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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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aj crime
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 16 Jan - 0:32

Je te fais confiance ! Wink
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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 23 Jan - 10:12

Les miracles existent-ils ? Vais-je rattraper mon retard de parution ici ? Vais-je conclure l'histoire pour le 31, comme je le voudrais ? Suspense insoutenable...

LXXXIX


Une fois encore, Saint-Lazare sautille en battant des ailes frénétiquement, en lançant des « Tchip ! » endiablés. J’ai du mal à partager son enthousiasme. Malgré moi, je reste tendu, craignant un nouvel accroc aux plans de l’homme-poulet.
Celui-ci semble ressentir mon état d’esprit car il se tourne vers moi et me dit :
– De quoi avez-vous peur, mon ami ? Rien ne peut les sauver, cette fois-ci.
– La trappe par laquelle ils sont tombés est toujours ouverte, que je lui réponds en montrant l’écran. N’y a-t-il pas un risque qu’ils fuient par là ?
Il éclate de rire et me regarde avec condescendance.
– Le plafond est à cinq mètres au-dessus du sol. Moi-même j’ai des ailes et je suis un génie, et malgré cela je ne peux pas voler. Comment de simples humains comme eux réussiraient là où j’échoue ?
Ses arguments me semblent pertinents, je l’avoue, mais j’ajoute quand même :
– Fermer la trappe permettrait d’éradiquer ce risque une bonne fois pour toutes, tout de même, non ?
– En effet, reconnaît Saint-Lazare du bout des lèvres. Mais…
– Mais ?
– J’ai appuyé sur le bouton de fermeture de la trappe et il ne répond pas.
– Ah. Du coup, rien à faire ?
– J’ai appelé le SAV technique de la forteresse, mais j’ai été mis en attente.
– Aïe. Si les SAV, de quelque sorte soient-ils, servaient vraiment à résoudre les problèmes, ça se saurait, non ?
– En effet. En l’occurrence, le temps moyen d’attente est de quarante-sept minutes.
Pendant ce temps, je vois que Zavid, Hoyddings, Covelian et les autres ont mis un plan au point. Quatre des agents subalternes se mettent à quatre pattes, puis trois autres leur montent dessus. Ils se tiennent tous les uns aux autres, du moins essayent-ils : à ce que je vois, on est plus dans le domaine du château de cartes alors que le vent se lève.
Zavid entreprend d’escalader la pyramide humaine. Je souris quand elle tombe. Vexée, elle donne un coup de pied à l’un des agents à quatre pattes. L’homme tombe à terre et emmène avec lui tous les autres.
– Vous voyez ? me fait Saint-Lazare. Monter une pyramide humaine n’est pas aisé : c’est un véritable art, et cela demande des milliers d’heures d’entraînement. Aucune chance qu’ils ressortent par la trappe.
Les murs continuent de se rapprocher. La pièce ne fait plus que deux mètres de long. En désespoir de cause, les agents du BSI tentent de pousser un mur. Mais rien n’y fait.
– Ils peuvent toujours rêver, ricane Saint-Lazare. J’ai testé cette salle avec feu Kong King et même lui n’a pas réussi à retenir les murs !
Je commence enfin à souffler. A priori, mes ennemis ne s’en sortiront pas. Plus qu’un mètre cinquante.
– Une coupe de champagne de Rince pour fêter notre victoire, Nomis ? me demande Saint-Lazare, bouteille dans une main et deux flûtes dans l’autre.
Si je devais avouer un de mes extrêmement rares défauts, je serais contraint de concéder une légère – très très légère, hein ! – superstition, du genre ne pas mettre la charrue avant d’avoir tué l’ours.
Il me vient à l’esprit que si je trinque avec Saint-Lazare avant que les événements soient allés à leur terme et en notre faveur, l’univers va aussitôt se venger de moi.
Ridicule ! me dis-je avant de prendre la coupe de champagne que me tend mon acolyte. Soyons rationnel : c’est gagné ! In ze pauquette, comme disent les Grands-Rbetons. Fines gueures in ze nauze, ajouteraient-ils.
J’ai le temps de n’en boire qu’une gorgée quand le rebondissement tant redouté se produit.
Il n’y a plus qu’un mètre de salle et les efforts des agents du BSI sont toujours aussi vains, les rapprochant infailliblement du grand schplorf final. Sauf que…
Une nouvelle silhouette tombe par la trappe, entourée d’une cape noire avec capuche enfoncée sur la tête. Elle se redresse, met les mains sur les hanches, regarde à droite, regarde à gauche, comme si elle se contentait d’évaluer la situation. Comme si elle n’était pas, à l’instar des autres, en danger mortel de schplorfitude.
Je suis impressionné malgré moi par un tel sang-froid. Le plus étonnant chez cette personne aux nerfs d’acier m’est révélé quand les pans de sa cape s’écartent et dévoilent un gros ventre, genre ventre super bien arrondi, typique des femmes qui ont avalé un ballon de foot. Ou qui sont enceintes.
La question suivante, logique et normale, qui me vient en tête, c’est « Qu’est-ce qu’une femme enceinte vient faire en ces lieux ? Pourquoi se précipiter ainsi dans un piège mortel ? ».
En tout cas, elle en impose tout de suite à l’équipe du BSI, à qui elle dit, calmement alors que la salle ne fait plus que cinquante centimètres :
– Poussez-vous, bande de nazes.
Personne ne moufte. Au contraire, ils s’écartent.
Elle contemple le mur avec une expression de défi, du moins c’est ainsi que j’interprète son menton en avant.
Elle pose les paumes des mains sur le mur et se met à pousser. Saint-Lazare pouffe de rire et un sourire naît sur mes lèvres aussi : cette stupide bonne femme enceinte pense-t-elle vraiment une seconde être capable de repousser le mur ? Ce serait plutôt un coup à provoquer une naissance anticipée !
D’abord, rien ne se passe quand elle appuie. Au contraire, le mur continue sa progression, jusqu’à toucher son ventre. À ce moment, elle inspire profondément, une veine se met à saillir sur sa tempe et elle pousse un hurlement qui me pète presque autant les tympans que du Barnerd Menit !
Sauf que contre toute attente logique et rationnelle, voilà que le mur s’arrête sous la poussée de la furie. Pire, il se met à reculer face à ses efforts.
Pour me donner une contenance, je tente d’avaler nonchalamment une gorgée de champagne de Rince. Sauf que ma main tremble tant sous l’effet du stress que j’en renverse la moitié sur moi avant que le verre n’atteigne ma bouche. Le champagne a un arrière-goût amer : le goût de l’échec cuisant.
Saint-Lazare, lui, a la bouteille dans le bec mais les yeux rivés sur l’écran. Je crois que sous le choc, il a oublié l’existence de la bouteille car le champagne coule peu à peu sur son menton recouvert de plumes. Et ce jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une goutte.
La walkyrie – oui, comment appeler autrement ce mélange de Wendor Wamon et de Xane la Guerrière ? – a repoussé le mur jusqu’à sa position initiale. On peut entendre que le grincement métallique qui allait de pair avec l’avancée du mur s’est mué en crissements que je jurerais être de peur et de panique, et qui s’accompagne d’une épaisse fumée noire. La poussée de la femme enceinte semble avoir eu des conséquences dévastatrices sur le mécanisme.
– Non mais oh, qu’elle grommelle une fois que le mur pousse comme un dernier soupir mécanique, accompagné de quelques étincelles, avant de cesser définitivement de bouger.
En moins d’une minute, elle fait subir le même sort à l’autre mur.

Alors que le monde entier semble figé autour de cette mystérieuse femme enceinte, une voix retentit dans le système de communications attenant à la console de Saint-Lazare :
– Bonjour, ici le SAV technique de la forteresse. Que puis-je faire pour votre service ?

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 23 Jan - 10:13

XC


– C’est prodigieux ! s’exclame le colonel Covelian. Comment avez-vous réussi un tel exploit ? Vous êtes un cyborg ? Un droïde à apparence humaine ?
– Rien de tout ça, répond la femme. Je suis enceinte.
– Ah ? Et ?
– Les hormones.
Tous les hommes du groupe reculent d’un pas sans s’en rendre compte. Je pense qu’ils se demandent combien de femmes ils ont mis enceintes lors de leurs virées entre mâles virils, combien ils en ont qui les attendent à chaque port spatial, et qu’ils imaginent quel sort ils pourraient subir entre leurs mains.
Une chose est sûre : ils font l’apprentissage de la peur. Ce n’est rien à côté de moi quand elle dévoile son visage. Car je la connais !
Oh oui, je connais ce visage ! C’est la femme que j’ai croisée au palais de Gaga le Hutt, celle qui m’a sauté dessus et avec qui j’ai connu des heures… euh… des minutes… bon, OK, des secondes de bonheur. Mais il faut dire à ma décharge (hum… je ne sais pas si le terme est bien choisi, en fait) qu’elle m’avait pris par surprise. Sinon, vous pensez bien que ma virilité – je ne comprends d’ailleurs pas que ce mot ne soit pas mon deuxième prénom, mais ceci est une autre histoire – lui aurait offert de très très très très longs moments de complicité et d’amour partagé.
Sylmort de Leonbinetos.
Elle se tourne vers l’une des caméras et, comme si elle me voyait, me crie :
– Nomis ! À cause de toi, je suis enceinte !
– Oh non, pas ça ! Moi qui suis dans la fleur de la trentaine, à deux mois de mes quarante ans ! Je suis trop jeune pour avoir des enfants !
– J’attends des triplés.
Aïe. De pire en pire. Triple peine !
– J’ai le papier de reconnaissance de paternité, et je te garantie que tu vas le signer, même si c’est moi qui le signe en faisant bouger le stylo dans des doigts gourds de cadavre !
Je suis au fond du trou.
– Et m’as chouravé cinquante crédits en partant, enfoiré. Avec les intérêts, tu m’en dois désormais cinq mille.
Ah bah non, j’y étais pas tout à fait.

– Ça suffit, maintenant ! hurle Saint-Lazare à mes côtés. Ce jeu ne m’amuse plus du tout. S’ils me cherchent, tous autant qu’ils sont, ils vont me trouver ! Ils méprisent mes pièges, dont ils se sortent tout le temps ? J’ai ai plusieurs qui sont mortels à 150%, et ils vont en subir un tout de suite !
Il appuie sur son éternel bouton rouge et une porte apparaît dans l’un des murs de la salle où sont enfermés les agents du BSI et Sylmort de Leonbinetos.
Ils se regardent, dubitatifs, et tiennent un conseil de guerre.
– Hoy ! C’est la sortie, allons-y !
– C’est sûrement un piège, tempère Zavid. Pas question de s’y précipiter.
– Nous sommes le BSI, nous n’avons peur de rien donc allons-y, dit Covelian en empoignant son gros flingue qui en dit long sur sa surcompensation en matière de sexualité. Aïe, je me suis retourné un ongle en chargeant mon arme, ajoute-t-il, ce qui en dit long sur sa bêtise, sorte de marque de fabrique chez lui.
Étrange qu’il n’en ait pas fait des T-shirts ou des mugs, d’ailleurs.
– Moi, je ne suis pas venue pour négocier ni me poser des questions, fait Sylmort de Leonbinetos en se dirigeant résolument vers la porte.
Elle s’arrête quand elle entend du bruit en émanant. Genre bruit de pas métalliques qui se rapprochent. Jusqu’à ce que la porte s’ouvre pour révéler la présence de droïdes de guerre, les célèbres Super Droïdes de Combat B2 de la Fédération du Commerce.
– J’en ai acquis quatre cents, me dit Saint-Lazare, sourire satisfait aux lèvres, et lampe à nouveau sous le menton pour lui faire une tête qui fait peur. Ça marche encore une fois, j’avoue.
Les agents du BSI se mettent en position de défense, ainsi que Sylmort, qui sort de sa ceinture un blaster pour chaque main. Comme les autres, elle se met à arroser les vagues de droïdes de combat qui avancent vaille que vaille, coûte que coûte, d’une manière inéluctable, en enjambant les corps de leurs camarades tombés sous les tirs des humains.
À les voir s’arc-bouter dans leur mission avec une détermination toute mécanique, l’issue de la bataille en cours ne laisse aucun doute : les agents du BSI vont se faire balayer, tuer, laseriser, écraser.
Enfin tout se termine ! Enfin je vais m’en sortir vivant ! Grand sourire plaqué sur les lèvres, je tends mon verre vide à Saint-Lazare, qui me sert vu qu’il a – au moins – une autre bouteille dans le frigo incorporé à sa console stratégique. Oui, décidément, cet homme-poulet mérite bien le qualificatif de génie pour avoir pensé à ce genre de détail.

On ne le répètera jamais assez, mais la routourne tourne très vite dans cette forteresse, ainsi que les rapports de force entre les différents protagonistes. Alors qu’il semble évident que les droïdes vont submerger les agents du BSI et mon ex, tout bascule une nouvelle fois.
Un type vêtu d’une armure et casque intégral, et muni d’un propulseur dorsal au dos (comment ça, pléonasme ?) atterrit par la trappe. Suivi d’un autre. Puis encore un. Et encore. Et… etc, en fait, ça ira plus vite comme ça.
Dès qu’ils atterrissent, ils arrosent les droïdes d’un feu nourri, et je m’aperçois avec stupéfaction que peu à peu, leur force de frappe prend l’ascendant sur les droïdes.
Allons bon, qu’est-ce que c’est que ça, encore ? Et ils sortent d’où, ces maudits Mandaloriens ?
La réponse tombe moins de dix minutes plus tard, quand les dizaines de mercenaires viennent à bout du dernier droïde.
Leur chef échange une poignée de main avec Covelian et lui annonce :
– Bonjour, nous sommes mandatés par le Crédit Mutuel de Coruscant, et surtout le banquier Tablazhar Sicpou pour mettre la main sur Nomis. Il doit répondre du grave crime d’avoir tellement laissé filer son découvert que c’est toute la stabilité du secteur financier du Noyau Galactique qui est en péril.
– Diantre, commente Covelian. C’est à ce point-là ?
– Oui. Le CMC est au bord de la faillite car n’a pas suffisamment de fonds propres pour remonter la pente, un audit interne vient de montrer l’ampleur du désastre. L’action du CMC a perdu 82,45% de sa valeur en bourse hier, et par ricochet tout le secteur bancaire a perdu la moitié de sa valeur. Toutes les bourses de la galaxie dévissent, et la récession menace.
– Je crois qu’il n’y a aucune limite à la turpitude dont Nomis est capable, acquiesce Covelian.
– Hoy ! Il sème les crimes comme le petit poucet les gouttes d’eau qui font déborder le lac, ajoute Hoyddings.
– Quel enfoiré, dit Zavid. Il faut que je m’assure que mon CODEVI va bien.
– Ce mec est fauché ? demande Sylmort de Leonbinetos. Zut, je comptais me faire entretenir par lui, avoir une maison, un chien, deux chats et une voiture familiale. Rien de tout cela n’arrivera jamais, du coup. C’est la fin de mes rêves. Du coup et à défaut, je ne peux même pas lui arracher une super pension alimentaire.

Un silence sépulcral tombe sur la forteresse puis, sans même s’être concertés, Sylmort, les agents du BSI et les Mandaloriens crient à l’unisson :
– NOMIS ! RIEN NE TE SAUVERA !
Même Kiki hurle à la lune invsible à cette heure du jour, si tant est qu’il y ait une lune en orbite autour de cette planète, ce que j’avoue ignorer.
Bref, je déglutis nerveusement. Bien sûr, dans mes rêves, j’ai souvent entendu mon nom être scandé par les foules. Mais pas de cette manière, par des gens qui auraient presque la bave aux lèvres, de rage.

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 23 Fév - 9:45

XCI


– Je crois que je vais finir par désespérer, que je murmure.
Je semble fédérer tellement de haine contre moi que je vais finir par me demander si, au fond, je ne suis pas un monstre.
Heureusement, un coup d’œil à Saint-Lazare me rassure à ce niveau. Au moins, j’ai encore l’apparence d’un type normal… enfin, en un peu plus supérieur, quand même, vu que c’est moi.
En même temps, ledit coup d’œil ne me rassure pas à un autre niveau : Saint-Lazare fait les yeux noirs, pire que les gosses à qui on ne cède pas les caprices. Je me demande ce qu’il va nous sortir, cette fois-ci.
Soudain, son visage s’éclaire d’un sourire satisfait. On dirait qu’il a trouvé quelle sera sa prochaine attaque. Il se tourne vers moi et me dis :
– Mon cher Nomis… Vous croyez qu’ils sont bons en apnée, tchip, tous autant qu’ils sont ?
Je crois comprendre, aussi je réponds fièrement :
– Vous allez noyer toute la forteresse, et du coup nos assaillants aussi !
– Toute la forteresse, non, juste les niveaux inférieurs dans lesquels ils se trouvent. Ce piège, pour efficace qu’il soit, est pourtant celui qui m’enchante le moins.
– Vraiment ? Et pourquoi ?
– Au prix du mètre cube d’eau, ça va me coûter un bras !
Pour souligner la symbolique de ses paroles, il lève ledit bras, le regarde, je fais pareil, et je crois qu’on pense tous deux la même chose, à savoir qu’il n’a plus de bras mais des ailes. Forcément, sa comparaison semble toute pourrie.
Il baisse l’aile sans rien dire. Je préfère me taire aussi. Il reprend en soupirant :
– Et le problème c’est que l’eau en question vient des niveaux supérieurs de la forteresse, dans lesquels nous n’aurons donc plus d’eau. Ni dans les robinets, ni dans les douches, ni dans les robinets, ni dans les chasses d’eau. Nous n’aurons plus d’eau pour le ricard, et je ne vous parle même pas du système anti-incendie, qui sera hors service. Tchip ! Et puis ma piscine olympique, vous y pensez, à ma piscine olympique ? Vous avez une idée du nombre d’heures nécessaires pour la remplir ?
Je mesure désormais à quel point c’est un crève-cœur pour Saint-Lazare d’actionner ce piège. Je n’avais pas songé aux conséquences pratiques.
– Heureusement, on va quand même bien rire, sourit quand même Saint-Lazare en me faisant un clin d’œil. Car il y a une surprise en plus de l’eau.
Il appuie sur un bouton de son pupitre informatique et sur les caméras de contrôle, on voit des millions de litres d’eau – bon, je ne suis pas certain qu’il y en ait des millions, mais vu d’ici, c’est super impressionnant tellement y’en a – se déverser dans les couloirs et atteindre les bas-fonds de la forteresse.
Bientôt, Zavid, Sylmort, Covelian, Hoydings et ses deux agents rescapés, Kiki et les trente-quatre Mandaloriens ont de l’eau jusqu’aux chevilles. Ils décident de tenir un conciliabule afin de définir la marche à suivre pour s’en sortir, mais le temps qu’ils se rendent compte qu’il est impossible de tenir une conversation rationnelle à quarante plus un nexu, voilà l’eau déjà à leurs genoux.
– FERMEZ-LÀ OU JE VOUS DESCENDS TOUS, crie Zavid, à bout de patience depuis longtemps.
N’empêche que son self-contrôle m’épate : la connaissant comme je la connais, j’aurais plutôt pensé qu’elle aurait d’abord tiré, pour ensuite seulement parlementer avec les survivants.
Puis elle ajoute à l’intention des Mandaloriens :
– Vous n’avez pas un chef ? Ce serait plus pratique pour tenir un briefing, vous ne croyez pas ?
– Bah non, nous n’en avons pas. Vous savez, nous sommes employés par le Crédit Mutuel de Coruscant, et en tant que tels, nous sommes sociétaires à parts égales de la banque. Aucun d’entre nous ne peut donc avoir plus de pouvoir qu’un autre.
– Oui, surenchérit l’un de ses camarades, car une banque qui appartient à ses clients, ça change tout.
Une fois qu’un ange que personne ne verra jamais – sauf de gens abusant de produits psychotropes, mais dont le témoignage est de facto soumis à suspicion – a fini de passer, Zavid empoigne un autre énorme flingue après avoir glissé un couteau entre ses dents, et annonce :
– Bon, le chef c’est moi. Des objections ?
L’un des Mandaloriens saute en pousssant un cri, et se retrouve aussi sec en ligne de mire des armes de Zavid.
Il lève les bras :
– Attendez ! Je ne suis pas fou, je ne compte pas m’opposer à vous ! C’est juste que l’eau a atteint mon bas-ventre à force de monter, et que c’est vachement froid !
– Je pense qu’il n’y a rien à attendre d’eux, annonce sentencieusement Covelian.
– Hoy, ils sont indécrottables.
– Oui, de vraies poules mouillées, ajoute Sylmort.
Le Mandalorien qui a eu froid réplique :
– Oui bah nous les Mandaloriens, au moins, on va survivre, contrairement à vous autres.
– Ah ? Et pourquoi donc ? demande Zavid.
– Nos combis avec casque intégral peuvent nous permettre de respirer sous l’eau comme dans l’espace ou les fumées toxiques, na !
À mes côtés, Saint-Lazare s’exclame :
– Oh non, je n’avais pas songé à cela ! On va peut-être éliminer les agents du BSI, votre ex et le nexu, mais les trente-quatre Mandaloriens vont survivre !
– Mieux vaut cela que l’inverse, que je corrige. Les Mandos me semblent nettement moins intelligents, retors et sournois.
– Voilà qui n’est pas faux. Mais de toute manière j’ai – encore – la parade, conclut Saint-Lazare en tapant quelques lignes codes sur son ordinateur, avant de valider.
Je vois les agents du BSI et Sylmort crisper leurs mains sur leurs armes, et je peux presque entendre leurs pensées, qui doivent être du genre : piquons des armures de quelques Mandos, enfilons-les et on s’en sortira.
C’est peut-être pas très moral de le penser, mais je les connais assez pour deviner leurs pensées. Et puis à leur place, c’est aussi ce que je ferais. Il faut ce qu’il faut pour survivre.
Il faut croire que les Mandos sentent le danger de mort planer au-dessus de leurs têtes, car plus d’un rapproche sa main de son arme.
C’est à ce moment que l’un d’eux pousse un hurlement et disparaît sous l’eau. Tout le monde se tourne vers lui. Il réapparaît brièvement et hurle derechef :
– Un requin !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 0:07

Hop la suite tiens !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 8:51

Chef, oui chef.

XCII



Beaucoup écarquillent les yeux, et je dois avouer que moi aussi. À mes côtés, Saint-Lazare réfrène à grand mal son rire.
– Non seulement vous tentez de les noyez, mais en plus vous leur avez lancé des requins ?
– OUI, TCHIP !
– Vous êtes sûr que les requins, c’était une bonne idée ? On parle de Mandaloriens, dotés d’une armure de beskar, le fer le plus solide l’univers ou presque ? Ils risquent pas d’y laisser leurs dents, vos requins ?
Saint-Lazare pouffe à nouveau.
– Voyons voir ça !
Sur les écrans, les Mandaloriens, passés le moment initial de tension, se relâchent. Un requin pourrait tenter en vain de les mordre pendant des heures, tout au plus pourraient-ils légèrement rayer les armures.
Le groupe de Zavid, en revanche, n’en mène pas large et pointe leur arsenal vers l’eau à leurs pieds, dans toutes les directions. Kiki gémit comme un chaton n’aimant pas l’eau.
Les Mandaloriens continuent de se moquer de leur congénère, dont le poitrail est désormais emprisonné entre les mâchoires d’un requin.
– Sors une fourchette et un couteau !
– Je t’apporte la mayonnaise !
– Si tu as des intérêts dans un cabinet de dentiste pour requins, tu vas faire fortune tellement nos armures sont impénétrables !
Et là… bien sûr, ai-je envie d’ajouter… le requin referme sa mâchoire sur le Mandalorien, dont l’armure résiste autant que si elle avait été en carton : à savoir pas du tout. Elle est aussitôt broyée et le bonhomme dedans avec, dont les fluides divers et variés jaillissent par où ils peuvent, bref je vous épargne les détails. Je ne les connais pas et, même si un auteur se doit d’être réaliste dans ses descriptions, pour ce coup-là, ne comptez pas sur moi.
Là, Saint-Lazare éclate de rire.
– J’ai modifié les requins, tchip ! Ils ont des dents en beskar. Attention, pas en beskar dilué pour fabriquer les armures mandaloriennes, mais en beskar pur donc plus solide, tchip ! Les Mandos vont tous mourir, et qui plus est dans d’atroces souffrances, mouhahahaha !
Je reste pétrifié d’admiration. Ce type cessera-t-il donc un jour de penser à tout ? À un moment, ça force le respect, et je crois que dès lors, le mien lui est acquis à jamais. J’envisage même sérieusement de le laisser me transformer en homme-poulet, c’est pour dire !
– Hoy, les Mandos sont plus en danger que nous !
– Ah bon, et pourquoi donc ? demande le colonel Covelian.
– Même s’ils ont été modifiés, ce sont des requins-tigres-du-bengale-marteaux, connus pour se battre entre eux. À leurs yeux, affronter des adversaires en armures de beskar est beaucoup plus intéressant que de simples êtres de chair et de sang comme nous.
– Culture faunesque impressionnante, reconnaît Sylmort. Plus que sexy, même.
Je vois à son air perdu que Hoyddings n’a rien compris à la phrase, mais quand Sylmort se jette sur lui pour l’embrasser à pleine bouche, j’enrage à l’intérieur. Pas lui, quand même ! N’importe qui mais pas lui !
– Mais que… parvient-il à articuler.
– Te pose pas de questions, dit Sylmort. C’est les hormones…
En guise de réponse, voilà Hoyddings qui hurle de douleur.
– Un requin ? demande Sylmort, inquiète, ses armes à la main.
Hoyddings sort sa main de l’eau. Au bout du petit doigt, il y a un poisson qui tente de le mordiller, la queue frétillante.
– Piranha, on dirait, fait-il.
– Et eux, ils vont plutôt s’attaquer à des types en armure ou à des gens qui en sont dépourvus, comme nous ?
– Là, je crains que ce ne soit pour nous, soupire-t-il.
Bientôt, le chaos règne dans les couloirs, entre les Mandaloriens qui se font bouffer par les requins, et le groupe de Zavid qui tire dans l’eau pour tuer les piranhas, à une telle intensité que c’est surtout l’eau qui est vaporisée. Et pendant ce temps, bien sûr, l’eau continue à monter, elle atteindra bientôt les épaules…
– Ils ne peuvent pas s’en sortir, tout est fini, annonce Saint-Lazare, très content de lui. J’avoue que je ne m’attendais pas à ce qu’ils me donnent autant de mal, tchip.
– Heureusement, vous avez des ressources et pas des moindres, que je reconnais.
– Le génie du génie ne peut être que génial, ajoute-t-il.
Je ne peux qu’être d’accord avec lui.
Sur les écrans, tous les couloirs sont désormais sous l’eau, et les caméras ne montrent plus grand-chose, du coup, si ce n’est du sang bien rouge qui se répand peu à peu... tiens, y’en a aussi un peu de vert !
Puis je distingue Zavid qui, collée à un plafond, reprend son souffle, et je souris. Elle n’en a plus pour longtemps, son couloir sera bientôt totalement immergé à son tour. La tête de Kiki surgit aussi. Les piranhas et les requins ne l’ont pas encore bouffé, celui-là ?
Et voilà qu’apparaissent à leur tour les têtes et les épaules de Hoyddings, Covelian et Sylmort.
– Où sont nos autres agents ? demande Zavid.
– Je crains qu’ils ne soient morts, annonce Covelian. Tombés comme des braves à la piscine du champ d’honneur.
Hey… une minute ! Comment se fait-il que je distingue les épaules de tout ce pas beau monde ? L’eau n’était pas plus haute il y a un instant ? Un bruit parvient à mes oreilles, genre l’eau de la baignoire qui gronde en filant par la bonde, en plus fort.
Je me tourne vers Saint-Lazare. Comme prévu suite à ce nouverau rebondissement, il est blême. Il bredouille :
– Ce n’est pas possible. Tout mais pas ça… Toute cette belle eau précieuse à trois crédits galactiques le mètre cube…
Bientôt, toute l’eau s’est retirée, laissant derrière elle des corps déchiquetés, des restes d’armures qui feront le bonheur d’un ferrailleur, des piranhas qui font des bonds désordonnés dans l’air, et des requins qui s’agitent dans tous les sens.
Il y a de l’agitation sur un écran. Je vois plusieurs types musclés, bronzés et en pagne, qui portent un gros cercle noir muni d’une chaîne en son centre.
– Les salauds, ils ont enlevé la bonde géante, dit Saint-Lazare.
Quant à moi, je sais que je suis plus que jamais dans la mouise : j’ai déjà rencontré ce genre de typer, et récemment, en plus. Je sais d’où ils viennent et aux ordres de qui ils sont. Et justement, une silhouette menue apparaît derrière eux, avec des palmes et un tuba. Elle se débarrasse de son équipement et dit d’une voix aussi sèche que son cœur :
– Bon, il est où ce petit-fils maudit, que je le torture et l’écorche vif ?
Mémé Nomis. Encore une qui ne m’avait pas manqué.
– ÇA VA S’ARRÊTER UN JOUR, CES ÂNERIES ? que je crie de désespoir.
– Monsieur Saint-Lazare, fait une voix dans l’interphone, un vaisseau est en approche de la planète.
– Détruisez-le, on a assez à faire ici comme ça.
– C’est que… C’est l’Executor de lord Vador. On peut toujours l’attaquer, mais vu son vaisseau et vu la puissance de nos lasers, autant sortir les lance-pierres, on serait tout aussi efficaces.
– NON, ÇA NE VA DÉCIDÉMENT PAS S’ARRÊTER ! que je crie à nouveau.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 9:14

Y'a encore du boulot pour rattraper le retard ^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 9:23

Pas du tout, plus que 7 chapitres et c'est fini !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 13:04

Ah ! Donc dans 7 jours ? ^^ (rêvons :p)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 23:05

Ouaip, comme la fin de l'apprenti Sith (rêvons aussi^^)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 6 Mai - 23:46

Héhé, qui sait ! (si je ne me bloquais pas toutes les 2 lignes de dialogue aussi, ça aiderait :p)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   

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(2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)
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