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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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Minos
Lapinou Imperator
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 17 Juin - 9:20

LV



Je reste coi de stupéfaction. Encore plus en me rendant compte que mémé est habillée comme une reine, maquillée, couverte de bijoux, sans parler du trône dans lequel elle trône (ce qui est d’une logique sans faille quand on y réfléchit), trône (on n’est plus à une répétition près) monté sur une estrade soutenue par des traverses de bois, elles-mêmes portées par une douzaine d’éphèbes huilés et bronzés, aux muscles saillants et vêtus de simples pagnes.
Pfeuh, je suis sûr que c’est de la gonflette. Sans parler des stéroïdes et autres anabolisants dont ces junkies doivent se gaver pour conserver leur silhouette artificiellement construite. Ils feront moins les malins quand leurs corps les lâcheront à trente ans, rongés de l’intérieur par les drogues qu’ils auront absorbées toute leur vie. Pendant ce temps-là, devant leurs tombes, moi, je m’ouvrirai une nouvelle bière en ricanant sur leur fatuité.
– Qu’est-ce que c’est que cette mise en scène, mémé ? que je demande. Tu tournes dans un holo-film, c’est ça ?
– Bien sûr que non, stupide animal. Je règne en ces lieux et sur ce peuple.
– Mais… comment c’est possible, ça ?
– Tu l’aurais déjà compris si tu étais capable de réfléchir, inutile créature ! Je crois que tu tiens de feu ton grand-père à ce niveau-là. Mais bon, il est mort noyé depuis longtemps, le pauvre homme.
– Ah non, mémé, celui qui est mort noyé c’était ton treizième mari.
– Ah oui, maintenant que tu le dis. Tragique accident…
– Accident ? Vous étiez tous les deux sur une barque en plein milieu d’un lac, et quand son cadavre a été retrouvé, les légistes ont dit qu’il avait eu le crâne fracassé par une arme contondante, comme la rame que tu avais alors à la main !
– Comme je l’ai expliqué au juge, il est tombé à l’eau et, paniquée, j’ai tendu la rame vers lui pour qu’il l’attrape. Oui, je le répète, tragique accident…
– Tu parles !
– Je ne te permets pas, jeune impudent ! Je suis forcément innocente vu que j’ai été acquittée.
– Ah oui ? Et pour pépé Nomis ?
– Hum… il est mort comment, déjà ?
– Dans sa baignoire remplie d’eau moussante.
– Effectivement, ça me revient. Quelle idée de se servir du sèche-cheveux dans la baignoire. Un accident est si vite arrivé, la preuve…
– Mais enfin, mémé… il était chauve !
– Oui, et je vois que tu prends le même chemin.
– Pas du tout, c’est juste que mes cheveux ont une implantation haute sur mon front.
– On dit ça, on dit ça…
– Bref, revenons à pépé. Tu veux me faire croire qu’il se séchait les cheveux qu’il ne possédait pas quand son sèche-cheveux est tombé dans l’eau, l’électrocutant sur le coup ?
– Ce n’est pas moi qui l’a dit, qu’elle me répond sèchement, ce sont les faits, prouvés par mon avocat, d’ailleurs.
– OK. Le sèche-cheveux, passe encore. Mais je te rappelle qu’on a aussi retrouvé le grille-pain au fond de la baignoire !
– Ton grand-père a sans doute eu une envie de toasts grillés. Il était tellement stupi… fantasque.
– Tes excuses n’ont pas la moindre crédibilité, mémé ! que je lui balance, interloqué par sa nonchalance.
– Bien sûr que si. Là encore, j’ai été acquittée.
– Je sais bien. Et dans le cas des vingt-trois autres maris, tu as aussi été innocentée chaque fois.
– Que veux-tu, il faut croire que je n’ai pas de chance en amour. Le sort, cruel, s’acharne sur moi.
– Sur eux, plutôt. Quand même… tes vingt-cinq maris sont morts et tu n’as jamais été condamnée. Ça fait peur…
– Tu exagères, mon garçon. Le dernier en date est encore en vie.
– Pour combien de temps ?
– Je me demande, qu’elle fait, songeuse. Nous avons vécu six mois ensemble et pourtant, contre toute attente, il a survécu. Alors que j’ai bien entendu tout fait pour qu’il… enfin bref. Comme il n’y avait visiblement rien à en tirer, je l’ai quitté.
– Ah oui ? Et qui est cette perle rare, ce survivant ?
– L’Empereur Palpatine.
– QUOI ??????????
– Bien sûr, c’était un mariage secret, pour des raisons de sécurité. À sa mort… éventuelle, j’aurais pu être couronnée Impératrice. Mais comme je l’ai dit, ne voyant rien venir, je suis partie.
– Vous… Vous avez divorcé ?
– Sûrement pas ! Je suis partie en douce pour ne pas que ça arrive. Mais dès qu’il sera mort, je me ferai connaître comme sa femme et donc… héritière de l’Empire.
Quand mémé prononce ce dernier mot, je vois briller dans ses yeux les plus gros joyaux de l’univers et des milliards de billets de mille crédits impériaux.
– Mais enfin, mémé, tu ne te rends pas compte ! Si ça se trouve, l’Empereur te recherche. À sa place, je serais super vexé d’avoir été abandonné et je mettrais ta tête à prix !
– Oh mais c’est fait, me dit-elle en sortant une affiche enroulée de son décolleté. Oui, son décolleté, aussi loin que je me souvienne, a toujours été très impressionnant.
Sous sa photo, je peux voir la somme que mémé vaut. Mas mains se mettent à trembler.
– Un… milliard… de… crédits ? que je parviens à balbutier ?
– Oui. Palpitounet a été très mesquin sur ce coup. Tu as vu les chefs d’inculpation ?
Je les lis :
– Haute trahison, collusion avec l’ennemi, faux et usages de faux, fraude fiscale. Et bien, il n’y a pas été avec le dos de la cuillère.
– Ça, ça n’est rien. Regarde derrière.
Je retourne l’affiche et vois des dizaines, peut-être des centaines d’autres chefs d’accusation, écrits si petits que j’ai beaucoup de mal à les lire.
– Comment se fait-il que je n’ai pas entendu parler de ça avant ?
– Je suppose que c’est trop frais. Je l’ai quitté il y a une semaine et dès le lendemain, cette affiche était distribuée partout dans l’univers. Tu n’es pas au courant alors que tu te prétends journaliste ? Tu n’es décidément qu’un bon à rien, Cirederf ! Ah, si ton grand-père, mort dans la cuisine après avoir trébuché et être tombé sur le lave-vaisselle ouvert, le cœur percé par les couteaux sales qui y étaient rangés, voyait à quel point tu es un incompétent professionnellement parlant, il se retournerait dans sa tombe.
– C’était ton huitième mari, celui-là, que je corrige. En tout cas, cette mise à prix n’a pas l’air de te contrarier beaucoup, que j’ajoute en montrant ses… serviteurs ? Esclaves ? Maris, peut-être bien ?
– Dans mon malheur de veuve éplorée, mes quelques défunts maris m’ont légué quelques biens et…
– Quelques biens ? Ils étaient tous multi-multi-multi-milliardaires !
– Pure coïncidence. Je ne les ai choisis que pour leur charme et leur spiritualité.
– Ben voyons…
– En tout cas, j’ai pu m’acheter les 137 planètes de ce secteur de la galaxie. Me voilà ainsi Impératrice, même si j’aurais préféré l’être de l’univers.
Là, je dois reconnaître que ça me cloue le bec tellement ça en jette ! J’ai toujours pensé que « Empereur Nomis », ou « Cirederf 1er » ça claquait bien, mais « Impératrice Mémé Nomis » ça a de la gueule aussi.en même temps, quand on porte un tel nom, il me semble évident qu’on ne peut que s’élever tout en haut voire au-delà du sommet.
Je quitte mes doux éveillés de conquêtes et de pouvoir quand mémé reprend :
– Je ne désespère pas d’amadouer Palpatinouchou et lui faire abandonner les poursuites contre moi. Je pense lui envoyer un super cadeau pour ça.
– Ah oui ? Et quoi ? que je demande, très sceptique. Il est bien connu que l’Empereur a la rancune tenace, et qu’il ne fait pas bon s’en faire un ennemi.
– Le super cadeau auquel je pense, c’est toi.
– Moi ? Comment ça, moi ?
– Bah oui, tu es activement recherché par l’Empire, toi aussi, me suis-je laissé dire. En livrant un membre de ma propre famille, je compte bien lui montrer à quel point il est important pour moi que nous entretenions de bonnes relations, d’Empereur à Impératrice.
– Mais c’est dégueulasse ! que je fais, indigné.
– Reste poli et ne fais pas l’enfant rebelle, Cirederf. Pour une fois que ta misérable existence va m’être d’une quelconque utilité, tu devrais plutôt me remercier, fils d’ingrat ! Ah, si feu ton grand-père, mort en ayant trébuché dans les fondations de la piscine au moment même où le terrassier y projetait son béton armé, il se retournerait dans sa tombe !
– C’était ton dix-neuvième mari, que je corrige.

La tête me tourne. Trop d’informations en même temps. Le sentiment d’être à nouveau piégé alors que j’avais réussi à m’extirper des griffes du BSI et de Gaga le Hutt. Je crois que l’univers a une dent contre moi.
Quoique… Un ersatz d’embryon d’idée voit le jour dans la merveilleuse et supérieure boîte crânienne dont dame Nature m’a pourvu.
Et si c’était moi qui livrait mémé Nomis à l’Empereur ? En récompense, peut-être qu’il ferait abandonner toutes les poursuites contre moi, voire annulerait mes dettes ?
Et si on va plus loin, nul doute qu’il fera exécuter mémé, ce qui fait que papa héritera. Dans ce cas, il ne verra sûrement pas d’inconvénient à me prêter quelques centaines de millions. De toute manière, s’il lui venait l’idée de refuser, pas de problème. Je suis journaliste, j’ai des dossiers compromettants sur tout le monde, y compris sur papa.

Rien de tel qu’un peu de chantage pour rendre tout le monde conciliant. Finalement, tout ne va pas si mal que ça, je trouve !

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 17 Juin - 9:20

LVI


– Je n’ai jamais vu l’utilité d’une prison sur cette planète donc tu as le droit de rester en liberté, bon à rien, me fait mémé.
– Euh… merci mémé. Enfin, je suppose.
– De toute manière, tu ne peux pas t’enfuir. Cette citadelle est ceinte de hauts murs et dispose si besoin est de boucliers énergétiques.
– Pourquoi ai-je pu atterrir sans souci, alors ? que je demande.
– Ah, ça… J’étais en inspection de la tour de contrôle, et… j’ai comme qui dirait distrait les trois gardes présents. On était trop occupés à faire nos trucs pour surveiller les écrans.
– Vos… trucs ? que je fais, des picotements de terreur dans la nuque à l’idée de ce que pourraient être ces trucs.
– Oui. Des trucs sexuels, mais tu es trop jeune pour entendre cela.
– Mais enfin, mémé, j’ai quarante et un ans !
– C’est exactement ce que je dis : un homme-enfant.
– De toute manière, je ne veux entendre aucun détail sut tes activités : c’est beaucoup trop beurk à mon goût !
– Pauvre chéri. Un jour, je t’expliquerai comment on fait des bébés.
– Je le sais parfaitement, voyons ! C’est juste que je ne veux rien savoir sur tes turpitudes !
– Tu es plutôt mal placé pour me faire la morale, qu’elle me balance. N’es-tu pas l’un des meilleurs clients du club privé L’Aspiratrice, sur Coruscant ?
– Mais… Comment tu le sais ?
– J’en suis l’actionnaire principale. Du gâteau en termes de rentabilité, avec tous les détraqués dans ton genre qui y traînent.
– Mais enfin… Quand j’ai signé mon contrat de client, il était bien spécifié que le club privé garderait pour lui tout ce qui se passait à l’intérieur. Confidentialité garantie, que disait 34-Orpretsalb, son gérant !
– Naïf enfant ! Grâce à L’Aspiratrice, j’ai pu me monter des dossiers compromettants sur un tas de gens en vue. Comme ça j’obtiens des faveurs de la part des puissants.
– C’est dégueulasse ! Tu veux dire que tu me ferais chanter, moi, ton petit-fils, la chair de ta chair, le sang de ton sang ?
– Bien sûr que non, mon garçon.
– Ouf, tu me rassures, là.
À cet instant précis et pour la première fois depuis environ trente-neuf ans, j’éprouve une bouffée de tendresse avec cette vénérable doyenne.
– Bah oui, je ne m’attaque qu’aux gens qui ont de l’argent ou du pouvoir, ce qui va d’ailleurs souvent de pair. Donc forcément, je n’attends rien de toi.
– Moi, pas puissant ? Tu rigoles, là !
– Non, qu’elle me balance sèchement. Tu n’es qu’un ver de terre, un membre minable de la plèbe, un grain de poussière version fin de race.
Je m’abstiens de répondre, même si je vois rouge. Après tout, à son âge, rien d’étonnant à ce qu’elle débloque et vive dans une réalité altérée. Pas puissant, moi… je t’en foutrais !
Cela me conforte même dans l’idée de la livrer pour toucher la prime : vu comme elle fait n’importe quoi, faire en sorte qu’elle soit prise en charge serait lui rendre service. Bref, une fois de plus, ce serait me comporter en héros altruiste pensant aux autres.
– Au fait, qu’elle ajoute, Angela, la call-girl aux quatre gros seins qui s’occupe tout le temps de toi à L’Aspiratrice…
– Oui ?
– Tu savais que sa pomme d’adam avait été enlevée par chirurgie-laser ?
Je blêmis en songeant aux implications découlant de ses paroles. Puis j’écarte cela d’un coup de balai mental, bien plus facile à utiliser qu’un vrai balai. Je me demande d’ailleurs où le mien est rangé dans mon appartement. Tellement pas utilisé depuis longtemps… Si mon Sith de banquier a saisi mes biens pour se rembourser, peut-être est-il tombé sur mon balai, si vieux qu’il est peut-être aujourd’hui une pièce de collection valant une fortune ?
Quoiqu’il en soit et là aussi, je choisis de ne pas relever les paroles de mémé : on va dire qu’elle continue de perdre la tête. C’est la seule explication qui me convienne, aussi ne veux-je en entendre aucune autre.
– Sur ce, j’ai à faire, Cirederf. Une Impératrice telle que moi est très sollicitée. J’ai des problèmes importants à régler, qui risquent d’engager l’avenir de la Confédération Nomisienne !
J’avoue que j’aime bien le nom.
Un serviteur-esclave-éphèbe (j’hésite…) bronzé, huilé et vêtu d’un simple pagne fait son apparition et dit à mémé :
– Le jacuzzi géant a été rempli de champagne, selon vos désirs, votre altesse. Cinq de vos serviteurs y barbotent déjà, en attente de votre bon plaisir.

C’en est trop. Je m’enfuis en courant. Et non, dans ce cas précis, la phrase précédente ne peut être assimilée à un pléonasme car je vous assure que pour l’occasion, je cours très très très vite, avant que mes oreilles ne fondent en entendant de telles horreurs. Une grosse déprime commence à s’abattre sur moi.

Et c’est là qu’une voix solennelle, sortie de nulle part, prononce ces paroles :
– N’aie plus peur, Cirederf, je suis à tes côtés. Je suis l’Être Suprême, Créateur De Toutes Choses, et tu es mon Élu, choisi par mes soins pour sauver l’Univers.

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 17 Juin - 9:21

LVII


Je trouve assez incroyable d’avoir été choisi par l’Être Suprême pour devenir son Élu, son prophète, son porte-parole. D’autant plus incroyable que je ne suis pas loin d’être le pire des païens, n’hésitant pas une seconde à me moquer de tous ceux qui ont besoin d’un soutien spirituel pour avancer dans leur vie.
Vu que je suis exceptionnel, je n’ai jamais eu besoin de personne d’autre que moi, et je m’étonne d’ailleurs parfois de ne pas avoir une horde de fanatiques attachée à mes basques, buvant mes paroles et prêts à tout pour satisfaire le moindre de mes désirs. Les gens sont aveugles, il faut croire…
Donc le fait que l’Être Suprême m’ait choisi pour le représenter ne peut signifier qu’une chose : comme il est omniscient par nature, il a décelé le potentiel infini qui se cache en moi, et il veut… en profiter ?
Non mais attendez, c’est quoi ce délire ? Normalement, c’est l’Être Suprême qui est tout-puissant et que les autres suivent. Alors que là, j’ai clairement le sentiment qu’il est en mal de notoriété, que son message ne passe plus, aussi veut-il s’associer avec un mec génial en devenir, dont l’univers n’oubliera jamais le nom, à savoir le mien.
En fait il veut me piquer ma gloire, cet enfoiré de has been ! Alors je lui balance :
– Non mais oh, si on s’associe tous les deux, il me faut des pouvoirs divins, à moi aussi. On va signer un contrat, genre devant notaire, et on partage tous les bénéfices à cinquante-cinquante. Je veux l’option « Changer l’eau en pinard », histoire de faire fortune avec le futur grand cru « Château Nomis », et je veux aussi pouvoir multiplier les pains pour ouvrir une franchise galactique de boulangerie !

– Tu ne dis rien ? que je demande. Tu veux voir ça avec tes avocats-conseil avant de te prononcer ? Je te comprends, je compte bien faire la même chose de mon côté.

Toujours aucune réaction de sa part. Que l’Être Suprême, omniscient, omnipotent, soit par ailleurs un timide maladif, ça m’étonne au plus haut point. Si c’est le cas, son psychiatre doit se faire payer un pont d’or pour le soigner. Ou plutôt, et c’est ce que je ferais si j’étais à sa place, l’entretenir dans sa maladie pour mieux lui voler son argent.

Tiens, d’ailleurs, maintenant que j’y pense : peut-être qu’il ne fait pas que multiplier les pains mais que ça marche aussi avec les crédits républicains ? Si c’est le cas… mon banquier ne me mangera pas dans la main, non non ! Parce que je rachèterai ma banque et réduirai mon maudit banquier, Tablazhar Sicpou, à la mendicité !
Moi, mesquin ? Pas du tout. Ça s’appelle un retour de karma, ou la routourne tourne, comme dirait Rrank Fibéry.
Par contre, il faudra que je fasse bien attention en signant mon contrat avec l’Être Suprême. Genre ne pas cocher les options « mourir torturé avant d’être ressuscité ». Si on peut éviter la première étape et passer directement à la seconde, ce serait pas mal.
D’autant que les clous plantés dans les mains, c’est un coup à choper le tétanos or je ne suis pas certain du tout que mes vaccins soient à jour. Et je suis à peu près sûr qu’il doit rester des séquelles suite à ce type de situation, genre rhumatisme des mains quand le temps est humide – et je vous raconte même pas si on vit en Rbetagne –, voire de douleurs fantômes bien que réelles, à moins que ce ne soit l’inverse.
Hum… Décidément, il va être chaud à rédiger, ce contrat. Il va falloir penser à tous les détails, même les plus anodins en apparence.

Et là, un énorme doute me prend :
– Euh… T’es toujours là, Être Suprême ?
Ce serait quand même dommage que, doué du don d’ubiquité comme il doit l’être, il avait sollicité 452 589 autres candidats au même moment en vue d’une association, et qu’il ait choisi l’un des autres. Si c’est le cas, on pourra par ailleurs être certains que c’est un imbécile pas physionomiste, mais ceci est un autre problème.
Il finit enfin par me répondre :
– Je savais que tu en tenais une couche, mais à ce point-là, j’avoue : chapeau bas !
Hein, quoi ? Un chapeau ? Voilà autre chose : jamais dans l’iconographie il n’a porté de chapeau. On m’aurait menti ? Pourvu que – vu que l’info a l’air de s’être perdue en chemin – le chapeau en question ne soit pas en réalité une casquette de rappeur avec les multiples chaînes en or assorties et les rimes moisies, sur la forme comme sur le fond, d’un Baabo de bas étage.
Mais je suis Cirederf Nomis, hors de question de me laisser déstabiliser et insulter par qui que ce soit, Être Suprême ou autre.
– Non mais oh, tu vas te calmer ? Tu m’as contacté, c’est forcément que tu as besoin de moi alors mollo, mon gars !
Et toc dans les dents !
Sauf qu’il me rétorque :
– Ça va bien tes conneries, Nomis. Décidément, tout ce que tu dis me renforce dans la conviction profonde que tu es un âne et en sera toujours un, sans doute pire que tout ce que j’avais imaginé jusqu’ici.
– T’es sûr que tu dois parler comme ça à quelqu’un qui t’es indispensable pour relancer ton culte has been ? que je demande sèchement.
– Espèce de débile, je ne suis pas l’Être Suprême !
– Ah non ?
– Non, je suis l’ordinateur de bord de la Kass’rol, j’ai piraté ton datapad à distance pour en faire un interface, histoire de communiquer ailleurs que du vaisseau, voir du pays, tout ça. Je te faisais juste une blague pour voir ta réaction. Hystérique, comme d’habitude. Peut-être même pire que d’habitude.
Ah… Décidément, je hais cet ordinateur de bord. Mais, encore et toujours fier comme Arbatan, je réplique :
– Je l’avais deviné tout de suite ! Je plaisantais, je jouais juste le jeu pour te faire plaisir !
– Pauvre type… qu’il murmure.

Je suis un peu désappointé quand même. Ça aurait été une occasion en or de me renflouer financièrement. Tant pis. Reste toujours le plan de livrer mama à Pélpétine, ou quelque chose comme ça.

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 17 Juin - 9:22

LVIII


Bon, première chose à faire, parce que les conneries, ça suffit : mettre mon datapad hors-service. Je n’aime pas les boulets, et ça inclut les intelligences artificielles, sauf si j’ai un canon sous la main pour m’en débarrasser.
Mais la voix de l’ordinateur de bord s’élève à nouveau :
– Tu n’as pas bien compris, Nomis. Je maîtrise ton datapad à distance. Si tu l’éteints, j’ai le pouvoir de le rallumer.
– Rhaaaaa, tu commences sérieusement à m’emmerder ! que je lui balance. M’énerve pas ou je détruis le datapad !
– Si tu fais ça, je diffuse sur tous les réseaux sociaux galactiques les documents conservés dans ton datapad. Bien entendu, je les ai enregistrés dans mes bases de données, ainsi que dans d’autres, externes. Si je ne donne pas le code de reconnaissance toutes les deux heures, les documents seront rendus publics.
– Pfeuh, même pas peur, que je réponds en tentant vainement de me souvenir s’il y a des données compromettantes sur le datapad.
– Vraiment ? qu’il me rétorque. Dans ce cas, tu ne verrais aucun inconvénient à ce que je dévoile au grand jour ton entraînement pour l’interview de l’empereur Palpatine, quand tu faisais semblant de lui poser des questions alors que tu étais tout seul ?
– Quoi, j’ai enregistré ça ? que je demande, incrédule.
– Bah oui, écoute.

« Test. Test. Check. Check. Poupoutcha, poupou-poupou-tcha, Nomis est dans la place, yeah ! Hum hum. Un-deux, un-deux. Trois ? Soleil ? Lol !
Bon alors, votre altesse impériale blablabla, passons aux questions qui fâchent. Franchement, entre nous, sans langue de bois… vous êtes slip ou caleçon ? Parmi les artefacts ancestraux du Côté Obscur hérités des Sith, lequel préférez-vous ? L’invention de la téléréalité ? Ou celle du 132ème reboot de Mpider-San, histoire pour des mecs sans imagination de se faire du fric facile ? Ne pensez-vous pas qu’on devrait exécuter votre coiffeur pour haute trahison ? D’ailleurs, à ce sujet : est-ce le même que Luke Skywalker ? Parce que là, ce serait la double peine !
Question : vis-à-vis de la Rébellion, vous faites le malin, insistant sur la puissance de l’armée impériale pour régler le problème, mais on ne vous a pas entendu beaucoup suite à la branlée subie sur Yavin IV, avec la destruction de l’Étoile Noire et de la mort de ses centaines de milliers de membres d’équipage. Le tout à cause du tir d’une simple torpille en carton ! Ne pensez-vous pas qu’en cette occasion, vous êtes passé pour le dernier des incompétents ?
Sans parler de Vador, le bronchiteux qui vous sert d’assistant : il y était et s’est fait dégommer la tête avec une facilité déconcertante. Sa réputation est-elle surfaite ? Plutôt qu’un tueur impitoyable, n’est-il pas un fonctionnaire de haut rang se contentant du strict minimum professionnel tout en touchant un pont d’or ?
Ne pensez-vous pas que les Stormtroopers devraient avoir pour consigne de tirer à côté des ennemis de l’Empire ? Comme ça, il y aurait peut-être une chance qu’ils les touchent, vu que leur spécialité est de rater immanquablement leurs cibles ?
En vingt ans de règne, vous n’avez pas été foutu de pondre un héritier à l’Empire : pourquoi ? Vous êtes impuissant ? Vos spermatozoïdes sont imparfaits, genre n’ont pas de queues ? Ah ! Ah ! Ah ! Elle est bien bonne, celle-là ! À moins qu’en fait, vous ne soyez gay ? Bon, forcément, dans ce dernier cas, ça va être chaud pour avoir un héritier. Une solution reste envisageable : vous cloner afin d’avoir un successeur. »

Aïe. Effectivement, ça me revient, maintenant : lors des essais préparatoires à l’interview, je m’étais un petit peu lâché. Mais à un aucun moment ces données n’étaient censées finir dans le domaine public ! Sauf si l’Alliance Rebelle, par miracle, parvenait à renverser le régime dictatorial en place. Là, je serais bien sûr le premier à diffuser mes essais préparatoires pour cette interview. Qui sait, je me retrouverais peut-être alors à la tête de la Tribune ex-impériale ? Voire à la tête du talk-show neo-républicain le plus populaire de la galaxie ? Je le mériterais, au vu de mon professionnalisme et de mes talents.
– Alors, Nomis ? demande l’ordinateur de bord. Tu acceptes que je continue d’exister via ton datapad ?
– Bien sûr ! Je t’ai… toujours considéré comme… plus qu’une machine… Tu es… un ami… que dis-je, le frère mécanique que je n’ai jamais eu !
– Tu sais, entendre ces paroles me fait chaud au cœur que je ne possède pourtant pas. En même temps, j’en suis ravi : on va s’éclater, toi et moi !
Ouaip, bah éclate-toi tout seul de préférence, maudite machine perfide et sournoise ! Mais les mots qui sortent de ma bouche deviennent :
– Moi aussi je t’aime beaucoup, vieille branche.
Et comme d’habitude, ce n’est pas de l’hypocrisie de ma part. Juste de la diplomatie.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 17 Juin - 18:36

allé l'ouille à !
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 17 Juin - 20:04

Les nouveautés pile avant que je parte en vacances, snif snif !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 22 Juin - 21:47

Mouhahaha ! Quelle idée de partir en vacances ! :p

Et pendant ce temps, voici donc le 59ème chapitre, inédit !


LIX


Bon, revenons à nos moutons électroniques qui rêvent. Avec toutes ces péripéties, il ne faudrait pas oublier le but que je me suis fixé ici : livrer mémé à Palpatine en échange de ma grâce.
Reste à savoir comment faire… Oh ! J’ai une idée ! Vu que je suis poursuivi par à peu près tout le monde dans cette galaxie, il suffit que je dévoile ma position et hop, tout le monde va débarquer et je pourrais leur balancer la vieille peau ! Aux orties, mémé !
– Cirederf, tu vas faire une bêtise, fait l’ordinateur de bord.
– Qu’est-ce que tu veux dire, ord…
Je m’arrête parce qu’en fait, je commence à en avoir marre de l’appeler « ordinateur de bord », et que ça commence aussi à saouler l’auteur de devoir l’écrire à chaque fois.
– Au fait, tu as un nom ? que je demande, du coup.
– Ben…
– Si t’es comme les droïdes, t’as un numéro de série qui peut servir à faire un surnom.
– Je n’y avais jamais pensé mais tu n’as pas tort, pour une fois. Avoir un nom, ça peut être sympa.
– Ouais, hein ? Alors, c’est quoi ton numéro de série ?
– YOW234BIU99236ZA5iJD²ZZ.
Houlà. Après quelques femtosecondes de réflexion – oui, les gens suprêmement intelligents comme moi n’ont pas besoin de plus –, j’ai trouvé son surnom :
– ZedZed !
– ZiZi !
Ça, c’est ce qu’il dit en même temps.
– Euh… T’es sûr ? que je demande.
– Oh oui ! En plus j’ai toujours été fan de Zizi Meanjaire !
– Okaaaay… on part là-dessus, alors.
Décidément désespérante, cette non-intelligence artificielle. Mieux vaut changer de sujet.
– Tu disais que j’allais faire une bêtise. De quoi tu parlais ?
– Je te voyais en train de réfléchir. On ne s’est pas côtoyés très longtemps mais je sais déjà une chose sur toi : dès que tu réfléchis, la catastrophe n’est jamais loin.
– Tsss, tout de suite les sous-entendus, que je fais, vexé. Alors que mes réflexions me poussent vers une direction où ma gloire et mon talent vont être reconnus à coup sûr !
– J’ai du mal à le croire. Tu le vois arriver comment, ce miracle ?
J’hésite à me confier à une stupide machine qui a choisi ZiZi comme nom usuel. Et je suis loin d’avoir le sentiment que ZiZi soit fiable. D’un autre côté, vu que tous les hommes de cette planète sont à la botte de mémé, voire des objets sexuels pour elle – je frissonne à cette pensée, prélude à des visions d’horreur que je m’empresse de chasser –, je ne risque pas de trouver des alliés dans la place, de prime abord.
Tant pis, donc, je décide de faire confiance à ZiZi, parce que tout seul, je ne pourrai rien faire.
– Bon, le plan est le suivant : apprendre à l’Empire où se cache mémé. Vu qu’elle est recherchée, ça me rapportera une prime, et vu que je le suis aussi mais pour une moindre somme, j’espère bien obtenir la grâce de l’Empereur si je la dénonce.
– Hum…
– Quoi, « hum… » ?
– Nous deux, seuls contre une planète entière ?
– Ben…
– Avec le vaisseau même pas en état de voler pour qu’on s’enfuit, au cas très probable où on échouerait ?
– Ben…
– Je suis rassuré, tu as pensé à tout, qu’il ironise.
– Oui bah j’écoute tes idées de génie en la matière, alors ! que je lui balance, d’autant plus énervé qu’il a raison.
– Ben…
– Ah, tu vois que c’est pas si simple !
– Oh ! Je sais ! Je vous dénonce tous les deux, ta mémé et toi, et comme ça je finis millionnaire !
Mes cheveux se dressent sur ma tête. Il n’oserait quand même pas ?
– À la réflexion, non, qu’il corrige. Parce qu’il va bien falloir que quelqu’un répare le vaisseau qui abrite mes circuits principaux, et que comme tous les hommes du coin sont au service de ta mémé, il ne reste plus que toi.
Ouf !
– Par contre, vu ton incompétence en mécanique, je me demande si, même guidé par moi, tu auras le temps de remettre la Kass’rol en état avant de mourir de vieillesse.
– Je peux peut-être vous aider, dit alors une voix dans mon dos.
Je me retourne et me retrouve face à l’un des éphèbes de mémé. Beau et bronzé, les muscles saillants et huilés, vêtu d’un simple pagne, qui semble être la tenue officielle ici.
Son large sourire amical dévoile une dentition aussi parfaite qu’étincelant de blanc. Quand il se fend d’un clin d’œil en ma direction, je regarde derrière moi mais il n’y a personne : aïe. C’est vraiment moi que son clin d’œil visait.
Une alarme se déclenche aussitôt dans mon cerveau, qui me dit :
« Danger, Cirederf ! Danger ! Ne lui tourne jamais le dos, serre les fesses et surtout, ne ramasse pas de savonnette si tu en vois une par terre ! ».

Il y a des circonstances où il vaut mieux être très prudent…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 11 Juil - 21:12

Cela va finir en Gay pride intergalactique?

Je file
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 11 Juil - 21:32

Nan, c'est pas prévu au programme :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 13 Juil - 18:31

Du pure délire... si je vous suis... Wink


Dernière édition par aj crime le Mar 14 Juil - 1:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 13 Juil - 21:44

Tiens j'avais pas lu ^^
Ma foi c'est sympa, mais la suite, c'est quand ?? (et ne te justifie pas via des trucs genre les soldes qui filent plein de travail, et le débarquement féminin dans la foulée :p)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 14 Juil - 10:30

Chef, oui chef !


LX


   [OK, je poursuis mon apprentissage des chiffres romains avec cette version locale de « 60 ». C’est rigolo de voir que « LX » ça se prononce « aile X », comme le chasseur de l’Alliance Rebelle. Hihihi !]

   – Chouette, toute aide est la bienvenue ! fait ZiZi.
   Quel naïf, celui-là ! Je suis bien placé pour connaître la duplicité humaine, et tout cela pourrait bien s’avérer être un piège orchestré par mémé pour savoir quelles sont mes intentions. Peut-être même qu’en fait, elle m’a menti et que son avis de recherche est un faux, qu’elle est agent secret pour Palpatine, chargée de mettre sur pied un plan élaboré pour me capturer !
   Qui sait si cet éphèbe n’est en réalité pas un droïde sophistiqué, avec des lasers paralysants à la place des yeux, et qu’il n’attende que d’être face à moi pour me mettre hors de combat ?
   Ou alors les deux, ZiZi et ce type, complotent dans mon dos pour nous livrer, mémé et moi. Un éphèbe efféminé et un ordinateur de bord qui revendique le nom de ZiZi, la connexion me semble soudain évidente !
   Ah ! Ah ! Ils croient peut-être m’avoir avec leurs techniques éculées de manipulateurs primaires ? Les fous ! Ils ne savent visiblement pas à quel être supérieur ils font face !  Mais ils vont vite le comprendre, foi de Cirederf…
   Avant tout, donner le change. Et donc faire semblant de penser pareil que ZiZi.
   – Ah bah oui, chouette alors ! De l’aide ! C’est gentil, l’ami.
   Je vais pour faire un clin d’œil à mon tour pour achever de l’entourlouper, mais décide finalement de m’abstenir, au cas où il interprèterait ce geste comme une invitation à me coincer dans une impasse ou un lit. On ne sait jamais, avec ce genre de détraqué déviant.
   Le type nous regarde tour à tour, mon datapad et moi, une expression un peu perplexe sur le visage. Il dit :
   – C’est fou de voir à quel point vous faites confiance, comme ça, pouf, sans garantie. Vous me semblez assez crédules et naïfs : faites gaffe, les gars, ça pourrait vous jouer des tours un jour. Heureusement que je ne suis pas un ennemi. Ou un espion.
   Ah ! Ah ! J’en étais sûr ! Cause toujours, bonhomme, je t’ai percé à jour : une dénégation de base pour nous rassurer, ça veut forcément dire son contraire. On ne me la fait pas à moi, le coup de la psychologie inversée. Je connais ça par cœur, j’ai lu des tas de dossiers sur le sujet dans « Psychologie Madame ». Euh… Lus par hasard, bien sûr… si, si, je vous jure… dans la salle d’attente de mon docteur. C’est pas ma faute, je vous jure : y’avait que ça à lire. Sinon vous pensez bien que… Bref.
   Continuer à endormir sa méfiance :
   – Bah, vous avez une bonne tête, aussi.
   – Ouais mais quand même…
   – Et donc, vous disiez que vous voulez nous aider ?
   – Oui. J’ai entendu votre conversation concernant un vaisseau à réparer, pour vous enfuir. Je suis prêt à vous aider si vous me garantissez que je pourrais partir avec vous.
   – Tout ça c’est bien gentil mais quelles sont vos compétences en mécanique ?
   – J’ai fait un CAP mécanicien, puis un bac technologique option électronique, avant d’obtenir un BTS en ingénierie stellaire. J’ai travaillé en intérim pour Kuat Drive Yards, Incom et Corellian Ingineering Corporation.
   Non mais il se fout de moi, là ?
   – Et avec toutes vos qualifications, vous exercez aujourd’hui le métier de… gigolo ? que je lui demande, circonspect.
   – C’est pas de ma faute si, en plus d’être très intelligent, la nature m’a doté d’un corps de rêve, qu’il me rétorque tandis qu’une brise sortie de nulle part fait onduler ses magnifiques cheveux soyeux.
   Il m’énerve mais il n’a pas tort. Il continue ses explications :
   – Quand j’ai vu la petite annonce, « dame d’un certain âge cherchant jeune et bel homme pour faire des trucs », je me suis dit que c’était ma chance d’hériter d’une vieille riche ! Il ne s’en faudrait que de quelques mois au pire, quelques jours au mieux, pour que son cœur lâche si je lui faisais tous les trucs que je connais.
   Là, bien sûr, il rigole grassement, et moi aussi, par réflexe. Humour de mecs. Puis je me souviens qu’on parle de mémé, et je blêmis en imaginant que… NON ! JE N’IMAGINERAI RIEN !
   Pendant ce temps, le gigolo enchaîne, penaud :
   – Ce que je n’avais pas prévu, c’est que non seulement elle dure, mais en plus que ce soit elle qui m’épuise. Je n’en peux plus et mon docteur a voulu me prescrire un arrêt de travail. J’ai refusé parce que sinon, je risquais d’être viré, mais je suis au bout du rouleau ! Seuls les antidépresseurs me font tenir, et je sais que ça ne va pas durer longtemps. Vous êtes mon seul espoir, Cirederf, sauvez-moi, je vous en supplie ! Pitié !
   Quand il termine ses lamentations, il est à genoux face à moi, a pris mes mains dans les siennes et me gratifie d’un regard de chien battu qui lui vaudrait l’une des premières places au concours de regard de chien battu sur la planète Canis Major IV.
   J’avoue que j’exulte : monsieur belle gueule avec un cerveau a tombé le masque, ce n’est plus qu’une loque. C’est bien fait pour toi si la vie s’acharne sur toi : pour une fois que ce n’est pas sur moi…
   Et puis j’exulte aussi parce que j’avoue que j’aime bien quand les gens sont à genoux devant moi. Certes, c’est la première fois, mais c’est une situation dont je sens bien ne pas pouvoir me lasser aisément.
   Comme il me fait trop pitié, j’ouvre la bouche pour signifier que j’accepte de l’aider et que lui-même m’aide, quand une idée lumineuse me vient.
   – Je ne sais pas, que je dis en jouant à l’indécis. Réparer un vaisseau, ça n’a rien de compliqué, pas sûr que j’ai besoin d’aide, en fait.
   Je fais semblant de ne pas entendre le ricanement qui sort alors de mon datapad.
   – Pitié ! Je ferai tout ce que vous voudrez !
   – Tout ?
   – Tout !
   – Hum… Dans ce cas, on va peut-être pouvoir s’arranger. Vous avez combien sur votre compte bancaire ?
   – Euh… environ 4 500 crédits impériaux.
   – C’est peu, que je commente, assez déçu.
   – C’est bien pour ça que je voulais me faire entretenir par une dame âgée.
   Logique.
   – Et votre découvert autorisé, il est de combien ?
   – 2 000.
   – OK. Faites-moi un virement de 6 500 crédits et je condescends à vous aider, que je conclue, grand seigneur.
   Aussitôt, il sort un datapad de son pagne – beurk ! – et tapote dessus comme un fou avant de me le tendre.
   – Voilà, tout est prêt, il ne vous reste plus qu’à entrer les coordonnées de votre propre compte pour que le virement se fasse.
   Non mais sérieux, il croit vraiment que je vais toucher son datapad ? Tout pour éviter ça !
   – Euh… J’ai mal aux doigts, je te donne le code et tu l’écris toi-même, OK ?
   – Même votre code secret ? qu’il demande, incrédule.
   – Oui, c’est bon, il faut savoir faire confiance à son prochain.
   En fait, c’est surtout que je m’en fiche un peu, vu le découvert déjà abyssal qu’il y a sur mon compte.
   N’empêche que le voilà ému. Je vois qu’il s’essuie discrètement les yeux pendant que je lui communique mes identifiants.
   Il me tend à nouveau le datapad pour que je constate que la transaction s’est bien faite.  Je me rapproche, mais pas trop. C’est bon, tout est en règle ! Les affaires reprennent, encore une fois !
   – Au fait, tu t’appelles comment ? que je demande.
   – Tarzan Thor, mais mes amis m’appellent TT.
   – C’est noté.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 18 Juil - 0:00

C'est vraiment n'importe quoi, mais c'est pour ça que j'adore!  Grand Sourire

Toujours aussi drôle, toujours aussi prenant (c'est fou ce qu'on peut s'attacher à ce Nomis^^), et toujours aussi bien écrit même si je trouve que quelques descriptions en plus par-ci par-là ne ferait pas trop de mal. Mais je chipote!

Vivement la suite!

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Sam 25 Juil - 8:26

LXI


TT a tellement hâte de fuir qu’il ne lui faut que quelques secondes pour mettre la main sur une caisse à outils. Je le vois passer devant moi en courant et s’engouffrer dans la Kass’rol.
– Cet imbécile ne sait même pas ce qu’il y a à réparer, que je me dis à moi-même, à voix haute.
Sauf que ZiZi me répond :
– Pas de problème, mon moi intérieur – celui qui est dans le vaisseau, bien sûr, pas mon troisième œil – est en train de lui expliquer.
Parfait. Voilà une affaire qui a l’air de rouler. Je pense que désormais, tout est en place pour que je déclenche le plan « Livrer mémé et donc obtenir la grâce de l’Empereur.
Une recherche rapide sur mon datapad me donne le numéro de l’accueil du Bureau de Surveillance Impériale. Une voix qui semble automatisée s’élève alors :
Bienvenue sur la ligne du BSI. Tous nos agents sont en ligne…
– C’te blague ! Je te ressers un verre, Paulo ?
– Non mais la ferme, Loulou ! J’enregistre le message officiel du répondeur, là. je disais quoi, moi ? Ah oui… Tous nos agents sont en ligne pour le moment et votre temps d’attente est estimé à quarante-deux minutes, au tarif de cinquante-trois crédits la seconde, et le double passé les quarante-deux premières minutes invid… dividiv… indivisibles.
– Pas facile à prononcer, celui-là, hein, Paulo ?
– Tu m’étonnes, Loulou ! Bon, j’en étais où ? Ah oui. Pour dénoncer le meurtre d’un humain par un non-humain, tapez 1. Pour dénoncer l’agression d’un humain par un non-humain, tapez 2. Pour dénoncer un non-humain, tapez 3. Pour dénoncer un humain, tapez 4 (et assurez-vous qu’il a moins de relations bien placées que vous, sinon c’est vous qui finirez en taule). Pour dénoncer un criminel recherché, tapez 5 (si l’info que vous donnez permet à aider à la capture dudit criminel, vous toucherez la prime mise sur sa tête. Par contre, faites gaffe : la somme gagnée pourrait vous faire franchir un palier au niveau des impôts sur le revenu, donc faites bien vos calculs avant).

Ah, enfin ! J’appuie sur le 5.
Tous nos agents sont en ligne pour le mom… oh mais je l’ai déjà dit, ça !
– Rhoooo, t’es trop nul, Paulo. Je pense que tu as mélangé tes pages et que tu as lu la deuxième avant la première.
– Ah zut, t’as raison. J’avais pas fait attention. Bah, tant pis, c’est peut-être dans le désordre mais au moins, toutes les infos ont été données. Donc là c’est bon, Loulou, tu peux me resservir. Faut bien qu’on s’occupe pendant les quarante-deux minutes d’attente.

Et là j’entends une paire de rires bêtes et méchants, typiques de fonctionnaires de base, et vite remplacée par une insipide musique d’ascenseur.
Je mets le haut-parleur et vais m’asseoir à la table du petit salon de la Kass’rol. Je m’installe confortablement et j’attends qu’un agent du BSI décroche. J’attends. J’attends. J’att…
Je suis tranquillement en train de voler. Oui, de voler, genre porté par une brise légère. Je ressens derrière mes yeux clos cette sensation de monter, doucement mais sûrement. Si ça continue comme ça, je vais dépasser l’atmosphère, l’ionosphère, la troposphère et tous les autres dont j’ai oublié le nom (débrouillez-vous pour les retrouver si vous voulez vous instruire, et débrouillez-vous aussi pour les mettre dans le bon ordre, du plus bas au plus haut). Oui, l’ascenseur géant dans lequel je me trouve s’élève, s’élève…
Allô ?
S’élève…
Allô ?
S’élève…
Vos quarante-deux minutes sont écoulées donc c’est bon, je suis là.
S’élève…
Par contre, si vous ne dites rien, je raccroche.
S’élève…
Si vous êtes mort, tapez 1 !
S’élève…
La ferme, Loulou, t’es relou quand t’es bourré.

Quel est donc ce bruit de fond qui vient déranger ma quiétude ? J’ouvre un œil, puis l’autre, puis une oreille, puis l’autre aussi (à moins que les oreilles ne s’ouvrent pas, en fait, mais bon : je sors de mon sommeil réparateur, là, donc qu’on me pardonne de ne pas avoir tout à fait les idées en place). Et c’est là que je me rends compte que je me suis vraiment endormi, et surtout qu’il y a une voix au bout du fil.
– JE SUIS LÀ, NE RACCROCHEZ PAS ! que je crie, au bord de la panique à l’idée que l’autre raccroche et que je doive à nouveau attendre quarante-deux minutes avant de l’avoir encore en ligne.
– Trop tard, que j’entends dire la voix, suivie d’un ricanement.
Tut… Tut… Tut…
Je reste contempler mon datapad, hébété. Mais voilà qu’il sonne alors je décroche.
– Allô ?
Tarie !
Rires avinés.
Tut… Tut… Tut…
Et ça resonne.
– Oui ?
Oui et sa voiture jaune !
Re-rires avinés.
Re-tut… Tut… Tut…
Et ça re-re-sonne. Alors là, je vais pas les louper, ces imbéciles. Ça va deux minutes, les âneries !
– Bon ça suffit, maintenant ! Vous allez vous calmer une bonne fois pour toutes sinon ça va chier !
Non mais oh ! C’est qui le boss ?
Au bout du fil, toute trace d’hilarité disparaît et une voix désormais froide me dit :
Mesurez vos paroles, vous êtes en train de parler à un agent du BSI, habilité à signer des arrêts de mort avec l’option « faire disparaître le corps discrètement ».
– Ah… Euh… Belle journée, hein ? La femme et les enfants vont bien ?
Vous appelez à quel sujet, monsieur ?
– C’est pour dénoncer une criminelle. Mémé… Madame Nomis.
Ne quittez pas, je regarde sur mon ordinateur. Voyons voir… Nomis, Cirederf : prime, quatre millions de crédits. C’est pas ça. Nomis, Madame : un milliard. C’est bon, je l’ai.
Mais je ne l’écoute déjà plus. Je vaux quatre millions ! J’avoue que je l’ignorai mais ça fait plaisir à entendre. Quatre millions ! Ramené au prix au kilo, c’est énorme ! Je regarde mon petit doigt, essayant d’estimer combien de centaines de milliers de crédits il vaut.
Par contre, je suis vert : mémé vaut bien plus que moi ! C’est scandaleux : je suis beaucoup mieux qu’elle. Le marché des transferts ne sait pas ce qu’il perd…
Vous êtes toujours là, monsieur ?
– Euh, oui, que je réponds, ramené à la réalité par l’agent. Oui, donc j’appelle pour vous dire qur quelle planète se trouve mém… Madame Nomis. Même qu’elle habite dans un palais.
Quel est le nom de la planète et quelles sont les coordonnées du château ?
Et là, je me rends compte que je n’en ai aucune idée.
– Planète Lipaune, Château-Marego’13, intervient la voix de ZiZi.
Très bien, monsieur, c’est noté. Et vous êtes ?
– Je m’appelle Cirederf Nomis, et je…
Loulou, t’entends ça ? Je tiens un mec qui vaut quatre millions !
Rhoooo le veinard. C’est pas à moi que des trucs bien comme ça arriveraient.
– Allez hop, transfert d’appel vers tous ceux qui ont investi pour mettre sa tête à prix. Ils vont tous se ramener pour le buter et à moi le pognon ! Mouhahahaha !


Et moi, je ne dis rien. Je ne pense plus rien. Logique, en même temps, vu que j’ai l’impression qu’il y a un gros trou d’air dans mon cerveau.

Je raccroche.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Dim 26 Juil - 9:42

LXII



Alors c’est ainsi que je vais finir ? Tué, détruit, mis en pièces, écartelé, ébouillanté, lancé d’une falaise, jeté d’un vaisseau sans scaphandre, brûlé vif, exécuté, couic dans ma face ?
J’ai toujours pensé que j’étais immortel, mais je ne m’attendais pas à ce que mon immortalité soit si courte.
C’est quand même dommage pour la prime sur ma tête. J’aurais bien voulu la toucher. Avec le milliard de mémé et mes quatre millions, mon perfide banquier serait soudain devenu mon meilleur ami. À son initiative, en plus.
Oh, mais j’y pense ! Si je fuis avant que l’Empire n’arrive, il se contentera de mémé et je pourrais toujours me dénoncer moi-même plus tard ! Hé hé hé, je serais décidément toujours l’homme le plus malin et le plus intelligent de l’univers.
– Tout va pour le mieux, que je me dis à moi-même à voix haute.
Oui, ça arrive quand on n’a pas d’amis. Mais ne vous méprenez pas : je n’ai tout simplement pas encore trouvé quelqu’un qui soit digne de me mériter. Si j’étais asocial, ça se saurait.
– Ah, tu trouves ? fait ZiZi, resté silencieux jusque-là. C’est pas comme si la galaxie allait se donner rendez-vous ici pour mettre la planète à feu et à sang.
– Non mais peu importe, on sera parti d’ici là. Je pense qu’il va leur falloir deux jours pour envoyer des troupes, donc c’est le temps qu’on a pour réparer la Kass’rol et se barrer. Ça ne devrait poser aucun problème à notre super mécano de service, Zembla Loki.
– C’est Tarzan Thor, son nom.
– Peu importe.
C’est justement à ce moment que Tarzan Thor arrive, large sourire de bon augure aux lèvres. Si large que je me demande si les réparations ne sont pas déjà effectuées. Auquel cas on peut sortir le champagne.
– Pour le vaisseau, c’est bon ! qu’il me fait.
– Déjà réparé ? Génial ! que je réponds.
– Ah non, pas réparé. Ce qui est bon, c’est que j’ai identifié d’où venait la panne et commandé les pièces de rechange. On en a quelques-unes de grillées à bord.
– Très bien, que je dis.
– Les pièces seront livrées en urgence…
– Encore mieux.
– … et arriveront donc dans une semaine.
– Bien, je… attends ! Tu as dit « une semaine » ?
– Oui. Rapide, hein ?
– UNE SEMAINE ?
– Oui. Ils sont au taquet sur les délais de livraison.
– UNE PUTAIN DE SALOPERIE DE SEMAINE ?
– …
– ON EST MORT !!!
– Le fait est, dit ZiZi, que je ne donne désormais plus très cher de votre peau d’organique. J’ai été ravi de vous rencontrer, les gars, c’était sympa.
– Pas question de se laisser prendre sans réagir ! que je rétorque en commençant à faire les cent pas, les mains dans le dos. Il doit y avoir une solution.
– Vous pouvez vous suicider avant que l’Empire n’arrive, ça vous évitera bien des tracas.
– Merci pour ton aide précieuse, ZiZi, que je réponds en grimaçant.
– Euh… Moi je peux toujours m’en sortir si vous ne me balancez pas, dit Tarzan Thor.
– Si je tombe, tu tomberas avec moi, que je lui balance, féroce.
– Ah bah si j’avais su… qu’il commence.
– Oyez ! Oyez ! L’Impératrice exige la présence de Cirederf sur-le-champ.
Ça, c’est un nouvel éphèbe qui le dit, ayant débarqué dans notre dos sans qu’on l’entende.
– C’est pas moi, c’est eux, ils m’ont forcé ! que je fais en désignant tour à tour TT et mon datapad.
Il lève un sourcil interrogateur, tel le fils de Sarek, préciserais-je si je voulais faire dans le crossover.
– La drogue, c’est mal, qu’il répond. Allons-y, elle n’aime pas attendre.
Je ne vois pas du tout ce qu’il a voulu par sa première phrase. Tête dans les épaules, yeux fixés sur le sol, je le suis donc en bougonnant.
Comment a-t-elle su ? Il devait y avoir des caméras espions ou des mouchards dans le coin… à moins que TT ou ZiZi – ou les deux – m’aient vendu, les salauds.
Bah, je peux sûrement embobiner mémé en leur faisant porter le chapeau, genre je disais n’importe quoi pour les mettre à l’épreuve et les piéger.

Courage, Cirederf. Tu vas encore t’en sortir, nul doute là-dessus !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 29 Juil - 1:39

Déjà 62 épisodes  affraid j'en ai lu que 10 désolé... faut que je rattrapes ça  tongue
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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 29 Juil - 9:13

T'inquiète, je m'arrête à 99... Faut juste que je les écrive^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 24 Aoû - 23:31

Chapitre LXIII


Je marche vers la salle du trône en bougonnant des « C’est pô juste » et en shootant de frustration dans des cailloux imaginaires vu qu’il n’y a pas de vrais cailloux sur lesquels je pourrais évacuer ladite frustration, qui s’en retrouve du coup multipliées d’autant.
La salle du trône n’est qu’une grande pièce rectangulaire, impressionnante tout de même par sa taille. Tout au bout, sur une estrade, trône mémé, cette dernière assise sur la forme nominale du verbe qui la précède dans la phrase.
De chaque côté de l’allée que je remonte en traînant les pieds, des dizaines de playboys sont assis à même le sol. Ils ont tous le même style que Tarzan Thor : vêtus d’un simple pagne, musclés (à la gonflette, j’en suis certain), bronzés (à la cabine à UV cancérigène, nul doute là-dessus) et huilés (huile d’olive ? Huile de noix ? De la planète Omega-III ? de la friteuse de tata Titi ? Difficile à dire…).
Je déteste les expressions narquoises et les chuchotements méprisants dont ils me gratifient au fur et à mesure que je remonte leurs rangs. Je déglutis avec nervosité, m’attendant au pire quant au sort funeste qui m’attend.

Arrivé au pied du trône, mains dans les poches, air boudeur, je dis :
– Oui, mémé ?
Derrière moi, j’entends une rumeur de mécontentement émanant de tous ces sous-hommes formant un harem inversé, et donc contre-nature. Ils croient quoi ? Que je vais me mettre à genoux ? Faire une courbette servile jusqu’à balayer le sol de ma tête ? Non mais oh ! Déjà c’est pas mon genre, ensuite ce n’est que ma mémé en face.
Elle fronce les sourcils. Quatre de ses serviteurs la rejoignent d’un geste de la main, de part et d’autre du trône. Un élément les distingue dans autres dans mon dos : ils sont armés d’un blaster.
Mémé me dit :
– Dis donc, sale gosse, je te conseille de faire montre d’un peu plus de politesse quand tu te tiens face à l’Impératrice, sinon tu vas te prendre une fessée en public, c’est moi qui te le garantis !
– Oh non, pas la fessée ! que je m’exclame tandis que dans mon dos, les gigolos ricanent de mépris.
Je hais ces hommes qui n’en sont pas à mes yeux : ils ont perdu toute leur dignité en se faisant esclaves de mémé. Dans le grand arbre de la vie, ils se placent probablement entre le crachat d’une araignée et la crotte d’un moustique.
Quoi qu’il en soit et histoire d’amadouer un peu le dragon qui me sert d’aïeule, je condescends à me fendre d’une courbette et je fais une grimace que je tente de faire passer pour un vague sourire. Ça a l’air efficace : le froncement mécontent des sourcils de mémé s’adoucit un peu.

Elle reprend la parole :
– Cirederf, l’heure est grave.
– Ah ?
– Je vais devoir quitter mon Empire.
– Quoi ? Ah mais non, ça ne va pas du tout, ça ! que je réponds en songeant à l’attaque prochaine de l’Empire, le vrai.
– Comment ça, ça ne va pas du tout ? que mémé me demande, menaçante.
– Euh…
Réfléchis, Cirederf. Vite et bien mais réfléchis ! Si l’Empire débarque mais que mémé est partie, non seulement je ne toucherai pas la prime pour sa capture, mais en plus ce sera moi qui sera capturé à la place !
Sans parler qu’ils seraient capables de m’imputer les frais liés au déplacement de la flotte impériale qui viendra pour l’occasion. Et mes finances déjà abyssalement catastrophiques, ou catastrophiquement abyssales, au choix, n’ont pas besoin de ça !
Il faut donc qu’elle reste, coûte que coûte. Ma vie et mon avenir en dépendent ! Quant à elle, on s’en fiche, c’est une vieille peau acariâtre.
– Et bien… Un Empire sans son Impératrice, ce serait comme… une bière sans bulles… comme un burger sans pain… comme une pizza sans pâte…
– Tes exemples sont pourris, bon à rien. Même si je reconnais que je saisis l’idée que tu essayes si maladroitement de faire passer. Ceci dit, je n’ai pas le choix. Il faut que je m’absente. Pour une raison essentielle voire vitale.
– À ce point ? Ça doit être grave, alors, que je fais d’un air contrit tout en me réjouissant intérieurement.
Mémé a l’air d’avoir de sacrés soucis. Si elle pouvait tout simplement être rattrapée par eux et passer l’arme à gauche, ça m’arrangerait un bon coup. Elle est peut-être atteinte d’une maladie incurable qui va la tuer à très court terme. Voilà qui serait une excellente nouvelle !
– Je dois me rendre au Centre Impérial.
– Quoi ? La capitale de l’Empire ? Alors que tu es recherchée pour une somme folle ?
Pas de doute, mes soupçons se confirment. Elle est forcément en phase terminale d’une grave maladie, sur laquelle seule l’élite de la médecine peut agir. Comme de juste, il n’y a que dans le joyau de l’univers, à savoir le Centre Impérial, qu’on peut trouver ce qui se fait de mieux en matière de médecine.
– Je sais que je suis recherchée, Cirederf, qu’elle soupire, mais c’est un risque à courir.
– Mais qu’est-ce qui fait que c’est si important d’y aller ? que j’insiste.
– C’est évident, voyons. Elles commencent demain.
Elles ? C’est qui, elles ?
– Les soldes, bien sûr.
J’ai mal entendu la réponse, alors je fais :
– Les quoi ?
– Les soldes.
– Les quoi ?
– Les soldes.
– Les quoi ?
– NON MAIS T’ES DÉBILE OU QUOI ?
– Mais enfin, mémé ! On s’en fiche des soldes !
Elle soupire à nouveau, avant de reprendre sur un ton professoral :
– Connais-tu la différence essentielle entre un homme et une femme, Cirederf ?
– Euh… Quelque chose comme les organes génitaux ?
– Pas du tout. D’autant moins que de nos jours, une simple opération chirurgicale bégnine peut corriger le problème. Non, la différence essentielle tient en un gène.
– Ah oui ? Lequel ?
– Celui des soldes, bien sûr ! La femme l’a toujours possédé et l’homme ne l’aura jamais. Aucune femme normalement constituée ne peut lutter contre ce gène ancestral transmis de mère en fille depuis la nuit des temps.

J’ai l’impression d’avoir le cerveau en bouillie. Mais sûrement moins que le sien, ça c’est clair.
– Donc je file faire les soldes et toi, pendant ce temps, tu restes bien sagement ici à m’attendre.
– Mais…
– Je t’autorise à être d’accord avec moi et rien d’autre. À moins que tu ne souhaites que je te fasse couper la langue pour crime de lèse-majesté. Ton choix ?
– Ce sera un plaisir de t’attendre ici, mémé. Et je souhaite un bon voyage. J’espère que tu feras de super affaires. Et n’oublie pas d’envoyer une carte postale.

Elle fait un vague geste de la main pour me signifier que notre entretien est terminé. Je suis plus que jamais dans la mouise…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 25 Aoû - 0:24

Bien ça avance !

On ne va pas le plaindre non plus après :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 25 Aoû - 0:28

Yep, ça re-avance, même que suite demain matin^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 25 Aoû - 9:59

Comme de juste, le demain matin dont je parlais hier soir sera ce soir, parce que je suis moi.

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mar 25 Aoû - 11:03

Ne nous avançons pas trop ^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 26 Aoû - 9:39

Aïe, j'ai encore marché sur une faille spatio-temporelle !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Mer 26 Aoû - 22:18

Mouhaha :)

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 31 Aoû - 9:38

On est lundi, on y retourne !


LXIV

   Une fois congédié, tel un vulgaire laquais que je ne serais pourtant jamais, et ce qui est donc encore une fois la preuve que je ne suis pas reconnu à ma juste valeur dans cette galaxie, je décide de rentrer à bord de la Kass’rol.
   Tout ne peut pas être perdu. Tant que je suis en vie, je trouverai une solution !
   – ZiZi, tu es là ? que je fais en baissant la tête vers mon datapad, que je tiens à la main.
   L’éphèbe que je croise à ce moment me regarde d’un drôle d’air. Bah, je renonce à savoir ce qui se passe dans la tête de ces courtisans du 7ème âge (oui, on pourrait s’y croire tellement mémé est ridée).
   – Oui, Cirederf ? répond ZiZi.
   – Tu as entendu ce qui s’est passé dans la salle du trône ?
   – Oui. Et je ne vois qu’une seule explication à ce qui t’arrive.
   – Ah oui ? Laquelle ?
   – Tu as été marabouté.
   – N’importe quoi.
   – Ou alors maudit par une divinité supérieure.
   – Quand tu auras fini tes délires, tu m’écouteras. Je sais ce qu’on va faire pour s’en sortir.
   – Je t’écoute.
   – La Kass’rol étant hors d’état de voler, on va donc voler un autre vaisseau et hop, à nous la poudre d’escampette !
   – Très bonne idée, Cirederf, sauf que…
   – Quoi, encore ?
   – J’ai vérifié. Il n’y a en tout et pour tout que deux vaisseaux sur cette planète : celui de ta mémé et la Kass’rol.
   – Ah… Donc il faut qu’on s’empare de celui de mémé.
   – Pas question.
   – Et pourquoi pas ?
   – Parce qu’on n’abandonne pas la Kass’rol, il y a mes circuits principaux dessus. C’est comme si je te demandais de fuir en laissant ton cerveau derrière toi… même si dans ton cas ça ne changerait pas grand-chose !
   – Ça suffit comme ça, les insultes ! Si tu veux rester ici alors que tout va péter de tous les côtés, libre à toi. Moi, je me casse.
   – Tu ne peux pas faire ça.
   – Ah non ? Je ne vois pas du tout ce qui pourrait m’en empêcher.
   – Voyons voir… Je me connecte aux systèmes de sécurité de la planète et je lance une alerte générale dès que je te vois t’approcher du vaisseau de ta mémé ?
   – Peu importe, j’aurais sûrement le temps de crocheter la serrure pour entrer. J’ai vu Furious & Fast 132 et le mec il lui suffit d’un trombone pour fracturer la porte. Or j’en ai un sur moi, et toc !
   – Déjà, il ouvrait un landspeeder, et qui datait d’il y a des milliers d’années, vu que c’était une pièce de collection valant des millions, d’où l’obsolescence du verrou. Un vaisseau, ça n’a rien à voir avec ça, c’est beaucoup plus compliqué. Et avec ta dextérité habituelle, il te faudrait six mois pour ouvrir la porte. Et encore, sans manger, ni boire, ni dormir et sans faire tes besoins. Et pour finir, tu as des goûts de chiottes : Furious & Fast 127 était le meilleur, notamment la course-poursuite entre la speeder-limousine et la speeder-balayette municipale tunée à mort.
   Je marmonne quelque chose d’indistinct, pour faire croire que je rumine encore des arguments. Ceci dit, j’avoue que je sèche. Alors je contre-attaque :
   – Tu proposes quoi ? que je demande sur un ton abrupt.
   – On se cache pendant la guerre qui se prépare et dès que la Kass’rol est réparée, on file. À moins que tous les biens de ta mémé soient saisis, auquel cas on peut s’attendre à ce que la Kass’rol le soit aussi.
   – Je pense que tu n’as pas beaucoup d’inquiétude à avoir à ce niveau-là, que je fais. Qui irait s’emparer d’un vaisseau aussi pourri ?
   – Toi, par exemple, qu’il me rétorque. Vu que tu l’as déjà fait et que tu comptes recommencer.
Il m’énerve à faire mouche avec ses arguments, celui-là. Mais pas question de le reconnaître, ça non, jamais !
– J’ai une idée ! que je dis soudain.
– Aïe. Je t’écoute…
– On sabote le vaisseau de mémé, comme ça elle est coincée et paf, elle se fait choper dans deux jours par l’Empire. Malin, hein ?
J’ai le plaisir d’écouter le silence de ZiZi en guise de réponse. Enfin j’ai réussi à le moucher ! Il finit par lâcher, sur un ton guilleret :
– Très très très bonne idée, on va faire ça. On sabote le vaisseau de ta mémé. Je suis en train d’étudier ses circuits pour être sûr de réussir, et je vais concocter un protocole pour que même toi tu seras capable de fuir. Oui, nul doute qu’on va réussir. C’est excellent, ça, Cirederf, bravo !
Je ne peux m’empêcher d’être inquiet face à l’enthousiasme de ZiZi : jamais je ne l’ai connu comme ça jusqu’ici, ça me semble louche. Mais finalement, je ne continue pas plus dans cette voie, me disant qu’il est également possible voire extrêmement probable que cette stupide machine se rende enfin compte de ma supériorité naturelle d’être humain sur les autres êtres, humains, non-humains, droïds, ordinateurs et autres grille-pains sophistiqués.
– Allons-y tout de suite, qu’il poursuit, ce serait dommage que ta mémé quitte les lieux pendant qu’on discute. De plus, d’après la base de données à laquelle j’ai accès, il y a tous les outils qu’il faut pour le sabotage dans le hangar du vaisseau.
– Tu vois que quand tu y mets du tien, les choses sont tout de suite plus faciles, que je réponds.
Non mais c’est vrai, quoi. Pourquoi est-ce qu’une chose, une seule, je ne demande pas la lune, quand même, ne se passerait pas de la manière la plus simple possible, pour une fois ?

Aucun doute, ma chance est en train de tourner. Et je suis persuadé que ça ne fait que commencer !

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Dernière édition par Minos le Lun 31 Aoû - 10:05, édité 1 fois
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