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 (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)

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Minos
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MessageSujet: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 9:29

Salut tous !

Suite à une guéguerre ridicule d'ego entre deux crétins (dont moi) sur SWU, je vais remettre toute l'histoire de Cirederf Nomis version Star Wars ici même... et la finir ici aussi, du coup.

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Dernière édition par Minos le Mar 3 Jan - 23:19, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 9:29

Bien !
Va falloir augmenter le rythme de postage si tu reprends à 0 du coup :p

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 9:39

Yep ! Je vais mettre trois chapitres d'un coup chaque jour, comme ça je serai à jour d'ici trois semaines... et j'aurai sûrement eu le temps d'écrire quelques chapitres d'ici là^^

Et pourquoi seulement trois chapitres, me demanderas-tu ? Juste au cas où quelqu'un voudrait les (re)lire, histoire de pas trop noyer le lecteur avec trop de chapitres en même temps.

Je commence ce soir, ce matin y'a du bug dans l'air sur le forum, du moins chez moi^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 11:18

Mouhaha l'excuse bidon :p

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 20:20

Je ne suis pas sur ce forum donc je la lirai ici ! J'ai hâte de voir ce que c'est  Very Happy !
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 20:52

Un délire délirant, pour résumer^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 20:54

(on est le soir là ou pas ? :p)

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 20:59

Les tribulations intergalactiques de Cirederf Nomis, journaliste de la Tribune Impériale


– Beuheuheuheu…

Ça y est ?

– Beuheu…

Faut croire que non.

– Beuhhhh…

Ah ?
Ah ?
Oui, cette fois c’est la bonne ! Je n’ai enfin plus rien à vomir !

Je me redresse péniblement dans les toilettes exiguës du transport spatial et tire la chasse d’eau. Au-dessus du lavabo, je m’humecte le visage avec de l’eau du robinet, avant de contempler l’ampleur du désastre dans le miroir.
Comme j’ai l’air blafard ! Un vrai vampire de holo-feuilleton ! Sans parles des cernes sous mes yeux, qui feraient pâlir de jalousie un insomniaque chronique.

Une secousse manque de me faire perdre mon équilibre. Non mais c’est pas vrai, ça ! On est en hyperespace, normalement y’a pas de secousses, enfin quoi, merde ! Sauf à bord de ce vieux tas de boulons moisis, il faut croire. Un transport spatial si vieux qu’il doit remonter à avant l’invention des voyages hyperspatiaux. Au moins…

Qu’ils soient tous deux maudits ! Ce vieux dégénéré de Palpatine pour avoir levé de nouveaux impôts et rogné sur tous les budgets d’État, y compris celui de la Tribune Impériale ! Et le colonel Covelian, ancien du BSI et chef de la Tribune, pour avoir répercuté les économies dans son service, au point d’oser faire voyager ses journalistes dans ce genre de tas de ferraille !
Me faire ça à moi, Cirederf Nomis, fine fleur du journalisme impartial d’État ! Mais je n’ai pas dit mon dernier mot, ah ça non ! Très bientôt, je reviendrai sur le devant de la scène ! Très bientôt ils me mangeront tous dans la main ! Tous ! Papa est porte-parole du Sous-Secrétariat Aux Technologies d’Antan, poste ô combien stratégique s’il en est ! Et puis j’ai interviewé Palpatine lui-même pour les vingt ans de son règne ! Rien que pour ça, on devrait m’ériger une holo-statue !

– Y’en a qui attendent ! s’exclame sur une voix furieuse de l’autre côté des toilettes, tandis qu’un poing martèle la porte des toilettes.
Oui, qu’ils soient tous maudits !
J’ouvre la porte et fait face à l’importun, l’air sévère… qui se transforme vite en grimace. Un Weequay… Je hais les Weequays…
– Ah, quand même ! fait-il avant de m’agripper par le bras pour m’éjecter.
Des visions de dizaines d’holo-vidéos me dansent dans les yeux, dans lesquelles différents héros font face à ce type de situation : Breece Lu, Nhuck Coris, Sylterves Stanelo, Kluh, Roht… Ils auraient eu tout fait de le réduire en miettes. Mais comme je ne suis pas eux, je rétorque d’un ton glacial :
– Monsieur, je…
Il grommelle, m’attire à lui, me fait une clé au bras et me jette à terre. Ouille ! Espèce de barbare ! J’entends la porte des toilettes claquer dans mon dos. Bon… Ça vaut mieux pour lui de s’être enfermé, parce que si j’avais perdu mon sang-froid…
Je me relève piteusement – aïe, j’ai trop mal au bras ! – et mon regard tombe sur les rangées de sièges occupées par les passagers qui me font face, la plupart hilares en me contemplant. Qu’ils soient tous maudits, eux aussi, avec leurs sales têtes ! C’est fou, ça, je dois être le seul humain à bord ! En même temps, si loin de Coruscant, en pleine Bordure Extérieure... Ils feraient moins les malins si la Haute Culture Humaine s’appliquait aussi ici. Tas de barbares !
Je regarde mon chrono : ouf, plus que deux heures à supporter cet environnement infect ! Bientôt, ce mal de l’air qui m’empoisonne depuis trois jours que j’ai embarqué ne sera plus qu’un mauvais souvenir !

Enfin je vais pouvoir poser le pied sur la terre ferme ! Enfin je vais m’extirper de ce cloaque de métal décrépit aux odeurs nauséabondes, et ne plus entendre les crissements – oui, oui, j’ai bien dit crissements et pas ronronnements – des moteurs !
Et là, je pourrais m’adonner à mon travail, que dis-je, mon sacerdoce ! L’activité pour laquelle je suis né, celle qui me portera au pinacle de la gloire, celle qui fera que tous reconnaîtront mon talent – ma modestie habituelle m’empêchant de parler de génie – et connaîtront mon nom. Le journalisme !

Le vrai, le pur, de celui qui participe à l’édification des foules, qui doit comprendre à quel point l’Empire est la meilleure chose qui soit jamais arrivé à cette galaxie. Hum… c’te farce ! Mais bon, en attendant, l’Empire étant au pouvoir, faut bien que je compose avec lui. Ce qui me fait penser… et si par miracle la Rébellion parvenait à renverser le pouvoir en place, je deviendrais quoi ? Bon, j’y penserai plus tard. De toute manière, aucun bookmaker sensé – et même insensé – ne parierait sur ces anarchistes ridicules. Quoi ? L’Étoile Noire ? Boarf… un coup de bol monstrueux, voilà tout.

Allez, courage, Cirederf ! Un nouveau reportage, qui contribuera lui aussi à ta renommée intergalactique, t’attend au bout de ce voyage infernal ! Il faut juste trouver cette ville de Nameo City où vit la femme que je dois rencontrer. Elle s’appelle comment, déjà ? Ah oui ! Ancor Niedy. Généticienne et cunicultrice, qui élève des lapins sur la fourrure desquels apparaît le sigle de l’Empire en vert fluo la nuit.

OOOOOK… Finalement, peut-être que pour la gloire intergalactique et le prix Puzerlit, je vais devoir attendre encore un peu…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 21:01

II


Je ne sais pas à quelle espèce appartient le pilote de ce transport antédiluvien – ni même s’il possède réellement une licence de pilote, d’ailleurs –, mais il a un effroyable accent quand il parle en basique.
J’ai entendu « rissage », « bouquer » et « centor ». Le temps que je décrypte ces mots sibyllins pour en faire une phrase s’approchant de « Nous allons procéder à l’atterrissage, veuillez boucler votre ceinture », une forte secousse m’avait déjà fait tomber au sol. Encore !
Le transporteur se lance dans un tel piqué que me voilà parti dans un roulé-boulé incontrôlable. Difficile de dire si c’est une manœuvre classique ou si le navire est en perdition. Je parviens à me stabiliser grâce au mur de la soute, tout au fond du compartiment, quand mon dos le heurte brutalement.
J’ai l’impression de m’être cassé tous les os du corps et décide de ne pas bouger d’un poil. Autant apprendre les mauvaises nouvelles le plus tard possible.
– Vous vous sentez bien ? me demande d’une voix compatissante la charmante hôtesse de l’air twi’lek à mes côtés.
Enfin, à mes côtés… si on veut. Elle est assise sur son strapontin rétractable et regarde avec anxiété l’amas de chair avachi à ses pieds que je suis à ce moment-là.
Je lève un peu la tête – ouille, ça picote ! – mais pas de chance, ses interminables jambes sont croisées sous sa mini-jupe. Dans ce genre de moment magique et hors du temps, je ne peux m’empêcher de penser que la Haute Culture Humaine devrait faire preuve d’un peu plus de pragmatisme et intégrer en son sein des espèces presque humaines telles que les Twi’leks… ou au moins leurs femmes.
Quand je sens que le pilote redresse l’appareil, je commence à me rassurer. Si la descente en piqué était prévue, c’est que tout va bien. Et si elle ne l’était pas, c’est qu’il a repris le contrôle.
Porté par un nouvel espoir, je tente de me lever, perclus de douleurs. Aïe, ma cheville gauche a du mal à supporter mon poids.
Oh non ! Une nouvelle secousse, pire que les précédentes, me précipite dans les bras d’une passagère ! Heureusement, elle n’a ni griffes, ni crocs, ni cornes, mais plutôt une chair suffisamment généreuse pour que m’y enfonce sans douleur.
Elle hurle aussitôt, dans un registre si aigu qu’il manque me percer les tympans, puis m’assène un direct à la mâchoire qui me fait sauter une dent. Son mari, aussi robuste qu’elle et assis à ses côtés, n’est pas en reste et m’écrase son poing dans l’œil droit.
Je chute donc de nouveau, étourdi, sous une bronca générale. Même si aucun passager ne s’exprime en basique, il est évident qu’ils font savoir leur mécontentement, et je suis bien d’accord avec eux ! Quel scandale de traiter ainsi un homme tel que moi, si illustre, si Impérial !
Alors que j’ouvre mon œil valide pour remercier ces braves gens – bien que non-humains – pour leur soutien à mon encontre, moi, pauvre victime, je m’aperçois qu’en fait, c’est moi qu’ils fusillent du regard !
Bande de barbares ! Comme si c’était moi l’agresseur ! Comme si je dérangeais tout le monde ! Il faut vraiment qu’à mon retour, je glisse un mot à papa pour qu’il fasse en sorte que l’Empire s’intéresse de près à cette planète d’arriérés ! Ils ont bien besoin d’être remis au pas !

Pendant ce temps, le transporteur s’est immobilisé et le bruit des moteurs se tait enfin. Ouf ! Quelle délivrance ! Mon calvaire s’arrête enfin !
Je me relève et claudique jusqu’à mon siège – aïe, maudite cheville ! Je tente d’ouvrir l’œil droit. Bof. Mes paupières s’entrouvrent à peine. J’avale ma salive ; le goût du sang manque de me faire vomir à nouveau.
J’ouvre le compartiment à bagage au-dessus de mon siège pour attraper mon sac, mais j’ai à peine le temps de tendre la main pour l’attraper qu’il me tombe lourdement sur le crâne.
Reste calme, Cirederf. Ne cède pas à la provocation des gens qui ricanent autour de toi. Un jour, tu auras ta revanche. Un jour, la galaxie sera à tes pieds. Et puis bon, ils sont quand même vachement plus nombreux que moi, et en plus je ne sais pas me battre.

Je quitte l’appareil avec un grand soulagement. Faites place à Cirederf Nomis, le journaliste le plus en vue de la Tribune Impériale ! Enfin, qui devrait l’être si les jaloux ne conspiraient pas constamment contre lui ! Mias ça aussi ça changera un jour…
Perdu au milieu des autres passagers, j’avance dans les tunnels menant au hall de l’astroport. La tête haute, comme un prince hapien. Allons bon, il y a un poste de contrôle douanier.
Bah, tout va bien, ils ne semblent pas décidés à arrêter qui que ce soit.

Mais pourquoi ce grand escogriffe en uniforme se met sur ma route et me fait signe de le suivre ? Houlà, il parle le bérhétien… hum… j’ai connu cette langue il y a longtemps… Voyons voir si j’arrive encore à comprendre un peu. Il parle de… fouille ? Houlà, c’est qu’il parle vite, et avec un sale accent, en plus. Son mot qui revient le plus après, c’est l’adjectif de corps, non ? Donc corporel.
Ah, il vient de poser une question ! Age bla…Où sont… devero ni… mes gants… ner lexun… en latex ?

Ô merde…

Je hais cette journée…

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Minos
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 21:02

III



Je sors du poste de contrôle douanier deux heures plus tard, m’indique mon chrono. Je marche lentement… très lentement… droit comme un « i ». Note à moi-même : se faire des contacts, même s’ils sont bidons, afin de monter un dossier sur la corruption endémique des douaniers de l’astroport. Tout le monde a ses cadavres dans les placards, nul doute qu’eux aussi en ont. S’ils n’en ont pas, mon imagination fera le reste.
Une petite synthèse de ma part derrière et hop, je leur pondrai un bel article en première page, à ces sales types !

Je n’arrive pourtant pas à sourire en songeant à ce futur doux projet. Cela ne me suffit pas. Voyons voir… Ah oui, je sais ! Lors de mon séjour ici, je passerai quelques coups de fil anonymes au BSI sur Coruscant, en me faisant pour un citoyen respectable – ce que je suis, au demeurant – qui est tombé par hasard sur des activités suspectes, pour ne pas dire rebelles.
Et dès que je rentre, moi aussi j’alerte le BSI sur les Rebelles que j’aurais croisé ici, en même temps que je sortirai un article qui fera l’effet d’une bombe !
À partir de là, nul doute que cette planète recevra la visite d’un ou deux destroyers stellaires, qu’une garnison impériale s’installera et qu’une bonne vieille chasse aux sorcières sera lancée. Na ! Ça leur fera les pieds, à ces non-humains inhumains !
Moi, mesquin ? Pas le moins du monde. C’est simplement que je me bats avec mes propres armes.

Une fois dans le hall de l’astroport, je me dirige vers les files d’attente pour les taxi-speeders. Une longue demi-heure plus tard arrive quasiment mon tour. La personne devant moi, un autochtone tout poilu – sans doute issu du croisement entre un Ewok et une Wookiee… à moins que ce ne soit l’inverse – demande à être conduit au centre-ville.
– Ça fera vingt-cinq crédits, monsieur, lui répond le chauffeur.
Et ils s’en vont, et vient enfin mon tour avec le taxi-speeder suivant.
Mes vingt-cinq crédits déjà prêts à la main, j’annonce au chauffeur que je vais au centre-ville. Il me scrute froidement et rétorque :
– Cinquante crédits.

Coruscant me manque.

Je m’installe à l’arrière du taxi-speeder et subis des séries d’éternuements. Allons bon ! Allergie aux poils ? Quand ma peau commence à me gratter, je me demande s’il n’y a pas de poux dans l’habitacle.
Je sors mon datapad afin de noter un sujet de reportage intéressant : « Le racket des chauffeurs de taxi sur la planète P-Oilad’e ». Je commence à rédiger le témoignage aussi anonyme que fictif qui va agrémenter mon futur article, mais le chauffeur se met alors à conduire d’une manière si brusque et nerveuse que j’ai l’impression d’être revenu dans le vieux transport spatial.
Si jamais il le fait exprès, qu’il continue comme ça et je vais vomir dans son taxi. Ce serait tellement bien fait pour lui que j’en viens même à espérer un déraillement de mon estomac.
Je vois qu’il m’observe dans son rétroviseur. Ce maraud le fait donc expèrs pour m’empêcher d’écrire ! Qu’à cela ne tienne, sale animal, j’ai la parade ! J’active la fonction « dictaphone » de mon pad et me met à poser les grandes lignes de mon article… celui sur les douaniers, par contre, pas celui sur les taxis. Ce serait dommage de tomber du speeder. Un accident est si vite arrivé, surtout quand je vois le regard de tueur qu’il me lance maintenant.
Ah ! Parfait, il s’est calmé ! Fini les cabrioles, il semble enfin se décider à conduire convenablement. Je continue à parler à mon pad, mais voilà que le chauffeur appuie sur un bouton et met la radio en route. À fond le son, avec une musique qu’on dirait non pas sortie d’instruments mais de personnes qu’on égorge.

Je hais cette planète, et encore plus ses autochtones…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 21:35

Cool, ça va me permettre de m'y remettre sérieusement et plus facilement (moins noyé dans tous les autres messages des autres forumeurs ^^) c'est t'y pas beau la vie ? Razz
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 21:46

Très, ma chère, très^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 22:23

Minos a écrit:
 Au-dessus du lavabo, je m’humecte le visage avec de l’eau du robinet

Est-ce vraiment nécessaire de préciser "du robinet" alors que tu écris "le lavabo" ?

Sinon, j'adores ! Le côté déjanté est vraiment super et on affectionne rapidement le personnage de Cirederf très malchanceux et plutôt râleur, il est marrant ! Ces trois premiers épisodes nous donne un point de vue de l'histoire et la mise en place est très bien faite je trouves. À voir ce que ça donnera par la suite !
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Lun 11 Mai - 22:30

Par la suite ? Disons que là, c'est que le début, ça reste soft, et dans les persos, et dans les situations...

Le pire reste à venir ! Twisted Evil

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 0:03

IV



Une fois arrivé à destination, j’ai à peine le temps de prendre mon sac que le chauffeur démarre déjà, manquant de m’arracher un bras. Non mais il est décidément complètement fou ! Il a une idée de combien peut coûter une prothèse de bras, sans parler de son entretien ?
Ces Poliens, je vous jure… Hum ? Oui, c’est le nom des autochtones. Aussi ridicule que leur apparence hideuse. Tous recouverts de longs poils. Beurk.
Je me demande si je ne devrais pas investir dans un salon de coiffure… ou de toilettage canin, d’ailleurs, sur cette planète : voilà un investissement qui pourrait s’avérer lucratif. Mais bref, je ne suis pas là pour ça.
Où se trouve mon hôtel ? Voyons voir… Je sors mon datapad pour retrouver les infos le concernant : place Stinaslis. C’est bon, c’est ce qu’indique le panneau au coin d’un bâtiment voisin. Quel numéro, maintenant ? Quarante-deux ? Normal…
Allons-y pour la balade. J’espère que c’est pas loin, ma cheville m’élance de plus en plus. Alors… Trente-six… trente-huit… quarante… quarante-quatre… Hein ? Quoi ? Comment ça, quarante-quatre ? Je ne sais plus lire, ou quoi ? Si encore les numéros n’étaient indiqués qu’en polien, je ne dis pas, mais là ils sont aussi notés en aurebesh. Je ne suis pas fou, c’est bien quarante-deux qu’il y a noté concernant mon hôtel !
Or entre le numéro quarante et le quarante-quatre, il y a un jardin ! Qu’est-ce que c’est que ce cirque zeltron ?
Je tope un jeune autochtone… ou un autochtone nain, peut-être, difficile à dire quand on ne distingue pas les traits de ses interlocuteurs, et lui demande en aurebesh :
– Excusez-moi. Moi chercher hôtel… Vous comprendre moi ? Hôtel ! Ici, sur la place ! Vous aider moi ?
L’autochtone me regarde – enfin je pense, vu que je ne vois pas ses yeux –, il lève la main et frotte son pouce sur ses autres doigts. Si c’est bien le geste auquel je pense, il veut de l’argent…
Allons bon, voilà qu’il tend carrément la main, maintenant !
Je reprends :
– Oui mais… vous vraiment pouvoir aider moi ?
Il opine du chef.
Bon, on ne va pas y passer la journée non plus ! Je mets un billet de dix dans sa main. Il le fait disparaître dans sa fourrure et retend la main. J’hésite puis en mets un autre, qui a le même sort que le précédent. Une fois ce manège effectué cinq fois, la moutarde corellienne commence sérieusement à me monter au nez et je lui dis :
– Non mais dis donc, espèce de boule de poils puante ! Tu ne serais pas en train de te fiche de moi ?
Il se met à s’agiter et je reprends plus lentement, cette fois-ci, afin qu’il comprenne un tant soit peu :
– Moi donner toi assez argent ! Toi dire moi où hôtel est ! Kapich ?
Oui, j’avoue, ce dernier mot est tiré de l’argot ritalitalien. Au point où j’en suis, je peux bien me payer un peu la tête de ce poilu inculte !
Il faut croire que celui-ci ouvre la bouche, car une voix mélodieuse se met alors à émaner de lui :
– Sy, Kapich. Mais vous pouvez continuer à parler en aurebesh, c’est une langue que je maîtrise à la perfection pour l’avoir étudiée dans la meilleure université de P-oilad’e. Par contre, j’ignore si vous parviendrez à me comprendre car j’ai le sentiment exacerbé que vous avez de sérieuses lacunes en la matière. Sauf en jurons… Je me demande si je vais vous aider, finalement.
Oh non ! Il ne faut pas qu’il m’abandonne ! Sinon je serai obligé de tout recommencer, retrouver un autochtone, me faire racketter à nouveau ! Parce que bon, là c’était limite, quand même…
– Bon, d’accord. J’admets avoir peut-être éventuellement légèrement dépassé les bornes, et je n’aurais pas forcément dû. Vous pouvez m’aider ?
– Ce sont des excuses ?
– Hé bien… oui.
– Hum… Bien, je condescends à les accepter, malgré votre impolitesse.
J’ai l’impression de m’arracher la gorge quand je lui réponds dans un coassement :
– Merci.
– Voilà qui est mieux ! Alors, quel endroit cherchez-vous, au juste ?
– Un hôtel est censé se trouver sur cette place, au numéro quarante-deux, mais impossible de le trouver ! Pourtant, il devrait se trouver ici !
Quand je désigne le jardin du doigt, l’autochtone s’exclame :
– Ah oui, bien sûr, cet hôtel-là !
– Vous savez où il se trouve ? demandé-je avec espoir.
– Oui, nous y sommes.
– Comment cela ? Il n’y a rien d’autre que de l’herbe stupide, des arbres idiots et des fleurs moches !
– En fait, cet hôtel a mis la clé sous la porte il y a six mois et a été rasé il y a un mois. Il était insalubre depuis trop longtemps, de toute manière.
– C’est impossible ! J’ai réservé un lit dans cet hôtel pour la semaine !
– Ah oui ? Je pense que vous vous êtes fait arnaquer, dans ce cas.
– Mais enfin… Quand je pense que j’ai payé une semaine d’avance ! Je fais comment, moi, maintenant ?

Il se remet à frotter son pouce contre le bout de ses doigts, puis tend la main. Je soupire en sortant mon portefeuille.

Saloperie de planète… Je veux rentrer à la maison !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 0:04

V




C’est le portefeuille considérablement amoindri que je me mets à suivre l’autochtone, après que nous nous fussions présenté l’un à l’autre, à l’instigation du Polien :
– Mon nom est Chish’Qe’Babso’Semou-Tardeux, qu’il me fait.
Houlà…
– Mais vous pouvez m’appeler Bab.
Ah, voilà qui est mieux.
– Et moi je suis Cirederf Nomis, journaliste émérite et impartial à la Tribune Impériale.
– Houlà… Vous n’avez pas un surnom ? Parce que bon, avec un nom à rallonge pareil…
– Il est très bien, mon nom ! que je m’insurge. Mais si vous y tenez, vous pouvez m’appeler « Cir ».
Je suis fier de mon improvisation : « cir » se prononce comme « sire », et j’ai toujours pensé que ce type de titre ne pourrait que me convenir à merveille. « Sire Nomis », ça fait vraiment trop la classe !
– Bab éclate de rire et met longtemps à se calmer. Ils sont vraiment bizarres, ces non-humains. Il finit par s’expliquer :
– « Cir » est le nom d’une maladie polienne qui, s’en prenant aux intestins, a pour conséquence une quasi liquéfaction des selles avant leur éjection et…
– C’est bon, j’ai compris !
C’est malin, j’ai le cœur au bord des lèvres, maintenant. Et étrangement, je me rends également compte que je suis affamé.
– Je vous appellerai donc « Erf », qui est beaucoup plus neutre, sans connotation négative.
Je me contente de hocher la tête. «Erf »… ridicule… Mais bon, l’une de mes plus grandes qualités parmi les nombreuses qui me caractérisent est mon adaptabilité.
– Suivez-moi, qu’il me dit en ouvrant la marche.
Il n’a pas fait deux pas qu’il se remet à rigoler.
– Quoi encore ? que je demande, irrité.
– Non, rien. Je repensais à ce que vous avez dit.
– Et j’ai dit quoi ?
– « Journaliste émérite et impartial à la Tribune Impériale ».
– Et alors ? Bien sûr que je suis journaliste émérite ! Sur Coruscant, mon talent est reconnu de tous, je suis la crème de l’élite et plus d’un le sait. Surtout les jaloux qui tentent de me faire tomber, écrasés qu’ils sont par ma prose sans égale.
– Non, ce n’est pas cela. C’est juste que « impartial » et « impériale » dans la même phrase me fait rire : jamais je n’aurais pensé qu’on puisse marier ces deux mots.
Je vais pour lui répondre quelque chose de cinglant quand je me rends compte d’un changement subtil dans l’atmosphère. Bab aussi s’en est aperçu car il me glisse à l’oreille :
– Continuez à me suivre, mais laissez-moi deux mètres d’avance. Les Poliens ont tendance à assimiler « humains » à « Empire », aussi votre présence est-elle mal perçue par les gens qui nous entourent. Si quelqu’un s’en prend à vous, ne répliquez surtout pas : vous risqueriez d’être lynché par une foule vengeresse.
– Mais… je suis un humain ! Représentant de l’espèce la plus évoluée de la galaxie. Comment quiconque pourrait-il avoir envie de me prendre à partie ?
– Les Poliens n’apprécient guère les humains, et c’est peu de le dire.
– Je vois… un peuple raciste, fais-je en contenant difficilement mon mépris.
– Voilà une réflexion que je trouve ironique de la part d’un être qui bénéficie pleinement de la Haute Culture Humaine au détriment de toutes les autres espèces pensantes.
– Ça n’a rien à voir !
C’est incroyable, cette mauvaise foi dont font preuve les espèces sous-évoluées de la galaxie, à savoir toutes sur l’humanité ! Ils ne comprennent donc pas que les humains sont les plus évolués, et qu’ils ont à cœur de faire grandir les autres espèces ?
C’est quand même fou. Si on les laissait faire, ils passeraient leur vie à se rouler dans la boue, tous autant qu’ils sont !
– N’oubliez pas, reprend Bab. Laissez-moi deux mètres d’avance. Je ne voudrais pas qu’on croit que nous sommes ensemble, ça me vaudrait des ennuis à moi aussi.
Ceci dit, il prend prestement ses distances.

J’observe avec une anxiété croissante les Poliens que nous croisons. Vrai que le ton semble monter… Leurs expressions corporelles, autant que je puisse en juger, indique de la colère…
L’un d’eux me bouscule sans ménagement. Je jurerai qu’il l’a fait exprès. Mais je reprends mon chemin. Je ne rentrerai pas dans leur jeu, je vaux bien mieux qu’eux. Le seul civilisé parmi des barbares incultes, je vous dis !
Fier comme Artab’an, je relève la tête et continue à marcher, plein de prestance et de charisme. Prenez-en tous de la graine : à ce moment, je suis l’incarnation de la dignité.
Un Polien se campe devant moi. Des doigts, il écarte les poils devant sa bouche. Tiens, ses lèvres sont roses. Intrigué, j’attends qu’il prenne la parole. Mais tout ce qui sort de sa bouche, c’est un crachat qui vient souiller mes bottes.
Une bouffée de chaleur m’envahit. Calme, Cirederf… Zen… Je contourne le Polien sans un mot. Il n’aura droit qu’à mon mépris.
Je pousse un petit cri de hamster alderaanien quand quelque chose de mou et visqueux s’écrase contre ma tempe. Beurk ! On dirait un œuf ou un fruit pourri, à l’odeur.
Puis on me bouscule à nouveau. On me crache encore dessus. On me marche sur les pieds. On colle son visage quasiment contre le mien pour me hurler dessus. On me gifle. Et ça recommence, encore et encore.
J’ai l’impression de vivre un cauchemar, et attends en vain de me réveiller. Je me referme sur moi-même, suffisamment pour avoir l’impression que ce qui m’arrive est subi par quelqu’un d’autre que moi. Comme si je regardais la situation de l’extérieur.
Je suis tellement dans ma bulle que je manque de dépasser Bab. Je n’avais pas vu qu’il s’est arrêté sur le porche d’une maison et qu’il me fait signe d’entrer. Je me jette à sa suite et il verrouille derrière nous.

Ouf ! Sauvé !

Il faut vraiment que je signale cette planète comme étant un nid de Rebelles et d’insurgés. Une bonne vieille vitrification de leurs villes, couplée à une évaporation de leurs océans, et ces sauvages feront moins les malins !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 0:04

VI




Bab et moi sommes dans une cage d’escalier désuète. Je n’ai pas le sentiment que le concept du nettoyage ait atteint cette planète d’arriérés, au vu des taches douteuses qui recouvrent les murs, sans parler des tas de… on ne sait trop quoi au sol.
Bab commence à monter les marches qui grincent de protestation. Tu as raison, Bab, passe le premier : comme ça si tout s’effondre, ce sera sur ton passage, pas sur le mien.
Je m’apprête à le suivre quand mon datapad bourdonne. Oui, j’ai un datapad XZ-463 TS2-alphaR/2@D. Vous êtes jaloux ? Normal, c’est ce qui se fera de mieux dans la galaxie dans quelques mois. Comment j’en ai eu un avant sa sortie publique ? Hey, on parle de moi, là ! Cirederf Nomis, grand reporter aux relations tentaculaires et au carnet d’adresse long comme le bras d’un rancor !
Bref, ce datapad me sert notamment pour garder le contact avec la galaxie entière, car il a l’option comlink. Je n’ai pas encore réussi à régler les sonneries pour les personnaliser, mais les images qui apparaissent à la place des gens qui m’appellent sont mises.
Je regarde. C’est la photo d’un tas de vomi qui s’affiche, donc Smaugh Eskolar. Cet arriviste de première classe se veut être un de mes collègues, mais cette raclure ne m’arrive pas à la cheville. Ses articles ne valent pas un pet de killik. Il a sûrement couché pour arriver, je ne vois pas d’autre explication.
Un jour, il m’a même balancé par la fenêtre d’un des bureaux de la Tribune Impériale. Il faut dire que mon sex-appeal avait encore frappé : j’avais réussi à coucher avec Kia Lansillo, un de nos collègues aussi experte à manier un stylo qu’un… enfin bref. Quand Eskolar s’en était rendu compte, il était devenu blême. Tout à mon triomphe, j’avais voulu lui éclater de rire à la figure, mais voilà que ce fou m’avait empoigné par le col et jeté contre la fenêtre… ouverte. Quatre-vingt-dix-sept étages.
Je n’avais dû qu’à mes réflexes fulgurants de réussir à m’accrocher au rebord, et heureusement, d’autres membres de la rédaction étaient venus me sauver des griffes de ce fou furieux ! Un vrai dragon, ce Smaugh !
Depuis, nous nous haïssons cordialement et sommes engagés dans une compétition féroce pour nous faire bien voir le plus possible auprès du chef de la Tribune, le colonel Covelian. Et je compte bien gagner !
Même si en attendant, nous avons dû l’énerver une fois de trop vu qu’il nous a tous deux envoyés en exil dans la Bordure Extérieure, sous le prétexte fallacieux d’exercer notre métier de journalistes.
Bizarre qu’il m’appelle. J’espère qu’il en bave au moins autant que moi, cette chiure de chauve-faucon !
J’ouvre la communication :
– Ce cher Eskolar ! Comment vas-tu, cher confrère ? Justement, je pensais t’appeler !
Certains appelleraient cela de l’hypocrisie, mais ils ont tort : à mes yeux, c’est de la diplomatie.
– Ça va très bien, cher Nomis, très très bien. Tu ne peux même pas imaginer !
– Alors, tu ne t’ennuies pas trop dans le trou perdu où Covelian t’a envoyé ?
– Si je me souviens bien, tu es dans la même situation, non ?
– Alors là, pas du tout ! Les autochtones sont charmants au possible, très déférents envers moi. En fait, ils ont tendance à vénérer les humains, surtout impériaux. Ici, je suis comme un coq corellien en pâte, limite un demi-dieu ! Ah ! Ah ! Ah !
L’espace d’un instant, je me demande si je n’en fais pas trop, mais je balaye cette réflexion d’un coup de balai mental. Si Eskolar pouvait en crever de jalousie…
– Qu’est-ce que tu veux, au fait ? que je demande.
– Bah en fait j’ai deux nouvelles à t’annoncer. Une bonne et une bonne. Je commence par laquelle ?
– Menteur, tu viens de commencer par une mauvaise nouvelle !
– Ah bon ? Laquelle ?
– Que ton sens de l’humour est toujours aussi minable. Je me demande même s’il n’a pas encore baissé d’un cran.
Prends ça dans les dents ! Je me délecte du silence qui se prolonge quelques secondes dans mon datapad.
– Alors, ces nouvelles ? que je demande nonchalamment.
J’adore rabattre son caquet à cette face d’orbalisk !
– La première bonne nouvelle, c’est que le colonel Covelian a disparu.
– Ah ? Le manche du balai qu’il avait dans le derrière a fini par ressortir par sa bouche, l’étouffant au passage ?
– En fait, on ne sait pas. Il s’est volatilisé depuis quinze jours, et même le Bureau de Surveillance Impérial n’a pas été capable de retrouver sa trace.
– S’il a été tué et jeté dans un conteneur à déchets, normal que le BSI ne l’ait pas vu : il était trop bien camouflé… sans avoir besoin d’être déguisé ! Ah ! Ah ! Ah !
– Quoi qu’il en soit, le BSI a décidé que la direction de la Tribune Impériale ne pouvait rester vacante plus longtemps.
Un vertige me prend. Ça y est ! Ça y est ! Je vais enfin obtenir le poste que j’aurais dû occuper depuis déjà des mois ! Je vais devenir le rédacteur en chef, tout le monde me mangera dans la main ! Aaaaaah ! Revoir Coruscant et mourir ! Enfin, le plus tard possible, cette dernière chose.
– Tu es toujours là, Nomis ?
– Oui, je suis là, que je réponds, redevenu le plus sérieux de la galaxie. C’est effectivement une excellente nouvelle. On n’a… Il n’a jamais pu nous piffrer. Et c’est quoi la deuxième bonne nouvelle ?
Allez, dis-le ! Dis-le ! Diiiiiiiiiiis-le !
– Je suis promu au poste.
– Hein ?
– Le BSI a décidé de me promouvoir comme directeur de la Tribune Impériale.
– Mais… que… non, tu dois te tromper. C’est impossible !
– Et pourtant, mon cher…
Ô que je n’aime pas l’ironie dans son ton…
– Ah…
Je regarde à terre. Bizarre, le sol ne s’ouvre pas pour me faire tomber jusqu’au centre de magma de la planète. Voilà qui ne m’aurait pourtant guère étonné.
Je me reprends, plein d’espoir :
– Mais dis-moi, mon cher Smaugh, vu que c’est cet imbécile de Covelian qui m’a envoyé dans la Bordure Extérieure, tu n’es pas tenu de suivre ses anciennes directives ?
– Tu as raison, Nomis : j’ai reçu carte blanche, je fais donc ce que je veux.
– Génial ! Je file à l’astroport et je rentre, dans ce cas !
– Ah non !
– Comment ça, ah non ?
– Je connais ton talent, Nomis, et je veux absolument lire l’article sur la cunicultrice ! Voilà qui promet d’être salace !
– Tu es sûr d’avoir bien regardé la définition de ce mot ?
– Ah ! Ah ! Nul besoin, ça ne peut être qu’un truc cochon avec un tel nom !

– Je vais te laisser, Smaugh, je me sens las, à un point que tu ne peux pas imaginer…
– Ah oui ? Ça doit être le décalage horaire. Au fait, tu trouveras quelques changements en rentrant. Mon bureau était trop petit à mon goût alors j’ai fait abattre la cloison entre les deux nôtres pour récupérer le tien. Mais rassure-toi, j’ai fait aménager l’ancien local à balais et y ait fait déposer tes affaires.
Je raccroche. Range mon datapad dans mon sac. Je fixe le mur décrépit. Lui donne un coup de boule.

Et là, c’est le trou noir…

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 13:46

Ça avance !

Et sur Wattpad, ça donne quoi ?
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 13:49

Rien, je n'ai pas encore testé et ne testerai avant quelques jours minimum (semaines ? mois ? années ? L'avenir le dira Razz ).

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 17:19

Minos a écrit:
C’est la photo d’un tas de vomi qui s’affiche, donc Smaugh Eskolar. Cet arriviste de première classe se veut être un de mes collègues, mais cette raclure ne m’arrive pas à la cheville. Ses articles ne valent pas un pet de killik. Il a sûrement couché pour arriver, je ne vois pas d’autre explication.
Un jour, il m’a même balancé par la fenêtre d’un des bureaux de la Tribune Impériale. Il faut dire que mon sex-appeal avait encore frappé : j’avais réussi à coucher avec Kia Lansillo, un de nos collègues aussi experte à manier un stylo qu’un… enfin bref. Quand Eskolar s’en était rendu compte, il était devenu blême. Tout à mon triomphe, j’avais voulu lui éclater de rire à la figure, mais voilà que ce fou m’avait empoigné par le col et jeté contre la fenêtre… ouverte. Quatre-vingt-dix-sept étages.
Je n’avais dû qu’à mes réflexes fulgurants de réussir à m’accrocher au rebord, et heureusement, d’autres membres de la rédaction étaient venus me sauver des griffes de ce fou furieux ! Un vrai dragon, ce Smaugh !
J'étais mort de rire lorsque j'ai lu ce passage  Very Happy

Elle est vraiment bien cette histoire ! J'attends la suite de pied ferme 
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 17:25

Je posterai les trois prochains chapitres tout à l'heure^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 18:38

Wink toujours à l'heure le minos... la preuve, il a une horloge dans les mains...
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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 18:44

C'est pour être sûr d'être en retard ! Ce serait dommage de commencer à faire dans le mauvais timing à ce niveau, depuis le temps^^

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 18:55

VII



Aïe.

Aïe.

Ouille.

– Aaaaaïïïe !

Éveillé en sursaut, je me redresse, mais dès que je suis assis, la tête me tourne. Je porte la main à mon front. Ouch ! Sacrée bosse !
J’ai mal aux joues, aussi. Bizarre. Nettement moins bizarre quand je vois Bab, agenouillé à mes côtés, main levée.
– Que… ? demandé-je, fort à propos et avec une finesse d’esprit qui m’épate vu mon état.
– Vous vous êtes cogné volontairement la tête contre le mur et vous vous êtes écroulé inconscient, me rappelle Bab. Du coup, je vous ai donné quelques gifles pour vous réveiller. Quoi qu’il en soit, vous avez le sommeil plutôt lourd !
– Vous avez déjà entendu parler des premiers soins ? je fais.
– Bien sûr, qu’il me rétorque. Mais je ne me ballade pas avec une trousse de secours dans la poche. Et de toute manière, je ne saurais pas m’en servir, je n’ai pas le diplôme.
– Des gifles… Non mais sans blague ! J’aurais préféré que vous me balanciez un seau d’eau à la figure ! J’aurais été mouillé mais pas blessé !
– Désolé, je ne me promène pas non plus avec un seau d’eau.
Bon, j’admets qu’il n’a pas tout à fait tort. Mais plutôt mourir que de lui avouer. Et puis la situation aurait pu être pire : cet espèce de… euh… ce… non-humain… aurait tout aussi bien pu m’abandonner là après m’avoir dépouillé de mon sac et de mon portefeuille. Disons donc qu’il n’est pas tout à fait malhonnête. Mais il ne va pas s’en tirer à si bon compte. J’insiste :
– Vous auriez pu me porter jusqu’à un endroit plus confortable, genre un lit, plutôt que de me laisser dans cette fange nauséabonde.
Il ne répond rien. Bien, il faut croire que je lui ai cloué le bec ! C’est quand je plante mon regard vers l’endroit où devraient se trouver ses yeux, cachés derrière sa pilosité faciale, que je me rappelle qu’il m’arrive à la taille. Il en faudrait au moins deux comme lui pour me soulever.

Bref, mieux vaut changer de sujet. Je demande :
– On est où, là ? Ne me dites pas que c’est un hôtel ? Parce que si c’est le cas, ça ne va pas le faire, c’est certain ! Hors de question que je m’installe, même provisoirement, dans un endroit aussi sordide.
Je frissonne : si ça se trouve, des milliards de bactéries mutantes sont déjà en train de me dévorer vivant et je n’en sais rien. J’éprouve une furieuse envie de me gratter.
Bab me répond sèchement :
– On est dans ma cage d’escalier. Je vis ici, et nous sommes en train d’aller chez moi.
– Mais… pour que faire ?
– Vous n’avez pas remarqué l’hostilité des Poliens à votre égard ?
– Bien sûr que si ! Et alors ?
– Et bien c’est dû aux événements du mois dernier !
– Quels événements ?
– Vous vous prétendez journaliste et vous ne vous êtes même pas renseigné avant de venir ici ?
– Oui, bah si vous croyez que je n’ai que ça à faire, regarder les actualités de toutes les planètes perdues dans la cambrousse galactique…
– Dommage. Vous auriez su ce qui est arrivé à votre hôtel.
Là, bien sûr, il se tait, histoire de faire monter la sauce. Ou pour le suspense. En règle générale, je suis un homme patient. Mais pas aujourd’hui.
– Bon, vous allez cracher le morceau, nom d’un Ewok empaillé ?
– Tous les ans, un convoi de vaisseaux part de P-oilad’e avec toute la production agricole de la planète, afin de la vendre dans la capitale du Centre Sectoriel. Sauf qu’il y a un mois, le convoi a croisé la route d’un destroyer stellaire impérial.
– Et alors ?
– Le chef du convoi, pince-sans-rire, a annoncé au destroyer qu’ils étaient des pirates en goguette. Le capitaine impérial a fait ouvrir le feu. Il y a eu trois rescapés.
Aucun doute, son espèce est stupide. Faire de l’humour avec un capitaine de destroyer stellaire, il faut vraiment être arriéré ! Mais je m’abstiens de le lui faire remarquer à haute voix.
– Du coup, les Poliens ne peuvent plus piffrer les humains, surtout les impériaux. Et vu que vous cumulez ces deux défauts, Erf… Comme si votre caractère exécrable ne suffisait pas !
Qu’est-ce qu’il veut dire par là ? Qu’est-ce qu’il a mon caractère ? Ce que ces non-humains peuvent être insultants, parfois, c’est fou…
– Quant à votre hôtel, il était tenu par un humain, et sa clientèle était de la même espèce. Le peuple en colère l’a rasé, en représailles à l’anéantissement du convoi.
– Mais il était pourtant innocent ! Tas de barbares sans foi ni loi ! Bientôt vous allez me dire qu’ils ont aussi tué son chien nek apprivoisé !
– En effet, vous voyez que vous suivez les actualités ! Son canari y est passé aussi.
– Cet amalgame est abject ! Je…
Je… ? Je me souviens soudain que je voulais appeler le BSI pour qu’il s’occupe de cette planète. Alors je me tais.
– Bref, les humains ne sont pas très bien vus depuis lors. Alors je me propose de vous héberger. Vous m’avez suffisamment bien payé pour cela.
Je ne sais pas si je dois le remercier. Après tout, il me tend peut-être une embuscade. Peut-être que des terroristes m’attendent là-haut, en train d’aiguiser les vibro-lames qu’ils comptent enfoncer dans mon corps d’athlète dès que je serai à leur portée. Mais je n’ai pas peur ! Je suis Cirederf Nomis, valeureux parmi les braves. S’il faut se battre, je me défendrai bec et ongles ! Enfin, surtout ongles, je n’ai pas de bec.
Je me lève. Ma tête tourne. J’ai mal aux joues. Mon œil me lance. Et je ne vous parle même pas de ma cheville. Mais qu’importe !
– On y va ? que je demande, bravache.
Suivez-moi, répond Bab en grimpant à l’escalier.

Mes jambes se mettent à trembler, mes dents à claquer. Mamaaaaaaaaaaaaaaan ! Je veux pas y aller ! Je suis trop jeune pour mouriiiiiiiiiiiiiir !

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MessageSujet: Re: (2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)   Jeu 14 Mai - 18:56

VIII




– Vous… ne connaissez pas… cette chose… qu’on appelle… ascenseur… sur P-Oilad’e ?
Pfouih, je suis crevé. Pourtant, je fais régulièrement du sport dans mon salon, avachi dans mon canapé en poils de banthas, une manette de jeux à la main. C’est bien la peine de faire des efforts pour s’entretenir physiquement !
Bab se retourne, soupire en secouant la tête et recommence à monter. Je pense que si j’avais vu ses yeux, ils auraient été levés vers le ciel.
Arrivé au troisième étage, je fais une pause, les jambes flageolantes. Je m’accroche à la rambarde, à la recherche de mon souffle. J’ai l’impression d’être Dark Vador, la puissance en moins. Pour le charisme, en revanche, je pense que ça peut se discuter.
Je jette un œil vers le haut, par-delà la rambarde, histoire de voir ce qui pourrait bien m’attendre dans le pire des cas, genre Bab habite dans la mansarde sous le toit. La vache dantooinienne ! Je ne vois même pas le nombre total d’étages tellement c’est haut !
– On s’arrête où ? que je demande à Bab, qui s’est arrêté pour m’attendre.
– Au palier suivant.
Incroyable ! Il m’arrivera donc des trucs bien aujourd’hui ? Je n’en reviens pas ! Je reprends ma marche en avant, galvanisé par la bonne nouvelle.
Arrivés devant chez lui, Bab sort un trousseau de clés. Diantre ! Des vrais clés en métal ! Et moi qui pensais qu’on n’en trouvait plus que dans les musées ! La Bordure Extérieure ne finira jamais de m’épater par son archaïsme.
Il ouvre la porte et entre. J’hésite brièvement en repensant aux risques d’embuscade, s’il est encore plus retors qu’il en a l’air. Mais bon, je suis lessivé…
Au point où j’en suis, je préfère encore me faire kidnapper. Après tout, les victimes sont souvent ligotées et allongées, assises dans le pire des cas, bref des positions propices à un repos bien mérité.
J’entre à mon tour et il ferme la porte derrière nous.

Je fais quelques pas. L’endroit est minuscule, juste égaillé par une grande fenêtre. Dans un coin, une douche. Dans l’autre, des toilettes. Dans le troisième, une kitchenette. Partout ailleurs, des… trucs et des machins, posés pêle-mêle. Je me demande quelle est la couleur du parquet. Enfin, si c’est du parquet au sol. Là, c’est difficile à dire.
– Cosy, hein ? me fait Bab.
C’est qu’il a l’air fier, en plus !
Avant que j’ai pu répondre, des coups rageurs s’abattent sur la porte.
– Ouvrez, c’est un ordre ! Il paraît que l’humain est entré ici !
– Mais… qui êtes-vous ? demande Bab.
– La Ligue Anti-Humains ! Ouvrez ou nous défonçons la porte.
– C’est quoi cette Ligue Anti-Humains ? que je demande à Bab.
– Un collectif créé après l’incident du mois dernier. Depuis lors, ils pourchassent, torturent et tuent tous les humains qu’ils peuvent croiser. Zut, si j’avais su qu’il y en avait dans le coin, je ne vous aurai pas aidé. C’est dangereux pour moi, ça.
– ET MOI, ALORS ? que je lui hurle dessus.
Quelque chose de très lourd se jette sur la porte. Aucun doute, ils essayent de l’enfoncer ! Je regarde autour de moi, au bord du désespoir. Une seule issue possible : la fenêtre !

La porte sort de ses gonds à ce moment-là, et des Poliens furieux apparaissent dans l’encadrement de feue la porte. Bab s’éloigne de moi, d’un pas, et dit aux arrivants :
– Sauvez-moi, il m’a pris en otage !
Et tout bas :
– Désolé, Erf, question de survie…

Quand ils se précipitent sur moi, je saute en arrière, direction la fenêtre. Je me jette sur elle, les bras en avant pour ne pas être trop blessé par les éclats de verre. Je m’écrase sur la vitre qui tient sur le coup et me retrouve les fesses par terre.
– Triple vitrage, commente Bab.
J’ai de la chance dans mon malheur : les Poliens sont si avides de mettre la main sur moi qu’ils se gênent entre eux et s’empêtrent dans le foutoir qui jonche le sol. Deux d’entre eux s’affalent et deux autres tentent de les enjamber pour m’attraper. Tiens, je distingue enfin un bout du sol : il semblerait que ce soit du lino, finalement.
Revenant à la réalité et conscient que ma vie ne tient qu’à un fil, je me redresse, leur tourne le dos, ouvre la fenêtre, enjambe le parapet… oh non ! L’un d’entre eux m’a attrapé le pied ! Je lui donne un coup de talon rageur, porté par l’adrénaline et l’instinct de survie.

Ma chaussure lui reste dans les mains et je saute par la fenêtre.

Ce n’est qu’à ce moment que je me souviens que nous sommes au quatrième étage.

Je crie :
– Ma chaussuuuuuure !

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Si le retard était une religion, j'en serais le pape...
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(2017, l'année du rattrapage de retard. Meuh non, je rigole)
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