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 USS Baltimore II : Narnaya Prime

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Minos
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MessageSujet: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Dim 21 Juin - 23:38

Oui, oui, vous ne rêvez pas.

Avec la rigueur et le sérieux qui me caractérisent en matière d'écriture, j'ai décidé hier que j'écrivais la suite des aventures de Harlington & Co. Le plan a été fait cet aprèm, la rédaction a commencé ce soir.

Dès demain, premier chapitre. Wink

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aj crime
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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Dim 21 Juin - 23:54

ouaouhhhhh, encore de la bonne lecture en prévision... Et moi qui n'étais pas encore débordé..... affraid Suspect No

Et les nouvelles pour le recueil quadri quelque chose, ça avance ?
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Minos
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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 0:00

aj crime a écrit:
ouaouhhhhh, encore de la bonne lecture en prévision... Et moi qui n'étais pas encore débordé..... affraid Suspect No
Nierk ! Twisted Evil
aj crime a écrit:
Et les nouvelles pour le recueil quadri quelque chose, ça avance ?

Les concepts se promènent tranquillement dans mon esprit dérangé, vont et viennent... je suis à la pêche, j'attends que la vraie bonne idée morde à l'hameçon. Wink

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Notsil
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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 0:37

Cool, on ne peut pas avoir un teaser ?

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Minos
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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 0:39

Nan. Twisted Evil

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 10:24

Allez hop, c'est parti !

Chapitre 1 : La fiancée



Le lieutenant Harry Harlington s’ennuyait à mourir. Deux heures qu’il assurait son quart, assis dans son fauteuil de commandement. Sur l’écran de la passerelle, la Nébuleuse d’Endevaar s’étalait paresseusement, dans de magnifiques tons bleu pastel qui avait frappé l’équipage du Baltimore lors de son arrivée dans la système. Cette merveille de la galaxie était d’une grande beauté. Seulement, trois jours plus tard, l’effet de surprise et d’émerveillement ne jouait plus. Au contraire, la lassitude s’était installée. Harlington avait hâte que T’Savhek annonce la fin de ses observations et de ses mesures. Ils pourraient alors reprendre leur route et rallier la colonie de la Fédération sur Narnaya Prime, à qui ils devaient amener du matériel.
Si seulement une équipe scientifique avait été mutée à bord de l’USS Baltimore, les relevés auraient été faits plus rapidement. Mais non ! Leur seule halte depuis les événements survenus avec le SS Orcus avait été la base stellaire 23, qui ne disposait pas de recrues à mettre au service de Harlington. T’Savhek, son officier en second et ingénieur en chef, s’était donc proposée pour cette mission, et elle s’était adjointe les compétences du Zaldan aux doigts palmés Venamir Inriek, membre de la section pilotage-navigation et spécialiste des senseurs.
Au terme de cet interminable quart, il fut enfin relevé par le sous-lieutenant Dorin Lupescu, son chef de la sécurité. Grand échalas à la musculature longiligne, son teint blême et ses joues émaciées le faisait ressembler à un croque-mort, se disait parfois Harlington. Mais il se gardait bien de faire part à son subordonné de cette idée incongrue et se contentait d’en rire sous cape quand cette comparaison lui venait à l’esprit.
– Bon courage, Lupescu, se contenta-t-il de dire en lui cédant son fauteuil.
– Merrrci, commandant. Bonne nuit à vous, répondit le chef de la sécurité en roulant les « r » comme jamais.
Harlington acquiesça du chef et s’engouffra dans le turbolift, direction ses quartiers.

*
**


Sur le chemin, il croisa le médecin de bord, Sulok. Autant Harlington nourrissait de tendres sentiments pour la sœur jumelle de Sulok, T’Savhek, autant il détestait cordialement le docteur, trop hautain et méprisant à son goût. Leur inimitié avait été réciproque dès leur première rencontre. Pourtant, ce soir-là, Sulok dérogea à leur habitude de se saluer d’un simple hochement de tête sans échanger un mot en entamant la conversation, à la grande surprise de son supérieur.
– Commandant, vous tombez plutôt bien, j’avais une question à vous poser.
– Je vous écoute, Sulok.
– Sauriez-vous me dire quand nous allons quitter la Nébuleuse d’Endevaar ?
– Je crains que ne nous restions encore un certain temps. Votre sœur ne m’ayant pas communiqué de résultats ni d’estimations, je pense qu’elle a encore du pain sur la planche. Vous devriez lui poser la question directement.
– Oui, vous avez parfaitement raison. Quoiqu’il en soit, je ne vous cache que j’ai hâte que vous repartions et que nous arrivions à la colonie de Narnaya Prime.
– Vraiment, docteur ? répondit distraitement Harlington.
– Oui. Ce n’est pas tous les jours que nous avons l’occasion de croiser d’autres Vulcains, or il y a en un que je connais très bien qui travaille sur Nanaya Prime. À vrai dire, il est presque de la famille.
– Presque ?
– Oui, il sera un jour mon beau-frère, car il a été convenu depuis sa plus tendre enfance qu’il épouserait T’Savhek.
– Épouser… T’Savhek ? demanda Harlington, abasourdi.
– En effet. Dans certaines familles appartenant à l’oligarchie dirigeant Vulcain, comme la mienne, les mariages arrangés dès l’enfance sont une pratique courante.
– Oh. Et qu’en pense T’Savhek ?
– Elle se fait une joie de revoir Silkar. Ils échangent une correspondance fournie, mais cela ne remplace pas les rencontres directes.
– Je… le conçois… tout à fait, bredouilla Harlington, l’esprit en feu. Fiancée ? Comment ça, fiancée ? Pourquoi est-ce qu’elle ne m’en a jamais parlé ?
– Je suis confus, commandant, fit Sulok d’un ton qui semblait pourtant plutôt triomphant, même pour un Vulcain, je croyais que ma sœur vous avait parlé de Silkar or je constate qu’il n’en est rien. Veuillez me pardonner de vous importuner avec des données aussi… personnelles.
– Il n’y a pas de mal, Sulok, répondit précipitamment Harlington. Je suis ravi pour T’Savhek et pour ce… euh… Cigare.
– Silkar, commandant, Silkar. Je vous souhaite la bonne nuit, conclut Sulok en hochant la tête, avant de reprendre son chemin.
Voilà qui devrait mettre un terme à vos rêves ridicules, commandant, pensa-t-il en s’éloignant.
Le fumier ! Je suis sûr qu’il a compris ce que je ressens pour sa sœur… se dit Harlington de son côté.

*
**


Harlington se retourna dans sa couchette. Deux heures qu’il s’était mis au lit, mais impossible de s’endormir. T’Savhek fiancée… il n’arrivait pas à accepter une telle idée. Dès leur première rencontre, moins de six mois plus tôt, il était tombé sous le charme de la Vulcaine inaccessible, à bord de l’USS Eagle. Lui, le simple aspirant arrivé là presque par hasard… et elle, la sous-lieutenant sortie de l’Académie et membre d’une famille de dignitaires de haut vol. Comment aurait-il pu espérer quoi que ce fut ?
Et pourtant. Il avait réussi à faire sa connaissance sur l’Eagle, ils avaient joués ensemble aux échecs tridimensionnels… enfin, disons plutôt qu’elle l’avait laminé à chaque fois ; il n’aimait pas ce jeu, auquel il était au demeurant médiocre, mais ça lui avait semblé être une bonne idée d’y jouer pour se rapprocher d’elle. Peut-être n’avait-elle fait que manifester un intérêt poli pour lui ?
Au début, sans doute, Harlington ne se leurrait pas là-dessus. Par la suite, il avait tout fait pour paraître intéressant, quitte à se ridiculiser… jusqu’à son heure de gloire. La libération de l’USS Eagle et le sauvetage de l’équipage étaient de son fait à lui, mais il n’aurait pu accomplir cet exploit sans elle, car elle avait les connaissances nécessaires pour appliquer ses folles idées. Tout ce qu’il avait accompli avait impressionné T’Savhek, cela avait été flagrant dans son attitude et à travers le respect dont elle avait fait preuve à son égard par la suite.
Aucune des réussites de Harlington n’avait suffi pour qu’elle tombe dans ses bras. Par moments, il avait envie de l’empoigner et de l’embrasser fougueusement. À d’autres, de lui crier son amour, vu qu’il ne semblait pas assez suinter de toutes les particules de son être pour qu’elle le remarque.
Mais quand il retrouvait sa lucidité, comme à ce moment-là, au plus profond de son insomnie, il se sentait déprimé. Jamais il n’y aurait d’amour entre eux. Car pour qu’il y en ait, il fallait qu’ils soient deux à éprouver les mêmes sentiments. Être seul à les éprouver, même avec assez de cœur pour deux, ne suffisait jamais. De plus, ils appartenaient à des espèces différentes. Et alors ? Un vieux proverbe terrien ne disait-il pas que les contraires s’attiraient ? En outre, des unions vulcano-humaines avaient déjà donné naissances à des enfants.
Fiancée… fiancée. Bon dieu, c’était incroyable ! Pourquoi n’en avait-elle rien dit ? N’étaient-ils donc pas bons amis, contrairement à ce que Harlington pensait ? À moins qu’elle ne fût simplement gênée à l’idée de lui annoncer une telle nouvelle ? Après tout, cette union avait été décidée pour elle, sans son consentement, alors qu’elle n’était encore qu’une enfant. Elle n’avait sans doute pas envie d’épouser un homme qu’elle n’avait pas choisi. Et si elle l’épousait en fin de compte, ce serait contrainte et forcée, pour faire bonne figure auprès des siens. Il la voyait mal tomber amoureuse sur ordre. Quoiqu’il arrive, elle continuerait à servir dans Starfleet… et il s’arrangerait pour qu’elle reste sous ses ordres. Peut-être qu’un jour, elle finirait par comprendre qu’ils étaient faits l’un pour l’autre ?

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 10:36

Tout compte fait, j'ai pris le temps de lire maintenant^^
C'est toujours aussi bon, dis donc!
Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu un produit made in Minos Wink
en tout cas, l'histoire commence bien. J'ai hâte de lire la suite! Very Happy

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 10:41

Merci l'ami. La suite ne tardera pas, le chapitre suivant est presque fini (je devrais avoir le temps de le finir au garage en attendant que le pot de ma voiture soit changé). Very Happy

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 10:42

Déjà presque fini!? affraid
Une bonne nouvelle donc! Wink

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 19:06

Roh une histoire d'amour
Bon, qui va mourir alors ? Elle, lui, les 2 ? Il va aller se faire sauter au mariage ?
Elle va tomber amoureuse de lui mais il va devoir lui effacer la mémoire ?
Il va apprécier Silkar à son grand dam ? Il va le provoquer en duel et prendre la honte de sa vie devant sa bien-aimée qui aura trop honte ?

Bref, t'auras compris, j'attends la suite ^^

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Lun 22 Juin - 19:09

Notsil a écrit:

Bon, qui va mourir alors ? Elle, lui, les 2 ? Il va aller se faire sauter au mariage ?
Elle va tomber amoureuse de lui mais il va devoir lui effacer la mémoire ?
Il va apprécier Silkar à son grand dam ? Il va le provoquer en duel et prendre la honte de sa vie devant sa bien-aimée qui aura trop honte ?
Cool, ces hypothèses ! Pour une seule et bonne raison : aucune n'est bonne. Twisted Evil

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Jeu 25 Juin - 14:14

Chapitre 2 : Unions et désunions



Penché sur son écran d’ordinateur, Antonino Garcia était très concentré. Il lissait machinalement sa fine moustache et, de temps en temps, rejetait en arrière une mèche rebelle. Il était bel homme et conscient de l’être ; Harry Harlington lui avait toujours trouvé une ressemblance avec les représentations classiques de Don Diego de la Vega, alias Zorro. Jusqu’à la fine moustache, les traits fins et le teint mat. Même l’origine géographique - Garcia était Ibérique - collait avec la description.
Si Garcia était fier de ses succès faciles auprès de la gent féminine, il ne pouvait s’enorgueillir d’une réussite similaire en ce qui concernait sa carrière professionnelle. Entre médiocres et acceptables, ses performances avaient laissées dubitatifs tous les supérieurs qu’il avait eu dans sa carrière. Il avait cru cette dernière finie quand, pendant deux ans et demi, il avait végété dans l’USS Baltimore décrépi, qui pourrissait lentement aux Quartiers Généraux de la Flotte, à San Francisco. Heureusement était arrivé Harry Harlington, porteur de l’ordre de réarmer le navire.
Garcia soupira. Son supérieur le poussait en permanence à s’améliorer, mais le pilote avait beaucoup de mal à se dépasser : les moindres manœuvres lui semblaient très compliquées et il devait souvent - trop à son goût - faire ses gammes pour ne pas perdre la main. Malgré la nonchalance et l’air sûr de lui qu’il affichait tout le temps, il n’en menait pas large à cet instant précis. Dans un laps de temps indéterminé qui ne serait qu’une question de jours, il lui faudrait poser le Baltimore tout près de la colonie de Narnaya Prime, or il n’avait jamais pratiqué d’atterrissage avec. Entre toute une batterie de procédures à connaître sur le bout des doigts et un environnement planétaire assez hostile, il serait servi pour la manœuvre !
Il avait pourtant fait de l’assez bon travail lors de l’affrontement contre les forces du capitaine Valment, au point d’y gagner les galons de sous-lieutenant. Mais nul n’avait jamais su à quel point il avait été au bord de la panique pendant les combats, ni comment il avait dû se faire violence pour rester un tant soit peu efficace. S’il était parvenu à donner le change jusque-là, la vraie question était de savoir encore combien de temps il parviendrait à le faire.
Garcia soupira à nouveau. Sa vie personnelle non plus n’était pas rose ces jours-ci. Certes, il avait une petite amie qui servait à bord, l’aspirant Kimiko Heitashi, officier de sécurité. Petit bout de femme à ne pas sous-estimer - elle pratiquait pas moins de huit arts martiaux différents -, la séduire avait été un jeu d’enfant pour lui. Toujours espiègle et souriante, il l’avait trouvée craquante dès leur premier contact, et il s’était promis qu’elle échouerait dans son lit. Passé le plaisir de la conquête, que restait-il ? Jamais grand-chose aux yeux de Garcia. Une femme n’était intéressante que s’il fallait la séduire ; tombée amoureuse, elle n’était plus qu’envahissante. Il ne s’écoulerait plus beaucoup de temps avant qu’il rompe avec elle. Restait à le lui faire comprendre et à trouver les mots justes.

*
**


T’Savhek était tellement plongée dans sa prise de notes qu’elle manqua de sursauter quand la sonnette de sa porte retentit.
– Entrez, fit-elle avant de pianoter furieusement sur son clavier pour finir un nouveau paragraphe de son rapport.
Dès qu’elle eut fini, elle leva les yeux et découvrit Sulok.
– Bonsoir, mon frère.
– Bonsoir, ma sœur. En plein travail ?
– Nous autres Vulcains ne le sommes-nous pas toujours ?
– Presque, ma chère. Écoute… incidemment, tout à l’heure, j’ai parlé de tes liens avec Silkar au commandant. Bien que ce soit un sujet strictement privé à tes yeux, pour ma défense, j’étais persuadé que tu t’en étais déjà ouvert à lui, vu que vous êtes relativement proches.
– Et pourtant tu étais dans l’erreur, répondit T’Savhek, un peu sur la défensive.
– Je trouve cela étrange. Il est certes ton supérieur, mais vous avez partagé des moments forts ensemble. Vous me semblez même être passés au stade de l’amitié, me trompé-je ?
– Nous avons en effet des liens. Amitié, je n’en suis pas sûre. Respect mutuel, en revanche, c’est certain. En tout cas, pas de liens assez importants pour que je lui parle de mon fiancé.
– Vraiment ? Pourtant, quand tu te marieras, je présume que tu quitteras le service de Starfleet pour regagner Vulcain, et que tu abandonneras donc ton poste… et ton commandant ?
– C’est en effet ce que j’ai toujours envisagé. Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Servir dans Starfleet n’est pas idéal pour mener une vie de famille, et tel n’est de toute manière pas mon but. J’ai toujours pensé qu’une fois mariés, Silkar et moi retournerions sur Vulcain pour y fonder notre famille.
– J’ai une autre solution à te proposer, ma chère.
– Je t’écoute.
– Depuis combien de temps n’as-tu pas vu Silkar ?
– Six mois et dix-sept jours. Ta mémoire te jouerait-elle des tours ? Tu y étais.
– Je sais que vous êtes fort attachés l’un à l’autre. Pourquoi ne pas concrétiser cet attachement en demandant à notre commandant de vous marier ? Après tout, il en a les prérogatives. Pourquoi encore attendre alors que l’occasion vous est fournie ?
– Il est hors de question que je rompe mon serment d’officier de Starfleet : je ne compte pas démissionner.
– Qui te parle de démissionner ? Il existe une autre solution. Une fois que vous serez mariés, vous pourrez mettre à profit cet état de fait pour demander à servir ensemble. Notre oncle Stelek n’aurait qu’un mot à dire pour arranger cela.
– J’avoue que l’idée de conjuguer les devoirs d’une épouse et ceux d’un officier de Starfleet ne m’était pas venue à l’esprit. C’est une perspective séduisante, mon frère, je te remercie de me l’avoir soumise. J’en parlerai dès demain matin au commandant.
– Voilà qui est dit et bien dit, ma sœur. À demain.
– À demain, Sulok.
Restée seule, T’Savhek donna assez de mou à sa discipline vulcaine pour permettre à ses pensées de vagabonder librement. Elle se demanda pourquoi Sulok avait paru la sonder à propos de… elle et du commandant Harlington ? Drôle d’idée que d’envisager que quelque chose puisse se passer entre eux. Une idylle entre un commandant et son officier en second ne pourrait déboucher que sur une catastrophe, toutes les statistiques le montraient.
Ce qui ne l’empêchait pas de beaucoup aimer cet humain, qu’elle considérait comme un véritable ami même si leurs relations dépassaient rarement le cadre du travail. Il ne pensait pas comme un Vulcain, loin de là, même, et c’était ce qui le rendait spécial : son enthousiasme, ses émotions non réprimées avaient quelque chose de… vivifiant ? Peut-être était-ce le mot juste, mais elle n’en était pas certaine. Jamais elle ne connaîtrait une telle sensation auprès d’un Vulcain.
Quant à savoir pourquoi elle ne lui avait jamais parlé de Silkar… elle n’avait pas été tout à fait franche avec Sulok. Harry Harlington comptait vraiment sur elle et il était d’une loyauté sans faille à son égard. Elle n’avait pas envie de lire de la déception dans ses yeux quand elle lui apprendrait son mariage. Car à partir du moment où son union avec Silkar serait décidée, ce ne serait qu’une question de temps avant qu’ils ne cessent de travailler ensemble. Ce qu’elle ne désirait pas, se rendit-elle compte avec surprise.

*
**


Les yeux rouges de fatigue, Harlington arpentait les coursives du Baltimore, une tasse de café corsé à la main. Elle ne serait pas de trop pour tenir un quart ennuyeux au possible dès qu’il aurait rejoint la passerelle. Quand il entendit la voix de T’Savhek l’interpeller, derrière lui, son humeur remonta instantanément de plusieurs crans.
– Bonjour, T’Savhek, sourit-il. Comment allez-vous ?
– Ma forme est optimale, commandant. Puis-je vous entretenir d’un sujet personnel ?
– Bien sûr, je suis à votre disposition, répondit-il.
– Mon frère m’a appris qu’il vous avait parlé de mon futur mari.
– En effet. Et j’avoue que je n’en soupçonnais pas l’existence.
Était-ce une pointe de reproche qu’elle sentit dans sa voix ?
– Il est vrai que les circonstances n’ont jamais été propices pour que je vous en entretienne. Maintenant que mon frère a vendu la mèche, comme vous dites, vous autres les humains, je pense vous devoir une explication.
– Je ne me permettrai pas de m’immiscer dans votre vie sans y avoir été invité.
– Je le sais et je vous remercie de faire montre d’une telle discrétion, commandant. Je suis fiancée à Silkar depuis très longtemps. Je m’étais toujours imaginée l’épouser une fois nos temps respectifs de service au sein de Starfleet achevés, mais j’avoue que devenir sa femme dès maintenant ne serait pas pour me déplaire.
Harlington sentit un étau enserrer son cœur à ces paroles, mais parvint à faire bonne contenance.
– Euh… êtes-vous sûre que ce soit une bonne idée ? Vous seriez loin l’un de l’autre.
– Un rapprochement géographique ne serait pas un problème une fois notre mariage prononcé.
– Oui… c’est vrai. Le règlement de Starfleet prend en compte les spécificités familiales. Qui plus est, votre oncle pourrait sans doute accélérer les choses.
– Exactement, acquiesça T’Savhek.
– Vous quitteriez l’USS Baltimore, ou tenteriez de faire inclure votre mari à l’équipage ?
– À vrai dire, il est trop tôt pour y songer. il faut d’abord que j’en parle avec Silkar.
– Oui, bien sûr. Puis-je vous poser une question personnelle, T’Savhek ?
– Faites, commandant.
– Vous… l’aimez ?
– Les mariages arrangés entre Vulcains s’avèrent le plus souvent aussi solides que les mariages d’amour. Certes, ce sont tout d’abord des mariages d’intérêt, mais quand vous y êtes préparé dès votre plus jeune âge, les deux futurs époux font ce qu’il faut pour être proches l’un de l’autre. Silkar et moi avons toujours été en contact dès que c’était possible. Il est issu d’une famille importante et a bénéficié d’une éducation sans faille, c’est indubitablement un bon parti. Depuis le temps que nous nous côtoyons, nous savons que nos caractères s’accordent. Et il est bien fait de sa personne, ce qui ne gâte rien.
– Je… j’en suis ravi pour vous, T’Savhek, fit Harry, pris d’une soudaine envie de hurler et de se taper la tête contre les murs.
Comment ne se rendait-elle pas compte qu’elle venait de le poignarder en plein cœur ?
– Si Silkar est d’accord pour que la cérémonie se fasse rapidement, ce serait un honneur pour moi que vous nous mariiez.
– Moi ? demanda Harlington, incrédule.
– C’est l’une de vos prérogatives de commandant de navire, et je préfère que ce soit vous qui officiiez qu’un parfait inconnu ou un haut dignitaire de Vulcain.
– Bien sûr, vous pouvez compter sur moi, répondit Harlington précipitamment.
Dieu qu’elle était belle. L’ovale parfait de son visage et ses traits fins étaient rehaussés par ses yeux verts irradiants de bonheur.
– Alors, c’est entendu. Merci beaucoup, commandant, je ne vous dérange pas plus longtemps.
Elle salua et s’en fut, tandis qu’Harlington restait immobile dans la coursive, pétrifié. Ce serait à lui de la marier ? Pour la première fois de son existence, il comprenait le sens de l’expression « boire le calice jusqu’à la lie ».

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Jeu 25 Juin - 14:30

Toujours aussi bonne cette fic!
J'aime toujours autant ta petite touche humoristique ainsi que ton coup de plume (enfin ton coup de pc, devrais-je dire^^)
C'est du Minos, y a pas à dire, c'est bon, ça se mange sans faim!

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Jeu 25 Juin - 14:48

Alors bon appétit, l'ami ! Razz

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Ven 26 Juin - 19:09

Je copierai cela bientôt et lirai ensuite, mais à la simple vue du premier chapitre, ça ne serait pas plutôt une intro ou même un petit prologue ?
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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Ven 26 Juin - 19:20

Nan, je repars dans le même format que pour la première histoire : une vingtaine de chapitres, de 2 à 3 pages chacun. Wink

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Mer 1 Juil - 19:14

Chapitre 3 : tensions



Thif sentait que la déprime n’était pas loin. Effectuer les tâches ingrates réservées à un infirmier pour le compte d’un médecin acariâtre lui pesait chaque jour un peu plus. À plus forte raison quand le médecin était Vulcain, et que Thif était Andorien.
Certes, les deux peuples avaient enterrés la hache de guerre des décennies auparavant. Certes, ils avaient fait partie des espèces à l’origine de la création de la Fédération des Planètes Unies. Quand bien même : il n’était pas rare que des problèmes ponctuels resurgissent entre membres de ses deux races, et Thif se sentait pris au piège d’une telle situation.
Depuis le premier jour où il s’était retrouvé sous les ordres de Sulok, Thif avait senti l’hostilité à peine voilée qui émanait de son supérieur. La réponse logique qu’il avait trouvé avait consisté à la lui rendre cordialement. Sulok était un Vulcain typique aux yeux de Thif : arrogant et méprisant envers les autres. Subir ses piques et ses remontrances à longueur de journées commençait à lui taper sérieusement sur les nerfs.
D’accord, il n’était peut-être pas le meilleur infirmier de la Fédération. Oui, il avait terminé à une place plus ou moins honorable dans sa promotion, en tête du peloton d’étudiants qui suivait les six premiers, de loin les plus brillants. Mais cela ne remettait pas en cause ses compétences… du moins tant qu’on n’était pas sous les ordres d’un Vulcain.
Avec lui, Sulok était cassant et ne manquait pas une occasion de souligner ses erreurs, selon lui nombreuses. Comme son supérieur menait de très intéressantes et prometteuses sur le virus hélicondratile, qui faisait des ravages dans l’Amas de Caenderf, Thif s’était vite retrouvé à l’aider, bien qu’il ne comprit goutte aux expériences menées par Sulok. Plutôt que de l’en remercier, le Vulcain agissait comme si Thif était un frein pour lui. Thif encaissait tout sans se plaindre, mais il sentait que ses limites serait bientôt atteintes…

*
**


Quand Kimiko Heitashi entra dans la cabine d’Antonino Garcia, le pilote était penché sur son écran d'ordinateur, de dos. Elle s'approcha, l’enlaça et lui baisa le cou, mutine. Il soupira et lui attrapa les poignets en se retournant. Elle en profita pour se coller à lui, radieuse, mais quand il la repoussa, elle le toisa, intriguée. Surtout quand il ajouta un « Écoute, il faut qu’on parle » de mauvais augure.
– Hum… comment te dire ça ? reprit-il. On a vécu des super moments ensemble, on s’est bien amusés, mais…
– Mais quoi ? demanda Heitashi, tombant des nues.
– Je ne crois pas que ce soit une bonne idée qu’on sorte ensemble, en fait.
– Comment ça, sortir ensemble et bien s’amuser ? Tu... tu ne vas quand même pas oser me dire que c'est tout ce que tu vois dans notre relation ?
– Franchement, Kimiko, on a vécu quelque chose de fort, je suis le premier à le reconnaître. Mais depuis, j'ai pas mal réfléchi à nous deux, et je pense que nous allons droit dans le mur.
– Je ne vois pas comment, fit Kimiko d'un ton glacial, mais explique-moi quand même.
– Nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre assez vite. On n'a pas assez songé aux conséquences, on s'est laissé griser parce que notre amour était tout beau tout nouveau.
– Comme tout début d'histoire, je te signale !
– Ou comme une fausse histoire, Kimiko.
– Pardon ?
– On a foncé, on s'est trouvé, mais je vois avec inquiétude à quel point tu t'es vite attaché à moi. Ce que je veux dire, c'est que tout va trop vite. On ne se connaît pas encore assez pour se faire des grandes promesses d'avenir et de vie commune.
– Depuis, répliqua-t-elle, nous apprenons à nous connaître, nous rattrapons ce retard à grande vitesse.
– Oui, mais comprends-moi. Nous servons à bord du même navire, cela pourrait poser problème dans le travail du travail. Imagine que nous en arrivions à nous séparer ? Comment on ferait pour s'éviter sur un vaisseau aussi petit ? Tu sais que ce serait impossible.
– Nous n'avons qu'une seule manière de savoir si notre couple peut durer : c'est de le vivre au quotidien !
– À quoi bon ? Tu te rends compte que l'un de nous peut mourir n'importe quand ? Servir au sein de Starfleet n'est pas une mince affaire, c'est dangereux. Sans parler du fait que nous pourrions mourir tous les deux. Tu te vois fonder une famille dans ces conditions ? Je suis désolé mais ce n'est pas mon cas. Cela représente trop d'aleas. C'est cruel à dire car je suis profondément attaché à toi, sois-en sûre, mais il vaut mieux s'en tenir là.
Le cœur au bord des lèvres, Kimito Heitashi ne répondit rien. Ce salaud lui avait tant promis, il avait été si charmant ! Comment avait-elle pu être aussi gourde ? Le pire étant que ce n'était pas la première fois qu'elle tombait dans un piège similaire. Elle avait pourtant cru que cette fois-ci, elle pourrait pleinement vivre une vraie histoire, ce à quoi elle aspirait vainement depuis toujours. Justement parce qu'ils servaient ensemble...
Un étau lui comprimait la poitrine et sa gorge était comme desséchée, incapable d'émettre le moindre mot. Si elle restait une minute de plus, elle allait fondre en larmes. Ce qu'elle refusait de faire devant Garcia. Pas alors qu'il affichait un air de commisération.
– Tu sais, Kimiko, je...
Elle leva la main et secoua la tête pour le faire taire. Elle quitta prestement les lieux, à deux doigts de craquer. Dès qu'elle fut dans la coursive, elle courut jusqu'à sa cabine, trois portes plus loin, où elle s'enferma pour laisser libre cours à son chagrin.

Harry Harlington, qui avançait au bout du couloir, remarqua le manège de l'officier de sécurité. Indécis, il se demanda s'il ne devait pas s'enquérir de l'état de santé de l'enseigne Kimiko Heitashi. Finalement, il préféra s'abstenir de peur de passer pour indiscret. Il nota néanmoins avec intérêt que Heitashi était sortie des appartements du pilote Antonino Garcia. Alors les rumeurs qui circulaient à bord étaient fondées ? Il se passait quelque chose entre ces deux-là ?
Vue l'expression décomposée de l'enseigne Heitashi, les bruits colportés risquaient de changer de teneur. Quoi qu'il en fut, Harlington se promit de les surveiller tous les deux, au cas où leurs problèmes personnels aient une influence sur leurs performances professionnelles. Peut-être même devrait-il s'en ouvrir à Sulok, officier médical en chef ? Il renonça vite à cette idée : ce Vulcain froid comme une lune de Dogben semblait bien être le dernier du bord à pouvoir faire montre de compassion et d'empathie pour autrui.

*
**


– Monsieur Thif, vous en avez fini avec l'analyse des échantillons de parsémiodine ?
Comme toujours, Sulok s'exprimait d'une voix tranchante. Comme toujours, Thif sentit une bouffée de chaleur l'envahir. Pour une fois, il n'eut pas besoin de faire d'effort pour se calmer, car les résultats qui s'affichèrent sur son écran firent diversion.
– Je suis dessus, monsieur. Mais... les données sont incohérentes, je ne comprends pas.
– Soyez plus précis, monsieur Thif. Quel genre d'incohérences ?
– J'affine mes recherches, docteur, fit-il en pianotant furieusement sur l'écran. Quand les nouveaux résultats apparurent, l'épiderme bleu de Thif prit une teinte plus pâle et ses antennes s'affaissèrent.
– Oh non... murmura-t-il.
– Que se passe-t-il, Thif ?
– Les données indiquent que l'échantillon du vaccin a été contaminé.
– Comment est-ce possible, Thif ? demanda Sulok en venant lire par-dessus l'épaule de l'Andorien. Et surtout, par quoi ?
– Je crains avoir commis une erreur de manipulation, monsieur. Je détecte de l'ADN andorien dans les composants de notre solution.
Sulok vérifia, avant de reprendre la parole.
– Monsieur Thif, ces recherches sur le virus hélicondratile sont d’une extrême importance. Il s'agit de sauver des milliards de vies d'un virus mutagène dont la potentialité de destruction dépasse de loin tout ce à quoi nos civilisations ont été confrontées par le passé. Nous avons 7 659 tests à accomplir, en espérant trouver une piste pour un remède. Si nous y arrivons, ce qui n'est même pas certain, il faudrait encore de longs mois pour en affiner les effets et surveiller l'évolution sur le long terme.
« Monsieur Thif, accepter votre aide pour mes travaux m'avait paru une bonne idée, mais la répétition de vos erreurs a fini par me faire changer d'avis. Vous vous rendez compte que vous n'êtes pas capable de manipuler proprement des échantillons. J'aurai préféré que vous ne fassiez rien plutôt que de me faire prendre du retard sur mon planning de recherches. Je ne veux plus de votre aide, monsieur Thif : vous n'avez que trop prouvé que vous étiez pire qu'un inutile.
La frustration et le stress accumulés par Thif sous les ordres de Sulok explosèrent soudainement. Il jaillit hors de son fauteuil et se jeta sur Sulok, le poing en avant.
Il ne porta qu'un seul coup, puissant, à la mâchoire du médecin trop stupéfait pour réagir. Sulok tomba sur les fesses et son masque d'équanimité vulcaine laissa brièvement place à une expression d'intense surprise.
Thif reprit le contrôle de ses nerfs au moment où il toucha le médecin. La honte l'envahit. Il allait devoir affronter les conséquences de son geste. Il ne s'excusa pas, ni n'aida son supérieur à se relever. Il se contenta de quitter l'infirmerie pour regagner ses quartiers.

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Mer 1 Juil - 19:37

Justement, je me demandais où en était cette histoire^^

Encore un très bon chapitre, selon moi!

Tu maîtrises assez bien l'univers de ST, je trouve et tes personnages sont sympathoche, Kimito étant particulièrement touchante

Les dialogues sont vivants, et l'histoire de plus en plus prenante!

J'attendrais donc la suite avec impatience!

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Mer 1 Juil - 19:41

J'adore le gars qui frappe son supérieur ! Ok ça se fait pas, mais nous autres pauvres humains sommes bien contents de voir qqn se lancer à notre place !

Pour Kimito, faut qu'elle se venge, j'espère qu'elle ira demander la mutation de l'autre zigoto au capitaine ! Ou plus sadique, qu'elle l'accuse de viol Razz

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Mar 7 Juil - 22:10

J'ai copié les trois premiers chapitres, je pense qu'il y a aura d'autres copies avant que je ne trouve le temps de lire, corriger, proposer.... Mais bon, je sais que tu n'es pas un homme pressé Minos, alors....
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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Mar 7 Juil - 22:23

Je suis si pressé et débordé que je prends de plus en plus mon temps pour tout. Very Happy

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Mer 16 Sep - 23:52

Chapitre 4 : Mises au point



Les conséquences ne se firent pas attendre. Sulok, la lèvre fendue, alla sonner à la porte des appartements du commandant Harlington et déposa sa plainte officielle contre l’infirmier andorien, assortie d’une demande de cour martiale pour son subordonné.
Au vu de l’heure tardive, Harlington promit la réunion d’une commission d’enquête dès le lendemain matin, après avoir ordonné au médecin-chef et à l’infirmier, contacté par communicateur, de rédiger sur-le-champ leur compte-rendu sur l’incident.
Moins d’une demi-heure plus tard, les deux rapports entre les mains, il les envoya sur les postes de travail de T’Savhek, officier en second, et de Lupescu, chef de la sécurité, avec l’ordre de les étudier pour le lendemain matin.
Harlington pesta intérieurement contre Thif et Sulok avant d’amener leurs rapports respectifs sur son écran de contrôle. La nuit promettait d’être longue et le café allait couler à flots du synthétiseur de nourriture…

*
**


Ce fut les yeux cernés de fatigue et une énième tasse de café à la main que Harry Harlington entra ce matin-là dans le mess réquisitionné pour la réunion. Bien qu’en avance, Harlington constata avec une certaine pointe d’agacement que T’Savhek, Sulok et Lupescu étaient déjà là.

Il répondit aux saluts de ses subordonnés par un simple hochement de tête avant d’entrer aussitôt dans le vif du sujet.
– Vous avez tous lu les comptes-rendus de Sulok et de Thif. Lupescu, en tant que chef de la sécurité, qu’en pensez-vous ? Une cour martiale est-elle justifiée ?
– Même si j’ai beaucoup d’estime pour Thif à titrrre perrrsonnel, comme le rrreste de l’équipage, je tiens à le souligner, je crrrains que son geste ne nous laisse pas le choix, monsieur.
– T’Savhek ?
– Je suis d’accord : il n’y a pas d’autre option que de réunir une cour martiale. Frapper un officier supérieur est un acte extrêmement grave qui ne peut rester impuni. La suite logique sera que l’aspirant Thif sera exclu de Starfleet, après avoir purgé une peine d’emprisonnement qui, selon les recherches que j’ai menées, pourrait aller jusqu’à…
– On se calme, coupa Harlington.
– Monsieur ?
– Ne condamnez pas Thif avant que la cour martiale ne se soit prononcée sur son sort… si cour martiale il y a.
– Commandant, reprit la Vulcaine, avec tout le respect que je vous dois, il ne peut pas ne pas y avoir de cour martiale. Pas avec des faits d’une telle gravité.
Harlington se tourna vers Sulok, resté prudemment silencieux.
– Monsieur Sulok, quelles sont vos fonctions à bord ?
Le Vulcain haussa un sourcil, seul signe visible de sa surprise, avant de répondre.
– Je suis le médecin du bord, monsieur.
– Plus précisément ?
– Je dois veiller à ce que la santé physique et mentale de l’équipage soient à leurs niveaux optimaux.
– Et ?
– Je ne vois pas où vous voulez en venir, monsieur.
– Sont-ce vos seules attributions sur le Baltimore ?
– Oui, monsieur.
– Vos recherches sur le virus hélicondratile entrent-elles dans le champ officiel de vos fonctions de médecin du bord ?
– C’est un programme ambitieux, subventionné par la Fédération des Planètes Unies, et que je mène en collaboration avec d’autres chercheurs.
– Cela ne répond pas à ma question, docteur.
– La réponse est non, monsieur. Ces travaux, aussi importants soient-ils, sont menés en-dehors du cadre de mes fonctions officielles, sur mon temps de loisir.
– Alors si j’ai bien compris, asséna sèchement Harlington, vous voulez convoquer une cour martiale pour un incident survenu entre deux membres de l’équipage pendant leurs loisirs ?
– Commandant, intervint T’Savhek, aussi pertinent que soit votre argument, ne pas punir l’infirmier Thif pour son geste conduira à miner la discipline sur le navire, et le respect dû au médecin de bord risque d’en pâtir d’une manière qui pourrait s’avérer désastreuse.
– Vous n’avez pas tort. Mais il y a un autre point qui me gêne. D’après ce qu’a expliqué Thif dans son rapport, ses relations avec vous, Sulok, n’ont jamais été au beau fixe, et ont empiré jusqu’à la perte de son self-control hier soir. D’un point de vue psychologique, pensez-vous que cette théorie se tienne, docteur ?
– Je veux bien admettre que chez les espèces intelligentes qui ne maîtrisent pas leurs émotions, notamment les Andoriens, les choses soient arrivées telles que vous les décrivez.
– Comme vous l’avez souligné par ailleurs, votre fonction consiste à veiller à ce que l’équipage soit au top de sa forme physique et mentale. Ne peut-on pas penser que vous avez failli à votre devoir de médecin en laissant l’état psychologique de l’infirmier Thif se dégrader jusqu’à aboutir à l’incident d’hier soir ?
Un silence pesant se fit suite à cette déclaration. Les deux Vulcains semblèrent soupeser les arguments avancés par leur commandant, tandis que Lupescu, qui restait prudemment silencieux, avait du mal à dissimuler sa satisfaction.
– Commandant, finit par répondre Sulok, j’admets n’avoir pas prêté assez attention aux signes avant-coureurs. Je me rends compte qu’il y en avait. De ce fait, je porte une part de responsabilité dans ce qui s’est passé.
– Je suis ravi de constater que nous arrivons à la même conclusion, docteur. Souhaitez-vous toujours engager une procédure en vue de réunir une cour martiale contre l’aspirant Thif ?
– Je crois qu’en fin de compte, ce ne serait guère adéquat, monsieur.
– Un simple non m’aurait suffit, docteur, rétorqua Harlington en souriant pour la première fois depuis le début de la réunion. J’ose espérer que votre mauvaise appréciation de l’état d’esprit d’un membre de l’équipage sera la dernière erreur du genre.
– Je l’espère aussi, monsieur, et je puis vous assurer que je vais travailler la question.
– Parfait ! Dans ce cas, je ne vous retiens pas plus, messieurs dame. Sulok, je vous laisse annoncer vous-même à l’infirmier Thif les conclusions de cette réunion. Lupescu, restez un peu, j’ai à vous parler.
Dès que les Vulcains furent sortis, Harlington dit à son chef de la sécurité :
– La position du docteur Sulok est désormais affaiblie, et ses compétences pourraient être remises en cause par l’équipage suite à l’incident. Il ne gagnera sans doute jamais un concours de popularité à bord, mais je ne veux pas qu’il soit mis au ban de l’équipage ni qu’il soit l’objet de railleries ou d’irrespect.
– Si je peux me perrrmettrrre, monsieur, il s’est déjà mis tout seul au ban de l’équipage.
– Ce n’est pas une raison pour l’enfoncer. Je veux que vous insistiez auprès de tout le monde sur l’autocritique qu’a mené le docteur. Il sait reconnaître et admettre ses erreurs et est là pour prendre soin de l’équipage, voilà le message à faire passer.
– À vos orrrdrrres, monsieur.
– Merci, Lupescu, ce sera tout.
Une fois seul, Harlington se permit un long soupir théâtral. La situation semblait déminée, mais l’intuition tenace que les choses n’en resteraient pas là refusait de le quitter…

*
**


Comme convenu, Sulok se rendit aux quartiers de Thif et lui apprit l’abandon de la menace qui planait sur lui. Puis il se tut, après avoir reconnu sa part de responsabilité dans l’incident.
Visiblement gêné, Thif eut besoin de temps à remettre ses idées en place. Soulagé de voir l’évolution de sa situation après avoir envisagé le pire, il lâcha :
– Même si les charges sont abandonnées, je tiens à vous présenter mes excuses, docteur. Jamais je n’aurais dû vous frapper, et jamais je n’aurais dû commettre l’erreur grossière de contaminer nos échantillons. Je… si vous voulez encore de mon aide pour vos travaux sur le virus hélicondratile, je serai honoré de vous assister, car ces recherches sont très importantes pour la survie de milliards d’êtres.
– En ce cas, allons de l’avant, monsieur Thif. Je serai d’ailleurs curieux de savoir si la contamination de nos échantillons par votre ADN ne nous apprendra pas certaines choses qui nous ont échappé sur le virus.
– Vraiment ? Vous voulez dire que mon erreur pourrait en fin de compte nous faire avancer ?
– Qui sait, monsieur Thif ?
À vrai dire, Sulok ne le pensait guère, mais aussi illogique – et donc irritant pour son esprit vulcain – que cela paraisse, il n’était pas rare que des hasards et des erreurs soient à l’origine de percées fondamentales dans le monde de la recherche et de la science.

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Jeu 17 Sep - 9:55

Sympa comment notre commandant retourne la situation à son avantage Wink Et sympa de voir comment sulok ne voit rien venir ^^

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Jeu 17 Sep - 10:00

tiens, voici une suite fort intéressante!
Je suis d'accord avec Notsil pour le commandant, c'est assez sympathique cette façon de retourner la situation.
Par contre, j'ai trouvé le chapitre un peu court! Mais c'est peut-être parce que j'ai passé un bon moment!

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MessageSujet: Re: USS Baltimore II : Narnaya Prime   Jeu 17 Sep - 10:21

Merci !

>Den : le chapitre suivant est bien plus court ! Du coup je vais écrire le suivant avant de poster les deux à la suite.

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