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 Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve

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Minos
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MessageSujet: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 19 Jan - 17:07

J'ai affiné mes réflexions sur "Pérégrinations". Finalement, je ne suis plus aussi certain qu'une fois l'histoire terminée, je cherche à la faire publier en tant que novella. Il se pourrait bien que les trois histoires représentent la première partie d'un roman. Wait and see !


Pérégrinations III : Le Général en Chef de la Légion Mauve


La colonne de cavaliers s’étirait lentement dans la brume matinale. Vhondé était courbaturée de partout, mais aucune plainte n’avait franchi ses lèvres. Ni le moindre mot, d’ailleurs.
Elle s’était renfermée sur elle-même, indifférente à son environnement. À quoi bon se révolter, de toute manière ? Elle était et ne serait jamais rien d’autre qu’un pion sur l’échiquier politique.
Les dieux lui avaient fait payer le prix fort pour s’être détournée de son devoir, de ses obligations. Il ne lui restait plus rien désormais. Ou presque. Elle portait un enfant. Mais y penser avait cessé de la réjouir depuis bien longtemps. Par sa faute à elle, il serait condamné à vivre dans une prison dorée. Pire encore, il serait élevé par des Bilipossiens, il épouserait leurs valeurs et les ferait siennes. Lui, un enfant du Lacteng par le sang !
Comment le destin pouvait être aussi cruel ? Quelle malédiction planait sur Vhondé, la condamnant à la privation de sa liberté ? Elle n’était même plus sûre de savoir à quand remontait son dernier moment de bonheur.
De toute manière, elle ne voulait plus y penser. Les jours heureux étaient derrière elle. Définitivement. Le reste de sa vie ne serait qu’une lente déchéance jusqu’à la fin. Au point où elle en était, cela ne changerait rien. La rébellion même était inutile. Elle mourait de l’intérieur. En avait conscience. Et ne trouvait pas la force de lutter. Que tout s’arrête. Enfin. Tel était son seul vœu.

Droit comme un « i », fier comme pas deux, Seronn se pavanait et il avait de quoi. Grâce à la prévenance des cavaliers qui les encadraient, il avait eu le droit de chevaucher un cheval, seul. Depuis le temps qu’il en rêvait !
Si ses amis d’enfance avaient pu le voir, comme ils auraient été contents pour lui. Il avait été frappé, insulté, enchaîné, retenu prisonnier. Certes, il était encore prisonnier, techniquement parlant, mais l’être sans entrave, en plein air et monté sur un cheval, lui donnait une illusion de liberté dans laquelle il se complaisait allègrement.
Il s’imagina chevaucher avec des compagnons, des amis. Qui sait, peut-être le ferait-il un jour ? Peut-être serait-il appelé « capitaine Seronn » ? Cette idée le fit sourire. Comme la vie était belle ! Comme il avait bien fait de partir à l’aventure ! Jusqu’ici, elle ne l’avait jamais déçu !

Jemril se retenait d’exploser de rage. Lui, un guerrier tilmandjo de rang important, se retrouvait pris entre le marteau de Lacteng et l’enclume de Bilipossa, les ennemis de son peuple. Les paroles du chef des cavaliers repassaient en boucle dans son esprit. Maudite Lerila ! Comment la Souveraine de Bilipossa osait-elle penser que les Tilmandjos privés de leur chef légitime ne seraient pas capables de se défendre face à ses armées ? Les Timandjos avaient toujours été moins nombreux que les Lactengais et les Bilipossiens, mais ils compensaient ce handicap par leur science de la guerre.
Néanmoins… Néanmoins… Jemril se devait de reconnaître que Lerila avait raison sur un point : jamais son pays n’avait été aussi vulnérable. Quand Osterren, Général en Chef de la Légion Mauve, titre officiel porté par le roi de Tilmand, avait disparu, ses partisans avaient demandé à Jemril, le jeune frère d’Osterren, de prendre la tête du royaume.
La succession au trône n’avait pourtant rien d’héréditaire. Tilmand était avant tout une armée. Elle avait été celle du royaume de Narvilone, des siècles auparavant. Le Général en Chef désignait son successeur parmi les membres de son état-major. Sauf que dans le cas présent, non seulement Osterren avait mystérieusement disparu, mais ses instructions en cas de vacance du pouvoir également…
Jemril s’était tout naturellement retrouvé à la tête des gens d’Osterren, mais tous les officiers, importants ou non, capables de fédérer des troupes s’étaient vite opposés les uns aux autres, chacun estimant être le meilleur candidat au poste.
Jemril avait vu les conflits verbaux dégénérer en affrontements physiques puis armés. L’unité de la nation tilmandjo était mise à mal. Ne lui restait que deux options : prendre part aux conflits, en espérant écarter tous les autres seigneurs de guerre afin de pouvoir monter sur le trône, au prix de fleuves de sang. Il avait choisi l’autre voie possible : disparaître à son tour pour éviter d’ajouter au chaos grandissant.
Les plus fidèles parmi les partisans de son frère l’avaient suivi en exil. Mais alors que Jemril n’aspirait qu’à attendre que la paix revienne, ses hommes décidèrent de se tenir prêts à marcher sur Tilmand, dès qu’il aurait changé d’avis sur la conduite à tenir…
Ils s’étaient dispersés, seuls – tel Delental – ou par groupes de trois maximum, dans les centaines de villes et de villages disséminés à travers les micro-royaumes du sud. Attendant vainement le signal de la reconquête.

Revenant au présent, il fusilla du regard le dos de Vhondé, dont le cheval précédait le sien. L’exutoire à sa colère était tout trouvé. Il en profita.
– Dis-donc, Vhondé, tu t’es bien fichu de nous avec tes histoires de père riche propriétaire terrien ! Princesse du Lacteng, hein ? Si cela ne tenait qu’à moi, Lacteng comme Bilipossa seraient rayés de la carte de Galéir !
Vhondé était lasse. Elle n’avait ni la volonté de se retourner vers son accusateur, ni la force d’élever la voix.
– Tu as toi aussi pris grand soin de ne rien nous révéler de ta propre histoire. Je n’ai aucune leçon à recevoir de toi.
Il continua à vitupérer sans obtenir la moindre réponse, ce qui ne fit rien pour le calmer, au contraire. Il se tourna vers le cavalier qui le suivait. Seronn.
– Et toi, bougre d’imbécile ! Tu voyages avec la princesse de ton propre royaume et tu n’es même pas capable de la reconnaître ?
– À vrai dire, répondit Seronn avec un sourire contrit, je n’ai pas pour habitude de fréquenter la cour royale de Lacteng. J’avais juste entendu dire que la princesse était belle. Et je ne l’imaginais pas fréquenter un autre lieu que le palais de Féénaur.
– Et c’est quoi cette histoire de fuite avec un amant ? Ta princesse est une roulure ? Visiblement, son amant a été plus malin puisqu’il s’est carapaté sans elle !
– Tes paroles ne sont guère gentilles, mon ami. Vhondé est notre amie, nous devons l’aider et la soutenir.
– Ça me ferait mal ! Elle vient au contraire de prendre place parmi mes ennemis mortels !
– La colère te fait dire n’importe quoi, Jemril, répondit Seronn avec douceur. Tu sais que j’ai raison, que Vhondé compte pour nous autant que nous comptons pour elle. Quand tu te seras calmé, tu seras le premier à l’admettre.
Jemril se tut. Ce type était plus que jamais désespérant. Autant parler à un mur ! Seronn reprit la parole.
– Tu as prononcé d’étranges paroles tout à l’heure, Jemril.
Celui-ci grogna une réponse inintelligible.
– Tu as parlé de l’éradication de Lacteng et de Bilipossa.
– Et alors ? cracha Jemril.
– Seul un ennemi de ces deux royaumes parlerait ainsi. Ne serais-tu donc pas Tilmandjo ?
– Quand bien même, cela ne te regarde pas !
– Il y a vraiment une guerre civile dans ton royaume depuis la mort du général en Chef ?
– Rien ne prouve qu’Osterren soit mort !
– Osterren ? s’étonna Seronn.
– C’est le nom du général, imbécile ! Suis un peu !
– Le général s’appelle Osterren ?
Jemril ne prit la peine de répondre.
– Toi et lui ne seriez pas liés par le sang, par hasard ? Maintenant que j’y pense, il y a une certaine ressemblance entre vous. Vous avez les mêmes pommettes, le même nez et les mêmes yeux. Et il est roux, comme toi, même si ses cheveux ne frisent pas et qu’il les porte longs.
Abasourdi, Jemril bredouilla :
– Tu… connais… Osterren ?
– Ça fait un certain temps maintenant que je voyage à travers Galéir. Et j’ai croisé un Osterren qui te ressemblait il y a quelques mois. Très sympathique. Le pauvre, quand j’y pense…
– Quoi, le pauvre ? Tu sais ce qui lui est arrivé ? Mais parle donc, bougre de lent d’esprit !
– Il a été fait prisonnier par un gardien des eaux. J’aurais voulu l’aider mais je ne connais pas la magie, ni de mage qui manie les Éléments.

Jemril se détourna de Seronn, une tempête furieuse mugissant sous son crâne. Osterren était en vie ! Et Seronn savait où le trouver ! C’était… sidérant. Au bout d’un long moment d’introspection, Jemril se retourna vers Seronn :
– Tu saurais retrouver l’endroit où Osterren a été fait prisonnier ?
– Oui-da !
– Je compte aller le sauver. Tu es avec moi ?
– Avec le plus grand plaisir, mon ami ! Je me suis promis de l’aider !
– Parfait. Première étape : fausser compagnie à nos hôtes

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Ven 20 Jan - 23:18

A peine que j'ai fini de lire et commenter le 2 voilà déjà le trois qui surgit... Bon, en tout cas, pas ce soir non plus.
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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Ven 20 Jan - 23:28

Pas de problème... t'en auras probablement plus à lire, na !
(et je ne parle même pas des corrections sur le Premier Jedi, sur lesquelles je m'active et que tu auras dans la soirée !)

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 26 Jan - 0:31

Je ne pense pas arriver au bout ce soir... je suis crevé et pis il est déjà 2200, ou presque.

Citation :
La colonne de cavaliers s’étirait lentement dans la brume matinale.
ce terme m'a gêné en première lecture. Les cavaliers marchent peut-être lentement, mais la colonne s'étire langoureusement (pour faire imager)... maintenant, une colonne serpente plutôt et là, on a déjà une petite notion de lenteur en supprimant une forme adverbiale... à voir.

Citation :
courbaturée de partout,
c'est pas un peu excessif ? (c'est pas la première fois qu'elle voyage longuement et à cheval, tout de même)... de plus, c'est particulièrement imprécis.

Beaucoup de verbes "être" dans ces premiers paragraphes très courts qui manquent peut-être d'un peu de développements et de descriptions d'environnement.

Citation :
Elle portait un enfant. Mais y penser avait cessé de la réjouir depuis bien longtemps.
On pourrait croire qu'elle est enceinte depuis plusieurs années là... je sais que tu n'as pas d'enfant, mais une gestation ne dure jamais aussi longtemps chez l'humain.

Citation :
Le reste de sa vie ne serait qu’une lente déchéance jusqu’à la fin.
je trouve le terme un peu excessif, je comprends bien ce que tu veux dire... mais n'y en aurait-il pas un de plus adapté ? je le trouve pas, là maintenant, personnellement... "humiliation", peut-être... pis si tu dis "le reste de sa vie" alors le "jusqu'à la fin" ne se justifie pas vraiment.

Citation :
Cette idée le fit sourire
"Il sourit à cette idée." ????

Citation :
un guerrier tilmandjo de rang important
Flou, à détailler pour donner de la crédibilité, je pense.

Citation :
le marteau de Lacteng
"du" ??? me semblerait mieux. A voir.



J'arrête là, le passage historico géopolitico me semble un peu trop complexe pour ce soir. Ma tête n'est pas suffisamment reposée pour cela. J'espère pouvoir finir bientôt. (Mes corrections sur le premier jedi avancent bien, grâce à tes propositions très judicieuses, comme d'habitude, je finis toujours par étendre les modification.... je posterai le premier chapitre sur SWU lorsqu'il sera prêt.)
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 26 Jan - 23:28

Allé, un pue de temps ce soir aussi, je vais finir ce coup-ci...

Citation :
Quand Osterren, Général en Chef de la Légion Mauve, titre officiel porté
par le roi de Tilmand, avait disparu, ses partisans avaient demandé à
Jemril, le jeune frère d’Osterren, de prendre la tête du royaume.
Un peu trop de virgules à mon goût dans ce passage, à voir pour une reformulation / redécoupage.

L'antériorité est souvent nécessaire pour donner des informations liées au passé, mais là, il y a tout de même trop de verbes "être" et "avoir".

Citation :
les autres seigneurs de guerre afin de pouvoir monter sur le trône
celui-ci n'est pas utile, je crois.

Citation :
ou par groupes de trois maximum,
trois est un groupe, en effet... mais pourquoi ne pas utiliser un terme plutôt musical : un triolet... "par triolet" donc...

Citation :
L’exutoire à sa colère était tout trouvé
voilà une combinaison que j'ai apperçu plusieurs fois dans le texte, ce n'est pas très lourd de sens, mais répétitif.

Citation :
ce qui ne fit rien pour le calmer,
"ce qui ne le calma en rien" ????

Citation :
Princesse du Lacteng, .... la cour royale de Lacteng
parfois l'un, parfois l'autre, y aurait-il une règle impénétrable pour en décider, ou juste le coup du sort ???

Citation :
Ta princesse est une roulure ?
c'est une réélle question ? parce que moi, je l'ai lu comme une constatation.

Citation :
Jemril ne prit la peine de répondre.
Il manque un morceau à la négation "pas", je pense qu'il est nécessaire.

Citation :
Toi et lui ne seriez pas liés par le sang,
Tu te lance dans le petit nègre, minos ? "seriez-vous"



Encore une fin de scène bien violente et brutale... Mais bon, voilà un rebondissement bien conçu dans cette histoire qui roule toute seule. Un joli morceau, bravo Minos. Ça sera un plaisir de lire la suite.
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Ven 27 Jan - 0:00

Merci pour les corrections et l'avis, AJ !

La suite dans un certain temps, dès que je me serai dépêtré de mes problèmes persos, à savoir ma bagnole cramée par un connard qui n'a rien eu de mieux à faire que d'en cramer cinq lundi soir. Evidemment, mes papiers d'identité étaient dans la boîte à gants...

Si on voit le bon côté des choses, ça me donne une nouvelle humoristique/grinçante que je devrais finir d'ici peu de temps. Ça défoule, c'est déjà ça.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Ven 27 Jan - 19:26

Bon courage pour les tracasseries administratives en espérant que tes contrats d'assurances soient bien rédigées et que ton assureur ne te prenne pas pour le premier pigeon venu...

Ta voiture était presque neuve, non ?
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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Sam 28 Jan - 10:11

Je ne suis pas attaché aux bagnoles donc je les achète toujours d'occasion. Heureusement, on va dire. Du coup, j'ai accheté une encore moins chère. Je n'ai plus qu'à attendre qu'elle soit prête.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Sam 28 Jan - 18:17

Eh bien! On peut dire que tu es prolifique, en ce moment.

J'ai bien aimé ce début de la troisième partie de Pérégrinations.
Seronn me plait toujours autant mais je commence à sérieusement m'attacher à Vhondé et Jemril. Certes, je les appréciais déjà avant.

J'ai hâte de voir comment nos amis vont fausser compagnie à leurs hôtes^^

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Sam 28 Jan - 21:24

Ce sera l'enfance de l'art, leur évasion !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 16 Fév - 11:51

EDIT 8 mars : voilà, problème de mise en page résolu.

À la halte suivante, Jemril, Seronn et Vhondé purent se concerter. Les soldats bilipossiens semblaient se moquer éperdument des messes basses de leurs prisonniers. Ils avaient le nombre, ce qui les rendait très confiants quant à l’accomplissement de leur mission : conduire la princesse du Lacteng à leur souveraine.
– Vhondé, il faut qu’on parle, commença Jemril.
– Laisse-moi en paix, répondit Vhondé, plus que jamais lasse de l’humeur revêche de son compagnon de route.
Mais le Tilmandjo avait eu le temps depuis sa conversation avec Seronn, aussi avait-il soigneusement préparé ses arguments pour la manipuler.
– Écoute, j’ai discuté avec Seronn, et il s’avère que par un miracle que je ne m’explique pas, il a rencontré le général de la Légion Mauve et l’a vu disparaître.
– Je m’en moque ! Tilmand comme Bilipossa sont les ennemis de Lacteng.
– Certes, mais… Ton père t’ayant reniée, tu n’as plus aucun endroit où aller, tu n’as plus de foyer. Or j’ai un moyen de t’en offrir un si tu le désires.
Vhondé planta un regard dubitatif sur Jemril, sans piper mot.
– Je suis Tilmandjo. Le général Osterren est mon frère. Depuis sa disparition subite, Tilmand est en proie à de violentes luttes intestines. Or Seronn sait où Osterren est retenu prisonnier. Libérons-le et la paix reviendra sur Tilmand. Et si tu fais partie du groupe qui aura sauvé Osterren, il t’offrira l’hospitalité dans notre pays. Je te le jure sur ma propre tête.
– Généralement, on fait ce type de promesse sur ce à quoi on tient le plus au monde, rétorqua sèchement la princesse.
– C’est précisément ce que je viens de faire, répondit Jemril sur le même ton.
– Je reconnais bien là ton altruisme habituel, persifla Vhondé.
– Mes chers amis, ne pensez-vous pas que le moment soit mal choisi pour vos joutes verbales dignes de jeunes enfants querelleurs ? demanda sereinement Seronn.
Vhondé sourit, Jemril s’empourpra.
– Tu es un sage, Seronn, dit la princesse.
– Mouais, concéda Jemril. Mais tu n’en restes pas moins un imbécile. Quoi qu’il en soit, Vhondé, je suis sincère comme je ne l’ai jamais été. Du moins depuis longtemps. Je veux sauver mon frère et Seronn compte bien m’y aider. Il… nous ne voulons pas te laisser derrière, et contribuer à l’aider ne peut que servir tes intérêts. Qu’en penses-tu ?
Pour toute réponse, Vhondé éclata en sanglots. Seronn la prit dans ses bras et entreprit de la bercer, tout en lui chantant une comptine apaisante en sourdine. Gêné face à cette démonstrativité, Jemril attendit la fin de cette crise de larmes. Il posa néanmoins une main réconfortante sur l’épaule de la princesse, en signe de solidarité.
Vhondé finit par se calmer.
– Je n’ai plus que vous deux au monde. C’est d’accord, répondit-elle.
Seronn fut tout sourire, Jemril détourna les yeux pour ne pas montrer l’émotion qui l’étreignit par surprise.

Restait désormais le plus important à accomplir : se libérer… pour avoir aller libérer Osterren à son tour, un paradoxe qui n’amusait nullement Jemril. Conscient que d’eux trois, il était le mieux placé pour échafauder un plan d’évasion, il se tritura les méninges comme jamais auparavant, passant en revue des dizaines d’idées. Malheureusement, rien de probant ne lui vint à l’esprit, et au bout de quelques jours, il commença à désespérer…
S’ils ne subissaient pas une surveillance rapprochée, qu’ils n’étaient pas entravés et que les soldats bilipossiens les laissaient mener leurs conciliabules à voix basse en paix, Jemril sentait tout de même la vigilance de tous les instants de leurs geôliers. Il était évident qu’ils ne seraient pas facilement pris en défaut.
Après une semaine à chercher vainement la faille, Jemril commença à désespérer. Jusqu’à ce que pour la première fois, leur route les conduise à traverser un village. Là, les soldats encadrèrent leurs prisonniers afin de les empêcher de communiquer avec quiconque, tandis que deux d’entre eux s’occupaient d’acheter des vivres pour la troupe.

Quelques villageois curieux défilèrent tour à tour pour regarder de plus près ces étrangers. Mais face aux mines fermées des soldats, ils gardèrent leurs distances, se contentant de les observer de loin.
Le plus téméraire d’entre eux fut un ancien aux longs cheveux blancs. Chapeau rond à larges bords vissé sur la tête, enfoncé presque jusqu’aux yeux, pipe à la bouche et mains dans le dos, il ne cessa de s’approcher qu’en voyant l’un des cavaliers, qui ne le quittait pas des yeux, poser ostensiblement la main sur la garde de son épée.
Aucun émoi ne trahit une quelconque nervosité chez le vieil homme, qui balaya la troupe de ses yeux vifs. S’il écarquilla brièvement les yeux en reconnaissant Jemril, personne ne s’en rendit compte. Quand Jemril le reconnut à son tour, il parvint lui aussi à masquer sa surprise, alors que son cœur s’était brusquement mis à battre la chamade.
Seqeral ! Le vieux sénéchal tilmandjo, ancien compagnon d’arme d’Osterren. Comme Delental et des centaines d’autres partisans de son frère, il avait choisi l’exil provisoire en attendant que Jemril se décide à les mener à la guerre et à la reconquête de Tilmand.
Jemril changea de position sur son cheval, posa ses mains sur le pommeau de la selle, et fit semblant de regarder ailleurs que vers Seqeral. Pourtant, il ne le quitta pas du coin de l’œil tandis qu’il croisait les poignets pendant une poignée de secondes pour mimer un entravement.
Pour toute réponse, Seqeral exhala une longue bouffée de fumée avant de tourner les talons et de s’éloigner tranquillement.

Jemril contint son enthousiasme. Seqeral était aussi expérimenté que digne de confiance. La tension qui l’habitait depuis trop longtemps disparut. Les Tilmandjos étaient un peuple de guerriers, descendants de l’armée de l’ancien royaume de Narvilone. La guerre coulait dans leurs veines. Les Bilipossiens étaient d’ores et déjà morts…

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Dernière édition par Minos le Jeu 8 Mar - 12:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 16 Fév - 12:14

J'aime bien l'aération des paragraphes.... Very Happy

Bon, je lirai ça d'ici demain...
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 16 Fév - 12:18

aj crime a écrit:
J'aime bien l'aération des paragraphes.... Very Happy
Pas moi, même si ça ressemble aux tiennes ! Chacun son style ! tongue

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 16 Fév - 20:36

Allé, malgré la mise en page hasardeuse, je me lance dans la lecture, en espérant que je réussisse à finir avant l'heure du repas. Normalement, vu que le texte est court, cela devrait le faire.

Citation :
Jemril, Seronn et Vhondé purent se concerter.
"se concertèrent", mais j'ajouterais que ce début de chapitre manque cruellement de description... à la fois d'environnement mais aussi psychologique. A voir donc si ce premier paragraphe ne mériterait pas une chtite extension, même si l'aspect psychologique des intervenants peut trouver son espace dans le corps du chapitre...

Citation :
Les soldats bilipossiens semblaient se moquer éperdument
y a pas un contre sens entre ses deux termes... soit, ils semblent s'en moquer mais en fait les écoute pour obtenir des renseignement soit ils s'en moquent éperdument, et dans ce cas, pas de questions à se poser. Je trouve que l'un des deux termes est en trop pour la compréhension globale de la phrase.

Citation :
Ils avaient le nombre,
un peu plus que cela, y en a deux de trop... ça pourrait les inquiéter au contraire, surtout l'homme armé.

Citation :
– Vhondé, il faut qu’on parle, commença Jemril.
"attaqua", parce que c'est pour le moins une entrée en matière agressive.

Citation :
Mais le Tilmandjo avait eu le temps depuis sa conversation avec Seronn,
aussi avait-il soigneusement préparé ses arguments pour la manipuler.
phrase à reformuler parce qu'à la lecture, je me suis demandé, mais le temps de quoi ??? je te soumets un truc du genre : "Mais, depuis sa conversation avec seronn, le Tilmandjo avait eu le temps de préparer soigneusement ses arguments pour la manipuler." recherche de concision, accessoirement... et pis le "soigneusement arguments" sonne pas terrible.

Citation :
et il s’avère que par un miracle que
je ne m’explique pas
ouhh, ouhhh, ouhhh, dialogue à reformuler, les éléments sont décousus... ou alors le personnage est sous le coup d'une brusque émotion, et en ce cas, il faut le préciser.

et... heuu.... ça manque toujours de descriptif.
Citation :

tu n’as plus de foyer. Or j’ai un moyen
"Or, j'ai"

Citation :
Je suis Tilmandjo. Le général Osterren est mon frère. Depuis sa
disparition subite, Tilmand est en proie à de violentes luttes intestines. Or
Seronn
sait où Osterren est retenu prisonnier.
un peu trop de verbe "être" à mon gout en trois phrases, mais bon...

Citation :
– Mes chers amis, ne pensez-vous pas que le moment soit mal choisi pour
vos joutes verbales dignes de jeunes enfants querelleurs ? demanda
sereinement Seronn.
Justement, un peu trop sage pour du Seronn.

Citation :
nous ne voulons pas te laisser derrière,
"en arrière", si non, ça peu porter à confusion.

Citation :
en lui chantant une comptine apaisante
tu t’essaies aux rimes... ça tombe bien, au vu de la nouvelle disposition du texte...

Citation :
Gêné face à cette démonstrativité
"par cette", t'es certain que le grand mot de cette phrase existe réellement, ou ce n'est qu'un anglicisme de "demonstrativeness".

Citation :
Vhondé finit par se calmer
pas beaucoup d'infos dans cette phrase un peu pauvre... non... "Vhondé se calma après que..."

Citation :
se libérer… pour avoir aller libérer Osterren
entre la répétition et la formulation, c'est une catastrophe. à reformuler.

Citation :
et au bout de quelques
jours, il commença à désespérer
...
Après une semaine à chercher vainement la faille, Jemril commença à
désespérer
.
je trouve cette répétition vraiment malhabile, à reformuler.

Citation :
leurs prisonniers afin de les
empêcher de communiquer avec quiconque
concision : "les prisonniers afin qu'ils ne communiquent avec quiconque".

Citation :
Mais face aux mines fermées des soldats, ils gardèrent
encore concision : "les mines fermées des soldats les gardèrent à distance"

Citation :
alors que son cœur
s’était brusquement mis à battre la chamade.
"alors que son coeur battait la chamade" suffirait à décrire cela avec un peu plus de concision.

Citation :
de regarder ailleurs que vers Seqeral.
inutile à la compréhension globale de la phrase...

Citation :
Pourtant,
il ne le quitta pas du coin de l’œil
bon, y regarde ailleurs ou pas ??? à voir.


Globalement très sympa à lire, reste que je trouve que tu vas un peu vite en besogne, c'est trop court par manque de développement et de description.
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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 16 Fév - 20:41

Merci pour l'avis ! Suite... euh... la prochaine fois !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Mer 26 Déc - 21:12

Vous pouvez relire l'histoire pour vous la remettre en mémoire, la suite arrive ce soir...

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Mer 26 Déc - 22:09

Et c'est reparti pour un tour ! Ça va être chaud, mais j'aimerais bien conclure cete histoire pour la fin de l'année...



L’enthousiasme de Jemril à l’idée de leur libération prochaine par Seqeral disparut lentement, eu fur et à mesure que les jours passaient et que rien n’arrivait. Des doutes vinrent le tarauder : et si le vieux Seqeral avait finalement décidé que le temps de la guerre était révolu pour lui ? Et s’il s’était installé dans ce village pour y jouir d’une paisible retraite bien méritée après une vie replie de combats incessants ?

Jemril n’avait pas pris le risque d’informer Vhondé et Seronn de cette rencontre muette avec son ancien subordonné, afin de ne pas leur donner de faux espoirs. Et il avait également peur que ses compagnons ne soient pas capables de contenir leurs espoirs de libération. Cela aurait à coup sûr mis la puce à l’oreille de leurs ravisseurs, qui auraient dès lors resserré leur surveillance.

C’est par une belle fin d’après-midi, dont seul un Seronn perdu dans de joyeuses pensées profitait pleinement, que les choses se précipitèrent.
Les voyageurs parcouraient un paysage vallonné, et alors que la prochaine hauteur se rapprochait à grands pas, Jemril nota avec intérêt que les hommes de tête se livraient à un conciliabule avec leur chef. Les gestes trahissaient tension et nervosité. S’il ne put saisir les paroles échangées, il fut aussitôt aux aguets.
– Deux heures ? Cela fait deux heures que nos éclaireurs ne sont pas réapparus ? s’enquit le chef des gardes auprès de son plus proche subordonné.
– Oui. Il est possible qu’il se passe quelque chose. Dois-je en envoyer d’autres en avant ?
– Oui. Double leur nombre, cette fois-ci : envoies-en quatre.
Ainsi fut fait, et les cavaliers désignés se hâtèrent vers le sommet de la colline suivante, avant de disparaître de la vue du gros de la troupe.

Ils ne furent pas longs à réapparaître, au galop.
– Nous sommes encerclés, chef ! cria l’un d’eux.
– Quoi ? Comment est-ce possible ? Par qui ? Nous sommes approximativement à la frontière bilipossienne, qui pourrait bien avoir l’inconscience de nous attaquer ici ?
– Je l’ignore, mais ils sont nombreux. Bien plus que nous. Ils convergent vers nous des quatre points cardinaux. Nous n’avons aucune échappatoire !
Le chef des gardes bilipossien se demanda tout de même s’il n’allait pas tenter le tout pour le tout et tenter de déborder l’ennemi en lançant ses chevaux au galop. Si ses hommes se sacrifiaient pour protéger sa fuite, il pourrait peut-être passer avec ses prisonniers. Mais il comprit vite qu’un tel espoir était vain. Les chevaux qu’ils montaient n’étaient pas des chevaux de course musculeux, taillés pour la vitesse, mais des chevaux de guerre, lourds et inébranlables.
Son inquiétude ne connut plus de borne quand l’ennemi apparut sur les hauteurs. La troupe s’avança vers eux au pas, sûre de sa force. Avec raison, reconnut-il avec amertume. Il comprit à qui il avait affaire en voyant les habits des nouveaux venus. Certes, leurs tenues étaient disparates, mais plusieurs couleurs proches les unes des autres dominaient : lavande, violet, fuchsia et… mauve. Mauve comme dans la légion du même nom, l’armée royale de Tilmand, ennemi héréditaire de Bilipossa et de Lacteng. Une armée qui aurait dû cesser d’exister, avec la guerre civile qui faisait rage dans ce royaume. Que faisaient donc ces guerriers ici ? Ils n’étaient en aucun cas assez nombreux pour envahir Bilipossa.

Deux émissaires s’avancèrent. Jemril fut soulagé de les reconnaître : Delental, qu’ils avaient croisé dans le village de Venel sous l’identité du forgeron local, et Seqeral, le vieux guerrier, l’un des conseillers importants d’Osterren en son temps. Ce fut ce dernier qui prit la parole d’un ton sec.
– Vous avez deux options, Bilipossiens. Soit vous libérez vos prisonniers et vous restez en vie, soit vous les tuez et vous y passez aussi. Vous choisissez quoi ?
Jemril se retint de sourire. Seqeral, Seqeral ! Parmi les conseillers de son frère, il avait toujours été le plus paranoïaque, le plus dur, toujours prêt à mener une guerre préventive pour garantir la sécurité de Tilmand.
– N’accomplissez pas votre devoir au-delà du raisonnable, quels que soit vos ordres, ajouta Delental. Tuez vos otages et vous mourrez sur-le-champ. Laissez-les en vie et vous aurez au moins gagné un sursis.
Le chef des gardes était partagé. Bien entendu, il avait parfaitement conscience que sa reine le mettrait à mort s’il relâchait ses prisonniers. Mais d’un autre côté… comme l’avait souligné le second intervenant, rester en vie était le plus important. Dans le pire des cas, Galéir était vaste. Il pourrait toujours refaire sa vie ailleurs si le besoin s’en faisait sentir.
– Laissez-les partir, soupira-t-il.
Il fut soulagé de constater qu’aucun de ses hommes ne s’interposa au passage des trois prisonniers. Mais son inquiétude reprit vite le dessus en entendant le vieux guerrier demander froidement à l’un des ex-prisonniers :
– On les massacre, Jemril ?
– Non, répondit l’interpellé. Nous avons autre chose à faire. Qu’ils aillent aux diables !

Jemril eut droit à des vivats. L’enthousiasme de ses troupes était palpable. S’il le leur avait demandé, ils auraient tous filés droit sur la capitale de Tilmand pour la reprendre de force. En ce qui le concernait, il ne voulait pas entendre parler de guerres ni de conquêtes. Tout ce qu’il avait en tête était de libérer son frère. Et peu lui importait que celui-ci fût le seul homme capable de mettre un terme aux désordres qui agitaient Tilmand. Les liens familiaux étaient mille fois plus importants que Jemril que la politique, qu’il méprisait.

Tandis que les Bilipossiens quittaient les lieux la queue entre les jambes, Jemril procéda aux présentations :
– Voici Seronn. C’est un illuminé et pire, un Lactengais. Ignorez-le, cela vaudra mieux pour tout le monde.
– Voilà qui n’est guère gentil, mon ami, intervint le sus-nommé.
– Et je vous présente…
La colère brilla dans les yeux de Jemril quand ils se posèrent sur Vhondé. Menteuse et ennemie héréditaire de son peuple, rien de moins. Difficile de se débarrasser d’une haine aussi tenace qu’ancestrale. Pourtant, il se redressa sur sa selle et prit un air solennel pour conclure sa phrase :
– … la princesse Vhondé de Lacteng. J’ordonne qu’elle soit traitée avec tous les honneurs dus à son rang de membre de la haute noblesse. J’ouvrirai moi-même le crâne de quiconque oserait lui manquer de respect, c’est assez clair pour vous ?
Seule une légère brise qui se leva à ce moment osa répondre.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 27 Déc - 0:34

Dommage, je ne pourrai pas lire avant quelques semaines... rappelle le moi lorsque je reviendrai par ici d'ici un mois au cas ou j'ai oublié.
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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 27 Déc - 10:06

Normalement d'ici là, j'aurai même fini de l'écrire ! Comme ça tu auras tout sous le coude.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Jeu 27 Déc - 14:20

Tu ne chômes pas mon bon Minos!
Comme pour le reste, je lirai dès que possible. Very Happy

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Ven 28 Déc - 13:01

Scène suivante...


Seqeral et Delental prirent Jemril à part pour tenir un conseil de guerre.
L’ancien forgeron de Venel dit :
– Je suis ravi que tu aies changé d’avis, Jemril. Avec toi à notre tête, nous allons pouvoir rallier tous les partisans dispersés d’Osterren et marcher sur Tilmand. Nous allons ramener la paix sur notre pays !
– Pas question, rétorqua Jemril.
– Tu veux dire que tu ne nous as fait venir que pour sauver ta peau ? demanda Seqeral d’un ton sec.
– Parle-moi sur un autre ton, vieux débris.
Le vieux débris en question se crispa sur sa selle : le général qu’il était, guerrier de toute une vie, n’aurait pas eu le moindre mal à briser la nuque de Jemril s’il l’avait voulu.
– Seronn, Vhondé, venez nous rejoindre ! cria Jemril.
– Mais… tu l’as dit toi-même, cette fille est princesse du Lacteng, c’est une ennemie mortelle ! s’étonna Delental.
– Elle ne l’est plus, elle a été répudiée par son père. C’est ce qui fait qu’elle peut nous servir aujourd’hui, en tant qu’alliée.
Dès que ses deux amis les eurent rejoints, il reprit :
– Aucun de nos agissements ne sera caché à mes compagnons, est-ce clair ? Delental ? Seqeral ?
Les deux généraux acquiescèrent du bout des lèvres, renfrognés.
– Bien, nous allons pouvoir avancer. Mener une guerre ne m’intéresse pas, d’autant que je n’ai pas les compétences stratégiques et tactiques qu’il faut pour aller avec.
– Je ne suis pas d’accord, intervint Seqeral. Comme d’habitude, tu caches ton jeu, Jemril.
– Je crois surtout que tu me surestimes, Seqeral. Et puis je déteste la politique…
– Qu’est-ce que tu comptes faire, alors ? demanda Delental.
– Je veux que vous envoiyez des éclaireurs dans tous les villages des micro-royaumes. Je veux que tous les partisans d’Osterren partis en exil se regroupent autour de nous. L’heure du retour de la Légion Mauve a sonné !
– Je ne comprends pas, fit Seqeral. Tu veux que notre armée se remette en ordre de bataille mais tu ne veux pas marcher sur notre capitale. Si tu as l’intention de m’adouber – ou Delental – en tant que Général en Chef pour succéder à Osterren, sache que ça marcherait pas : nous ne sommes ni l’un ni l’autre assez connus, assez charismatiques pour être aveuglément suivis par notre peuple. Toi seul peux remplir ce rôle aujourd’hui, Jemril !
– Faux, tu oublies le plus important. Dis-leur ce qu’il en est d’Osterren, Seronn.
Tous se tournèrent vers le Lactengais. Assis en tailleur dans l’herbe, il était occupé à composer un bouquet de petites fleurs en sifflotant doucement.
– Seronn, fils d’imbécile ! Debout, viens ici tout de sutie ! fulmina Jemril.
– J’arrive, mon ami. Veuillez me pardonner, je suis comme Jemril : je ne m’intéresse guère à la politique, avoua-t-il avec un sourire contrit.
Les yeux de Jemril lancèrent des éclairs et Vhondé réprima un sourire en voyant les têtes offusquées de Delental et Seqeral.
Jemril respira profondément pour se calmer, et dit :
– Répète-leur ce que tu m’as dit à propos d’Osterren.
– Je l’ai rencontré il y a quelques mois. Un homme au demeurant fort sympathique, et qui a vécu des aventures formidables. Il m’a raconté qu’un jour, il a…
– On s’en moque, coupa Jemril. Nous connaissons tous ses exploits, nous y avons assistés. Viens-en au fait, parle-nous de ce qui lui est arrivé !
– Il a été fait prisonnier par un gardien des eaux, dans le lac de Genied. Il n’a eu que le temps de me faire monter à cheval et de le lancer au galop pour me mettre en sécurité. Il a ensuite affronté le gardien… mais tous deux ont disparu dans les profondeurs.
– Qu’est-ce qui nous prouve qu’il est en vie ? Après tout, le gardien aurait tout aussi bien pu se contenter de le noyer, fit remarquer Seqeral.
– Je ne pense pas, reprit Seronn. Juste avant de l’emmener sous l’eau, le gardien lui a dit qu’il avait besoin de lui en tant qu’otage.
– Mais dans quel but ? demanda Delental.
Seronn haussa les épaules, et Jemril reprit la parole.
– Donc voici le plan : direction le lac de Genied pour libérer Osterren. Tous ses partisans doivent s’y rendre. Une fois libéré, il reprend la tête du pays et la paix revient. Des questions ?
– Quel que soit notre nombre, nous serons impuissants à combattre un gardien des eaux, observa Seqeral. Pour cela, nous avons besoin du concours d’un mage.
– Tu en as un sous le coude ? demanda Jemril.
– Non. J’en ai rencontré plusieurs au cours de ma vie, mais j’ai beau me creuser la cervelle, je n’en vois aucun susceptible de nous aider.
– Bon. Pendant que nous allons là-bas, vos hommes qui rassembleront l’armée auront également pour mission de nous dénicher un mage maîtrisant l’élément Eau. Au travail ! Osterren nous attend !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Dim 6 Jan - 0:41

Et voici la partie suivante. Petit à petit, l'histoire avance vers son terme. Comme j'essaie de prendre de bonnes résolutions en matière d'écriture, je vais tâcher de finir d'écrire cette histoire avant de passer à autre chose. On verra combien de temps je tiendrai ! Razz



Tout en cheminant vers le lieu où son frère était retenu prisonnier, Jemril organisa la troupe qu’il dirigeait. Il divisa son armée – ou future armée – en deux : une qui l’accompagnerait dans sa quête du Général en Chef de la Légion Mauve, et l’autre qui rentrerait au pays. Une fois rentrés à Tilmand, ses partisans avaient ordre de battre le rappel des soutiens d’Osterren et de faire acheminer des vivres pour sa propre troupe. À titre personnel, piller les villages traversés ne l’aurait pas ému plus que cela, mais la situation était bien différente aujourd’hui : il était le représentant du Général, garant de sa réputation. Ses hommes ainsi que lui-même se devaient d’être irréprochables.
Jemril fut impressionné par le nombre de Tilmandjos qui le rejoignirent. Non seulement une grande majorité de vétérans se rallièrent à lui, mais également de nouveaux partisans. Ces derniers étaient las de la guerre civile, dont ils avaient tous souffert à divers degrés. Apprendre qu’Osterren était en vie leur donna courage et espoir. Le pays avait besoin d’un dirigeant emblématique et reconnu de tous, et il était le seul à remplir ces conditions.
De deux cents hommes, la troupe passa à un demi-millier d’éléments en seulement quelques jours. Des émissaires issus d’autres factions tilmandjos prirent contact, menaçants ou inquiets face à cette force aussi puissante que nouvelle qui venait d’apparaître dans le tableau. Jemril fut intraitable et refusa de négocier : ceux qui s’opposeraient à lui seraient éradiqués, ceux qui choisiraient une prudente neutralité s’arrangeraient – ou tenteraient de le faire – avec Osterren après son retour. Quant aux troupes qui décidaient de le rejoindre, elles étaient accueillies à bras ouverts.

Un ambassadeur bilipossien prit également contact, à la tête d’une courte délégation de soldats. Il arborait l’universel drapeau blanc et enjoignit Jemril et les siens à accélérer l’allure pour quitter les abords des frontières bilipossiennes. Sinon, les représailles de la part de sa reine seraient terribles. Sur un signe de Jemril, l’un de ses archers planta une flèche dans l’œil de l’ambassadeur. Il laissa partir les autres, leur promettant quoi qu’il arrive la guerre avec Bilipossa. Leur reine était à l’origine de la conspiration ayant permis d’écarter Osterren, elle en paierait le prix fort.

Quelques jours plus tard, un bataillon lactengais fit son apparition à son tour. Ils furent étonnés de voir l’un des suivants de Jemril les accueillir avec chaleur, tout content de voir des compatriotes. Seronn. La tentation de demander à son archer de s’en occuper à son tour titilla Jemril, mais il parvint à se retenir. Comme son homologue et ennemi bilipossien, le ton du Lactengais fut menaçant. Les deux ennemis héréditaires de Tilmand semblaient décidés à profiter de la faiblesse du pays pour le rayer de la carte.
Jemril n’était pas dupe. Les uns comme les autres étaient surtout inquiets et n’osaient pas bouger. Bien entendu, Lactengais ou Bilipossiens auraient pu essayer de s’emparer de Tilmand et y seraient sans doute parvenus, mais investir des troupes dans une telle conquête aurait dégarni leurs frontières, les laissant à leur tour à la merci d’une invasion. Cela n’aurait pas été la première fois. Depuis des centaines d’années, les trois micro-royaumes de Bilipossa, Lacteng et Tilmand étaient les – relativement – grandes puissances de la région, les alliances s’y faisaient et s’y défaisaient facilement, au gré des montées en puissance ou des moments de faiblesses des uns ou des autres.
En l’occurrence, Jemril avait vite compris qu’une alliance lactengo-bilipossienne était impossible, aucun des deux ne voulant partager le gâteau avec l’autre. Cela ne pouvait que servir le frère du Général : tant que ses ennemis resteraient désunis, il avait une chance de remettre Osterren en selle.
Cette fois-ci, l’ambassadeur partit en vie. Jemril fit amener Vhondé et affirma sans vergogne que l’héritière légitime du trône du Lacteng s’était ralliée à ses côtés, et que le moment venu, Osterren marcherait à ses côtés pour lui rendre la place qui lui revenait de droit. Le visage du Lactengais perdit alors toute couleur et il prit rapidement congé.

La petite armée progressait moins vite que ne l’aurait souhaité Jemril, par la faute de Vhondé. Sa grossesse arrivait bientôt à terme, et faire du cheval dans son état était une torture de tous les instants. Tout le monde se rendait compte qu’elle souffrait, mais aucune plainte ne franchit jamais de ses lèvres serrées. Les Tilmandjos l’épiaient du coin de l’œil et en venaient à espérer qu’elle craque enfin : à cause d’elle, leur train était ridicule, alors qu’ils avaient leur Général à sauver. Seqeral s’en ouvrit discrètement à Jemril, qui l’envoya paître sèchement :
– Pas question de la laisser en arrière. Si elle s’arrête, je m’arrête aussi.
Tous deux savaient que Seqeral n’avait pas l’autorité nécessaire pour fédérer la troupe. Seul Jemril avait ce pouvoir. Puisqu’il avait décidé que la princesse du Lacteng les accompagnerait, elle les accompagnerait. Il n’y avait pas à sortir de là. Seqeral avait vu grandir Jemril et connaissait son entêtement : personne ne lui ferait changer d’avis.
De son côté, Seronn tenait compagnie à Vhondé. Il lui fredonnait des airs lactengais, lui parlait de tout et de rien. Qui ne le connaissait pas aurait pensé qu’il cherchait à détourner son attention de ses douleurs. Jemril ne le croyait pas une seconde assez subtil pour procéder de la sorte, mais y vit un heureux hasard. Lui-même ne pouvait pas trop s’attarder auprès d’elle. D’une part, il irritait déjà suffisamment ses hommes à la choyer à distance ; d’autre part, il s’inquiétait sincèrement pour elle et s’en voulait de ne pas réussir à la considérer comme l’ennemie qu’elle était censée être. Il se serait fait arracher la langue plutôt que de l’admettre à voix haute, mais qu’il le veuille ou non, elle était une amie.
Pendant une paire de jours, en plus de réconforter sa princesse, Seronn fut occupé à évider et à tailler un bout de bois long comme deux mains. Le soir suivant, alors que les Timandjos s’affairaient à préparer le campement et que Vhondé, épuisée, somnolait déjà, un cri de joie de Seronn la tira de son état cotonneux.
– Que t’arrive-t-il ? demanda-t-elle tandis que plusieurs autres, dont Jemril, se rapprochaient.
– Je viens de terminer, regarde, répondit-il, fier comme pas deux.
Une flûte grossière reposait dans le creux de ses mains.
– Et qu’est-ce que tu vas nous jouer ? fit Vhondé, qui appréciait de plus en plus ce personnage, certes déconcertant mais également touchant.
– Tu vas voir ! s’exclama Seronn en mettant son instrument de musique en bouche et en soufflant dedans.
Aucun son n’en sortit. Les Tilmandjos ne se privèrent pas de rire à ses dépens avant de s’éloigner en ricanant. Jemril resta muet bien qu’irrité en son for intérieur, aussi bien contre le mépris patent dont faisaient montre ses hommes que contre la bêtise sans limite de son compagnon de voyage.
– Pas tout à fait au point, commenta Vhondé en souriant.
– Je t’assure que si, répondit Seronn en reprenant de plus belle.
Il « joua » longtemps, avant de s’arrêter et de lever les yeux vers le ciel rempli d’étoiles.
– Ça y est ! s’exclama-t-il, tirant le camp de sa quiétude qui coulait doucement vers un sommeil réparateur.
Quelques hommes se redressèrent de leurs couches et s’agitèrent en percevant des battements d’ailes. Quand un volatile émergea de l’obscurité pour se poser sur l’épaule de Seronn, l’incrédulité s’abattit sur l’ersatz d’armée mauve.
– C’est quoi, ce truc ? Une poule ? demanda l’un.
– Imbécile, les poules ne volent pas ! rétorqua un autre.
– Si c’est un aigle, il est plutôt petit, dit un troisième.
Seqeral avait été témoin de bien des choses étranges au cours de sa longue vie. Il sentit son cœur battre plus vite et balbutia sur un ton de crainte révérencieuse :
– C’est… un piminomo !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Dim 6 Jan - 11:13

Voilà déjà la suite ! J'ai suivi le plan que j'avais en tête depuis longtemps, mais je trouve que cette scène part peut-être un peu trop en sucette... à voir !


Piminomo ! On racontait qu’en des temps anciens, les Piminomos étaient l’espèce dominante sur Galéir. Que parmi ces oiseaux de proie hors du commun, espèce intelligente douée de parole, certains avaient une grande maîtrise de la magie élémentaire, voire même qu’ils l’avaient inventée. Et qu’au fil des siècles, ils s’étaient fait de plus en plus rares, se retirant du monde au fur et à mesure que de nouvelles espèces s’imposaient aux quatre coins de la planète. Rares étaient ceux qui pouvaient se vanter d’en avoir rencontré.
– Tu es fou, Seqeral ! commenta Delental. Les Piminomos ne sont qu’une légende !
– S’il y a bien quelqu’un ici capable de rencontrer des légendes, c’est Seronn, aucun doute là-dessus, intervint Jemril, qui savait depuis longtemps qu’avec son compagnon, il fallait s’attendre à tout.
– Je vous présente Talcaminanècqeterès, dit Seronn, tout sourire. C’est un ami.
Le volatile, indifférent à tous les regards braqués sur lui, se lissa consciencieusement les plumes. Il redressa ensuite la tête, observa son public médusé. De son bec crochu, une voix grave s’éleva :
– Et alors, les jeunes, vous n’avez pas entendu Seronn ? Dire bonjour vous arracherait la gorge ?
Des murmures inquiets, parfois au bord de la panique, s’élevèrent dans les rangs de l’armée mauve. Jemril, lui, éclata de rire. Une fois de plus, Seronn avait rabattu son caquet à ses détracteurs, et de la plus belle des manières : la sienne, qui n’appartenait qu’à lui. Recouvrant son sérieux, le frère d’Osterren s’approcha et s’inclina bien bas en guise de salut.
– C’est un honneur de faire votre connaissance, Maître du Vent, dit-il.
– Honneur partagé, mon garçon.
Vhondé, handicapée par son état, se fendit d’une révérence maladroite et serait tombée si Jemril ne lui avait prêté un bras secourable pour la soutenir. Des marmonnements de bienvenue indistincts s’élevèrent parmi les soldats, comme s’ils redoutaient d’attirer l’attention sur eux.
– Princesse Vhondé du Lacteng, je suis honoré.
Toute à la magie de l’instant devant cette créature mythique, Vhondé ne releva pas que le Piminomo connaissait son identité.
– Moins que moi, Maître Talc… amin… euh… Pardonnez-moi, je n’ai pas bien saisi votre nom.
– Talcaminanècqeterès, rappela Seronn.
– Seronn s’est entraîné une journée entière pour le retenir, expliqua le Piminomo en roulant les yeux au ciel. Il serait certes amusant de vous voir faire la même chose, tous autant que vous êtes, mais je vais vous faciliter la tâche : vous pouvez m’appeler Talca.
– Seronn, bougre d’âne bâté ! Comment diable connais-tu un Piminomo ? demanda un Jemril émerveillé.
– En fait c’est Talca qui est venu à moi. Il a atterri un jour dans la cour de ma ferme, parmi mes poules. Je n’y ai pas assisté mais quand je les ai comptées pour vérifier qu’elles étaient toutes là, il s’est avéré que j’en avais une de trop. Pour débusquer l’intruse, je les ai bien regardées une à une, les mettant de côté au fur et à mesure que je les identifiais par leur nom.
– Tu donnes des noms à tes poules ? demanda Delental, sidéré.
– Pourquoi est-ce que ça ne m’étonne guère ? fit Vhondé.
– Oui. Et c’est ainsi que j’ai trouvé Talca. Il m’a expliqué par la suite qu’il enquêtait sur les agissements d’un certain Laenn-Boer, qui…
– Seronn ! coupa le Piminomo.
– Oui, pardon, j’oubliais que ça doit rester secret. Il a suivi une piste de magie tellurique qui l’a conduit à mon père et…
– Seronn !
– Ah oui, désolé. Enfin bref, nous sommes devenus amis, et il m’a dit que si un jour j’avais besoin de son aide, il faudrait l’appeler grâce à ce type de flûte en bois que j’ai fabriqué. Ça envoie des mégasons.
– Ultrasons, corrigea Talca.
– Pourquoi est-ce que tu n’as pas demandé son aide quand Osterren a été fait prisonnier ? demanda Jemril.
– Je l’ai fait. Mais Si Talca était prêt à l’affronter, il ne voulait pas s’attaquer à Sss-Sss.
– Sss-Sss ?
Le Piminomo continua.
– Je suis un Maître du Vent, mais j’ai également des notions de magie concernant les autres éléments. En l’occurrence, il faut connaître celle de l’élément Eau pour espérer venir à bout d’un gardien des eaux. Je devrais en être capable mais pour cela, il me faut méditer longtemps afin de rassembler mes forces. De plus, ceux qui lancent des sortilèges pour créer des prisons aquatiques ne prennent pas de risque : en plus d’un gardien magique, il n’est pas rare qu’ils installent un geôlier physique. En l’occurrence, Sss-Sss.
– C’est moi qui lui ai donné ce nom, reprit Seronn, car c’est le bruit qu’il fait avec sa bouche. Je trouve que ça va très bien à ce serpent géant.
– Un serpent géant, répéta Jemril, pensif. Voilà qui risque d’être intéressant.
– Je suis un être de magie, dit Talca, ce qui a son revers de la médaille : je suis impuissant contre les gros êtres physiques, surtout quand ils sont aussi imposants qu’un serpent géant.
– Du coup, dit Seronn, j’ai dû renoncer à libérer Osterren, mais je m’étais dit que le jour où j’aurais la possibilité de le faire, je reviendrai pour l’aider. Par un heureux hasard, nous nous sommes rencontrés, Jemril, et te voilà aujourd’hui animé de la même volonté que moi de libérer Osterren, qui plus est à la tête d’une petite armée. J’espère que vous viendrez à bout de Sss-Sss.
Jemril, hilare, donna une si grande claque dans le dos de Seronn que celui-ci faillit tomber.
– Les fous ont l’air normal à côté de toi, Seronn ! Mais je crois qu’en fin de compte, je t’aime bien !

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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Lun 7 Jan - 11:54

Hop, on avance, on avance. Et il y aura un nouveau morceau d'ici ce soir...


Ils cheminèrent encore quelques jours parmi les plaines vallonnées de la région. Une ultime colline franchie, le lac de Genied s’étala enfin devant leurs yeux.
La tension monta d’un cran dans les rangs. Un ciel dégagé, pas la moindre once de vent. Tout était calme. Trop calme. Jemril fut le premier à trouver ce qui clochait :
– Il règne un silence… inquiétant.
– Oui, c’est bizarre, renchérit Seronn. Jusqu’à maintenant, on entendait des chardonnerets, des mésanges, des rouges-gorges, des… Aïe !
Un coup de bec de Talca, posé sur son épaule, mit fin à la liste qui promettait d’être interminable.
– Qu’est-ce que tu fais ? demanda le Lactengais au Piminomo.
– Il m’avait semblé voir un pou.
– Vraiment ? Je devrais me laver les cheveux, alors. Je m’en voudrais d’être à l’origine d’une épidémie parmi…
– Oublie cela, soupira Talca. Tu pourras plonger tout ton soûl dans le lac… une fois tout danger écarté.
– Tu as parlé d’un serpent géant, Seronn, fit remarquer Seqeral. Pourtant on n’en voit nulle trace. Il s’en est peut-être allé…
– Le seul endroit où il puisse se cacher, c’est le lac, dit Delental.
– Reste donc à le faire sortir de là, conclut Jemril. Il nous faut un plan d’action. Nous combattrons à distance, à l’aide d’arcs ou d’arbalètes. Seqeral, envoie une équipe dans la forêt que nous avons longée avant-hier. Il nous faut des centaines de flèches, ainsi que des arcs pour tout le monde.
– On ne fabrique pas des arcs aussi simplement que cela, Jemril !
– Je ne veux pas le savoir ! Il nous en faut, point. Débrouille-toi. Osterren nous attend, son absence n’a que trop durée !
Tandis que Seqeral s’éloignait en maugréant, Seronn tenta lui aussi d’apporter son aide :
– Dans une ville dont j’ai oublié le nom, j’ai vu des capat… des tapalctures… des gros trucs en bois qui font levier.
– Catapultes, corrigea l’ancien forgeron Delental. J’en ai déjà vu aussi et je me suis intéressé à leur concept. Mais ce n’est pas une arme familière des Tilmandjos. Je devrais pouvoir en construire, du moins en théorie, mais sans garantie d’efficacité. Avec du temps devant moi, je devrais pouvoir arriver à quelque chose.
– Nous ne l’avons pas, trancha Jemril. Des idées, messire Talca ?
– Aucune, je n’ai pas de compétences concernant la guerre physique.
– En tant que Maître du Vent, ne pourriez-vous pas faire s’envoler au loin le serpent ?
– Bien entendu. Et après, je remplace le soleil par l’une des trois lunes ?
Jemril se rembrunit. Il détestait se faire remettre à sa place, surtout pour avoir prononcé des incongruités. Il fallait croire que Seronn déteignait sur lui…
– Je serais curieux de voir cela, commenta justement Seronn, des étoiles dans les yeux.
Talca choisit de l’ignorer et précisa à Jemril :
– Il va me falloir des heures voire des jours pour accumuler de la magie. Je veux être à la hauteur face au gardien des eaux, ce qui ne sera pas une mince affaire. Si je devais d’abord utiliser ma magie pour envoyer le serpent au loin – ce qui me semble plutôt utopique, l’animal pesant des dizaines de tonnes –, mes réserves seraient épuisées pour des semaines. Le temps d’être à nouveau opérationnel pour combattre le gardien des eaux, le serpent aurait dix fois le temps de revenir.
– Je comprends.
– J’affronterai le gardien des eaux, mais se débarrasser du serpent sera de votre ressort. Sur ce, je vous laisse. Je dois entrer en profonde méditation pour accumuler des forces. Qu’on ne me dérange pas ni ne s’inquiète de ne pas me voir bouger, même pendant plusieurs jours.
– Entendu.

Tandis que Jemril réfléchissait, ses yeux tombèrent sur Vhondé. Harassée, un masque de souffrances sur le visage, elle s’était allongée au sol, une main sur son ventre rebondi. Le Timandjo se tourna vers ses hommes et explosa :
– Dites donc, bande de bons à rien ! Vous ne voyez pas que la princesse est à bout ? Amenez-lui des couvertures, trouvez du bois pour lui construire un abri au cas où il pleuvrait, faites un feu, donnez-lui à manger et que quelqu’un s’y connaissant en grossesse ne quitte pas son chevet !
Tandis que ses hommes s’égaillaient, Seronn s’assit près de Vhondé, lui prit la main et lui murmura des paroles rassurantes.
Jemril soupira et pria pour que les préparatifs en vue de la bataille ne s’éternisent pas. Plus vite son frère serait libre, plus vite lui-même retrouverait sa liberté.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   Lun 7 Jan - 20:58

Par-ici aussi, je commence à avoir du retard. Faudra que je trouve le temps de tout relire. Mais, ne t'inquiète pas, mon bon Minos, je ne t'oublie pas! Very Happy

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MessageSujet: Re: Pérégrinations III : le Général en Chef de la Légion Mauve   

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