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 Parnos

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Minos
Lapinou Imperator


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MessageSujet: Parnos   Mar 3 Juin - 20:27

Cette nouvelle répond à une question que je pose dans mon roman "Minos" (un jour il sera fini, ô oui). Dans le bouquin, le héros, Minos (sic) découvre que son vieux serviteur, Parnos, a des ancêtres communs avec lui. Parnos lui répond qu'il le sait, et à quel degré, et que de toute manière "il est né pour des raisons géopolitiques", sans vouloir en révéler plus : forcément, je ne savais pas encore quelle serait la bonne raison derrière cela. Aujourd'hui, quelques années plus tard, je sais ce qu'il en est, donc voici l'histoire.

Techniquement parlant, cette nouvelle n'est que dialogues ou presque, juste parce que j'avais enfin de procéder ainsi.


Parnos

Un silence plus sépulcral que concentré régnait dans la bibliothèque de la résidence Ertos. Au milieu de la grande pièce aux murs tapissés d’étagères supportant des codex et des étuis à papyrus, chacun des deux hommes assis à la lourde table de travail étudiaient consciencieusement, entourés par des piles de documents.
Kardanos, dont les cheveux châtains tombaient sur les épaules massives, soupira bruyamment, s’adossa à son fauteuil et croisa les bras sur sa bedaine naissante, bien qu’il n’ait que dix-neuf ans. Son compagnon, le serviteur Parnos, un jeune homme séduisant à la silhouette svelte âgé de vingt et un ans, se resservit un verre de vin sans détacher les yeux de l’objet de ses études.
– Je crois que je ne suis pas fait pour les chiffres, Parnos.
– Pourtant, votre père le comte a insisté pour que vous étudiiez les comptes du comté, si j’ose dire, pour l’année écoulée, répondit Parnos sans lever les yeux. Et je vous rappelle que votre père vous interrogera sur ce que vous aurez appris.
– Je sais bien, fit Kardanos en soupirant derechef. Je suis Kardanos Vildetos Ertos, héritier du titre comtal, il faut que je m’investisse plus dans les affaires courantes, que je sache ce que je serai amené à diriger un jour, blablabla. Quelle barbe ! Quand j’étais enfant, tout ce qu’on m’apprenait c’était les exploits guerriers de mes ancêtres sur les champs de bataille ! Voilà ce qui fait la valeur d’un comte ! Pas cette succession de chiffres ineptes et inintéressants au possible ! Pourquoi est-ce que je dois en passer par là, je te le demande ? Le jour où je serai comte à mon tour, j’aurai un intendant pour gérer cela !
– Ce n’est pas à moi qu’il faut le dire, jeune maître, fit Kardanos, toujours plongé dans sa lecture. Mais plutôt à votre père…
– Très drôle. Il le prendrait comment, à ton avis ?
– Les murs de la forteresse trembleraient face à ses hurlements, et tout le monde filerait se cacher.
– Je sais.
Parnos but son verre et s’en resservit un autre.
– Mon père ne t’a donné aucun ordre, Parnos. Alors qu’est-ce que tu fais là, et que lis-tu avec tant d’application ?
– Je suis votre serviteur, jeune maître. Ma place est là où est la vôtre. Et puis Litonné m’a parlé de l’existence d’un codex dans la bibliothèque, qui a attiré mon attention.
– Litonné ? Et depuis quand est-ce que tu fréquentes l’archiviste de la forteresse ?
– Depuis qu’il m’a parlé de ceci, fit Parnos en relevant enfin la tête, tout sourire, le doigt pointé sur l’ouvrage dans lequel il était plongé.
– Qu’est-ce donc ?
– Un traité datant de plusieurs centaines d’années, venu d’un ancien royaume des Marches, à ce qu’il m’a dit.
– Et quel en est le sujet ?
– Les habitudes des autochtones d’alors en matière de sexe, répondit Parnos en haussant les épaules en guise d’excuse.
– Il y a des jours, je te hais, Parnos. Tu es doué pour le sadisme.
– À votre service, jeune maître, ricana l’interpellé.
Un bruit de course et des cris émanant du couloir leur firent lever la tête. Ils se regardèrent et n’eurent nul besoin d’échanger un mot pour sauter à l’unisson de leurs sièges pour aller s’enquérir de la situation.
Ils coururent dans le couloir et ne furent pas longs à rattraper les gardes qui filaient devant eux.
– Que se passe-t-il ? demanda Kardanos.
– Un de nos villages frontaliers a été attaqué, nous devons voir le comte, dit un garde sans ralentir et en saluant le fils de son maître d’un hochement de tête.
– On vous suit, fit Kardanos, ravi d’avoir un prétexte pour échapper à ses études barbantes.

Outre les deux soldats en faction devant la porte de la Grande Salle de la forteresse, le groupe fut accueilli par Gilmmé, le vieil intendant du comté.
– Ah ! Le comte vous attend, entrez. Messire, ajouta-t-il en saluant Kardanos.
Il fronça les sourcils à la vue de Parnos, ouvrit la bouche… et la referma. À ses yeux, cet homme faisait un peu trop ce qui lui chantait, pour un serviteur. Mais c’était à Kardanos plutôt qu’à lui de l’empêcher d’entrer. Avec un peu de chance, Parnos serait éconduit par le comte Vildetos lui-même, et ce serait bien fait pour ce jeune impudent !

*
**

Les trois soldats franchirent le seuil, Kardanos et Parnos sur les talons. Ils firent une dizaine de pas et s’arrêtèrent au pied de l’estrade sur laquelle Vildetos occupait son siège comtal en pierre.
Père a l’air encore plus renfrogné que d’habitude... enfin, si cela est possible, se dit Kardanos. Je ne me souviens même plus de la dernière fois où je l’ai vu sourire.
Vildetos n’accorda pas un regard à Kardanos, encore moins à Parnos. Il ordonna au garde le plus avancé :
– Parle.
– Le village de Gresehl a été attaqué par une bande de pillards. Leurs réserves de nourriture ont été pillées, dix-huit habitants passés au fil de l’épée, et plusieurs femmes violées. D’après les survivants, les pillards sont venus du nord. Sûrement des Marches…
– Les Marches… murmura Vildetos.
Kardanos grimaça. Le comté Ertos était l’une des terres frontalières du royaume de Lul. Au-delà s’étendaient les Marches, une vaste région composée de micro-États en perpétuelle ébullition. On avait coutume de dire que le temps qu’un scribe dresse une carte politique des Marches, celle-ci était déjà rendue caduque par les révolutions, guerres et conquêtes survenues entretemps.
– Me voici, votre seigneurie, retentit une voix rocailleuse et fatiguée à l’entrée de la Salle. Pardonnez mon retard.
Le nouveau venu, Galmatté, chef de la garnison du comte, s’avança en tremblant et en grimaçant, avec le soutien d’une béquille.
Il est si frêle… une petite brise suffirait à le faire tomber… se dit Kardanos.
Vildetos se leva et vint à sa rencontre :
– Voyons, capitaine Galmatté, vous n’êtes pas raisonnable ! Vous ne devriez pas être debout. Ce n’est pas ainsi que vous soignerez votre crise de goutte !
– Peu importe ce désagrément mineur, votre seigneurie. Qu’on me mette sur un cheval et tout ira bien ! Je ne permettrai pas que quiconque s’en prenne au comté Ertos ! Ces barbares vont payer le prix fort pour cela !
Le vieil entêté n’avait pas l’air de vouloir en démordre, et Kardanos se demanda comment son père allait s’en sortir sans vexer le vieux et fier guerrier qui dirigeait la garnison comtale avant même la naissance de Vildetos.
– Laissez-nous, gardes, fit Vildetos. Venez, mon ami, ajouta-t-il en prenant Galmatté par le bras et en faisait discrètement signe à Kardanos de faire de même avec l’autre.
Le chef de la garnison se renfrogna, vexé de se montrer si faible. Son escorte le fit asseoir à la table du conseil.
– Il faut que j’y aille, mon seigneur ! attaqua Galmatté. C’est mon rôle, mon devoir ! Mon honneur est en jeu !
Gêné pour le vieil homme, que le poids des ans rattrapait de plus en plus sans qu’il l’admette, Kardanos se demanda si son père allait prononcer l’heure de la retraite pour Galmatté. Ce qui le tuerait à coup sûr, l’homme ayant voué toute sa vie à la Maison Ertos.
Vildetos riva ses yeux dans ceux de son subalterne. Mais ce fut d’une voix douce et calme qu’il parla.
– Galmatté… Tu es à la tête de la garnison depuis combien d’années ?
– Cinquante-trois ans ! répondit le vieil homme avec fierté.
– Cinquante-trois… reprit Vildetos. C’est un chiffre énorme, mon ami.
– Je n’ai fait que mon devoir, mon seigneur.
– Bien plus que cela, mon ami. Ton nom est connu, que dis-je, reconnu tout le long de la frontière. Si tu avais servi au sein de l’armée royale, tu serais sans nul doute devenu général. Il existe des dizaines de chansons et de récits de bataille où tu occupes le premier rôle.
– Peu m’importe ces idioties ! Je vis pour servir. Le reste n’a aucune importance.
– Je le sais bien, tu as refusé tant de récompenses par le passé.
– Je n’ai besoin de rien, mon seigneur.
– Comment vont tes fils ?
– Mes… fils ?
– Oui, tes fils. Je me suis laissé dire que l’aîné est aide-meunier, et le cadet domestique dans une auberge. Et que tes petits-enfants grandissent à vue d’œil, qu’ils atteindront bientôt l’âge adulte.
– En effet, reconnut Galmatté, dont le visage s’adoucit en pensant à sa descendance.
– Tu n’es qu’un égoïste, Galmatté ! asséna Vildetos.
– Mon seigneur ! fit Galmatté, choqué par l’assertion à son encontre, lui qui n’avait toujours vécu que pour la sécurité du comté.
– Tes fils devraient vivre dans la prospérité ! Ton aîné devrait posséder son propre moulin et ton cadet sa propre auberge ! Mais cela n’est jamais arrivé, par ta faute, car tu n’as jamais voulu recevoir plus que ta maigre solde.
– Je ne suis pas un mercenaire, je ne me bats pas pour de l’argent ! s’indigna le vénérable soldat.
– Tout excellent travail mérite récompense, et le tien a été exemplaire. Si tu ne veux rien pour toi, et que tu le veuilles ou non, tes enfants vont en profiter. J’ai donné l’ordre à Gilmmé, notre intendant, de leur apporter une belle somme d’or.
– Merci, mon seigneur, fit Galmatté, la voix rauque d’émotion. Je… c’est fini, c’est ça ? Cette récompense pour ma carrière, c’est une manière de me dire que vous me renvoyez du service ?
Kardanos compatit intérieurement face à l’air décomposé du vieil homme. D’un autre côté, son père avait raison : Galmatté avait fait son temps. Et même en y mettant les formes, annoncer une telle nouvelle était aussi abrupt que le couperet d’une guillotine de bourreau royal.
– Te renvoyer ? Es-tu donc fou, Galmatté ? Au contraire ! Plus que jamais, j’ai besoin de toi !
– Vraiment, mon seigneur ?
Kardanos était perdu : où donc son vieux renard de père voulait-il en venir ?
– T’ai-je jamais menti ? demanda Vildetos avec suffisance.
– Jamais, mon seigneur !
– Et ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Je te demande juste de me pardonner à l’avance, mon vieil ami.
– Je n’ai rien à pardonner, mon seigneur ! Vous ordonnez, j’obéis !
– Je sais que la tâche qui pèse sur tes épaules est déjà lourde, mais je crains de devoir en rajouter une nouvelle… L’argent que j’ai fait attribuer à tes enfants n’est pas une récompense pour ta carrière passée, mais la rétribution pour le rôle supplémentaire que tu vas désormais assumer.
– Un nouveau rôle ? demanda Galmatté avec espoir.
– Oui, et primordial. Il s’agit pour toi de corriger une très grosse erreur… que tu as commise.
– De quoi parlez-vous, mon seigneur ?
– J’ai lu les archives de la forteresse. Tu te souviens de Malaritté ?
– Bien entendu, mon seigneur ! C’était le chef de la garnison du temps de votre père, une véritable légende vivante ! J’ai été sous ses ordres à mon arrivée, jusqu’à ce qu’il meure deux ans plus tard.
– Qui fut son successeur ?
– Eh bien… j’avoue que je ne m’en souviens plus. Il y a eu plusieurs capitaines de la garnison ensuite, mais ils changeaient assez souvent.
– En effet. Après la mort du capitaine Malaritté, il y a une dizaine d’années agitées pour le comté, avec son lot de conflits.
– Je m’en souviens, mon seigneur.
– Ces conflits ont été d’autant plus longs que personne n’émergeait réellement à la tête de la garnison. Je me trompe ?
– J’avoue que certains capitaines n’ont pas été dignes du rôle.
– Quand cette période d’instabilité a-t-elle pris fin ?
– Au bout d’une dizaine d’années, comme vous l’avez dit, mon seigneur.
– Soit à partir du moment où tu es arrivé à la tête de la garnison.
– Je ne suis pas certain qu’il y ait un rapport, mon s…
– Balivernes ! Nous savons tous deux ce qu’il en est ! Dis-moi, comment t’es-tu retrouvé à la tête de la garnison ?
– Comme mes prédécesseurs. Je suis entré dans la garde comme domestique, puis j’ai appris à manier une épée, j’ai été officiellement nommé soldat, et le temps aidant, je suis passé officier, et enfin capitaine.
– Quelqu’un t’a-t-il spécifiquement formé pour devenir capitaine ?
– Oh non, mon seigneur ! C’est quelque chose qui s’apprend sur le tas !
– Au prix de dix ans de combats et d’escarmouches ? Ne trouves-tu pas qu’un tel prix est trop élevé, mon ami ?
– Assurément, mon seigneur.
– Si le capitaine Malaritté avait pris la peine de former un successeur, de partager son expérience, cette période troublée aurait-elle duré moins longtemps ?
– Probablement…
– La voilà, ton erreur ! Tu fais exactement la même que Malaritté en son temps ! Tu n’as pas de successeur ! Tu te contentes de défendre le comté dans le présent, sans penser à son avenir !
– Mon seigneur ! s’indigna Galmatté.
– Et c’est précisément la nouvelle tâche que je t’assigne : former le futur capitaine de la garnison. Pas question qu’à ta mort, le comté et ses environs tombent dans le chaos pendant dix ans !
– Je…
– Le comté a besoin de toi, Galmatté. Tout son avenir pourrait en dépendre !
Un long silence plana sur les lieux. Kardanos était admiratif : son père avait brillamment manœuvré, écartant du terrain le vieil homme qui n’y avait plus sa place, tout en le mettant au centre de la préparation de l’avenir. Son regard croisa celui de Vildetos, rivé sur lui. Kardanos hocha la tête avec respect. Vildetos se fendit d’une légère grimace au coin de la bouche, qui pouvait passer pour un ersatz de sourire.
Kardanos comprit alors que la leçon valait aussi pour lui : son père était en train de préparer l’avenir, de le préparer, lui, à diriger ses hommes après la mort de son géniteur.
– Votre père est un homme formidable, murmura Parnos à l’oreille de Kardanos.
Celui-ci hocha la tête, pas le moins du monde surpris que l’esprit vif de Parnos ait tout saisi des implications.
Enfin, Galmatté brisa le silence :
– Je vous remercie de me permettre de me racheter, mon seigneur. Je formerai mon successeur. J’ai en tête quelques noms qui…
– Nous verrons les détails plus tard, je te laisse les gérer pour le moment. En attendant, il te faut décider lequel de tes officiers va diriger notre troupe en vue des représailles.
– D’après le rapport qui m’a été fait, les assaillants n’étaient pas plus de cinquante. Une troupe de vingt soldats suffira amplement. Je vais faire assigner deux pisteurs à cette mission, et placerai à leur commandement…
– Moi !
Tout le monde se tourna vers Kardanos, auteur de cette parole décidée.
– Il n’en est pas question, mon fils, dit Vildetos, sourcils froncés. Tu n’es pas un soldat.
– Certes non, père. Mais un jour, si besoin est, je mènerai nos hommes à la bataille. Or sans expérience, comment pourrais-je mener une telle entreprise à bien ?
– Je ne suis pas sûr que tu aies le caractère qui convienne, reprit son père, dubitatif.
Kardanos était certes un garçon attachant aux yeux de son père mais également mou voire indolent. L’embonpoint qui perçait chez lui alors qu’il n’avait même pas vingt ans le prouvait assez…
– Vous l’avez dit vous-même, père, reprit Kardanos, vexé de ne pas être pris au sérieux. Nous devons préparer l’avenir du comté. Et sauf votre respect, cet avenir passe par moi. Tout comme Galmatté doit former son successeur à la tête de la garnison, je dois être formé à la tête du comté lui-même.
Après tout, cette expérience ne pourra que faire du bien au gamin, pensa Vildetos.
– Soit, fit-il tout haut. Va te préparer, la troupe partira dans peu de temps.
– Merci, père ! En avant, Parnos ! fit Kardanos, courant déjà vers la porte.
– Quoi, moi aussi ? Mais enfin… Je n’ai pas besoin d’être formé à quoi ce que soit, moi…
Quand il s’avisa que Vildetos et Galmatté le dévisageaient avec une froideur digne des hivers les plus rudes des pays aigers, il ajouta :
– Eh bien… Les voyages font la jeunesse, comme on dit, je suppose.
– Forment, corrigea Vildetos.
– Oui, mon seigneur. Je crois que je vais…
– Et presse-toi, coupa Vildetos.
– À vos ordres ! fit Parnos en filant à son tour.

Vildetos se tourna vers Galmatté :
– Choisis bien l’homme qui dirigera cette expédition. Mon fils et héritier en fera partie. S’il meurt, c’est peut-être tout l’avenir de ma Maison qui sera en péril.
– Je ne faillirai pas dans mon choix, mon seigneur. Je ne compte pas ajouter une deuxième erreur à ma carrière au service de la Maison Ertos.
– Bien. Les consignes de la troupe sont les suivantes : retrouver et anéantir les pillards. S’ils ont regagné le lieu où ils vivent, que nos hommes ne fassent pas n’importe quoi : qu’ils se contentent de tuer les pillards et d’épargner les vieillards, les femmes et les enfants. Et bien entendu, pas de viols.
– Frapper fort mais sans débordement, comme à l’accoutumée. Ce sera fait, mon seigneur.
– Parfait. Au travail, mon ami ! L’avenir se prépare aujourd’hui !
– Qu’Akeydana nous accorde sa grâce !

– Mais enfin, jeune maître, qu’est-ce qui vous a pris de vous porter volontaire pour cette mission ? demanda Parnos à Kardanos après l’avoir rattrapé dans le couloir, se tenant au mur, à bout de souffle.
– Je… ne sais… pas. J’ai été… galvanisé, il faut… croire.
– La prochaine fois, galvanisez-vous sans moi, bougonna Parnos. Ça va, vous reprenez votre souffle, ou vous souhaitez que j’aille voler la canne de Galmatté ? Elle pourrait vous être utile, visiblement.
– La… ferme !
– À vos ordres, jeune maître.

*
**

– Tout cela est un beau gâchis, dit Kardanos en retournant un cadavre du pied.
– Oui, mon seigneur, répondit Kelotommé, chef du détachement envoyé dans les Marches à la poursuite des pillards.
– Ces imbéciles n’ont même pas essayé de nous piéger, ni même d’effacer leurs traces ! Ils nous ont conduits droit à leur repaire.
– Ils ne s’attendaient pas à des représailles aussi rapides, sans doute.
– C’est du gâchis, je le répète. Ils auraient pu rester tranquilles dans cette ville, à cultiver les champs qui la ceignent, mais non ! Ils ont préféré s’en prendre à nous ! Qu’est-ce qu’il leur est passé par la tête ?
– Il est plus facile de détruire et piller que de construire, mon seigneur.
– Je vois ça, conclut Kardanos, les yeux rivés sur les antiques restes des hautes tours de la ville des pillards. Cette cité a dû être gigantesque par le passé… quel est son nom ?
– Je l’ignore, mon seigneur. Rien ne dure jamais dans les Marches.
– Comment se fait-il qu’aucun royaume fort n’arrive à émerger ?
– Dès que deux ou trois cités s’unissent, tous leurs voisins se jettent sur eux pour les détruire. La fois suivante, les anciens alliés choisissent des camps différents…
– Mais pourquoi aucun État déjà existant, dont Lul, ne tente de s’emparer des Marches ? Vu la désorganisation totale, ce serait facile.
– Les terres sont trop arides pour représenter un quelconque intérêt.
– Tout cela est désolant…
– Jeune maître !
Kardanos tourna les yeux et découvrit Parnos, courant vers lui dans une large avenue dont les pavés disjoints étaient envahis par des ronces. Il mit aussitôt la main à l’épée :
– Un problème, Parnos ? Tu es poursuivi ? On t’a attaqué ?
– Non, jeune maître. C’est juste qu’on a trouvé ce qui ressemble à un ancien temple, et il y a des prisonniers dedans. Une porte en bois massif, gigantesque : je n’avais jamais vu ça auparavant ! On essaie de faire levier pour la forcer. D’ici quelques minutes, ça devrait être bon.
– Trouver la clé serait plus simple.
– Vraiment, jeune maître ? ironisa Parnos. Nous l’avons cherché en vain. Pourquoi croyez-vous que nous essayons de l’ouvrir autrement ?
Kardanos se sentait trop las pour répondre. Il regrettait d’être venu et avait hâte de rentrer. Passé l’élan d’enthousiasme qui l’avait pris aux paroles de son père, il avait vite déchanté : il avait toujours détesté tout voyage de n’importe quel type, et celui-ci n’avait pas fait exception à la règle. Et s’il savait manier l’épée, il n’en tirait aucun plaisir.
Il suivit Parnos jusqu’au temple. Les hommes qui s’échinaient sur la porte finirent par en venir à bout : elle céda dans un craquement sinistre.
– Vous êtes libres ! s’exclamèrent les soldats de Kardanos en entrant.
Bientôt, les prisonniers, haves et sales, sortirent, encore sous le choc. Certains marchaient d’une manière mécanique, d’autres, en piteux état, étaient soutenus par les soldats.
Un vieillard, si âgé qu’une simple brise semblait capable de le mettre à terre et le casser en mille morceaux, sortit à son tour, accroché au bras d’une femme plus jeune.
Il se figea en découvrant Parnos.
– Qui es-tu ? demanda-t-il d’une voix tremblante.
– Euh… Mon nom est Parnos, fit l’interpellé après une hésitation.
Étrange que le vieil homme focalise son attention sur lui alors que se tenant à ses côtés, la vêture de Kardanos désignait clairement qui était le seigneur, entre eux deux.
– Parnos comment ?
– Parnos tout court. Voici mon seigneur, votre libérateur, Karda…
– Comment s’appellent tes parents ?
Un peu perdu, Parnos se tourna vers Kardanos, qui haussa les épaules et lui fit signe de continuer.
– Je l’ignore. Mon père est mort avant ma naissance et ma mère l’a suivi dans la tombe quand j’étais tout bébé. J’ai été élevé comme serviteur à la Maison Ertos de Lul.
– La Maison Ertos ? répéta l’ancien, tremblant soudain de colère mal contenue. La Maison Ertos est un repaire de traîtres. Que tous ses membres crèvent !
Il cracha au sol pour mieux appuyer son propos haineux.
– Je ne vous permets pas de parler ainsi de la Maison Ertos ! s’indigna Parnos.
– Je suis Kardanos Vildetos Ertos, ajouta Kardanos, glacial.
– Kardanos… fils de Vildetos ? Alors vous êtes un fils de traître et de lâche !
– Mesure tes paroles, vieillard sénile ! s’exclama Parnos. Les comtes Ertos sont des hommes d’honneur !
Quand le vieil homme ricana pour toute réponse, Parnos voulut des jeter sur lui. Le connaissant assez bien pour le pressentir, Kardanos posa une main ferme sur l’épaule de son serviteur et secoua la tête.
– Je serais curieux d’entendre précisément ce que tu as à reprocher aux comtes Ertos, dit Kardanos.
Bien qu’ulcéré, l’héritier du comté n’éprouvait pas la moindre crainte à l’idée d’écouter les griefs du vieil homme. Probablement exagérés ou fruit de la pire des mauvaises fois. Kardanos était bien placé pour connaître le respect dans lequel avaient toujours été tenus les comtes Ertos de Lul, notamment au nord, où ils étaient implantés depuis la naissance du royaume.
– Quittons ces sous-sols lugubres, vieil homme, et allons nous installer dans un endroit plus confortable pour discuter.
– Pour que tu puisses m’isoler des miens et m’assassiner en toute discrétion ? Jamais ! Ici je suis, ici je reste !
Kardanos soupira. La peste soit des gens bornés ! Mais un vieillard se devait d’être respecté, aussi paranoïaque soit-il. Il fit signe à l’un de ses hommes :
– Va nous chercher des coussins, des boissons et de la nourriture, nous discuterons ici.
– À vos ordres, monseigneur.
– Que ceux d’entre vous qui ont besoin de soins médicaux ou de se sustenter suivent mes gens. Qui souhaite entendre ce que ce vénérable vieillard a à dire reste. Les comtes Ertos n’ont jamais rien eu à cacher. Et je ne crains pas la calomnie.
Seule la femme qui le soutenait, en l’occurrence sa fille, resta aux côtés du vieillard.

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Si le retard était une religion, j'en serais le pape...
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Minos
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MessageSujet: Re: Parnos   Mar 3 Juin - 20:28

*
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– Avez-vous déjà entendu parler de l’ancien royaume de Ganobon ? demanda l’ancien une fois que tous quatre se soient installés devant les geôles.
– Jamais, répondirent en chœur les deux jeunes Luliens.
– C’était un royaume dans les Marches, l’un des rares à avoir tenu plusieurs générations, avant de disparaître il y a une vingtaine d’années.
– Aucun royaume ne tient jamais bien longtemps dans les Marches, commenta Kardanos.
– Ganobon était bien parti pour, grâce à deux hommes exceptionnels. Le premier, qui posa les fondations d’un pays stable, en fut le premier roi. Il dirigea ses terres d’une main de fer pendant plus de vingt ans, mais n’eut pas la chance d’avoir des descendants. Heureusement, il était secondé par Malorbe, général charismatique dirigeant les armées locales. Tout naturellement, il lui succéda. C’était un grand stratège, fin tacticien.
– L’homme parfait, en somme, ironisa Parnos.
Le vieil homme scruta Parnos en silence, et Kardanos fut étonné de lire de la tristesse dans ses yeux. Il s’était plutôt attendu à le voir exploser de colère.
– Ganobon, de par sa puissance naissante, commençait à attirer du monde : des cités voisines se ralliaient à ce nouveau pays qui semblait capable de les protéger, et qui plus est semblait avoir une bonne chance de perdurer. Malorbe était ravi de voir la réussite de Ganobon, mais il se posa vite la question de la pérennité du royaume.
– En règle générale, intervint Kardanos, dès qu’un pays émerge dans les Marches, ses voisins moins puissants s’allient et le mettent à bas. C’est bien cela ?
– En effet. Et les rumeurs de coalition ennemies commençaient à arriver à nos oreilles. Malorbe avait besoin d’alliés. Et c’est là qu’interviennent les comtes Ertos, maudits soient leurs noms !
– Les comtes Ertos sont des gens bien ! répliqua Parnos. Et ils ont été bons pour moi !
– On en reparlera quand je serai arrivé au terme de mon histoire, maugréa l’ancien. Le royaume de Ganobon s’était développé à l’extrémité sud des Marches, et une bonne partie de ses frontières jouxtaient le comté Ertos. Un jour, Malorbe a reçu la visite d’un émissaire du comte Gelentos.
– Mon grand-père, donc, précisa Kardanos, concentré pour ne pas perdre une miette de ces événements dont il n’avait jamais entendu parler.
– Gelentos proposa une alliance à Malorbe : il avait un fils à marier, et Malorbe une fille. Leur enfant aurait été en mesure d’hériter du comté Ertos et du royaume de Ganobon, et se serait retrouvé à la tête d’un territoire imposant.
– C’est de la démence ! Les comtes Ertos ont toujours été fidèles à la couronne de Lul ! Il est impossible de croire qu’ils aient eu des velléités de prendre leur indépendance !
– Tellement dément, reprit sèchement le vieillard, que Vildetos fils de Gelentos a épousé Tylini, fille de Malorbe.
– Ridicule ! Si mon père avait eu une première épouse avant ma mère, ce fait aurait été consigné dans les archives de la famille et figurerait dans les Annales Généalogiques du royaume de Lul ! Et surtout, mon père m’en aurait parlé !
Kardanos ne cherchait qu’à se rassurer en mentionnant ce dernier point : son père n’avait jamais été très expansif, comme s’il cachait de lourds secrets. Les pièces d’un puzzle dont Kardanos n’avait jamais soupçonné l’existence jusque-là semblaient vouloir s’assembler pour former un canevas cohérent.
– Pourtant, ce mariage a bien eu lieu, à Ganobon. J’y ai assisté, j’étais le chambellan du roi Malorbe.
– Et que s’est-il passé après ce… mariage ? demanda Kardanos, toujours dubitatif.
– Vildetos a vécu à la cour de son beau-père durant plusieurs mois. Il a contribué à la défense du royaume aux côtés de Malorbe pendant ce laps de temps, avant de s’en aller… pour ne jamais revenir.
– Où ? Pourquoi ? insista Kardanos.
– Un émissaire de son père s’est présenté un soir. Vildetos et lui ont disparu pendant la nuit. Quelques semaines plus tard, mon roi a demandé une explication à Gelentos. Qui n’a jamais daigné répondre ni reprendre contact. Même quand Ganobon, pressé par ses voisins, a eu besoin du soutien de son allié de Lul. Même quand on lui a fait porter la nouvelle que Tylini portait l’enfant de Vildetos.
– Et ensuite ?
– Ganobon a fini par succomber aux successions d’attaques de ses belliqueux voisins. Le roi Malorbe est mort en brave sur le champ de bataille, à la tête de ses troupes.
– Et sa fille… et son enfant ?
– Malorbe, voyant la fin venir, a confié la vie de Tylini et de l’enfant à naître à un petit détachement armé chargé de la conduire en sécurité auprès de son mari. Même s’il n’en avait aucune nouvelle, Malorbe n’a pas trouvé de meilleure solution.
– Elle a réussi à rejoindre le comté Ertos ? demanda Kardanos.
– Je m’étais toujours posé la question jusqu’à ce jour. Maintenant que vous êtes là, je sais qu’elle a réussi.
– Comment cela ?
Le vieil homme ignora la question de kardanos et planta ses yeux fatigués par l’âge dans ceux de Parnos :
– Tu es le portrait craché de Malorbe, mon garçon.

*
**

Lors des plusieurs jours de voyage qui les ramenaient vers le comté Ertos, Kardanos et Parnos n’échangèrent pas plus de trois mots, encore sous le choc de ce qu’ils avaient appris.
Si le vieil homme avait dit vrai, Parnos était le fils de Vildetos… et donc le frère aîné de Kardanos. Jamais reconnu comme tel, il n’était même pas considéré comme un bâtard de la famille comtale, ses origines ayant été soigneusement escamotées.
Parnos avait été élevé au sein de la Forteresse d’Ertos, et avait de tout temps été considéré comme le serviteur attitré de Kardanos. Il avait bénéficié de la même éducation que l’héritier du comté. Il était de notoriété publique que Vildetos aimait bien Parnos, qu’il lui passait bien des frasques. Ceux qui le jalousaient étaient choqués de voir qu’un homme tel que lui, sorti de nulle part, avait de tout temps été surprotégé. Désormais, tout s’expliquait.
Kardanos était profondément remué : bien plus qu’un serviteur, Parnos était un ami à ses yeux. S’il tenait sa place de laquais personnel de Kardanos en public, tous deux se tutoyaient en privé et n’avaient aucun secret l’un pour l’autre. Ils pouvaient tout se dire.
Kardanos avait honte : en plus d’une occasion, il avait sermonné Parnos comme le serviteur à qui il croyait avoir à faire. Quelle triste farce Vildetos avait organisé pour eux deux ! La colère montait en lui, contre son géniteur. Vildetos, aussi taiseux soit-il d’ordinaire, lui… leur devait un certain nombre d’explications.
Car plus ils cheminaient, plus Kardanos était persuadé de la véracité de l’histoire du vieil homme.

*
**

Dans la cour de la forteresse Ertos, Kardanos ignora les vivats et les félicitations émanant de ses gens. Il échangea un regard avec Parnos. Tous deux descendirent de cheval et marchèrent vers l’entrée de la forteresse.
– Où est mon père ? demanda Kardanos à un soldat en faction.
– J’ai entendu dire qu’il était à la bibliothèque, jeune maître.
L’héritier du comté hocha la tête et, son serviteur sur les talons, s’engouffra dans les couloirs. Deux gardes en faction devant la porte de la bibliothèque confirmèrent aux deux jeunes gens la présence de Vildetos à l’intérieur.
– Jeune maître, fit le lieutenant Jaraltté.
– Je dois voir mon père.
– Il m’a recommandé de ne laisser entrer personne, jeune maître. Il étudie les comptes du territoire et vous savez combien il est d’humeur revêche quand il s’y frotte, tellement il déteste ça !
– Peu m’importe ces bêtises, Jaraltté. Pousse-toi.
La froideur et le sérieux de Kardanos alarmèrent le lieutenant, qui frappa, ouvrit la porte et annonça :
– Votre fils est rentré et exprime le souhait de vous rencontrer, mon seigneur.
Sans attendre, Kardanos franchit le seuil. Jaraltté fit mine d’arrêter Parnos mais se ravisa en voyant son visage fermé, jumeau de celui du jeune maître.
– Kardanos, que signifie cette interruption ? demanda Vildetos, l’œil noir.
– Tout le monde dehors, je dois parler à mon père, lança l’interpellé à la cantonade.
Les trois conseillers financiers du comte Vildetos ne protestèrent pas, sentant dans l’air une ambiance qu’il ne valait mieux pas trop respirer.
– Parnos, tu as entendu Kardanos ? Il a dit tout le monde dehors, fit Vildetos, pensant que son fils ne pouvait vouloir lui parler seul à seul que pour une excellente raison.
– Parnos reste, répliqua Kardanos.
Le jeune homme s’arrêta face à son père, assis de l’autre côté de la table recouverte de documents administratifs. Restant debout, il posa les paumes de ses mains sur la table, se pencha vers Vildetos et dit :
– Ganobon. Malorbe. Tylini...
Le visage de Vildetos blêmit de stupéfaction. Kardanos asséna le coup de grâce :
– … Parnos. Nous attendons vos explications, père.
Le regard de Vildetos erra de Kardanos en Parnos. Celui-ci, impassible, était adossé à la porte, bras croisés.
Le comte Ertos poussa un long soupir et plaqua ses mains sur son visage. Longtemps.
– Vous en savez trop, finit-il par bougonner. Asseyez-vous. Je n’aime pas devoir lever la tête quand je parle.
– Je préfère rester debout, répondit Kardanos. Trop de cheval…
– Je garde la porte, renchérit Parnos.
Une lueur de colère brilla dans les pupilles de Vildetos, avant de disparaître. Il se rencoigna dans son fauteuil. Quand il parla, sa voix habituellement ferme tremblait légèrement :
– Avez-vous bien appris votre histoire du royaume, tous les deux ?
– Euh… On va dire que oui, père.
– Depuis sept cents ans qu’il existe, il y a eu des révoltes sporadiques, y compris nobiliaires. Dans le sud du royaume, près de la capitale Baleykana, il n’est pas rare que de grandes familles s’écharpent si elles sont en concurrence pour un poste à la cour. Dans notre nord, par contre, nous sommes plus indépendants, en quelque sorte, car la royauté siège très loin de chez nous. Je me demande parfois si la cour se rend bien compte que c’est grâce aux comtés du nord, toujours occupés à repousser les pillards et les divers envahisseurs passant par les Marches, que le royaume tient.
– Où voulez-vous en venir, père ?
– Nous autres comtes du nord demandons en permanence des moyens pour assumer notre rôle de défenseurs du royaume. Moyens que la couronne ne nous octroie que quand le nord est prêt à entrer en ébullition.
– Oui. Comme tout le monde, nous payons l’impôt royal, mais très peu nous est rétrocédé. Je connais ce refrain, père, je vous entends le chanter depuis ma naissance.
Vildetos s’anima :
– Ce n’est pas le refrain d’une vulgaire ritournelle, imbécile ! C’est une vérité ! Le sud du pays ne nous sert à rien !
– Si c’était le cas, une sécession aurait eu lieu depuis longtemps, père.
– Si le nord du pays venait à faire sécession, intervint Parnos, il se trouverait pris entre deux feux : l’instabilité des Marches au nord, et l’hostilité du reste de Lul au sud.
– Exactement, Parnos, approuva Vildetos. C’est pourquoi le comte Gelentos, mon père, s’est voulu plus malin. Ou plutôt a-t-il cru l’être…
– Comment cela ?
– Gelentos n’en était pas à son premier coup d’essai. Il avait auparavant tenté de fédérer plusieurs comtes du nord autour de sa personne afin de créer une sorte d’État dans l’État. En vain. Tout le monde voulait prendre la tête de cette fédération. Ajoutez à cela des rumeurs venant du sud comme quoi la couronne aurait entendu parler de ce projet, et tous les comtes abandonnèrent Gelentos à ses projets utopistes.
– Utopistes ? Cela relèverait plutôt de la trahison, père.
– À mes yeux, c’est le roi qui nous trahit en nous abandonnant, mais ceci est une autre histoire. Bref, c’est là que Gelentos a eu l’idée de s’allier à son nouveau voisin Ganobon.
– Le vieil homme qui nous a conté cette histoire, l’ancien chambellan du roi Malorbe, affirme que vous êtes reparti un jour en laissant derrière vous votre… femme. Enceinte. Et que Gelentos a laissé s’écrouler le royaume de Ganobon sans rien faire.
– Tout cela est vrai, murmura Vildetos, les yeux hantés par une vision passée.
– Je n’y comprends rien, père ! Les comtes Ertos ont toujours été des fidèles serviteurs du royaume ! Comment Gelentos et vous-mêmes avez-vous pu entretenir des désirs de trahison ? Où est passé votre honneur, celui dont vous me rabattez les oreilles depuis ma naissance, au point d’en faire une obsession ? Où était-il, votre honneur, quand vous avez laissé crever votre famille précédente ?
Vildetos jaillit de son siège, attrapa Kardanos par le col, leva le bras pour le frapper mais n’acheva pas son geste. Face à un Kardanos resté impassible, du mépris dans les yeux, il se rassit lourdement.
– Que s’est-il passé ? demanda Parnos d’une voix douce, désormais aux côté de Kardanos.
– Un émissaire de la couronne de Lul est venu mettre un terme aux projets de Gelentos. Tout s’est réglé discrètement.
– Quelles furent les conditions de ce… règlement à l’amiable ? demanda Kardanos.
– Gelentos ne pouvait rester à la tête du comté.
– Seule la mort peut empêcher un comte d’exercer son pouvoir, commenta Parnos.
– En effet. L’émissaire organisa la mise en scène de la mort, de manière à ce qu’elle passe pour un accident.
– Et vous avez approuvé cela, père ?
– Je n’ai pas eu mon mot à dire, rétorqua sèchement Vildetos. Gelentos lui-même a accepté cette solution afin que le comté bâti par ses aïeux survive. Quant à moi, il me fut formellement interdit d’envoyer des hommes au secours de mon beau-père. Tout comme je serais déchu si je mettais un pied dans les Marches. Alors j’ai regardé Ganobon tomber sans lever le petit doigt. Cette ignominie me hante encore chaque jour.
– Et moi dans tout cela ? demanda Parnos.
– Quand ta mère, Tylini, est arrivée à la forteresse, elle était sur le point d’accoucher. Elle n’y a pas survécu. L’émissaire de la couronne m’a autorisé à te garder en vie, Parnos, à une condition : que tu ne saches jamais qui étaient tes parents. En outre, un décret royal rédigé en secret stipule que jamais tu ne pourras prétendre à assumer les fonctions de comte Ertos, quand même tous les héritiers légitimes venaient à mourir. Ce décret dit également que nul ne pourra jamais t’octroyer de terre. Le roi voulait être sûr que tu ne serais jamais une menace.
– Que se passerait-il si ces conditions étaient brisées ?
– Notre famille serait éradiquée et notre comté redistribué.
– Vous êtes le pire des hypocrites, père ! Quand je pense que vous nous tannez sur l’honneur depuis toujours !
– C’était pour te préserver de commettre les mêmes erreurs que moi et mon père, Kardanos. Je devais fournir un comte plus qu’exemplaire à Lul !
– Et Parnos, alors ? Il est mon frère aîné et vous en avez fait un simple serviteur alors que c’est lui qui aurait dû hériter du comté ! Pourquoi pas un bouffon, non plus ?
– Je… J’ai fait en sorte que Parnos bénéficie de la meilleure éducation, tout comme toi. Je… C’est ce que je pouvais faire de mieux. Lui procurer de bonnes fonctions sous mon aile, et lui assurer le meilleur train de vie possible.
Parnos ne disait plus rien, la tête tournée vers le sol.
– Je suis désolé, mon garçon. Tellement désolé… souffla Vildetos.
Sans même le regarder, Parnos se retourna et sortit de la bibliothèque.
– Je vous méprise, père !
– Mais, Kardanos…
– Je vous méprise comme jamais je n’ai méprisé quelqu’un avant !
Il se retourna et, révolté, planta là son père, plongé dans un abîme de désespoir, le sentiment d’avoir tout gâché.

*
**

Il fallut plusieurs heures à Kardanos pour retrouver Parnos. Il craignit même à un moment qu’il ne se soit enfui, ou pire…
Il le découvrit au crépuscule, allongé au pied d’un immense chêne pluricentenaire. Mains derrière la tête, jambes croisées au niveau des chevilles, brin d’herbe en bouche, Parnos avait les yeux rivés sur le ciel bleu.
– Parn…
Kardanos ne put en dire plus, trop ému. Parnos lui sourit :
– Salut, jeune maître. Un peu de torfen ?
Il tendit à Kardanos une outre. Celui-ci l’ouvrit sans un mot, huma le tord-boyaux et en but une longue gorgée. Alors seulement, il trouva le courage de parler :
– Toute notre vie est une farce, Parnos ! Orchestrée depuis notre naissance, voire même avant ! Tu aurais dû tout avoir et tu te retrouves sans rien ! C’est révoltant ! Mais on ne va pas se laisser faire, Parnos ! On va se battre pour faire reconnaître tes droits, et…
Parnos éclata de rire.
– Qu’est-ce que j’ai dit de drôle ?
– Se battre ? Dans quel but ? Me faire monter sur le trône du comté ? Devoir faire bonne figure lors d’événements publics ? Participer à d’interminables réunions pour l’administration du comté ? Me retrouver en première ligne sur des champs de bataille ? Me marier avec quelqu’un pour qui je n’aurais pas d’affection mais dont le mariage m’assurera des retombées politiques intéressantes ? Non merci, rien de tout cela ne m’intéresse !
– Mais enfin… il y a aussi le prestige ! Ton nom sera connu et…
– Ah ! Ah ! Ah !
– Arrête un peu de rire, tu es vexant !
– Vildetos a raison sur un point : il a fait ce qu’il a pu pour moi. La preuve : regarde-moi, Kardanos. Je suis l’homme le plus libre du monde ! J’ai toujours eu la belle vie, et je me suis toujours considéré comme faisant partie de la Maison Ertos. À mes yeux, rien n’a changé.
– Tu ne peux pas être aussi peu ambitieux, Parnos !
– Et pourquoi pas ? rétorqua Parnos. Qu’est-ce que je devrais faire, à ton avis ? M’en prendre aux comtes Ertos ? Mettre sur pied une bande de pillards pour attaquer les terres de Vildetos ? Monter une armée pour déposer le roi de Lul, qui m’a privé d’un destin glorieux ? Peu m’importe ces fadaises, ces chimères ! Avoir du pouvoir, pour que faire ? Mourir prématurément comme Gelentos ? Être torturé de remords jour après jour, comme Vildetos ?
– Arrête un peu ! Ils t’ont privé de toute opportunité et tu les défends !
– Bof. Je ne regrette pas ce que je n’ai pas connu. Et j’estime ma situation très satisfaisante en l’état. Et toi, jeune maître ? Tu es content à l’idée de passer toute la semaine prochaine à rendre la justice dans la cour de la forteresse ?
– Quoi ? La semaine dédiée à la justice comtale, c’est déjà la semaine prochaine ?
– Et oui ! Donc conformément aux desideratas de ton père, tu vas siéger, écouter les doléances de tes sujets toute la journée, de l’aube au crépuscule, et rendre tes verdicts. Enfin, si les érudits qui seront à tes côtés estiment que tes décisions cadrent avec la jurisprudence. N’oublie pas ce qu’a dit Vildetos : cela te servira pour te préparer à assumer tes futures fonctions de comte.
– Je déteste ces sessions de justice…
– Franchement, jeune maître, tu me crois assez fou pour me battre afin de te voler cette place-là ?
– Ne fais pas le malin, tu m’accompagneras !
Kardanos se tut, interdit. Face à l’insouciance de Parnos, il était retombé sans y prendre garde dans son rôle de maître et avait relégué Parnos à celui de serviteur, en lui donnant cet ordre. Parnos, loin de s’en formaliser, sourit à nouveau :
– Tu vois, jeune maître. Il n’y a pas de raison que les choses changent. Elles me conviennent telles qu’elles sont. Et puis j’ai appris que le boulanger sera présent lors du plaid de justice.
– Le boulanger ? Ah oui, une histoire de bornage entre deux terrains, je crois…
– Peu importe. Dis-toi que pendant que tu te pencheras des heures durant sur ce cas épineux et ô combien important pour l’avenir du royaume, moi je serai en train de lutiner gaiement Farella.
– Farella ? La fille du boulanger ?
– Oui !
– Elle est certes magnifique, mais je te trouve un peu présomptueux sur ce coup-là ! Qu’est-ce qui te dit qu’elle va succomber à tes charmes ?
– Peut-être le fait qu’elle m’a fait porter une missive où elle dit se languir de moi ?
– Mais… ! Espèce de… !

Tous deux éclatèrent de rire. Puis Kardanos reprit son sérieux :
– Je suis sincèrement heureux que tu prennes aussi bien les choses. Mieux que moi, en tout cas. Tu… Tu as toujours été à mon service, mais sache qu’à compter de ce jour, je serai également au tien si tu as besoin de quoi que ce soit. Compris ?
– Compris… jeune maître.
– Et efface ce sourire narquois de ton visage, je te connais assez pour savoir que tu penses déjà à me jouer un mauvais tour suite à cette promesse !
– À vos ordres, jeune maître, ricana Parnos.

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MessageSujet: Re: Parnos   Mar 3 Juin - 23:17

C'est chouette, y'a de l'idée, des explications. Après, connaissant déjà les tenants et aboutissants de l'histoire, c'était peut-être plus difficile de rentrer dans l'histoire.

Côté style tu gères bien mieux les dialogues que le reste, où tu charges les phrases pour que ton lecteur pige bien les détails qu'il aurait trouvé tout seul ^^

Bref tu as déjà écrit des trucs mieux, mais ça reste pas trop mal, et ça pourrait devenir très chouette si tu le retravailles Wink

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MessageSujet: Re: Parnos   Mar 3 Juin - 23:36

Notsil a écrit:
C'est chouette, y'a de l'idée, des explications. Après, connaissant déjà les tenants et aboutissants de l'histoire, c'était peut-être plus difficile de rentrer dans l'histoire.

Ah ? Zut, je trouvais sympa de donner une explication en développant plein de détails omis, notamment de background.

Notsil a écrit:
Côté style tu gères bien mieux les dialogues que le reste, où tu charges les phrases pour que ton lecteur pige bien les détails qu'il aurait trouvé tout seul ^^

J'en prends bonne note. J'ai toujours des facilités avec les dialogues, mais il fallait un minimum d'habillage autour. Problème de dosage, sans doute...

Notsil a écrit:
Bref tu as déjà écrit des trucs mieux, mais ça reste pas trop mal, et ça pourrait devenir très chouette si tu le retravailles Wink

J'y compte bien... plus tard^^

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 12:16

J'y ai repensé avant de dormir, en fait c'est un côté "intrigue" qu'il manque. Ton histoire se déroule de manière linaire sans trop de surprise : pas de coup d'éclat de Parnos ou autre par ex (même si ça se tient dans la logique, ça ne donne pas de relief à l'histoire).

Et il y a un gros manque en fait : la mère de Kardanos. Est-elle morte, toujours en vie ? Pourquoi pas d'autre frère ? Si la mère de Kardanos est décédée, pourquoi le comte ne s'est-il pas remarié pour avoir une autre descendance ? (un seul fils ça craint, un accident est si vite arrivé).
Quid des sentiments ? Le comte était-il tombé amoureux de la mère de Parnos ? Avait-il soutenu son père du coup, s'était-il opposé à la décision du roi de Lul, avait-il tenté de prévenir la mère de son futur fils ? (avec son propre père qui aurait pu l'incarcéré pour l'en empêcher par ex).
Et la mère de Kardanos, mariage d'amour, de raison ? Choisie / imposée par le roi ?

Bref, voilà qui aurait aussi pu amener un peu de matière à ton texte Wink

Ah, et sinon. Tu décris Kardanos comme mou et indolent, mais que fait-il de ses journées pour en arriver là ? (sachant que le paternel lui donne la meilleure éducation - comme à Parnos - , donc qu'il doit avoir des cours d'arts martiaux, bref des trucs un peu physique ^^). Il passe ses soirées à la taverne du village ? Il glandouille dans les champs au lieu de chevaucher ça et là comme son père aurait pu lui demander (genre prendre des nouvelles / régler des affaires-litiges), par ex en envoyant Parnos à sa place ?

Voilà pour l'instant ^^

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 21:20

Notsil a écrit:
J'y ai repensé avant de dormir, en fait c'est un côté "intrigue" qu'il manque. Ton histoire se déroule de manière linaire sans trop de surprise : pas de coup d'éclat de Parnos ou autre par ex (même si ça se tient dans la logique, ça ne donne pas de relief à l'histoire).

C'est un parti pris, en fait, qui est juste une longue nouvelle explicative d'un point de détail mentionné dans Minos. Mais je reconnais qu'en tant que telle, décrochée de l'histoire principale, cette nouvelle présente sans doute peu d'intérêt.

Notsil a écrit:
Et il y a un gros manque en fait : la mère de Kardanos. Est-elle morte, toujours en vie ? Pourquoi pas d'autre frère ? Si la mère de Kardanos est décédée, pourquoi le comte ne s'est-il pas remarié pour avoir une autre descendance ? (un seul fils ça craint, un accident est si vite arrivé).

J'ai déjà esquissé la mère de Kardanos dans la nouvelle Kardanos et Nevella, mais je ne suis pas encore tout à sûr de ce à quoi elle va ressembler en définitive. De la même manière, Kardanos a un jeune frère, Kentos, qui apparaît aussi dans Minos, et j'ai failli le faire intervenir dans cette nouvelle-ci, mais ça aurait juste en passant, cela n'aurait rien apporté de plus, donc j'ai choisi de le zapper, en fait.

Notsil a écrit:
Quid des sentiments ? Le comte était-il tombé amoureux de la mère de Parnos ? Avait-il soutenu son père du coup, s'était-il opposé à la décision du roi de Lul, avait-il tenté de prévenir la mère de son futur fils ? (avec son propre père qui aurait pu l'incarcéré pour l'en empêcher par ex).
Et la mère de Kardanos, mariage d'amour, de raison ? Choisie / imposée par le roi ?

J'avais quelques idées concernant tout ça, mais j'avoue ne pas avoir approfondi.

Notsil a écrit:
Ah, et sinon. Tu décris Kardanos comme mou et indolent, mais que fait-il de ses journées pour en arriver là ? (sachant que le paternel lui donne la meilleure éducation - comme à Parnos - , donc qu'il doit avoir des cours d'arts martiaux, bref des trucs un peu physique ^^). Il passe ses soirées à la taverne du village ? Il glandouille dans les champs au lieu de chevaucher ça et là comme son père aurait pu lui demander (genre prendre des nouvelles / régler des affaires-litiges), par ex en envoyant Parnos à sa place ?

Comme ce n'était pas le sujet, je n'ai pas approfondi non plus.

Notsil a écrit:
Voilà pour l'instant ^^

Comment ça pour l'instant ?  affraid 

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 21:25

Entre ne pas approfondir et ne pas en parler, il y a un gouffre :p

Là perso je tablais sur un comte veuf et donc Kardanos seul héritier. Mais il me semblait bien que tu avais parlé d'un autre frère autre que Parnos à un moment donc bon ^^

Je veux bien que les femmes aient des rôles de potiches dans ce genre de bouquin, mais quand même, là y'a même pas de potiche :)

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 22:21

Notsil a écrit:
Entre ne pas approfondir et ne pas en parler, il y a un gouffre :p

Problème habituel du dosage. En l'occurence, j'ai tout simplement gommé les personnages secondaires qui n'entraient pas en ligne de compte dans l'histoire.

Notsil a écrit:
Là perso je tablais sur un comte veuf et donc Kardanos seul héritier. Mais il me semblait bien que tu avais parlé d'un autre frère autre que Parnos à un moment donc bon ^^

Je veux bien que les femmes aient des rôles de potiches dans ce genre de bouquin, mais quand même, là y'a même pas de potiche :)

Le petit frère est dans le même cas :p

La mère, je me la garde de côté, j'ai une idée à son sujet mais je ne sais pas si je vais réellement l'adopter, en fait.

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 22:34

Personnages qui n'entraient pas en ligne de compte ? ^^ Pour le frère cadet je comprends (possiblement même pas né j'imagine, sinon rien n'empêchait de le mentionner en passant - en apprentissage chez des prêtres, ou ailleurs... ^^), pour la mère ça me parait un peu plus difficile.
Genre il aurait pu sortir "mère était au courant ?"  :) et le paternel se justifier un peu plus là-dessus.

Après oui ce ne sont pas les héros de l'histoire, donc logique que tu leur accordes très peu de lignes, mais là ça manque (enfin toujours selon moi :p).

Faudrait avoir d'autres avis histoire de voir si y'a que moi qui bloque ^^

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 22:36

Ah, je vois ce que tu veux dire ! En fait y'a deux ans entre Parnos et Kardanos, et Vildetos s'est remarié entretemps. Forcément, si je ne le précise pas...

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 22:38

Voilà, et puis exprimer un poil les sentiments du père, ça donnerait du relief à sa colère / ses explications foireuses, car c'est le dialogue père / fils qui doit être percutant je pense.

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MessageSujet: Re: Parnos   Mer 4 Juin - 22:48

J'en prends bonne note^^

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MessageSujet: Re: Parnos   Ven 27 Juin - 23:38

Lu ! Ça m'a beaucoup plu, merci Minos pour ce petit moment sympa.
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MessageSujet: Re: Parnos   Sam 28 Juin - 12:06

Merci Enki !

En fait, plutôt qu'un texte qui ne donne lieu qu'à une explication de background, je pense à narrer les événements décrits par le passé sous forme d'un roman. Cela serait sûrement plus intéressant et me permettrait d'approfondir mon univers.

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MessageSujet: Re: Parnos   Dim 29 Juin - 12:58

Euh,,, c'est toujours traité avec autant d'ironie (humour) ?
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MessageSujet: Re: Parnos   Dim 29 Juin - 13:07

Non, cette histoire n'a rien d'humoristique. Il m'arrive de faire autre chose :p

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MessageSujet: Re: Parnos   Lun 30 Juin - 9:05

Ah, bien, alors je trouverai le temps de la lire et te dirais quoi.
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MessageSujet: Re: Parnos   Aujourd'hui à 18:24

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