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 Pérégrinations II : la déesse

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Minos
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MessageSujet: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 14:39

Allez, on arrête de larver ! À moi les projets pléthoriques ! L'escalade de la montagne de projets reprend ! Et rien de tel pour commencer que créer un nouveau texte, comme si y'en avait pas assez sur le feu !

Introduction


Adossé au balcon, Jemril surplombait la cité prospère. En contrebas, les gens allaient et venaient, qui à pied, qui à cheval, qui en chariots. Une véritable fourmilière soulignant l’activité incessante d’Imartel, la Ville Bénie. Le brouhaha diffus qui parvenait jusqu’aux oreilles de Jemril avait un côté rassurant, sourde mélopée s’apparentant à une berceuse pleine de quiétude. Tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Il perçut l’arrivée de Lamal avant même de le voir. Outre ses bottes ferrées qui claquaient fièrement sur le sol pierreux, le lourd parfum capiteux dont il adorait s’asperger contribua également à l’annoncer. Jemril tourna la tête et sourit intérieurement en voyant le bandeau de soie qui cachait les cheveux de Lamal.
Celui-ci se voulait et se voyait beau, aussi avait-il beaucoup de mal à admettre qu’il ne pouvait pas lutter contre sa calvitie. Il avait été jusqu’à consulter vainement de soit-disant mages aux remèdes miracles... et très chers. Las ! Rien n’y avait fait, au grand désespoir du mercenaire. Il avait fini par se résoudre à cacher sa chevelure clairsemée sous un bandeau finement ouvragé. La plus grande peur de Lamal était que la moustache tombante qu’il arborait fièrement depuis si longtemps ne tombe à son tour.
– Le temps est venu, Jemril, fit Lamal sur un ton contenu, presque hypnotique.
Jemril haussa un sourcil, étonné. Lamal parlait toujours d’une voix forte. Il allait interroger son ami quand son attention fut détournée par des cris venant de la ville à ses pieds.
La fière cité était en feu. Partout où il posait son regard, Jemril ne vit que flammes et épaisses volutes de fumée montant vers le ciel. Les habitants hurlaient sous la morsure de cet ennemi qu’ils ne pouvaient combattre, les bâtiments mortellement atteints s’écroulaient les uns après les autres.
La terreur s’empara d’un Jemril tétanisé. Un chuintement à ses côtés lui fit reporter les yeux vers Lamal. Ses traits étaient en train de fondre, son corps se déformait, s’affaissait sur lui-même. Il prononça quelques mots d’une voix horriblement déformée :
– C’est la fin.
Jemril sentit le palais trembler sous ses pieds. Un terrible craquement fut suivi de l’écroulement de pans entiers du vénérable édifice. Le balcon sur lequel il se tenait bascula à son tour dans le vide, entraînant un Jemril hurlant vers la mort.

Jemril criait toujours quand il se redressa de sa couche rudimentaire, les yeux fous, tremblant et en sueur. Dans le ciel nocturne scintillait des centaines d’étoiles. De l’autre côté du maigre feu de camp qui craquait, Vhondé s’était redressée à son tour et le regardait fixement, inquiète.
Une main rassurante se posa sur son épaule.
– N’aie crainte, mon ami, nous sommes là et veillons sur toi. Bonne nouvelle : on dirait que ta fièvre est tombée.
Encore quelque peu hébété, Jemril mit quelques secondes à reconnaître le jeune homme à la frange blonde qui le regardait, de la commisération dans les yeux. Seronn.
Il se recoucha en soupirant. La réalité pouvait parfois être pire qu’un cauchemar. Il haïssait ce type.

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Notsil
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 15:13

Oh Une suite :)

Bon, en fait au début je savais pas trop si c'était la suite, vu que ça avait l'air de commencer en pleine ville, mais en fait on raccroche à la fin ^^

Citation :
Dans le ciel nocturne scintillait des centaines d’étoiles.
-> scintillaient Wink


Citation :
Il perçut l’arrivée de Lamal avant même de le voir.
-> Rien de spécialement dérangeant là, juste qu'en fait, comme tu décris tout ce qu'il voit devant lui... ben j'ai plutôt calculé que Lamal arrivait dans une cour sous le balcon, plutôt que directement derrière lui (le bruit des bottes sortant du brouhaha pour lui faire baisser les yeux, et ma foi, un bon parfum capiteux à souhait... :p).

Voilou, sinon pauvre gars, en si "bonne" compagnie :) Hâte de voir la suite de leurs aventures ^^

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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 15:47

Notsil a écrit:
Bon, en fait au début je savais pas trop si c'était la suite, vu que ça avait l'air de commencer en pleine ville, mais en fait on raccroche à la fin ^^
Un effet bien évidemment voulu ! Very Happy
Notsil a écrit:
Citation :
Il perçut l’arrivée de Lamal avant même de le voir.
-> Rien de spécialement dérangeant là, juste qu'en fait, comme tu décris tout ce qu'il voit devant lui... ben j'ai plutôt calculé que Lamal arrivait dans une cour sous le balcon, plutôt que directement derrière lui (le bruit des bottes sortant du brouhaha pour lui faire baisser les yeux, et ma foi, un bon parfum capiteux à souhait... :p).
Problème de la description qu'on a en tête et qu'il faut retranscrire sur papier ! Ce que j'ai mal précisé, c'est que le balcon (et le palais) se trouvent des dizaines de mètres au-dessus de la foule. Et Lamal survient d'un couloir du palais, dans le dos de Jemril. À reformuler, donc...

Notsil a écrit:
Voilou, sinon pauvre gars, en si "bonne" compagnie :) Hâte de voir la suite de leurs aventures ^^
Et moi de l'écrire !

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Den
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 17:38

Aah! Voici la suite de "Pérégrinations"
Voici une courte introduction bien sympathique!
J'ai vraiment hâte de découvrir la suite!

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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 17:40

Merci l'ami !

Pour l'instant, j'actualise ma carte des micro-royaumes du sud, histoire de bien situer l'histoire géographiquement parlant, et dès que je l'aurai remise en ligne, je pense que j'attaquerai la suite !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 17:48

Citation :
Pour l'instant, j'actualise ma carte des micro-royaumes du sud, histoire de bien situer l'histoire géographiquement parlant, et dès que je l'aurai remise en ligne, je pense que j'attaquerai la suite !
Cool!

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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 20:03

Allez, on n'est pas là pour rigoler, voilà la première des neuf scènes qui composent l'histoire !


*
**

Le reste de la nuit fut agité mais sans cauchemar supplémentaire pour Jemril. Il se sentait épuisé, vidé. Il apprit qu’il sortait de trois jours de fièvre, suite à l’infection de sa blessure au bras. Vhondé, qui avait quelques connaissances médicales, avait nettoyé consciencieusement la plaie et l’avait badigeonnée d’arsegnat pilé, une plante locale aux vertus antiseptiques, selon elle.
L’esprit de Jemril fonctionnait à nouveau correctement, mais il restait physiquement très faible. Tout au plus parvenait-il à faire quelques pas sans ressentir de la fatigue. Il allait lui falloir restaurer ses forces avant d’espérer fuir cet endroit.
C’est Seronn qui avait trouvé leur lieu de campement, à flanc d’une colline, aux pieds de laquelle serpentait un rachitique coulis d’eau. Son âme errante et un passé rural lui avaient appris comment poser des pièges et, par un heureux hasard, la région s’avérait giboyeuse. Plus d’un lapin se prit dans le collet de ses pièges, fabriqués à partir de lambeaux de sa tunique.
Vhondé, coincée avec lui pendant ces derniers jours, se perdait de plus en plus en conjectures vis-à-vis de cet étrange énergumène. Il était capable de subvenir à leurs besoins. Il passait également de longues heures à siffloter, immobile, en scrutant le ciel, ou la rivière, ou les arbres. Bref, tout ce qui les entourait.
Quand Vhondé l’arrachait à ses contemplations en lui parlant, il semblait revenir à la vie, presque surpris d’être là, avant d’immanquablement sourire de toutes ses dents et de lui demander si elle avait besoin de quoi que ce soit. Rien ne semblait pouvoir le surprendre.
La princesse de Lacteng n’avait pour sa part qu’une seule idée en tête : prendre la direction du sud afin de regagner le royaume de son père et son palais natal. Sa grossesse se passait bien, ce qui était assez inespéré au vu des circonstances. Mais pas question de tirer sur la corde plus longtemps. Fin des aventures pour elles ! Maintenant qu’elle était libre, Vhondé comptait bien rentrer chez elle… et ne plus jamais en bouger.
Se posait néanmoins le problème de ses compagnons. Elle ne s’inquiétait guère de Seronn qui, elle en était persuadée, la suivrait aveuglément si elle le lui demandait. Par contre, s’il était capable de les nourrir, il ne savait pas se battre. Partir à ses seuls côtés n’aurait rien de rassurant. Vhondé n’avait pas le choix : pour sa propre sécurité, elle allait devoir convaincre Jemril de les suivre. Elle n’aimait pas cette brute égoïste mais avait besoin de lui.

– Hors de question ! cracha Jemril quand Vhondé lui eut fait part de ses projets de rejoindre Lacteng.
– Il faut pourtant bien que nous prenions une direction, et…
Nous ? Il n’y a pas de « nous », il n’y en a jamais eu. Je voyage seul !
– Vous n’êtes qu’un ingrat ! Je vous rappelle que sans nous, jamais vous n’auriez survécu à…
– À rien du tout ! Je connais le chef des mercenaires qui nous ont attaqués, et c’est grâce à cela que nous avons pu en réchapper !
– Il faut que nous allions au Lacteng ! insista Vhondé. Hors de question d’aller où que ce soit ailleurs !
– Et moi je te répète qu’il n’y a pas de « nous », arrête avec ça ! Tu veux aller vers le sud avec Simplet…
– … Seronn, corrigea l’interpellé.
– … alors, allez-y ! continua Jemril en ignorant l’interruption. Je te le répète, je voyage seul ! Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans ces trois mots ? Je… voyage… seul ! Et de toute manière, moi je vais à l’ouest !
– C’est inacceptable, insista Vhondé. Je suis…
Elle se tut. Avoir besoin de Jemril était une chose, mais lui avouer qu’elle était la princesse héritière de Lacteng en était une autre, à laquelle elle n’était pas prête. S’il l’apprenait, il était capable de demander une rançon à son père, voire à aller la vendre sur les marchés d’esclaves de Griend.
– Mon père, reprit-elle prudemment, est à la tête de quelques biens. Il doit déjà y avoir une récompense pour qui me ramènera à la maison… laquelle pourrait être encore plus importante si je lui en touche un mot.
Jemril resta figé un long moment, ces yeux étrécis plantés dans ceux de Vhondé, comme s’il la jaugeait. Elle réussit à ne pas baisser les siens.
– C’est d’accord, laissa-t-il finalement échapper. Mais je te préviens tout de suite que si tu m’as menti, je t’égorge, et ton père avec, avant de faire de tes possessions une terre brûlée et stérile pour des siècles. C’est clair ?
– Parfaitement, acquiesça Vhondé avec le plus calme, tout en pensant : je te promets surtout que mon père, le roi de Lacteng, se fera un plaisir de te faire subir le supplice de la roue, à ma demande !
– En route pour l’aventure ! s’écria joyeusement Seronn.
– Qui te dit que tu viens, Simplet ? fit Jemril. Je sais me battre, je la protègerai. Nul besoin d’un parasite comme toi pour me voler la moitié de la récompense ! Tu pars de ton côté !
La peine qui s’afficha alors sur le visage de Seronn mit Jemril hors de lui. Il détestait les faibles. S’il avait été en possession de tous ses moyens physiques, il aurait bondi sur Seronn et l’aurait étranglé sans le moindre remords. Avec beaucoup de satisfaction, même.
– Tu sais attraper du gibier ? demanda Vhondé à Jemril en le toisant froidement.
Jemril la maudit intérieurement. Tuer quelqu’un pour s’approprier ses vivres, il savait faire. Voler de l’argent pour acheter de la nourriture, aussi. Mais livré à lui-même dans la nature, il ne pouvait se nourrir que de baies et de racines, comme cela avait été le cas ces dernières semaines, très éprouvantes pour lui.
Elle ne se méprit pas sur son silence et ajouta :
– Dans ce cas, Seronn viendra avec nous. Nous avons besoin de lui. Vous vous partagerez la récompense, ce qui ne sera que justice.
– Grand merci, gente damoiselle, fit Seronn dans une révérence. Mais je m’en voudrais de dépouiller notre ami. Je ne suis sur les routes que pour y vivre des aventures, et celle-ci promet d’en être une belle. Permettez donc que pour seul appointement, je me contente de jouir de votre présence.
– Euh… merci, Seronn, bredouilla Vhondé. Mais qu’est-ce que c’est que ce type, par les dieux ?
Jemril grogna quelque chose d’indistinct.
Une greluche engrossée et un benêt pour compagnons. Bravo, Jemril, bravo ! Tu touches le fond, mon pauvre garçon !

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Notsil
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 21:18

Ils sont si mignons :)

Citation :
Jemril resta figé un long moment, ces yeux étrécis plantés dans ceux de Vhondé
-> ses

Tu rends bien leur caractère, et leurs décisions paraissent crédibles en tout cas.

Le fabuleux trio nous promet des aventures sympathiques sur les routes :)

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Minos
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 10 Mai - 21:33

Notsil a écrit:
Ils sont si mignons :)
N'est-ce pas !
Notsil a écrit:
Tu rends bien leur caractère, et leurs décisions paraissent crédibles en tout cas.
Je pense encore et toujours que c'est le plus dur dans une histoire : poser des persos psychologiquement parlant. Maintenant, leur manque encore quelques trucs encoreplus personnalisés, tel que des tics de langage ou d'attitude.
Notsil a écrit:
Le fabuleux trio nous promet des aventures sympathiques sur les routes :)
À noter que pour l'histoire en cours, je m'inspire un peu de la situation connue par Aaricia au début de l'album "Le pays d'Aran", pour ceux qui connaissent Thorgal.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mer 11 Mai - 9:12

Eh ben! On peut dire que c'est du Minos en pleine forme!^^
J'ai passé un très bon moment!
Je suis entièrement d'accord avec Notsil: tes personnages ont un vrai caractère bien rendu! Certes, comme tu le dis, il leur manque quelques tics. Mais, rien de bien méchant.
Seronn est, selon moi, le plus réussi des trois!^^ J'l'adore!
En tout cas, bonne continuation! Very Happy

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Ven 13 Mai - 20:42

Bon, je lirai ça bientôt, c'est promis, mais pas ce soir, je suis crevé par le train et je vais me détendre un peu.

tutututut ttutuututuututu ttutututututututututuuututututttuutut un nouveau texte minosien à décortiquer.... tututu tututututttttuuutututuu...
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Sam 14 Mai - 23:06

Ce n'est pas vraiment un nouveau texte... la fin du premier tome et le début du second étant si proches que c'est un peu la continuité que voici...

Citation :
Une véritable fourmilière soulignant l’activité incessante d’Imartel, la Ville Bénie.
Y a un verbe conjugué dans cette phrase qui n'en est pas une ? l'effet de manche avec une seule nominale n'est pas terrible... surtout avec un participe présent que je me demande encore à quoi il participe...

Citation :
Le brouhaha diffus qui parvenait jusqu’aux oreilles
celui-ci est en trop... autant ils sont parfait dans l'effet donné au début du paragraphe... autant celui-ci alourdi.
Citation :

avait un côté rassurant, sourde mélopée s’apparentant à une berceuse pleine de quiétude. Tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Voltaire sera content mais pas des participes à répétition...

Citation :
adorait s’asperger contribua également à l’annoncer.
mot en trop, il fait double voir triple usage avec le "en outre"... et le "contribua"... en plus, il est pas joli.

Citation :
tombante qu’il arborait fièrement depuis
répétition... à propos de fer qui claquaient sur le sol pierreux. pis en plus, il y a vraiment trop de mot en -ant et -ment depuis le début si tu veux mon avis.

Citation :
Jemril haussa un sourcil, étonné. Lamal parlait toujours d’une voix forte.
Il faut lier les phrase parce que ce toujours ne permet pas de mettre en évidence l'habitude qui vient en contradiction du ton employé.

On dirait une scène incluse dans le jeu prince of persia, les sables du temps....
Citation :

quand il se redressa de sa couche rudimentaire,
sur ? si non, l’impression que sa porte à confusion.
Citation :

Vhondé s’était redressée à son tour
répétition de mouvement... un peu trop dans le terme... encore pas mal de "qui".

Citation :
de la commisération dans les yeux
"compassion" aurait suffi, pourquoi cet archaïsme ?

Citation :
Il se sentait épuisé, vidé. Il apprit qu’il sortait de trois jours de fièvre, suite à l’infection de sa blessure au bras.
alors que la première phrase fait penser qu'il dort tout le reste de la nuit, rien n'indique qu'il ait parlé avec ses compagnons d'échappée et qu'il ait appris tout cela... je pense qu'il manque un élément pour dire qu'il a fini par s'éveiller avec cette nuit sans rêves qui le laissa épuisé, vidé... Enfin, il me semble que ce serait plus logique comme cela.

Encore trop de mot en -ment, utilisé en adverbe ou adjectif à qui mieux mieux... ce n'est pas des plus joli et amplifie à outrance la nature et le sens des mots affublés de cette horrible terminaison.

Citation :
énergumène. Il était capable de subvenir à leurs besoins.
je verrais bien mettre tout cela dans une seule phrase en supprimant ce qui est en gras..; si non, j'ai l'impression que la phrase précédente n'est pas complète.

Citation :
Par contre, s’il était capable de les nourrir, il ne savait pas se battre.
Je trouve cela plutôt malhabile... à voir.

Citation :
Hors de question d’aller où que ce soit ailleurs !
répétition, répéter ainsi les mots de son vis à vis, n'est pas forcément une preuve d’intelligence.

Citation :
si tu m’as menti,
je verrai mieux un présent ici plutôt qu'un passé composé parce que le mensonge n'est pas si éloigné que cela dans le temps... juste le dialogue d'avant.

Citation :
acquiesça Vhondé avec le plus calme,
manque un mot ici..; bien que je penche presque pour deux de trop... à voir.

Citation :
je te promets surtout que mon père, le roi de Lacteng, se fera un plaisir de te faire subir le supplice de la roue, à ma demande !
je trouve cette phrase mal fagoté voir carrément bancale, à reformuler.
Citation :

La peine qui s’afficha alors sur le visage de Seronn mit Jemril hors de lui.
manque un chouïa d'efficacité... : "la peine affichée par Seronn mit Jemril hors de lui."

Citation :
en le toisant froidement.
ça m’horripile de voir ce genre de structure... mais bon, tu es certain de ne pouvoir faire autrement ?

Citation :
semaines, très éprouvantes pour lui.
cette virgule, c'est bofffff...


Un texte qui continue sur la bonne lancée de l'histoire précédente. C'est agréable de retrouver ces compagnons... Comme le disait Notsil, les choix sont bien amené... mais que nous réserve donc ma suite ???
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Dim 15 Mai - 11:51

Merci pour l'analyse, AJ ! Outre les évidences que tu soulignes et auxquelles je n'avais pas prêté attention, il y a un certain nombre de remarques qu'il va falloir que je retravaille à l'aide de concepts stylistiques connus... que je n'ai pas assez bossé.

Bref, réécrire en mieux et savoir pourquoi.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Dim 15 Mai - 12:22

Du boulot, du boulot, et toujours du boulot...

Ravi d'avoir été utile.
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Jeu 2 Juin - 14:28

Et voici la scène 2.

*
**

– Bon, Simplet, où se trouve l’ouest ? demanda Jemril à Seronn.
– Je croyais que nous étions d’accord pour aller au sud ! intervint Vhondé.
Jemril leva ses poignets entravés par les bracelets de fer, au bout desquels pendouillaient les restes de leurs chaînes.
– J’aimerais avant toute chose qu’on se débarrasse de ces trucs. Ce n’est guère pratique pour nous, et ce sera assurément suspect lorsqu’on on croisera quelqu’un. J’ai tort ?
– Non. C’est en effet judicieux.
– Ravi de l’entendre, persifla Jemril. Nous sommes approximativement à l’ouest de Griend, et si nous continuons dans cette direction, nous devrions trouver un village du nom de Venel. Avec un peu de chance, le forgeron que j’y connais y exercera encore et il pourra nous enlever nos chaînes.
Seronn sourit :
– Donc pour aller au sud, nous devons aller à l’ouest ?
– Fais attention, Seronn, à ce rythme-là tu vas devenir un génie ! Alors, c’est par où ?

Tous trois mirent leurs chevaux au trot dans la direction indiquée par Seronn.

*
**

Il fallut deux jours de route aux trois compagnons avant que le paysage ne devienne familier à Jemril. Ils faillirent croiser par deux fois des voyageurs : une troupe de cavaliers lancés au galop, et une caravane composés de quatre chariots, dans lesquels s’entassaient des journaliers errants. Ils se cachèrent à chaque fois, par prudence.
Dans les deux cas, Vhondé et Jemril furent impressionnés par l’acuité visuelle de Seronn. Il repéra les voyageurs bien avant qu’eux-mêmes en soient capables. À tel point que la première fois, ils manquèrent d’être repérés, Jemril refusant de croire Seronn sur l’approche des cavaliers… jusqu’à ce qu’il les voit à son tour. Par bonheur, ils eurent le temps de se cacher avant d’être découverts.

Durant ces deux jours, Seronn passa le plus clair de son temps dans des rêveries qui n’appartenaient qu’à lui. Quand il en sortait, il semblait presque surpris de voir ses compagnons, comme s’il découvrait tout à coup leur présence.
Jemril l’ignora le plus clair du temps : il l’énervait. Vhondé ne s’approcha guère plus de lui. Il assez bizarre pour en devenir inquiétant. En revanche, la princesse s’intéressa plus à Jemril, qui l’intriguait. Elle n’eut qu’une seule occasion d’en apprendre plus sur lui. Par la suite, il se ferma comme une huître.
– Dites-moi, Jemril…
– Quoi ?
– Seronn et moi sommes Lactengais, mais vous ? Vous avez une pointe d’accent que je n’arrive pas à identifier.
Un sourire furtif et satisfait passa sur les lèvres de Jemril.
– Et c’est très bien comme ça, Vhondé.
Elle passa un bon moment à l’observer, cherchant des indices quant à ses origines. Son air revêche et ses pommettes hautes lui rappelaient le peuple farouche des Tilmandjos, qui habitaient dans les montagnes au sud du Lacteng et de Bilipossa. Ces peuples, issus de la partition de l’ancien royaume de Narvilone, se vouaient une animosité tenace, mais Jemril ne semblait pas nourrir d’animosité particulière envers Seronn et elle-même. Son attitude égoïste semblait plutôt s’étendre au monde entier.
De plus, les Tilmandjos avaient un teint mat assez prononcé, et de longs cheveux noirs et raides. Or Jemril avait une peau laiteuse et des yeux marron très communs dans cette partie de Galéir, et des cheveux frisés, presque crépus, qui laissaient Vhondé perplexe. Elle ne connaissait nul peuple arborant une telle coiffure.
Ce nom de Jemril ne lui disait rien non plus. Seronn avait affirmé venir d’un village du sud-est du Lacteng et Vhondé le croyait : la double consonne à la fin de son nom était caractéristique de cette région… tout comme le « é » final dans celui de Vhondé indiquait ses origines de la ville-capitale de Lacteng. Mais ce nom de Jemril ne lui parlait pas. La question que Vhondé lui posa sur son nom complet ne lui valut qu’un grognement en guise de réponse.
Elle l’aurait trouvé séduisant, n’était son caractère exécrable. Elle relança la conversation :
– Quand les mercenaires ont attaqué les esclavagistes qui nous retenaient prisonniers, ils semblaient décidés à éliminer tout le monde, y compris les esclaves. Sauf celui qui nous a laissés fuir. Je vous ai entendus, vous vous êtes appelés par vos noms. Qui est-il et d’où vous connaissez-vous ?
– Nous avons servi ensemble par le passé.
– Servi… à l’armée ?
– Oui.
– Laquelle ?
– Plusieurs.
– Vous êtes donc soldat de métier ?
– Non.
– Où avez-vous combattu ?
– Un peu partout.
– Vous n’êtes guère loquace sur vos activités passées.
– Ce n’est que maintenant que tu t’en rends compte ? demanda Jemril, presque amusé.
Il reprit aussitôt son air renfrogné, comme s’il s’en voulait d’avoir baissé sa garde. Et ne répondit plus à aucune question. Son curiosité était néanmoins piquée par sa compagne de route, aussi l’observa-t-il subrepticement. Il l’avait rencontré quand elle avait été enchaînée à ses côtés mais s’en était vite désintéressé. Il n’avait vu en elle qu’une femme enceinte qui ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Elle n’allait pas faire long feu et ne pourrait lui servir à rien.
Aujourd’hui, les choses étaient différentes. Ils avaient un but commun, ils cheminaient ensemble. Quand Vhondé avait annoncé à Jemril qu’il serait récompensé s’il la protégeait jusqu’à Lacteng, il avait senti une menace implicite dans le ton qu’elle avait employé. La jeune femme semblait bien avoir des crocs cachés sous une apparente fragilité.
Cela ne dérangeait pas Jemril. Il n’était plus qu’un errant aujourd’hui, à la recherche de quoi remplir un tant soit peu sa vie. Et l’adrénaline née au danger lui convenait très bien pour le moment.
Vhondé était elle aussi étrange, à sa manière. Ses mains fines, bien qu’abîmées par les épreuves récentes, n’avaient clairement jamais connu le travail manuel. Ce qui cadrait avec ses dires selon lesquels elle était fille de riche patricien. Quand Jemril était sorti de sa fièvre, c’est une nouvelle Vhondé qui lui était apparu. La pauvre femme quelconque qu’il avait connu en guenilles s’était lavée et la différence était flagrante. Ses cheveux jusque-là ternes resplendissaient désormais, et la coiffure qu’elle en avait tiré était typique des dames du Lacteng : le chignon sur sa tête surplombait une longue frange droite qui masquait son front, et de longues mèches latérales recouvraient ses oreilles.
Débarrassée de la crasse qui la maculait, elle avait un visage harmonieusement ovale, avec des traits fins, un nez retroussé, quelques taches de rousseur sur les joues et de grands yeux verts. Mignonne, en fin de compte. Mais trop enceinte pour que Jemril ait des vues sur elle.
Ce qui dérangeait le plus Jemril était de sentir que Vhondé, tout comme lui, n’était pas franche. Elle cachait son passé et refusait de parler de sa vie d’avant. D’ici à ce qu’elle ait menti…
Au moins, cette situation, ces non-dits avaient le mérite d’amuser Jemril. par contre, il ignorait consciencieusement Seronn. Trop spécial, trop impénétrable à sa manière. Moins il avait affaire à lui, mieux il se portait.

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Jeu 2 Juin - 23:44

Bon, ben voilà une bonne scène de transition... il ne s'y passe pour ainsi dire rien... mais on en apprend un peu plus sur les personnages et les us et coutumes locales. Encore quelques points à éclaircir, je le crains mais dans l’ensemble c'est agréable à lire.


Citation :
Ce n’est guère pratique pour nous,
mot en trop, voir carrément déplacés.

Citation :
C’est en effet judicieux.
pas obligatoire du tout ceux là, en revanche.

Citation :
et si nous continuons dans cette direction, nous devrions trouver
quelle direction aurai-je tendance à demander... bien que je suppose que ce soit l'ouest, je n'en suis plus si sûr avec ce point cardinal doublement cité...

Citation :
que j’y connais y exercera
les deux "y" ne sont pas du plus joli... et "exerce" serait peut-être plus judicieux puisque dans son dialogue, il ramène l'action au temps présent.

Citation :
il pourra nous enlever
sans le "pourra" ça sera plus efficace et joli.

Citation :
Ils se cachèrent à chaque fois, par prudence.
et pourquoi pas "Par prudence, ils s'en cachèrent" en termes plus généraux mais plus concis ?

Citation :
Il repéra les voyageurs bien avant qu’eux-mêmes en soient capables. À tel point que la première fois, ils manquèrent d’être repérés, Jemril refusant de croire Seronn sur l’approche des cavaliers…
ça manque un peu de linéarité avec le premier paragraphe, pourquoi ne pas prendre les choses dans l'ordre et détailler un peu puisque tu en parles dans le premier paragraphe et que tu en reparles (comme si tu ajoutais des éléments oubliés) dans le deuxième.

Citation :
ils eurent le temps de se cacher avant d’être découverts.
là en revanche, c'est une grossière répétition.

Citation :
Durant ces deux jours, Seronn passa le plus clair de son temps dans des rêveries qui n’appartenaient qu’à lui.
encore une fois, tu reviens en arrière, pourquoi ne pas mettre tout cela dans une mise en situation... je trouve d'ailleurs que ça manque les mises en situation, tu ne prends pas le temps de dépeindre l'environnement, les pensées et doutes des personnages avant de les lancer dans des situations non préparé et maintenant très décousues.

Citation :
Il assez bizarre pour en
mnque un verbe là... j'espère que ce n'est pas "être".

Citation :
s’intéressa plus à Jemril, qui l’intriguait
bof : ". Il"

Citation :
– Et c’est très bien comme ça, Vhondé.
Il ne se ferme pas, c'est déjà une huitre.

Citation :
des Tilmandjos, qui habitaient dans les montagnes
au moins sans la virgule... mais il n'y a pas trop de "qui" alors je ne dis rien. en revanche, il y a trop de "sembler" dans la suite...

Citation :
un teint mat assez prononcé,
le teint est mat prononcé ou juste assez... langage parlé...

Citation :
Or Jemril avait une peau laiteuse et des yeux marron très communs dans cette partie de Galéir, et des cheveux frisés, presque crépus, qui laissaient Vhondé perplexe.
j'aime pas cette phrase... à reformuler, tu n'en disconviendras pas, je l'espère.

Citation :
Ce nom de Jemril ne lui disait rien non plus
si un nom peut dire quelques chose, en effet... par contre, un nom peut être rattaché à son origine. Le pragraphe est plutôt intéressant sur l'éthymologie des noms de la région mais manque d'organisation et semble au final un peu confus... à voir pour une réécriture en posant les bases par une argumentation soignée.

Citation :
Son curiosité était néanmoins piquée
oups la boulette, Samantha...

Citation :
et ne pourrait lui servir à
mot à supprimer, autant conjuguer le verbe...

Citation :
guenilles s’était lavée et la différence était flagrante.
y a pas moyen d'oublier ce verbe "être".

Citation :
Ses cheveux jusque-là ternes resplendissaient désormais,
mot inutile qui fait double usage avec "jusque-là".

Citation :
, et la coiffure qu’elle en avait tiré était typique des dames du Lacteng : le chignon sur sa tête surplombait
Nan, manque de concision : ". Le chignon typique des dames du lacteng surplombait sa tête..." Pis on attend une description correcte de ce chignon typique maintenant... alors au boulot pour les détails.

Citation :
Débarrassée de la crasse qui la maculait, elle avait un visage harmonieusement ovale, avec des traits fins, un nez retroussé, quelques taches de rousseur sur les joues et de grands yeux verts. Mignonne, en fin de compte. Mais trop enceinte pour que Jemril ait des vues sur elle.
tu fais un nouveau paragraphe juste pour répététer ça... et pis peut-être que "visage harmonieux, ovale, avec des traits fins" passerait mieux parce que la fin de description, je ne vois vraiment pas pourquoi faire un nouveau paragraphe, est un peu plus brouillonne.

Citation :
Ce qui dérangeait le plus Jemril était de sentir que Vhondé, tout comme lui, n’était pas franche. Elle cachait son passé et refusait de parler de sa vie d’avant.
deux phrases qui mériteraient d'en faire qu'une.




Et bientôt un nouveau chapitre.... enfin, cela est tout relatif à minos bien entendu...
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Ven 3 Juin - 10:11

Voici un beau petit chapitre bien intéressant!
Comme l'a dit AJ, on en apprend plus sur les personnages. Et ça fait plaisir! Very Happy
J'ai hâte de lire la suite! Very Happy

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Ven 3 Juin - 13:55

Merci les gars !

Suite euh... bientôt, comme d'hab !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Jeu 9 Juin - 13:09

Nouvelle scène. L'intrigue se lance !

*
**

Parvenus en haut de la colline, les trois voyageurs firent halte. Après plusieurs jours à cheval, leur but était en vue. À leurs pieds s’étendait une vallée encaissée. Un lac alimenté par une cascade en tapissait le fond sur la droite, tandis que de frustes maisons avec toits de chaume s’attaquaient aux premiers degrés de la pente sur la gauche.
Le ciel gris s’assombrissait de plus en plus. Le soleil n’allait pas tarder à se coucher, si ce n’était déjà fait. Les minces filets de fumées crachés par les cheminées des habitations se dispersaient sous l’action d’une brise glaciale. L’hiver n’était pas loin.
– On y va ? demandèrent simultanément Seronn et Vhondé, lui parce qu’il aimait rencontrer des gens, elle parce qu’elle avait faim et rêvait d’un bon lit.
– Non, nous attendrons la nuit, rétorqua Jemril. Je préfère une arrivée la plus discrète possible, surtout avec nos menottes aux poignets. La nuit tombée, je me glisserai dans le village et m’assurerai que mon ami forgeron vit toujours ici. Inutile de nous faire remarquer plus que nécessaire.
– Qui êtes-vous ? demanda une voix rocailleuse dans son dos.
Tous trois se retournèrent dans le même mouvement, pour se retrouver face à face avec une dizaine de villageois pauvrement vêtus. Ils portaient de gros sacs de toile débordant de châtaignes. Les fourrures enveloppant leurs pieds ne faisant pas de bruit sur le sentier rocailleux, les voyageurs ne les avaient pas entendus s’approcher.

Vhondé et Jemril dissimulèrent leurs mains entravés dans leurs manches, du mieux qu’ils purent. L’air distrait, Seronn les imita avec un temps de retard, après un rageur « Cache tes mains, fils d’imbécile ! » marmonné par Jemril.
– Nous venons rendre visite à un mien ami, répondit Jemril à l’homme qui les avait apostrophés. Le forgeron Delental.
– Nous allons vous conduire, dit le paysan en hochant la tête.
Au grand soulagement de Jemril, les villageois, mornes et placides, ne semblaient guère curieux d’en savoir plus. S’ils avaient remarqué les chaînes à leurs poignets, aucun ne fit de commentaire. Ils leur passèrent devant et descendirent vers le village.
Quand ils avancèrent entre les maisons de bois et de pierre, seuls quelques chiens faméliques dressèrent la tête sur leur passage, sans aboyer ni faire montre d’une curiosité particulière. Comme si le comportement de leurs maîtres avait déteint sur eux. Ils ne croisèrent en revanche aucun habitant.
– Diingé, va voir si Delental est chez lui, ordonna l’un des villageois. S’il n’y est pas, nous le trouverons à la taverne, ajouta-t-il à l’attention des voyageurs.
Jemril hocha la tête, contrarié. Il pria les dieux auxquels ils ne croyaient pas pour qu’ils n’aient pas à entrer dans une taverne. On serait loin de l’arrivée discrète sur laquelle il avait compté.
Le dénommé Diingé revint vite en secouant la tête.
– Personne à la forge.
Jemril jura en silence. Il rechignait à suivre les villageois. Être montés à cheval garantissait aux trois voyageurs de pouvoir fuir avec célérité en cas de problème. Dès qu’ils desselleraient, ils perdraient cet avantage. Mais bien que sur le qui-vive, Jemril restait assez confiant : il n’y avait nulle trace d’agressivité chez les paysans. S’il fallait en arriver à se battre, pour une raison ou pour une autre, il pensait pouvoir s’en sortir.
Quatre fois plus grande que les maisons qui l’entouraient, la taverne devant laquelle ils s’arrêtèrent comptait un étage. À Vhondé qui s’étonnait des dimensions importantes de l’édifice, l’un des paysans répondit que la demeure servait également de salle de bal et de réunion de l’assemblée des villageois.
Les feux qui crépitaient dans les deux cheminées des pignons n’empêchaient pas la vaste pièce de baigner dans le froid, et ne suffisaient pas à éclairer l’endroit, dont de larges pans étaient plongés dans l’ombre. Une dizaine de paysans formait un petit groupe près de l’un des âtres. Juchés sur des tabourets hauts, des tonneaux leur servaient de tables. Non loin de là, contre le mur, d’autres tonneaux s’empilaient, certains dotés de robinets en bois à leur base.
Les conversations feutrées se turent lorsque le groupe entra, et quelques coups d’œil indifférents se posèrent sur les arrivants. Leur vague curiosité satisfaite de ce sommaire examen, les villageois reportèrent leur attention vers leurs chopes et se remirent à parler.
– J’aime bien cette ambiance, déclara Seronn. Je trouve cela intimiste.
Vhondé et Jemril ne prirent pas la peine de lui répondre. À leurs yeux, le lieu, les autochtones et même le temps rendaient l’atmosphère aussi sinistre que lugubre.
– Delental, de la visite pour toi, annonça l’un des accompagnateurs des voyageurs.
Le plus massif des hommes attablés releva la tête et lança un œil inquisiteur vers les nouveaux venus. Il se leva avec précipitation en reconnaissant Jemril, et marcha vers lui d’un pas décidé. Il eut un instant d’hésitation quand il vit Vhondé, ce qui n’échappa ni à la jeune femme ni à Jemril. Il sourit, prit Jemril dans ses bras mais pendant qu’ils se donnaient une accolade virile, il lui murmura à l’oreille :
– Fuis, mon ami, fuis ! Tu vas au-devant de graves ennuis si tu restes ici avec cette femme !
Avant que Jemril ne puisse lui répondre, un cri jaillit de la bouche d’un des villageois. Ses yeux écarquillés fixaient Vhondé.
– C’est elle ! Regardez, les gars, c’est elle ! Celle que nous attendions est arrivée ! Nos prières ont été entendues ! Notre déesse est venue pour nous sauver !

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Dernière édition par Minos le Jeu 9 Juin - 21:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Jeu 9 Juin - 20:54

Ouh! voici donc la suite tant attendue de Pérégrinations! cheers

Citation :
Parvenus en haut de la colline, les trois voyageurs firent halte. Après plusieurs jours à cheval, leur but était en vue. À leurs pieds s’étendait une vallée encaissée. Un lac alimenté par une cascade en tapissait le fond sur la droite, tandis que de frustes maisons avec toits de chaume s’attaquaient aux premiers degrés de la pente sur la gauche.
Le ciel gris s’assombrissait de plus en plus. Le soleil n’allait pas tarder à se coucher, si ce n’était déjà fait. Les minces filets de fumées crachés par les cheminées des habitations se dispersaient sous l’action d’une brise glaciale. L’hiver n’était pas loin.
Alors rien que pour cela, je dis bravo! J'avais l'impression d'y être! C'est joliment écrit et très bien décrit!

C'est toujours aussi bien écrit et plaisant à lire!
J'apprécie ces petites doses de second degrés dont tu parsèmes ton récit.

En tout cas, la fin m'a laissé pantois! en effet, l'intrigue se lance!

Tu m'as comblé à nouveau! Merci! Wink

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Jeu 9 Juin - 20:58

Merci Den ! Very Happy

Voilà un enthousiasme qui fait plaisir à voir !

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Jeu 9 Juin - 21:56

Ah, chouette petite suite, avec une fin surprenante !

Entre le pote "casse-toi ça craint" et l'autre "notre déesse est là", ça promet Wink

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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Jeu 9 Juin - 22:21

Merci Notsil ! Suite bientôt... la déesse entre dans ses fonctions.

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aj crime
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Mar 14 Juin - 11:27

Bon allé, il me semble qu'il me reste un dernier morceau à passer par la moulinette dans le coin... voyons voir cela !

Citation :
Parvenus en haut de la colline, les trois voyageurs firent halte. Après plusieurs jours à cheval, leur but était en vue.
Plusieurs jours de cheval pour faire halte en haut d'une colline ? Drôle de manière de voyager, surtout avec une femme enceinte... comme tu le dépeints, on dirait qu'il ne se sont pas arrêté jusqu'à se retrouvé juché au sommet de la dite colline... c'est un peu étrange.

Citation :
Un lac alimenté par une cascade en tapissait le fond sur la droite, tandis que de frustes maisons avec toits de chaume s’attaquaient aux premiers degrés de la pente sur la gauche
et pourquoi ne pas mettre "à gauche", juste après "tandis que" parce que si non, le mouvement droite gauche n'est pas naturel. et pis "aux toits" serait peut-être mieux.

Citation :
Je préfère une arrivée la plus discrète possible,surtout
j'aime pas ce genre de formulation, je les trouve lourdes... une petite reformulation rendrait le tout plus joli.

Citation :
Tous trois se retournèrent dans le même mouvement,
ils sont toujours à cheval ? parce que dans ce cas, il n'est pas forcément simple de se retourner assis sur une selle avec les pieds dans les étriers... si la bête doit faire demi-tour ça m'étonnerait qu'ils réussissent cela dans un parfait ensemble.

Citation :
Les fourrures enveloppant leurs pieds ne faisant pas de bruit sur
il reste encore quelque chose pour participer au présent ici... je sais je pinaille et le verbe est plus loin... mais bon, tout de même.

Citation :
dissimulèrent leurs mains entravés dans leurs manches,
"entravées" si c'est bien leurs mains... si ce sont leurs poignets alors c'est masculin.

Citation :
après un rageur « Cache tes mains, fils d’imbécile ! » marmonné par Jemril.
super discret, s'ils n'avaient rien vu, et ben maintenant, leur attention est attirée.

Citation :
Ils leur passèrent devant et descendirent vers le
ouais, sommes toute : "ils les précédèrent pour descendre au village."

Citation :
Quand ils avancèrent entre les maisons de bois
Caen, qu'en, cancan,... bref, ce mot gêne employé ici.

Citation :
dressèrent la tête sur leur passage, sans aboyer ni faire montre d’une curiosité particulière.
s'ils ont dressé la tête c'est qu'ils montrent de la curiosité mais pas de défiance, de crainte, ou de menace.

Citation :
On serait loin de l’arrivée discrète sur laquelle il avait compté
drôle de phrase de narration... "on" est un con comme dit mon père, et la tournure est tellement légère que ça me choc.... pas possible de la reformuler en des termes un peu plus choisis ?

Citation :
aux trois voyageurs de pouvoir fuir avec célérité en cas de
le terme me parait un peu en décalage avec le reste de la phrase.

Citation :
Leur vague curiosité satisfaite de ce sommaire examen, les villageois reportèrent leur attention vers leurs chopes et se remirent à parler.
sympa, on dirait qu'il n'apporte pas plus d'attention aux étrangers, qu'aux chopes, ou au reste de ce qui les entoure.... ça donne l'ambiance malgré un usage répétitif et abusif de ce pronom possessif.

Citation :
et même le temps rendaient
tu parles de météo là ? pourquoi ne pas être plus précis alors ?

Citation :
Il se leva avec précipitation en reconnaissant
"dans la" donnerait plus une notion d'urgence malhabile... de la part du personnage, bien évidemment.


Intrigue ou coup de théâtre, je ne sais trop me prononcer... en tout cas, je ne vois pas où le premier a avancé. Par contre, outre le fait que j'ai moins annoté que d'habitude, les choses avancent et nous découvrons du pays. Cette histoire se lance doucement, et j'ai envie de voir où elle va retomber, dans l'espoir que ça ne dérive pas vers un grand n'importe quoi... on est pas encore à l'abri d'une minoserie que je sens poindre...
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MessageSujet: Re: Pérégrinations II : la déesse   Sam 3 Sep - 17:07

Et si je revenais aux affaires, depuis le temps ? Voici la scène n°3 sur 9. On va se la jouer je prends de bonnes habitudes, donc je mettrai une nouvelle scène tous les samedis. Wink

Honte à moi, AJ, je ne t'avais même pas remercié pour les commentaires. Comme à l'accoutumée, je prends bonne note des remarques et les prendrai en compte pour pondre la version définitive de l'histoire !

*
**

Les cris de joie dans la taverne eurent tôt fait de déclencher l’effervescence dans le village de Venel. Les lieux furent bientôt envahis par les dizaines d’autochtones, tous plus enthousiastes les uns que les autres.
Vhondé fut portée en triomphe, et les acclamations bruyantes noyèrent les paroles que la jeune femme prononça pour s’opposer à ce traitement. L’une des matrones influentes du village décréta que « la déesse Gallissa » – dénomination dont elle comme les autres affublèrent à Vhondé spontanément – ne pouvait pas rester une seconde de plus dans des guenilles indignes de son rang, aussi la princesse devenue déesse fut-elle emmenée par les femmes du village. Une longue nuit les attendait, au cours de laquelle elles prendraient les mesures de « Galissa » et entreprendraient de lui confectionner des vêtements dans leurs plus beaux tissus. Avant cela, elles réquisitionnèrent Delental pour enlever les bracelets et les chaînes de leur auguste visiteuse.
Seronn et Jemril, ce dernier plus sombre que jamais, furent également débarrassés de leurs entraves avant de se voir invités à participer à un festin improvisé dans la taverne avec tous les villageois. Jemril s’écroula sous une table vers le milieu de la nuit : l’excitation fiévreuse, les cris, les danses et les chants, conjugués aux innombrables chopes de mauvaise bière qui finissaient toujours par se retrouver dans ses mains comme par magie, eurent raison de sa résistance mise à mal par sa fièvre récente.
Seronn but, dansa et chanta de bon cœur toute la nuit, heureux de s’être fait tant de nouveaux amis.

Quand Jemril se réveilla, il avait la bouche pâteuse et le sentiment d’être encore plus épuisé que la veille. Nombre de villageois dormaient à même le sol de terre battue, rivalisant à qui mieux mieux dans un concert de ronflements d’ivrognes.
Il resta un certain temps sur le seuil de la porte de la taverne, le temps de s’habituer à la lumière du jour diffusée par un soleil déjà haut dans un ciel dégagé. Il avisa une masse de femmes qui lui tournaient le dos, assises devant une sorte de trône grossier en bois. Elles ondulaient le haut de leur corps, les bras levés, au rythme d’une sourde mélopée qui s’échappait de leurs lèvres.
Son esprit embrumé tournant au ralenti, il ne s’appesantit pas sur cette scène, plus attiré par la vision d’une fontaine en pierre à l’eau quelque peu boueuse, non loin de là. Il s’y plongea la tête avec délectation, et l’eau glaciale lui remit un peu les idées en place. Quelques ablutions plus tard, il reporta son attention vers les femmes.
Elles lui parurent dégager une adulation extatique, en direction du trône… occupé par une Vhondé transfigurée. Alors que les femmes du village étaient vêtues de longues robes écrues d’une propreté douteuse, dont le haut était parfois caché par des gilets de fourrures noires, Vhondé resplendissait. La jeune femme arborait une robe chocolat agrémentée de frises noires finement travaillées, et ses cheveux plaqués en arrière étaient parsemés de perles d’argent. Le khôl entourant ses yeux mettait d’autant plus en valeur ses yeux verts, que Jemril ne put que trouver magnifiques. Elle avait l’air d’une reine et semblait très à l’aise, très altière en balayant ses admiratrices d’un regard presque dédaigneux. Jemril fut troublé de la voir si naturelle dans de telles circonstances. Comme si elle dévoilait sa vraie nature. Comme si elle était dans son élément. À la place qui lui revenait de droit.

Il détacha les yeux de la scène en entendant un pas lourd derrière lui. Le massif Delental marchait droit vers lui, la mine plus renfrognée que jamais. Sans un mot, il tendit un parchemin à Jemril. Ce dernier tiqua en reconnaissant le portrait de Vhondé, suivie d’une promesse de récompense importante. Il lança un regard interrogateur à Demental.
– Il y a deux mois, des guerriers sont passés ici avec ce parchemin.
– Quel genre de guerriers ?
– Le genre soudards plutôt que mercenaires officiels.
– Origine ?
– Difficile à dire, Jemril. Des accents évoquant l’ouest et le sud, surtout.
– Ils ont dit qui elle était, et ce qu’ils lui voulaient ?
– Non, ils ont juste insisté sur le fait qu’il était très important qu’ils la retiennent si elle venait à passer par là. Et qu’ils seraient tous riches s’ils la leur livraient.
– Il est étrange qu’ils n’en aient pas dit plus sur elle. On dirait que ces types veulent rester un minimum discrets. Quoi qu’il en soit, on ne se retrouve pas recherchée par hasard : elle m’a sûrement menti sur son histoire.
– Je ne sais pas si tu auras le fin mot de tout ceci, Jemril, mais tu peux dire adieu à cette fille.
– Comment ça ?
– Tu as bien regardé les villageois ? Trop de mariages consanguins les ont rendus stupides. Après le départ des soudards, ils ont estimé que si ta copine était si importante que ça, ils la garderaient pour eux.
– Comment ça, la garder pour eux ?
– Ils ont pas mal fabulé là-dessus. D’abord, ils ont décidé qu’elle devait être magicienne puis, de fil en fil, ils se sont montés la tête jusqu’à décréter qu’il s’agissait ni plus ni moins d’une incarnation terrestre de leur déesse Galissa.
– Connais pas.
– C’est leur déesse protectrice. En assimilant ta copine à Galissa et en la vénérant comme il se doit, ils espèrent qu’elle va attirer la bonne fortune sur eux.
– Comment fais-tu pour vivre parmi ces dégénérés, Delental ?
– C’est justement un excellent endroit pour se cacher, en attendant que...
– Que rien du tout, coupa sèchement Jemril. Le moment est loin d’être venu… malheureusement.
– Quoi qu’il en soit, je reste à ta disposition, répondit Delental en haussant les épaules. Pour en revenir à ta copine, les guerriers repassent régulièrement aux nouvelles. La prochaine fois qu’ils pointeront le bout de leur nez, ils trouveront « Galissa ».
– Si les villageois sont aussi bornés et stupides que tu le dis, ils la protègeront et la cacheront, non ?
– Au contraire, ils la laisseront bien en évidence : Galissa a le pouvoir de châtier les méchants. Pour eux, nul doute qu’elle tuera les soudards d’un regard quand ils reviendront.
– Ces imbéciles vont tous y laisser la vie, commenta Jemril d’un air dégoûté.
– En effet. Du coup je pense que je ne vais pas tarder à partir. Il y a de grandes chances pour que j’aille m’établir à Eibor.
– J’en prends bonne note, mon ami.
– Qu’est-ce que tu vas faire, de ton côté ?
– Je ne sais pas. Franchement, je ne sais pas…

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Si le retard était une religion, j'en serais le pape...
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