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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 18:57

IX



Mort d’un grand journaliste !


C’est avec une grande émotion que nous, rédacteurs de la Tribune Impériale, prenons la plume pour narrer la dernière grande aventure de notre regretté confrère Cirederf Nomis.
L’estimé Cirederf est décédé dans la Bordure Extérieure, sur la planète P-Oilad’e. Il est tombé la tête haute et dans l’exercice de ses fonctions, à savoir le fondement même de sa vie : le journalisme impartial d’investigation au service de l’Empire.
Lord Dark Vador a affirmé, lors d’une conférence de presse où son émotion était palpable, que « ce crime odieux ne restera pas impuni ! Bientôt, il y a aura une planète inhabitable de plus dans le Système Pyleux. »
Voilà qui fait plaisir à entendre, d’autant qu’avant même cette intervention aussi remarquée que remarquable, la rédaction de la Tribune Impériale avait lancé une pétition sur le Holonet afin que ce peuple d’assassins, les Poliens, subisse un châtiment exemplaire. Rappelons qu’avant la prise de parole du seigneur Vador, la pétition avait été signé par 3 745 652 897 personnes, chiffre qui a depuis été multiplié par dix-sept.

Cirederf Nomis, qui était dans la trentaine, a mené de hautes études qui n’ont jamais été sanctionnées d’un diplôme : on sait depuis que la jalousie de ses professeurs et de ses condisciples a été à l’origine de cette infamie.
Mais qu’importait au jeune Cirederf : il s’est formé à la littérature en autodidacte et son talent naturel a fait le reste, puisqu’il a atteint le poste prestigieux de journaliste à la Tribune Impériale.
Plusieurs fois pressenti pour en occuper la direction, le modeste Cirederf a toujours préféré rester en retrait, pour ne pas perdre de vue le cœur du métier.
L’éloge de son supérieur, le directeur Smaugh Eskolar, est à ce titre aussi révélateur que poignant :
« Veuillez me pardonnez, je suis encore sous le choc. Je ne trouve plus le sommeil depuis que j’ai appris cette effroyable nouvelle. Cirederf et moi étions très proches, nous savions pouvoir nous appuyer l’un sur l’autre en toutes circonstances.
C’est une grande perte pour nous tous, et personne ne saurait remplacer l’homme exceptionnel que nous avons perdus. Rien ne sera plus comme avant. Je me demande même si la Tribune Impériale peut survivre à un tel séisme ! Mais nous essaierons, ne serait-ce qu’en hommage à la mémoire de notre cher confrère. Il était le meilleur d’entre eux.
Et à titre personnel, c’est bien simple : si j’ai un jour la chance d’avoir un fils, il est bien évident qu’il portera le prénom de « Cirederf ». Même si ce sera un lourd fardeau à porter.
»
Une autre de ses collègues, Kia Lansillo, bien que ravagée par l’émotion, s’est fendue de quelques mots émouvants : « Cirederf et moi n’avons pas tardé à nous rapprocher après mon arrivée à la Tribune. Il a été un ami, un mentor, et même plus que cela. Je… Je pense de plus en plus qu’il était l‘homme de ma vie, et je m’en veux tellement de ne pas avoir ouvert les yeux plus tôt sur mes propres émotions. Qui sait, peut-être serait-il toujours en vie si je l’avais fait ? »

Lors de la cérémonie d’inhumation, au cours de laquelle tout le gratin impérial était présent ou représenté, Sate Pestage a déclaré, au nom de notre Empereur lui-même : « Cirederf était un homme d’une grande sagacité et d’une sensibilité hors-norme, qualités qui l’ont conduit à gagner le privilège de s’entretenir avec Son Altesse Impériale lors des cérémonies célébrant le vingtième anniversaire de son règne. »
Quant à son père, le porte-parole du Secrétariat aux Armes d’Antan, Lehcim Nomis, il était lui aussi ravagé par le chagrin : « Mon pauvre petit Derfinou, qu’est-ce qu’ils t‘ont fait ? Pourquoi ces lâches s’en sont-ils pris à toi, Dederf ? Les salauds ! Qu’ils aillent tous crever dans l’enfer de Mustafar ! »
Un autre de ses proches, 43-Orpretsalb, directeur l’établissement privé réservé aux VIP, L’Aspiratrice, y a également été de son éloge : « Je suis dégoûté, c’est vraiment trop con. Monsieur Nomis était un de mes meilleurs clients, il savait savourer en fin connaisseur les attractions qu’il commandait. Plus d’une va le regretter au sein de mon établissement. »

Outre les badauds et derrière les personnalités de l’Empire, on put également voir lors de la cérémonie toute la détresse et les larmes des maîtresses de Cirederf Nomis, sans parler de l’insondable chagrin de ses enfants naturels.

Cirederf Nomis n’est plus. Il laisse un vide que même un trou noir ne saurait combler.


Certains voient leur vie défiler en quelques centièmes de secondes au moment de leur mort. Pour moi, Cirederf, comme vous pouvez le constater, ça a été le dernier article que j’aurais souhaité écrire. Il est super, c’est dommage que personne ne le lira jamais.
Quand je chute devant le deuxième étage, un jeune Polien est collé à la fenêtre. Par un joli réflexe, il prend le temps de me faire coucou de la main. Brave bambin. Peut-être y a-t-il encore de l’espoir pour les habitants de cette planète ? Enfin, dès qu’on se sera débarrassé des adultes ! Peut-être en les vendant en masse aux Hutts, comme esclaves ?
Je n’ai pas peur de ce qui va m’arriver. Je suis en paix avec moi-même. Je peux oublier tous mes problèmes, y compris mon découvert chronique à la banque ainsi que mes dettes auprès du Soleil Noir.

C’était Cirederf Nomis, en direct de P-Oilad’e, qui vous salue bien bas.


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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 16 Mai - 11:44

X



C’est la fin.

Je rêvais d’éclabousser la galaxie de mon talent. En fin de compte, je vais me contenter d’éclabousser le trottoir en contrebas avec la pulpe sanguinolente qui restera de mon corps musclé d’athlète une fois ma chute achevée.
Au moins, je me console vaguement en songeant que ça mettra un peu de couleur aux trottoirs si ternes de P-Oilad’e.
Ce qui est fou, c’est de constater que bien que ma chute ne soit que de quatre étages, mes pensées ont le temps de s’emballer à un rythme effréné. J’ai l’impression de tomber depuis des heures.
Aurais-je développé un pouvoir surnaturel me permettant de ralentir le temps, tel un Jedi des temps anciens ? Ce serait ballot, là, juste avant de mourir.

– Arrête le speeder, on est stabilisés, juste sous lui !
– Hoy ! Hoy ! Très bien, hardis compagnons ! Tendez les bras pour l’attraper, ou au moins amortir sa chute. Au boulot !
Hein ? Quoi ? Plaît-il ? Se pourrait-il que… ?
Je m’écrase comme un sac de patates corelliennes contre des bras, des têtes et je ne sais quoi d’autre de vivant. La vache alderaanienne ! J’ai reçu un coup de tête dans la colonne vertébrale, ça fait un mal de chien akk ! Mes cris de douleur se répercutent dans la bouche de mes sauveurs, dans un méli-mélo capharnaumesque (certes, ce mot n’existe pas, mais il sonne bien, il me plaît).
– On l’a récupéré, fonce !
Ouille ! Comme si je n’avais pas assez mal partout, il faut encore que ce type me crie dans l’oreille.
– Hoy ! Hoy ! Hoy ! Accrochez-vous, vaillants compagnons ! lui répond une voix enjouée aux accents de conte de fée.
Le speeder accélère brusquement et nous renverse à nouveau tous à l’arrière, tels des quilles de holo-bowling. Je ne comprends rien à ce qui se passe. Mais vraiment rien !
Je me prends un coup de pied dans la figure, de la part de mon voisin de gauche qui cherche à s’asseoir correctement, tout comme ses compagnons. Je sens ma dent qui me déchausse sous ma langue. Pfeuh… au prix que coûtent les soins dentaires…
Toujours sous le choc, j’essaie de comprendre, d’appréhender la réalité que j’ai sous les yeux. Quoique réalité, c’est peut-être un grand mot quand je découvre ce à quoi j’ai affaire.
Quatre personnes sont assises à l’arrière du speeder avec moi, plus un devant, aux commandes, qui slalome entre les griffe-ciel comme s’il était poursuivi par tous les diables de tous les enfers religieux connus et inconnus.
Je me retourne pour identifier nos poursuivants. Personne. Il a dû regarder trop de holo-films d’action.
Quant à moi, je me demande si je n’ai pas été exposé accidentellement à des produits psychotropes.

Les cinq personnes qui m’entourent sont toutes vêtues de couleurs criardes, avec des chaussures aux pointures démesurées. Ils portent des perruques flashys aux reflets scintillants, arborent de superbes nez rouges clignotants et ont le visage bariolé de maquillage outrancier, telle les reines de Naboo.

Des clowns. Comme échappés du Cirque Dinper ou de chez Azhille Cavatta.

Normal.

Même s’ils semblent humanoïdes au premier abord, je remarque qu’ils ont tous une queue félinoïde, ainsi que des vibrisses frémissantes au niveau des joues.

Alors que j’en dévisage un depuis trop longtemps, quasi en état de choc, il me lance :
– Miaou !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 16 Mai - 11:45

XI



Et là, mes sauveurs éclatent tous de rire. Le conducteur nous gratifie d’un nouveau « Hoy ! Hoy ! Hoy ! ». Il me semble qu’il possède un vocabulaire plutôt limité, celui-là.
J’avoue qu’à ce moment, je ne sais pas quoi faire ni dire. Me considèrent-ils comme une souris, qu’ils attendent voir bouger pour jouer avec, griffes effilées sorties ? Du coup, je reste stoïque.

Et si j’aboyais, ils me laisseraient peut-être tranquille ?

Après réflexion, je préfère m’abstenir.

Le conducteur se tourne alors vers moi et me dit :
– Vous l’avez échappé belle, mon ami ! Quel courage vous avez eu de vous lancer dans le vide plutôt que de vous laisser emprisonner par ces détestables non-humains ! Hoy ! Hoy !
Alors que ses camarades et moi-même lui crions de regarder sa route, il s’exécute une paire de secondes avant de se retourner à nouveau et de me lancer :
– Vous êtes un homme à mon goût ! Vous devriez rejoindre notre groupe !
Face à notre nouveau mur de cris d’angoisse, il se reconcentre sur le pilotage du speeder.
Et moi je me demande : quel groupe ? Serait-il même judicieux que j’en demande plus à ce sujet ?
Et puis bon, il a bon dos de critiquer les non-humains : sa civilisation ne connaît pas le concept du miroir ?

L’homme qui m’a miaulé dessus me tend la main en déclarant :
– Mean Jartin, enchanté.
– Ah, vous parlez le basic ?
Voilà qui me soulage quelque peu.
– Bien sûr, je suis un humain du Centre Impérial !
– Avec des vibrisses et une queue ?
– Des vibr… quoi ?
– Hoy ! Hoy ! Hoy ! Il veut parles des moustaches, intervient le conducteur en se retournant à nouveau vers nous.
Nous lui crions tous dessus pour qu’il regarde sa route plutôt que ses passagers. Il se reçoit une tomate pourrie sur le crâne, mais je n’arrive pas à identifier celui qui la lui lance.
– Ah, la moustache et la queue ! reprend mon interlocuteur. Ce sont des leurres pour passer inaperçu.
Bah oui, tout s’explique…
Face à la goutte de sueur qui perle sur ma tempe, ou face à mon air interloqué, il continue :
– Les Poliens sont résolument anti-humains, alors nous sommes obligés de nous déguiser pour passer inaperçus.
– C’est réussi, que je réponds dans un soupir.
– C’était mon idée ! Elle est vachement réussie, hein ? Hoy ! Hoy !
En plus des cris, l’un de ses camarades le frappe, cette fois-ci. Il se reconcentre une nouvelle fois sur sa route et évite une collision de justesse.
– Hoy ! Hoy ! En fait j’ai créé la LALAH.
– Ah, vous faites des vocalises ? que je demande.
Un ange des lunes de Bogden passe, et le conducteur répond :
– Les Poliens se sont fédérés en Ligue Anti-Humains, alors j’ai constitué la Ligue Anti-Ligue-Anti-Humains. Et les déguisements, c’est mon idée aussi ! Hoy ! Hoy ! Bien trouvé, hein ?
Il s’attend vraiment à ce que je lui réponde ?
– Nous sommes membres du BSI, pour ne rien vous cacher. Nous avons suivi de près l’évolution de cette planète et avons dû nous adapter pour survivre. Hoy ! Hoy !
– Mais que fait le BSI ici ? je demande, le journaliste en moi reprenant le dessus.
Un scoop, peut-être ?
– Mission ultra-secrète, répond l’un d’eux.
– On ne peut rien dire, ajoute le second.
– Si on vous en parlait, on serait obligés de vous tuer après, surenchérit le troisième.
– Botus et mouche tsé-tsé cousue, dit le quatrième en posant l’index sur ses lèvres.
– Hoy ! Hoy ! En fait nous enquêtons sur la disparition d’un de nos collègues. Jace Covellian, qu’il s’appelle. Vous avez entendu parler de lui ?
Tandis que ses collègues lui crient dessus et le frappent, autant pour avoir vendu la mèche que pour s’être tourné vers nous, je reste abasourdi.

Jace Covelian ? Le colonel Covelian ? Ancien directeur de la Tribune Impériale, porté disparu et remplacé par cette saloperie de Smaugh Eskolar ? Mais… mais… mais… Si j’aide à le retrouver, qu’il reprend sa place à la tête du journal, Smaugh sera éjecté et je serais assis à la droite de Dieu, finalement ?
Je m’exclame :
– Bien sûr que je connais Covelian ! C’était mon patron, mon mentor même, le grand frère-père-grand-père que je n’ai jamais eu ! Je ferai tout pour vous aider à le sauver ! En fait je comptais commencer à écrire sa biographie…

En entendant cela, ils ont tous l’air rayonnant. Ouf, moi qui craignais d’en avoir trop fait…
– Hoy ! Hoy ! Je suis ravi d’entendre cela ! Nous avons très peu de chances de nous sortir vivants de l’opération « sauver Covelian », genre 1%, mais avec vous en nouvel allié, nos chances passent à 1,5%, ce qui est déjà mieux ! J’aime les braves de votre genre, prêts à risquer leur vie alors que toutes les statistiques sont contre vous ! Hoy ! Hoy ! Hoy !
1,5… ? Houlà, personne n’avait parlé de risquer sa peau ! Surtout pour ce détestable Covelian, ce lèche-bottes des puissants ! Mais comment le leur dire, maintenant ?

Je me sens déprimé. Un comble quand on est entouré de clowns.

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 16 Mai - 11:47

XII


Le retour triomphal du héros !


C’est en début d’après-midi que le superdestroyer Executor du seigneur Vador a fait son apparition en orbite du Centre Impérial, ramenant chez lui l’enfant chéri de la planète, Cirederf Nomis !

Rappelons que notre prestigieux confrère a mis ses nombreux talents, son courage, son altruisme et son charisme au servie du Bureau de Surveillance Impérial, impliqué dans une mission de sauvetage très délicate sur la planète P-Oilad’e.
Ayant par hasard croisé l’équipe du BSI chargée de retrouver le colonel Jace Covelian, l’exceptionnel Cirederf Nomis, tête de proue du journalisme au sein de la célèbre et universellement lue Tribune Impériale, n’a pas hésité une micro-seconde avant de proposer ses services au BSI.
Le seigneur Vador, qui a eu le privilège de ramener le héros au Centre Impérial, a été rien moins que dithyrambique à son sujet : « Si la valeur d’un homme se mesure à ses actions, nul doute que Cirederf vient d’entrer au panthéon des héros de l’Empire. Je suis fier de me tenir à ses côtés. »

Rappelons que lors de sa collaboration avec l’équipe du BSI, il a tout naturellement été amené à prendre la tête de l’enquête visant à retrouver le colonel Covelian, jusque-là porté disparu.
« Hoy ! Hoy ! On s’est vite rendu compte que Cirederf avait une âme de leader, et s’est tout naturellement qu’il a pris les commandes, avec un brio exceptionnel. J’ai beaucoup appris à ses côtés, c’en est très émouvant ! Hoy ! Hoy ! ». Ainsi s’est exprimé le chef originel de l’équipe du BSI chargé de retrouver Covelian, dont nous ne pouvons divulguer le nom pour raison de sécurité galactique.

Lors de cette mission, l’intelligence naturellement élevée de Cirederf a franchi un nouveau palier. Il a déjoué tous les pièges des perfides Poliens, en menant de main de maître son équipe : il a su exploiter au meilleur moment les qualités de chacun, et a lui-même mis la main à la pâte quand il le fallait. Lors de l’assaut final de l’équipe du BSI, dix-sept infâmes ennemis sous tombés sous ses tirs de blaster, sans parler de ses pieds et poings, devenus des armes mortelles lorsque la cartouche de son blaster s’est retrouvée vide.

« J’ai émis le souhait que Cirederf prenne la direction du Bureau de Surveillance Impérial », a énoncé notre glorieux Empereur Palpatine, « mais dans un élan de modestie qui est tout à son honneur, ce cher Cirederf a préféré décliner cette offre afin de continuer à se consacrer à sa carrière de journaliste. Je n’ai aucun doute qu’il est à ce jour la plus belle plume de l’Empire. Et je ne vois d’ailleurs personne pour rivaliser avec sa prose, même en incluant les plus grands lettrés de l’Ancienne République. »

Le colonel Jace Covelian, directeur de la Tribune Impériale jusqu’à sa disparition, et revenu grâce à Cirederf, a eu des mots très touchants vis-à-vis de son ancien subordonné : « J’ai toujours su que Cirederf n’avait pas dévoilé tout son riche potentiel. Je lui dois la vie, je lui en serai toujours éternellement reconnaissant. Alors que j’étais emprisonné, presque brisé et sans aucun espoir de m’en sortir, il est venu et a fait fi de tous les dangers pour me sauver. Vous savez… [Il sanglote] je vais mettre du temps à me rétablir, je suis épuisé par les douloureuses épreuves que j’ai subies. Aussi je ne compte pas revenir à la tête de la Tribune, mais il me semblerait légitime et logique que notre cher Cirederf ait l’honneur de diriger cette institution galactique. Nul doute qu’il saura la porter au firmament de la gloire ! »

Smaugh Eskolar, actuel directeur de la Tribune Impériale, a été très clair à ce sujet : « Cirederf est un héros, je ne suis qu’une crotte de bantha agonisant à côté de lui. Bien entendu que je souhaite de tout cœur qu’il dirige la Tribune ! Travailler avec lui, ou plutôt sous ses ordres éclairés, est ce qui pourrait m’arriver de mieux ! »

Quand Cirederf est descendu de la navette de l’Executor pilotée par le seigneur Vador en personne, il a eu le droit à une ovation des officiels de l’Empire, notre vénéré Empereur en tête, sans parler de la nombreuse foule bruyante et enthousiaste derrière les barrières de sécurité que les forces d’ordre ont eu le plus grand mal à contenir.
Sa collègue journaliste Kia Lansillo s’est jetée à son cou et l’a embrassé fougueusement, mais elle risque d’avoir de la concurrence de très haut niveau : la célèbre chanteuse Yeboncé a fait part de son intérêt et de son admiration pour Cirederf, sans parler des holo-actrices Wynssa Starflare et Tanhalie Mortpan.
Le père de Cirederf, Lehcim Nomis, porte-parole du sous-secrétariat aux Armes d’Antan, était tout naturellement présent à cette occasion. Subjugué par l’émotion, il n’a pu que répéter en boucle : « C’est mon fils ! C’est mon fils ! Je suis son père ! C’est mon fils ! »

Par ailleurs, on annonce déjà que depuis hier, cent-quatre-vingt-deux nouveau-nés du Centre Impérial portent le prénom de « Cirederf », bien parti pour tenir le haut du pavé pour les prochaines années.

Toute la rédaction de la Tribune Impériale se joint à moi pour te souhaiter un excellent retour au Centre Impérial. Nous n’avons aucun doute que pour toi, le plus beau reste à venir !


– Hoy ! hoy ! Pourquoi est-ce que tu souris béatement ? me demande le conducteur, m’arrachant à l’article que je suis en train d’imaginer, presque une vision inévitable du futur glorieux qui m’attend.
Comme il s’est encore retourné, ses camarades le frappent et le giflent, et l’un d’eux parvient même à lui donner un coup de talon sur le crâne. Vu qu’il est assis à mes côtés, je ne peux manquer d’admirer sa souplesse.
Galvanisé par mon futur succès, je bombe le torse, relève la tête et leur dis :
– OK, les gars, j’en suis ! Allons délivrer le colonel Covelian !
À ces paroles, ils me gratifient de vivats. Bien. Ils commencent à comprendre qu’ils ont affaire à un héros, un vrai ! L’univers n’a qu’à bien se tenir, Cirederf arrive !
– Hoy ! Hoy ! Parfait ! Nous avions justement besoin d’un appât dans le cadre de notre mission !
Un… appât ? Comment ça, un appât ? Qu’est-ce qu’il entend par là ?
– Hoy ! Hoy ! Les gars ! On y est ! Balancez-le par-dessus bord !

Et là ils m’empoignent et me jettent hors du speeder.

J’aurais peut-être dû aboyer, finalement…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 17 Mai - 11:53

XIII



Et me voilà qui tombe à nouveau, balancé par-dessus le speeder par ces humains faux félinoïdes du BSI, collègues de Jace Covelian. Je me demande à quoi il ressemblerait avec des vibrisses et une queue, celui-là…

J’éclate de rire.

Puis me souviens de ma situation.

J’ai envie de pleurer.

Adieu la galaxie ! Adieu la gloire qui m’était promise ! Adieu les femmes que j’aurais pu connaître ! Elles ne savent pas ce qu’elles perdent…

Je passe à travers… une toile ? Un auvent ? Ouf, même pas mal ! Elle s’est déchirée d’un coup et je continue à tomber. Une autre… même résultat. Jusqu’ici tout va bien. Je me doute que ce ne sera pas pour longtemps. Il y a un truc qui fait que depuis le début de cette journée, je sens qu’elle tournera mal, immanquablement, quoi qu’il arrive.
Un effet de la Force ? Cela ne m’étonnerait guère. On dit que les gens capables d’appréhender la Force peuvent parfois devenir des surhommes aux yeux de tout un chacun. Je me verrais bien dans cette catégorie. Certains fustigeront mon égocentrisme, mon arrogance ? Pas du tout. Je constate.
Aïe, une nouvelle toile… Hop, je la traverse comme une lettre-pad à la subposte !
Les yeux rivés sur l’horizon, pendant ce que je pense être mes derniers moments d’être vivant, je scrute les nuages. Tiens, celui-là ressemble à un fusil blaster ! Et celui-ci à un Parpapaba, une espèce métamorphe en forme de poire, à la base, comme les holo-dessins animés de mon enfance.
Ah, encore une toile ! Tiens, je ne traverse pas, cette fois-ci ! Elle est sacrément inclinée, quand même. Je sens que je commence à glisser… Oh ! Oh ! Bruit de tissu qui se déchire…
Aïe ! Aïe ! Aïe ! Je sens que ça va recommencer. Et vlan, ça ne rate pas ! Je passe à travers… encore !
Alors je crie ma colère, mon sentiment d’injustice à la galaxie entière :
– ÇA VA SUFFIRE, OUI OU MERDE ?
Mais comme la galaxie a un sens de l’humour plus que douteux depuis le début de cette journée, voilà que je m’écrase lourdement contre une surface qui vibre sous mon poids.
Aïe-heu ! Avec tous les bleus qui couvrent mon corps, on va bientôt me prendre pour un Chiss…

Je tourne la tête pour voir où je suis. Une verrière constituant le toit d’un bâtiment. Bon, heureusement qu’elle a tenu. Je n’ose imaginer le résultat sinon.

Et c’est là qu’une fissure surgit de sous mon dos et se propage sur ma gauche. Puis une autre, de l’autre côté. Puis une troisième…

Ne me dites pas que… ?

CRAAAAAAAC !

Ah bah si.



Tiens donc ! Je viens enfin de toucher le sol, et le choc n’a pas été douloureux, au contraire. Entre mes vêtements assez rembourrés pour m’avoir protégé des éclats de verre et l’épaisse matière floconneuse dans laquelle je viens d’atterrir, j’ai l’impression de me retrouver dans le plus doux douillet des lits.

C’est du foin ou de la paille. Enfin une bonne chose. Je regarde autour de moi. la première chose qui me saute aux yeux, ce sont les barreaux qui m’entourent. Hauts d’environ cinq mètres, ils délimitent un vaste cercle au centre duquel je me tiens assis, quelque peu hébété.
Je m’aperçois vite que plusieurs autres cages cohabitent dans cette pièce immense. Dans certaines, des animaux que je suis bien en peine d’identifier s’ébattent et crient, sans doute dérangés par mon arrivée aussi bruyante qu’intempestive.
Dans la cage où je suis, outre le foin qui recouvre le sol, il y a deux auges. Dans l’une, de l’eau. Dans l’autre, de la chair sanguinolente à l’odeur assez nauséabonde pour manquer me faire vomir.
Des mouches et des moustiques volent autour, avant de jeter leur dévolu sur moi. J’écrase un moustique dans ma nuque. Allons bon, ça recommence. Je réitère mon geste.
Sauf qu’à défaut d’un moustique, je frappe de la chair, que j’entends bondir en arrière en grognant. Un grognement genre fauve. Accompagné d’un claquement de dents. Genre mâchoire de prédateur.

Je tourne la tête… lentement… très lentement… Ne pas faire de mouvement brusque… au cas où.

Piquants dorsaux sur lesquels je pourrais m’empaler… immense gueule garnie crocs pointus, qui pourrait me couper en deux… griffes capables de me démembrer.

Je serais à un jeu holo-télévisé, je gagnerais un point en identifiant la créature de quatre mètres de long qui ne semble attendre qu’un mouvement de ma part pour me réduire en charpie. Peut-être même que je gagnerais le million de crédits en répondant « Nexu ! » ?

En attendant, je suis tétanisé, le sang figé dans les veines, pendant que la bête se ramasse sur elle-même, prête à bondir.
Et tandis que je reste immobile, terrorisé, le nexu me saute dessus, dans un mouvement puissant et gracieux que je ne peux m’empêcher d’admirer.

La dernière vision qui traverse mon esprit est celle du « steak de nexu accompagné de ses petits légumes en brunoise sur un lit de champignons d’Eol Sha » que j’ai eu l’occasion de déguster récemment dans un restaurant chic du Centre Impérial.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 17 Mai - 11:53

XIV



Et là, le nexu broye d'un coup de mâchoire le corps du pauvre Cirederf.


FIN

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 17 Mai - 11:54

XV


[note de l’auteur : dans un souci de permettre à certains lecteurs d’épargner le peu de neurones qu’il leur reste suite à la lecture du présent ouvrage, leur est offerte la possibilité d’arrêter là les frais en considérant le chapitre précédent comme mettant un point final à l’histoire. Oui, il s’agissait d’une fin alternative, un peu comme dans les « livres dont vous êtes le héros ». Trop lol, quoi. Pour les autres, ceux qui estiment avoir suffisamment de neurones pour être capables de venir à bout de l’histoire, et ceux qui les ont déjà tous perdus, la suite arrive dès maintenant.]

– COUCHÉ !
À ce simple mot, émis aussi sèchement qu’un coup de fouet dans le club privé VIP l’Aspiratrice, dont je suis membre, le nexu se contorsionne dans les airs – un bel exploit vu sa vitesse et sa taille –, m’évite de justesse et s’aplatit au sol.
Et il se tient immobile.
– Pas vous, idiot, reprend la voix. Je parlais au nexu.
C’est à ce moment que je me rends compte que je me suis moi aussi jeté machinalement au sol en entendant cette voix transpirant d’autorité et de menace voilée.
Je tourne la tête pour voir à quoi ressemble mon sauveur.

Une combinaison intégrale de latex noir brillant qui épouse des formes parfaites. Des bottes à talons aiguille qui montent jusqu’aux genoux. Des jambes interminables, d’ailleurs. Un fouet-laser accroché à la ceinture. Un ovale de visage humain parfait, des traits harmonieux de madone.
Belle à en crever, et en plus elle vient de me sauver. J’en tombe amoureux aussi sec.

Je saute sur mes pieds, manque de retomber – j’avais oublié cette maudite cheville foulée –, m’époussette du mieux que je peux et prend ma voix la plus mielleuse :
– Merci, gente dame. Mon nom est Cirederf Nomis, journaliste émérite à la Tribune Impériale. Je vous serai éternellement reconnaissant de m’avoir sauvé la vie.
Je lui décoche mon plus beau sourire, entretenu au blanchiment laser chez mon dentiste tous les quinze jours. Et je referme la bouche aussitôt. J’ai encore dû me cogner, elle est pleine de sang.
De son côté, elle reste me toiser avec froideur, sourcils froncés. Elle lève les yeux vers le haut plafond, constate le trou dans la verrière, avant de reporter son attention sur moi. Elle me fusil-blastérise du regard. Je déglutis nerveusement. Elle va changer d’avis ? Finalement, elle va me donner à manger au nexu ? Ce serait dommage, j’étais bien parti pour battre mon record d’utilisation du mot « elle » en un paragraphe.
– T’as de quoi payer pour les dégâts ? qu’elle me fait d’un ton assez dur pour faire fondre du permabéton.
– Euh… Pas nécessairement, mais ceci dit, en tant que missionné officiel de la célèbre Tribune Impériale, dont je suis l’un des éléments les plus brillants, soit dit en passant, je peux avoir accès à des lignes de crédit…
Elle ne répond rien, mais approche sa main du fouet à sa ceinture.
– Écoutez, que je rajoute précipitamment, j’ai quelques centaines de crédits dans mon portefeuille, ils sont à vous !
Et recouvrant un semblant de sang-froid, je rajoute sur le ton de séducteur invétéré qui m’a valu tant de succès jusqu’à ce jour :
– Laissez-moi juste de quoi vous inviter à dîner ce soir… voire plus si affinités.
Un clin d’œil pour clore ma proposition et hop, emballé c’est pesé ! Quelle femme pourrait résister à mon sex-appeal ravageur ?

– Les hommes sont tous des porcs klatooiniens, sale porc klatooinien ! C’est pour ça que je suis lesbienne !
Oups. J’ai un problème, là…
– Kiki ! Debout !
Hein ? Quoi ? « Kiki » ? Elle craque, là, non ? J’entends le rugissement du nexu dans mon dos. Il s’est remis sur ses pattes et me regarde d’un air menaçant.
Kiki… Ça y est, j’ai compris. Mais… elle ne va quand même pas… ?
– Attaque, Kiki !
Ah bah si, elle a osé.

Le nexu se ramasse sur lui-même et… bon, je connais la suite, je l’ai déjà vécue.

Sauf que des explosions se font soudainement entendre autour de nous. La dompteuse a déjà son fouet à la main, prête à se défendre.
Ce sont les quatre portes, situés aux points cardinaux de bâtiment, qui ont sauté. Une silhouette se dessine à chacune d’entre elles, derrière la fumée qui se dissipe lentement.

Sans perdre son sang-froid, la femme appuie sur une télécommande à sa ceinture, et quelques barreaux s’effacent derrière le nexu.
– Va chercher, Kiki ! l’exhorte-t-elle.
La monstrueuse créature ne se fait pas prier et bondit hors de la cage.
En ce qui me concerne, je n’espère qu’une seule chose : qu’elle referme la cage. Sans le nexu, je pense que c’est l’endroit où je serai le plus en sécurité.

J’attends une voix provenant de l’une des portes :
– Hoy ! Hoy ! Hoy ! La diversion a porté ses fruits et focalisé l’attention. Maintenant, opération « Libérer Covelian ! ».
Je vois le nexu sprinter si vite que j’ai du mal à le suivre des yeux, droit vers le chef des agents du BSI, qui s’écrie alors, paniqué :
– Hoy ! Hoy ! Opération « Retraite » ! Opération « Sauve qui peut » ! Opération « Tirez, les gars, mais faites bien attention à ne pas me toucher » ! Opération « Maman, j’ai peur ! » ! Opération « Je suis trop jeune pour mourir » !

Il se met à tirer sur Kiki, et ses collègues ouvrent le feu à leur tour, dans toutes les directions. Surtout, ne pas me relever…
Certes, je n’ai rien pour me protéger des tirs de blaster, mais au moins je suis à l’abri dans la cage, car la femme au fouet a refermé la porte. Ouf, me voilà provisoirement sauvé ! Je n’ai plus qu’à regarder tranquillement le nexu manger les agents du BSI, et espérer qu’il sera suffisamment rassasié quand sa maîtresse lui ordonnera d’en finir avec moi.

En attendant, il ne peut rien m’arriver !
Tiens ? C’est quoi cette odeur de brûlé ?
Une flamme vient d’apparaître dans le foin. À moins que ce ne soit de la paille, je n’ai toujours pas tranché ce débat. Je rampe vers la flamme : pas question qu’il se propage ! Il faut que je l’éteigne. Ce serait dommage d’avoir fait tout ça pour se retrouver carbonisé dans une cage à nexu sur P-oilad’e !
Le feu se répand comme une traînée de poudre, et voilà qu’un bon tiers du foin-paille s’enflamme avant que j’ai pu atteindre le foyer de l’incendie.

Alors c’est donc ainsi que tout va se terminer ? Mon corps d’athlète réduit en cendres ? En achetant mes premières merguez de la saison vendredi dernier, je me faisais pourtant une joie de mon premier barbecue de l’année.

Finalement, je suis beaucoup moins chaud. Mais ça ne va pas durer…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 18 Mai - 9:47

XVI

En désespoir de cause, je saute à pieds joints dans le feu le plus proche et me mets à marteler le sol de manière enfiévrée, ignorant ma cheville douloureuse. Sauf qu’une flamme retorse grimpe assez pour s’accrocher à ma manche de veste.
Oh non ! Ma veste Larl Kagerfeld en soir de ver-piranha de Yavin IV ! Elle m’a coûté un bras, et voilà qu’elle va m’en coûter un autre, littéralement, cette fois !
J’étouffe les flammes avec frénésie et en viens à bout, ouf ! Mais quand je fais un pas, la moitié de la semelle de ma dernière chaussure ne bouge pas : fondue, elle reste au sol. Je me demande si ce type d’accident est compris dans les garanties du service après-vente.
Comme j’avais oublié que de l’autre pied, j’étais en chaussette – avec un trou au bout du gros orteil –, ce n’est qu’à ce moment que je me rends compte que ce pied n’est plus que souffrance indicible.
Je me laisse tomber sur les fesses, perclus de souffrance, et à peu près certain que si j’enlève ma chaussette, toute la peau qui enveloppe les os va venir avec.
Et je reste contempler les flammes, monstres d’ignition qui s’approchent pour me dévorer sans que je puisse rien y faire !

Par-delà ma cage, je vois les membres du BSI qui courent et tirent dans tous les sens tandis que le nexu poursuit toujours leur chef. Bigre ! Ce dernier court très vite !
– Opération « Gentil nexu » ! Opération « Coucouche panier » ! Hoy !
Je vois la gueule des flammes qui s’ouvrent pour m’engloutir, et quelque part, une alarme se met à retentir. Aussitôt, des piliers hauts de deux mètres sortent du sol et de l’eau en jaillit, qui s’abat en parapluie.
Un système anti-incendie ! Je suis sauvé ! Gloire aux pompiers qui ont conçu cet engin automatique ! C’est promis, aux prochaines fêtes de fin d’année, j’achèterai leur calendrier en signe de remerciement, pour une fois.
– Hoy ! Hoy ! Arrête de me poursuivre, créature du diable ! lance le faux clown au nexu, tout en continuant à courir comme un dératé. C’est un crime impérial, je fais partie du BSI !

Et là, un cri couvre le bruit des tirs, de l’alarme, des grognements du nexu et des commentaires du chef du BSI :
– COUCHÉ !
Je me jette aussitôt au sol, ainsi que le nexu, ainsi que l’équipe du BSI. Je ne peux m’empêcher d’admirer l’efficacité de la dompteuse.
Elle fait claquer son fouet et marche vers le chef du BSI, qui n’ose pas bouger une vibrisse, à ses pieds. Elle lui dit :
– Zizi vivi dada popo ?
Et lui de répondre :
– Tata baba yoyo tsétsé.

– Ça alors !
Cette exclamation est émise non loin de moi par l’un des hommes du BSI, couché par-delà les grilles derrière lesquelles je suis enfermé. Je lui demande :
– Quoi, ça alors ?
– Ils viennent d’échanger un code secret permettant à des agents du BSI infiltrés de s’identifier mutuellement.

Et effectivement, voilà qu’elle lui tend la main pour l’aider à se relever. Elle pousse même la courtoisie jusqu’à cesser de froncer les sourcils, ce que je soupçonne chez elle d’être l’équivalent d’un franc sourire.
– Lieutenant Diva Zavid, se présente-t-elle.
– Lieutenant Hoyman Hoyddings, fait-il en retour.
– Qu’est-ce qui vous prend d’investir mon zoo privé ? Vous voulez griller ma couverture ?
– Hoy ! Hoy ! Nous sommes en mission secrète pour…
– Ne lui dis pas ! l’interrompt l’un de ses camarades.
– Ferme ta grande bouche ! surenchérit un autre.
– Secret défense ! avertit le dernier.
– … libérer le colonel Covelian, Hoy !
Ses hommes lui crient alors dessus et le vouent aux gémonies.
– SILENCE !
Même l’alarme se coupe et je n’entends même plus les mouches qui volaient autour de nous. Nul doute qu’elles aussi font profil bas.
– Libérer Covelian, c’est la mission qui m’a été assignée, ajoute-t-elle. Tu veux dire qu’à toi aussi ?
– Bah oui, hoy !
– Mais pourquoi attaquer ce bâtiment ?
– D’après mes infos, ce serait ici que le colonel Covelian serait retenu prisonnier.
– Espèce de stupide animal, il est emprisonné deux bâtiments plus loin, de l’autre côté de la route !
– Pourtant, mon indic m’a fait passer un petit papier avec le numéro de la maison où il est retenu, hoy ! Hoy ! Regarde.
Il lui tend un bout de papier, sur lequel je vois inscrit « 6 ».
– Ton imbécile d’indic s’est planté, qu’elle répond. C’est bien la bonne rue, mais pas le bon numéro.
– Le 9 ? que je demande en m’immisçant dans la conversation.
Tous deux se tournent vers moi et me regardent avec des grands yeux étonnés. Le lieutenant Zavid retourne le papier, dont le numéro noté se transforme comme par magie en « 9 ».
– Voilà qui confirme mes propres informations, commente Zavid.
– Hoy ! Hoy ! J’aurais dû y penser !

Soulagé que tout soit bien qui finisse bien, en fin de compte, je leur dis :
– Je suis ravi de voir que ce malentendu est dissipé. Si vous pouviez avoir l’amabilité de me soigner et de m’indiquer un endroit où me cacher, en attendant de me remettre et de pouvoir quitter cette maudite planète, ce serait trop sympa.
Parce qu’à ce moment, j’ai décidé de rentrer chez moi. On oublie le reportage sur la cunicultrice, cette planète est trop dangereuse. Smaugh pourra cracher des flammes autant qu’il veut, je resterai inflexible dans ma décision.
– C’est qui, lui ? demande la dompteuse.
– Un journaliste de la Tribune Impériale, répond Hoy.
– Il vient de nous prouver que son intelligence pouvait nous être utile, reconnaît-elle du bout des lèvres.
– Hoy ! Hoy ! Et en plus, il fait un bon appât !
– On le garde avec nous jusqu’à réussir notre mission ?
– Hoy ! répond l’autre avec enthousiasme.

À ces mots, une chape de déprime m’écrase la tête. Elle a un nexu et un fouet-laser, eux ont des blasters. Alors, je leur réponds :
– Euh… OK. Ce sera un plaisir. Vive l’Empire ! Vive Covelian !

Intérieurement, je rajoute un « Je veux mourir ! » de bon aloi, mais j’ai peur d’attirer le mauvais sort sur ma tête. Même si au point où j’en suis…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 18 Mai - 9:48

XVII



– Hoy hoy ! Avant tout, il faut définir qui va commander l’opération « Sauver Covelian » ! Comme nous avons le même grade, lieutenant Zavid, voyons ça à l’ancienneté : combien d’années au BSI ?
– Quatre, répond-elle.
– Et moi sept ! Hoy ! Hoy ! Hoy ! Je prends donc la direction de l’opération !
– J’ai un nexu, fait-elle remarquer.
– Hoy ! Hoy ! Il faut donner aux plus jeunes l’occasion de faire leurs preuves, je l’ai toujours dit et pensé ! Vous commandez, nous obéissons !
– À vos ordres, maîtresse, ajoutent en chœur les acolytes de Hoy Hoy.
Elle semble satisfaite par eux, mais me gratifie d’un regard plus brûlant que les soleils jumeaux de Tatooine.

Et bien quoi ? Qu’est-ce qu’elle croit ? Qu’elle va réussir à m’intimider ? Je suis Cirederf Nomis ! Elle n’a pas encore compris que je ne fais pas partie du troupeau de banthas qu’est le commun des mortels ? Certes, j’avoue qu’elle m’a un peu déstabilisé au début, mais ce n’était que sous le coup de la surprise !
Cirederf Nomis est un homme, que dis-je, un mâle viril que n’importe quelle femme sensée rêverait d’avoir à ses côtés ! Hors de question de me rabaisser, d’aucune manière que ce soit, face à cette… à cette… femme ! Si elles valaient les hommes, elles dirigeraient la galaxie depuis belle lurette ! Hein ? Quoi ? L’impératrice Théta, il y a longtemps ? Bof… une exception ! Pardon ? Les impératrices de Hapes ? Pfeuh… de vulgaires castratrices, donc des femmes pas normales… avec sous leurs ordres des hommes qui n’en méritent pas le nom !
Elle me lance un regard noir avec ses yeux de tueuses, mais je ne me dégonfle pas : je rétorque avec ma célèbre expression faciale « Cause toujours, tu m’intéresses », ou « Je n’ai que mépris pour tes vaines tentatives d’intimidation grossière », ou « lol », que j’ai travaillé des jours durant devant mon miroir avec l’aide du meilleur mime du Centre Impérial. Il prenait cher, d’ailleurs, ce salaud…

Elle s’empare soudain de son fouet-laser, le fait claquer dans l’air, le remet à sa ceinture, se met à genoux et me fait signe de la rejoindre.
Allons bon, elle craque ? Méfiant mais confiant en ma prestance, en ma puissance, bref en ma supériorité naturelle, je m’agenouille à mon tour. Elle me tend une loupe et me désigne le sol.
Voyons voir… Tiens, c’est quoi, ce truc ? On dirait une mouche, mais il y a un truc qui cloche. Ah, je vois ! Elle n’a plus d’ailes ! Ah bah oui, elles sont juste à côté, sectionnées à la jointure avec son corps.
Heureusement que je n’ai pas envie de faire pipi. Ça aurait été dommage de se faire dessus.

Je lui rends sa loupe, prends mon expression « Pas taper ! », ou « Adoptez-moi, je suis un pauvre malheureux chaton avec des grands yeux innocents », ou « Ordonnez, j’obéirai », expression pour laquelle je n’ai rien eu à débourser car je la fais très naturellement, à croire que c’est un rôle de composition chez moi.
Elle me dévisage toujours. J’essuie la sueur qui perle sur mon front et dis :
– On a un plan, chef ?

Mais avant qu’elle ait pu répondre, voilà que du brouhaha se fait entendre à toutes les ouvertures que les hommes de Hoy Hoy ont défoncé. Des Poliens, des Poliens et encore des Poliens !
Et ils crient :
– Mort aux humains !
– Haro sur les sans-poils !
– Les imberbes, c’est de la berbe ! (je soupçonne ce dernier de s’être enrhumé exprès pour faire une rime, soit dit en passant)

Et là, les poils que j’ai sur le caillou se dressent de peur. Malheureusement, il n’y en a pas assez pour me faire passer pour un autochtone. En tout cas, une chose est sûre : ces types sont aussi racistes que ceux qui m’ont attaqué chez Bab ! Nous sommes morts !

Les hommes de Hoy Hoy ont dû eux aussi le comprendre, car quand les Poliens se précipitent vers eux en criant « Pendons tous ces maudits humains ! », ils se mettent tous les cinq à quatre pattes en lançant à l’unisson « MIAOU ! ».
– Zut, ce ne sont pas des humains, commente l’un des Poliens, un poil (sans doute même plusieurs) déçu.
– En voilà un ! surenchérit un autre en me désignant du doigt.
Aïe ! Je fais quoi, moi, maintenant ? Songer que ces barbares sans foi ni loi pourraient maltraiter la perfection de mon corps me fend le cœur.
Oh, j’ai une idée !
– Je ne suis pas vraiment un humain, les gars ! Je suis journaliste !
– Il marque un point, commente un Polien.
– On s’en fout ! intervient un autre.
– Oui mais je suis journaliste impartial ! que je rajoute.
– Antinomique ! Il n’est probablement pas humain, comme il l’affirme, au moins à l’intérieur, dit un autre Polien.
– Journaliste impartial à la Tribune Impériale ! que je rajoute histoire d’enfoncer le clou.
Et là, ils éclatent de rire.
– Aucun doute, il n’a d’humain que l’apparence ! conclut l’un d’eux avant de se tourner vers le lieutenant Zavid, imité par tous ses congénères.

La tension monte, je sens qu’ils veulent en découdre, la dépecer, la réduire en miettes, lui faire payer son hérédité supérieure – euh, pardon, humaine, voulais-je dire–, voire faire preuve de zoophilie avec elle…

Mais alors qu’ils se rapprochent, la concupiscence brillant dans leurs yeux, ces derniers tombent (tout en restant dans leurs orbites) sur l’animal de compagnie qu’elle possède, qui se frotte à ses genoux et exhibe à leur intention une rangée de dents monstrueuses dégoulinantes de bave.
– Couché, Kiki… pour l’instant… qu’elle dit.

– Poussez pas, derrière ! dit le Polien le plus avancé.
– J’ai oublié un truc chez moi, je reviens tout de suite, fait un autre.
– C’est l’heure de mon rendez-vous chez le coiffeur, ajoute un autre.
Et finalement, voilà qu’ils quittent tous les lieux.

Nous soupirons tous de soulagement, sauf le lieutenant Zavid, qui nous dit :
– Bon, si nous voulons réussir notre mission, il va falloir faire preuve de discrétion, compris ? Je n’accepterai aucun manquement sur ce point, c’est clair ?

On préfère tous acquiescer que de la contredire.

J’éternue sept fois d’affilée. Décidément, je ne suis pas fan de Kiki.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 18 Mai - 9:48

XVIII



– Hoy hoy ! Comment on procède, alors, chef ?
– Chaque chose en son temps ! répond Zavid. Les BSI, vous me réparez les portes que vous avez explosé.
– Je ne suis pas menuisier, répond l’un.
– Détruire c’est vachement plus marrant que construire, et c’est super plus rapide, qui plus est, en plus, enchaîne un autre.
– On pourrait mettre un rideau de fils, il ne fait pas très froid la nuit, propose le troisième.
– S’installer ailleurs, ce serait encore plus facile, fait le quatrième. J’ai l’adresse d’un hôtel sympa, au numéro 42 d’une rue proche.
– Plein d’options différentes, c’est toujours intéressant, hoy ! On lance un débat, les gars ? Hoy ! Hoy ! Hoy !
Je vois la main du lieutenant Zavid se rapprocher de son fouet et je fais quelques pas en arrière, subrepticement, jusqu’à éternuer plusieurs fois violemment et buter sur un truc. Je tends la main sans me retourner et me retrouve à palper quelque chose qui m’évoque une truffe pleine de morve. Kiki. Je retire ma main avant qu’elle soit arrachée d’un coup de crocs.

La lieutenant fait fouetter son fouet (logique, en même temps) dans l’air, le range à sa ceinture, se met à genoux en regardant le sol et fait signe à Hoyman Hoyddings de le rejoindre. Il s’exécute et se voit remettre une loupe, grâce à laquelle il peut scruter le sol.
– Hoy ! Hoy ! fait-il. Ne dirait-on pas une mouche ?
– En effet, répond Zavid.
– Ses ailes ont été à moitié coupées ! Hoy !
– Oui. Imagine que tu es une mouche, Hoyddings…
– Hoy ! Bzzzzzz !
– … et que tu m’aies contrariée, moi, ta supérieure. Et bien comme pour cette mouche, je te couperai un membre ou deux, mais sans te tuer, histoire que tu aies une dernière chance de prouver ton utilité. Tu me suis ?
Il géglutit.
– Hoy ! On va où ?
Elle soupire. Désespoir ? Résignation ? Difficile à dire…

Mais elle se reprend vite et donne ses ordres :
– Hoyddings, tes hommes et toi allez acheter de nouvelles portes.
– Hoy ! Et on trouve ça où ?
– Allez chez Castomarché, ou chez Leroy Dépôt, qu’est-ce que j’en sais, moi ?
– Il y aura peut-être des promos, ajoute l’un des hommes de Hoyddings.
– Quatre portes achetées, une offerte ? espère un autre.
– J’ai des chèques hoccad. Avec un peu de chance, ils seront acceptés, dit le troisième.
– Je vais en profiter pour regarder les papiers peints, je pense refaire ma salle à manger, fait le dernier.
– M’EN FOUS ! AU BOULOT ! BARREZ-VOUS !
À ces mots, ils s’égaillent vers la sortie en courant, et Kiki les encourage à se presser à sa manière, en les poursuivant et en émettant des grognements menaçants, bave aux lèvres.
– Opération « Acheter des portes et fissa », les gars ! Hoy ! Opération « Pas touche à mes mollets, Kiki ! », hoy hoy !

Le sourire sadique que j’arbore sans même m’en rendre compte en contemplant le malheur des agents du BSI meurt quand le lieutenant Zavid se tourne vers moi, son regard aussi glacial qu’un réfrigérateur sur Hoth réglé à la plus basse température.
– Toi ! Tu me nettoies cette porcherie !
– Mais…
– Il faut changer la paille dans la cage de Kiki.
– Mais…
– Et changer sa litière, aussi. Je pense qu’il fait une gastro, ou qu’il a mangé un truc qui n’est pas passé.
– Mais…
– Ensuite, tu iras à la boucherie, acheter les cents kilos d’abats sanguinolents qui composent l’apport nutritionnel quotidien de Kiki.
– Mais…
– Puis tu iras faire les courses, avant de faire la cuisine. Ce soir je veux manger du chauve-faucon en brochettes.
– Mais…
– Prends du papier toilette, aussi. Il n’y en a presque plus. Du triple épaisseur.
– Mais…
– Après manger et vu que tu es journaliste, je te gratifierai de l’immense honneur de pouvoir m’interviewer.
– Ah ? que je fais, redressant l’oreille comme un limier qui vient de humer l’odeur de sa proie.
– Oui. Je suis une femme solitaire, menant une activité professionnelle secrète. Mais du coup, afin qu’on ne m’oublie pas après ma mort, j’aimerais laisser à la galaxie le récit de ma vie.
– Je ne vois pas du tout qui pourrait bien être assez idiot pour avoir envie de connaître votre… euh… non mais ça risque de prendre du temps, voulais-je dire. Des mois voire des années !
– Il faudra faire mieux que ça. J’ai une idée ! Pendant que tu fais le ménage, on va commencer. Enregistre avec ton datapad.

Et tandis que j’attrape une fourche pour m’occuper de la paille, elle se lance :
– Je suis née un mardi à 12h35…

La fin de journée s’annonce aussi longue qu’un jour sans fin.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 22 Mai - 16:48

Et voilà, 4 jours sans rien alors qu'il n'y a que du copier/coller à faire :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 23 Mai - 10:33

Wink ^^
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 23 Mai - 11:29

Oui bah on fait ce qu'on peut ! Je travaille non-stop pendant dix jours, ma voiture m'a lâché hier soir, etc.

Rhaaaaaa !

Je mettrai la suite ce soir :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 23 Mai - 15:28

Courage, bientôt les soldes :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 23 Mai - 21:11

C'est bon, c'est juste une fuite de liquide de refroidissement. Avec un peu de chance, y'a des soldes pour les pampers anti-fuites.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Mai - 11:59

Les pampers sont toujours en soldes... sur les paquets de 100... tu devrais le savoir !

Bon courage pour les pannes.
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Mai - 22:05

Allez, retour aux affaires !


XIX


– Tu sais, Cirederf, je n’ai pas eu une enfance facile… me dit le lieutenant Diva Zavid, pendant que je passe le balai dans la cage de Kiki.
Je veux bien la croire ! Vu son look de cuir et latex moulant, le fouet à sa ceinture et le fait qu’elle est un nexu comme animal de compagnie, il y a forcément de gros traumatismes derrière ! Heureusement, je ne suis pas psy. Juste journaliste. Et la devise du journaliste, c’est de ne raconter que ce qu’on comprend.
Bon, OK, je vous l’accorde, parfois il faut déformer la vérité, mais c’est juste qu’elle est trop compliq… trop absconte pour le lecteur, sinon.
– Enfant battue, vivant dans un placard ? que je hasarde, repensant aux célèbres livres de JR Kowling.
– Au contraire ! J’avais ma chambre à moi, toute décorée de rose, mes poupées Rabries et son fiancé Nek. Je n’ai jamais manqué de rien. En plus j’étais fille unique, donc objet de toute l’attention de mes parents.
– Mais où est le problème, alors ?
– C’est évident, non ?
Sa main se rapproche de son fouet, alors je réponds prestement :
– Ah oui, quel drame, en effet ! Les salauds ! Euh… si vous voulez en parler plus en détail…
Mais qu’est-ce qu’elle raconte ? Elle a craqué ?
– Le rose ! Non mais qu’est-ce que c’est que cette couleur de merde ? C’est sirupeux, c’est poupées, c’est les fleurs, c’est pastel… comme si les nanas n’avaient pas droit aux couleurs criardes ! Tu te rends compte ?
– Euh… oui. Enfin… je crois…
– À l’âge de quatre ans, pour le spectacle de fin d’année à l‘école maternelle, j’ai voulu m’habiller en bleu, histoire de me déguiser… eh bien tout le monde m’a considéré comme une aberration !
– OK, d’accord, que je fais pour reprendre le fil. Mais à quel période votre enfance est-elle réellement devenue terrifiante ?
– Nan mais t’as rien écouté ou quoi ? C’était ça, la terreur !
Voilà qui me semble impossible. Je continue à creuser, fine mouche :
– Ah, je sais ! Vos parents se sont séparés à ce moment, c’est ça ? Et là, ça a été la longue descente aux enfers ?
– Qu’est-ce que tu racontes, imbécile ? Mes parents ne se sont jamais séparés. Cette année, ils fêtent d’ailleurs leurs noces de chêne !
– Donc vous venez d’une famille tout à fait normale, et… Ah ! Je viens de comprendre ! Vos parents étaient très pauvres, ils n’ont jamais pu vous donner l’éducation dont vous auriez rêvé, donc tout est parti en sucette à partir de là ? J’ai bon, hein, j’ai bon ?
– Arrête de raconter n’importe quoi ! Mon père était un député de secteur au Centre Impérial, et ma mère chirurgien de renom. Je n’ai jamais manqué de rien.
La chançarde ! Bon, OK, mon papa à moi est porte-parole du sous-secrétariat aux Armes d’Antan, ce qui est toujours mieux que simple député local, mais maman, en revanche… Heureusement, dès que j’ai été en âge de réfléchir, sans doute à trois ans – même si je ne m’en souviens pas précisément – vu que j’ai toujours été d’une intelligence supérieure, en toute modestie, papa a renvoyé maman dans la maison de passe dont il l’avait sortie pour m’élever. On ne sait jamais : elle aurait pu avoir une mauvaise influence sur moi.
Donc cette Zavid a eu deux parents pour l’élever et l’aimer, avec de bons moyens financiers. Ils n’étaient pas dévoyés, d’aucune manière que ce soit… Mais comment est-ce qu’elle est devenue comme ça, bon sang ?
– Que s’est-il passé ensuite ? que je demande avec un air de chien battu qui, m’a-t-on assuré, peut aisément passer pour de la compassion.
– J’ai fait les plus hautes écoles, avec des enfants de stars… On avait un speeder de luxe, version familiale… l’horreur, quoi ! Et un chien ! Pire, un chat !
– Et ?
– Tout a basculé le jour où je suis entrée au collège.
– Ah ?
– Oui. Les uniformes…
– Ils étaient si hideux que ça ?
– Non. Taillés dans la soie la plus pure, la plus chère.
– Mais… ?
– Les uniformes des garçons étaient noirs, et les robes des filles blanches !
– Et alors ? que je fais, ne comprenant décidément rien.
– C’est pourtant évident ! Dans la cour de récré, tous ces gens mélangés, on aurait dit des vaches ou des pingouins ! Or je venais à l’école, me cultiver, pas me mêler aux animaux d’une ferme !
– Et c’est là que vous avez choisi les animaux d’un cirque, avec le fouet pour les dresser, c’est ça ?
Je suis fier d’avoir tout compris !
Sauf qu’à son air revêche, du genre à faire fondre de la lave déjà fondue, je sens que je me suis fourvoyé.
– Non, c’est là que mon héros, mon dieu, est arrivé pour me sortir de ce cloaque.
– À ce point-là ?
– Oh oui… !
Cette femme a donc une once d’humanité ? Waouw, c’est impressionnant tellement elle est vachement bien cachée !
– Et ce dieu a un nom ? que je demande.
– OUI ! JACE COVELIAN !

Aïe ! Elle m’a pété les tympans, sur le coup ! Je ne savais pas que ce type était capable de faire un tel effet à des gens… Mon ex-patron disparu serait donc autre chose qu’un inénarrable bon à rien ? Il y aurait des gens pour l’aimer ? Voilà qui est plus qu’étrange, bien plus grave que dangereux… décidément, le conditionnel est de mise…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Mai - 22:06

XX


– Cov… le colonel Jace Covelian ?
– Oh oui ! Dès que je l’ai vu, si beau, si plein de prestance, dans son uniforme taillé sur mesure qui moulait ses muscles d’airain, je… je…
Allons bon ? Je croyais qu’elle était lesbienne ?
– … j’ai tout de suite souhaité partager ma vie avec lui, me consacrer entièrement à son bien-être, affronter à ses côtés les vicissitudes d’une existence tourmentée. Avec lui, je sentais que rien ne serait impossible ! J’étais prête à conquérir l’univers, Régions Inconnues comprises, tant le simple fait de me tenir à ses côtés m’électrisait ! Cet homme a un aura extraordinaire, que je n’ai jamais plus retrouvé chez quiconque depuis, ni de près ni de loin.
Hum… Là, j’ai quand même un doute sérieux : on parle vraiment de la même personne ?
– Et vous l’avez rencontré comment ?
– Alors que j’étais au lycée, il est venu présenter les débouchés professionnels au sein du BSI, lors d’une conférence sur les métiers d’avenir. J’ai été conquise dès le départ et il m’a parrainé pour entrer au BSI une fois mon diplôme acquis. Encore mieux : ce grand homme m’a tout appris lui-même.
Grand homme ??!! Lui ??!! Je ne vois qu’une seule explication rationnelle possible : le Covelian qu’elle a connu est mort et a été remplacé par son clone maléfique. Bref, celui que moi j’ai côtoyé. Parce que là, tout ce qu’elle me dit est l’antithèse de mon patron disparu !
– De fil en aiguille, notre parcours professionnel commun s’est mué en un amour aussi profond que parfait. Je me souviendrai toute ma vie du soir où notre fusion jusque-là mentale a trouvé son prolongement logique dans l’ivresse des sens et la communion de nos corps.
Houlà, je suis très loin d’être certain d’avoir envie d’entendre ça…
Zavid a les yeux dans le vague, rêveuse. Je la contemple sans oser bouger, appuyé sur mon balai et les pieds et les pieds dans les crottes de Kiki. J’ignorais d’ailleurs que les crottes de nexu sentaient aussi fort. À ce moment, j’aimerais bien être enrhumé. Bronchiteux. En proie à la pire des angines. J’envisage même de me faire opérer : l’ablation du nez, ça doit bien se pratiquer quelque part dans la galaxie, non ?
Alors que je respire bruyamment par la bouche, Zavid sursaute et fronce les sourcils. Oups, je l’ai dérangée dans ses délires ! Vite, faire diversion avant qu’elle ne m’arrache les yeux !
– Et donc cette nuit fut la plus belle de votre vie ? que je demande avec un sourire hypocr… diplomatique.
Un long silence. Puis elle se lance :
– Ça a été la pire. Dans le genre qui fait remettre en cause tous les choix d’une vie.
– À ce point-là ?
– Au moins.
Nouveau silence, et elle reprend d’un trait, revêche :
– Les quelques secondes d’amour torride que nous avons vécu ne pouvaient suffire à me satisfaire. C’est alors que j’ai compris que je me fourvoyais, et que Covelian ne serait jamais l’homme de ma vie. Il m’a brisé le cœur ! Après cela, plus jamais je ne pouvais envisager de me remettre avec un homme…
Ah, je comprends mieux. Voilà qui explique beaucoup de choses…
– Même la simple vue de Covelian m’étant devenue insupportable, nous rompîmes là notre relation et je changeai de voie au sein du BSI. J’intégrai le département zoologique, où nous formons des animaux au gré de nos besoins, dans le cadre de nos missions spéciales. Mon nouveau formateur, le colonel Sorhumme, était un très vieil homme, faible et tremblant de partout, et qui avait besoin d’une canne pour marcher. Un jour, on nous a confiés une portée de bébés nexus, à charge pour nous d’en faire des outils-agents du BSI.
– Kiki était dans le lot, je présume ?
– Oui, avec ses frères et sœurs : Lapinou, Câlinou, Doudou et Grosminet.
– Jolis noms.
– Merci. Je les ai baptisés moi-même. C’est bien trouvé, hein ?

– Formidablement.
Ben quoi ? Règle de base de la diplomatie : toujours aller dans le sens d’une folle à lier avec un fouet-laser et un nexu apprivoisé. En plus, elle a été formée par le BSI : je suis sûr qu’elle peut me tuer avec un simple brin d’herbe, de trente-quatre manières différentes.
– Mais après, ça s’est gâté… reprend-elle.
– Ah ?
– J’entraînais moi-même la portée de nexus et tout se passait bien… jusqu’à ce que Kiki montre à quel point il avait été bien formé. Il a mangé le colonel, ainsi que ses frères et sœurs.
– Aïe !
– Au contraire ! Il venait de prouver sa valeur ! J’étais si fière de lui !
Mais quelle psychopathe…
– La remplaçante de Sorhumme, le colonel Bourtemouni, a voulu faire exécuter Kiki, qu’elle jugeait dangereux et incontrôlable, mais je m’y suis opposée avec la plus vive des véhémences !
– Et elle a fini par céder ?
– Oui, même si nous avons dû en venir aux mains pour régler ce différend !
– Dans de la boue ? que je demande avec espoir, même si je ne sais même pas pourquoi, en fait. Mais si, je vous jure…
– Non, mais notre combat s’est prolongé jusqu’à devenir… autre chose.
– Comment ça, autre chose ?
– Le colonel Bourtemouni m’a donné ce dont le colonel Covelian avait été incapable. En effet, alors que je la chevauchais en lui tirant les cheveux, s’a main s’est glissée…
– C’est bon, j’ai compris ! que je la coupe brusquement.
J’ai beau être un journaliste endurci, il y a des limites à ce que je peux entendre…
Ouf, elle ne relève pas ma brutale intervention. Elle a à nouveau les yeux dans le vague, un sourire extatique aux lèvres…
Heureusement, une diversion profile le bout de son nez. Kiki, qui vient me renifler les chaussures.
– Couché, Kiki, je le lui dis avec toute l’autorité naturelle de la race humaine, pinacle de la civilisation galactique, et je suis un membre si représentatif, que dis-je, si éminent !
Il gronde, m’attrape la cheville. Je tombe à terre. Et il se met à me secouer comme un prunier nain de Yavin IV.
– Lâche-moi, Kiki ! Arrête ça tout de suite ! Ce sont des chaussures en crocodile chevelu de Hoth, ça vaut quatre mois de salaire !
Il n’a cure de mon indignation et continue son jeu.
– Lieutenant Zavid ! Help !
Elle émerge de ses pensées lointaines, fronce les sourcils et murmure : « couché ».
Kiki me lâche aussitôt, se retourne sur le dos, les pattes en l’air, attendant qu’on lui gratte le ventre en guise de récompense.
Je me relève, crotté de la tête aux pieds. je pense que mon costume, un Giormani Goar, est désormais irrécupérable, même entre les mains expertes de madame Secalave, l’expérimentée gérante du pressing au coin de la 1813ème rue du Centre Impérial…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Mai - 22:07

XXI


Il me faut quelques heures pour venir à bout des missions qui m’ont été confiées. J’ai profité des courses pour m’acheter de nouveaux habits, qui me permettront de passer plus inaperçu parmi la population locale, assez raciste.
Me voilà donc désormais vêtu d’un pantalon à longs poils bruns – je me demande s’il n’est pas en poils de Poliens, mais m’abstiens de poser la question à la vendeuse –, d’un pull marqué en lettres fluo clignotantes « J’aime P’oilad-e », et d’une casquette munie de bois de cerf. À moins que ce ne soit du daim ?
J’avoue, j’ai piqué l’idée à Hoyman Hoyddings et à son équipe, grimés en félins humanoïdes. Aussi, quand un groupe de Poliens trop curieux viennent me renifler de trop près, je les gratifie d’un bêlement de bon aloi, ce qui les éloigne, convaincus que je ne suis pas un humain haï.
Certes, les puristes me diraient que les cerfs et les daims ne bêlent pas, mais comme j’ignore le cri de ces animaux…
En rentrant au QG, les bras chargés de mes sacs de course, je manque de me prendre un tir de laser de la part de l’équipe de Hoyman, qui ne m’a pas reconnu sous mon déguisement.
– Un homme-daim ! crie l’un.
– Un cerf qui marche ! fait un autre.
– Quel horrible pantalon ! dit le troisième.
– Hoy ! Hoy ! Joli déguisement ! commente Hoyman, dans sa tenue de clown, les vibrisses frémissantes et la queue électronique fouettant l’air.
Je me rengorge de fierté, après ce compliment émanant d’un caméléon tel que Hoyddings. Et je me vois déjà écrivant un article à ma gloire éternelle :

Dans la peau d’un agent du BSI.
Une difficile mission d’infiltration au service de l’Empire,
Par votre serviteur Cirederf Nomis



J’aime bien, ça claque. À moins que…

Comment j’ai sauvé une mission du BSI,
Par Cirederf Nomis



C’est pas mal aussi. Ah non, j’y suis !

Interview de l’héroïque Cirederf Nomis par Kia Lansillo



Avec toutes les récompenses personnelles qui iraient avec, comme de juste, ça le ferait plutôt bien. Très bien, même. Elle m’interviewerait puis, la passion enflammant ses yeux, elle m’arracherait mes vêtements avant de…
– Nomis !
Zavid. Me voilà calmé aussi sec. D’autant que Kiki, pensant que j’ai pu irriter sa maîtresse d’une manière ou d’une autre, s’approche de moi en grondant, prêt à m’arracher un ou deux membres.
– Oui, lieutenant Zavid ? que je demande humblement.
– Je ne me sens pas très bien, me dit-elle en grimaçant, main sur le ventre.
Mon « Et alors, greluche ? Je ne suis pas docteur ! » intérieur se transforme à haute voix en :
– Que puis-je faire pour vous aider ?
– Rien, j’ai déjà pris un médicament. Par contre, dit-elle en baissant la voix, je viens d’avoir la reine des gastros. Tu me nettoies les chiottes vite fait bien fait. Y’en partout, c’est dégueulasse. Et discrètement. Personne ne doit connaître mon état de faiblesse passagère.
La mort dans l’âme et me demandant quand mon calvaire va enfin s’arrêter, je me dirige tête basse vers le lieu des derniers exploits de Zavid. Je croise Hoyman et ses hommes en chemin, occupés à remplacer les portes qu’ils ont explosées.
– La nouvelle porte ne passe pas !
– Et bien coupe-là !
– Aïe, je me suis scié le pouce !
– Quelqu’un a un arrache-clous ? Je viens de me clouer la main à une planche !
– Oh non, mon lacet est défait !
– Hey, fais gaffe à ta queue, elle trempe dans la lasure !
– Mais pourquoi on a de la lasure, au fait ?
– Parce qu’une porte brute, c’est moche. Je laisse parler l’artiste qui sommeille en moi. D’ailleurs, je pense faire une fresque dans la porte avec l’aide d’un burin.
– Hoy ! Hoy ! Bonne idée ! Pour ma part, je pensais faire une peinture : les cascades de Naboo sont très jolies, elles seront du meilleur effet dans les toilettes !
Dans les… ? Nom de nom ! Je rattraper Hoyddings et lui barre la route.
– Tu ne peux pas aller aux toilettes pour le moment ! que je lui dis.
– Ah ? Pourquoi ? Hoy !
– Je… tu ne peux pas, c’est tout !
Voilà que ses acolytes m’entourent, intrigués. Sur un geste d’Hoyddings, ils m’immobilisent, tandis que lui ouvre la porte des toilettes.
– Hoy ! Hoy ! s’exclaffe-t-il. Venez voir ça, les gars ! Nomis a refait la peinture des toilettes avec des pigments naturels !
Alors ils me lâchent, vont voir, rient à leur tour, prennent des holo-photos qui ne sont pas longs à se retrouver sur les holo-réseaux sociaux. Enfin, ils finissent par se calmer.
Hoydding me met une main compatissante sur l’épaule et me dit :
– Tu as dix-sept minutes pour remettre cet endroit propre, hoy !
– Pourquoi dix-sept ?
– Je suis réglé comme une horloge. J’ai besoin du lieu dans dix-sept minutes. Hoy ! Hoy !

Il faut absolument qu’à mon retour, je renégocie mon salaire avec Smaugh.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 1 Juin - 21:45

XXII


Après manger, le soir. J’aimerais dire que nous sommes tous repus, que j’ai mitonné de splendides plats compte tenu des conditions spartiates dans lesquelles nous sommes installés. Bon, j’avoue, c’était dégueu. Trop cuit : je crois que c’est ce qu’on dit quand tout vire au noir dans les poêles et les casseroles. Alors on saupoudre d’herbes à outrance, et on a l’impression de manger du carbone mélangé à l’herbe d’un pré.
Au moins, personne n’a vomi. Même si ce fut juste au niveau de Hoydings. Kiki est venu nous voir à un moment : je ne pense pas que ce soit l’odeur qui l’ait attiré, mais simplement le fait de constater qu’on allait passer à table.
Il a vite regretté d’avoir un odorat si développé tellement il s’est vite sauvé à l’autre bout de la grande pièce. Sale bête ! D’accord, ce n’était pas bon, mais je suis sûr qu’il en a rajouté juste pour me contrarier !
– À partir de demain, on se fait livrer notre bouffe, décrète Zavid.
Tout le monde acquiesce.
Elle me lance ensuite un sale regard, comme si elle m’accusait tacitement d’avoir voulu les empoisonner. Non mais ça va bien ! Si elle n’est pas contente, elle n’a qu’à préparer la bouffe elle-même, comme une vraie femme qui se respecte ! Les traditions se perdent…
Je garde néanmoins cette réflexion pour moi. Diplomatie, une fois de plus.
– Briefing ! annonce Zavid. C’est cette nuit que nous allons libérer le colonel Covelian !
Tout le monde tend aussitôt l’oreille, attentif à ce qui va suivre. Même moi, excité malgré moi à l’idée de voir des agents du BSI en action ! Espionnage, infiltrations, meurtres en douce. Le frisson du danger me parcourt le dos. Quand je serai vieux – dans très longtemps –, je pourrai dire à mes arrières-arrières-petits-enfants « J’y étais ! ». Et si la mission s’avère top secrète, je pourrai frimer comme jamais. Je me vois déjà en discuter avec ce cher Smaugh :
– Désolé, Smaugh, mais j’ai été recruté par le BSI pour une mission confidentielle. Tu comprends, mes multiples qualités naturelles ont été déterminantes pour la réussite de l’opération.
– Mais c’était quoi ? Vas-y, raconte !
– Désolé, Smaugh, lui répondrais-je alors avec un air faussement blasé. Mais si je t’affranchis à ce sujet, je serai obligé de te tuer juste après. Secret défense !
Et il s’étoufferait de frustration et d’admiration, et moi de rire intérieurement.
Bref, je vais être au cœur de l’action !

– Hoy ! Sommes-nous certains que Covelian soit retenu au n°9 de la rue ? Et si oui, par qui ? Hoy ! Hoy ! Hoy !
– J’ai mené mon enquête, je sais qu’il y est, rétorque Zavid. Il y a trois jours, j’ai suivi un de ses geôliers présumés, sorti de leur maison. Il a commandé au resto nichois du coin de la rue. Il a pris quatre menus de poissons crus de Naboo, et un steak de de fleurs-choux aux haricots bleus et asperge.
– Hoy ! Euh non, je voulais dire « Et » ?
– Je ne connais qu’une seule personne dans la galaxie qui aime le fleurs-chou avec haricots et asperge. Le colonel Covelian.
– Argument pertinent, commente Hoydings. Par contre, on peut chercher longtemps qui aimera la cuisine de Nomis ! Hoy ! Hoy ! Hoy !
Et ils s’esclaffent tous, ces maudits ânes ! Comme ce n’est guère le moment au milieu de ce briefing sérieux, je me tourne avec espoir vers le lieutenant Zavid, m’attendant à ce qu’elle les rabroue sévèrement voire fasse usage de son fouet-laser ou même de Kiki. Sauf qu’elle aussi rit à gorge déployée et ne semble pas pouvoir s’arrêter.
Je les hais tous.

Il leur faut de longues minutes pour reprendre leur souffle, tandis que drapé dans ma dignité bafouée, je les gratifie tous du plus noir des regards. Sauf quand Zavid le croise, mon regard. Là, elle redevient elle-même et me dit :
– Un problème, Nomis ?
– Euh… non, aucun. Oui, c’était drôle. Lol, quoi.
J’ai besoin de vous préciser que je n’en pense pas un mot ?
– Je préfère ça. En tout cas, je tiens absolument à ce que tu notes la recette.
– Vraiment ? que je fais avec espoir. C’était bon, alors ?
– Je n’ai jamais vu pire. Donc la recette peut être intéressante pour faire craquer des suspects pendant un interrogatoire.
– Hoy ! Ce serait super efficace comme moyen de torture, pas de doute là-dessus !
Et ils repartent à se poiler comme des baleines à vibrisses, à moins que je ne confonde avec des poissons-chats.
Je les méprise tous d’un silence boudeur, et le fait qu’ils n’en fassent pas cas me met encore plus en rogne.
Ceci dit, ils ne perdent rien pour attendre. Dès que je serai rentré à la maison, que je serai en peignoir en poils de banthas et dans mes mules en forme de lapin avec de belles oreilles dressées vers le ciel, le tout après être sorti de mon bain, moussant avec des herbes aromatiques, des petites bougies d’ambiance et un verre de grand cru de vin rouge, là je me vengerai !
Ô oui, je leur servirai un article sacrément gratiné sur l’incompétence sur le terrain des agents infiltrés du BSI ! Non mais !
– Hoy ! Hoy ! Et à quelle race appartiennent les ravisseurs de Covelian ? demande Hoyddings, reprenant son sérieux.
– Je l’ignore, concède Zavid. Ils ont l’air humain mais se déplacent en faisant des bonds, en marchant sur les mains, des cabrioles, des pas de danse. J’ai vu celui que j’ai suivi faire la roue, marcher sur les mains, faire des roulés-boulés. Au début, j’ai pensé qu’il tentait d’esquiver des projectiles ; mais non : personne ne l’attaquait ni ne le menaçait.
– Des Tarpézistes, explique l’un des hommes de Hoyddings.
– De la planète Arcobate, ajoute un autre.
– Hoy ! Tout s’explique !
En effet. Le raisonnement me semble logique à moi aussi.
– Bon, quel est le plan ? Hoy !
– J’ai eu une super idée, dit Zavid. On y va comme humains, mais en imitant les Tarpézistes. Comme ça, mis en confiance, ils croiront que nous sommes une équipe envoyée en renfort et nous laisseront entrer !
Silence. Hoyddings et ses hommes doivent penser, tout comme moi, que ce plan est particulièrement débile. J’en mettrais ma main à couper entre les mâchoires de Kiki. Enfin, pas littéralement, bien sûr…
– Hoy ! Je suis… dubitatif.
– Bon, d’accord, admet Zavid. Il y a une part de risque non négligeable. Mais nous avons un atout primordial !
– Ah oui ?
– Ah bon ?
– Lequel ?
– Hoy ?
– Nomis, répond-elle.
Je me redresse aussitôt, fier d’être l’atout primordial.
– NOMIS ? qu’ils demandent tous, étonnés / effrayés / effarés / pensant avoir des problèmes d’audition [au choix, rayer la ou les mentions inutiles].
– Bah oui, Hoyddings ! On n’était pas d’accord sur le fait qu’il fait un super appât ? Si ça ne marche pas et qu’il se fait tuer, on pensera à un plan B.
Ils applaudissent et gratifient Zavid de vivats.

Et moi je pleure intérieurement. Me faire passer pour un Tarpéziste, moi ? Handicapé, à la rigueur, pourquoi pas : j’ai la souplesse d’un piquet en duracier. Oui, j’avoue, c’est l’un de mes très rares points faibles. Mais c’est ce qui fait mon humanité et me rend sympathique, non ?

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 1 Juin - 21:46

XXIII


Ainsi me voilà dans la rue, une fois la nuit tombée, envoyé à l’assaut du numéro 9 de la rue, où Covelian est retenu prisonnier. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour son patron ! Et en plus, je déteste ce type. Mais il a de la chance, je le hais moins que cet arriviste de Smaugh qui a pris sa place. Avec un peu de chance, il saura être reconnaissant. Peut-être même que, traumatisé par sa captivité, il prendra une retraite anticipée et m’intronisera chef de la Tribune Impériale avant de partir. Ce type n’a jamais été classe. S’il doit le faire une fois dans sa vie, que ce soit en cette occasion !
Dans le pire des cas, il reprend ses fonctions et cela écarte de mon chemin ce maudit Smaugh. Je serai assis à la droite de dieu, son second, son confident et bien sûr, son futur successeur. Voilà qui me met du baume au cœur ! Mes efforts vont enfin porter leurs fruits ! Tout vient à point à qui aime son steak bleu, mais qu’est-ce que ça aura été long !
Tremble, Smaugh ! Tu ne le sais pas encore mais tes jours à la tête de la Tribune Impériale sont comptés, mouhahahaha !

Ceci dit, on n’en est pas encore là. Pour l’instant, je suis dans la rue. Heureusement pour mon ego surdéveloppé, elle est déserte. J’exécute d’abord une roue, qui ne me donnerait pas, je l’avoue, une très belle note aux Olympiades de Metellos, mon auguste postérieur ayant refusé de décoller à plus de cinquante centimètres du sol. Je commence à soupçonner la gravité de P’oilad-e d’être plus importante qu’au Centre Impérial, même si je n’avais pas prêté attention à ce détail jusque-là.
Je me fends ensuite d’un grand écart facial de bon aloi, ou plutôt de mauvais aloi : je n’arrive pas à poser les mains au sol devant moi pour me soutenir, je suis trop loin ! Tandis que je tente désespérément de conserver mon équilibre en battant des bras, un bus-speeder à impériale, rempli à ras bord de touristes Nichois, stoppe à côté de moi et déverse son flot de passagers, qui ont tôt fait de former un demi-cercle face à moi en prenant des holo-photos et des holo-vidéos.
Mais dégagez, bordel ! Vous voyez bien que je suis en mission discrète d’infiltration dans le cadre d’une opération top secrète menée par le BSI ! Qu’est-ce que ça peut être con, un Nichois !
Désireux de m’éloigner au plus vite tout en n’attirant pas l’attention, je me fends de quelques pas de la danse des canards d’Alderaan, une antique danse nuptiale qui en mon jeune temps m’a valu plus d’un succès auprès de la gent féminine.
Oh non, voilà qu’ils me suivent ! Et en plus, ils ont l’air ravi du spectacle ! Ceux-là aussi, je les ajoute à la longue liste des gens que je hais. Mais comme vous pouvez le constater, jamais sans bonnes raisons ! Leur tour viendra, à ces Nichois au teint jaunâtre et aux yeux débridés, habitant l’Empire de la Lune Couchante.
Et me voilà me livrant à de pitoyables cabrioles en entraînant avec moi un cortège de fans. Pourvu qu’ils ne me demandent pas un autographe ! De fil en aiguille, j’arrive enfin devant le numéro 9 de la rue. Je sonne.
La porte s’ouvre. Le type qui me fait face a les pieds en l’air et se tient sur les mains. Je me demande avec quoi il a ouvert la porte. Repensant à mon déguisement, je lui tourne le dos, écarte les jambes et baisse le torse au maximum – ouille, mon pauvre dos ! – : nos visages se font désormais face.
– Vous désirez ? qu’il me fait.
– Ça alors, que je réponds, vous aussi vous êtes un Tarpéziste d’Arcobate ? Quelle coïncidence ! Si je m’attendais à ça !
– Effectivement, voilà qui est pour le moins étrange. Vous êtes sûr que c’est une coïncidence ? me demande-t-il, l’air suspicieux.
– Ce n’en est bien sûr pas une, que j’avoue. En fait, je suis… les renforts.
– Les renforts ?
– Oui. Rapport à votre… invité.
Il hoche la tête, me fait signe d’entrer, ferme la porte derrière nous – avec les genoux, j’ai enfin ma réponse – puis il se remet sur ses pieds… un blaster à la main.
J’utilise la technique de Kiki : je me mets dos à terre, les membres en l’air, pour bien montrer ma soumission. J’espère juste qu’il ne va pas croire que j’attends qu’il me caresse le nombril.
– Ne tirez pas, je me rends ! que je dis au cas où mes intentions ne seraient pas assez claires.
– De quel renfort vous parlez ? qu’il me fait, dubitatif. Je n’ai jamais entendu parler de renforts.
– Mais si, voyons, que je réponds en essayant d’avoir l’air sérieux malgré ma position délicate. Les renforts… par rapport à l’humain… vous savez…
– L’humain ? Vous êtes au courant au sujet de l’humain ?
– Bah oui, qu’est-ce que je ferais ici, sinon ?
– Que savez-vous de lui ? fait-il, arme braquée sur moi et l’air plus méfiant que jamais.
– Euh… qu’il est colonel du BSI et se nomme Jace Covelian, que je tente.
Ça, ça s’appelle le moment de vérité ! Et j’avoue que je n’en mène pas large. D’autant plus que la position étant super inconfortable, je recommence à avoir mal au dos. Mes pauvres lombaires !
– Ah, vous êtes l’expert chargé de le faire parler, c’est ça ?
– Euh… ouaip, c’est ça !
– C’est qu’il nous donne du fil à retordre, le bougre ! Plus muet qu’une carpe dépourvue de cordes vocales.
Je m’abstiens de lui faire remarquer qu’une carpe ne dispose en effet pas de cordes vocales, et que ceci explique cela. À la place, je me contente d’opiner du chef.
Il remonte le couloir en faisant des galipettes. Je le suis à cloche-pied. Pour le moment, tout se déroule à merveille et le Tarpéziste ne se doute de rien. Je me rengorge intérieurement de fierté : je me découvre décidément chaque jour de nouveaux talents. Quelle homme impressionnant je suis ! Y’a des jours, je m’éblouis moi-même, je suis obligé de m’admirer. Comment est-il possible de concentrer autant de dons en soi ?
Mais alors que je suis le Tarpéziste, je me rends compte d’une chose. Je n’ai mis au point aucun code avec les agents du BSI. Comment vont-ils savoir que tout se passe bien ?
Le Tarpéziste vient d’arriver devant une porte au bout du couloir. En équilibre sur une jambe et un bras, il tend la bouche vers la poignée pour l’ouvrir… avant de se retourner vers moi brusquement : allons bon, mon datapad est en train de sonner !
– Excusez-moi, que je dis en le sortant de ma poche.
Un appel entrant. Aussi masqué qu’un participant au Carnaval de Nevise. Je décroche.
– Oui ?
– Hoy ! Comment ça se passe, à l’intérieur ? Toujours en vie ? Pas encore pris en otage ? Hoy ! Hoy ! Hoy !
Non mais… il n’en a pas marre d’être stupide, celui-là ? Il veut griller ma couverture, ou quoi ? Vite, Cirederf, donne le change, invente un code secret sur-le-champ !
– Ah, maman ! Tu vas bien ? Écoute, c’est pas trop le moment, là, je suis pas mal occupé.
– Hoy ! Hoy ! Je ne suis pas ta mère, c’est moi ! Hoyman Hoyddings ! Ah ! Ah ! Qu’il est drôle, lui ! Hoy ! Et si ta mère a la voix aussi grave que la mienne, je te conseille d’avoir le plus tôt possible une conversation avec ton père à ce sujet ! Hoy ! Hoy !
Le Tarpéziste me regarde l’air suspicieux. Je lui fais un signe d’excuse et continue :
– Oui, maman, je comprends bien, ta gencive te fait toujours mal. Mais n’aie crainte : la boîte à pharmacie de la salle de bain contient des analgésiques. Je répète : tout va bien, la boîte à pharmacie de la salle de bain contient des analgésiques.
– Hoy ! Tu as des hallucinations auditives de l’oreille, Nomis ? Ou tu entends une autre langue que celle que je parle ? Hoy ! Hoy ! Hoy !
Bon sang, mais cet âne ne comprends rien ! Je tente une nouvelle paproche :
– La dent n’est pas déchaussée. Tout va bien. Je répète : la dent n’est pas déchaussée. Tout va bien.
– Une dent déchaussée ? Hoy ! Parce qu’avant elle était dans une chaussure ? Hoy ! Hoy !
Je raccroche, au bord du désespoir. Et dis au Tarpéziste :
– Quelles plaies, ces mères ! Désolé pour ça !
Il braque aussitôt son blaster sur moi, le gros orteil sur la détente :
– Vous êtes un imposteur !
Oh non ! Comment a-t-il deviné ?
– Nous autres Tarpézistes venont au monde dans des incubateurs, nous n’avons pas de mères !

Hoyman Hoyddings… À cause de toi, ma couverture est définitivement grillée. Je ne veux pas mouriiiiiiir ! Hiiiiiiiiiiiii !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 1 Juin - 21:46

XXIV



Dans mon dos, au bout du couloir, la porte d’entrée explose brusquement [Note De l’Auteur : d’un autre côté, je ne vois guère comment quelque chose pourrait exploser autrement que brusquement]. J’entends :
– Hoy ! Hoy ! Allons au secours de Nomis ! Il est torturé et a craqué, la conversation que je viens d’avoir avec lui le prouve ! Hoy !
Et voilà l’agent du BSI et son équipe qui se précipitent vers moi, armés jusqu’aux dents. Dans l’encadrement des restes de la porte, je constate que les Nichois sont sur leurs talons et les suivent, continuant à prendre holophotos et holovidéos.
Le Tarpéziste ouvre le feu, l’équipe d’Hoyddings réplique aussitôt. Les tirs de blaster s’écrasent partout, me frôlant mais par miracle, me manquent, alors que je me tiens au beau milieu de la fusillade.
Les yeux piquants à cause de la fumée, le nez irrité par l’odeur d’ozone qui envahit le couloir, je me jette sur la première porte venue pour échapper à cet enfer. Par bonheur, elle s’ouvre !
Je respire profondément une fois en sécurité, la porte refermée et moi adossé contre. Ouf, je l’ai échappé belle ! Heureusement, mes réflexes fulgurants m’ont permis de m’en sortir sans une égratignure… pour une fois. Ma chance serait-elle enfin en train de tourner ?
Je me frotte les yeux et découvre la pièce dans laquelle je me suis réfugié. Ou plutôt non. Je suis dans le noir le plus complet. Tandis que j’entends la fusillade étouffée qui continue par-delà les murs, je laisse mes yeux s’adapter à l’obscurité. Comme ça ne marche pas, même au bout de quelques minutes, je tâtonne et trouve un interrupteur.
La pièce s’avère minuscule, genre placard à balais. J’écarquille les yeux [NDA : décidément, faut vraiment que je trouve un synonyme] de stupeur : face à moi, ligoté à une chaise adossée à une étagère remplie de produits d’entretien – tiens, les Tarpézistes utilisent le même détergent que moi –, le colonel Covelian me fait face, bâillonné !
Il a l’air aussi choqué de me voir que je le suis de l’avoir retrouvé. Contre toute attente, j’ai réussi ! Moi, Cirederf Nomis, j’ai accompli la mission du BSI à moi tout seul ! Je suis un héros, aujourd’hui et à jamais ! Y compris pour l’imbécile qui me regarde avec la lueur stupidement bovine – habituelle chez lui – que je vois dans ses ye… globes oculaires.
Je lui lance mon meilleur rictus « Et oui, c’est encore moi qui sauve la situation ! », avant de lui retirer son bâillon.
Il explose aussitôt :
– Bon sang, mais qu’est-ce que foutez là, Nomis, bougre d’imbécile ?
– J’ai rassemblé autour de moi une équipe du BSI pour vous libérer, chef.
J’ai toujours eu un bon sens de la répartie. Certes, j’avoue légèrement déformer la réalité dans ma description de la situation, mais après tout, ne suis-je pas journaliste impartial et donc rompu à l’art difficile d’orienter les informations qui passent entre mes mains expertes ?
– Vous ? qu’il ricane comme si je venais de prononcer la pire des incongruités.
Pfeuh, sale ingrat !
– Oui, chef. Vous pensez bien que dès que j’ai appris votre disparition, j’ai personnellement tout mis en œuvre pour vous sauver ! Vous êtes… euh… mon modèle, mon mentor… que dis-je, mon idole ! D’ailleurs, j’espère que vous me signerez un autographe dès que je vous aurai délié les mains.
– Vous n’avez pas changé d’un iota, Nomis, me dit-il froidement. Toujours aussi hypocrite et incapable !
– Non mais…
– Sans votre père haut placé, jamais votre prose médiocre n’aurait été mise au service de la Tribune Impériale !
– Vous exagérez…
– D’ailleurs, « mise au service » me semble bien impropre, à la réflexion. Vous tirez la Tribune vers le bas chaque jour un peu plus !
– Vous savez, colonel, je…
– Soyez sûr que dès mon retour au Centre Impérial, tout va changer ! Fini les passe-droits ! Je vais vous remettre à votre vraie place, à savoir la première agence de recherche d’emplois venue !
– C’est dur, ça, alors que je…
– Et bien sûr, je me servirai de mon rang pour vous blacklister auprès de tous les gens qui comptent ! Ah, je peux vous garantir que votre vie va devenir un enfer, Nomis !
Je renonce à essayer de le raisonner. Visiblement, la tension et l’émotion de sa libération viennent d’avoir raison de ses nerfs.
Mais un doute me prend quand même : et s’il était sincère ? Et s’il ne revenait pas à de meilleurs sentiments à mon égard ? Si c’était le cas, ce serait à coup sûr la fin de ma brillante carrière.
Puis-je laisser un tel désastre se produire ? Ah ça non, c’est impossible !
Alors je fais la seule chose logique à ce stade : je lui remets son bâillon, ignore le regard furieux qu’il me lance, me tourne vers la porte, éteins la lumière et tends l’oreille. Il n’y a plus un bruit dans le couloir. Mais qui a gagné ?
J’entrouvre la porte et jette un œil. Les hommes d’Hoyddings tentent de refouler les Nichois vers la sortie. À l’autre bout du couloir, Hoyddings surgit, blaster fumant à la main.
– Hoy, Nomis ! Tout va bien, tous les Tarpézistes sont hors de combat ! Par contre, aucune trace de Covelian. Hoy ! Hoy !
– Rien non plus dans le placard où j’étais réfugié, que je dis innocemment.

Covelian l’a bien cherché ! Et de toute manière, je ne connais pas grand-monde qui regrettera un tel pisse-froid…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 1 Juin - 21:51

Ah, Minos est de retour :)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 1 Juin - 22:02

Yep, ça doit être le 5 748ème, environ...

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 1 Juin - 22:48

Héhé :)

N'oublie pas que tu dois garder le rythme pour terminer, aussi... :)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   

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(2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)
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