Dix fois ? que je demande, sortant de ma torpeur.
– Oui, snif. J’ai de quoi payer la libération des miens et vivre comme un nanti sur une planète arriérée de la Bordure Extérieure. Alors si vous voulez, je peux vous déposer quelque part, snif.
– Dix fois ? que je redemande.
– Parfait, commente Zavid. Ton datapad, Nomis, il faut que je contacte Hoyddings pour savoir où il se trouve.
– Dix fois, que je murmure en lui tendant machinalement mon datapad.
Elle l’allume, un message s’affiche sur l’écran :

Merci de vous être connecté, monsieur Cirederf Nomis. Désormais, nous savons où vous vous trouvez. Merci de nous faciliter la tâche en ne quittant pas votre position actuelle, car tous les frais de poursuite vous seront facturés lors de votre prise en charge par nos soins.

Cordialement,
La Guilde des Chasseurs de Primes.

– Il faut qu’on bouge ! décrète Zavid. Nomis, tu viens avec nous !
– À quoi bon ? que je demande. Je suis perdu, quoi qu’il arrive. N’essaye pas de me sauver, Zavid, il est trop tard pour cela.
– Rhooooo, quelle belle solidarité entre vous, snif. Vous êtes éblouissants de classe, c’est trop émouvant, snif.
– Rien à voir, rétorque Zavid. Nomis vaut un million de crédits. En cas de problème, on pourra toujours le livrer pour toucher la prime.
Je n’ai même pas la force de répondre. Zavid m’empoigne le bras et elle suit le vendeur qui s’en va déjà, direction l’astroport. Kiki saute gaiement autour de nous.
– Au fait, c’est quoi ton nom ? que demande Zavid au vendeur.
– Snaf Snof.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Juin - 20:00

XXXII



Résumons.

Je suis fauché de chez fauché. Des chasseurs de primes sont sur mes traces : je vaux un million de crédits. Plus jamais une banque ne me prêtera ne serait-ce qu’un centième de crédit.
Je suis embarqué dans une folle mission – à mon corps défendant – dirigée par une non moins folle, prête à me livrer aux autorités pour toucher la prime si je ne lui suis plus d’aucune utilité. Et elle un nexu, capable de me transformer en viande hachée en une femtoseconde s’il prend son temps.
Smaugh Eskolar, mon pire ennemi, est devenu mon patron : ma carrière est brisée. D’autant plus que j’ai échoué à écrire mon article sur la cunicultrice Ancor Niedy. Smaugh ne va pas me louper.
Le pire serait que le colonel Covelian revienne. La dernière fois qu’on s’est croisé, je l’ai laissé croupir, ligoté et bâillonné. Si on le retrouve, et on le fera parce que je sens désormais que je ferai partie de l’expédition de secours jusqu’à ce qu’on mette la main sur lui, son premier geste sera de me faire exécuter pour trahison. Ce en quoi il n’aurait pas tort.
À moins bien sûr que le lieutenant Zavid ait ma peau avant. Sauf s’ils décident de s’allier afin de me faire mourir lentement après de longs mois voire années de tortures raffinées.
Si encore j’avais femme et enfants, ou femmes et enfants, ou femmes et enfant, ou encore femme et enfant, pour me soutenir, me consoler, me faire aller de l’avant… mais non. Je n’ai jamais été capable de bâtir une relation solide et durable. En fin de compte, je ne suis qu’un raté.
Seule la mort pourra me libérer de mes tourments.

Quoi ? Pessimiste option dépressif, moi ? Bah oui. Parce que si on y regarde bien, que se passerait-il si je parvenais à survivre à tous les dangers qui me guettent et qui n’attendent qu’un faux-pas de ma part pour m’écraser, me broyer, me détruire, m’écrabouiller, m’ébouillanter, me suffoquer, me noyer, me déchirer, me démembrer, me… Bon, d’accord, on a compris l’idée générale. Que se passerait-il, disais-je donc ?
C’est très simple. Je serais obligé de vivre caché, probablement dans les pires niveaux des bas-fonds du Centre Impérial. Vêtu de haillons informes, je perdrais mon humanité et ferais les poubelles pour survivre. Du moins si j’arrivais à avoir accès à leur contenu, pour lequel je serais contraint de me battre avec des non-humains et des animaux… si tant est qu’il y ait une différence entre les deux.
J’évoluerais et vivrais parmi les miasmes, les infections, les germes, les odeurs putrides de décomposition. Je ne serais plus qu’un informe ancien humain, un amas de cellules en déliquescence, un mort en sursis qui perdrait peu à peu la raison et des morceaux de chair à chaque pas.
Si j’ai de la chance, si on peut dire, peut-être qu’une créature difforme mettra fin à ma misérable existence, ou que des revendeurs d’organes du marché noir viendront récupérer les morceaux de choix me composant ?
Mais que dis-je ? Comme si ne serait-ce qu’une molécule de mon être pouvait intéresser quelqu’un ! Il est évident que je vaux moins qu’une défécation de bactérie unicellulaire !

Je me rends compte à ce moment que je suis traîné par Zavid et Snaf Snof. Ils se donnent beaucoup de mal pour rien, m’est avis. Ils devraient tout bêtement me laisser crever sur place, voire m’achever s’ils voulaient faire preuve de miséricorde et de compassion. Ce serait me rendre service, et sans nul doute aussi à la galaxie entière, peut-être même à l’univers.

Et c’est là que je la vois. Oui, je la vois. Traîné par les mains, pieds raclant le trottoir, tête tournée vers le sol, mes yeux tombent sur elle. LA vision. D’un avenir possible, que dis-je, d’une renaissance certaine !
Je saute sur mes pieds et me débats pour que Snaf Snof et Zavid me lâchent.
– Ooooooh, il revient à la vie, c’est beau un être qui s’éveille, snif !
– Tu fous quoi, Nomis ?
Je les repousse violemment sans répondre : ils n’ont rien vu, pas question qu’ils s’en emparent avant moi ! Ô oui, elle est à moi ! Je me jette sur le sol, lui fait un rempart de mon corps et me relève.
Là, je tends vers le ciel l’objet que j’ai ramassé et reste subjugué par cette vue magnifique qui ouvre tellement de perspectives vertigineuses !
– Tu fais quoi avec cette pièce d’un centime de crédit, Nomis ?
Zavid. Désespérante Zavid. Mais bon, comment penser qu’elle soit capable de se servir de sa tête, hormis pour donner des coups de boule, comme la barbouze qu’elle est à la base ?
Je soupire avec condescendance et lui explique :
– Tu ne comprends pas, Zavid ? Ce centime de crédit est l’élément-clé, le début du recommencement ! Avec lui, je vais rebâtir ma fortune, recommencer ma vie ! C’est le socle d’un futur qui ne peut s’annoncer que radieux !
– Rhooooo, quelle détermination ! C’est si émouvant, snif !
– T’es complètement taré, Nomis.
– Ils ont cru m’avoir mis à terre ? Ils ont cru m’avoir abattu, moi ? Je suis Cirederf Nomis, et Cirederf Nomis se relève toujours ! Grâce à ce centime, je vais reconquérir l’univers entier, mouhahahahaha !
– Tu la fermes ou je t’en colle une.
– Euh… OK, Zavid.
Mais peu importe ce qu’elle peut me dire pour me refroidir. Rien ni personne n’en a le pouvoir. Mais si ça l’amuse de penser qu’elle a un quelconque ascendant sur moi, je veux bien le lui laisser croire. Et puis elle a redoutable punch, aussi, il faut bien l’admettre.

L’univers n’a qu’à bien se tenir, Cirederf Nomis est de retour !

Et vous, ça va, au fait ?

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Juin - 20:00

XXXIII



Alors que nous arpentons les couloirs de l’astroport, direction le vaisseau de Snaf Snof, mon regard est attiré par… oh, mes dieux ! À nouveau, j’écarte précipitamment mes compagnons et me jette au sol.
– Qu’est-ce qui se passe encore, Nomis ? s’exaspère Zavid.
– Regarde ! que je réponds, pas peu fier de ma nouvelle découverte, que j’exhibe sous son nez.
– C’est un chiffon troué et plein de cambouis, et alors ?
Je soupire : le lieutenant Zavid est tellement lente du cerveau, par moments.
– Et alors ? Imagine que nous débarquions sur une planète qui n’a pas encore accès à la technologie du tissage : grâce à ce chiffon, je serai un dieu pour eux !
– Oooooooh, comme c’est malin, snif.
– Complètement barge, murmure Zavid en reprenant son chemin.
Je l’ai parfaitement entendu mais préfère l’ignorer. Elle fera moins la maligne quand, grâce à ce chiffon, je prendrai le pouvoir sur une planète primitive !
À la suite de Snaf Snof, nous entrons dans une aire d’arrimage. Je pense que nous n’avons pas tourné au bon endroit car face à nous, il y a un bateau à aube avec une grosse cheminée sur le dessus. Ce n’est qu’à ce moment que j’ai l’idée de vérifier que cet bien un sol solide qu’il y a sous nos pieds et pas de l’eau. Ouf, c’est le cas. Un souci de moins !
– On attend la prochaine grande marée pour décoller ? que je demande à Snaf Snof.
– De quoi parles-tu, snif ?
– Et bien… c’est un bateau, non ?
– Un… ? Bien sûr que non, c’est un vaisseau spatial !
– C’est drôlement bien imité, en tout cas, acquiesce Zavid.
– Je vais ouvrir la rampe, ne restez pas devant, snif.
– Pourquoi ? que je demande, interdit.
Mais Snaf Snof a déjà composé le code d’ouverture de la rampe pendant ce temps, et dès qu’elle s’abaisse, des trombes d’eau s’échappent du vaisseau et m’emportent.
Je crie mon indignation :
– Gloub ej… gloub gloub… pouerk… gloub gloub… !
Le flot des eaux finit par se tarir et je me relève laborieusement en recrachant l’eau avalée par inadvertance. Beurk, elle est salée. Quelques truites gisent au sol à mes côtés.
– Mais enfin, qu’est-ce qui se passe ? que je finis par demander.
– L’atmosphère du vaisseau est un peu humide, snif. Ça me rappelle ma planète natale.
Je jette un œil dans la coursive du vaisseau, en proie à… une averse.
– Un peu humide ? que je fais, incrédule.
– Oui, mais ne vous inquiétez pas, tout est prévu, snif.
Snaf Snof ouvre un placard et en sort une paire de bottes, un pantalon de pluie, un imperméable à capuche et des gants. Tandis qu’il commence à les enfiler, il ajoute :
– Il y a des tenues de différentes tailles, je suis sûr que vous trouverez ce qu’il vous faut.
Zavid, aussi perplexe que moi, demande :
– Tu viens de quelle planète ? Kamino ?
– Diantre non, snif ! Je finirai par mourir de déshydratation sur une planète aussi sèche !
– Qu’est-ce que ce serait si tu allais sur Tatooine, que je dis.
– Je suis issu d’un grand peuple d’explorateurs, nous avons déjà mis le pied sur Tatooine, snif.
– Et que s’est-il passé ?
– Disons que mettre le pied sur cette planète n’est pas tout à fait la formulation qui convient. Dès qu’ils ont baissé la rampe de leur vaisseau, toute l’eau à l’intérieur s’est évaporée, ainsi que l’eau de leur corps. Ils sont tombés en poussière en une seconde.
Pendant cette conversation édifiante, nous sommes entrés dans la coursive. On est bientôt obligé de crier pour se faire entendre sous cette averse qui n’en finit pas. Et soit dit en passant, le poil de nexu mouillé, ça pue.
– Y’A PAS MOYEN D’AVOIR UN PEU MOINS DE PLUIE ? hurle Zavid.
– MOI ÇA ME PARAÎT BIEN, JAI RÉGLÉ LE THERMOSTAT SUR ONDÉE D’ÉTÉ, SNIF.
– JE SUIS D’ACCORD AVEC ZAVID, CEST QUAND MÊME UN PEU TROP HUMIDE À MON GOÛT !
– BON, ET COMME ÇA ? demande Snaf Snof en triturant le thermostat.
La violente averse se transforme en crachin.
– C’est réglé sur « canicule », explique Snaf.
– Je crois que tu vas devoir faire mieux, fait Zavid en crissant des dents et en approchant la main de son fouet-laser.
– Mais je ne peux pas, c’est l’atmosphère la plus sèche qui puisse être réglée à bord.
– Bon, je suppose qu’il faudra s’en contenter, commente Zavid, aussitôt calmée.
– Au fait, Snaf, tu appartiens à quelle espèce ? que je demande.
– Je suis un Rbeton, de la planète Rbetagne.

Okaaaaay…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 7 Juin - 11:20

XXXIV


[Mon cher Smaugh, comment te portes-tu ? Je te passe les quelques péripéties qui me sont arrivées ces derniers jours afin de me pencher, une fois encore avec le brio habituel dont je suis caractéristique, sur le sacerdoce au centre de ma vie : le journalisme.
Voici donc un brillant – mais est-ce bien nécessaire d’ajouter ce qualificatif tellement il transparaît à la lecture de tous mes travaux ? – et nouvel article sur une espèce que je viens de rencontrer : les Rbetons, de la planète Rbetagne.]


La planète Rbetagne se situe en périphérie de la périphérie du bras de la galaxie le plus reculé, troisième à gauche après l’étoile de Proxima VI. C’est le genre d’endroit dans lequel on ne débarque que par accident, si on est perdu ou si l’hyperpropulseur est en panne.

La Rbetagne est intégralement recouverte d’eau, pire que Kamino (si, si ! C’est possible !). Le plus souvent, on a d’ailleurs du mal à distinguer le sol liquide du ciel, vu qu’il y pleut tout le temps. En hiver, dix mois de violentes averses, en été, deux mois de crachin.
Il y pleut tellement à certains endroits que c’est là que les autochtones ont décidé de bâtir leurs villes – enfin villes, c’est beaucoup dire : bourgades ou villages seraient des termes plus convenables – : en effet, l’eau y est tellement compacte qu’il est possible de marcher dessus sans s’enfoncer. De la même manière, c’est dans les vagues compactes que les Rbetons découpent des planches d’eau pour construire leurs maisons.
Ce peuple étrange fait montre de peu d’imagination en matière de toponymie : tous les noms des villages commencent par plouf. Ainsi, Ploufdaniel, Ploufharnel, Ploufay, Ploufgastel, Plouflesbains, Ploufbourg et j’en passe.

La Rbetagne est une terre pauvre, ce qui explique que tous ses habitants n’aient qu’une seule envie : se barrer de là vite fait. Mais encore faut-il avoir les moyens de le faire : ce peuple primitif n’ayant pas inventé le fil à couper le beurre demi-sel – dont il est friand –, il n’a pas encore découvert l’hyperpropulsion alors qu’elle existe depuis vingt-mille ans dans la galaxie. Quand je dis qu’ils manquent d’imagination.
Pour fuir Rbetagne, ne leur reste donc que les vaisseaux des malheureux qui s’échouent sur la planète. Vaisseaux confisqués, ses occupants torturés et dont le cœur est arraché palpitant des poitrines et dévoré par les rduides, une caste de mystiques locaux, lors de cérémonies secrètes et inhumaines. Et hop, ils ont ainsi des vaisseaux pour s’en aller !
Les Rbetons ont également un long passé de naufrageurs derrière eux : ils émettent des SOS en direction de l’espace, et les voyageurs interstellaires les plus imprudents à s’approcher et à venir les secourir tombent dans un piège mortel.

Culturellement parlant, les Rbetons sont, il faut bien le reconnaître, assez affligeants. Une légende dit qu’à une lointaine époque, ils s’affublaient de chapeaux ronds, qu’ils délaissèrent ensuite quand ils perdirent au fil du temps la technicité pour les fabriquer : ils passèrent donc aux chapeaux sans rebords, qu’ils appelèrent bonnets. On dit que c’est l’un de leurs plus grands généraux, le commandant – oui, ils ont une toute petite armée, leurs généraux sont des commandants – Tousceau, qui mit cette mode au goût du jour, avec un chapeau rond sans rebord de couleur rouge.
Cette mode fut finalement abandonnée : le bonnet rouge sous la pluie continuelle et permanente de Rbetagne déteint, et ceci explique que bien qu’humanoïdes, les Rbetons aient tous la tête rouge voire pivoine. Penser que leur teint rubicond serait dû à l’alcool qu’ils tirent des entrailles de la célèbre espèce locale des truites des mers salées et dont ils usent et abusent n’est qu’une légende ploufurbaine.

On notera également et pour finir deux autres caractéristiques des Rbetons. Ils ne savent pas s’amuser : en témoigne les « fest-naz », qui sont des fêtes dansantes, chantantes et musicales mais qu’il faut traduire par « fêtes nazes ». Par contre, c’est dans ce cadre qu’ils ont découvert leur arme de guerre la plus puissante : le bignou, une sorte de flûte. Ils se sont vite rendu compte que les percements stridents qui en sortaient quand on soufflait dedans pouvait faire fondre les tympans de tout imprudent assez fou pour l’écouter, ou les rendre fous jusqu’à plonger dans l’alcool des truites des mers. Car oui, les Rbetons savent plonger mais ont beaucoup de mal à remonter : eux dit d’ailleurs souvent d’eux qu’ils ont la descente.

Bref, un peuple bien singulier que ces Rbetons, et qui en guise d’au revoir disent « Nekavo ! ».

Cirederf Nomis


Je suis fier de cet article, encore une perle à ajouter à mes si nombreux exploits journalistiques, à mon incommensurable prose que la galaxie entière m’envie. Mais bon, elle peut toujours rêver pour ce qui est de m’égaler.
Tiens, mon datapad sonne. Qui peut donc bien m’appeler ? Ah, c’est Smaugh ! Et bien : à peine dix minutes que je lui ai envoyé l’article et il rapplique déjà pour me féliciter ? Décidément, mon talent me perdra !
– Ce cher Smaugh, que me vaux l’immense plaisir ? Tu as reçu mon magniiiiiifique article ?
– Salut Nomis ! Oui, je l’ai reçu, pas de souci.
– Alors, il est chiadé, hein ? Déjà publié, je présume ? Il fait le buzz galactique, je suis inscrit sur la liste des prétendants au prix Lupitzer ?
– Non, j’ai décidé que tu ne serais pas publié.
– Quoi ? Mais enfin pourquoi ?
– Il serait de mauvais goût que la Tribune Impériale publie l’article d’un paria dont la tête est mise à prix ! Pense à la réputation du journal !
– Ah… J’avoue que je n’avais pas pensé à cela.
– Mais rassure-toi : il est effectivement en ligne.
– Je croyais que tu ne voulais pas le publier ?
– Non, j’ai dit que je ne voulais pas te publier, nuance. Du coup je l’ai mis à mon nom et rassure-toi, il a du succès. J’espère bien décrocher le prix Lupitzer !
– Mais…
Continuez à lui parler, on y est presque, prononce alors une voix inconnu dans le datapad.
– Euh… C’était quoi, ça ? que je demande.
– Et bien, mon cher Nomis, je ne te remercierai jamais assez pour m’avoir contacté. Tu savais que quand quelqu’un aide à la capture d’une personne dont la tête est mise à prix, il a le droit à 10% de la récompense ?
– À vrai dire, je l’ignorais.
– Dès que tu m’as contacté, j’en ai informé la guilde des chasseurs de primes, et la voix que tu as entendue est celle du technicien qui est en train de trianguler ta position. S’il y parvient, à moi les 10% de ta prime, soit cent milles crédits !
– Mais enfin… que je commence, indigné par ce procédé.
– … Voyons, mon cher Nomis, nous savons toi et moi que tu n’aurais pas procédé autrement à ma place !
– C’est vrai, suis-je obligé de reconnaître.
C’est bon, on le tient : on connaît sa localisation !
– Yes ! À moi la prime ! Encore mille mercis, Nomis ! Et bonne chance pour la suite !
Tut… tut… tut…


Oups…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 7 Juin - 11:21

XXXV

– Bon, je contacte Hoyddings pour savoir où il en est, dit Zavid. Ensuite nous le rejoignons et reprenons notre quête du colonel Covelian.
– Ah non, snif ! intervient Snaf.
– Comment ça, non ? rétorque Zavid en approchant la main de son fouet-laser.
C’est fou comme c’est devenu un réflexe conditionné avec le temps, cette manie. J’ai envie de remplacer discrètement son fouet-laser par… hum… un bouquet de fleurs, par exemple. Son aura menaçant en prendrait un sacré coup, et elle aurait l’air fin, ce qui ne gâterait rien.
Mais je pense que je vais quand même m’abstenir. Ce serait dangereux pour ma santé de tenter une telle substitution. Je suis à peu près certain que même durant son sommeil, Zavid est capable de tuer quelqu’un sans s’en rendre compte.
– Bah oui ! C’est mon vaisseau et j’en suis le pilote, snif. Et vous deux, vous savez piloter ?
– Oui, qu’on répond à l’unisson, Zavid et moi.
– Oh… je sais ! Il y a des systèmes de sécurité pour se servir de mon vaisseau, snif !
– Quel genre ? demande Zavid.
– Scan rétinien !
– Bah, un œil, ça s’arrache de son orbite. Ensuite, il suffit de le conserver au réfrigérateur et hop, le tour est joué !
Étrangement, suite à cette sortie de Zavid, je me rends compte que j’ai faim.
– Ah mais c’est pas tout ! En plus, il y a un scan d’empreintes digitales, snif !
– Ce n’est pas un souci. On peut trouver une place pour ta main coupée dans le réfrigérateur, entre les petits pois et les steaks congelés.
Là, Snaf Snof se décompose. Oh, mais j’y pense ! S’il ne nous est plus d’aucune utilité, Zavid pourrait le tuer et moi récupérer son vaisseau pour le vendre. Voire trouver un accès à ses comptes bancaires pour les piller et me remettre à flots, au moins en partie !
Brillante idée ! Tue-le, Zavid !
– Il y a une troisième sécurité, balbutie Snaf. Commande vocale, snif.
Là, pas sûr que Zavid puisse garder la voix de Snaf dans le frigo. En plus, il serait déjà rempli avec les autres organes.
– Bon, d’accord, fait Zavid après avoir haussé les épaules. Parlons de manière rationnelle, alors, vu que la violence ne résout rien, pour une fois. Pourquoi veux-tu t’opposer à notre enquête, Snuf ?
– Nan, c’est Snaf. Je ne veux pas m’opposer à quiconque, surtout envers le bienfaiteur qui m’a rendu riche, snif.
Pendant qu’il parle, il colle un regard limite langoureux sur moi ! Non mais il est fou, lui, cette espèce d’immonde allumette géante, avec le dessus de sa tête tout rouge. Sans encore il avait été une femelle… mais non, mille fois non ! Je réprime un frisson de dégoût.
– Alors quoi ? demande Zavid.
– Je veux que nous allions d’abord récupérer ma femme et mon fils, esclave de Gaga le Hutt.
– Joli surnom, que j’acquiesce. Mais c’est quoi le vrai ?
– C’est le vrai.
– Ah.
– Vous n’avez jamais entendu parler de lui et de son clan ?
– Nan.
– Gaga le Hutt a la réputation d’être fou. Son père, Papa le Hutt, a eu plusieurs enfants : Baba, Caca, Dada, Haha, Lala, Mama, Nana, Tata.
– Ça en fait du monde, que je dis.
– Oui. Baba dirige le racket de l’alcool, avec une préférence pour le rhum. Caca doit son nom à la couleur de sa peau à sa naissance. Dada s’occupe du racket dans le monde hippique. Haha a rompu avec sa famille et mène une carrière de comique. Lala tente de percer dans le monde de la chanson. Mama voudrait devenir mère mais elle hésite quant au choix de son partenaire. Et Nana a toujours préféré s’exhiber sous la forme d’une femelle. Tata n’a jamais su choisir son appétence sexuelle, malgré un choix de base masculin.
– Charmante famille, que je commente.
– En effet. Mais Gaga est le pire, snif. Il est considéré comme le fou officiel de la famille.
– Ça promet…
– Bah, ne vous inquiétez pas, tout se passera bien : à partir du moment où j’ai l’argent pour racheter et affranchir ma femme et mon fils – encore merci, Nomis, j’insiste, snif ! – ce sera du gâteau !
– Ils sont sur quelle planète ? demande Zavid.
– Althètis.
– Jamais entendu parler.
Pfeuh, quelle inculte, cette Zavid. Moi j’ai tout de suite tilté en entendant ce nom !
– Althètis, la planète des athlètes ? que je fais.
– Oui, snif.
– Athlètes qui tous les quatre ans remportent les Jeux Olympiques Galactiques ?
– En effet. D’ailleurs cette année, les JOG s’y déroulent et… tiens, ça commence demain, maintenant que j’y pense, snif ! J’espère qu’on n’aura pas trop de mal pour se garer.

C’est là qu’une immense lueur d’espoir m’envahit, genre lumière blanche qu’il faut suivre pour arriver au paradis. Enfin non, quand même pas, vu qu’il paraît qu’on ne voit cette lumière blanche que quand on meurt. Et que je ne suis pas croyant. Enfin si, mais je ne crois qu’en une seule divinité supérieure de l’univers : moi-même.
Bref, l’espoir est le suivant : qui dit JOG dit journalistes, et qui dit journalistes dit Tribune Impériale. Nul doute que certains de mes collègues se trouvent sur place. D’ici à ce que je les trouve, qu’ils me cachent et que je puisse enfin rentrer avec eux au Centre Impérial, il n’y a qu’un pas que je compte franchir allègrement !

Adieu Zavid, espèce de folle ! Moi, je serai bientôt de retour à la maison…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 7 Juin - 11:21

XXXVI



Quand on sort d’hyperespace au large d’Althètis, je ne peux m’empêcher d’admirer la configuration atypique de la planète. Si les planètes ceinturées d’un anneau sont un grand classique de la galaxie, Althètis en compte pas moins de quatre. Le premier gravite autour de la planète et est ceint de part et d’autre d’un nouvel anneau, comme trois maillons d’une chaîne géante. Dans lesquels sont enchevêtrés deux autres anneaux liés, juste au-dessus.
Et avant que vous ne posiez la question, oui, bien sûr, c’est cette configuration unique qui a été reprise pour créer le logo des Jeux Olympiques Galactiques, car c’est sur Althètis qu’ils sont nés il y a bien longtemps.
C’est une bande de hippies nudiste qui en fut à l’origine, il y a des milliers d’années de cela, comme en témoignent les fresques et les poteries d’innombrables Althètes (oui, c’est le nom des autochtones) aussi antiques que nus.
Heureusement, depuis, la glorieuse civilisation, républicaine puis galactique, est passée par là, soutenue et financé par le lobbying intense et tenace des multinationales galactiques vendant des vêtements de sport, telles Kine, Idadis, Roobek, Pamu et tous les autres.
La légende veut également que toutes les femmes de la planète ont lutté de toutes leurs forces pour que cette tradition de s’exhiber nu, le corps huilé et en faisant du sport soit préservée coûte que coûte, pour le plaisir de leurs yeux. Las. Leurs propres hommes, jaloux, ont fait en sorte qu’elles perdent et ont ouvert la porte à l’esclavage pour les calmer. C’est à cette occasion que les Hutts ont pris pied (même s’ils n’en ont pas) sur Althètis.
Bref, rien que de bien logique. Je décide de frim… de partager mon savoir avec mes compagnons. Avec un peu de chance, tel un guide de musée, j'’aurai peut-être droit à un pourboire ? Car oui, je n’ai Cirederf Nomis, je n’ai peur de rien et compte bien me refaire financièrement. Alors je me lance :
– Savez-vous que cette planète a été découverte il y a…
– On s’en fout ! me coupe Zavid.
Je me renfrogne, vexé. Décidément, la tête de de Zavid n’est bonne qu’à donner des coups de boule, où à commander ses membres pour qu’ils pratiquent l’art de tuer.
– Au fait, ajoute-t-elle, Althètis est une planète impériale, il me semble ?
Je grogne un assentiment boudeur. Si elle avait écouté ma présentation, elle l’aurait su d’ici une petite demi-heure, dans la troisième partie de mon exposé.
– Donc à l’astroport, nous allons être sondés ?
Qu’on ne me parle pas des sondes des douaniers ! Je ne les connais que trop bien !
– Oui, snif.
– Donc la reconnaissance faciale va immanquablement reconnaître Nomis comme criminel recherché, et il sera arrêté ?
Bon, OK. J’admets que là, elle marque un sacré point.
– Oui, snif.
– Très bien. Debout, Nomis.
Je me lève et m’irrite vite de la voir faire craquer ses doigts.
– Tu fais quoi ? que je demande.
– Je m’échauffe.
– Dans quel but ?
– Je vais te latter. Comme ça ton visage tuméfié, gonflé et déformé trompera les capteurs visuels de la douane.
– Nan mais t’es pas bien ! que je m’exclame.
– T’as une meilleure idée ? demande-t-elle froidement.
Vite, une idée. Viiiiiiiiiite !
– Moi j’en ai une, snif.
Mon sauveur !
– C’est quoi ? demande Zavid, qui se paye le luxe d’avoir l’air déçu, cette garce.
– Si Nomis est allergique à quelque chose, on lui en fait manger ou on lui en frotte le visage. Comme ça il va gonfler et sera méconnaissable !
– Nan mais ça va pas, la tête ? Et si j’en meurs ?
Pfeuh, c’est pas vrai, ça : pas un pour rattraper l’autre.
– Nomis a raison.
– Merci, Zavid.
– Donc je te latte, Nomis. Debout.
Et là elle se met en garde de boxeur.
– Kiki ! que je crie, mu par une soudaine impulsion. Je suis allergique aux poils de Kiki !
– Tant pis, fait Zavid en baissant les bras, l’air de plus en plus déçu.
Ouf, je commence à respirer. Mais pas longtemps quand Zavid ajoute en me pointant du doigt :
– Kiki, attaque !
Je n’ai pas le temps de réagir que cette monstrueuse bête des enfers me saute dessus, m’attrape entre ses crocs dégoulinant de bave et me secoue comme si j’étais une vieille chaussette. Je suis tellement brinquebalé en tous sens que je n’arrive même pas à vomir sur Kiki – ce qui m’aurait fait un bien fou au moral, mine de rien… quoique : je suis sûr que Zavid m’aurait fait tout nettoyer –, malgré la nausée qui s’empare de moi.
Ça me rappelle le jour où l’astrophysicien Beralt Steinen m’avait fait visiter son installation scientifique. J’avais trouvé ça sport de sa part, dans la mesure où je venais de publier un article assassin sur ses travaux délirants – même s’ils s’étaient avérés exacts depuis. Mais au cours de la visite, il m’avait bousculé par inadvertance et fait tombé dans une centrifugeuse géante destinée à tester la résistance des organismes vivants à des poussées extrêmes, genre grand huit en huit fois pire.
Bref, je morfle autant entre les crocs de Kiki.
– Écrase-le, Kiki ! fait Zavid.
Kiki me lance dans les airs et je crie :
– Je vooooooole !
La gravité me rattrape et je m’affale comme une serpillière trempée, le souffle coupé. J’écarquille les yeux en voyant Kiki : le formidable saut qu’il vient de faire avec grâce pendant ce temps l’a conduit juste au-dessus de moi, et c’est le trou noir quand il me tombe dessus.
J’ai juste pu entendre quelques trucs casser dans mes os, et je sais désormais ce que ressent une noix entre les mâchoires d’un pince-crustacés.

J’étouffe. Mes yeux me piquent, ma gorge aussi. Je ne peux même pas éternuer, j’ai à peine la place pour respirer. Je sens des picotements, des démangeaisons sur tout le corps. Et ça dure une éternité. Alors que j’ai le sentiment d’être dévoré tout cru par des milliards de fourmis carnivores (oui, des milliards : c’est petit, une fourmi), j’entends enfin :
– Couché, Kiki. Ça devrait le faire.

Je me relève, ankylosé de partout. Je dis :
– Fleuhbeuhleuh elfheureleuh...
On dirait que ma langue a bien gonflé dans ma bouche que je sens pâteuse.
– Il est parfait, dit Zavid, contente d’elle.
– Oh, c’est horriiiible, snif !
– Tiens, Nomis, voici un miroir. Regarde-toi : à mon avis, tu arriveras à berner la douane.
Je saisis le miroir maladroitement : mes mains semblent avoir doublé de volume. J’entrouvre comme je peux mes yeux qui semblent vouloir se coller irrémédiablement à mes paupières.

Et je contemple, indigné, l’homme à la tête de pop-corn qui me fait face dans le miroir.
Révolté comme jamais, je me tourne vers Zavid et Snaf et, oubliant toute pondération et politesse, les gratifie de tous les jurons que je connais, du genre à faire passer le langage du pire criminel endurci pour une histoire racontée par môman à son bébé au moment de s’endormir. Ce qui donne dans ma bouche :
– Fzerfjiorueh zerfuyh frfiuh, fzzeruifhih zedf plio ! Dheff fruhze ! Sajzeiuj deuh fkr fefih !

Je sais que je viens de signer mon arrêt de mort. Jamais Zavid ne me permettra de vivre après l’avoir ainsi insultée et d’en avoir tant dit sur les mœurs de ses ancêtres. Mais tant pis ! Je ne regrette rien ! Il fallait que ça sorte ! Quitte à en mourir !

– Qu’est-ce qu’il a dit, snif ?
– Aucune idée. Mais je crois qu’il a essayé de nous remercier pour cette bonne idée.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 7 Juin - 12:26

Bien, ça avance, continue :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 9 Juin - 14:35

XXXVII



Avec mes yeux qui ont le plus grand mal à rester ouverts, j’ai le plus grand mal à suivre Zavid et Snif. Ils ne sont que de vagues silhouettes qui filtrent à travers mes yeux étrécis.
À deux reprises, je m’affale au sol, la faute à des valises qui traînent là et que je n’avais pas vues. La deuxième fois, je tombe menton en avant. Je crois que j’ai une dent déchaussée.
Dans le grand hall de l’astroport, on est arrêté à une ligne blanche par le service local de sécurité. Face à nous, à vingt mètres, une rangée de dizaines de guitounes de douane.
Une voix s’élève de haut-parleurs invisibles :
« Attention, la course va bientôt démarrer ! Dès que le top départ sera lancé, vous courrez vers les guitounes. Les règles sont simples : une personne par guitoune, et dès que les formalités de la douane sont remplies, vous pouvez passer de l’autre côté… Rappelons que seuls les cinquante premiers passeront, tous les autres devront attendre la prochaine course, prévue dans dix minutes. »
Mais qu’il raconte ? Quelle course ? Hors de question que je me presse ! Je ne vois rien ou presque, mes jambes sont tellement gonflées que j’ai l’impression qu’elles ont été remplacées par des troncs, je n’ai pas de souffle. Non, mais vraiment, courir… quelle idée ridicule ! Toute personne normalement constituée ne court que pour attraper un taxi-speeder, échapper à la mort ou sortir du travail à l’heure de la débauche. Hormis ces raisons rationnelles, rien ni personne ne me fera jamais courir.
La voix off termine :
« Préparez-vous, départ dans dix secondes ! Et je vous rappelle, chers visiteurs, que le vainqueur se verra remettre une médaille d’or et la somme de dix mille crédits impériaux ! » 
DIX MILLE ??????
J’adore courir ! J’ai toujours pensé qu’il faut toujours courir plutôt que marcher ! C’est bon pour la santé, ça permet d’éviter de perdre du temps ! Dix mille ! Avec ça, je reprends ma marche en avant dans ma conquête de l’univers (au moins) !
– Qu’est-ce que c’est que ce délire ? bougonne Zavid à mes côtés.
– C’est la tradition sur Althètis, snif. Beaucoup de choses se font sous forme de sports. C’est pour ça qu’ils sont si forts aux Jeux Olympiques Galactiques.
« Départ dans cinq secondes ! »
Je jette un œil aux autres concurrents autour de moi. Houlà, nous sommes des centaines et il n’y aura que cinquante élus. Ça va être chaud. À quelques mètres, je vois un Octopodien à huit jambes, équipé de chaussures de course, short et maillot de compétition. Diantre, la concurrence va être rude.
Mais peu importe, je crois en ma bonne étoile, je vais gagner !
« Top départ ! »
Aïe, je me suis laissé distraire et me fais doubler aussitôt par des dizaines de fous furieux. Zavid est déjà dans le peloton de tête, avec une technique bien à elle pour y rester : dès que quelqu’un arrive à sa hauteur, elle distribue des coups de coude. Elle donne de grands coups de pied dans les jambes de ceux qui la précèdent pour les faire trébucher.
Ce petit malin de Snaf est sur ses talons, ayant compris qu’elle pourrait bien réussir à lui ouvrir le chemin.
Je cours comme jamais je n’ai encore couru, décidé à repousser mes limites ! Je suis surmotivé : le mental transcende le physique, c’est bien connu. Personne ne pourra me résister, je vais être irrésistible !
Pourtant, non seulement je ne remonte pas vers la tête de la course, mais continue à me faire doubler. Non mais c’est incroyable, ça ! Ils sont tous dopés ou quoi ? Je reste longtemps au coude à coude avec une mamie humaine, en évitant vaille que vaille ses coups de canne, mais elle aussi parvient à me passer devant.
Je commence à perdre espoir… Plus que deux cent mètres à parcourir avant les guitounes. Je jette un œil en arrière, histoire de gérer mes efforts pour laisser une majorité de concurrents derrière moi. 
Tiens, il n’y a plus personne !
Je n’aurais pas pensé que la situation serait critique à ce point. Je m’imagine déjà condamné à courir en vain jusqu’à la fin des temps afin d’atteindre ces maudites guitounes douanières.
Réfléchis, Cirederf, réfléchis !
Réfléchiiiiiis !
Oh !
Bien sûr !
Évident !
Quelque chose comme une idée géniale vient de faire tilt dans le cerveau supérieur logé dans ma boîte crânienne. En passant, je me demande pourquoi je m’en étonne encore, je devrais pourtant avoir l’habitude, depuis le temps que je me fréquente, à savoir depuis ma naissance.
– KIKIIIIIIIII ! que je crie.
Ce monstre à poils, qui est en train de courir gaiement entre les concurrents, me rejoint en trois enjambées. Et là je fais ce dont je rêvais depuis que j’ai rencontré cette créature infernale : je lui balance un gros coup de pied dans le faciès, de toutes mes forces, dans l’intention de lui faire mal !
Son air bonhomme de gros chaton disparaît aussitôt. Il montre ses crocs gros comme mes avant-bras, dégoulinants de bave (ses crocs, pas mes avant-bras), fronce ses sourcils chargés de toute la colère du prédateur, et pousse un rugissement, yeux braqués sur moi. 
Le genre de rugissement qui veut dire : je vais te tuer, te déchirer entre mes crocs, te déchirer de mes griffes, te détruire, de démoléculer (oui, j’invente des mots, mais avouez qu’il est joli), te transformer en papillotes de Cirederf, te désosser, sucer la moelle de tes os arrachés de ton corps. Car oui, un simple rugissement peut vouloir dire tout cela : la preuve, j’ai tout compris. Il semblerait que je sache parler le nexu.

Kiki se jette sur moi et je remets à courir. Chouette, je commence à rattraper les autres ! Je savais que cette technique serait efficace pour me faire aller plus vite ! Merci, Kiki, tu es mon ami !
J’accélère encore quand l’ami en question me balance un gros coup de griffes. J’entends ma veste de haute couture se déchirer dans le dos et accélère encore. Me voilà au milieu du peloton, remontant d’une manière irrésistible.
Je jubile : je suis bien parti pour gagner !
Une seconde plus tard, ma chaussure est arrachée de mon pied lancé en arrière. Gloups. Il est vachement près, le Kiki. Je sens son souffle fétide sur mes talons.
Cours, Forrest… euh, Cirederf, cours !
Je rattrape la tête de la course. Zavid est en bonne position. Elle écarte les concurrents qui l’entourent à coups de pieds et de coude. Snaf la talonne toujours, sautant par-dessus les corps qu’elle sème derrière elle.
Je double un concurrent comme une flèche en lui coupant la trajectoire. J’entends son cri d’agonie quand il se fait happer par Kiki et jeter au loin. Youpie, un concurrent de moins ! Je laisse derrière moi la mamie humaine, non sans l’avoir bousculée pour la faire tomber sur Kiki.
Je crois de plus en plus à la victoire : me voilà désormais deuxième ex-aequo, à la hauteur de Zavid. Seul l’Octopodien nous devance. Elle me jette un regard encore plus noir que d’habitude, même si j’ai du mal à visualiser du noir plus que noir, tout comme je n’ai jamais réussi à imaginer le blanc plus blanc vanté par les fabricants de lessive.
On se rend coup de coude sur coup de coude, sans rien lâcher. Elle me lance un coup de pied vicelard, que j’esquive d’un salto avant. Tiens, j’ignorais être capable de faire ça !
Elle avise Kiki sur mes talons et une lueur s’allume dans ses yeux : elle a compris pourquoi je suis si irrésistible.
– Laisse-le, Kiki ! dit-elle, impérieuse.
Mais ce faisant, elle baisse sa garde et ne parviens pas à esquiver la baffe que je lui mets et qui la fait tomber à terre. Mouhahahahaha ! À cet instant, je suis l’homme le plus heureux de tout l’univers !
– TUE-LE, KIKI ! hurle-t-elle alors, rageuse.
Aïeaïeaïeaïeaïe ! Me voilà transformé en l’homme le plus en danger de tout l’univers, ce qui me donne suffisamment de jus pour rattraper l’Octopodien. La première place va se jouer entre nous !
Petit coup d’œil derrière : Kiki sur mes talons, Snaf à ses côtés, Zavid ensuite. La moindre petite erreur risque de me coûter la course. La vie, aussi.
Je me rends compte à ce moment-là que si je perds, Kiki me bouffe. Et que si je gagne, une Zavid suffisamment vexée pourrait l’encourager à me bouffer aussi. J’en ai peut-être fait un peu trop, finalement.
Pas le temps de plus cogiter. J’entends le claquement du fouet-laser de Zavid et je saute pour l’éviter. Ouf, c’était juste ! L’Octopodien, me voyant à sa hauteur, en remet une couche et gagne quelques centimètres peut-être déterminants sur moi.
Oh non ! Il faut que je gagne, les guitounes ne sont plus qu’à quelques mètres ! Une nouvelle et brillante idée traverse mon crâne génial et je crie à l’Octopodien :
– Fais gaffe, ton lacet est défait !
Il marque alors un imperceptible temps d’arrêt, le temps d’inspecter ses huit chaussures, et me voilà en tête !

Je vais gagner ! À moi les dix mille crédits ! Mouhahahahaha !

Je trébuche soudain, la faut à un croc-en-jambe vicieux de Snaf. Je pars en roulé-boulé vers la ligne d’arrivée, il me saute par-dessus pour me doubler. Il atteint une guitoune le premier, et j’arrive deuxième, toujours en roulant, dans une autre, en m’explosant tête la première dedans. La porte de la guitoune se referme dès que je la franchis, me préservant de Kiki qui la fait trembler en se jetant rageusement dessus pour m’écharper. Ouf, la porte tient le coup !
« VAINQUEUR, SNAF SNOF ! À LUI LES DIX MILLE CRÉDITS ! »

Zut, j’y étais presque…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 9 Juin - 14:36

XXXVIII



Je suis encore à moitié sonné quand je sens qu’on m’emporte. Oh non ! Aurais-je été reconnu ? Quelqu’un serait-il en train de me vendre pour toucher la prime ? Tandis que j’évolue dans le brouillard, on me remet debout, on place mes mains en avant. Serait-ce la fin ? Va-t-on me mettre des menottes et me ramener honteusement au Centre Impérial pour y être abandonné entre les mains sadiques de mon banquier ?
D’agréables flagrances viennent chatouiller mon nez, ce qui me rend perplexe. On m’a mis des menottes parfumées ? Si c’est le cas, je trouve que c’est une délicate attention. Alors j’ouvre les yeux.

Une foule me fait face, en contrebas. Je suis sur une estrade. À ma droite, sur un strapontin plus haut, Snaf Snof, médaille d’or autour du cou. À sa propre droite, Zavid, sur un strapontin plus petit que le mien, qui ne cesse de me lancer des regards assassins. Ils ont chacun un bouquet de fleurs à la main. Tiens, moi aussi ! C’était donc ça, ce parfum ?

Une voix off se fait entendre :
« Chers amis, voici donc les trois vainqueurs de la course de 13h47 ! Le vainqueur est Snaf Snof, de la planète Rbetagne ! À lui les dix mille crédits ! »
– Ooooooh, c’est beau, je suis ému, snif !
« À sa gauche, le deuxième, qui s’appelle… euh… »
– Erderfci Nimos ! que je crie, mes esprits retrouvés et pour brouiller les pistes.
– Oooooooh, comme c’est malin de ta part, trouver une anagramme de ton nom et si rapidement, en plus, snif ! On dirait que tu as fait ça toute ta vie !
– Bien sûr que non, que je me défends. Il faudrait être sacrément tordu pour faire ce genre de truc régulièrement !
Non mais oh ! Manquerait plus que je passe pour un fou !
«… Erderfci Nimos, donc ! Veuillez nous pardonner de ne pas avoir pu vous donner son nom, mais sur les trois vainqueurs, il est le seul sur lequel nous n’avons pas trouvé de papiers d’identité, donc bon… De là à penser que c’est un voyageur clandestin, peut-être même un dangereux tueur en cavale, il y a un pas que nous ne permettrons pas de franchir… Laissons la douane faire son travail ! »
Non mais c’est pas possible, ça ! Il peut pas la fermer, lui !
Tiens, je vois des uniformes fendre la foule pour se rapprocher de l’estrade. Ils veulent sans doute que je leur signe un autographe.
« Et la troisième de la course est le lieutenant Diva Zavid, agent de terrain du Bureau de Surveillance Impériale, qu’on applaudit très fort ! Elle est sans nul doute en mission secrète sur notre belle planète, aussi n’allons-nous pas insister sur ce point afin de ne pas gâcher ses chances de réussite ! Faites donc comme si vous n’aviez rien entendu ! Ovation pour nos gagnants ! »
La foule en délire se fend alors de vivats, qui ne m’émeuvent d’ailleurs pas beaucoup : j’ai déjà vécu ce type de scène des milliards de fois (au moins) en rêve, aussi en être le héros en vrai ne me semble rien moins que naturel.

Alors que ce maudit Snaf Snof pose en compagnie des organisateurs et de jolies Twi’leks à la poitrine généreuse, son chèque géant de dix mille crédits entre les mains, Zavid et moi sommes priés de descendre de l’estrade.
Furibarde et mâchoire serrée, elle se rapproche de moi. Heureusement pour moi, nous sommes séparés par des journalistes qui veulent recueillir nos impressions. Trente-deux micros se tendent vers moi (oui, je suis bon en calcul mental rapide), et sept caméras (là je n’ai pas de mérite, elles sont nettement moins nombreuses).
Mais voilà que parmi les micros, l’un d’eux me saute immédiatement aux yeux. Je l’ai tellement utilisé moi-même. Il porte le sigle de la Tribune Impériale. Zut, je ne reconnais pas le visage de mon collègue. Sûrement un correspondant local. Bon, pas d’inquiétude. Dès qu’il saura qui je suis, il m’aidera, pas de doute, au nom de la solidarité sans faille entre membres d’une même corporation.
– Erderfci, vos impressions ?
Euh… J’aimerais remercier mon entraîneur, qui…
– Que répondez-vous aux accusations de dopage dont vous faites l’objet ?
– Ah jamais ! J’ai toujours été propre ! Sentez ma main, ça sent le propre, non ?
– Dix-huit personnes se sont suicidées quand vous avez fini deuxième, parce qu’ils ont perdu leurs dernières économies en pariant contre vous. Comment vivez-vous cette culpabilité au quotidien ?
– Parier contre moi, faut être stupide, aussi…
– Deux humains sur le podium sur les trois premières places, n’est-ce pas la preuve de la supériorité de la race humaine sur toutes les autres espèces sous-évoluées de la galaxie ?
Ah ! Enfin mon collègue de la Tribune Impériale se manifeste. Mais je n’ai pas le temps de lui répondre car il se prend moult coups de la part de ses collègues non-humains. Mais c’est un pro, un vrai ! Il se protège le visage du bras et tend toujours son micro vers moi.
Je me penche vers lui et lui chuchote :
– Hey, copain ! En fait je suis Cirederf Nomis, ton illustre aîné et collègue à la TI. Je suis dans la mouise, avec des chasseurs de primes à mes trousses. Il faut que tu m’aides à me sortir de là !
– Nomis !
Je tourne la tête vers Zavid, qui m’a ainsi apostrophé. Allons bon, qu’est-ce qu’elle veut, encore ? Elle tend le doigt dans une direction. Je regarde. Il y a un écran géant sur lequel j’apparais en gros plan. C’est très sympa à regarder, d’ailleurs : j’envisage dès lors de changer ma tapisserie à la maison avec des lés de moi géant.
Mon collègue se colle à moi, une main sur l’épaule. Mais… mais… mais… Il me fait quoi, lui ? Je ne mange pas de ce pain-là ! Il se tourne vers la caméra et dit :
– Info exclusive ! Je suis actuellement sur Althètis, avec le criminel recherché Cirederf Nomis ! Cirederf, êtes-vous ici pour perpétrer un attentat contre les Jeux Olympiques Galactiques ?

Mais enfin ! Où sont passées les nobles traditions du journalisme impérial d’État, la solidarité immuable entre ses membres, prêts à se sacrifier les uns envers les autres ? Je suis très déçu par mon collègue. Puisqu’il bafoue nos valeurs, pas question de le ménager. Je lui donne donc un coup de genou bien placé et il s’écroule à mes pieds en gémissant.
– Nomis ! me crie derechef Zavid en me montrant un autre écran, où se déroule la course suivante des migrants.
On y voit une scène de guerre, des tirs de laser, des torpilles, des chasseurs de primes en jetpack qui lancent des grenades. La voix off commente :
« Ah, il est clair que nos amis chasseurs de primes sont favoris de cette nouvelle course qui vient de démarrer ! Il se murmure dans les milieux bien informés qu’ils sont ici pour tenter de mettre la main sur un individu fort dangereux, le machiavélique, l’infâme, le traître, l’exploseur de découvert autorisé, j’ai nommééééééééé… CIREDERFFFFFFFFFF NOMISSSSSSSSSS ! »

Je ne sais pas pourquoi, mais mon instinct me souffle que cette journée aussi va être très longue…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 9 Juin - 14:37

XXXIX



[ note de l’auteur : enfin on arrive au chapitre XXXIX, avec toutes ses implications, y compris culturelles, à partir du prochain chapitre. Car naturellement, pondre autant de chapitres pour mon histoire tout en les notant en chiffres romains est aussi une manière pour moi d’apprendre les chiffres jusqu’à… chut, gardons la surprise. Et comme l’auteur il est trop sympa, il permet aussi à ceux qui ne connaissent pas lesdits chiffres romains de se cultiver avec lui. Elle est pas belle, la vie ? ]


– On se barre, Nomis ! fait Zavid en m’empoignant par le col.
De l’autre main, elle traîne déjà Snaf Snof, son chèque géant entre les mains, sourire extatique sur les lèvres. Quand il reprend ses esprits, il me dit :
– Merci ! Merci beaucoup, Nomis ! Sans toi je n’aurais pas gagné la course, c’est émouvant, snif ! Tiens, pour te remercier, voici un billet de dix crédits républicains !
J’attrape le billet d’une main tremblante, une larme perle au coin de ma paupière. Comme c’est généreux de sa part ! Finalement, il n’est pas si mal que ça, pour un non-humain. Le jour où on éradiquera enfin toutes ces sous-espèces de la galaxie, je signerai une pétition ¬– anonyme, bien sûr – pour commuer sa peine de mort en emprisonnement à vie, en guise de remerciement.

Une puissante explosion ébranle le sol et je manque de m’y retrouver projeté.
J’entends toujours la voix off :
« Houlà, les chasseurs de primes ne sont clairement pas là pour rigoler ! Il y a des bouts de corps qui volent partout, c’est un véritable carnage ! Des jets d’acide font fondre des arrivants, des shuriken effilés en transpercent d’autres de part en part ! Aïe, il y en a un qui a dû avaler une grenade sous la menace d’un fusil-blaster !
Oh, les chasseurs de primes déploient une banderole géante : « Livrez-nous Nomis ou on met la planète à feu et à sang » ! Ça alors, ils ne manquent pas de toupet ! Ils n’ont vraiment aucun savoir-vivre ! Personne ne dit ce qu’il doit faire à un Althèthissien, non mais oh ! Nous avons notre fierté et ne ployons jamais sous le joug de la violence !
Nous résisterons de toute nos forces jusqu’à notre dernier souffle ! Hey, mais… chers auditeurs, je crois que je vais devoir rendre l’antenne : quatre missiles à concussion viennent d’être lancés vers moi. Chérie, si tu m’entends, je peux tout avouer, maintenant : tes soupçons étaient fondés, j’ai bien couché avec notre voisine Rabraba ! Aaaah, je me sens mieux, la conscience en paix ! »

L’explosion qui suit dans l’instant, très violente, me jette à terre. Et j’essaye de me rappeler un truc : mais qu’est-ce que je suis venu foutre ici ?
Les chasseurs de primes décident de laisser tomber la course et tirent sur tous les gardes de sécurité, quand je me retrouve soudain dans sa ligne de mire. Par un heureux réflexe, j’empoigne le premier badaud qui passe, le jette vers le chasseur de primes en criant :
– Je l’ai reconnu, c’est Nomis !
Le pauvre bougre se prend aussitôt un tir de blaster en plein front et s’écroule à terre sans un mot. Désolé, garçon, je n’avais rien contre toi, c’est juste que mieux vaut toi que moi !
Je fais un pas vers le cadavre fumant et Snaf me dit :
– Oôôôôô, comme c’est beau, snif ! Tu veux aller voir s’il respire encore pour tenter de le sauver ?
– Euh, oui, bien sûr, que je réponds.
Apparemment, il ne serait pas de bon ton de déclarer que je voulais fouiller les poches du mort à la recherche de liquidités.
– C’est trop dangereux ici, Nomis, on se barre ! dit Zavid.
Avec la souplesse de la femme de terrain qu’elle est, elle se précipite vers un escalator qui descend, saute sur la rambarde et glisse jusqu’en bas en un instant.
Snaf suit, en bousculant les gens qui tentent de fuir :
– Pardon… Pardon… pousse-toi, toi ! Hey, garde tes mains, mon gars ! Pardon… Pardon…
Kiki, qui s’est enfin remis du choc avec la porte de la guitoune derrière laquelle je m’étais réfugié, ne se pose pas de question et utilise la même technique que Snaf, en plus efficace. Il renverse tout le monde, donne des coups de tête pour éjecter les gêneurs, dont certains basculent par-dessus la rambarde.
Il y a tant de monde à terre dans l’escalator après son passage que je décide d’utiliser la technique de Zavid. Je saute donc sur la rambarde, mais j’évalue mal la distance et passe par-dessus. Oups ! Du vide sous mes pieds…
– Je lègue tous mes biens à… que je commence à crier tout en chutant.
– … Ah bah non, à personne vu que je suis fauché, que je termine.

Je m’écrase violemment sur le dos. Tiens, je suis encore en vie ? Étrange… Je constate que ma chute s’est arrêtée plus tôt que prévu. Je suis sur le toit d’une toute petite bâtisse, souffle coupé.
Sous moi, une tête émerge d’une fenêtre invisible et me fais :
– Bonjour, cher client, vous désirez ? Un kebab ? Une frite ? Un sandwich ?
– Une frite, s’il-vous-plaît, que je réponds machinalement. Avec un supplément petchuk.
– Ça fera 3,42 crédits, monsieur.
– Les voilà, que je dis en tendant mon billet de dix.
– Nomis, bon sang, c’est pas le moment ! crie Zavid en courant vers moi.
Je commence à en avoir sérieusement marre de cette folle… et de tout, d’ailleurs. Moi, tout ce que je veux, c’est pouvoir déguster tranquilou ma frite avec un supplément petchuk. L’univers ne peut-il donc pas me foutre la paix deux secondes ? J’ai tant besoin de calme, de sérénité et de zenitude…
Zavid, au pied de la petite boutique du marchand ambulant, reprend :
– Bouge tes fesses, Nomis ! Il ne se faudra pas de beaucoup de temps avant que… Oh non, c’est trop tard !
De ce fait, je constate que nous sommes encerclés par des dizaines de chasseurs de primes. Qu’ils soient à pied, à roulettes, à tentacules, à ailes ou à jetpacks, il se retrouve tout de même une constante chez chacun d’entre eux : tous pointent un flingue – ou un missile, ou une grenade – sur moi.
Franchement, j’en suis à un point où je m’en fiche.
– Voilà votre frite, me fait le marchand et me la tendant.
Je le remercie, je m’assois en tailleur et en mange une. Mouais, c’est pas trop mauvais. Je vois le marchand bondir de sa boutique pour aller se réfugier en sécurité, et ce n’est que là que je me rends compte que ce malhonnête ne m’a même pas rendu ma monnaie !
Décidément, tout fout le camp…

– RENDEZ-VOUS OU NOUS OUVRONS LE FEU, NOMIS ! fait le chef des chasseurs de primes dans un mégaphone.
Je me lève, le toise froidement et réplique en le pointant du doigt :
– Nomis meurt mais ne se rend pas !
– JE PEUX COMPRENDRE ÇA, MAIS VOUS ÊTES UN PEU RIDICULE À TENDRE UNE FRITE VERS MOI COMME VOUS LE FAITES.
Waaaah l’autre ! Comment il essaye de me casser mes effets, solennité, tout ça…
– EN PLUS VOUS AVEZ UN PEU DE KETCHUP SUR LA JOUE, ÇA CASSE PAS MAL LA CRÉDIBILITÉ ET LE SÉRIEUX DE VOTRE TIRADE.
Non mais quel pisse-froid, celui-là !

Mais peu importe, je ne me rendrai pas ! Jamais ! Je partirai dans l’honneur, l’amour, la gloire, la beauté, le… tiens, qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que les chasseurs de primes ont baissé leurs armes ? Ils ont tous tourné la tête vers la droite, alors je fais pareil, tout en me rendant compte à ce moment qu’un bruit de chuintement provient de cette direction.

Un escargot géant.

Normal.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 9 Juin - 14:38

Et une bonne nouvelle pour la route : dès que j'aurai fini de rattraper le retard, des chapitres inédits tomberont !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 9 Juin - 16:41

Yeah ! Quoique faut d'abord finir de copier ^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 9 Juin - 17:31

:p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 10 Juin - 9:37

XL


[ note de l’auteur : alors comme ça, « quarante » c’est « XL » en latin ? Hum… je me demande s’il ne faut pas le noter avec une police plus grande que d’habitude, du coup… ]

À y regarder de plus près, il ne s’agit pas tout à fait d’un escargot géant. Manque les antennes. C’est clairement un Hutt… mais avec une coquille d’escargot géant sur le dos.
En tout cas, son arrivée a calmé tout le monde. Les chasseurs de primes atterrissent tous et rangent leurs armes. Leur chef se pose et dit au Hutt :
– SEIGNEUR GAGA, C’EST UN HONNEUR DE VOUS RENCONTRER.
– Range ce mégaphone, je ne suis pas sourd, réplique gaga.
– Euh, oui, pardon, votre éminence.
– Tu sais que tu es sur mon territoire, chasseur de primes ?
– Et oui, désolé, m’sieur, répond l’autre en se dandinant d’un pied sur l’autre.
– Tu sais que ce n’est pas poli de venir jouer dans la cour de récréation des autres sans y avoir été invité ?
– Oui, m’sieur, j’avais oublié, pardon.
– Va au coin, garnement ! Et tes petits copains aussi !
Les chasseurs de primes, penauds, s’en vont faire face aux murs les plus proches.
Gaga le Hutt – puisqu’il semble bien que ce soit lui, finalement – se tourne alors vers moi. Beurk, quelle horreur que cette créature plus que moche. Il dit :
– Allez, Nomis, descends de là.
– Euh… c’est à quel sujet ? que je demande.
– Tu es mon invité ! Et tant que ce sera le cas, tu n’auras rien à craindre de personne sur Althètis.
– Ah ? C’est gentil… mais que me vaut l’honneur ?
Il se rapproche, me fait signe de faire pareil et me murmure :
– Il y a une pièce spéciale paris illégaux au spatioport, et j’y étais à ton arrivée. Quand j’ai vu ton groupe, j’ai décidé de parier sur toi, parce que tu ne ressemblais à rien et que personne ne le faisait. Si jamais par miracle tu réussissais à être dans le trio de tête, j’aurais été milliardaire ! Et c’est ce qui s’est passé.
Je ne suis pas sûr que je doive prendre ce qu’il me dit comme un compliment, aussi je me rebelle. Je ne suis pas de ceux qu’on achète, j’ai des valeurs, moi !
– Je ne suis pas sûr de vouloir bénéficier de l’hospitalité d’un… truc hideux comme vous, que je le dis, glacial, en faisant une grimace de dégoût pour étayer mon propos.
– Comme tu veux, répond Gaga avant de se tourner vers les chasseurs de primes punis. Les gars ?
– OUI, MAÎTRE GAGA ?
– J’ai dit quoi sur ce mégaphone ?
– Pardon, m’sieur.
– Voilà qui est mieux. Bon, comme Nomis ne veut pas de mon hospitalité, tu peux t’emparer de…
– Je serai votre invité avec plaisir, Gaga ! Ce sera un plaisir de tous les instants ! que je lui fais en sautant du toit de la petite boutique.
Dans une tentative pour faire ami-ami, je lève la main pour lui claquer l’épaule, comme des potes, sauf que bon… c’est un Hutt, donc dégoûtant par nature, donc je baisse la main.
– Je préfère ça, conclut le Hutt. Tu peux retourner au coin, chasseur de primes.
– C’est pô juste, fait ce dernier avant d’obéir.

Quelque chose fait brusquement tilt dans mon esprit. Il a dit quoi, ce Hutt, tout à l’heure ? Je m’assure d’avoir bien entendu :
– Euh… noble Gaga… Vous avez bien dit que vous étiez devenu… milliardaire… grâce à moi ?
– En effet. Merci encore de t’être si bien défendu, Nomis ! Grâce à toi, je vais étendre ma mainmise sur le crime dans tous les secteurs de la galaxie, et sans doute détrôner le Soleil Noir. À partir de là, il est probable de mes fonds, qui auront été investis et démultipliés entretemps, me permettront d’envisager une guerre contre l’Empire Galactique, afin de déposer l’Empereur et d’inaugurer le règne éternel des Hutts sur la galaxie !
Houlà, il s’enflamme facilement, lui ! Zavid aussi, parce qu’elle choisit d’intervenir à ce moment :
– Tu es complètement fou, Hutt !
– Je ne suis pas fou, je suis Gaga.
– Je ne te laisserai pas faire, je suis une fidèle servante de l’Empire. Dès que je t’aurai dénoncé, tu seras l’ennemi public numéro un de la galaxie. Tu n’auras plus jamais une seconde de répit.
Le Hutt est secoué d’un rire irrépressible en entendant la tirade de Zavid. Il me fait un clin d’œil, comme s’il voulait me prendre à témoin de la bêtise de Zavid et il me donne une tape amicale sur l’épaule qui m’envoie à terre. Aïe-euh ! Je me suis écorché le genou !
Il rétorque à Zavid :
– Rien ne pourra m’arrêter, je suis d’ores et déjà trop puissant !
– T’as une idée de la puissance de l’Empire ? qu’elle réplique.
– Peu importe ! Mon horoscope était formel ce matin : « amour : vous vous aimez chaque jour un peu plus. Santé : vous êtes bâti pour vivre des siècles. Travail : la conjonction d’Uranus et Saturne, qui tournent à droite derrière Jupiter dans une configuration inédite depuis 354 ans, est traversée par la comète de Hellay. »
– Hein ?
– Bah oui ! Symboliquement, la comète de Hellay est un élément déclencheur. C’est forcément Nomis, grâce à qui j’ai désormais les moyens de conquérir la galaxie ! Avec un tel porte-bonheur, rien de négatif ne peut m’arriver ! L’univers n’oubliera ni mon nom, ni le sien ! Tout le monde saura que l’Empire a chuté grâce à Nomis !
– Euh… mais, je… que je commence.
– Cet homme est béni des dieux. Je suis sûr que si je le jette dans ma fosse à rancors – j’en ai trois, pas mal, hein ? –, il y survivra sans mal !
– À vrai dire, je ne pense pas que je …
– Alors, qu’est-ce que tu dis de ça, Zavid ? qu’il termine.
– Que tu portes bien ton nom, pas de doute là-dessus.
– Merci ! Allez, je vais planifier mes futures conquêtes. Et comme je suis de bonne humeur, je te laisse en vie, toi et la tête d’allumette de Rbeton qui t’accompagne.
– À ce sujet, justement, intervient Snaf, je suis venu vous racheter ma femme et mon fils, qui sont esclaves chez vous, snif.
– Chouette, encore de l’argent facile en perspective ! Décidément, mon porte-bonheur est trop super efficace : je vais pouvoir jeter mon trèfle à huit feuilles et mon fer à repasser le cheval. Suis-nous, Rbeton, on va signer la libération des tiens.
– Merci, votre dégoulinante grandeur. Je suis ému, snif.
Gaga le Hutt tourne alors les talons qu’il n’a pas, m’attrape et me cale sous son bras, et nous voilà en train de quitter le spatioport.
J’attrape discrètement mon datapad, tape « Au secours, Zavid ! Sauve-moi !!!!!!! » et le lance dans sa direction.
– Au fait, Gaga, que je dis. Je me pose une question à ton sujet depuis tout à l’heure.
– Oui ?
– Depuis quand les Hutts ont une coquille géante d’escargot sur le dos ? Tu appartiens à une sous-espèce de Hutt ?
– Pas du tout. C’est juste que j’avais prévu d’aller à un bal costumé ce soir, donc je me suis déguisé en escargot géant. Sympa, la coquille, hein ? Tout en synthétique, c’est super léger. Malheureusement, avec ce qui vient de se passer, je vais renoncer à y aller : j’ai des choses bien plus importantes à faire. C’est dommage : je suis sûr que j’aurais été le roi de la fête.
– Euh… ouaip, c’est sûr, que je réponds.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 10 Juin - 9:38

XLI



Alors que je sors de l’astroport, toujours sous le bras – puant, soit dit en passant, même si je m’abstiens de lui en faire la remarque à haute voix – de Gaga le Hutt, j’avoue ne pas faire le fier.
Nous sommes entourés de ses gardes du corps, patibulaires, tout de cuir clouté vêtus, comme tous méchants qui se respectent, surarmés aussi, prêts à fondre sur le premier assaillant venu, tels les citoyens normaux en apprenant la sortie du dernier numéro de la Tribune Impériale.
Zavid, Snaf, Kiki et moi-même nous retrouvons bientôt assis sur la banquette arrière d’un somptueux speeder blindé. Gaga nous fait face : à la place qu’il occupe, nulle banquette, par contre. Dommage, j’aurais bien aimé le voir essayer d’y grimper.
Les yeux mi-clos, Gaga ne dit rien. Nous autres ses invités nous nous regardons, dans l’expectative.
– Snif, il ne fait pas très chaud, regrette Snaf.
Il se tait en constatant que la seule réaction de Gaga consiste à froncer les sourcils. Snaf déglutit nerveusement et me lance un regard effrayé. Il croit quoi ? Que je vais le soutenir moralement ? Au contraire !
Je retiens un sourire. Vas-y, Snaf, continue ! Parle ! Contrarie Gaga : comme ça, avec un peu de chance, il va te tuer, te massacrer, te détruire, t’éradiquer, t’occire, te réduire en poussière de miettes, te… Bref, l’idée est là.
Ainsi, je pourrais récupérer et revendre ton vaisseau, et te piquer tes sous pour me refaire. Inhumain, moi ? Pas du tout, c’est lui le non-humain. Et puis j’ai toujours pensé que dans la vie, il fallait être pragmatique.
En tout cas, nous sentons la tension monter dans l’habitacle, subrepticement, jusqu’à devenir aussi lourde que le Hutt qui nous fait face. Personne n’ose moufter ni l’ouvrir, même Zavid. Même Kiki, ce qui n’est pas un mince exploit. Nous sentons de manière instinctive qu’au moindre geste ou parole de notre part, Gaga va nous anéantir dans la seconde.
Comme s’il n’attendait que de percevoir une faille en nous… Comme s’il était à l’affût de la moindre erreur de notre part. Snaf se tortille nerveusement sur la banquette. Zavid prend Kiki dans ses bras, l’air presque anxieux. Et ce même Kiki ne semble pas en mener large. Quant à moi, je ne cesse d’essuyer mes mains moites tandis que la transpiration coule sur mon front.
L’ange de la mort plane sur nous. Gaga le Hutt, qui porte bien son nom. Représentant d’une espèce cruelle, dénuée de sens moral. Un monstrueux tueur sommeille derrière son enveloppe charnelle cauchemardesque.
Que se passe-t-il derrière ses paupières étrécies ? Est-il en train de nous scruter attentivement, l’un après l’autre, afin de déterminer lequel d’entre nous sera sa première victime ? Pense-t-il à quelles tortures raffinées il va s’adonner sur nos corps impuissants mais néanmoins musclés ? (enfin, le mien, en tout cas). Est-il en train d’estimer les bénéfices qu’il pourrait faire sur nos dos en cas de revente sur les marchés aux esclaves ?
Soudain, Gaga redresse la tête et ouvre grand les yeux. Kiki gémit, Snaf sursaute tellement qu’il heurte le plafond du speeder, Zavid se met à trembler de peur, et moi je tombe de la banquette. Pas de peur, hein, bien sûr, ce n’est pas du tout mon genre : c’est simplement une désorientation spatiale passagère, il faut que je consulte mon médecin, voilà tout.
Gaga ouvre la bouche, prend une longue inspiration… Nous autres, on se colle les uns aux autres, dans un vain effort pour se rassurer mutuellement. J’éternue. Je ne devrais pas me coller autant à Kiki. J’oublie toujours.
Que va nous annoncer le Hutt ? Quel sinistre sort nous réserve-t-il ?
– Veuillez m’excuser, les amis, j’étais en train de m’endormir.
– Je… je le savais, fait Zavid.
– C’était évident, ajoute Snaf.
Kiki grogne d’un dédain qu’il espère convaincant.
Quant à moi, je me fends d’un tout à fait objectif :
– Vous êtes trop mignons quand vous dormez, ô grand Gaga, on dirait un gros bébé panda…euh… les poils en moins.
Mais pourquoi est-ce qu’ils se mettent tous à me regarder bizarrement ?

Au bout de quelques minutes de trajet silencieux, le speeder-limousine ralentit et Gaga reprend la parole :
– Ah, nous arrivons enfin à mon quartier général !

À ces mots, je frémis. Les antres des Hutts sont bien connus pour faire passer les décharges, même radioactives, pour des endroits d’une salubrité à toute épreuve. Je commence à me gratter, percevant presque clairement les petites bêtes imaginaires qui montent en rangs serrés à l’assaut de mon corps d’athlète.
Zavid asperge Kiki d’une lotion antipuces avant de se frotter les bras et la tête avec un savon antibactérien. Snaf retient son souffle, comme pour retarder le plus possible le moment de respirer l’air vicié de la décharge qui doit servir d’habitat à Gaga.

Le speeder finit par s’arrêter et sa porte s’ouvre. Dans l’encadrement, un serveur humain en livrée d’un blanc immaculé fait son apparition et dit :
– Bienvenue à la maison, votre grandeur.
– Quelles sont les nouvelles, Tesnor ? demande Gaga.
– Rien de spécial, votre grandeur. Le grand nettoyage quotidien vient d’être terminé, tout brille de mille feux. Pas une seule bactérie n’a survécu. Les réseaux d’air climatisé ont été purifiés, le PH de l’eau courante a été testé, vérifié trois fois et tout va bien ; néanmoins, par précaution, j’ai laissé en route le purificateur d’eau, on ne sait jamais. Quant à l’usine de l’autre côté de la rue, vos efforts ont porté leurs fruits : les autorités ont décidé de la faire fermer. Tant pis pour leurs 12 542 employés, mais il était inadmissible de laisser l’usine polluer la troposphère.
– Que de bonnes nouvelles, c’est parfait ! répond Gaga en s’apprêtant à sortir.
Tesnor lève le bras pour l’empêcher d’aller plus loin.
– Un instant, je vous prie, votre grandeur.
Le maître d’hôtel de Gaga claque des doigts et des serviteurs se précipitent, patins de feutre aux pieds, glissant sur le sol brillant de mille feux tels des patineurs sur glace. Ils déposent une grande couverture par terre, devant Gaga, et Tesnor reprend :
– Maintenant, vous pouvez y aller, votre grandeur.
Gaga glisse délicatement sur le sol, s’assurant de ne pas faire déborder son corps massif de la couverture, visiblement inquiet à l’idée de salir les lieux.
Quatre serviteurs se tiennent alignés au garde-à-vous, attendant que l’on sorte à notre tour. Trois d’entre nous tendent une paire de chaussons d’hôpital. Le dernier en a deux paires, plus petites, adaptées aux pattes de Kiki.

Des frissons me parcourent soudain la nuque : j’ai une soudaine envie d’éternuer. Retiens-toi, Cirederf, retiens-toi ! Tu es tombé sur des ultramaniaques de la propreté. Si tu laisses tes germes se répandre, ils seraient capables de t’abattre sur-le-champ ! Mettre les pieds dans l’antre d’un Hutt est décidément aussi dangereux que le colporte la rumeur… même si je ne m’attendais pas à ce que le danger prenne ce visage. Les traditions et les clichés se perdent.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 10 Juin - 9:39

XLII


Comme il est bien connu que les Hutts aiment vivre sous terre, je ne m’étonne pas de voir qu’on nous fait descendre une rampe automatisée. Ce qui est moins courant, par contre, ce sont tous les spots lumineux qui ne laissent pas vivre le moindre coin d’ombre.
Un Weequay, en haut d’un escabeau, passe un drôle d’appareil au plafond : un long manche avec une boule de poils soyeux au bout.
– Détecteur de micros espions ? que je demande à Gaga.
Il me lance un drôle de regard avant de répondre :
– Non, c’est une tête de loup, pour mieux enlever les araignées et leurs toiles dans les coins. Je déteste les araignées, surtout les grosses velues.
Et pendant qu’il frissonne en pensant à l’objet de sa phobie, je ricane intérieurement : un Hutt, force de la nature, qui vit des centaines d’années, avoir peur de simples petites araignées de rien du tout ? C’est d’un ridicule !
Sauf qu’à ce moment, un chaton tout mignon crottou passe devant moi.
– Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! que je fais en sautant dans les premiers bras venus.
Je n’ai jamais supporté ces bestioles tout droit sorties de l’enfer. Elles sont toutes douces, font ronron et vous regardent avec leurs grands yeux innocents, se frottent à vous pour vous montrer à quel point ils sont toujours contents de vous voir, pour vous faire ressentir que vous êtes le centre de leur univers.
Qui croient-elles tromper, ces saloperies poilues ? Tout un chacun devrait pourtant savoir qu’elles sont les pires des hypocrites faux-cul, uniquement intéressées par trois choses : avoir un toit au-dessus de leur tête (sans payer de loyer, bien sûr, ces sales rats… enfin rats, façon de parler), pouvoir s’empiffrer à leur convenance, et pouvoir pioncer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Mais quand elles laissent leur vraie nature reprendre le dessus, elles se transforment en démons, lacérant leurs pauvres et malheureuses victimes de leurs griffes acérées, et arrachant des lambeaux de chair jusqu’au sang grâce à leurs crocs effilés.
Bref, comme toute personne normalement constituée, je hais les chatons. Leurs « miaou » plaintifs ne sont que pure diversion, pour mieux nous faire baisser notre garde avant de nous réduire en petits morceaux goûtus.
– Hum hum, que j’entends juste à côté de moi.
Je me retourne vers ce bruit et me rend compte que dans ma panique, j’ai sauté dans les bras de Zavid. À son expression plus que renfrognée, qui ferait fuir une horde de chatons enragés (qu’on me pardonne ce qualificatif quasiment pléonasmique*), je devine que je vais souffrir, soit tout de suite soit plus tard, aussi je me dépêche de me remettre sur mes pieds, après m’être assuré que le diabolique chaton (qu’on me pardonne encore une fois ce nouveau qualificatif pléonasmique, qui n’existe peut-être toujours pas mais peu importe, j’aime bien) s’est éloigné.
Est-ce que Zavid devient civilisée en public, voire civilisée tout court ? Elle ne fait pas mine de lever la main sur moi, ouf !

[* Note De l’Auteur : j’ignore si ce terme existe et je n’ai pas de dico sous la main pour le vérifier. Peu importe, je le laisse tel quel, je trouve que ça sonne bien. Et de toute manière, c’est moi l’auteur donc je fais ce que je veux, na !]

Je ne suis malheureusement pas au bout de mes peines. Une fois que nous sommes en bas de la rampe, nous découvrons un couloir bien éclairé lui aussi, avec du lambris aux murs, des dorures, des moulures et des motifs en mosaïque du plus bel effet.
Par contre, il y a également un portique de sécurité, gardé par plusieurs hommes en armes à l’air si peu avenants que s’ils s’appelaient Hibulaires, leurs prénoms seraient Pat.
Gaga et son serviteur franchissent le portique, qui reste silencieux. Je ricane intérieurement en songeant qu’au passage de Zavid, l’appareil va beugler de toutes ses forces, entre son fouet-laser et toutes les armes qu’elle ne manque jamais de dissimuler sur elle (et mieux vaut éviter de se demander « où ? »). Elle passe… et rien ne se produit. Hum… voilà qui est décevant.
Snaf Snof suit, pour un résultat identique. Par contre, quand vient le tour de Kiki, une alarme discrète se met à sonner. Chouette ! Avec un peu de chance, ce monstre hideux et barbare va être refoulé ! Peut-être même être transformé en viande hachée, pour la peine ?
L’homme qui se tient devant la console attenante au portique dit :
– Hygiène générale bonne. Le problème vient de son haleine, dans laquelle se développe un taux de bactéries bien plus important que la moyenne.
Zavid s’avance, froncils sourcés (à moins que ce ne soit l’inverse ?), prête à en découdre, main presque sur son fouet-laser… jusqu’à ce que l’homme rende son verdict :
Un masque couvrant le museau et la bouche suffira pour éviter de contaminer l’air ambiant.
Zavid se calme aussitôt et se charge elle-même d’affubler Kiki de son masque. Dommage, j’aurais bien voulu qu’elle s’énerve, se batte et se retrouve dans un tas d’ennuis. J’espère que ce n’est que partie remise.
Je franchis le portique à mon tour, la tête haute, serein comme jamais auparavant… et des alarmes tonitruantes se mettent à hurler dans mes oreilles tandis que toute une série de lumières crues m’agressent les tympans.
– Alerte rouge ! crie l’homme à la console. Il lui faut deux bains de bouche, trois brossages de dents de dix minutes minimum chacun, et un masque triple épaisseur pour contenir toutes les infections qui, d’après mes senseurs, tentent d’exsuder en force à chaque seconde qui passe ! C’est fou, je n’ai jamais vu un truc pareil : on dirait une invasion, que dis-je, une arme bactériologique !
– Non mais ça suffit ! que je dis. Que d’exagération !
– Aaaaaaaaaaaaaargh ! Il a parlé, et en tournant la bouche vers moi, en plus ! Sauvez-moi, je sens que je me pâme, que je meurs ! Vite, préparez la chambre de décontamination, il me faudra bien un séjour d’une semaine dedans pour être sûr de m’en sortir ! Et encore, après un bilan physique complet et poussé comme jamais !
– Non mais… que je reprends avant d’être interrompu par Gaga.
– Je suis très déçu, Nomis. Moi qui, en récompense pour m’avoir permis de gagner des millions suite à la course, comptait te récompenser de 100 000 crédits, voilà qui me refroidit. Un tel manque d’hygiène… tss… tss…
– Mais je…
– 90 000 !
– C’est injuste, il se trouve que…
– 80 000 !
– Peut-être qu’en fait, il y a dysfonctionnement du…
– 70 000 !
– Euh… Finalement c’est pas bien grave, ô grand Gaga, immentissime bienfaiteur du misérable insecte que je suis.
– … 70 010.
– Je vous ai déjà dit que vous étiez le plus beau Hutt que j’ai jamais vu ?
– 70 020.
– Vos talents et votre intelligence font passer le reste de la galaxie pour des sous-singes même pas savants.
– 70 030.
– Et… non, c’est tout, en fait, que je conclus, de peur d’en faire trop.
Hypocrite, moi ? Jamais de la vie. On appelle ça de l’instinct de survie. Rien à voir, donc. Et en s’appuyant sur un tel principe, on ne peut que louer mon sens de l’à-propos.
Zavid, Snaf, le maître d’hôtel Tesnor et même Kiki me regardent avec un air dégoûté et méprisant. Pfeuh… ses imbéciles à l’intelligence de fœtus d’amibes n’ont rien compris, ce qui ne m’étonne guère. Après tout, ne dit-on pas que le génie est incompris ? Moi, c’est ce que je me dis tout le temps depuis le jour de ma naissance tellement nul ne m’a jamais compris.

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