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 Sous les montagnes de Séphropanie

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Minos
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mar 19 Aoû - 22:38

Encore un chouette passage, avec des non-humains toujours aussi "humanisés" et aux physiologies très bien rendues, bravo !

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Notsil
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 20 Aoû - 10:01

Un très chouette passage, comme toujours trop court ^^ Heureusement la suite arrive bientôt Wink

Quelques fautes :

Citation :
entre les troncs au diamètre impressionnant surmonté d’une épaisse chevelure verte.
->surmontés

Citation :
aux feuilles particulièrement foncés, presque noires
->foncées

Citation :
Ce chêne, plutôt rare, est d’une espèce légèrement différente de ceux qui nous entourent, expliqua Quertrim à son invité.
->invitée

Citation :
quelque soit l’endroit ou je me trouve
->quel que soit l'endroit où

Citation :
Cet arbre bénéfice de soins particuliers,
->bénéficie

Citation :
Le bois en est moins dure et lorsqu’il meure, bien plus rarement que son harem, il se décompose en quelques années de façon à ce qu’un autre patriarche prenne sa place.
->le bois en est moins dur, et lorsqu'il meurt

Citation :
pour des raisons climatique le plus souvent,
->climatiques

Citation :
les chênes parapluies du centre disparaissent petit à petit pour laisser place à des prairies puis à des forêts avant d’être recolonisé par de nouveaux chênes.
->colonisées

Citation :
Cette partie du camp est plus confortable et entretenue même en hivers.
->hiver

Citation :
s’emplissait de flagrances particulièrement appétissantes.
->fragrances

Citation :
Elle en apprendrait bien plus au fur et à mesure de leurs discutions.
->discussions

Citation :
Ils s’installèrent devant une quantité incroyable de mets succulent.
->succulents

Citation :
oubliant la solitude qui lui pesait soudain comme jamais au paravent.
->auparavant

Et valà ^^
J'adore ces grosses fourmis je crois

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aj crime
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 20 Aoû - 12:02

Pour l'automne je pense attaquer "les guerres svetlaniennes" si tu as le temps on pourrait s'entendre pour faire un ou deux textes imbriqués sur l'évènement historique.


Encore des corrections pour ce soir, merci Notsil.... pale encore plein de boulot en perspective, mais ça fait avancer ! la suite est un chouilla plus longue, je te rassure. Et j'ia commencé ce matin l'écriture du sixiéme chapitre.
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Notsil
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 20 Aoû - 12:03

Yep ça serait intéressant en effet d'avoir les points de vue des 2 peuples Wink

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Minos
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 20 Aoû - 12:11

Chouette, une bonne vieille boucherie en perspective !

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 20 Aoû - 21:51

mais pour l'instant, en prime time la suite des aventure de Meïdane et Quertrim:


5



Meïdane marchait, tout le temps, traversait des forêts, voyait le soleil se lever, se coucher, suivait la progression des lunes dans la voute étoilée, magnifique. Elle marchait encore, escaladant des cols, des pierriers, gravissant des montagnes, survolant des terres inconnues à la végétation étrange et aux animaux menaçants… Quelque chose la bouscula, elle cria, se débattit…

Une douce odeur calma sa peur atavique. Les facettes de ses yeux s’activèrent. D’abord trouble, sa vision multi sensorielle s’éclaircit. Deux yeux cramoisis brillaient dans la demi-obscurité du creux qu’elle avait choisi pour se reposer. Un flot de phéromones crépitèrent sur ses antennes.

~ Doucement Meïdane ! Le soleil va bientôt se coucher. Il est temps que tu retournes auprès de tes sœurs pour préparer le départ. Nous avons une longue route, demain nous gravirons les premiers cols.

Elle mit un certain temps à comprendre la portée de ces paroles.

~ Nous ne pourrons pas rester un peu ensemble, commença-t-elle avant de se redresser. Tu m’accompagnes ?
~ Bien sur ! J’ai pas envie que tu te perdes ou que tu ne percutes un guerrier au détour d’une galerie. Tu faisais un rêve intéressant ?

~ Pas de guerriers, malheureusement ! Je marchais.
~ Demain matin tu devrais en avoir assez. Viens !


******


Utilisant leurs six pattes, ils arrivèrent rapidement jusqu’au lieu de rassemblement. Les Blistres avaient été sortis de leurs tanières par quelques coups secs donnés aux liens qui les rattachaient à l’extérieur. Bien dressés, les animaux de bas rappliquaient en général assez rapidement, les plus têtus devaient être ramenés de force à l’extérieur.

Après quelques frottements discrets de chitine avec son beau commandant aux yeux rubis, Meïdane se mit au travail. Elle connaissait déjà où se trouvait sa tâche et le chargement des vers ne leur prit pas très longtemps. Les guerriers leur firent rejoindre les rangs.

Alors que des nuages s’amoncelaient sur les montagnes autour de la vallée, la cohorte se mit en marche. Louvoyant entre les arbres, la longue file de Séphropans adopta un rythme soutenu propice aux réflexions pour ceux qui en montraient le goût. De toutes les facettes de ses yeux, Meïdane cherchait la faible luminosité des premières étoiles alors que l’obscurité se faisait complète pour sa vision hyper sensible. Elles se cachaient derrière les lourds nuages qui commençaient à envahir l’ensemble de la voute céleste. Les quelques petits brillants qu’elle aperçut ne reparaîtraient plus de la nuit.

L’humidité augmentait dans les sous bois martelés par les pas incessants de leur caravane de secours qui prenait la direction du Nord. L’humus qu’elle foulait pour la première fois, les frondaisons qu’elle écoutait vibrer des assauts du vent qui forcissait, dégageaient de fortes odeurs que la nurse analysait pour la première fois de toute la longueur de ses antennes. Meïdane oubliait ses craintes, appréhensions, frayeurs qui obscurcissaient son jugement avant le départ. Elle ne s’emplissait plus que de pensées romantiques, complètements abstraites pour la grande majorité des individus de sa race. Elle s’impatientait d’arriver au prochain camp pour suivre son guerrier dans des creux reculés, abrités entre les racines d’un immense patriarche. Se glisser entre ses pattes aux armes tranchantes qui l’accueilleraient avec délicatesse. Se frotter au fin duvet d’une douceur en parfait contraste avec l’ensemble de la machine de guerre qui la protégeait et lui octroyait des privilèges que peu d’ouvrières pouvaient s’enorgueillir d’avoir connu. Elle se laisserait enivrer par le lourd parfum de leurs phéromones d’excitation.

Meïdane ne sentit pas les premières gouttes de pluie, lourdes et fraîches tambouriner sur sa carapace. La nurse rappelait à elle ses souvenirs des accouplements des reines de la colonie avec des mâles reproducteurs choisis et non soumis à la castration chimique. L’ouvrière avait ressenti dans son corps les joutes auxquelles elle ne pensait ne jamais goûter, excitée par l’immense déploiement de phéromones. Meïdane avait alors su qu’elle différait grandement de ses sœurs qui contemplaient cela sans aucun émoi, accaparées par leur tache à rendre l’évènement le plus profitable possible pour la colonie. Les surveillantes avaient détecté son trouble et écarté des reproducteurs mâles et femelles qui s’agitaient. Elle avait été condamnée à ne plus approcher ses moments primordiaux de la vie de la colonie. Régulièrement, la pauvre ouvrière ressentait des sentiments profonds pour quelque mâle, les réprimant vivement sous les moqueries de ses camarades jalouses de ne pouvoir éprouver la même chose.

Meïdane imaginait sans cesse les scènes d’intimité que lui réserverait le prochain camp auprès de Quertrim. Ces douces pensées s’envolèrent. Elle perdit l’équilibre, de toutes ses ventouses et griffes, la nurse tenta de se retenir. Le sol, détrempé, ne lui donna aucun point d’appui. Elle se rendit compte qu’il pleuvait très fort et que la terre spongieuse glissait comme une plaque de glace. D’une rotation de l’abdomen, l’ouvrière tenta de se rattraper mais le poids des sacoches qu’elle transportait sur son dos finit de la déséquilibrer. Elle glissa plus loin se retrouvant littéralement sur le dos. Un guerrier l’arrêta sans ménagement, un autre l’aida à se relever sous les quolibets odorants des Séphropans qui les entouraient. Mais cette fois-ci, ils se cantonnèrent à quelques réflexions bonnes enfants, gardant à l’esprit que le commandant de la garde pourrait voir d’un mauvais œil qu’ils rudoient sa protégée.

Meïdane ressentit des difficultés à capter les phéromones de communication avec ses antennes dégoutantes de boue. Le vent soufflait par bourrasques qui emmenaient les odeurs et les noyait sous des paquets d’eau. Elle se dépêcha de rejoindre sa place dans la file, se réveillant en pleine tempête. Elle s’était déconnectée pendant au moins une heure, insensible aux éléments qui se déchainaient maintenant. Laborieuse, la marche devenait difficile et ralentissait légèrement la caravane. Les guerriers qui les encadraient promettaient une amélioration mais personne ne pouvait prédire quant.

La nurse se concentra sur ses mouvements pour ne pas rouler une nouvelle fois dans la boue. Elle ressentait maintenant le froid glaçant de la pluie, douchant le charme de sa balade romantique sous les étoiles. Meïdane se préoccupa plus de la nervosité des Blistres que du beau Quertrim.


******


Au milieu de la nuit les cataractes s’espacèrent enfin mais le vent forcis encore. Communiquer par les odeurs devenait utopique. La majorité d’entre eux cessèrent d’échanger des discutions, préférant un peu de repos à l’utilisation de leurs cordes vocales. Plus habitués à ce genre de situation, les guerriers échangeaient des ordres et des réflexions de leurs voix à la fois grinçantes, craquantes, aigues avec des tonalités très graves. La discordance de tous ses sons mélangés que chacun comprenait plus ou moins bien leur mettait les nerfs à fleur de carapace.

Le vent hululait entre les arbres, excitant les Blistres de plus en plus difficiles à manier. Un bruissement se fit alors entendre. Alertés, les guerriers se dressèrent, regardant dans toutes les directions, scrutant le ciel. Des pépiements à la limite des ultrasons leurs parvinrent entrecoupés par les bourrasques de vent.

Surgissant à ses côtés, Quertrim s’érigeait sur ses deux pattes arrières, sondant les ténèbres de la nuit sous le vent.

- Quoi qu’il arrive reste tout le temps auprès de moi, ordonna-t-il à pleine voix dans des grincements à décrocher les mandibules.
- Qu’est ce qui se passe ? questionna-t-elle, terrorisée.
- Nous le saurons bien assez tôt ! Silence maintenant, imposa-t-il de sa voix basse et discordante.

Obéissante, Meïdane s’approcha de son protecteur, laissant à d’autres le soin de maîtriser les Blistres qui renâclaient et cherchaient désespérément à s’enfoncer dans la terre, devinant la menace.

Prenant une posture de combat, le commandant des gardes se dressa du plus haut qu’il put. Sa voix tonna par-dessus de toutes les antennes Séphropanes en indiquant le Sud :

- Kirptarians, Kirptarians, formez vos rangs ! Protégez les Blistres !

Dans la nuit, un essaim d’ailes bruissant se dirigea directement sur le milieu de la caravane où il se trouvait. Meïdane recroquevilla ses pattes sous son abdomen pour se faire toute petite, un reflexe de terreur bloquant son organisme. Comme tout le monde, elle se rappelait les histoires des guerriers à propos de ses immenses chauves souris qui pouvaient les ouvrir d’un seul coup de griffe et plonger leurs défenses creuses au travers de leurs plaques blindées pour se nourrir des liquides qui baignaient leurs organes.

De là où elle se trouvait, Meïdane admirait néanmoins la formidable ombre noir formée par quelques centaines de Kirptarians qui s’étaient regroupés pour attaquer leur immense convoi bien défendu. Les bêtes sanguinaires montèrent en chandelle juste au-dessus de leurs têtes pour mieux fondre sur eux dans un roulement de tonnerre, hurlantes, battant leurs ailes de peau, effrayantes, captivantes, mortelles.

Quertrim jeta un œil sur sa douce protégée. Recroquevillée ainsi elle présenterait une proie facile pour les ailes volantes. Il avait déjà combattu des Kirptarians et les minutes à venir ne seraient pas de tout repos. En quelques pas chassés d’une précision ahurissante, il se posta juste au dessus d’elle, faisant écran de son corps hérissé de pointes tranchantes. Il planta ses quatre membres arrières tout autour d’elle, les ancrant dans la boue. Par automatisme, elle se redressa pour se coller sous son abdomen.

- Couché ! ordonna-t-il. Ne bouge plus !

Sa voix de commandement avait tonné, déclenchant en elle de violents sentiments. Tout d’abord peinée d’être traitée ainsi, elle se révolta avant de ressentir une excitation incongrue, désirant qu’il lui donne de nouveaux ordres impérieux, soumise.

Les instants suivants la terrifièrent malgré la protection inébranlable qui la dominait. Une marrée vivante s’abattit sur eux, des sifflements paralysants provenaient de toutes parts. Elle ne voyait plus que griffes et crocs s’approcher et reculer cherchant à l’éventrer et à la perforer. Meïdane se serait enfoncée sous terre dans la boue collante si elle l’avait pu. Elle assista à un spectacle qui hanterait souvent ses pires cauchemars.

Des Blistres s’affaissèrent en gesticulant sous la douleur imposée par les griffures profondes et les défenses qui les transperçaient. Les Kirptarians plus petits et véloces qu’eux déchiquetaient des plaques de chitine à la recherche des fluides vitaux qui constituaient leur nourriture. De là où elle se trouvait, elle ne manquait pas une miette du combat de titan qui se déroulait au-dessus de sa tête. Des morceaux de chauve souris encore chauds tombèrent sur elle, agités de spasme ils la couvrirent de sang frais, odorant, animal, appétissant, angoissant. Le commandant Quertrim rendait coup pour coup de toutes les pointes, lames, mandibules dont la nature le dotait.

Le combat s’éternisait, Quertrim jouait des mandibules pour découper les assaillants, les repoussants de tous ses piques à grands coups de pattes mortelles. Les mammifères haineux se jetaient sur lui au milieu d’un tourbillon enivrant d’ailes. Le goût du sang réveillait ses instincts les plus bestiaux, excités par la présence de la forme tremblotante sous son abdomen. Il se démenait pour protéger leurs vies unies par le destin. De nombreux guerriers allaient bientôt arriver mais les dégâts autour de lui rappelaient un champ de bataille. Des Séphropans agonisants servaient de déjeuner un peu partout, les soldats se battant de toutes parts pour repousser leurs adversaires assoiffés de sang.

Une vive douleur frappa son côté gauche, perçant sa garde une chauve souris avait planté in extrémis ses griffes dans son abdomen. Maintenant hors de son atteinte, elle se préparait à planter ses défenses aiguisées dans sa carapace blindée qui n’y résisterait pas. Les yeux brillants, le Kirptarian s’apprêtait à lui donner un coup fatal. Sans crier gare, une paire de mandibules arrondies jaillit d’entre ses pattes pour l’attraper cruellement au milieu du corps. La bestiole se débattit férocement pour essayer de l’achever. Quertrim repoussa deux attaques visant Meïdane qui s’était découverte pour attraper l’agresseur.

- A terre ! hurla-t-il de nouveau.

Sans lâcher sa proie, la nurse retourna entre ses pattes. Une vague de guerriers Séphropans dispersa les chauves souris survivantes et repues qui choisirent la fuite. Les mandibules mal aiguisées de l’ouvrière ne venait pas à bout de l’animal qui réussirait bientôt à planter ses crocs entre les yeux de la courageuse Séphropane. Il lui arracha la tête d’un claquement sec de ses maxillaires éprouvés par le combat. Les deux amoureux se partagèrent le sang de la victime.

Quertrim s’affaissa sur le côté, épuisé par la joute imprévue. Elle se glissa contre lui en cherchant toujours sa protection alors que le danger s’éloignait à tire d’aile. Meïdane regarda le désordre autour d’elle. De nouvelles gouttes de pluie tombèrent drues, poussées par le vent sur la scène de combat, sur les corps blessés, fracassés, percés en de multiples endroits, sur les bagages éparpillés partout autour des vers dont certains se trémoussaient encore. Les lombrics rendraient leur dernier souffle alors qu’ils seraient déjà loin.

Sous les ordres des guerriers qui n’avaient pas subi l’assaut, les ouvriers rassemblaient et triaient ce qui pouvait être récupéré. Ils répartirent les charges sur les Blistres survivants, reformant rapidement la colonne pour reprendre la route au plus vite.



Et voilà, à vos claviers.....
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Minos
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 21 Aoû - 0:27

Très jolie bataille. Passage bien sombre, et toujours aussi bien décrit concernant les Séphropans. Reste un certain nombre de coquilles...je laisse à Notsil le soin d'en venir à bout. Wink

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 21 Aoû - 10:02

Ouaip, très chouette bataille Wink

En avant pour les coquilles Razz

Citation :
J’ai pas envie que tu te perdes
->Je n'ai pas envie

Citation :
Meïdane ne sentit pas les premières gouttes de pluie, lourdes et fraîches tambouriner sur sa carapace.
->je mettrai une virgule après "fraiches" ^^

Citation :
Elle avait été condamnée à ne plus approcher ses moments primordiaux de la vie de la colonie.
->ces moments

Citation :
mais personne ne pouvait prédire quant.
->quand

Citation :
Au milieu de la nuit les cataractes s’espacèrent enfin mais le vent forcis encore.
->forcit

Citation :
La majorité d’entre eux cessèrent d’échanger des discutions,
->discussions

Citation :
La discordance de tous ses sons mélangés
->ces

Citation :
Des pépiements à la limite des ultrasons leurs parvinrent
->leur

Citation :
Sa voix tonna par-dessus de toutes les antennes Séphropanes en indiquant le Sud :
->par-dessus toutes ?

Citation :
elle se rappelait les histoires des guerriers à propos de ses immenses chauves souris qui pouvaient les ouvrir
->ces

Citation :
la formidable ombre noir formée par quelques centaines de Kirptarians
->noire

Citation :
Une marrée vivante s’abattit sur eux,
->marée

Citation :
Quertrim jouait des mandibules pour découper les assaillants, les repoussants de tous ses piques à grands coups de pattes mortelles.
->repoussant

Valà ^^
C'est qu'elles deviennent attachantes ces petites bêtes Wink

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 21 Aoû - 18:53

Rouaaarrraaaaahhhhh,

Maudites coquillessssss, heureusement que vous êtes là pour me les montrer du doigts.... la prochaine scène est écrite, pas encore relue, mais vous y découvrirez quelques infos de descriptif (comme d'hab) ainsi qu'une scène d'amour fourmis.... Peut-être dans la soirée, mais j'en doute, FO arrive ce soir à la maison et nous ramène nolwenn notre grande... Il va y avoir de l'animation et surment quelques discussions longues et profitables dans le système d'heilénia.... Alors correction et Nouvelles scènes d'ici demain dans les meilleurs delais....

Bonne lecture / écriture à vous, à bientôt
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Ven 22 Aoû - 14:51

Chose promise, chose due, la nouvelle petite scène, erotique, et relue de ce matin:

6



Epuisée, éprouvée, Meïdane marchait avec les autres depuis de longues heures. Une pluie fine dégoulinait sur leurs plaques de chitine alors qu’une aube grise se levait sur la vallée. Les nuages, bas, épais, grisâtres, masquaient les pentes abruptes qui s’approchaient d’eux. Ses sens lui apprenaient qu’ils reprenaient de l’altitude, la pente douce fatiguait leurs organismes déjà fatigués. La nurse jeta un coup d’œil à son chevalier servant qui ne s’éloignait que rarement de sa position dans la caravane.

Quertrim ne paradait plus, légèrement blessé par le combat de la nuit il assurait tout de même l’organisation générale de leur voyage. Leur progression avait été ralentie par la pluie et l’attaque mais ils touchaient au but. Il s’occupait encore de leur faire forcer l’allure avant que la luminosité devienne trop intense et les oblige à mettre des filtres. De loin, ils apercevaient l’immense patriarche, dernier campement avant de s’aventurer dans les pentes rocailleuses d’un col tout proche.

Le temps frais et humide annonçait de la neige fraiche en altitude. Cela ralentirait leur progression de nouveau mais l’établissement du campement au sommet du col s’en trouverait facilité.

La tête de la colonne s’égaillait déjà entre les arbres, commençant à décharger les Blistres. Quertrim remonta vers l’avant. Ce camp n’appartenait pas à leur colonie et les commandants devaient rencontrer leurs hôtes, avertis par les éclaireurs de leur arrivée. Une simple formalité depuis que les colonies s’étaient unifiées après les guerres des terriers il y a plus de dix milles ans. Il devait juste s’assurer que leur mission de secours obtiendrait suffisamment d’espace pour le repos des Blistres et des Séphropans ainsi qu’une nourriture abondante. Il ne doutait pas de la qualité de l’accueil.

Meïdane s’arrêta enfin. Elle souffla un moment, jetant des coups d’œil au patriarche qui dominait les lieux. Son feuillage presque noir et sa taille témoignait de la l’âge canonique du chêne parapluie qui gouvernait les lieux. Des ouvriers montaient et descendaient sans cesse des arbres. Intriguée, elle poserait la question à Quertrim lorsqu’il ne manquerait pas de venir la chercher bientôt. La nurse se mit au travail. Tous connaissaient leur place et les surveillants n’eurent pas grand-chose à leur dire pour que le débarquement de leur matériel s’effectue rapidement. Les vers plongèrent entre les racines dans les tréfonds de la terre. Ils méritaient leur repos. Les Séphropans ne s’arrêteraient qu’une fois tout rangé dans les galeries qui avaient été mises à leur disposition.

Une antenne lui tapota légèrement l’abdomen. L’ouvrière se retourna brusquement, affolée. Des phéromones d’apaisement crépitèrent sur ses antennes, Quertrim la regardait calmement, moqueur.

~ Viens avec moi ! dit-il. N’oublie pas tes filtres.

Ils longèrent quelques galeries avant d’émerger à l’air libre. La luminosité grise avait beaucoup augmenté malgré le ciel toujours plombé. D’une de ses fontes, elle sortit des filtres pour les appliquer sur les facettes de ses yeux saturées de lumière. Une obscurité bienfaisante et sécurisante se fit autour d’eux.

Meïdane balaya les alentours pendant que ses capteurs visuels un instant aveuglés compensent. Elle aperçut des ouvriers qui effectuaient toujours des navettes dans les arbres.

~ Que font-ils ? questionna-t-elle alors qu’ils se mettaient en marche pour rejoindre le patriarche.
~ Qui ça ?
~ Les ouvriers qui ne cessent d’aller et venir dans les chênes.
~ Ils exploitent les Chanvretins. Ce sont des parasites des chênes parapluies. Ils se plantent sur les jeunes poussent ou à l’intérieur des feuilles pour se nourrir de sa sève et excrètent un liquide très sucré, le prérénien. Les ouvriers le récoltent, soit dans des outres pour le conserver tel quel, soit dans leurs jabots prophylactiques spécifiques à leur fonction qui leur permet de le transformer en champerinin après fermentation.
~ J’ai déjà goûté à cet alcool, c’est une boisson légèrement gazeuse. Ca m’a mit dans un de ses états… Et les arbres ne souffrent pas trop de l’exploitation que nous en faisons ?
~ A l’état naturel oui, certains chênes peuvent en mourir lorsque le climat est propice aux larves de Chanvretins. Mais lorsque nous les exploitons nous régulons la présence des parasites pour qu’il n’y en ai pas de trop, les déplaçant si besoin. Nous les éliminons presque systématiquement des patriarches où nous élisons domicile.

Quertrim regardait avec attention les basses branches pendant qu’ils avançaient sous les frondaisons épaisses.

~ Nous en fabriquons beaucoup ?
~ Oui, c’est même un marché intéressant. Nos voisins Svetlaniens nous en achètent de grandes quantités. Les Séphropans des montagnes du nord Manducar en troquent de petites quantités avec les peuples frontaliers et surtout ces même Manducars pour obtenir leur tranquillité. C’est un peu plus compliqué avec les Ziveils mais nous possédons là une richesse que personne ne peut nous voler.

Le guerrier s’arrêta brusquement et du bout de l’antenne montra quelque chose à Meïdane en disant :

~ Regarde, il y en a un juste ici.

Elle leva la tête pour apercevoir un insecte vert d’une bonne dizaine de centimètres, immobile, accroché à l’intérieur d’une feuille. Meïdane resta quelques instants à l’observer, elle s’en détourna rapidement tant la chose manquait d’intérêt. La nurse apprenait des choses tous les jours. Bien que d’une dangerosité intolérable pour quelqu’un ayant passé la presque totalité de son existence à l’intérieur d’une colonie, l’aventure se piquait d’un grand nombre de découvertes. Elle en remerciait intérieurement son guide et maître.

~ Celui-ci est presque adulte ! ajouta-t-il avant qu’ils ne reprennent leur chemin.


*******


Ses quartiers étaient moins spacieux qu’au camp précédent mais le repas tout aussi délicieux. Repue, Meïdane se glissa sous l’abdomen de son guerrier. Elle laissa ses phéromones exprimer ce qu’elle ressentait sans les retenir. Quertrim frissonna, ses odeurs se répandant à l’unisson de la nurse. Elle frotta son abdomen au sien, redressant la tête pour l’appuyer sur les poils très fins qui envahissaient les jointures des pattes menaçantes du guerrier.

Le combat de la nuit exacerbait leurs réactions, faisant crépiter leurs antennes en continu. Meïdane glissa les siennes entre les pattes de son compagnon, aux endroits les plus sensibles. Ses mandibules acérées claquèrent plusieurs fois au-dessus d’elle, menaçantes. Ne se retenant plus au milieu des vagues de désir que transportaient les effluves émis involontairement par leurs corps, l’ouvrière laissa son abdomen vibrer contre celui de Quertrim. D’un mouvement sec et autoritaire, ses pattes médianes enserrèrent brutalement le giron apprêté à se livrer.

Ils avaient frôlé la mort. Prêt à offrir leur vie pour servir leur colonie qui leur avait donné dés la matrice les imperfections qui les unissaient aujourd’hui. Guidés par leurs instincts, ils se livraient à des jeux que seuls les reproducteurs devraient pouvoir éprouver. Mais le destin les rapprochait un peu plus d’instant en instant. Un appendice encore inutilisé émergea de l’arrière de l’abdomen du guerrier qui appuya un peu plus fort sur le dos de sa partenaire parcouru de longues vibrations.

Le désir de celle-ci augmenta encore, pliant sous le joug de son amant. Sentant l’instant fatidique approcher, son abdomen se redressa encore. Le souvenir des ordres reçut s’imposa dans son esprit, elle accentua encore les vibrations de son corps pour faire comprendre par le geste comme les odeurs qu’elle se sentait prête. Un plaisir absolu se déversa en elle lorsque, pour la première fois, Meïdane s’ouvrit pour accueillir un mâle.

L’appendice sexuel de Quertrim, sombre et massif, se déplia encore, gonflant de fluides puissants que les Kirptarians n’avaient pas pu goûter. Une vague de douleur traversa le corps de Meïdane qui frissonna. Les pattes qui l’enlaçaient augmentèrent la pression, faisant grincer ses plaques chitineuses. L’orifice d’accouplement se détendit lentement sous la pression continue et un peu brutal de l’appendice de Quertrim. Il la possédait, elle en éprouva un plaisir épanouissant.

Au milieu d’une averse de phéromones, ils continuèrent à s’accoupler pendant de longues minutes. Tout à leur plaisir, ils n’entendaient pas les grincements de leurs exosquelettes qui s’entrechoquaient sous les à-coups du guerrier. Ils se rejoignirent dans une immense onde de plaisir qui les submergea à l’unisson.

Toujours enlacés, ils se décollèrent un peu, se communiquant silencieusement leur bien être. Meïdane ne serait plus jamais comme avant. Ces quelques minutes lui offraient sans même qu’elle s’en aperçut une vision nouvelle sur son être et sa façon de servir au mieux la colonie. Un narcissisme qui ne faisait pas partie du vocabulaire Séphropan guiderait maintenant ses actes, ses désirs, ses travaux et avant tout les sentiments qu’aucun autre n’imaginerait tournoyer dans sa cervelle liquide d’insecte.

Explorant un nouveau monde, les amoureux clandestins s’endormirent.
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Ven 22 Aoû - 18:29

Eh bien ya de la productivité ^^

Un chouette passage encore en tout cas Wink

Citation :
la pente douce fatiguait leurs organismes déjà fatigués.
->une petite répétition ici (quoiqu'après le "épuisés" et "éprouvés" de la phrase d'avant les synonymes doivent commencer à être plus durs à trouver ^^)

Citation :
Une simple formalité depuis que les colonies s’étaient unifiées après les guerres des terriers il y a plus de dix milles ans
->il y avait

Citation :
Son feuillage presque noir et sa taille témoignait de la l’âge canonique
->témoignaient

Citation :
Ca m’a mit dans un de ses états
->ca m'a mis dans un de ces états

Citation :
pour qu’il n’y en ai pas de trop, les déplaçant si besoin.
->ait

Citation :
Prêt à offrir leur vie pour servir leur colonie
->prêts

Valà Wink

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Ven 22 Aoû - 20:37

Sympa, comme tout, ce passage. On en apprend de plus en plus sur les moeurs sephropanes. Very Happy

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Sam 23 Aoû - 17:12

Un chapitre avec une très bonne bataille, un autre où l'on en apprend un peu plus sur le mode de pensée des Sephropans... Que demander de plus?
J'ai vraiment apprécié ces chapitres qui montrent une fois de plus à quel point tu maîtrises ton histoire et tes personnages.

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Dim 24 Aoû - 19:51

Maîtriser mes personnages ?

Je ne sais pas, disons qu'une fois sorti de mon imaginaire je m'ingénie à les leur faire vivre des situations pour vous montrer ce qu'ils sont capables de faire de leurs petites pattes. Je fais systématiquement et rigoureusement la même chose quelque soit mes écrits.

Pour la productivité, je pense que la semaine prochaine sera moins propice avec mes mouvements de débarquement, un vol de nuit et quelques occupations annexes.

note "éreintait" pour résoudre ce problème de répétition (Tu vois Notsil, il existe encore des synonimes, il suffit de prendre le temps d'y réfléchir). Merci d'avoir mis le doigt dessus... Je le note ici parce que je suis sur mon fixe et que je n'ai pas mon fichier à jour sous la main.
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 28 Aoû - 19:22

Et voici deux nouvelles scènes, plutôt courtes, mais bon. Normalement, il ne m'en reste plus qu'une seule à écrire avant que vous n'ayez la totalité de l'histoire, bien évidemment un peu racourcie à cause des conditions de temps imposées par le recueil:

7


Juste avant de rejoindre la cohorte qui s’ébranlerait bientôt, ils s’accouplèrent de nouveau. Ils avaient pris le temps de laisser monter l’excitation, l’envie, et le plaisir. Ils s’étaient emboité l’un en l’autre sans tâtonner pour laisser le plaisir réchauffer leur fluide presque à ébullition. Avec regret, ils quittèrent le creux qui les avait vus s’unir pour la première fois.

Silencieuse, Meïdane travaillait d’arrache pied au côté de ses compagnes préparant les Blistres à leur prochaine longue nuit de marche. La tâche ne demanda pas trop de temps et ils purent rapidement quitter le camp. Réorganisées, les patrouilles de guerrier prendraient mieux en compte une nouvelle attaque, la menace encore très présente dans beaucoup d’esprits.

La topologie devint vite vallonnée, les montagnes s’érigeant en maîtresses absolues sur leur horizon. La nuit, relativement clair, leur permettait d’admirer les roches bleutés à la lumière de deux lunes pleines, la rouge surplombant la verte. Répandant une énergie mystérieuse et des lumières blafardes qui excitaient les vers et actionnaient des mécanismes internes, dopant leurs organismes insectoïdes.

Meïdane voyait aussi pour la première fois les lunes pleines. Elle en ressentait les effets, même profondément enfoncée sous terre. La nurse était subjuguée par le spectacle qui se modifiait au fils des heures. D’après Quertrim qui voyageait maintenant presque tout le temps à ses côtés, il arrivait très rarement que les trois astres qui dominaient l’obscurité se croisent ensemble au-dessus de leur tête. Des ouï-dire affirmaient qu’il pouvait se passer des choses incroyables pendant cette conjonction que peu de Séphropans admiraient.

Chaque Séphropan se pressait pour retrouver des pentes un peu plus fortes, retrouvant ainsi leurs écosystèmes de prédilection. La végétation changea rapidement de nature comme en taille. Par endroit, de grandes prairies facilitaient leur marche, dans d’autres, des taillis épais les retardaient. Ils traçaient un grand sillon au travers des collines.

Meïdane en profitait pour s’intéresser à tout ce qu’elle croisait. Des oiseaux nocturnes fuyaient leur groupe imposant, de petits mammifères détalaient tout autour, des troupeaux d’herbivores les regardaient passer de loin, l’œil vide malgré la menace qu’ils représentaient pour eux. Les guerriers en chasseraient quelques-uns avant de commencer l’ascension des cols qui les mèneraient aux colonies du Nord.

La nuit passa ainsi au rythme rapide de leur foulée à trois paires de pattes, accompagnée de la reptation des vers annelés. Devant eux, un pierrier gigantesque envahissait tout le décor, les surplombants un peu plus d’heures en heures. Brillant à la lumière des lunes et des étoiles, un chemin y serpentait, montant à l’assaut des montagnes majestueuses, leurs cimes encapuchonnées d’un épais manteau blanc. Au sortir de l’hiver, une épaisse couche de neige recouvrait tous les rochers, alternant avec de brillantes plaques de glace que les vents sifflants en altitude s’occupaient de dégager. Ils apercevaient déjà d’imposants séracs qui devaient craquer lugubrement sous l’effet du réchauffement. Ce danger leur semblait bien plus familier, habitué qu’ils étaient à vivre en altitude dans leurs galeries creusées dans les faiblesses de la roche.

Se faufilant entre deux collines verdoyantes, ils débouchèrent au-dessus d’une vallée parallèle aux montagnes dont ils se trouvaient maintenant aux pieds. Meïdane comme beaucoup des ouvriers en eurent le souffle coupé. La beauté du décor blafard les figea un instant avant qu’ils ne se lancent dans la descente plutôt raide.

~ Nous ferons escale ici aujourd’hui, et toute la nuit prochaine, lui glissa Quertrim. Les nuits sont très froides en altitude et il nous faudra donc franchir les cols de jour. Il n’y a pas une majorité de chênes parapluie ici, nous camperons dans les bois en nous abritant dans les trous que les Blistres vont creuser pour se nourrir et se reposer. Nous serons en pleine forme pour nous aventurer en haute montagne.

~ C’est magnifique, se contenta d’émettre Meïdane.

Leurs carapaces se frôlèrent longuement alors qu’ils descendaient dans le vallon planté d’espèces diverses et variées. Un seul chêne parapluie s’y dressait tout de même, rabougris et miné de parasites, il dominait les lieux, isolé, stérile, impuissant.


*******


Quertrim avait peiné à leur trouver un creux reculé de l’agitation ambiante où ils pourraient avoir un peu d’intimité. Ils avaient mis à profit cette longue halte, nécessaire et obligatoire pour explorer un plaisir dont peu de Séphropans ressentaient le besoin. Meïdane apprenait à écouter le corps d’un autre individu, faisant passer son compagnon avant le bien de la colonie. Le partage était plus intense et bien moins désintéressé que la communion d’ensemble que la nurse connaissait depuis toujours. Elle éprouvait des sentiments qui transportaient son corps alors que l’idée même d’en avoir ne leur était pas naturelle. Leur communauté les ignorant tout simplement, les négligeant si bien qu’aucun mot ou senteur ne pouvaient les exprimer. Ils exploraient aussi toutes les gammes de communication, se créant eux-mêmes les références que leurs maîtres n’inculquaient pas.

Ils se complurent à laisser défiler les heures, expérimentant en tâtonnant les arcanes du désir et d’une communication difficile. Personne ne les dérangea. Les Séphropans discutaient rarement les ordres, Meïdane goûtaient les possibilités qu’offraient le commandement. Quelque part au fond de sa cervelle organisée par des millions d’années d’évolutions, elle se demandait comment les ouvriers ne lorgnaient pas sur autant de prérogatives. Mais le commandement se gagnait par sa naissance et elle se trouvait en position idéale pour savoir que tout se décidait dans les écloseries.

Au cours d’une courte séance d’introspection inhabituelle, alors qu’ils venaient de se livrer à des ébats d’une bestialité encore jamais atteinte, Meïdane frissonna en prenant conscience que des modifications mineures de l’alimentation des larves pourraient rendre les nurses maîtresses des colonies. Elle se fit peur en constatant qu’elle connaissait les produits chimiques qui pourraient effacer leur stérilité à tous deux. En elle, quelque chose se bloqua pendant de longues minutes lorsqu’elle s’imagina passer à l’acte et donner naissance à un fourmillement de descendants.

Profondément enraciné, le blocage s’estompa lentement. Une intense déception lui fit émettre des phéromones étranges qu’elle retint pour ne pas qu’ils se répandent jusqu’aux autres. Elle eut un peu honte d’éprouver de tels sentiments. Cela aussi constituait une inconnue pour son peuple. L’étrangeté de la chose l’émoustilla. Meïdane réveilla Quertrim tant son excitation était importante. Bien disposé par les odeurs qu’il percevait, le guerrier se jeta sur elle. Encore quelques heures avant de reprendre la route, et pas la partie la plus facile.

8


Les filtres suffisaient à peine. Le soleil se trouvait presque à l’aplon de la face sud du col qu’ils escaladaient. La réverbération les aveuglait. Les Blistres se comportaient étonnamment bien, effectuant leur reptation bien plus facilement que dans les pierriers qu’ils avaient traversés plus bas. Voyager en cette période de l’année était difficile. De la neige fraîche s’accumulait par endroits et la chaleur de la journée la rendait très molle. Leur train arrière, malgré les raquettes qu’ils y avaient placé faisaient ventouse, leurs griffes cillées à l’avant pénétraient profondément ne représentant un avantage que sur les plaques de glace.

Les guerriers réussissaient à se tenir sur leurs deux paires de pattes arrière au prix de beaucoup d’efforts. Ils longeaient les crêtes rocheuses autant qu’ils le pouvaient. Si les ouvriers s’étaient émerveillés du décor grandiose, l’effort douchait leur motivation.

Meïdane regardait régulièrement le ciel d’un bleu profond au-dessus de sa tête qui découpait les bords à vif des montagnes tout autour. L’après-midi avançait rapidement alors qu’ils entamaient la dernière pente vers le col qu’ils devaient franchir avant la nuit. Un détail attira son attention. Un point sombre se déplaçait rapidement, haut dans le ciel. Comment un oiseau pouvait-il s’aventurer dans cette blanche désolation ? La vision longue distance n’était pas la qualité principale de leur système visuel. L’animal s’approcha d’eux, majestueux, jouant avec les courants aériens pour maintenir son altitude sans presque battre des ailes.

~ Quertrim ? émit-elle pour attirer l’attention du guerrier à ses côtés. Je crois qu’il y a un aigle qui descend vers nous. Il est à la verticale du col et fait de grands cercles dans le ciel.

Le commandant de la garde se dressa un peu plus, cherchant du regard l’oiseau dans le ciel. Il le vit enfin et sut aussitôt qu’il ne représentait pas une menace.
~ C’est surement une amazone Svetlanienne dont je t’ai déjà parlé. Elle doit venir des colonies du Nord en tant qu’éclaireuse. Nous devrions y être dans deux jours. Elle s’arrêtera peut-être pour nous parler.

La nurse se sentit soudain toute chose, elle allait voir et entendre une représentante d’une race intelligente de Galéir. De telles rencontres se faisaient fort rares dans les montagnes de Séphropanie. Une sourde impatience détourna ses pensées de l’effort et des douleurs que la progression en haute montagne lui donnait. Elle ne cessait de regarder cet aigle qui tournoyait au-dessus de leurs têtes.

Avec une aisance à faire pâlir les pauvres insectes, il vint se poser sur un éperon rocheux qui dominait leur caravane. Le Svetlanien devait bien connaître les grades des guerriers Séphropans. En un clin d’œil, l’aigle se transforma, au passage de Quertrim, en un sculptural humanoïde dans l’air froid. Meïdane s’arrêta à ses côtés, sortant du rang. La Svetlanienne, debout sur le rocher glacé au milieu d’un champ de neige fraîche les dominait, sa respiration s’échappant en un long nuage de vapeur. Ces traits taillés à la serpe dénotaient une farouche détermination que les yeux bleus et durs confirmaient. La nurse détailla ce corps noueux dont elle ne connaissait absolument pas les caractéristiques physiques. Il lui sembla bien fragile.

- Vous êtes une expédition de secours ? demanda-t-elle d’une voix mélodieuse.
- Oui, répondit le guerrier de sa voix rocailleuse. Je suis le commandant Quertrim. Je pense que nous devrions arriver d’ici environ deux jours.
- Je suis Démilia, dit-elle. Ils vous attendent avec impatience et vous serez les premiers à arriver. Ils ont subis des crues très importantes et les fortes pluies ont provoqué de nombreux glissements de terrain. Ils ont un grand besoin de main d’œuvre et d’outillage pour refermer les terriers, mettre à l’abri les larves et leurs réserves de nourriture, sans parler des cultures qui ont été saccagées.
- Nous possédons une bonne idée du travail qu’il doit y avoir à fournir et vous pourrez leur dire que nous avons ici tout ce qu’il faut pour pallier à leurs besoins.
- Je retourne auprès d’eux tout de suite. Il fait trop froid ici pour moi sous cette forme et je ne pourrai pas vous accompagner. Au moins cette fois, je reviendrai avec de bonnes nouvelles.
- Merci ! eut le temps de dire Quertrim.

La Svetlanienne se retransformait déjà en aigle, avec un cri aigue, elle s’envola. En quelques battements d’ailes elle avait repris de l’altitude. Sautant le col que l’avant de leur cohorte touchait presque. Le soir approchait maintenant et ils allaient devoir creuser la neige du sommet pour s’y abriter du côté du soleil levant pour qu’il les réchauffe de ses rayons matinaux salvateurs.

Les vers Blistres, une fois déchargés avaient été attachés en cercle par la tête de façon à ce qu’ils ne s’enfoncent pas sous le manteau neigeux, avant de les recouvrir d’une pellicule de poudreuse pour les protéger du gèle. Le froid commençait à être mordant et ils s’engourdissaient petit à petit. Les guerriers montrèrent aux ouvriers comment choisir les meilleurs emplacements pour creuser la neige et aménager des igloos pour se protéger du vent et passer la nuit.

Quertrim et Meïdane creusèrent pour deux comme toujours un peu à l’écart, plus personne n’y portait attention. La nuit tombait et les lunes débordaient tout juste des pics alentours lorsque le guerrier s’enroula dans le fond. Frissonnante, Meïdane se blottit entre ses pattes, se serrant contre l’abdomen accueillant. Un peu de chaleur les envahit doucement. Au dehors, le vent sifflait dans les couloirs rocheux. Le froid s’abattit sur le camp comme une nuée de criquet sur une forêt verdoyante, plongeant la majorité des Séphropans dans une douce torpeur.

Les deux amants échangèrent des signaux d’excitation qui réchauffèrent les fluides dans leurs corps chitineux. Meïdane attrapa les pattes médianes de Quertrim pour les disposer autour de son abdomen alors qu’elle se mettait à vibrer intensément. L’appendice du guerrier se déploya instantanément. Malgré leur position complexe dans l’exigüité de leur gangue de neige, la nurse se calla contre lui, se cambrant pour lui présenter son orifice d’accouplement largement ouvert.

Unis par un plaisir absolue, il s’enfonça brutalement en elle. La violence de l’accouplement leur fit oublier la température qui baissait encore, mordant leurs chaires molles, durcissant la neige autour d’eux. Le plaisir se faisait attendre, ralenti par le gèle qui s’infiltrait en eux. Sans même qu’ils s’en rendissent compte, le froid les figea dans leur posture d’amour. Enserrée, pénétrée, elle oublia tout. Statues immobiles d’un improbable coït de l’ancienne espèce dominante de Galéïr.
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Lun 1 Sep - 21:51

Bon, nos deux Sephropans continuent à bien profiter de leur voyage, et touchent bientôt au but. Jolies interactions, avec la référence au pouvoir des lunes, ainsi qu'avec l'apparition de la Svetlanienne. Wink

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Lun 1 Sep - 21:55

Ah tiens, j'avais lu et oublié de commer ? Zut.

J'ai aussi bien aimé, on s'attache à ces 2 bestioles et pis la svetlanienne aussi...tout nickel

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 4 Sep - 1:06

j'attends ton comm avec impatience Notsil, et tes eventuelles corrections... Voici donc le 9 et dernier chapitre de cette nouvelle....


9


La lumière amenait la chaleur et commença à dégeler les corps insectoïdes mis en sommeil. Petit à petit les Séphropans sortirent de leur hibernation. Les fluides vitaux circulèrent de nouveau à l’intérieur de leurs carapaces de chitine. L’intelligence fit de nouveau jour dans ces organismes mis à rude épreuve par la nuit glacée. Lentement tout d’abord, ils sortirent des trous creusés dans la neige. Puis, avec plus de vivacité ils se remirent tous au travail au fur et à mesure que la température accélérait leur horloge biologique.

Quertrim fut aussitôt sur le pied de guerre, supervisant le déneigement des vers Blistres avant d’activer les ouvriers au chargement. Il préférait ne pas rester trop longtemps en altitude, le temps changeait vite et des nuages de mauvais augure encapuchonnaient les sommets alentours.

Ils se mirent en route alors que des draperies de coton s’étendaient sous leurs pieds. Des flux aux rondeurs blanchâtres envahissaient tous les interstices entre les parois de roches noirs et les plaques de glace brillante à la lumière du petit matin. Meïdane s’attendait à chaque instant à voir des nuées aux courbes laiteuses venir lécher de leur froide caresse le bout de ses pattes torturées par les longues marches.

Louvoyant dans la pente abrupte qui redescendait du col qu’ils venaient de quitter, le guerrier fit accélérer le rythme. Quelques heures leurs suffirent pour s’enfoncer dans la masse cotonneuse qui s’épaississait. La longue cohorte y disparut tout entière, subissant de plein fouet une baisse radicale de la température. La froide humidité gênait les mouvements de leurs plaques de blindage naturel, mais les précipitations se firent attendre, épée de Damoclès suspendue au dessus de leurs têtes aux antennes vacillantes.

Alors qu’ils abordaient un pierrier, les flocons de neige se mirent à voltiger en tout sens autour d’eux, se transformant en une pluie fine avant qu’ils ne prennent pieds sur un glacier.

~ Nous allons continuer longtemps sur la neige ? demanda Meïdane alors que son protecteur passait à portée de phéromones.
~ Oui ! Ce glacier serpente entre de très hautes montagnes. Elles seraient infranchissables si nous voulions les escalader, expliqua le guerrier en prenant le temps d’une halte au prêt de sa compagne. Ce soir nous établirons le camp à l’entrée du col qui nous permettra de passer la dernière barre de montagne. Ensuite, nous redescendrons vers les marécages de Lastrimie. C’est là que les colonies ont été le plus touchées. Le paysage y est grandiose ! Lorsque nous redescendrons sur les pentes du Nord, et si le temps est plus dégagé qu’aujourd’hui, tu pourras admirer le paysage jusqu’à la limite de portée de ton regard.
~ Tant que ça ! s’étonna-t-elle.

Quertrim s’éloigna vers l’avant en se moquant d’elle. Un ensemble de crevasses bloquaient le passage. Il jugerait de la complexité des trajets de contournement ou de la faisabilité d’un pont Séphropan avant de prendre la meilleure décision afin d’arriver au plus vite.

Meïdane tentait d’imaginer un panorama qu’aucune montagne ne pouvait obstruer. La tête lui tourna. Que de sensations nouvelles et de découvertes. Après avoir fantasmé sur le monde extérieur, totalement différent de celui très intime et protecteur du terrier, la nurse allait se retrouver en espace ouvert. Elle en frissonnait d’appréhension, et de bonheur. Elle irait au bout du monde si son guerrier l’y emmenait.

Après quelques minutes d’hésitations, la caravane se remit en route. Un grand nombre d’ouvriers s’assemblaient au-dessus du vide pour faire franchir les crevasses. Les carapaces assemblées flottaient pour combler les quelques mètres d’intervalle entre les lèvres glissantes. Chaque tête disparaissait sous l’abdomen du Séphropan placé devant et les pattes s’enchevêtraient dans toutes les directions. Afin d’éviter la surcharge, des surveillants espaçaient les groupes de Séphropans et de Blistres qui traversaient les ponts vivants.

Les ouvriers qui les composaient subissaient sans broncher d’être ainsi piétinés par leurs compagnons de voyages. Ils servaient la colonie sans réfléchir, sans même se poser la question. Inscrite dans leurs gênes, leur manière de servir était immuable, contrôlée par la nourriture et les éléments chimiques données à leurs larves. Pour eux, les individualités n’existaient pas. Ils serviraient jusqu’à ce que leurs carapaces soient vides. Et encore même après, la chitine se trouvait souvent recyclée pour fabriquer des objets d’usage courant. Seuls les reproducteurs bénéficiaient là encore de traitements de faveur dans la mort. Ils rejoignaient leurs semblables placés avec ferveur dans des endroits clos, abrités de l’humidité et des atteintes des nécrophages.


*******


Ils avaient gravis le dernier col au pas de course, perdu dans un brouillard impénétrable rendant les filtres inutiles. Les Blistres fatiguaient, ne pouvant pas se ressourcer en s’enfonçant dans la terre, inexistante à ses altitudes.

Meïdane ne voyait du Séphropan qui la précédait que ses pattes et l’arrière de son abdomen. Rien ne la prépara donc au flash aveuglant du soleil haut dans le ciel qui inondait la face nord du col. Les nuages se déchiraient sur la crête, incapables de masquer l’astre diurne. Une immense brulure satura son cerveau. Elle partait de son front jusqu’à l’arrière de son crâne. La violente lumière surchargeait les facettes de ses yeux, aucunes paupières n’en amoindrissaient les dégâts qui pourraient être irréparables. Comme nombre de ses camarades insouciants, elle tâtonna dans sa besace pour en sortir sa paire de filtres. La douleur était insoutenable, la rendant incapable de reculer pour s’abriter sur la face sud.

Elle pestait de ne pouvoir trouver ses filtres lorsqu’une âme charitable lui en posa sans prévenir sur la tête. Meïdane fut soudain plongée dans une nuit profonde. La nurse ne voyait rien, la panique se déversa lentement, montant par paliers. Elle se rendit alors compte que quelqu’un tentait de communiquer avec elle.

~ … Ca va ? décoda-t-elle enfin. Calme-toi, je t’ai mis des filtres !

Elle se reprit un peu, en proie à une froide constatation.

~ Je suis aveugle ! transmit-elle désespérée. Qui êtes-vous ?
~ Quertrim, elle reconnaissait qu’à peine son odeur. Tu n’es pas restée très longtemps en plein soleil, ton trouble visuel devrait être temporaire.
~ Devrait ? Je ne vois absolument rien !

Une peur panique bloquait ses pensées.

~ Calme-toi, il te faudra probablement quelques heures pour récupérer ta vision. Vous êtes quelques uns dans ton cas. Nous allons faire une pause ici en attendant que votre vision compense…
~ Ca me redonne le moral, tient !
~ Je m’occuperai de toi !

Il la guida un peu plus loin pour qu’elle ne se fasse pas bousculer par la caravane qui continuait d’émerger des nuages. Une grande plaine de neige immaculée, tout juste vallonnée, les accueillerait le temps nécessaire pour qu’ils se restaurent et se réchauffent au soleil. Un groupe de guerriers remontait la file pour prévenir ceux qui arrivaient afin qu’ils ne subissent pas les assauts du soleil, brutal.

Meïdane commençait tout juste à y voir un peu plus clair lorsqu’ils reprirent la route. Elle ne put admirer le paysage qui s’ouvrait au regard de la majorité d’entre eux. Aucune montagne ne venait boucher l’horizon du Nord. De leur position élevée, ils pouvaient voir une longue ligne brumeuse former un arc de cercle brun au loin.

Lorsque la caravane entama la descente, les yeux à facette tentèrent de faire le point sur les grandes étendues marécageuses d’aspect granuleux et brun, entrecoupés ici et là de bosquets de verdure. Des milliers de paires d’antennes frémirent lorsqu’elles perçurent les odeurs méphitiques qui s’élevaient de la plaine démesurée à leurs pieds. Le décor inhabituel les rendit nerveux. Beaucoup de menaces pouvaient surgir de tels espaces dégagés, ils n’en distinguaient pas les reliefs de toutes façons lissés par les marécages.

~ Cette odeur est vraiment désagréable, remarqua Meïdane à Quertrim qui la guidait.

Sa vision accoutumait progressivement, effeuillant le paysage tout au long de la distance qui menait son regard à l’horizon.

~ Ce sont les marécages ! affirma le guerrier d’un ton patient. Les plantes et les animaux morts s’y décomposent lentement, libérant des gaz. Certains sont des poisons violents, c’est pour cela qu’il ne vaut mieux pas s’y aventurer trop profondément. J’ai entendu dire que parfois, des animaux gigantesques et terribles en sortent pour s’attaquer à des Séphropans isolés. Je pense plutôt que ceux qui colportent de telles histoires le fond pour nourrir les légendes de ces terres que l’on dit sombres et magiques.
~ Quelles légendes ?
~ Je t’en parlerai si nous trouvons le temps de communiquer une fois arrivé. Ce qui est sûr, c’est que des groupes d’humanoïdes traversent régulièrement les marécages pour tenter de venir en Séphropanie ou traversent les terres stériles à l’Est afin de piller des villages Svetlaniens.
~ Et c’est pour cela que nous collaborons avec ces gens qui se transforment en animaux ?
~ Tout à fait, fit-il en la saluant d’un mouvement de tête. Comme je te l’ai déjà expliqué, nos deux peuples y trouvent leur compte. Leurs femelles aigles repèrent les groupes suspects et nous envoyons des troupes pour les intercepter.

Meïdane balaya le décor du regard avant de poser une nouvelle question :

~ Et cela arrive souvent ?
~ Après la période des pluies en générale, mais guère plus de quatre ou cinq fois par années.

La caravane arrivait maintenant dans les pierriers. Des éboulements avaient transformé la physionomie du terrain, ceux qui venaient de temps en temps ne reconnaissaient pas grand-chose. Portant leur attention plus bas, ils purent constater de visu l’étendu des dégâts. Des pans de montagne entiers avaient été emportés, provoquant des éboulements qui à leur tour avaient décapé le sol. Les coulées de boue s’étaient forées un passage jusque dans les marécages presque comblés par endroit.

Le soir commençait à apporter ça quiétude lorsqu’ils arrivèrent enfin à portée d’une des colonies dévastées. La face nord sur laquelle ils marchaient se trouvait à l’ombre depuis de nombreuses heures. Quelques Séphropans commençaient d’ailleurs à sortir et à se dirigèrent vers eux. Des accès avaient été entièrement bouchés et par endroit, les galeries misent à nue devaient laisser entrer les eaux de pluie. Quelques ruisseaux dus à la fonte des neiges y ruisselaient en torrents. La colonie aurait été attaquée par une autre ethnie qu’il y aurait eu bien moins de dommages.

Les préjudices immenses se chiffreraient en mois de travail s’il fallait réparer, colmater les brèches, rouvrir les galeries effondrées. La solution la plus simple consisterait encore à creuser un nouveau nid et à y transporter les cultures, les œufs et larves, les instruments, qui n’auraient pas été trop abimés. Les ouvriers se préparaient à se mettre au travail. Meïdane soupira devant l’ampleur de la tâche qui les attendait. Avec tout cela, elle ne verrait plus aussi souvent son guerrier qui se précipitait déjà pour prendre contact avec les survivants de cette catastrophe et serait bientôt captivé par bien d’autres tâches.

Ainsi allait la vie sous les montagnes de Séphropanie. La nature imposait ses lois. Ses habitants y vivaient. Envers et contre tout, s’adaptant, s’organisant, luttant pour la vie, et peut-être un jour, découvriraient l’amour tel Meïdane et Quertrim. Envers et contre les lois, les règles, l’idéologie, la chimie de leurs corps, ils vivraient encore des moments d’intense bonheur, des joies, des peines, des tragédies dans leurs cœurs avides mais solitaires.






To be continued !


En espérant que lorsque vous la lirez dans sa globalité vous en serrez autant ravi que vous l'avez été dans ces pages de forum...
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Minos
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 4 Sep - 9:01

Et bien, cette histoire aura été bien sympa, ma foi. J'avais peur qu'on ait droit à une fin sans surprise voire poncif, où Quertrim et Meidane auraient pris la tête de la colonie sauvée et fait des milliers de petits pour la repeupler, mais ça n'est pas arrivé, ouf.

De bien belles descriptions sur la physiologie des Sephropans, qui se seront révélés attachants et humanisés à leur manière. Beau tour de force.

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 4 Sep - 11:25

Très belle conclusion, ouverte aussi pour une suite Wink

Tu crois que tu pourrais faire une carte grossière de la Séphropanie (histoire de localiser marécages et terres stériles de l'est entre autres ^^) ?

Bon, vlà les fautes aussi ^^ :

Citation :
entre les parois de roches noirs et les plaques de glace brillante
->roche noire

Citation :
Quelques heures leurs suffirent pour s’enfoncer
->leur

Citation :
suspendue au dessus de leurs têtes
->au-dessus

Citation :
avant qu’ils ne prennent pieds sur un glacier.
->il me semble que c'est "pied"

Citation :
le guerrier en prenant le temps d’une halte au prêt de sa compagne.
->auprès

Citation :
Ils avaient gravis le dernier col au pas de course,
->gravi

Citation :
Les Blistres fatiguaient, ne pouvant pas se ressourcer en s’enfonçant dans la terre, inexistante à ses altitudes.
->ces

Citation :
Ca me redonne le moral, tient !
->tiens

Citation :
Elle ne put admirer le paysage qui s’ouvrait au regard de la majorité d’entre eux.
->elle ne put qu'admirer ? Je sais qu'elle ne voit pas encore très bien, mais ça me paraissait logique vu comment tu amenais la phrase...

Citation :
le point sur les grandes étendues marécageuses d’aspect granuleux et brun, entrecoupés ici et là de
->entrecoupées

Citation :
Je pense plutôt que ceux qui colportent de telles histoires le fond pour nourrir
->le font

Citation :
Après la période des pluies en générale, mais guère plus
->en général

Citation :
ils purent constater de visu l’étendu des dégâts.
->l'étendue

Citation :
Le soir commençait à apporter ça quiétude
->sa

Citation :
Quelques Séphropans commençaient d’ailleurs à sortir et à se dirigèrent vers eux.
->et à se diriger / et se dirigèrent

Citation :
Quelques ruisseaux dus à la fonte des neiges y ruisselaient en torrents.
->un ruisseau qui ruisselle, ça se répète un peu ^^

Citation :
et peut-être un jour, découvriraient l’amour tel Meïdane et Quertrim.
->ils découvriraient...tels

Valà Wink

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aj crime
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 4 Sep - 13:35

Le dessin c'est pas trop mon truc à moi et je n'ai fait que remplir les trous de ta carte. A l'est de la Séphropanie et au dessus de la Svetlanie il y a des terre en gris qui font le tampon entre ces derniers au sud et la lastrimie au nord... Ce sont les terres stériles! la partie au sud de la lastrimie au pieds de la frontière Nord de la Séphropanie abritent les dis marécages dont nous avions déjà parlé par le passé et où nous avions dit qu'il y avait des choses qui s'y cachaient et des choses magiques dedans.

j'espère que tu comprends bien là où je voulais en venir si non on se croisera peut-être sur MSN pour en discuter plus amplement. Voilà, j'ai pu que les corrections à faire, la relecture globale, et l'intro.... Pas mal !

merci pour vos comms.

Vous savez quand reviens Den ???
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Minos
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Jeu 4 Sep - 14:05

Lui même ne doit pas le savoir ! Razz

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Den
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 24 Sep - 18:15

Den is back! MOUAHAHAHAHAHAH!
Enfin, votre cher ami est de retour! Mes problème avec internet sont terminés! Enfin! lol!

Pour ton histoire AJ, je la lirai cette semaine, promis!

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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 24 Sep - 20:47

Toi, je te crois même si je sais que tu vas être débordé...


PS: moi j'ai relue ce que j'avais d'en retard sur le crepuscule d'astra, je t'enverrai le fichier au plus tôt ce WE lorsque je posterai une partie de mes relecture...
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Den
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MessageSujet: Re: Sous les montagnes de Séphropanie   Mer 24 Sep - 22:04

Ok! Merci, AJ! Very Happy

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