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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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Enki
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 29 Avr - 15:09

Rholala faut que je rattrape tout ça moi  Rolling Eyes
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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 29 Avr - 15:16

De toute manière je n'ai pas encore fini l'histoire, qui comptera à terme 99 chapitres^^

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Enki
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 29 Avr - 15:23

Minos a écrit:
De toute manière je n'ai pas encore fini l'histoire, qui comptera à terme 99 chapitres^^
Je me lirais tout ça quand ce sera fini alors ^^
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Notsil
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 29 Avr - 22:14

Ouais, dans 10 ans :p

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 30 Avr - 9:20

Mais-euh !

Puisque c'est comme ça, je balance la suite, na !

LXXVIII


   Pédaler, surtout quand, comme moi, on n’a pas l’habitude, c’est super fatigant. C’est ce que je me dis alors que je m’échine depuis ce qui me semble être une éternité. Le chrono de mon datapad n’est pas tout à fait d’accord : selon lui, ça fait trois minutes que j’ai commencé. Je sens que la journée va être longue.
   Effectivement, elle s’avère être la plus longue journée de toute ma vie. J’ai vite mal aux jambes et je n’ai bientôt plus de souffle.
   Il y a une sorte de cadran devant moi, avec une flèche qui monte et qui descend selon que je pédale vite ou non. Craignant le pire, genre on meurt tous si l’aiguille descend jusqu’à « zéro », je pédale comme un fou pour garder l’aiguille sur « cent », le chiffre maximum sur le cadran.
   Je suis sûr que j’ai explosé plusieurs fois tous les records cyclistes de poursuite et de contre-la-montre de la galaxie. Malheureusement, je n’ai aucun juge homologué sous le coude pour valider mes performances forcément hors du commun parce que un, c’est de moi dont il s’agit, et parce que deux, ma vie en dépend.
   Quatre heures après que j’ai commencé, Qel vient me voir.
   – Comment ça va, Cirederf ?
   – Super… Même pas… mal… Je peux… continuer comme çà… des semaines… que je réponds laborieusement en m’essuyant le front avec ma manche depuis longtemps trempée de sueur.
   Oui, Cirederf Nomis se doit de se montrer sous son meilleur jour. Toujours. Et oui, je parle de moi à la troisième personne, et alors ?
   – Ah oui ? s’étonne Qel en jetant un œil au cadran. Parfait, alors. Du coup, je te laisse continuer et, c’est promis, avant d’aller te coucher ce soir, tu auras un méga gueuleton en récompense de tes efforts.
   – O…K…
   En fait, je suis tellement épuisé, physiquement comme nerveusement (la pression de tenir nos vies entre mes mains, ou plutôt entre mes pieds, toussa), que je réponds machinalement histoire de ne pas perdre ma concentration. Il pourrait me dire n’importe quoi, j’acquiescierais.

   Quand vient le soir, il y a bien longtemps que je n’ai plus aucune sensation au niveau des jambes : heureusement que je les ai dans mon champ de vision, sinon je les déclarerais perdues. Je m’assure juste de temps à autre qu’elles continuent de tourner.
   Après tous ces efforts, ce serait dommage qu’on meure à cause d’une inattention de ma part…
   Qel vient enfin me chercher avec un plateau-repas, que je décide de manger sur place sans même descendre de mon perchoir à pédales. J’ai peur de ne même pas être capable de marcher, en fait, mais pas question de montrer le moindre signe de faiblesse.
   Je dévore mon plateau en peu de temps et, une fois sûr d’être seul, je regagne ma couchette dans ma cabine, les jambes flageolantes.

   Cette nuit-là, je rêve que je marche avec des échasses, et que mes jambes raides sont aussi dures que du duracier.
   Dans mon rêve suivant, c’est tout le contraire : je suis sur un vélo, à la lutte en montagne contre les meilleurs spécialistes de l’exercice, et je les sème tous les uns après les autres, les Calberto Ontador, les Fhristopher Croome et autres Qairo Nuintana, et sous les vivats d’une foule enthousiaste, j’arrive le premier au sommet de l’étape-reine du Tour de l’Univers, l’étape qui est sûre de me donner le titre si prestigieux de vainqueur de l’épreuve mythique.
   Quand j’ouvre les yeux à mon réveil, un instant plus tard, bien qu’allongé, je m’aperçois que j’ai les bras levés vers le ciel, et que mes doigts forment le « V » de la victoire.
   Bah oui, forcément, j’étais sur le podium en train de fêter mon triomphe devant une foule incroyable de fans qui se cassaient la voix à force de scander mon nom comme une litanie, comme une formule magique qui allait les rendre meilleurs, plus forts, plus intelligents, bref qui allait les rendre moins crasses et les rapprocher un peu de mon être supérieur, même s’ils ne m’arriveront jamais à la cheville tellement ils partent de loin et que je suis moi-même si haut, pour ne pas dire stratosphérique.
   Je suis vite ramené à la réalité par Qel qui, dans l’encadrement de la porte de ma cabine, me demande :
   – Euh… Tu fais quoi, là, les bras levés ?
   – Hum… Je m’étire, que je réponds en en faisant des tonnes et en agitant les bras en tous sens.
   – OK. Par contre, va falloir y retourner, notre réserve d’énergie est bientôt dans le rouge. Tu as dix minutes pour être à ton poste.
   – Aucun problème ! que je lui fais avec un enthousiasme en apparence à toute épreuve, aux antipodes de mon état réel.
   Je pleure à l’intérieur, un océan de larmes qui ferait déborder une planète aquatique.  J’ai mal partout, y compris à des muscles que je ne savais même pas posséder. Ça, par contre, c’est assez logique : un homme aussi exceptionnel que moi a forcément des forces cachées, y compris de lui-même. En fait, je suis de plus en plus convaincu d’être le premier homme au-delà d’homo sapiens sapiens, une évolution déterminante de la nature, bref quelqu’un qu’on pourrait qualifier d’Homo Superior, en toute modestie mais avec les majuscules quand même.
   Je n’en oublie pas pour autant les recommandations de Qel et je me jette en dehors de mon lit… pour me retrouver au sol, face contre terre. Aïe ! Ma pauvre mâchoire ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourtant, j’ai fait ça des millions de fois.
   J’identifie vite le problème : mes jambes, raides comme des piquets, et dans lesquelles je n’éprouve plus aucune sensation.
   Homo Superior, cloué au sol ? Sûrement pas ! Je tape sur mes jambes, je les masse, je les frictionne. Ah, on dirait que ça commence à picoter un petit peu.
   – Cirederf ! m’appelle Qel à travers la cloison.
   – Oui, oui, j’arrive, que je réponds en m’activant de plus en plus autour de mes jambes réfractaires.
   Pas question de laisser entrevoir le moindre signe de faiblesse auprès de mes camarades. On a sa dignité…
   – Cirederf, tu fais quoi ?
   Qel à nouveau.
   – Je… Je suis aux toilettes, que je dis en me trouvant brillant tellement ça devrait être une excuse qui donne l’immunité.
   – Alors, il fout quoi ? que j’entends Qyp demander.
   – Il fait caca, répond Qel. Et vu le temps qu’il lui faut, ça doit être du lourd !
   Et c’est sous leurs quolibets et leurs ricanements graveleux que j’achève l’opération « me remettre sur pieds ». Ça fait toujours vachement mal mais au moins, j’arrive à marcher, même si avec une forte raideur dans mes membres encore gourds.

   Les quelques jours d’hyperesapce suivants sont à l’avenant de cette journée, et quand Qel annonce enfin « C’est bon, on est arrivés ! », me voilà au summum du bonheur.
   On demande l’autorisation d’atterrir, on obtient l’autorisation d’atterrir, on atterrit, on sort sur le tarmac.
   – Ah, voilà notre client, celui qui a payé une fortune pour te récupérer au nez et à la barbe de l’Empire, me fait Qel en me montrant une silhouette qui s’approche.
   Au début, je ne vois rien du tout, hormis que ce… quel était son nom, déjà ? ah oui, Gédéon Saint-Lazare, semble arriver en sautillant, mais c’est difficile à dire : derrière lui, il y a le soleil local, aussi ne distingué-je que sa silhouette toute noire.
   Quand il est enfin en face de moi, je constate avec stupeur que c’est un poulet géant à tête humaine, hormis un bec d’un superbe jaune à faire pâlir de jalousie un canari.  
   Et là, il me dit :
   – Tchip !

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 30 Avr - 9:22

LXXIX


– Pardon, je voulais dire « bonjour ! ». C’est le gène du poulet qui parle en moi, et ce n’est – tchip ! – pas toujours facile de le contrôler. Vous avez fait bon voyage ?
– Oui, que je réponds parce que c’est plus simple que de lui raconter les événements récents.
– Messieurs, qu’il reprend en se tournant vers mes deux amis, félicitations. C’est du très bon travail. Ne me reste plus qu’à vous payer.
Il extirpe de ses plumes bouffantes un datapad, me fait un clin d’œil et me dit :
– Vachement pratique, hein, comme rangement de matériel ?
– Euh. Ouaip.
Il tapote son datapad, ça fait bip sur celui de Qel, qui l’ouvre et constate que le virement d’un million et demi de crédits impériaux vient d’être effectué sur son compte.
– C’est un plaisir de faire des affaires avec vous, m’sieur Saint-Lazare, qu’il dit, grand sourire aux lèvres. Si vous avez à nouveau besoin de nous un jour, n’hésitez pas à nous contacter.
– Tchip ! acquiesce Saint-Lazare.
Comme on n’est pas des sauvages, Qel et Qyp me donnent des bourrades dans le dos en me serrant dans leurs bras et en me souhaitant bonne chance pour la suite.
Je suis aussi ému qu’eux, mais en même temps je n’en mène pas large, à l’idée de rester avec l’autre psychopathe charcuteur de centaines de personnes. Alors je tente mon va-tout et murmure à Qel :
– Au secours, les gars ! Alertez qui vous voulez sur le lieu où je suis, mais faites-le ! Il faut que quelqu’un me sorte de cet enfer !
– On va voir ce qu’on peut faire, Cirederf, me fait Qel, les yeux dans les yeux et la main réconfortante sur l’épaule. En attendant, tu nous excuseras mais on a un million et demi à dépenser !
– Yahoo ! ajoute Qyp, bras levés au ciel. Allez Nomis, à plus ma poule ! Euh, pardon, m’sieur Saint-Lazare, c’est pas ce que je voulais dire.
– Il n’y a pas – tchip ! – d’offense, répond l’homme-poulet – ou la poule humaine, j’avoue avoir un doute –. Merci encore, messieurs, et bon retour chez vous. Tchip !
Et ils s’en vont, m’abandonnant à mon triste sort.

*
**

Gédéon Saint-Lazare se tourne vers moi, un large sourire aux coins du bec. C’est assez déstabilisant à regarder, d’ailleurs. Il a un regard mi-scrutateur, mi-sadique, mi-content et oui, je sais, ça commence à faire un peu trop de « mi ».
– Nomis ! Nomis ! Nomis ! Mon cher ami ! Tchip ! C’est un plaisir de vous avoir à mes côtés. Quand j’ai appris vos récentes aventures, je n’ai pas tenu bien longtemps : il fallait absolument que je vous rencontre !
– Ah ? Bah merci, c’est gentil, que je réponds, encouragé par le fait que décidément, ce Saint-Lazare était bien en train de s’affirmer comme étant un fan.
Pour une fois, ça fait vraiment plaisir d’être reconnu à sa juste valeur.
– Il y a en vous… de la – tchip – grandeur !
– Je l’ai toujours dit et pensé.
– Un instinct de survie à toute épreuve !
– Oui, c’est un de mes dons, que j’approuve tout en époussetant ma veste avec une feinte nonchalance.
– C’est pourquoi vous étiez – tchip – prédestiné à finir ici !
– Ah oui ?
– Oui. Tchip. Que savez-vous de moi ?
– Et bien… que vous êtes un chirurgien.
Je préfère passer sous silence le reste, les condamnations, les mutilations. Vu qu’il m’a à la bonne, ce serait dommage de le froisser en lui rappelant les quelques broutilles qu’il a sur la conscience.
– Pas tout à fait, mon – tchip – cher. Je suis un grand chirurgien ! Le plus grand ! Mais vous savez quoi ?
– Non.
– Je n’ai jamais été reconnu comme tel. Tchip. Parce qu’on m’a mis des bâtons dans les roues, qu’on m’a traîné dans la boue, tout ça par jalousie. On m’a fermé des portes pour brider mon génie, ma créativité.
– Ça, ça me parle. C’est un peu l’histoire de ma vie aussi, que j’acquiesce.
– Exact. Sauf que j’ai un immense avantage sur vous !
– Ah oui ?
– Oui. Mon métier, que dis-je, mon sacerdoce : la chirurgie ! Grâce à elle, j’ai pu pendant des années et des années travailler au développement du genre humain, en identifiant ce qui fait le génie, et en le couplant avec le corps le mieux adapté à la survie. Tchip.
– Le corps de poulet ?
– Oui.
– Le corps de poulet ??
– Bah oui, réfléchissez un peu. Nous autres scientifiques sommes toujours à la recherche de LA réponse à LA question, et la réponse ne peut être à la hauteur de la question uniquement si celle-ci est à la hauteur de la réponse ! Vous me suivez ?
– Non.
– Normal, c’est assez pointu, scientifiquement parlant, tchip. Bref, la grande question qu’il fallait se poser pour avancer, c’était : « Qui est arrivé en premier : la poule ou l’œuf ? ».
– Et la réponse est ? que je demande, un peu perdu.
– Peu importe ! Voilà la réponse ! Vous vous rendez compte à quelle point elle est adaptée, cette réponse-là ?
– Pas le moins du monde, que je reconnais, tout en commençant à penser que ce type devrait peut-être être enfermé. Ça n’a pas l’air de tourner trop rond là-haut.
– La réponse est « peu importe » car en tant que chirurgien, j’ai ouvert de nouveaux horizons qui me permettent de créer des œufs ou des poules, selon mon désir : j’ai donc apporté la plus satisfaisante des réponses à la grande question. « Poule ou œuf ? Ce que j’en décide, na ! ».
– D’accord, que j’avance prudemment, sans voir pour autant ou il veut en venir.
– Quand vous étiez petit, vous aimiez les histoires avec des dragons ? Et celles avec des dinosaures ? qu’il demande, sautant du coq à l’âne.
– Bah… oui, comme tout le monde, je présume.
– Moi aussi. Et après y avoir beaucoup réfléchi, je pense que c’est notre instinct primaire qui parle, celui du vient du cerveau que certains qualifient de reptilien. Vous voyez le rapport ?
– Beuh… pas trop, en fait.
– Reptile, dragon, dinosaure ! Tout est lié, ça ne fait aucun doute ! Pour devenir un être supérieur, un vrai, qui transcende le pauvre hasard de nos naissances, il faut tendre vers ces créatures idéales dont nous sommes issus !
– Euh… d’accord. Mais que vient faire le poulet là-dedans ?
– L’oiseau, et par extension la poule, est le descendant des dinosaures. Il a su s’adapter au travers des millénaires pour survivre, démontrant par là-même qu’il a le potentiel pour être l’être supérieur par excellence !
– Pourtant, un poulet, je ne suis pas certain que ce soit un parangon d’intelligence.
– Parce qu’il est incomplet ! Alors que si on le couple avec un cerveau humain, c’est là qu’il se transcende, c’est là qu’il se transforme en Homo Superior ! Tchip ! J’ai aidé la nature à créer l’être parfait. Moi-même.
– Si vous le dites, que je dis prudemment, de moins en moins convaincu.
– Mais les grands hommes comme moi ne peuvent rester dans leur tour d’ivoire. Il faut qu’ils aident le commun du mortel à s’élever aussi. Enfin, le commun du mortel, il faut le dire vite. Je préfère aider d’abord mes pairs au niveau de l’intellect, et vos récentes aventures, que j’ai suivies – tchip – sur l’holonet au fil de vos errances et de vos ennuis, prouvent que vous êtes sans doute mon égal intellectuellement parlant, vu avec quel brio vous avez déjoué tous les pièges que la galaxie a inlassablement placé sous vos pieds.
– Ah ? Euh… merci.
– C’est pourquoi j’ai décidé de vous faire l’honneur incommensurable de devenir le deuxième être supérieur ultime de cette galaxie, avec moi. Je vais vous opérer afin que vous aussi deveniez une poule géante !
Je ne me demande même pas s’il est sérieux. Son sourire dément, la joie qui déforme son visage pouletique (oui, ça n’existe pas et oui, je m’en fiche) ne laissent aucune place au doute : il y croit à mort.

Moi, nettement moins.

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 2 Mai - 9:10

LXXX



Pendant qu’on cause, je suis Saint-Lazare, qui m’a mené dans un grand bâtiment plat attenant à la piste d’atterrissage de laquelle Qel et Qyp sont repartis.
Alors que je me demande si je ne devrais pas m’enfuir – après tout, il y a un autre vaisseau sur le tarmac, donc pourquoi pas –, on croise rapidement des gardes humains et droïdes de combat qui font des rondes. Je décide donc de repousser le moment de ma future évasion. On court nettement moins vite après avoir reçu un tir de blaster entre les deux yeux, c’est bien connu.
Et puis quand bien même je parviendrais – par miracle, parce que je ne vois pas comment sinon – à me débarrasser des droïdes de combat, resterait encore Gédéon Saint-Lazare en face de moi. Autant je ne suis absolument pas fan de son apparence, autant je dois me méfier. Comme il l’a dit, il est désormais un être supérieur, et si ça se trouve, son nouveau corps lui donne accès à des arcanes de prouesses physiques dont je n’ai aucune idée. Genre le kung-fu ultime de l’homme-poulet, une forme de combat au corps-à-corps qui ferait passer les arts martiaux les plus meurtriers pour des séances de tricot.
Quand on arrive devant une porte fermée, Saint-Lazare me fait, tout sourire :
– Ici, vous allez découvrir ma vie, mon œuvre.
– Y aurait-il un musée à votre gloire dans cette pièce ? que je demande.
– Oui, tchip ! Comment avez-vous deviné ?
– Je dois reconnaître qu’à votre place, si j’en avais les moyens, j’aurais fait pareil.
– Merveilleux, mon cher Nomis ! Quand je dis – tchip – que nous sommes semblables. Nous pensons de la même manière, décidément !
On entre dans la pièce, et… elle est vachement bien, en fait ! Très grande, avec des vitrines, quelques statues très réalistes de gens, des portraits géants de Saint-Lazare, en 2D, en 3D, en patchwork, en photos noir et blanc, couleurs, en sculptures d’allumettes, de papier mâché.
Je suis sous le charme. Non pas de voir Saint-Lazare sous toutes les coutures, mais d’imaginer ma propre tête à la place de la sienne sur ces dizaines de supports.
Je m’arrête devant deux statues très réalistes, un homme et une femme, et je lui demande :
– Qui est-ce ?
– Papa et maman. Ils ont donné naissance à un génie, du coup ça leur donne le droit à l’immortalité dans mon musée !
– Immort… vous voulez dire qu’ils sont vivants ?
– Pas tout à fait. Je les ai fait empailler histoire que leur corps ne s’abîme jamais, et j’ai gardé leur cerveau à part, dans du formol. Je veux bien vous les montrer, d’ailleurs, mais à mon grand regret, je n’ai jamais réussi à y trouver quoi que ce soit qui sorte de l’ordinaire.
– Je pense à un truc, que je fais soudain.
– Oui ?
– Il existe déjà une race d’horribles mi-hommes mi-oiseaux, les Rishii, et ils ne sont pas une espèce supérieure pour autant. Ça se saurait.
– Vous avez – tchip – raison, ils existent bel et bien. Mais ils ne sont qu’un accident de la nature, rien à voir avec une espèce supérieure. Disons qu’ils ont raté la marche du Grand Escalier de l’Immortalité. Ils ont glissé sur la peau de banane de l’évolution et sont retombés au pied de l’escalier, la tête la première, ce qui a – tchip – provoqué de gros dégâts ayant amoindri leurs capacités intellectuelles. C’est ce qui explique pourquoi ils sont si… vulgaires, et si ordinaires.
– C’est une théorie évolutive logique, qui se tient, je dois bien le reconnaître.
– Merci. Voyez-vous, c’est grâce à mon intellect supérieur que – tchip – je suis à même d’échaufauder les meilleures théories scientifiques.
J’avoue être impressionné, et même si la perspective de me retrouver transformé en homme-poulet continue de me répugner, je me demande jusqu’où mon déjà génial cerveau serait capable de s’envoler, soutenu par le corps ultime que peut lui offrir l’univers.
Mais voilà que nous finissons déjà la visite du musée de Gédéon Saint-Lazare, dont le reste est moins intéressant : plein de trucs difformes dans du formol et des tas de bouquins. Y’a des araignées dans les coins, aussi, mais je préfère m’abstenir de lui demander s’il les a modifiées d’une quelconque manière ou si ce sont juste de bêtes araignées.
La pièce suivante est totalement différente, et ressemble à s’y méprendre à un bloc opératoire. Y’a le lit, les champs opératoires, les super luminaires qui doivent consommer un bras et qui, à mon avis, servent surtout à aveugler le pauvre type charcuté sur la table. Comme ça, au cas où la dose d’anesthésiant n’ait pas été suffisante pour le garder dans les vapes, il est certes conscient mais ne voit pas ce qu’on lui fait.
– Je vous en prie, mon cher Nomis, prenez place. Tchip.
Là, il me fait clairement peur, surtout qu’une lumière firigée vers le haut vient juste de s’allumer sous son menton, donnant à son visage une allure de vautour.
Je m’allonge docilement après avoir vu les droïdes de combat me mettre en joue, et me voilà bientôt solidement ligoté à la table d’opération.
– À nous – tchip – deux, mon cher Nomis, ajoute Gédéon Saint-Lazare, tandis que j’entends de drôles de bruits : des cris lointains, des portes qui grincent, un fantôme qui ulule.
– Je… Je ne suis pas très rassuré, que j’avoue.
– Les bruits et la lumière sous mon menton sont chouettes, hein ? me fait Saint-Lazare. J’ai fait rajouter ça pour l’ambiance, histoire bien déstabiliser les patients. J’ai toujours aimé les films d’horreur.
– Bra… bravo, c’est… c’est réussi, comme am…bi…bi…ance.
C’est fou comme je claque bien des dents quand j’ai peur, je ne m’en étais jamais rendu compte avant.
– Merci, fait le chirurgien en s’inclinant.
Mais Saint-Lazare n’en a pas encore fini avec l’atmosphère qu’il est en train d’instaurer. Il met lentement des gants en latex, qu’il prend bien soin de faire claquer, enfile un tablier déjà barbouillé de larges traînées rouges qui me font immédiatement penser à du sang. Pendant ce temps, un superbe rire démoniaquement sadique retentit, et j’entends des portes grincer lentement.
Heureusement que je n’ai pas envie de faire pipi, sinon je crois que j’aurais eu un accident. Je suis vert de trouille, j’ai envie de pleurer. Pleurer sur mon triste sort, pleurer sur mon pauvre corps d’athlète qui ne va pas tarder à être mutilé.
Gédéon Saint-Lazare s’empare d’un bistouri-laser dans une main, d’une planchette d’au moins trois centimètres dans l’autre, et hop ! D’un coup d’un seul, voilà la planchette proprement coupée en deux.
– Bien. Commençons, mon ami, fait-il en se penchant sur moi.
Je n’ai pas remarqué qu’il pleuvait dans la pièce. Alors comment se fait-il que je sois trempé ?
Alors que le bistouri-laser s’approche de ma gorge, une alarme retentit et un garde humain apparaît sur un écran de contrôle en criant :
– Seigneur Saint-Lazare ! Il y a des intrus ! Ils disent qu’ils sont là pour Nomis !

Et de ce fait, on entend une voix derrière lui qui crie :
– Hoy, hoy, les gars ! Lancement de l’Opération « Sauver Nomis ! ».

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 2 Mai - 9:11

LXXXI



– Mais… mais… mais… Hoyman Hoyddings ! Incroyable ! Qu’est-ce qu’il fiche ici, celui-là ? La dernière fois que je l’ai vu, on s’est séparés en bons termes… sauf que j’avais fait en sorte qu’il ne découvre pas le colonel Covelian attaché à une chaise dans un placard à balais.
Hoyddings n’a pas dû l’apprendre, sinon il ne viendrait pas me sauver.
Sur l’écran géant dans la pièce, une caméra de surveillance suit le lieutenant du BSI et les siens à la trace, tandis qu’ils avancent en tirant sur tous les gardes humains qui se mettent en travers de leur chemin.
– NOMIIIIIS ! hurle soudain Hoyddings. Où es-tu, sale enfoiré, qu’on te fasse la peau ?
Ah. Finalement, on dirait qu’il a appris que je lui ai caché Covelian.
Gédéon Saint-Lazare se penche sur moi et me demande :
– Des amis à vous ?
– Plus maintenant, je dirais.
– OK, donc je peux les anéantir, les détruire, les réduire en poussière de miettes ?
– Euh… oui, que je réponds en déglutissant nerveusement tellement il y a de la folie dans le regard de Saint-Lazare.
Il se tourne vers une unité comm au mur et dit dedans :
– Capitaine, engagez toutes vos forces dans la bataille !
– Nan mais ici c’est les cuisines, m’sieur Saint-Lazare. Je vous ai déjà dit mille fois que le code pour le poste de contrôle du capitaine de la garde, c’est 123, pas le 321 que vous venez encore de faire et qui vous met en relation avec les cuisines.
– Ah oui, tchip, pardon, fait Saint-Lazare avant de composer le bon code. Âllo, capitaine ? Vous êtes là ?
– Hoy ! Hoy ! répond une voix qui ne m’est que trop familière. Je suis sûr qu’il aurait adoré vous répondre, mais c’est pas facile maintenant que de multiples tirs de blaster lui ont arraché la tête !
J’entends les ricanements de ses hommes derrière lui. Je ne me souviens pas qu’ils aient été aussi efficaces quand je les fréquentais, sa bande du BSI et lui.
– Aïe, que je fais en me tordant le cou pour regarder Hoyddings et les siens sur l’écran géant. Faut dire qu’il n’est pas face à moi donc c’est pas facile d’avoir une bonne vue. J’espère que je ne me prépare pas un torticolis.
Une ombre s’étend soudain au-dessus de moi. Gédéon Saint-Lazare, qui commence à desserrer mes liens en disant :
– Nous allons – tchip – surseoir à votre opération, mon cher Nomis. Les conditions ne sont pas réunies pour que je sois au top de ma concentration.
Un grand soulagement m’envahit, vite tempéré par un nouveau cri rageur d’Hoyddings sur l’écran :
– NOMIIIIIIIS ! T’es un homme mort !
– Il me pète les oreilles, que je fais.
– Ouaip, j’ai installé des super baffes 5 900 watts dolby supersound stereo doublemono. Ça rend bien, hein ?
– Trop, bravo. Par contre, on ne devrait pas commencer à s’inquiéter ? Parce que bon, il est en train de tuer tout le monde, là, le Hoyddings.
– N’ayez aucune inquiétude, Nomis, mon ami. Tchip. Ces agents du BSI n’ont aucune idée des très nombreux pièges dont j’ai truffés cette base, contre les indésirables comme eux.
– OK, que j’acquiesce, pas forcément rassuré pour autant.
Gédéon Saint-Lazare nous installe deux fauteuils confortables devant l’écran, plein de douce moumoute, réglables en hauteur comme en inclinaison, et avec des accoudoirs. Il me met une boisson noire et gazeuse dans la main, avec une paille, et me donne également un gros paquet de pop-corn. Lui-même s’équipe de la même manière avant de s’enfoncer avec délice dans son fauteuil.
– Maintenant, nous sommes dans des conditions optimales pour profiter du spectacle, tchip, conclut-il.
Pendant ce temps, Hoyddings et ses hommes continuent leur carnage, et rien ne semble pouvoir les arrêter. Sauf qu’au détour d’un couloir, ils s’arrêtent net car se retrouvent face à une bête… euh… comment dire… en fait, je me demande si je dois rire ou pleurer face à ce que j’ai sous les yeux.
Avec son corps massif et écaillé comme un dragon, et ses multiples cous, je saisis immédiatement l’analogie avec une hydre, en l’occurrence à cinq têtes. Mais pourquoi quatre de ses têtes sont celles de chatons ? Pire encore, pourquoi la cinquième tête est-elle celle d’un chien ?
– Sympa, hein ? demande Saint-Lazare. C’est moi qui l’ai créé.
Je ne sais pas quoi répondre, tandis que les miaulements pitoyables des chatons n’arrivent pas à surapsser les aboiements du seul chien. À un moment, l’un des chatons croise le regard du chien, ils restent brièvement se regarder en chien et en chat de faïence, puis tentent de se mordre l’un l’autre.
– Ils font quoi, là ? que je demande.
– Je n’avais hélas que quatre chatons pour faire les têtes de mon hydre, alors j’ai sacrifié Kenavo, mon épagneul rbeton. Tchip. Ce qui est intéressant, c’est que le mettre avec les chatons renforce l’agressivité générale de la bête. Super bien pensé, hein ?
Je fais un « hum hum » qui ne m’engage à rien, la bouche pleine de pop-corn.

À l’écran, je vois Hoyddings et ses hommes qui tirent, encore et encore, sur la pauvre bête, sauf que les tirs ricochent sur sa peau écailleuse, et que les têtes parviennent aisément à éviter tous les tirs qui les visent.
– Waouw ! que je fais en recrachant un peu de pop-corn tellement je suis aussi surpis qu’impressionné.
– Et oui, les envahisseurs sont perdus ! Tchip et encore tchip !
L’hydre force le petit groupe d’assaut à reculer, le menaçant de ses queues, de ses griffes et de ses crocs. Je commence à me détendre. Ce n’est pas comme ça que Hoyddings parviendra à mettre la main sur moi.
– Hoy ! Hoy ! Opération « Mettez-vous à couvert ! ». On se prend la pâtée ! Tiens, à ce propos, personne n’aurait pensé à apporter de la pâtée ou des croquettes ? Ce serait un super moyen pour se débarrasser de ce truc !
Aucun de ses hommes ne formule de réponse positive, ce qui me semble assez logique : je me serais posé des questions si de la pâtée ou des croquettes avaient fait partie de leur équipement.
– Et voilà le travail, tchip, commente Saint-Lazare en voyant Hoyddings et les siens bloqués. C’est dommage qu’ils ne soient pas capables de faire mieux, j’avais prévu encore plein d’autres pièges s’ils parvenaient à vaincre mon hydre.
– Oui bah je préfère ça, sluuuuuuuuuurp, que je réponds en vidant ma boisson gazeuse noire à la paille. Vous imaginez s’ils avaient été assez forts pour passer tous les obstacles que vous avez mis en place ? Burp ! Pardon pour le rot, c’est la boisson.
À l’écran, on savoure l’impuissance des Impériaux, quand une forme floue traverse le champ de la caméra pour se jeter sur l’une des têtes d’hydre. Je ne suis pas loin de vomir mon pop-corn quand l’une des têtes de chaton est broyée entre les crocs surpuissants du nouvel arrivant.
Avec stupeur, je reconnais immédiatement cette créature du diable, et la confirmation arrive aussitôt quand j’entends, hors champ de la caméra, une voix aussi féminine que familière ordonner :
– Vas-y Kiki, bouffe-les tous !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 19 Déc - 11:43

LXXXII



   Oh non. Diva Zavid. Et Kiki. En matière de destruction, à côté d’eux, une hydre c’est de la gnognotte.
   – Tiens, un nexu, dit Saint-Lazare. J’ai toujours aimé les gros chats.
   – Je connais celui-là, que je réponds. C’est un monstre ! Et ce n’est rien à côté de sa maîtresse, qui est dix fois pire.
   – Parfait. Les choses vont peut-être devenir intéressantes, tchip, rétorque Saint-Lazare, sourire ravi aux lèvres. Eux aussi ils vous en veulent, mon cher Nomis ?
   Je m’apprête à lui répondre que non, vu que la dernière fois que je les ai vus, c’était au palais de Gaga, et qu’on n’avait pas eu le temps de se faire nos adieux vu que j’avais dû m’enfuir de mon côté, quand Zavid crie :
   – NOMIIIIIIIIIS ! Je vais t’arracher les ongles et jongler avec tes yeux que je vais arracher de leurs orbites !
   – On dirait qu’elle m’en veut aussi, que je dis en rentrant les épaules.
   – Elle veut jongler avec seulement deux yeux, tchip ? Ça ne va pas être très spectaculaire, regrette Saint-Lazare.  
   Kiki ne fait pas dans la dentelle en ce qui concerne l’hydre. De toute manière, même s’il le voulait, il ne saurait pas faire dans la subtilité. Cette immonde bête monstrueuse n’est bonne qu’à déchiqueter des têtes de chatons, comme il est présentement occupé à le faire. Hop, une tête en moins ! Une autre ! Une troisième !
   Et alors qu’il bondit déjà sur la quatrième, qui ne se défend pas autrement qu’en émettant des miaulements pitoyables destinés à amadouer Kiki, tout comme ses grands yeux tristounets, voilà que Zavid saute aussi, sur la dernière tête, celle du chien.
   Elle enroule ses jambes autour du cou démesuré, se redresse grâce à ses abdos en permabéton, colle le blaster-mitrailleur immense qu’elle a dans les mains dans la gueule du chien, et appuie sur la détente en continu, tout en hurlant des insultes si colorées que la décende m’oblige à ne pas reproduire ici.
   En tout cas, je suis choqué de ce que j’entends, Saint-Lazare aussi, bouche bée, mains crispées sur les accoudoirs de son fauteuil, Kiki aussi, qui se fait tout petit, aplati au sol. Car oui, il a eu le temps de dézinguer la tête du chaton d’avant. Quant à Hoyddings et ses hommes, ils préfèrent rester cachés et muets.
   Une fois – ou plutôt cent-trente-sept fois si on veut être au plus près de la vérité – la tête de chien morte – faut dire qu’il n’en reste rien. Littéralement –, Zavid se laisse glisser au sol en disant :
   – Aaaaaaah, ça fait du bien.
   Elle a droit à des applaudissements et des cris enthousiastes de Hoyddings et de ses hommes, enfin sortis de leur cachette.
   – B-S-I ! B-S-I ! B-S-I !
   – Donnez-moi un « Z » ! Donnez-moi un « A » ! Donnez-moi un « V » ! Donnez-moi un « I » ! Donnez-moi un « D » ! « ZAVID » !
   Je trouve quand même qu’ils en font un poil trop. Ce serait mon nom qui serait ainsi scandé, je dis pas, mais là, bof, quoi…
   – Fermez-la, dit doucement Zavid, qui a quand même un petit sourire satisfait au coin des lèvres.
   Ils se taisent, sauf Hoyddings :
   – Hoy ! Hoy ! Lieutenant Zavid, quel plaisir de vous revoir ! Vous aussi vous êtes là pour Nomis ?
   – Oh que oui ! J’ai appris qu’il avait abandonné et trahi plusieurs fois mon mentor, le colonel Covelian, aussi est-il hors de question que je quitte les lieux sans l’avoir transformé en bouillie de steack haché !
   J’avoue avoir du mal à visualiser intérieurement ce qu’elle vient de dire. Une chose est sûre, ça me fait froid dans le dos.
   – Cool !
   – Hâte de voir ça !
   – Je prendrai des holophotos !
   – Et moi je ferai un holofilm.
   Ça, c’est les hommes de Hoyddings. Toujours fidèles à eux-mêmes. Malgré la zen attitude de Gédéon Saint-Lazare à mes côtés, je suis de moins en moins rassuré. Est-ce qu’il ne sous-estime pas cette bande de tueurs surentraînés et joyeux lurons ?
   Comme s’il lisait dans mes pensées, l’homme-poulet me tapote la main et me fait :
   – Vous n’avez rien à craindre, mon ami, tchip. Ces agents du BSI, aussi forts et expérimentés soient-ils, et même avec l’aide d’un nexu, n’ont aucune chance de survivre aux pièges que j’ai concoctés, je vous le répète. Tchip.
   – Vraiment ?
   – Oh que oui, tchip ! Il y en a plein, aussi variés que sympas, et à un point tel que j’envisage de développer le concept sous la forme d’une franchise de parcs d’attraction. J’ai même déjà pensé à un nom : Saint-Lazaric Park. Tchip. Vous en pensez quoi ? Ça envoie du pâté impérial, hein ?
   – Top moumoute, que je réponds parce que je ne vois vraiment pas quoi répondre d’autre. C’est peut-être un génie mais y’a des fois, quand je l’écoute, il me fatigue tellement que je sentirais presque mon cerveau fondre.
   – Encore un peu de – tchip – pop-corn et de caco-calo ?
   – Avec plaisir.
   Heureusement, comme il vient de le faire, il arrive encore à sortir des paroles profondément intelligentes.
   Pendant ce temps, Zavid, Kiki, Hoyddings et les autres se sont remis en route, galvanisés par leur victoire. Je constate vite qu’ils ne rencontrent plus aucune résistance, ce qui ne manque pas de m’inquiéter.
   Je vais pour m’en ouvrir auprès de Saint-Lazare quand Kiki, qui mène les troupes, est stoppé net par un obstacle invisible et se retrouve à terre, à moitié sonné.
   Son gros flingue à la main, Zavid s’avance avec circonspection et tend la main, jusqu’à elle aussi être confrontée à l’obstacle.
   – On dirait du verre, qu’elle fait.
   – ET OUI ! retentit la voix de Saint-Lazare dans les hauts-parleurs ; je vois qu’il a un micro à la main. BIENVENUE DANS MON GRAND LABYRINTHE DE VERRE ! VOUS Y RENCONTREREZ – TCHIP – DES DANGERS MORTELS ! MOUHAHAHAHAHA !
   – Rien à foutre, rétorque Zavid en pointant son blaster-mitrailleur sur la paroi de verre en face d’elle.
   – JE SERAIS VOUS, JE NE FERAIS PAS…
   Elle tire. Tire. Tire. Retire. Retire encore. Et s’arrête là parce qu’elle se rend alors compte que tous les tirs sont déviés et rebondissent sur les parois autour, obligeant tous les agents du BSI présents à se lancer dans une magnifique danse effrénée d’esquives qui, j’en suis convaincu, leur vaudrait un prix dans la célèbre émission « L’Empire a un incroyable talent ».
   Seul Kiki, toujours sonné, est plus lent qu’avant, et ce qui devait arriver arrive : un tir le touche. Pas beaucoup, hélas, genre il a juste quelques poils de roussis, mais ça suffit pour que Zavid se jette sur lui pour le protéger, tout en poussant un cri si aigu que je crains un instant qu’il ne détruise les parois de verre.
   Ouf, elles tiennent.
   Dès qu’elle s’est assurée que Kiki va bien, et une fois les tirs dissipés, Zavid lève un poing vengeur vers le ciel et clame :
   – Ça aussi tu me le paieras, Nomis !
   – Mais enfin, c’est trop pas juste, ça ! que je réponds à l’écran derrière lequel elle ne peut pourtant pas m’entendre. En plus c’est cette crétine qui a tiré, j’y suis pour rien si elle est débile !
   – Je t’ai entendu, Nomis, répond Zavid, verte de rage. T’es mort ! Mort ! Mort ! Mort !
   Mais comment ?
   C’est seulement à ce moment que j’avise Saint-Lazare qui s’était approché de moi, son micro tendu vers mes lèvres.

   Décidément, il a décidé de ne pas m’aider, lui…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 19 Déc - 11:44

LXXXIII


Je commence à me rassurer en voyant les membres du BSI errer comme des ânes dans le labyrinthe de verre, se prendre des parois invisibles en pleine tête quand ils manquent de prudence, le tout sans se rapprocher le moins du monde de la sortie.
En plus des caméras braquées sur eux, il y a une autre, aérienne, qui nous donne une belle vue d’eux du dessus, avec en incrustation numérique – juste pour les yeux de Gédéon Saint-Lazare et de moi-même – le bon chemin pour s’en sortir.
Donc oui, ils ne sont décidément pas près de s’en sortir.
Par contre, l’excitation induite par le danger représenté par ces envahisseurs qui veulent ma peau se dissipe vite, vu qu’ils semblent fermement décidés à ne pas prendre la bonne route pour sortir du labyrinthe.
Du coup, je commence à soupirer parce que les voir se cogner, ça devient lassant au bout de la cent-cinquante-deuxième fois. Quand j’entends Saint-Lazare soupirer à son tour à mes côtés, je comprends qu’il ressent la même chose que moi.
– Y’a pas moyen de mettre un peu de piment ? que je demande.
– Oh que si, tchip ! Et je crois que je vais m’y coller dès maintenant, histoire d’éviter qu’on s’endorme.
Il appuie sur un bouton et des points rouges apparaissent sur notre diagramme du labyrinthe.
– Parfait, commente-t-il. Le groupe de votre ami Hoyddings se dirige droit vers un piège. Vous allez voir ça, mon cher Nomis, on va bien rigoler, tchip !
Je regarde avec espoir.
Hoyddings est en tête des siens : il pose un pied par terre, reste immobile quelques secondes, puis met l’autre pied devant, attend quelques secondes, etc. Très chiant, quoi. Si c’est avec ce type de concept que Saint-Lazare compte monter un parc d’attractions, j’ai des doutes quant à son succès.
Mais tout change quand Hoyddings arrive sur le point rouge. Il pose le pied… et Saint-Lazare écrase son poing sur un bouton en émettant un cri de triomphe. Le sol s’ouvre sous les pieds de Hoyddings, qui bat désespérément des bras, comme s’il était un homme-poulet voulant s’envoler.
Mais comme ce n’est qu’un homme, le voilà qui perd l’équilibre... mais parvient à éviter la chute ! Il est étiré à l’horizontale, de tout son long, en travers de la trappe, le bout des pieds reposant sur un bord et ses mains sur l’autre. Hum… Il est plus grand que je ne l’aurais pensé.
Au fond du trou dévoilé par la trappe, je vois des pics métalliques dressés fièrement vers le ciel et qui n’attendent que sa chute.
– Waouw, que je fais. Superbe rebondissement !
– Oui, hein ? Il faut savoir doser le suspense, tchip. Mettre les gens en confiance, les amener à penser qu’il ne se passe rien pour endormir leur vigilance et vlan ! Un événement survient ! Faites-leur le coup quatre ou cinq fois et croyez-moi, ils n’auront plus le temps de s’ennuyer car sauront que tout peut arriver… et n’importe quand !
– C’est vraiment du bon boulot, que j’acquiesce tout en regardant Hoyddings qui tremble et qui crie :
– Hoy ! Hoy ! Hoy ! Opération « Sauvez-moi, les gars ! ». Je ne vais pas tenir longtemps !
L’un de ses hommes s’approche, s’agenouille et dit :
– Patron, tant qu’on est là et puisqu’on a un peu de répit, on pourrait peut-être parler de mon augmentation.
– Hein ? Quoi ?
– J’ai fait dix-huit demandes d’augmentation ces six derniers mois et elles ont toutes été systématiquement refusées.
– Mais… mais…
– Vous êtes sûr qu’il n’y a vraiment rien à faire pour mes émoluments ?
– Hoy ! Hoy ! Aucun problème, on va arranger ça ! Tu demandais 10%, c’est ça ? Promis, à la prochaine halte dans une station du BSI, on officialise ta hausse de salaire !
– 10% ? Ah non. Maintenant, c’est 30.
Hoyddings tremble de plus en plus. Je me demande s’il va réussir à tenir le temps de finir les négociations. Son front dégouline tellement de sueur qu’on dirait une cascade.
– D’accord ! 30% ! Aucun problème ! Hoy ! Aide-moi, maintenant !
– Excuse-moi, Enzo, intervient un autre des hommes, mais je dois moi aussi parler au lieutenant Hoyddings.
– Je t’en prie, fait l’autre.
– Chef, je trouve que la prime de risque que nous touchons est vraiment ridicule au regard des situations plus que dangereuses que nous affrontons au quotidien. Je pense que la doubler serait la moindre des choses, non ?
– Hoy ! Hoy ! Prime doublée, OK ! Sortez-moi de là, maintenant !
– À mon tour, dit le troisième des hommes d’Hoyddings en s’approchant à son tour.
Sauf qu’il s’est un peu trop précipité, qu’il bute sur « 30% d’augmentation » qui le précédait, lequel tombe sur Hoyddings mais parvient à s’accrocher au bord tant bien que mal.
Le lieutenant Hoyddings, porté par des réflexes que je lui envie soudain, lâche prise, s’accroche à « 30% d’augmentation », lui passe devant et parvient à remonter, le tout en moins de trois secondes.
Il y a une chose qui est dommage. Saint-Lazare et moi-même sommes en train de l’applaudir pour cet exploit mais il ne peut pas nous entendre. L’homme-poulet me rassure :
– Ah mais dans le parc d’attractions, il y aura des applaudissements enregistrés pour souligner ce genre d’exploit, tchip. Et sans doute même des récompenses à la clé !
Décidément, je crois de plus en plus à son concept.
Pendant ce temps, Hoyman Hoyddings a repris son souffle et s’est essuyé le front, tandis que « 30% d’augmentation » crie à l’aide dans son dos, et que ses doigts glissent peu à peu du bord. Hoyddings fait un pas en arrière, sans se retourner, et écrase les doigts de son subordonné.
Celui-ci hurle de douleur, lâche prise, tombe et se retrouve empalé sur les pics. Mort de chez mort.
– Beurk ! C’est dégoûtant ! que je fais, écœuré par le spectacle.
– Oui, fait Saint-Lazare, mais regardez ça, me répond-il en me tendant une feuille plastifiée.
Je prends l’objet et découvre mon propre visage en train de faire une hideuse grimace.
– Et oui, Nomis, c’est une photo prise de vous au moment où vous avez vu l’agent du BSI être empalé. Avouez que ça vous fait une tronche rigolote, hein ? Et bien dans le parc d’attraction, des photos telles que celle-ci seront systématiquement prises et seront vendues aux gens pour qu’ils aient un souvenir sympa. Tchip !
Impressionnant. Il a pensé à tout, en fin de compte.
Dans le labyrinthe, Hoyman Hoyddings se retourne lentement, jette un œil froid à son subordonné mort et dit froidement :
– Hoy hoy et oups. Je n’ai pas dû poser mon pied là où il fallait. Quel dommage pour lui, on n’a pas eu le temps de signer l’avenant à son contrat qui l’augmentait de 30%. C’est pas de chance.
De là, il se tourne vers son séide qui lui a extorqué une double prime et lui dit :
– Hoy hoy. Puisque tu touches une double prime, tu passes le premier. Autant que tu prennes tous les risques vu que tu es payé pour.
L’autre blêmit, et encore plus quand Hoyddings ajoute :
– Ne t’inquiète pas, je suis juste derrière toi pour t’aider en cas de problème.
C’est fou comme son sourire fait froid dans le dos tellement il est hypocrite…
L’agent du BSI bredouille :
– Non mais en fait, la prime actuelle est super. Euh… sans doute même trop élevée.
– Tut tut ! répond Hoyddings. Je n’ai qu’une parole, mon cher. Donc tu passes devant… double prime. Hoy ! Hoy !
L’autre déglutit nerveusement et prend la tête – basse – du groupe.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 19 Déc - 15:23

Ah oui tu es à la bourre ici Wink

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 19 Déc - 15:48

On fait ce qu'on peut, comme d'hab^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 3 Jan - 23:21

LXXXIV


– Vous pensez que ce Hoyddings pourrait être assez mesquin pour ne pas aider son subordonné en cas de danger mortel, tchip ? me demande Saint-Lazare.
– Je me le demande aussi. Il n’a pas l’air content, en tout cas…
– Nous allons vite avoir la réponse, fait Saint-Lazare en pointant le point (logique) rouge suivant vers lequel le groupe se dirige. Et dès que Double Prime met le pied dessus, Saint-Lazare appuie sur le bouton qui dévoile une nouvelle trappe avec les bons vieux pics acérés en bas.
Tout comme Hoyddings précédemment, Double Prime est déséquilibré, lui aussi bat des bras comme s’il avait des ailes, avec aussi peu de succès que son successeur… quoique ! Le voilà qui se rétablit, toujours debout, au bord du gouffre.
– Ouf, c’est bon, qu’il fait en s’essuyant le front baigné de sueur. Je l’ai échappé belle !
Sur l’écran, je vois Hoyddings s’approcher subrepticement par derrière, jusqu’à être à dix centimètres de l’oreille de Double Prime.
Et là il hurle :
– ATTENTION ! Y’A UN TROU ! HOY !
L’autre sursaute tellement qu’il tombe, avec un très joli cri de terreur.
Hoyddings regarde le cadavre empalé de son subordonné, hausse les épaules et dit :
– Je l’avais prévenu, pourtant.
Puis, se tournant vers les survivants :
– Hoy hoy ! Quelqu’un d’autre veut une augmentation de salaire ou de prime ?
– Non merci.
– Moi je me trouve surpayé.
– Quand on gagne trop d’argent, ça fait tourner la tête donc moi, je suis très content avec ce que j’ai.
– Parfait, les gars. Hoy hoy ! On y retourne !

*
**

Pendant ce temps, nous constatons que mine de rien, Diva Zavid et Kiki avancent bien et se rapprochent peu à peu de la sortie.
Quand je m’en ouvre à Saint-Lazare, celui-ci éclate de rire :
– Cot ! Cot ! Cot ! Il n’y a rien à craindre. Car je vais déclencher mon prochain piège mortel, qui va se répandre dans tout le labyrinthe et face auquel nul ne peut rien. Tchip !
Hâte de voir, que je fais en me resservant un verre de caco-calo. Histoire qu’il passe mieux, j’émets un rot sonore, qui fait sourire Saint-Lazare avant qu’il n’éructe à son tour, beaucoup plus bruyamment.
Nous rions tous les deux et nous voilà vite en concours du plus beau rot. Ah, les plaisirs simples entre hommes ! Ou plutôt entre homme et homme-poulet.
Mais quand une alarme sonne, nous reprenons de suite notre sérieux.
– Qu’est-ce qui se passe ? que je demande.
– Aïe. La femme et le nexu sont dangereusement proches de la sortie. Il est grand temps d’activer le prochain piège.
J’espère qu’il est bien, son piège, parce ça m’embêterait beaucoup qu’ils parviennent à me mettre la main dessus. Plus ce sera difficile pour eux, plus je le sentirai passer s’ils m’attrapent.
Saint-Lazare appuie sur un nouveau bouton et de la fumée commence à envahir le labyrinthe via le système de climatisation.
– Gaz mortel ? que je demande, un peu choqué quand même de le voir employer un moyen aussi radical.
Car oui, je suis un être humain sensible, au cas où on l’oublierait.
– Exactement, Nomis ! Seule la femme et le nexu ont une chance de s’en sortir vu qu’ils sont proches de la sortie, mais pour les autres, en revanche, tout est perdu, tchip…
Je frissonne en entendant ces paroles définitives, et aussi parce qu’il a tamisé l’éclairage et repris sa lampe pour s’éclairer le visage par en-dessous : ça fait toujours autant flipper.
À cause de la fumée, on ne voit plus grand-chose du labyrinthe. Mais sur le diagramme, on voit les agents avancer laborieusement, sous forme de petits points informatiques verts.
Nous reste le son, car après quelques toussotements, ce sont des rires, de plus en plus tonitruants, qui s’élèvent des haut-parleurs.
– Votre gaz mortel les fait mourir de rire ? C’est plus sympa que s’ils mouraient dans d’atroces souffrances, en tout cas. Bravo à vous.
– Mais… non. C’est censé être un vrai gaz mortel qui fait fondre tout l’intérieur du corps. Je ne comprends pas, tchip.
– Ça ressemble plus à un gaz hilarant, que j’insiste.
– Ah zut, tout s’explique, alors ! Pour rigoler, j’ai fait respirer du gaz hilarant à un de mes serviteurs l’autre jour, et non seulement il n’a pas rigolé mais il est mort après une longue agonie, des boutons partout et du sang qui sortait des yeux, des oreilles, du nez et de la bouche.
– Alouette. Euh… amen, voulais-je dire.
– Se pourrait-il que j’ai inversé par inadvertance les deux gaz ?
– Ce serait ballot.
– Ça veut surtout dire qu’ils ne risquent pas de mourir, et que la femme et le nexu vont réussir à sortir vivants du labyrinthe, tchip !
– Quoi ? Mais alors je suis en danger !
– Mais non. Il y a plein d’autres pièges !
Sur les écrans, le gaz commence à se dissiper mais il n’en reste pas moins efficace : Zavid avance tout en riant aux éclats, ce que je trouve totalement contre-nature tant c’est aux antipodes de son caractère habituel. Je sens que sa haine envers moi va atteindre un nouveau palier pour avoir osé la faire rire. Même si c’est pas ma faute, je ne me fais pas d’illusions : ce sera encore pour ma pomme.
Quoiqu’une autre pensée me vient alors. Et si Zavid avait la tare – parmi toutes les autres dont elle est affligée – de ne pas savoir rire ? Peut-être qu’elle me remerciera de lui avoir ouvert de nouveaux horizons ?
J’ai vite la réponse quand elle pose le pas hors du labyrinthe et qu’elle dit rageusement à la première caméra venue :
– La prochaine et dernière fois de ma vie que je rirai, Nomis, ce sera quand j’appuierai sur la détente de mon fusil-blaster mitrailleur enfoncé dans ta bouche jusqu’à la gorge !
J’ai envie de pleurer. Pourquoi tant de haine ?
– J’ai trouvé la sortie, les gars, qu’elle reprend à l’intention de Hoyddings et de ses hommes, pliés de rire loin de là. Suivez-moi les traces de Kiki, ses pattes sont pleines du sang de l’hydre, ça fait une piste facile à suivre.
– Elle est aussi vindicative qu’efficace, hein ? me fait Saint-Lazare en me donnant un coup de coude complice.
– Trop. Y’a moyen de l’arrêter ? Parce que bon, elle commence à m’inquiéter, là. Surtout qu’ils vont tous sortir du labyrinthe dans peu de temps.
– Aucune inquiétude, mon cher Nomis, tchip. J’espère qu’ils ont tous une bonne ouïe, parce qu’ils vont vite le regretter ! Cot ! Cot ! Cot !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 6 Jan - 9:41

LXXXV


Et voilà la pas très fine équipe du BSI réunie à la sortie du labyrinthe, mains sur les flingues, prêts à en découdre avec les pièges suivants concoctés par l’esprit brillamment tordu – ou complètement taré, au choix – de Gédéon Saint-Lazare.
L’un des hommes d’Hoyddings est secoué par une ultime crise de rire. Pas de chance pour lui, et surtout pour son collègue devant lui, cette crise fait que sa main se crispe sur la détente de son blaster. Le coup part, l’autre est atteint en plein dos et s’écroule à terre, immobilement mort. Oui, je sais, « immobilement » n’existe pas, mais je vais au bout de mon tic d’écriture consistant à mettre le plus d’adverbes possibles dans cette histoire.
À mes côtés, Saint-Lazare sautille de joie, tout content d’assister à cet accident mortel. Il me balance un nouveau coup de coude et me dit :
– C’est ce qu’on appelle mourir de rire, non ?
Décidément, ce type n’en finira jamais de me faire peur…

Hoyddings se charge de l’épitaphe de son camarade tombé au combat :
– Adieu, compagnon de tant de luttes acharnées. Adieu, soldat Darok…
– Nan, chef. Darok, Gal de mon prénom, c’est moi. Lui, c’était Olbotar Horlack.
– Ah oui, c’est vrai. Faut dire que vous vous ressemblez tous, aussi, c’est pas facile de s’y retrouver.
Les autres se regardent : le grand Noir, le petit Asiatique, le Blanc avec plein de muscles, puis ils regardent le cadavre à leurs pieds, qui fut un petit homme replet. Comme ils reposent ensuite leurs grands yeux étonnés sur Hoyddings, celui-ci leur répond en haussant les épaules :
– Oui, bon, désolé, je n’ai jamais été physionomiste…
Et ils reprennent leur route.

Mais pas longtemps ! Car devant eux se profile un nouveau danger, un nouveau piège mortel à moins que non, qui saurait le dire ?
En effet, le couloir qu’ils suivaient jusque-là comme ils savent si bien le faire, à savoir bêtement, se divise soudain en deux. Au mur, deux panneaux fléchés. L’un indique « Salle de contrôle », l’autre « Piège mortel, passez votre chemin ».
Les voilà dans l’expectative, et je les comprends : les panneaux ont-ils été intervertis pour les induire en erreur, ou indiquent-ils réellement les bonnes directions ?
Suspense insoutenable, auquel je tente de mettre fin en demandant à Saint-Lazare ce qu’il en est.
– Bien sûr que les panneaux ont été intervertis ! qu’il me répond, à nouveau tout émoustillé et battant des ailes. S’ils suivent le soi-disant bon chemin, ils tomberont dans le piège suivant. Et s’ils suivent le soi-disant mauvais chemin, ils arriveront jusqu’à nous. C’est génial, cette idée de double piège, non ?
J’ai un doute, mais je préfère me taire et voir comment les choses vont évoluer.
Face au carrefour, Hoyddings et Zavid réfléchissent.
– Hoy ! Hoy ! On serait idiots de suivre le panneau « Piège mortel », donc suivons l’autre !
– C’est forcément un piège, répond Zavid. Il faut donc suivre l’autre panneau.
– Oui mais si ce n’est pas un piège, on aura l’air fin puisqu’on tombera dedans quand même.
– À moins que ce ne soit un double piège…
– Comment ça ?
– Saint-Lazare se dit qu’on va suivre le panneau « Piège mortel » parce que sinon c’est trop évident, mais si ça se trouve, c’est fait exprès.
– Ou alors c’est un triple piège ! Il pense que nous allons penser que…
– Ou un quadruple ! Il pense que nous allons penser qu’il pense que… euh… Zut, ça y est, j’ai perdu le fil.
– Hoy hoy. Moi aussi. On fait quoi, du coup ?
– Revenons à des choses plus simples, mais pas trop. On va suivre le panneau « Salle de contrôle ».
– Hoy !
Saint-Lazare est au comble de l’excitation à mes côtés, ses ailes frétillant comme jamais. Un instant, je me demande s’il ne va pas s’envoler, si son génie n’a pas été jusqu’à repousser les limites classiques de la poule, qui ne peut pas voler, mais non.
Il me dit :
– Les imbéciles ! Ils ont réagi exactement comme je l’avais soupçonné en installant ce piège élaboré.
– Ah ouais ? que je fais.
– Bien sûr ! Évidemment que le panneau « Salle de contrôle » mène au piège mortel, naïfs qu’ils sont !
L’esprit retors de Saint-Lazare m’impressionne. Mais pas longtemps. Car à l’écran, l’équipe du BSI se retrouve face à une porte métallique close, à laquelle Hoyddings, sans doute conditionné par une éducation traditionnelle, choisit de toquer.
Je fais à Saint-Lazare :
– Trop super, vous avez installé un son dolby surround panoramique ?
– Euh non, pourquoi ?
– Ah ? J’aurais juré que j’avais entendu toquer à la porte sur l’écran, mais que le bruit venait aussi de derrière nous.
On se regarde, on se retourne vers la porte de la pièce, on repose nos yeux sur la porte à l’écran.
– Elles se ressemblent vachement, quand même, que je murmure. Se pourrait-il que…
Hoyddings toque à nouveau, et nous sursautons dans nos fauteuils. Nul doute n’est plus permis : c’est bien à notre porte qu’il frappe.
– Mais je croyais que…
Je m’interromps en voyant Saint-Lazare se prendre la tête à deux mains. L’air désespéré, il me dit :
– Je pense que le technicien qui a installé les panneaux s’est complètement planté, et qu’il a mis les bons panneaux au bon endroit, en fait. Pourtant, je lui avais bien expliqué ce que je voulais. J’aurais dû me douter à son air bovin et stupide qu’il n’avait rien compris de la subtilité de la manœuvre.
– On ne peut jamais compter sur le petit peuple, que j’acquiesce solennellement. Il ne comprend jamais rien à ce que veut l’être supérieur tel que nous…
– Le génie est incompris, qu’on dit tous les deux en même temps.
Alors tout est fini pour moi ? Les agents du BSI vont entrer et me faire prisonnier voire m’abattre ? Ainsi s’achèverait misérablement la vie du plus grand journaliste de la galaxie. Chienne de vie !
– N’ayez crainte, mon cher Cirederf, je suis loin d’avoir dit mon dernier mot.
Je fais un bond dans mon fauteuil en entendant ces mots, prononcés sur un ton sépulcral, et aussi parce qu’il a rallumé sa lampe de poche pour éclairer son visage par-dessous, ce qui est toujours aussi flippant.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 6 Jan - 9:42

LXXXVI


– Va falloir qu’on pense à fuir, non ? que je demande.
– Sûrement pas ! Les fuites, c’est pour les faibles et pour les couches bas de gamme. Or je ne suis ni faible ni ne porte de couches, tchip !
– On… On va les affronter, alors ?
Décidément, je suis de moins en moins rassuré. On a affaire à des tueurs professionnels surentraînés. Et de mon côté, la seule fois de ma vie où j’ai manié un blaster, je me suis retourné un ongle en appuyant sur la détente et j’ai eu mal au doigt pendant deux jours. C’est bien simple, à un moment j’ai même cru que j’allais perdre mon doigt tellement la douleur était insupportable, ce qui m’aurait posé de graves problèmes.
Bah oui, taper au clavier avec un doigt en moins quand on est journaliste, ça sent la galère à plein nez. Et puis c’était le majeur, donc comment j’aurais fait pour faire des doigts d’honneur aux importuns ?
Heureusement, mon système immunitaire – supérieur – a pris le relais et mon pauvre doigt a fini par s’en remettre.
À l’écran, je vois l’équipe du BSI en action : ils ont démonté le panneau de contrôle de la porte blindée, fermement décidés à provoquer un court-circuit. Ou à faire un truc abscons et qui me dépasse parce que c’est compliqué, l’électronique. Bref, ils bidouillent la porte en espérant l’ouvrir.
– Saint-Lazare ? que je fais, de plus en plus inquiet.
– Oui, oui, une minute, qu’il me répond, occupé à taper des trucs sur son clavier.
Je reporte mon attention sur les agents du BSI, en grande discussion.
– Là, tu coupes le fil rouge et le vert, et tu les relies ensemble.
– T’es sûr ? Moi j’aurais mis le bleu et l’orange ensemble.
– Hoy ! Hoy ! Décidez-vous mais décidez-vous vite, je sens qu’on touche au but !
– Si j’avais la puissance de feu nécessaire, ça fait longtemps qu’on l’aurait franchie, cette maudite porte ! ajoute Zavid en grinçant des dents.
Finalement, l’un des hommes fait sa bidouille avec les fils… et se retrouve pris de convulsions impressionnantes.
– Hoy ! Hoy ! Ne le touchez pas, cet imbécile a oublié de faire une dérivation, il est en train de se prendre 10 000 volts.
Le corps de l’agent commence à fumer, puis ses vêtements prennent feu, et il lâche enfin les câbles avant de s’écrouler au sol, mort de chez mort.
– Pouah, ça pue !
– Prim’s pour récupérer son ordi, il a des super jeux dessus !
– Je l’avais bien dit que c’était pas les bons fils, hoy !
Je trouve qu’en terme d’épitaphe, on a déjà vu mieux, mais bon… Après tout, ce sont des barbouzes, et dans « barbouze » il y a « barbare », ou presque.
Finalement, c’est Zavid qui prend les choses en main, les choses en question étant son blaster-mitrailleur, qu’elle colle contre le panneau de contrôle ouvert de la porte fermée, avant d’appuyer sur la détente, et encore, et encore, et encore.
Étincelles, mini-explosions, bouts de métal qui fondent… tel est le résultat de ses efforts, avant qu’une nouvelle cloison de métal de métal ne se referme devant la porte.
– Tchip ! Elle est vraiment stupide, celle-là ! En cas de souci, une deuxième porte, anti-explosions cette fois-ci, vient renforcer la première. Et c’est précisément ce qui vient de se passer !
– MOI, STUPIDE ? T’ES UN HOMME MORT ET PLUS QUE MORT, NOMIS !
Mais que… Et là j’avise le coude plumu – oui, c’est l’adjectif que je viens d’inventer et qui décrit le mieux le coude de Saint-Lazare, tout comme on parle de coude poilu pour les Wookiees – de mon comparse, qu’il a par inadvertance posé sur le bouton du haut-parleur.
Bref, elle l’a entendu. Par contre, je rectifie tout de suite les choses en parlant dans le micro :
– Nan mais Zavid, c’est pas moi ! C’est Saint-Lazare !
– M’en fous ! J’aurais quand même ta peau !
– Mais…
– Deux fois !
Là, je préfère me taire. Je sens que quoi que je dise, elle restera hermétique à mes paroles, aussi sensées soient-elles. Quelle plaie, ces militaires obtus.
– Qu’on me donne un détonateur thermal, fait Zavid, plus que jamais glaciale, en tendant la main derrière elle.
Les autres se regardent, plus qu’inquiets et je les comprends, mais Hoyddings finit par lui en donner un. Le regard de Zavid se fait plus doux quand elle regarde la bombe. Elle lui sourit, la caresse en lui murmurant des trucs, comme une mère le ferait avec son bébé adoré.
Cette femme me fera toujours flipper…

– Voilà, j’ai terminé la réécriture de mes protocoles, tchip ! s’exclame alors Saint-Lazare en levant les yeux de son terminal informatique.
– Protocoles ? Comme à une cour royale ? que je demande, incrédule.
Il se contente de me lancer un regard indéchiffrable avant d’enchaîner :
– Ce complexe est bien plus vaste qu’il n’y paraît. Il s’étend sur des kilomètres sous terre, avec plein de super pièges que j’ai conçus moi-même. Toutes les salles communiquent grâce à des tunnels dotés d’ascenseurs… ou non, pour que les éventuels envahisseurs s’écrasent comme des meilooruns pourris ! Sans parler des trappes dissimulées un peu partout, qui permettent là encore de faire tomber qui on veut dans la salle qu’on veut ! Tchip ! Tchip ! Que tout cela est excitant !
– Euh… Saint-Lazare ? que je fais pour tenter d’attirer son attention.
Il faut dire qu’à l’écran, les agents survivants du BSI partent en courant se mettre à l’abri, loin de Zavid qui a activé son détonateur thermal et s’approche de la porte d’un pas décidé.
– C’est bon, tchip ! C’est parti pour la technique du toboggan géant ! s’enthousiasme Saint-Lazare en enfonçant un gros bouton rouge devant lui.
Alors que je me demande s’il n’est pas devenu complètement fou, je vois Zavid tomber à terre dans le couloir, ainsi que Kiki et les autres.
– Hoy ! Hoy ! Faites gaffe, le sol bouge !
Et de ce fait, la longue plaque métallique qui compose le sol du couloir se met en pencher en direction de Zavid et de sa bestiole maléfique, comme si leurs poids conjugués faisaient pencher une balançoire géante.
À l’autre bout du couloir, c’est l’inverse : Hoyddings et les siens montent lentement et tentent en vain de s’accrocher.
Ils ne trouvent rien de mieux à faire que de s’accrocher les uns aux autres, et c’est ainsi que la grappe qu’ils forment tombe directement sur Zavid, qui a l’air de se demander si elle ne devrait pas leur balancer son détonateur thermal, et sur Kiki qui gronde, menaçant, les babine retroussées.
– Poussez pas, derrière, hoy ! crie Hoyddings, propulsé en avant par ses hommes.
Mais rien n’y fait. La gravité est une fois de plus encore et toujours la plus forte. Hoyddings et compagnie ne percutent pas Zavid et Kiki, tombés entretemps dans le trou béant apparu sous leurs pieds, mais ils les rejoignent vite.

C’est à cet instant que je commence à me détendre. On dirait bien que finalement, Saint-Lazare a tous les atouts en main pour mater mes ennemis. Par contre, j’hésite encore pour ce qui est de me laisser transformer en homme-poulet…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 7 Jan - 10:44

LXXXVII


– Tchip ! Tchip ! Tchip ! fait Saint-Lazare en battant frénétiquement des ailes. Et ce n’est que le début : regardez bien, Nomis !
Une nouvelle caméra prend le relais : à l’écran, une pièce qui semble vide, avec un gros trou circulaire au plafond, dont parvient un murmure qui, en se rapprochant, se transforme en un chœur de cris de terreur.
Kiki tombe lourdement au sol. Zavid lui tombe à son tour dessus. Puis les autres.
Et là, tout s’enchaîne très vite ! La caméra recule et dévoile que les agents du BSI ne sont pas seuls dans la pièce : une énorme créature velue d’au moins cinq mètres de haut s’avance vers en haut en grognant de colère.
À ma grande surprise, je reconnais le célèbre gorille géant Kong King, et Saint-Lazare répond immédiatement à mon interrogation muette :
– Oui, j’avoue que j’ai toujours adoré les vieux films avec Kong King, alors j’ai décidé de l’intégrer parmi mes monstres personnels, tchip !
Je suis époustouflé par une telle prouesse technologico-génétique, et je ne manque pas d’en complimenter Saint-Lazare.
– Moi aussi j’adorais ça quand j’étais môme ! C’est incroyable de le retrouver là. J’ai l’impression de retomber en enfance, de revoir toutes les scènes de ses films où il écrase des gens, les broie, les écartèle, les mâche, arrache les habits de ses prisonnières… euh… Bref. C’est le vrai ?
– Bien sûr que non, me répond Saint-Lazare d’un ton un brin condescendant. Le vrai n’existe pas. Mes multiples tentatives pour en créer un ont malheureusement toutes échoué.
– Mais alors qu’est-ce que c’est ? Un droïde géant ?
– Non. La réponse est beaucoup plus simple et maligne, tchip ! C’est un rancor !
– Ah ouais ? Dingue… Je ne savais pas que les rancors ressemblaient à ça quand ils ne s’épilaient pas.
– Pas du tout, ils sont imberbes. Tout ce que j’ai eu à faire, c’est commander un costume géant de Kong King et hop ! Une fois qu’il est enfilé par le rancor, la ressemblance est parfaite !
– Je trouve ça génial ! Et d’une élégance rare !
– Merci, merci, tchip, répond Saint-Lazare en savourant mes compliments.
Sauf que de l’amas de corps et de membres enchevêtrés vers lequel Kong King s’avance – et il l’air d’avoir une sacrée faim vu comme il beugle –, Diva Zavid en émerge, l’air très calme voire serein, fait trois pas vers Kong King et lui balance à la tête le détonateur thermal qu’elle n’a jamais lâché.
Quand la fumée se dissipe, on distingue parfaitement les jambes de Kong King, ainsi que le bas du ventre qui les relie. Au-dessus, il n’y a plus rien.
Zavid, l’air étonné, presque candide, demande à ses camarades :
– J’ai rêvé ou c’était Kong King ?
– Hoy ! J’ai cru que j’allais mouiller mon pantalon. Faut dire que j’ai vu tous les films, alors le voir en vrai, comme ça…
Peu rassuré face à la démonstration de leur force de frappe, je coule un regard anxieux en direction de Saint-Lazare. Il est aussi blême qu’un vampire de holofeuilleton, la bouche entrouverte.
Il parvient finalement à articuler, des larmes dans les yeux :
– Mon rancor… Il était si gentil. Je l’avais reçu tout bébé, quand il était haut comme trois pommes et qu’un seul eopie suffisait à le nourrir pour la journée. Tchip à son âme. Ou paix.
Mes cheveux se dressent sur ma tête. Saint-Lazare va-t-il craquer ? Va-t-il renoncer ? Kong King était-il son dernier atout ? Bref, est-ce que je suis foutu, la seule vraie question qui vaille ?
Mais le chirurgien génial fronce soudain les sourcils, et je vous assure que c’est super effrayant sur sa tête montée sur un corps de poulet. Un rictus de haine déforme son visage et il marmonne entre ses dents qui grincent :
– Ah, vous voulez la guerre, bande de salopards sans foi ni loi ? Vous croyez peut-être que vous allez vous en sortir ? Vous rêvez, c’est moi qui vous le dis !
Il tape quelques lignes de code sur son ordinateur, avant de valider en appuyant sur le gros bouton rouge.
Aussitôt, je subis une attaque sonique sortie de nulle part, qui me fait bondir de mon siège pour m’affaler par terre. Bien sûr, ça ne change rien. Alors je plaque mes mains sur mes oreilles, de toutes mes forces. Aucun changement. Je sens presque mes oreilles fondre et me demande si je ne devrais pas me crever les tympans, parce qu’à part ça, je ne vois pas comment je pourrais m’en sortir.
Sauf qu’une main humaine au bout d’une aile de poulet géant me tapote l’épaule. Malgré les efforts que ça me demande, cloué au sol par l’infâme cacophonie qui me détruit de l’intérieur, je relève la tête.
Saint-Lazare s’est mis des écouteurs sur les oreilles et m’en tend un. Même si je ne vois pas bien ce que ça pourrait changer, je m’en empare et les coiffe.
Par miracle, je n’entends plus le son inhumain qui me détruisait les oreilles jusque-là.
– Qu’est-ce qui s’est passé ? que je bredouille en me relevant tout tremblant.
– Pardonnez-moi de ne pas vous avoir prévenu, mon cher Nomis, mais j’étais tellement énervé après ces barbares que j’ai lancé l’attaque suivante sur-le-champ. Il fallait qu’ils payent pour Kong King ! Et voyez comme c’est efficace ! me dit-il en tendant l’aile vers l’écran.
Toute la clique du BSI est à terre, mains sur les oreilles, comme moi il y a quelques secondes, tandis que Kiki semble hurler son désespoir à la lune.
– Cette attaque sonique est effroyablement efficace, que j’admets, presque compatissant pour les agents du BSI parce que je sais ce que c’est que d’endurer cette torture.
– Oui, n’est-ce pas ? Tchip ! Le procédé est très simple : il s’agit de diffuser sur une certaine fréquence – une qui s’entend directement au niveau du cerveau – tout ce que la galaxie a produit de plus affreux en matière de musique – et vous pouvez me croire, mon cher, il y en a ! – et hop, le tour est joué ! Grâce à nos casques, la fréquence ne passe pas donc nous n’en subissons pas les effets. Tchip.
– Waouw. Que peuvent-ils espérer, désormais ?
– Rien ! J’ai déjà testé le processus sur des esclaves. Ils sont condamnés à devenir fous, à se lacérer la peau avec leurs ongles, à se tirer dans les oreilles à coups de blasters. Bref, tout est fini pour eux, tchip ! Tchip ! Tchip !
Malgré moi, je frissonne d’horreur. Puis je demande :
– Au fait, c’était quoi, ces sons hideux ?
– C’est une compilation du pire de la création humaine, à vrai dire. Pour le moment, ils subissent du Barnerd Menit et son groupe, les Mésclus.
– Ah oui, je dois bien admettre que c’est idéal pour la torture.
– S’ils survivent jusque-là, ils subiront ensuite du Dubét de Siorée, du Lecinci IV et la musique des Tulutebis. Et il y en a plein d’autres, de quoi tenir des heures, tchip ! Mais mes expériences m’ont prouvé qu’un être, aussi surhumain puisse-t-il être, ne survit pas plus d’une demi-heure à un tel châtiment.
Je le crois aisément.
Sauf que…
Voilà que l’improbable, genre impossible, se produit. Une nouvelle personne vient d’entrer dans la pièce. Blaster à la main, sans aucune protection auditive. Le fou, pourrait-on penser ! Peut-être, mais il ne semble pas affecté par l’attaque sonique. Pire, il sifflote innocemment, comme s’il appréciait ce qu’il entendait !
Il lève son blaster et dégomme calmement, un à un, tous les haut-parleurs de la pièce. Les agents du BSI se relèvent laborieusement, encore groggys.
– Ça alors ! fait Zavid. Comment avez-vous résisté ?
– J’ai toujours adoré ce type de musique. Je me suis même fait des compilations, si vous voulez.
– Non merci ! fait-elle avec une grimace de dégoût.
– Hoy ! Ce sera sans moi aussi !
Saint-Lazare est figé, estomaqué par la scène. Mais ce n’est rien à côté de moi.

Je connais bien le visage bovin de l’humain qui vient d’arriver. Et pour une fois, je ne le croise pas dans un placard à balais. Le colonel Covelian m’a retrouvé, et je le sens très mal pour ma tête.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 7 Jan - 10:45

LXXXVIII



– Qu’est-ce qu’il fiche là, celui-là ? que je demande à son image sur l’écran.
Contre toute attente, il me répond, ou plutôt il répond à Zavid qui lui a posé à peu près la même questionmais en plus poliment.
– Après que Nomis m’ait lâchement abandonné comme un chien sur une aire d’autoroute spatiale lors du départ en vacances de ses maîtres, j’ai été à nouveau capturé par les sbires de Gaga. Sauf qu’ils ne se sont pas assez méfiés : ils ne m’ont pas ligoté vu que j’étais inconscient. Mais quand je me suis réveillé et que j’ai constaté qu’ils n’étaient que quatre, j’ai attrapé la première arme venue et je me suis occupé d’eux en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.
– Waouw, commente Zavid. C’était quoi, comme arme ?
– Un cure-dent.
– Bravo colonel ! Il est vrai que le chapitre 137 du manuel de survie des agents du BSI porte sur la manière de tuer ses adversaires avec un cure-dent.
– Je sais, se rengorge Covelian : c’est moi qui l’ai écrit.
Je déglutis. Décidément, ce type sera toujours un grand malade.
– Bref, je me débarrasse des quatre gardes et je vole un vaisseau.
– Vous avez crocheté la porte et mis le moteur en route en bidouillant les fils sous le tableau de bord, comme dans le chapitre 88 du manuel de survie des agents du BSI qui traite du vol des véhicules terrestres et spatiaux ? demande Zavid.
– Nan. J’ai piqué le plus gros flingue des gardes que j’ai assommé et je l’ai collé entre les deux yeux du pilote d’un vaisseau qui venait d’entrer à ce moment dans le hangar. Il a louché d’une manière magnifique en essayant de regarder le canon du blaster-mitrailleur. De là, j’avais un pilote.
– Hoy ! intervient Hoyddings.
– Quoi, « hoy » ? demande Covelian.
– Dans sa bouche, c’est un synonyme pour « waouw », précise Zavid.
– Ah. J’en étais où ?
– Vous avez pris le pilote en otage.
– Oui. Donc on a décollé, et depuis on a pisté le vaisseau de Nomis, jusqu’à arriver ici.
Pendant que ses pairs du BSI le félicitent, je suis désespéré, et ça ne s’arrange pas quand Covelian ajoute :
– Bon, on se le défonce, ce maudit Nomis ?
Un chœur de vivats enthousiastes lui répond.
– Ils ont vraiment l’air de tenir à vous mettre la main dessus, tchip, me dit Saint-Lazare.
– Hélas, que je soupire.
– Décidément, les génies sont et seront toujours haïs par les êtres inférieurs.
– Aucun doute là-dessus.
– Sauf qu’ils ne sortiront pas vivants de ce donjon, mouhahahatchiphaha !
– Hein, quoi ? Quel donjon ?
– Pardonnez-moi, Nomis : j’ai été maître de jeu de rôles, j’ai encore des restes.
Je n’ai rien compris. Mais je ne demande pas d’explication supplémentaire.

Je commence à être las de tous ces ennuis, de tous ces gens qui m’en veulent alors que je ne leur ai rien fait. En tout cas, rien qui justifie un tel acharnement sur mon auguste et néanmoins modeste personne. Même Saint-Lazare commence à ne plus me sembler si fiable que cela.
Après tout, aucun des pièges précédents mis en place par ses soins n’a fonctionné. Enfin si, mais seulement pour éliminer de la piétaille. Les quatre éléments les plus dangereux à mes trousses, Zavid, Hoyddings, Kiki et Covelian, sont hélas toujours en vie.
Saint-Lazare n’a visiblement pas dit son dernier mot. Il reprend, tout en pianotant sur son clavier de commande :
– Ah, ils pensent encore avoir une chance de venir à bout des labyrinthes et des pièges mortels de cette forteresse unique en son genre ? Il faut croire que leur stupide confiance en eux n’a pas de bornes. Ils vont vite déchanter !
Sur ce, il valide les nouvelles instructions informatiques qu’il a écrites, et je vois que sur son plan de la forteresse, les pièces commencent à se déplacer, horizontalement comme verticalement, et que les couloirs se reconfigurent eux aussi.
Et là, pouf, une trappe s’ouvre sous les pieds des agents du BSI et ils tombent à nouveau. Voilà qui m’inquiète : la dernière fois que les déboires des agents du BSI ont commencé de cette manière, ils s’en sont sortis vivants. Qu’est-ce qui peut bien rendre Saint-Lazare confiant au point de croire que cette fois-ci, il va être plus fort qu’eux ?
Comme dans la salle précédente, ils tombent les uns sur les autres comme des sacs à patates qui pousseraient des cris et des grognements de douleur. Je saute sur mes pieds en lançant un « Yes ! » retentissant, poing fermé devant moi en signe de victoire, quand je vois Kiki s’écraser la tête la première. Hélas, il ne met que quelques secondes à se remettre sur pattes.
Les patates humaines du BSI se redressent à leur tour en massant leurs corps endoloris. Je scrute l’écran avec avidité afin de découvrir un éventuel monstre surpuissant, ou un robot géant, ou un cyborg à quatre bras qui se termineraient par des lames de mixer géant, mais je ne vois rien de rien. Alors je me tourne vers Saint-Lazare.
– Le prochain monstre est en grève ? Il est parti faire popo ?
– Hé hé hé… tchip ! Il faut savoir se renouveler, si bien que cette fois-ci non plus il n’y a pas de monstre. La salle dans laquelle ils sont tombés, je l’ai appelée…
Il marque un temps d’arrêt, la tête levée vers le ciel, et tout comme lui, sans doute, j’entends un roulement de tambours virtuel dans ma tête, pour faire monter le suspense.
Il finit sa phrase :
– … la salle du schplorf !
– Du quoi ?
– Du schplorf.
– Du quoi ?
– Du schplorf !
OK. Je crois qu’il est inutile d’insiste. Je choisis une autre approche :
– Et ça veut dire ?
– Regardez par vous-même, mon ami, tchip ! dit-il avant d’appuyer sur le gros bouton rouge de sa console de commande.
J’entends un grincement métallique et je vois les agents du BSI s’agiter. Il me faut quelques secondes pour remarquer que deux pans de mur se faisant face commencent à se rapprocher lentement l’un de l’autre.
Ah, ça y est, j’ai compris ! Quand les deux murs se toucheront, ce sont les corps des agents du BSI qui feront schplorf !

Il est fort ce Saint-Lazare ! Et quelle âme de poète pour le choix du nom de la salle.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 7 Jan - 22:58

Bien ça avance enfin un peu :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 8 Jan - 13:47

he ben dis donc! Je crois que j'ai un peu de retard! XD

Je lirai tout cela dès que j'aurai un peu de temps devant moi! Wink

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 8 Jan - 14:14

Ouaip, un petit peu de retard, comme tu dis. Mais bon, on en est tous là...

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 9 Jan - 17:02

Je me rends même compte que je ne sais plus où en était l'histoire là où je m'étais arrêté lol!

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 9 Jan - 22:38

Ça ne m'étonne pas ! C'est le problème des histoires au long cours et qui s'interrompent pendant trop longtemps !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 9 Jan - 22:52

Tout à fait ^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 12 Jan - 22:40

Un sprint... as-tu rattrapé l'horloge que tu as au bout du bras ? :)

Bon courage Minos !
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Ven 13 Jan - 9:27

T'inquiète, AJ, c'est pas maintenant que je vais mes (bonnes) habitudes !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   

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(2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)
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