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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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aj crime
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 16 Jan - 0:32

Je te fais confiance ! Wink
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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 23 Jan - 10:12

Les miracles existent-ils ? Vais-je rattraper mon retard de parution ici ? Vais-je conclure l'histoire pour le 31, comme je le voudrais ? Suspense insoutenable...

LXXXIX


Une fois encore, Saint-Lazare sautille en battant des ailes frénétiquement, en lançant des « Tchip ! » endiablés. J’ai du mal à partager son enthousiasme. Malgré moi, je reste tendu, craignant un nouvel accroc aux plans de l’homme-poulet.
Celui-ci semble ressentir mon état d’esprit car il se tourne vers moi et me dit :
– De quoi avez-vous peur, mon ami ? Rien ne peut les sauver, cette fois-ci.
– La trappe par laquelle ils sont tombés est toujours ouverte, que je lui réponds en montrant l’écran. N’y a-t-il pas un risque qu’ils fuient par là ?
Il éclate de rire et me regarde avec condescendance.
– Le plafond est à cinq mètres au-dessus du sol. Moi-même j’ai des ailes et je suis un génie, et malgré cela je ne peux pas voler. Comment de simples humains comme eux réussiraient là où j’échoue ?
Ses arguments me semblent pertinents, je l’avoue, mais j’ajoute quand même :
– Fermer la trappe permettrait d’éradiquer ce risque une bonne fois pour toutes, tout de même, non ?
– En effet, reconnaît Saint-Lazare du bout des lèvres. Mais…
– Mais ?
– J’ai appuyé sur le bouton de fermeture de la trappe et il ne répond pas.
– Ah. Du coup, rien à faire ?
– J’ai appelé le SAV technique de la forteresse, mais j’ai été mis en attente.
– Aïe. Si les SAV, de quelque sorte soient-ils, servaient vraiment à résoudre les problèmes, ça se saurait, non ?
– En effet. En l’occurrence, le temps moyen d’attente est de quarante-sept minutes.
Pendant ce temps, je vois que Zavid, Hoyddings, Covelian et les autres ont mis un plan au point. Quatre des agents subalternes se mettent à quatre pattes, puis trois autres leur montent dessus. Ils se tiennent tous les uns aux autres, du moins essayent-ils : à ce que je vois, on est plus dans le domaine du château de cartes alors que le vent se lève.
Zavid entreprend d’escalader la pyramide humaine. Je souris quand elle tombe. Vexée, elle donne un coup de pied à l’un des agents à quatre pattes. L’homme tombe à terre et emmène avec lui tous les autres.
– Vous voyez ? me fait Saint-Lazare. Monter une pyramide humaine n’est pas aisé : c’est un véritable art, et cela demande des milliers d’heures d’entraînement. Aucune chance qu’ils ressortent par la trappe.
Les murs continuent de se rapprocher. La pièce ne fait plus que deux mètres de long. En désespoir de cause, les agents du BSI tentent de pousser un mur. Mais rien n’y fait.
– Ils peuvent toujours rêver, ricane Saint-Lazare. J’ai testé cette salle avec feu Kong King et même lui n’a pas réussi à retenir les murs !
Je commence enfin à souffler. A priori, mes ennemis ne s’en sortiront pas. Plus qu’un mètre cinquante.
– Une coupe de champagne de Rince pour fêter notre victoire, Nomis ? me demande Saint-Lazare, bouteille dans une main et deux flûtes dans l’autre.
Si je devais avouer un de mes extrêmement rares défauts, je serais contraint de concéder une légère – très très légère, hein ! – superstition, du genre ne pas mettre la charrue avant d’avoir tué l’ours.
Il me vient à l’esprit que si je trinque avec Saint-Lazare avant que les événements soient allés à leur terme et en notre faveur, l’univers va aussitôt se venger de moi.
Ridicule ! me dis-je avant de prendre la coupe de champagne que me tend mon acolyte. Soyons rationnel : c’est gagné ! In ze pauquette, comme disent les Grands-Rbetons. Fines gueures in ze nauze, ajouteraient-ils.
J’ai le temps de n’en boire qu’une gorgée quand le rebondissement tant redouté se produit.
Il n’y a plus qu’un mètre de salle et les efforts des agents du BSI sont toujours aussi vains, les rapprochant infailliblement du grand schplorf final. Sauf que…
Une nouvelle silhouette tombe par la trappe, entourée d’une cape noire avec capuche enfoncée sur la tête. Elle se redresse, met les mains sur les hanches, regarde à droite, regarde à gauche, comme si elle se contentait d’évaluer la situation. Comme si elle n’était pas, à l’instar des autres, en danger mortel de schplorfitude.
Je suis impressionné malgré moi par un tel sang-froid. Le plus étonnant chez cette personne aux nerfs d’acier m’est révélé quand les pans de sa cape s’écartent et dévoilent un gros ventre, genre ventre super bien arrondi, typique des femmes qui ont avalé un ballon de foot. Ou qui sont enceintes.
La question suivante, logique et normale, qui me vient en tête, c’est « Qu’est-ce qu’une femme enceinte vient faire en ces lieux ? Pourquoi se précipiter ainsi dans un piège mortel ? ».
En tout cas, elle en impose tout de suite à l’équipe du BSI, à qui elle dit, calmement alors que la salle ne fait plus que cinquante centimètres :
– Poussez-vous, bande de nazes.
Personne ne moufte. Au contraire, ils s’écartent.
Elle contemple le mur avec une expression de défi, du moins c’est ainsi que j’interprète son menton en avant.
Elle pose les paumes des mains sur le mur et se met à pousser. Saint-Lazare pouffe de rire et un sourire naît sur mes lèvres aussi : cette stupide bonne femme enceinte pense-t-elle vraiment une seconde être capable de repousser le mur ? Ce serait plutôt un coup à provoquer une naissance anticipée !
D’abord, rien ne se passe quand elle appuie. Au contraire, le mur continue sa progression, jusqu’à toucher son ventre. À ce moment, elle inspire profondément, une veine se met à saillir sur sa tempe et elle pousse un hurlement qui me pète presque autant les tympans que du Barnerd Menit !
Sauf que contre toute attente logique et rationnelle, voilà que le mur s’arrête sous la poussée de la furie. Pire, il se met à reculer face à ses efforts.
Pour me donner une contenance, je tente d’avaler nonchalamment une gorgée de champagne de Rince. Sauf que ma main tremble tant sous l’effet du stress que j’en renverse la moitié sur moi avant que le verre n’atteigne ma bouche. Le champagne a un arrière-goût amer : le goût de l’échec cuisant.
Saint-Lazare, lui, a la bouteille dans le bec mais les yeux rivés sur l’écran. Je crois que sous le choc, il a oublié l’existence de la bouteille car le champagne coule peu à peu sur son menton recouvert de plumes. Et ce jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une goutte.
La walkyrie – oui, comment appeler autrement ce mélange de Wendor Wamon et de Xane la Guerrière ? – a repoussé le mur jusqu’à sa position initiale. On peut entendre que le grincement métallique qui allait de pair avec l’avancée du mur s’est mué en crissements que je jurerais être de peur et de panique, et qui s’accompagne d’une épaisse fumée noire. La poussée de la femme enceinte semble avoir eu des conséquences dévastatrices sur le mécanisme.
– Non mais oh, qu’elle grommelle une fois que le mur pousse comme un dernier soupir mécanique, accompagné de quelques étincelles, avant de cesser définitivement de bouger.
En moins d’une minute, elle fait subir le même sort à l’autre mur.

Alors que le monde entier semble figé autour de cette mystérieuse femme enceinte, une voix retentit dans le système de communications attenant à la console de Saint-Lazare :
– Bonjour, ici le SAV technique de la forteresse. Que puis-je faire pour votre service ?

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 23 Jan - 10:13

XC


– C’est prodigieux ! s’exclame le colonel Covelian. Comment avez-vous réussi un tel exploit ? Vous êtes un cyborg ? Un droïde à apparence humaine ?
– Rien de tout ça, répond la femme. Je suis enceinte.
– Ah ? Et ?
– Les hormones.
Tous les hommes du groupe reculent d’un pas sans s’en rendre compte. Je pense qu’ils se demandent combien de femmes ils ont mis enceintes lors de leurs virées entre mâles virils, combien ils en ont qui les attendent à chaque port spatial, et qu’ils imaginent quel sort ils pourraient subir entre leurs mains.
Une chose est sûre : ils font l’apprentissage de la peur. Ce n’est rien à côté de moi quand elle dévoile son visage. Car je la connais !
Oh oui, je connais ce visage ! C’est la femme que j’ai croisée au palais de Gaga le Hutt, celle qui m’a sauté dessus et avec qui j’ai connu des heures… euh… des minutes… bon, OK, des secondes de bonheur. Mais il faut dire à ma décharge (hum… je ne sais pas si le terme est bien choisi, en fait) qu’elle m’avait pris par surprise. Sinon, vous pensez bien que ma virilité – je ne comprends d’ailleurs pas que ce mot ne soit pas mon deuxième prénom, mais ceci est une autre histoire – lui aurait offert de très très très très longs moments de complicité et d’amour partagé.
Sylmort de Leonbinetos.
Elle se tourne vers l’une des caméras et, comme si elle me voyait, me crie :
– Nomis ! À cause de toi, je suis enceinte !
– Oh non, pas ça ! Moi qui suis dans la fleur de la trentaine, à deux mois de mes quarante ans ! Je suis trop jeune pour avoir des enfants !
– J’attends des triplés.
Aïe. De pire en pire. Triple peine !
– J’ai le papier de reconnaissance de paternité, et je te garantie que tu vas le signer, même si c’est moi qui le signe en faisant bouger le stylo dans des doigts gourds de cadavre !
Je suis au fond du trou.
– Et m’as chouravé cinquante crédits en partant, enfoiré. Avec les intérêts, tu m’en dois désormais cinq mille.
Ah bah non, j’y étais pas tout à fait.

– Ça suffit, maintenant ! hurle Saint-Lazare à mes côtés. Ce jeu ne m’amuse plus du tout. S’ils me cherchent, tous autant qu’ils sont, ils vont me trouver ! Ils méprisent mes pièges, dont ils se sortent tout le temps ? J’ai ai plusieurs qui sont mortels à 150%, et ils vont en subir un tout de suite !
Il appuie sur son éternel bouton rouge et une porte apparaît dans l’un des murs de la salle où sont enfermés les agents du BSI et Sylmort de Leonbinetos.
Ils se regardent, dubitatifs, et tiennent un conseil de guerre.
– Hoy ! C’est la sortie, allons-y !
– C’est sûrement un piège, tempère Zavid. Pas question de s’y précipiter.
– Nous sommes le BSI, nous n’avons peur de rien donc allons-y, dit Covelian en empoignant son gros flingue qui en dit long sur sa surcompensation en matière de sexualité. Aïe, je me suis retourné un ongle en chargeant mon arme, ajoute-t-il, ce qui en dit long sur sa bêtise, sorte de marque de fabrique chez lui.
Étrange qu’il n’en ait pas fait des T-shirts ou des mugs, d’ailleurs.
– Moi, je ne suis pas venue pour négocier ni me poser des questions, fait Sylmort de Leonbinetos en se dirigeant résolument vers la porte.
Elle s’arrête quand elle entend du bruit en émanant. Genre bruit de pas métalliques qui se rapprochent. Jusqu’à ce que la porte s’ouvre pour révéler la présence de droïdes de guerre, les célèbres Super Droïdes de Combat B2 de la Fédération du Commerce.
– J’en ai acquis quatre cents, me dit Saint-Lazare, sourire satisfait aux lèvres, et lampe à nouveau sous le menton pour lui faire une tête qui fait peur. Ça marche encore une fois, j’avoue.
Les agents du BSI se mettent en position de défense, ainsi que Sylmort, qui sort de sa ceinture un blaster pour chaque main. Comme les autres, elle se met à arroser les vagues de droïdes de combat qui avancent vaille que vaille, coûte que coûte, d’une manière inéluctable, en enjambant les corps de leurs camarades tombés sous les tirs des humains.
À les voir s’arc-bouter dans leur mission avec une détermination toute mécanique, l’issue de la bataille en cours ne laisse aucun doute : les agents du BSI vont se faire balayer, tuer, laseriser, écraser.
Enfin tout se termine ! Enfin je vais m’en sortir vivant ! Grand sourire plaqué sur les lèvres, je tends mon verre vide à Saint-Lazare, qui me sert vu qu’il a – au moins – une autre bouteille dans le frigo incorporé à sa console stratégique. Oui, décidément, cet homme-poulet mérite bien le qualificatif de génie pour avoir pensé à ce genre de détail.

On ne le répètera jamais assez, mais la routourne tourne très vite dans cette forteresse, ainsi que les rapports de force entre les différents protagonistes. Alors qu’il semble évident que les droïdes vont submerger les agents du BSI et mon ex, tout bascule une nouvelle fois.
Un type vêtu d’une armure et casque intégral, et muni d’un propulseur dorsal au dos (comment ça, pléonasme ?) atterrit par la trappe. Suivi d’un autre. Puis encore un. Et encore. Et… etc, en fait, ça ira plus vite comme ça.
Dès qu’ils atterrissent, ils arrosent les droïdes d’un feu nourri, et je m’aperçois avec stupéfaction que peu à peu, leur force de frappe prend l’ascendant sur les droïdes.
Allons bon, qu’est-ce que c’est que ça, encore ? Et ils sortent d’où, ces maudits Mandaloriens ?
La réponse tombe moins de dix minutes plus tard, quand les dizaines de mercenaires viennent à bout du dernier droïde.
Leur chef échange une poignée de main avec Covelian et lui annonce :
– Bonjour, nous sommes mandatés par le Crédit Mutuel de Coruscant, et surtout le banquier Tablazhar Sicpou pour mettre la main sur Nomis. Il doit répondre du grave crime d’avoir tellement laissé filer son découvert que c’est toute la stabilité du secteur financier du Noyau Galactique qui est en péril.
– Diantre, commente Covelian. C’est à ce point-là ?
– Oui. Le CMC est au bord de la faillite car n’a pas suffisamment de fonds propres pour remonter la pente, un audit interne vient de montrer l’ampleur du désastre. L’action du CMC a perdu 82,45% de sa valeur en bourse hier, et par ricochet tout le secteur bancaire a perdu la moitié de sa valeur. Toutes les bourses de la galaxie dévissent, et la récession menace.
– Je crois qu’il n’y a aucune limite à la turpitude dont Nomis est capable, acquiesce Covelian.
– Hoy ! Il sème les crimes comme le petit poucet les gouttes d’eau qui font déborder le lac, ajoute Hoyddings.
– Quel enfoiré, dit Zavid. Il faut que je m’assure que mon CODEVI va bien.
– Ce mec est fauché ? demande Sylmort de Leonbinetos. Zut, je comptais me faire entretenir par lui, avoir une maison, un chien, deux chats et une voiture familiale. Rien de tout cela n’arrivera jamais, du coup. C’est la fin de mes rêves. Du coup et à défaut, je ne peux même pas lui arracher une super pension alimentaire.

Un silence sépulcral tombe sur la forteresse puis, sans même s’être concertés, Sylmort, les agents du BSI et les Mandaloriens crient à l’unisson :
– NOMIS ! RIEN NE TE SAUVERA !
Même Kiki hurle à la lune invsible à cette heure du jour, si tant est qu’il y ait une lune en orbite autour de cette planète, ce que j’avoue ignorer.
Bref, je déglutis nerveusement. Bien sûr, dans mes rêves, j’ai souvent entendu mon nom être scandé par les foules. Mais pas de cette manière, par des gens qui auraient presque la bave aux lèvres, de rage.

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 23 Fév - 9:45

XCI


– Je crois que je vais finir par désespérer, que je murmure.
Je semble fédérer tellement de haine contre moi que je vais finir par me demander si, au fond, je ne suis pas un monstre.
Heureusement, un coup d’œil à Saint-Lazare me rassure à ce niveau. Au moins, j’ai encore l’apparence d’un type normal… enfin, en un peu plus supérieur, quand même, vu que c’est moi.
En même temps, ledit coup d’œil ne me rassure pas à un autre niveau : Saint-Lazare fait les yeux noirs, pire que les gosses à qui on ne cède pas les caprices. Je me demande ce qu’il va nous sortir, cette fois-ci.
Soudain, son visage s’éclaire d’un sourire satisfait. On dirait qu’il a trouvé quelle sera sa prochaine attaque. Il se tourne vers moi et me dis :
– Mon cher Nomis… Vous croyez qu’ils sont bons en apnée, tchip, tous autant qu’ils sont ?
Je crois comprendre, aussi je réponds fièrement :
– Vous allez noyer toute la forteresse, et du coup nos assaillants aussi !
– Toute la forteresse, non, juste les niveaux inférieurs dans lesquels ils se trouvent. Ce piège, pour efficace qu’il soit, est pourtant celui qui m’enchante le moins.
– Vraiment ? Et pourquoi ?
– Au prix du mètre cube d’eau, ça va me coûter un bras !
Pour souligner la symbolique de ses paroles, il lève ledit bras, le regarde, je fais pareil, et je crois qu’on pense tous deux la même chose, à savoir qu’il n’a plus de bras mais des ailes. Forcément, sa comparaison semble toute pourrie.
Il baisse l’aile sans rien dire. Je préfère me taire aussi. Il reprend en soupirant :
– Et le problème c’est que l’eau en question vient des niveaux supérieurs de la forteresse, dans lesquels nous n’aurons donc plus d’eau. Ni dans les robinets, ni dans les douches, ni dans les robinets, ni dans les chasses d’eau. Nous n’aurons plus d’eau pour le ricard, et je ne vous parle même pas du système anti-incendie, qui sera hors service. Tchip ! Et puis ma piscine olympique, vous y pensez, à ma piscine olympique ? Vous avez une idée du nombre d’heures nécessaires pour la remplir ?
Je mesure désormais à quel point c’est un crève-cœur pour Saint-Lazare d’actionner ce piège. Je n’avais pas songé aux conséquences pratiques.
– Heureusement, on va quand même bien rire, sourit quand même Saint-Lazare en me faisant un clin d’œil. Car il y a une surprise en plus de l’eau.
Il appuie sur un bouton de son pupitre informatique et sur les caméras de contrôle, on voit des millions de litres d’eau – bon, je ne suis pas certain qu’il y en ait des millions, mais vu d’ici, c’est super impressionnant tellement y’en a – se déverser dans les couloirs et atteindre les bas-fonds de la forteresse.
Bientôt, Zavid, Sylmort, Covelian, Hoydings et ses deux agents rescapés, Kiki et les trente-quatre Mandaloriens ont de l’eau jusqu’aux chevilles. Ils décident de tenir un conciliabule afin de définir la marche à suivre pour s’en sortir, mais le temps qu’ils se rendent compte qu’il est impossible de tenir une conversation rationnelle à quarante plus un nexu, voilà l’eau déjà à leurs genoux.
– FERMEZ-LÀ OU JE VOUS DESCENDS TOUS, crie Zavid, à bout de patience depuis longtemps.
N’empêche que son self-contrôle m’épate : la connaissant comme je la connais, j’aurais plutôt pensé qu’elle aurait d’abord tiré, pour ensuite seulement parlementer avec les survivants.
Puis elle ajoute à l’intention des Mandaloriens :
– Vous n’avez pas un chef ? Ce serait plus pratique pour tenir un briefing, vous ne croyez pas ?
– Bah non, nous n’en avons pas. Vous savez, nous sommes employés par le Crédit Mutuel de Coruscant, et en tant que tels, nous sommes sociétaires à parts égales de la banque. Aucun d’entre nous ne peut donc avoir plus de pouvoir qu’un autre.
– Oui, surenchérit l’un de ses camarades, car une banque qui appartient à ses clients, ça change tout.
Une fois qu’un ange que personne ne verra jamais – sauf de gens abusant de produits psychotropes, mais dont le témoignage est de facto soumis à suspicion – a fini de passer, Zavid empoigne un autre énorme flingue après avoir glissé un couteau entre ses dents, et annonce :
– Bon, le chef c’est moi. Des objections ?
L’un des Mandaloriens saute en pousssant un cri, et se retrouve aussi sec en ligne de mire des armes de Zavid.
Il lève les bras :
– Attendez ! Je ne suis pas fou, je ne compte pas m’opposer à vous ! C’est juste que l’eau a atteint mon bas-ventre à force de monter, et que c’est vachement froid !
– Je pense qu’il n’y a rien à attendre d’eux, annonce sentencieusement Covelian.
– Hoy, ils sont indécrottables.
– Oui, de vraies poules mouillées, ajoute Sylmort.
Le Mandalorien qui a eu froid réplique :
– Oui bah nous les Mandaloriens, au moins, on va survivre, contrairement à vous autres.
– Ah ? Et pourquoi donc ? demande Zavid.
– Nos combis avec casque intégral peuvent nous permettre de respirer sous l’eau comme dans l’espace ou les fumées toxiques, na !
À mes côtés, Saint-Lazare s’exclame :
– Oh non, je n’avais pas songé à cela ! On va peut-être éliminer les agents du BSI, votre ex et le nexu, mais les trente-quatre Mandaloriens vont survivre !
– Mieux vaut cela que l’inverse, que je corrige. Les Mandos me semblent nettement moins intelligents, retors et sournois.
– Voilà qui n’est pas faux. Mais de toute manière j’ai – encore – la parade, conclut Saint-Lazare en tapant quelques lignes codes sur son ordinateur, avant de valider.
Je vois les agents du BSI et Sylmort crisper leurs mains sur leurs armes, et je peux presque entendre leurs pensées, qui doivent être du genre : piquons des armures de quelques Mandos, enfilons-les et on s’en sortira.
C’est peut-être pas très moral de le penser, mais je les connais assez pour deviner leurs pensées. Et puis à leur place, c’est aussi ce que je ferais. Il faut ce qu’il faut pour survivre.
Il faut croire que les Mandos sentent le danger de mort planer au-dessus de leurs têtes, car plus d’un rapproche sa main de son arme.
C’est à ce moment que l’un d’eux pousse un hurlement et disparaît sous l’eau. Tout le monde se tourne vers lui. Il réapparaît brièvement et hurle derechef :
– Un requin !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 0:07

Hop la suite tiens !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 8:51

Chef, oui chef.

XCII



Beaucoup écarquillent les yeux, et je dois avouer que moi aussi. À mes côtés, Saint-Lazare réfrène à grand mal son rire.
– Non seulement vous tentez de les noyez, mais en plus vous leur avez lancé des requins ?
– OUI, TCHIP !
– Vous êtes sûr que les requins, c’était une bonne idée ? On parle de Mandaloriens, dotés d’une armure de beskar, le fer le plus solide l’univers ou presque ? Ils risquent pas d’y laisser leurs dents, vos requins ?
Saint-Lazare pouffe à nouveau.
– Voyons voir ça !
Sur les écrans, les Mandaloriens, passés le moment initial de tension, se relâchent. Un requin pourrait tenter en vain de les mordre pendant des heures, tout au plus pourraient-ils légèrement rayer les armures.
Le groupe de Zavid, en revanche, n’en mène pas large et pointe leur arsenal vers l’eau à leurs pieds, dans toutes les directions. Kiki gémit comme un chaton n’aimant pas l’eau.
Les Mandaloriens continuent de se moquer de leur congénère, dont le poitrail est désormais emprisonné entre les mâchoires d’un requin.
– Sors une fourchette et un couteau !
– Je t’apporte la mayonnaise !
– Si tu as des intérêts dans un cabinet de dentiste pour requins, tu vas faire fortune tellement nos armures sont impénétrables !
Et là… bien sûr, ai-je envie d’ajouter… le requin referme sa mâchoire sur le Mandalorien, dont l’armure résiste autant que si elle avait été en carton : à savoir pas du tout. Elle est aussitôt broyée et le bonhomme dedans avec, dont les fluides divers et variés jaillissent par où ils peuvent, bref je vous épargne les détails. Je ne les connais pas et, même si un auteur se doit d’être réaliste dans ses descriptions, pour ce coup-là, ne comptez pas sur moi.
Là, Saint-Lazare éclate de rire.
– J’ai modifié les requins, tchip ! Ils ont des dents en beskar. Attention, pas en beskar dilué pour fabriquer les armures mandaloriennes, mais en beskar pur donc plus solide, tchip ! Les Mandos vont tous mourir, et qui plus est dans d’atroces souffrances, mouhahahaha !
Je reste pétrifié d’admiration. Ce type cessera-t-il donc un jour de penser à tout ? À un moment, ça force le respect, et je crois que dès lors, le mien lui est acquis à jamais. J’envisage même sérieusement de le laisser me transformer en homme-poulet, c’est pour dire !
– Hoy, les Mandos sont plus en danger que nous !
– Ah bon, et pourquoi donc ? demande le colonel Covelian.
– Même s’ils ont été modifiés, ce sont des requins-tigres-du-bengale-marteaux, connus pour se battre entre eux. À leurs yeux, affronter des adversaires en armures de beskar est beaucoup plus intéressant que de simples êtres de chair et de sang comme nous.
– Culture faunesque impressionnante, reconnaît Sylmort. Plus que sexy, même.
Je vois à son air perdu que Hoyddings n’a rien compris à la phrase, mais quand Sylmort se jette sur lui pour l’embrasser à pleine bouche, j’enrage à l’intérieur. Pas lui, quand même ! N’importe qui mais pas lui !
– Mais que… parvient-il à articuler.
– Te pose pas de questions, dit Sylmort. C’est les hormones…
En guise de réponse, voilà Hoyddings qui hurle de douleur.
– Un requin ? demande Sylmort, inquiète, ses armes à la main.
Hoyddings sort sa main de l’eau. Au bout du petit doigt, il y a un poisson qui tente de le mordiller, la queue frétillante.
– Piranha, on dirait, fait-il.
– Et eux, ils vont plutôt s’attaquer à des types en armure ou à des gens qui en sont dépourvus, comme nous ?
– Là, je crains que ce ne soit pour nous, soupire-t-il.
Bientôt, le chaos règne dans les couloirs, entre les Mandaloriens qui se font bouffer par les requins, et le groupe de Zavid qui tire dans l’eau pour tuer les piranhas, à une telle intensité que c’est surtout l’eau qui est vaporisée. Et pendant ce temps, bien sûr, l’eau continue à monter, elle atteindra bientôt les épaules…
– Ils ne peuvent pas s’en sortir, tout est fini, annonce Saint-Lazare, très content de lui. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce qu’ils me donnent autant de mal, tchip.
– Heureusement, vous avez des ressources et pas des moindres, que je reconnais.
– Le génie du génie ne peut être que génial, ajoute-t-il.
Je ne peux qu’être d’accord avec lui.
Sur les écrans, tous les couloirs sont désormais sous l’eau, et les caméras ne montrent plus grand-chose, du coup, si ce n’est du sang bien rouge qui se répand peu à peu... tiens, y’en a aussi un peu de vert !
Puis je distingue Zavid qui, collée à un plafond, reprend son souffle, et je souris. Elle n’en a plus pour longtemps, son couloir sera bientôt totalement immergé à son tour. La tête de Kiki surgit aussi. Les piranhas et les requins ne l’ont pas encore bouffé, celui-là ?
Et voilà qu’apparaissent à leur tour les têtes et les épaules de Hoyddings, Covelian et Sylmort.
– Où sont nos autres agents ? demande Zavid.
– Je crains qu’ils ne soient morts, annonce Covelian. Tombés comme des braves à la piscine du champ d’honneur.
Hey… une minute ! Comment se fait-il que je distingue les épaules de tout ce pas beau monde ? L’eau n’était pas plus haute il y a un instant ? Un bruit parvient à mes oreilles, genre l’eau de la baignoire qui gronde en filant par la bonde, en plus fort.
Je me tourne vers Saint-Lazare. Comme prévu suite à ce nouverau rebondissement, il est blême. Il bredouille :
– Ce n’est pas possible. Tout mais pas ça… Toute cette belle eau précieuse à trois crédits galactiques le mètre cube…
Bientôt, toute l’eau s’est retirée, laissant derrière elle des corps déchiquetés, des restes d’armures qui feront le bonheur d’un ferrailleur, des piranhas qui font des bonds désordonnés dans l’air, et des requins qui s’agitent dans tous les sens.
Il y a de l’agitation sur un écran. Je vois plusieurs types musclés, bronzés et en pagne, qui portent un gros cercle noir muni d’une chaîne en son centre.
– Les salauds, ils ont enlevé la bonde géante, dit Saint-Lazare.
Quant à moi, je sais que je suis plus que jamais dans la mouise : j’ai déjà rencontré ce genre de typer, et récemment, en plus. Je sais d’où ils viennent et aux ordres de qui ils sont. Et justement, une silhouette menue apparaît derrière eux, avec des palmes et un tuba. Elle se débarrasse de son équipement et dit d’une voix aussi sèche que son cœur :
– Bon, il est où ce petit-fils maudit, que je le torture et l’écorche vif ?
Mémé Nomis. Encore une qui ne m’avait pas manqué.
– ÇA VA S’ARRÊTER UN JOUR, CES ÂNERIES ? que je crie de désespoir.
– Monsieur Saint-Lazare, fait une voix dans l’interphone, un vaisseau est en approche de la planète.
– Détruisez-le, on a assez à faire ici comme ça.
– C’est que… C’est l’Executor de lord Vador. On peut toujours l’attaquer, mais vu son vaisseau et vu la puissance de nos lasers, autant sortir les lance-pierres, on serait tout aussi efficaces.
– NON, ÇA NE VA DÉCIDÉMENT PAS S’ARRÊTER ! que je crie à nouveau.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 9:14

Y'a encore du boulot pour rattraper le retard ^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 9:23

Pas du tout, plus que 7 chapitres et c'est fini !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 13:04

Ah ! Donc dans 7 jours ? ^^ (rêvons :p)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 23:05

Ouaip, comme la fin de l'apprenti Sith (rêvons aussi^^)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 23:46

Héhé, qui sait ! (si je ne me bloquais pas toutes les 2 lignes de dialogue aussi, ça aiderait :p)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 23 Sep - 14:36

Encore 7 chapitres, donc ? ^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 11:01

Ouais... J'en mettrai un peu ce soir. Le soir c'est mieux pour poster, le matin c'est mieux pour réfléchir et créer... y'a pas la fatigue de la journée !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 11:58

Ahah :)

On va voir ce soir alors ^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 12:00

tongue

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 23:13

Allez, hop hop hop, voici trois chapitres de plus :

XCIII



– Cette fois, le moment est venu, tchip, murmure Saint-Lazare, sur un ton tellement solennel que je sens que ça y est, son génie sait déjà comment riposter, et que ça va être quelque chose comme son attaque ultime, du genre à mettre tout le monde d’accord, du genre à mettre l’univers à genoux.
Les yeux brillants d’excitation, j’attends la suite. Qui ne vient pas. Saint-Lazare reste là, immobile, alors je l’encourage :
– Le moment pour… ?
Il me regarde enfin et me dit :
– Pour fuir.
– Fuir ? Mais enfin, je croyais que vous étiez un génie, plus fort que tout le monde, tout ça ?
– Oui mais là c’est quand même Vador, qu’il rétorque. Vous en connaissez beaucoup, vous, des types qui lui ont tenu tête et qui sont encore là pour en parler ?
– Non, vous avez raison : lui tenir tête, c’est la perdre. Par où on fuit ?
– On va prendre un de mes vaisseaux sur les pistes devant la forteresse, tchip.
Là, on entend une série d’explosions et le sol tremble un peu. Saint-Lazare appuie sur des boutons et une vue des pistes en question apparaît sur un écran. Ou plutôt ce qu’il en reste : tous les vaisseaux sont éventrés, brûlent ou ne sont plus qu’amas et débris qui feraient la joie de Jawas.
La voix dans l’intercom reprend :
– M’sieur Saint-Lazare, une communication pour vous de la part de l’Executor.
– Je prends, qu’il répond, vert de gris de rage. ALLEZ TOUS VOUS FAIRE ENTCHIPER ! Même toi, Vador, infâme suppôt du mal ! Sale aspirateur détraqué ! Espèce de…
– Vous avez terminé ? rétorque une voix glaciale.
Glaciale de chez glaciale, genre à faire geler la banquise, alors qu’elle l’est déjà, c’est vous dire comme elle est glaciale. Une voix qui n’a rien à voir avec celle, profonde, de Dark Vador. Mais qui a plutôt tout à voir avec celle de l’homme le plus puissant de cette galaxie, que dis-je de cet univers, à savoir son Impériale Présence elle-même. Palpatine.
L’excitation de Saint-Lazare tombe d’un coup. Un peu hagard, il croise mon regard compatissant. Bah oui. Je ne vois pas ce qui peut le sauver après avoir proféré de telles paroles.
Je me penche vers le micro :
– Euh… en ce qui me concerne, je tiens à insister vigoureusement sur le fait que je me désolidarise complètement des affirmations de mon illustre… euh… collègue.
– Seriez-vous Nomis ? demande l’Empereur.
– Oui, votre altesse, que je réponds en bombant le torse.
Bah oui, je suis quand même vachement fier de voir que l’Empereur lui-même n’a pas oublié qui je suis, moi qui l’ai interviewé pour ses vingt ans de règne. Y’a pas à dire, j’ai encore la preuve irréfutable que mon talent laisse des souvenirs impérissables aux gens qui ont été confrontés, fussent-ils empereurs !
– C’est pour vous que je suis venu, maudit traître. Vous êtes une menace pour l’économie de l’Empire, il est temps de vous mettre hors d’état de nuire. D’une manière définitive. Mais très lentement.
C’est bizarre. J’ai avalé des millions de trucs depuis ma naissance, peut-être des milliards de bouchées de nourriture mais là, étrangement et alors que je sais le faire, je n’arrive pas à déglutir.
Je coupe la communication et dis à Sant-Lazare :
– Je bluffais, bien sûr, je suis de tout cœur avec vous. On fuit par où ?
– Par la porte, pardi, tchip !
On se jette dessus, mais au moment où l’homme-poulet tend la main pour l’ouvrir, quelqu’un donne de grands coups dessus de l’autre côté.
– Hoy ! Hoy ! On dirait que c’est verrouillé !
Aïe. Hoyddings. Ce qui veut sûrement dire que…
– Je suis sûre que cet enflé de Nomis est derrière.
Zavid.
– Retenez-nous, moi et mes hormones, histoire que je ne le tue pas avant qu’il ait signé le papelard pour la pension alimentaire.
Sylmort.
– Enfin nous allons mettre la main sur ce vil maraud !
Covelian. Le jour où il parlera comme tout le monde, celui-là…
– Moi je pense plutôt qu’il faut l’aider à se réinsérer dans la société, faire en sorte qu’il ait un travail, de préférence bien payé…
Je crois reconnaître la voix du Mandalorien de la banque. Finalement, il a l’air sympa.
– … comme ça, la saisie mensuelle de 100% de son salaire rapportera plus à la banque.
J’ai rien dit.
– Il existe une autre sortie ? que je demande à Saint-Lazare.
– Bien sûr, tchip !
Pendant qu’on s’y rend tous les deux et que des coups puis des tirs de blaster s’abattent sur la porte derrière nous, une grande question me vient en tête :
– Au fait, maintenant que tous les vaisseaux ont été détruits dehors, on va faire comment pour fuir la planète ?
– J’en ai un prêt à décoller dans un étage secret dont la sortie est invisible, cachée derrière une projection holographique, tchip !
Ouf, me voilà quelque peu rassuré. Saint-Lazare a décidément pensé à tout, même à la défaite. Ce qui quelque part est inquiétant : s’il est si génial que ça, comment peut-il se retrouver en position de défaite ?
On arrive à la deuxième porte, Saint-Lazare zieute les caméras de surveillance au cas où mais ouf, la voie est libre !
Il ouvre, on se met à courir. Je me sens léger, je sais que rien ne pourra m’arrêter, car je cours pour sauver ma vie ! Ce sentiment de défier l’univers, d’être une sorte de Survivant Ultime, me donne des ailes. Encore et toujours, je m’en sortirai !
Je regrette juste de ne pas avoir de chronométreur officiel car je suis sûr que je suis en train de battre tous les records.
Le temps que toutes ces pensées positives traversent mon brillant cerveau, genre en à peine deux secondes, la réalité me rattrape, implacable.

Un point de côté. Un de plus.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 23:13

XCIV


C’est quand même dommage. Depuis le temps que je suis en fuite, depuis le temps que j’ai dû commencer à courir pour échapper aux multiples dangers que me menacent, je pensais pourtant avoir développé un physique d’athlète.
Tant pis.

Je manque de percuter Saint-Lazare quand celui-ci s’arrête brusquement en disant :
– Tchipminus, tout le monde descend, on y est !
J’essuie ma transpiration, quand même étonné de voir que ça a l’air de plus couler que quand je me trouve sous une violente averse, ou que je prends une douche, et je tente laborieusement, pour ne pas dire en vain, de reprendre mon souffle.
Je m’aperçois qu’on est au bout d’un couloir, face à une baie vitrée. Derrière, rien d’autre qu’un stupide paysage lointain, vu que nous sommes dans les niveaux supérieurs de la forteresse.
– On… est… où ? que je demande, m’attendant à un énième tour de passe-passe de génie de la part de Saint-Lazare.
– C’est par ici qu’on accède à mon hangar à vaisseau personnel.
– Mais… y’a rien derrière la baie.
– Oui, tchip ! s’exclame-t-il en battant des ailes, tout émoustillé.
Il sort une clé de ses plumes et ouvre la baie vitrée. Brrrrr, fait pas chaud à cette altitude.
Il enjambe le parapet et me dit :
– En fait, il n’y a aucun accès direct au hangar. Aucun couloir, aucune porte n’y mène. Le hangar est masqué par une image holographique d’un pan de mur de la forteresse, à l’étage en dessous. Malin, hein ?
– Oui, mais s’il n’y a pas d’accès, comment on y accède, justement ?
– C’est là qu’entre en jeu mon génial génie. Pour atteindre le hangar, tchip, il faut voler, me répond-il, tout joyeux et en déployant ses ailes.
– Les poules ne volent pas, que je lui fais remarquer.
– Certes, mais l’Homo Volatilus Saint-Lazarius, à savoir moi-même, en est capable !
Décidément, ce type est incroyablement épatant ! Il a réponse à tout ! Ce qui tombe bien car j’ai une autre question pour lui :
– Et moi, je fais comment ?
– …
– Ah, je sais ! Vous me portez dans les airs jusque-là ! C’est ça, j’ai bon ?
– Et bien… pas tout à fait, non. En fait, quand je me suis auto-opéré en Homo Volatilus Saint-Lazarius, je n’avais pas prévu l’option « porter des charges lourdes » : après tout, il y a des esclaves, des serviteurs et des droïdes pour s’acquitter de ce genre de tâche ingrate. Du coup, je doute fort être assez fort pour vous soulever du sol. En plus, j’avoue avoir mal au dos : je suis sous morphine, je vous raconte même pas, tchip ! Et puis j’ai oublié ma ceinture dorsale.
– Mais… et du coup, comment je fais ?
– Et bien du coup, c’est l’heure des adieux déchirants entre nous, mon cher ami, tchip, dit-il en s’envolant par la baie.
Je reste scotché, comme un con que je ne serai pourtant jamais parce que je suis moi, quand même.
Saint-Lazare amorce une courbe gracieuse, revient vers moi et me dit :
– Sachez que vous occuperez toujours une place à part dans mon cœur, mon ami, tchip. Je chérirai à jamais votre mémoire.
Et là il s’envole vers l’étage en-dessous.

C’est vachement émouvant, ce qu’il m’a dit, quand même. Et je suis à peu près certain d’avoir vu des larmes perler au coin de ses yeux avant qu’il ne les détourne (les yeux, pas les larmes. Enfin si, les deux, mais… bon, je me comprends, et ça c’est déjà pas mal).

Quand je repense à ma situation, par contre, je trouve que c’est dommage. jusqu’au bout, j’ai espéré qu’il y aurait toujours une solution pour que je m’en sorte mais là, je crains que ce ne soit la fin pour moi.
Hum…
Et puis non, pas question ! que je me corrige. Pas d’auto-apitoiement, parce que je suis moi, que je le vaux bien et que je m’en sors toujours, qu’on se le dise ! Toujours !
Alors je prends mon courage à deux mains et j’enjambe le parapet de la baie. Je ne peux peut-être pas voler, par contre je devrais pouvoir tenter d’escalader la façade jusqu’à l’étage en dessous, où se trouve le fameux hangar de Saint-Lazare. Après tout, ce type de varappe est aisé : la preuve, c’est aussi facile que de marcher, pour ne pas dire de respirer, dans tous les holo-films ou holo-feuilletons dans lesquels les héros se retrouvent dans cette position. Je ne vois donc vraiment pas pourquoi je ne réussirai pas !
Me voilà à l’extérieur, bien agrippé, et je m’aperçois que je n’ai même pas peur. Je m’épate moi-même. Bon, il n’y a plus qu’à trouver des prises et descendre tranquillement.

Je regarde vers le bas histoire de repérer des endroits où poser les pieds… et je ne vois qu’un vide béant, qui semble m’appeler et dans lequel j’ai déjà l’impression de m’enfoncer, de me perdre.
Me voilà tétanisé. Et en plus j’ai vachement mal aux mains, bizarre. Je les regarde et m’aperçois qu’elles sont blanches de chez blanches, tellement accrochées au chambranle de la baie que je ne suis même pas certain d’être capable de les enlever de là. On dirait presque qu’il y a eu fusion.

Simultanément, j’ai super mal aux bras et aux jambes, faut dire qu’ils tremblent tellement que j’ai d’abord le sentiment qu’il y a un tremblement de terre, mais finalement, non : c’est juste moi. J’ai aussi l’impression d’être à sept mille mètres de hauteur (au moins), parce que l’air n’a plus l’air (ah ! ah ! ah !) de vouloir se promener dans mes poumons. C’est peut-être lié à mon cœur, qui semble monopoliser toute son énergie à cogner comme un sourd. Pire, comme deux sourds.
J’essaie de reprendre le contrôle, exhortant mon corps à bouger afin de rejoindre Saint-Lazare. Malheureusement, rien n’y fait, au contraire : c’est comme s’il y avait quelqu’un d’autre dans mon corps, en ce deuxième type essaye d’imposer une seule et unique pensée, qui tourne en boucle dans ma tête : retourne dans le couloir ! Retourne dans le couloir ! Retourne dans le couloir !
Je jette un dernier coup d’œil vers le bas, triste comme jamais car j’ai compris que je ne parviendrai pas à l’étage secret en dessous. J’entends le bruit caractéristique d’un moteur de vaisseau qui se met en route. Sans nul doute Saint-Lazare, prêt à décoller. Sans moi. Snif.
Mon estomac se met à son tour à se rebeller. Je n’arrive pas à me retenir : je régurgite tout ce que j’ai avalé avec Saint-Lazare, boissons comme pop-corn, et j’ai l’impression que ça ne s’arrêtera jamais tellement il semble y en avoir !

Le vaisseau de Saint-Lazare sort du bâtiment holographique à ce moment, et je vois le fruit de mes régurgitations s’écraser sur le pare-brise de son cockpit élancé. Aïe, ça c’est tellement bien explosé dessus que ça recouvre tout l’avant. J’espère que Saint-Lazare sait naviguer avec les instruments parce que là, à vue, ça va être plus que chaud.

Il dévisse violemment, fait une embardée et explose quand il s’écrase à un étage inférieur.
Oups.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 23:14

XCV



De retour à l’abri dans le couloir, je me laisse tomber à terre, épuisé. J’ai une pensée pour ce pauvre Saint-Lazare, victime d’un destin cruel. C’est vraiment dommage, la galaxie a perdu un génie.
J’éprouve un immense sentiment de perte, et je sais pertinemment que le jour (très lointain, n’en doutons pas) où je mourrai à mon tour, l’univers entier portera le deuil. Sera-t-il même capable de s’en remettre ? Je l’espère pour lui, mais j’ai un sacré doute quand même. Un univers sans Cirederf Nomis, c’est comme un cocktail sans alcool : il y manque LE truc essentiel. Ne reste qu’une fadeur sans nom.

J’entends des bruits, quelque part dans la forteresse. Ce que c’est, aucune idée. D’où ça vient, je ne sais pas non plus. Mais ça me rappelle dans quelle situation plus que jamais précaire je suis.
Je me relève, constate avec plaisir que mon corps va beaucoup mieux. Mes capacités physiques sont à l’avenant de mon esprit brillant, faut croire.
Et maintenant, je fais quoi ? Comment survivre à tous ceux qui me cherchent ? Les Zavid, Hoyddings, Covelian, Zavid, Kiki, le Mandalorien ? Sans parler de Vador et de l’Empereur, qui semblent avoir décidé de se mêler à la fête ?
Il va falloir le dieu des miracles pour que je m’en sorte, je le crains. Parce que là maintenant tout de suite, je n’ai aucune idée. Mon cerveau est aussi vide que celui du colonel Covelian, c’est pour dire.
Bon, une chose est sûre : rester là ne fait pas avancer mes affaires. Peut-être que si je me planque dans un placard, personne ne me trouvera ? Hum… un peu trop aléatoire à mon goût.
Réfléchis, Cirederf, réfléchis ! Un cerveau supérieur comme le tien va forcément trouver une, que dis-je, LA solution !
Rien.
Covelian, sors de ma tête !

Le stress commence à monter en moi, alors que je commence à marcher dans le couloir. Je ne peux m’empêcher d’imaginer tous ceux qui sont à mes trousses se rapprocher de moi, peu à peu, la bave aux lèvres, les doigts crispés sur la détente de leurs blasters, tous plus impatients les uns que les autres pour me mettre en charpie.
Je m’arrête à un carrefour en T. Les deux côtés du couloir sont vides, une porte fermée à chaque bout. Alors, gauche ou droite ? Droite ou gauche ? Je cherche une pièce pour tirer au sort, mais n’en trouve pas. Quand ça veut pas, ça veut pas.
J’entends du bruit sur la gauche, et le temps que je tourne la tête dans cette direction, je vois un sabre-laser rouge qui en sort, avant de dessiner un grand cercle dedans.
Une voix dit :
– Monseigneur Vador, il aurait été plus simple d’appuyer sur le bouton d’ouverture sur la console de commandes.
– Peu importe, rétorque la voix métallique la plus crainte de toute la galaxie. Et c’est un excellent échauffement en vue de la décapitation de Nomis.
– Certes, mais s’il y a un court-circuit, il se pourrait que…
Des éclairs apparaissent, une explosion retentit. La porte s’ouvre en cahotant. Surpris, Vador lâche son sabre-laser toujours fiché dans la porte. Celle-ci s’escamote dans un mur, mais pas le sabre-laser, dont le manche est trop large pour s’escamoter lui aussi. Il se plie avant de se casser. Deux trois petits éclairs bleus en sortent, la lame s’éteint, et les morceaux tombent à terre, aux pieds de Vador.

Et là j’éclate de rire.

C’est pas ma faute, je le jure. C’est juste qu’en le voyant contempler les restes de son arme, je n’ai pas pu m’empêcher de le trouver ridicule et d’imaginer une tête dépitée sous son casque.
Et non seulement j’éclate de rire, mais en plus je n’arrive plus à m’arrêter, c’est nerveux. Pourtant, j’essaie de toutes mes forces, promis !

Vador relève lentement la tête et plante ses yeux que je ne vois pourtant pas dans les miens. Mon rire cesse enfin. Ne reste plus qu’un large sourire sur mes lèvres.
– Je vous avais prévenu de faire attention au court-circuit, seigneur Vador, reprend le soldat qui l’avait mis en garde.
– Fais attention à ce court-circuit-là dans ta gorge, répond Vador en le regardant, poing levé et serré devant lui.
Je vois le soldat devenir blanc, puis rouge, cherchant désespérément à avaler une goulée d’air. Vainement. Il s’écroule, raide mort.
Ça y est, cette fois mon sourire est aussi mort que le soldat.

Vador reporte son attention vers moi…

Il lève le poing…

Je tourne aussi sec les talons et me mets à courir comme jamais, tout en n’oubliant pas de faire diversion car toute seconde d’avance est bonne à prendre. Donc je lui lance :
– Votre lacet est défait, seigneur Vador !

Pendant que j’ouvre la porte d’en face et que je m’engouffre dans un nouveau couloir, tout en m’étonnant de ne pas entendre Vador et ses hommes me poursuivre, j’entends la voix d’un soldat dire :
– Si je peux me permettre, seigneur Vador, je vous rappelle que vous portez des bottes.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 23:34

Oh purée, un miracle !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 24 Sep - 23:58

Ouais, hein ?

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 25 Sep - 9:46

Hop hop hop !

Deux autres chapitres aujourd'hui, et fin demain^^


XCVI



Les tirs de blaster s’écrasent tout autour de moi, me frôlent, font exploser le sol du couloir devant comme derrière moi. C’est un miracle que je ne sois pas touché, mais je sais en même temps que tout est fini pour moi. Ma chance va tourner, c’est inéluctable…
Le citoyen respectable que je suis et qui paye des impôts trouve assez scandaleux de voir la formation au tir des Stormtroopers être aussi bâclée. D’un autre côté, vu que j’en bénéficie, je ne compte pas m’en plaindre par les voies officielles ni me fendre d’un article ravageur sur l’incompétence de l’armée.

Alors c’est ainsi que tout va se terminer ? En courant, cette activité physique si indigne d’un cerveau supérieur comme le mien, comme toute autre activité physique, d’ailleurs. Je suis un cérébral, moi, que dis-je, un super cérébral ! J’aurais mérité de mourir… je sais pas, moi, dans mon sommeil, dans environ cent cinquante ans. Après avoir reçu les plus grands pris journalistiques existants, bien sûr, sans parler de tous ceux qui auraient été inventés juste pour moi. J’ai ainsi une pensée nostalgique en songeant au futur Super Grand Prix Cirederf Nomis, l’équivalent journalistique d’un Prix Nebol et qui laissera cents coudées derrière lui le Prix Putzerlit !
Snif… Je ne connaîtrai pas tout ça.

Je franchis un coude. Ouf, ça me fait un peu de répit au niveau des tirs. Devant moi, une nouvelle porte, et d’autres le long du couloir. Je ne sais même pas où je vais. Mais j’y vais. Au plus simple. Tout droit.
L’une des portes à gauche s’ouvre juste avant que j’avance à son niveau. Je jette un œil sans m’arrêter… et accélère, si c’est encore possible.
– Hoy ! Hoy ! On l’a retrouvé ! que j’entends dans mon dos.
Car oui, Hoyddings et sa clique sont désormais eux aussi sur mes talons.
Les tirs reprennent derrière moi, et je me crispe en entendant un impact de blaster, pensant être touché, m’imaginant déjà à terre, baignant dans mon sang en attendant la mort...
Bizarre, ça ne fait pas mal.
Dans mon dos, j’entends :
– Hoy ! Hoy ! Ne tirez pas, stupides Stormtroopers, nous sommes du BSI !
– Ah, zut ! répond l’un des soldats. Pour une fois que j’arrive à toucher, il a fallu que ce soit quelqu’un de votre groupe !
– C’est pas grave, hoy ! C’était juste le Mandalorien au service de la banque.
Je n’entends pas la suite, trop occupé à m’éloigner tant que je le peux encore.

Une nouvelle porte s’ouvre, cette fois-ci sur la droite. Comme tout à l’heure, je jette un œil et comme tout à l’heure, j’accélère comme jamais je ne me serais cru capable de le faire. Bah oui : quand la silhouette de l’Empereur lui-même se dessine, il vaut mieux courir.
C’est promis : si je survis, je monte une marque de chaussures de course dont le slogan sera « Mieux vaut courir que mourir ! ». Encore un projet dont je ne verrai jamais l’aboutissement, snif.

Au moins, j’entends de nouveaux éclats de voix derrière moi, et je présume que tout ce beau monde présente ses respects à l’Empereur, par politesse et surtout par peur de ne pas respecter sa préséance sur ma mort.
Encore une fois, j’en profite pour prendre un peu d’avance. Même si je sais qu’en fin de compte, mes efforts seront vains. Nul n’échappe à son funeste destin. Même Cirederf Nomis.

Nouveau chuintement de porte qui s’ouvre, cette fois face à moi.
– Te voilà enfin, maudit rejeton de l’enfer !
Mémé. Avec ses éphèbes derrière elle, armés jusqu’aux dents.
Je regarde derrière moi : ils sont tous là. L’Empereur, Vador, leurs stormtroopers, Hoyddings, Zavid, Kiki, Covelian, Sylmort. Même le Mandalorien boitille à leur suite. Et devant moi, mémé et sa clique.
Mon dernier espoir est de prendre l’une des portes latérales le long du couloir. Bien entendu, dans cette section, il n’y en a pas.

Je tente le tout pour le temps. Je continue de foncer droit devant, sur le groupe de mémé. J’espère les surprendre par une manœuvre aussi hardie, jouer des coudes, sauter parmi eux, et ainsi les dépasser et continuer à fuir ! Oui, j’y crois à mort !
Mettant mon plan hardi à exécution, j’arrive sur le groupe sans que personne ne réagisse, trop surpris par ma géniale idée ! Je pousse mémé du coude quand j’arrive à son niveau. Aïe ! L’os de son épaule est vachement saillant. Sauf que mon pied se prend sa jambe de plein fouet et que je me vautre par terre, mémé dans mes bras, tandis que notre chute en provoque d’autres parmi ses hommes.

C’est fini pour moi ! que je me dis en me retournant sur le dos. Car désormais, au-dessus de ma tête, tous mes poursuivants me contemplent, l’Empereur en avant.

Adieu l’univers, adieu la vie !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 25 Sep - 9:47

XCVII



Coincée sous mon bras gauche et ma jambe droite, mémé grogne. J’empoigne solidement ses bras, la dégage de son inconfortable position et la présente à l’Empereur en disant :
– C’est votre femme, mémé Nomis, que vous avez cherché partout ! C’est moi qui l’ai capturée ! Rien que pour vous, sire !

C’est fou comme parfois, l’instinct de survie prend le pas sur toute réflexion consciente. À moins que dans mon cas, l'instinct de survie soit mon intelligence, tellement développée qu’elle agit avant même que j’ai eu le temps d’en prendre conscience.

L’Empereur me toise, glacial. Tout le monde se tait religieusement derrière lui, attendant sa sentence. N’était la respiration sifflante de Dark Vador, je suis à peu près certain qu’on entendrait voler une mouche. Sans doute même deux.
Il continue de me toiser. Mémé bougonne dans sa barbe mais ne se débat pas. Et moi j’aimerais bien qu’il se passe quelque chose parce que tenir mémé comme je le fais me tire sur les bras, c’est mortel. Manquerait plus que j’ai une tendinite !
Quand l’Empereur ouvre enfin la bouche, je suis résigné à entendre une sentence de mort en sortir.
– Nomis… Vous êtes au courant de la prime qui court sur la tête de votre grand-mère ?
– Euh… oui. Quelque chose comme un milliard de crédits, il me semble.
– Savez-vous qui a émis cet avis de recherche, ainsi que la prime qui va avec ?
– Vous-même, votre altesse ?
– Exact. Au nom de l’Empire. Vous savez ce que ça implique, Nomis, misérable limace ?
– N… non, que je réponds en déglutissant nerveusement.
Vu le ton qu’il prend, je le sens mal…
– Ça implique que l’Empire vous doit un milliard.
– C’est… une bonne nouvelle pour moi, que j’avance prudemment, du bout des lèvres.
– Et c’est la chute de l’Empire, ajoute-t-il.
– Je ne comprends pas, votre munificente grandeur.
– Le découvert abyssal sur votre compte en banque a plongé tout le secteur bancaire galactique dans le rouge. L’Empire a dû renflouer leurs fonds propres afin d’assurer leurs capacités de réinvestissement.
– Aïe, je… je compatis.
– Ce qui fait que désormais, ce sont les finances même de l’Empire qui sont au bord du gouffre.
– Ah ? Je ne pensais que la situation était aussi dramatique.
– Si l’Empire doit vous donner le milliard auquel vous avez légalement droit, c’est tout bonnement la fin de l’Empire. Mais si vous renonciez à cette somme…
– Ah non, pas question, j’en ai vachement besoin, là !
Ce n’est qu’après cette diatribe que je me rends compte que j’ai coupé la parole à l’homme le plus puissant de l’univers.
– Euh… Je voulais dire que je suis tout ouïe, votre splendeur euh… resplendissante.
– Si vous renonciez à cette somme, ce milliard bloqué sur compte spécial pourrait être utilisé par l’Empire pour soutenir le secteur bancaire, et sortir de la crise.
– Vous êtes en train de me dire que le sort, le destin de l’Empire reposent sur moi ? que je demande, incrédule.
– Oui.
La réponse est sèche, définitive, et prononcée en grinçant des dents.
À ce moment, je me rends compte que les possibilités qui me sont offertes sont illimitées. Le maître de l’univers, c’est moi ! Je fais couler l’Empire si je veux !
Mouhahahahaha ! Enfoncé, le Palpy ! Remarquez, avec sa cape miteuse et sa canne de petit vieux, il pourra se reconvertir en mendiant faisant la manche sans avoir besoin de changer son look ! Ah ! Ah ! Ah !
Je reviens sur terre quand il me dit :
– Alors, Nomis, quelle est votre décision ? Vous gardez le milliard ou vous l’offrez à l’Empire ?
Toujours grisé par ma position unique dans les annales de l’Empire, je me demande si je ne vais pas le chambrer un peu, voire le faire marcher. Mais alors que j’ouvre la bouche pour lui balancer une vanne, je vois des petits éclairs bleus crépiter au bout de ses doigts, et ses yeux virer au jaune.
C’est peut-être pas le moment de me moquer de lui, en fait. Ni aujourd’hui ni jamais, à vrai dire. N’empêche que je n’en reviens toujours pas de cette situation, et je m’en ouvre à l’Empereur.
Je ne comprends pas comment il est possible qu’un simple milliard fasse ainsi pencher la balance, alors que le budget de l’Empire est de dizaines de milliers de milliards.
À ma grande surprise, Palpatine se dandine d’un pied sur l’autre en regardant le sol, comme s’il se sentait coupable de quelque chose.
– Sire ? que j’ose ajouter, interloqué par sa drôle d’attitude.
Il s’arrête, comme s’il avait enfin pris une décision, s’approche lentement de moi, qui m’attends au pire. Il se penche sur mon oreille. Je me crispe, craignant qu’il ne l’arrache avec les dents. Mais il se contente de me chuchoter :
– L’Empire a des problèmes financiers depuis quelques mois. Nos traders gungans ont perdu la moitié de nos avoirs sur les marchés boursiers. Les destructions opérées par la Rébellion nous coûtent une fortune. Et le pire…
– Le pire ?
– Ahem… Ceci est secret-défense, Nomis. Donc gardez-le pour vous.
– Bien sûr, votre altesse, je suis votre humble et obéissant serviteur.
– Je développe une nouvelle arme de destruction massive et elle a englouti plus que la somme de nos avoirs.
– Ah ouais ? Quel type d’arme ? que je m’exclame.
– Moins fort, imbécile ! Une nouvelle Étoile de la Mort.
Je me mets à rire et lui réponds :
– Sans déconner ? Le fiasco de la première ne vous a pas suffi, vous remettez ça ? Non mais sans blague, je…
Oups. Là, ses yeux sont très très jaunes, et les éclairs bleus crépitent désormais tout le long de ses bras.
– Elle est beaucoup plus grosse et dangereuse que la première, et donc beaucoup plus chère aussi. Pour la concevoir, on a tout investi, Nomis, tout et même plus ! La prochaine levée d’impôts arrive dans les caisses de l’État la semaine prochaine, or nous n’avons plus rien ! S’il faut en plus vous donner un milliard, nous ne tiendrons pas jusque-là ! Nous aurons des émeutes, des rébellions spontanées partout ! Ce sera l’anarchie ! Avec des centaines de millions de morts ! Vous tenez vraiment à avoir ça sur la conscience, Cirederf, mon ami ?
Son discours enflammé, à la limite du désespoir, me fait monter les larmes aux yeux. Le pauvre homme ! Si près de tout perdre, après ses deux décennies d’efforts sans relâche pour bâtir le plus grand Empire que l’univers ait jamais connu. Si j’avais cinq crédits en poche, je lui en ferai don tellement il me fait pitié.

Quoiqu’il en soit, mon sens aigu des responsabilités, qui n’est plus à démontrer, et mon bon cœur habituel me poussent à l’aider. Donner une piécette à un pauvre n’a jamais servi à rien, sauf à enrichir le vendeur du mauvais pinard qu’il achètera avec ces sous, mais donner un milliard à un homme aussi respectable que l’Empereur a du sens. Plus que jamais, le sort de la galaxie dépend de cet illustre homme éclairé.
Et de moi, que je me redis avec fierté. Depuis le début, j’avais raison : je suis un homme très important, pour ne pas dire essentiel. J’ai toujours pensé qu’il y aurait un avant et un après Cirederf. Et là, on est en plein dedans.

Je m’éclaircis la gorge, prends mon meilleur ton de grand seigneur magnanime, et dis :
– Abandonner un milliard pour vous rendre service, votre altesse ? Mais bien sûr, aucun problème ! J’accepte sans la moindre hésitation.
Et au moment même où j’ai fini de prononcer mon discours de frimeur, je me dis : mais quel abruti je suis ! QUEL ABRUTI ! UN MILLIARD !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 25 Sep - 10:21

La fin pour 2017 ! Mais où va le monde :)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 25 Sep - 14:35

Tout fout le camp, ma pov' dame.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 26 Sep - 9:10

Allez, suite et fin avec les deux derniers chapitres !


XCVIII



Palpatine, le soulagement inscrit sur son visage, lève une main et dit :
– Maître ?
Une bouffée de fierté m’envahit en le voyant m’appeler ainsi.
L’un des Stormtroopers sort du rang et le rejoint.
– Oui, sire ? dit-il.
– Enlevez-moi ce déguisement ridicule. Nomis, je vous présente maître Èsduvant, huissier de justice.
Ah zut, c’était finalement pas moi qu’il appelait maître. Dommage, je trouve que ça me va vachement bien.
– Enchanté, que je réponds quand même parce que je suis urbain. Votre altesse, vu que le cas de mémé est réglé, quelqu’un pourrait-il m’en débarrasser ? J’ai super mal aux bras.
– Ça m’étonne pas, me balance mémé, tu n’as toujours été qu’une petite nature, comme ton défunt grand-père mort en sautant en parachute.
– C’était pas papy, que je corrige, c’était ton cinquième mari. Son parachute ne risquait pas de s’ouvrir, son sac était vide. Et je te rappelle que tes mouchoirs étaient taillés dans la toile de son parachute disparu.
– Tut tut tut. Le tribunal m’a blanchi, il n’y avait aucune preuve directe !
– Il suffit, fait Palpatine, l’œil noir, enfin jaune, enfin je me comprends.
Sur un geste de sa part, deux autres Stormtroopers s’approchent et emmènent mémé.
– Pourquoi un huissier, au fait ? que je demande.
– Comme témoin assermenté de vos paroles, Nomis. Vous avez tout enregistré, maître Èsduvant ?
– Oui, sire. Monsieur Nomis a officiellement renoncé à percevoir la prime d’un milliard de crédits impériaux qui courait sur la tête de sa grand-mère, et vous a autorisé à en faire ce que bon vous semblait.
– Ouf, l’Empire est sauvé et la loi a été préservée, soupire Palpatine.
Les agents du BSI Zavid, Covelian, Hoyddings et Kiki (oui, j’inclus ce dernier, il est du même niveau intellectuel qu’eux à mes yeux) s’approchent, les yeux luisant de haine et de convoitise. Zavid se fait leur porte-parole :
– Avons-nous l’autorisation de le tuer, sire ? Nous en rêvons depuis longtemps.
– Je n’y vois pas d’objection, sourit l’Empereur, une lueur sournoise dans l’œil.
Ah l’enfoiré ! C’est ça, la reconnaissance des puissants ? Ah, mais pas question de tomber tout seul ! Alors je les balance tous !
– Vous ne pouvez pas leur faire confiance, votre altesse ! Zavid a couché avec Covelian pour gagner du galon, ce qui est contre tous les règlements ! Quant à Hoyddings, il a été assez incompétent pour perdre tous ses hommes depuis qu’il est arrivé ici !
– C’est vrai, ça ? demande Palpatine en se tournant vers ses agents, l’œil jaune mais en fait noir, enfin je me comprends toujours.
– Hoy… non ! avance Hoyddings, hésitant. Nomis plaisante, bien sûr, tout comme nous nous plaisantons quand on dit qu’on veut sa peau. Hein, Nomis ?
– Mouais. Enfin, je crois. Vous en pensez quoi, Covelian et Zavid ?
Ils se regardent, me fusillent plusieurs fois du regard, se regardent à nouveau. Covelian fait :
– Oui, on est innocents. On n’a jamais fait des trucs ensemble, le lieutenant Zavid et moi. Et nous n’avons bien sûr pas l’intention de lever la moindre main, ni même un poil de doigt, sur… notre… ami… Nomis.
Waouw. Je suis sûr qu’il pourrait faire un long discours en grinçant des dents, comme il vient de le faire dans sa dernière phrase.
– Zavid ? que je demande, implacable et savourant ma revanche.
Elle grommelle un truc indistinct, puis se décide enfin :
– Nomis est notre ami, nous ne lui ferons jamais aucun mal. Même Kiki. Kiki, donne la papatte.
Elle me la donne, cette stupide bestiole, et je la touche très très très vite pour ne pas qu’il ait le temps de m’arracher la main.
Les agents du BSI, déçus, se retirent.

Aïe, voilà que le Mandalorien boitillant s’approche à son tour.
– Monsieur Nomis, l’heure de vérité est arrivée. Il va falloir rembourser votre découvert, sinon vous serez vendu comme esclave, voire pire.
J’essaie de réfléchir, ce qui n’est pas facile car pendant ce temps, mes amis du BSI ricanent, rient et se tapent dans le dos pour se féliciter. Les salauds, ils sont bien contents de cette vengeance par procuration !
J’ai une idée !
– Votre immentissime grandeur ?
– Oui, Nomis ? demande Palpatine, lèvres pincées.
Je sens qu’il ne va pas falloir abuser de sa patience. Il est de notoriété publique qu’il n’en a pas beaucoup, en plus…
– Que va-t-il arriver à mémé Nomis ?
– Elle sera exécutée pour haute trahison. C’est un problème, Nomis ?
– Non, au contraire, merci pour l’info ! Mon cher ami Mandalorien, vous avez entendu : mémé Nomis va mourir… donc je vais hériter de ses biens ! Elle possède une confédération de plein de planètes : si vous vous servez dans ce patrimoine, nul doute que mon découvert sera comblé !
– Vous voulez combler votre découvert non pas en crédits impériaux mais en planètes ? demande le Mandalorien, incrédule.
– Oui !
– Y’a pas à dire, ça pète, approuve-t-il. Vous êtes donc le seul et unique héritier de madame Nomis ?
Aïe. J’oubliais papa. En fait c’est lui qui va hériter de tout. Et vu qu’on se ressemble pas mal, je me doute qu’il ne me laissera pas un rond. En tout cas, c’est ce que je ferais à sa place. Et comme je viens de le dire, on se ressemble…
– Bientôt, oui. Puis-je emprunter votre communicateur ?
Il me le tend de bonne grâce, et je compose le numéro de papa, sous-secrétaire obscur du gouvernement impérial.
– Qui est à l’appareil ?
Ouf. Il est là, il a répondu. Je lui chuchote, pour que personne d’autre n’entende :
– C’est Cirederf. Tu sais, papa, j’ai toujours pensé que tu étais le dernier des abrutis : ta carrière politique est un raté monumental, sans parler de l’échec de ton mariage, et de la multitude de maîtresses qui t’ont largué malgré ta position. C’est dire comme tu es un gâchis ambulant ! En fait tu n’as jamais réussi qu’une chose de bien dans ta vie : toi-même. Pour le reste, ta médiocrité n’a d’égale que tes échecs répétés dans tous les domaines.
Je suis fier de moi : avec ça, si mon plan fonctionne, il va s’enfoncer dans la déprime voire en finir avec lui-même. Quand il se met m’insulter, je comprends que j’ai fait erreur. Peut-être même fatale, aïe : il risque de me déshériter.

Me faut une nouvelle idée, vite, une idée, pendant qu’il est toujours en train d’exploser au bout du fil. Une idée, une id… oh ! Je sais ! Je mets le communicateur dans mon dos et dis :
– Monseigneur Vador, pourriez-vous vous rapprocher, je vous prie ? Mon père, le sous-secrétaire, aimerait vous parler.
Il s’avance majestueusement, prend le communicateur que je lui tends et le porte à son oreille. Tout comme lui, j’entends ce qu’il en sort :
– … espèce d’enfoiré de merde, sale rejeton de l’enfer ! La prochaine fois qu’on se croise, je te botte le train jusqu’à te propulser sur la lune, petite saloperie ! Tu n’es qu’une petite raclure de…
– J’ai parfaitement compris, Nomis, répond Dark Vador de son inimitable voix.
Tellement inimitable que papa se tait aussitôt, ayant compris à qui il a à faire.
– Je pense que nous en avons entendu assez, que je dis en tendant la main. Vador me rend le communicateur. Ouf, papa a été trop interloqué pour avoir le temps de réagir et expliquer le quiproquo. J’éteins le combiné, et Vador me dit :
– Prévoyez un budget pour les funérailles de votre père, Nomis. Il ne survivra pas à mon retour sur Coruscant.
– OK, je vais faire ça, que je lui réponds, tout joyeux.
Mon plan a fonctionné à merveille ! Alors seulement, je me tourne vers le Mandalorien et lui dis :
– Comme vous avez pu l’entendre, je vais très bientôt hériter des biens de toute la famille. Et vu que mémé possède un Empire de plus d’une centaine de planètes, vous devriez pouvoir vous rembourser sans problème, non ?
Le Mandalorien siffle, impressionné.
– Plus d’une centaine ? Aucun problème, en effet. C’est un plaisir de faire des affaires avec vous, monsieur Nomis !
Un immense poids s’envole de ma poitrine. Je me sens quelque chose comme immortel ! J’ai survécu à tout, et même mes problèmes financiers sont en passe de ne plus être que des cauchemars laissés derrière moi. Mouhahahahaha !

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