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 L'USS Baltimore

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Minos
Lapinou Imperator
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Ven 19 Sep - 12:31

Et hop, deux chapitres d'un coup. Wink

Chapitre 11 : la vie à bord


Une sourde anxiété ne quittait pas Harry Harlington, due à ses doutes grandissants sur ses capacités à être à la hauteur. Chaque page des ouvrages de Jericho lui renvoyait son inexpérience à la figure. Il en ressortait que le commodore avait été un excellent commandant. Harlington était persuadé que lui-même, placé dans les circonstances narrées par le commodore, aurait tout gâché depuis longtemps.
Extérieurement, il affichait un air sûr de lui, afin de montrer à ses hommes qu’il maîtrisait la situation, et que rien n’était capable de l’inquiéter. Il se demanda si ses hommes ne le jugeaient pas imbu de lui-même.
Dans les premières heures du voyage, il ne quitta pas sa cabine, avant d’estimer que c’était une erreur. Au contraire, il devait se montrer, se familiariser avec son équipage, lier des relations humaines avec lui. Il lui fallait veiller à ce que la somme d’individualités qui était sous ses ordres se transforme en véritable équipe : bien sûr, l’Académie voire des postes déjà occupés les y avait préparés, mais cette alchimie devait également être provoquée. Il décida d’aller poursuivre ses lectures au mess.

Sur un navire de taille plus importante, le mess était réservé aux officiers. A bord de l’exigu Baltimore, pourvu d’une petite vingtaine de membres d’équipage, une telle procédure aurait été pour le moins incongrue, aussi Harlington avait-il fait passer une note de service en autorisant l’usage à tout le monde, suivant un usage répandu dans Starfleet pour les bâtiments d’un tel gabarit. Ce serait en outre l’occasion de jauger de l’état d’esprit et du moral des troupes.

Quand il entra dans le mess, terme en soi impropre puisqu’il faisait aussi office de salle de détente, celui-ci était occupé par plusieurs membres d’équipage, seuls ou par petits groupes. Quelques rires fusaient, dans une ambiance bon enfant. Harlington constata avec soulagement que l’amiral Sanders ne s’y trouvait pas, et se dirigea vers une table, relativement isolée et pourvue d’un terminal informatique. Quelques membres d’équipage, surtout parmi les plus jeunes, surpris de son arrivée, voulurent se mettre au garde-à-vous, mais leur commandant les en dissuada, secouant la tête et lançant à la cantonade :
– Merci de cesser de me faire un salut militaire à chaque fois que vous me croisez. Un simple hochement de tête et un « bonjour, commandant » suffisent amplement. On ne va pas passer nos journées à se faire des courbettes…surtout quand nous ne sommes pas de quart !
Sa tirade énoncée, il ressentit un élan d’autosatisfaction en voyant les sourires soulagés sur le visage de ses subordonnés. Bien sûr qu’il voulait leur obéissance inconditionnelle. Mais il voulait aussi faire régner à bord une atmosphère décontractée.

Il passa devant une table occupée par T’Savhek et Sulok, un jeu d’échecs tridimensionnels entre eux. Son officier en second lui lança :
– Il faudra que nous reprenions nos parties, commandant.
– Dès que j’aurai une minute, T’Savhek, répondit-il dans un sourire, tout en pensant « Jamais ! ».
Quand ils étaient à bord de l’Eagle, Harlington avait été fasciné par T’Savhek : il n’avait jamais rencontré de Vulcain avant. Il avait trouvé les échecs tridimensionnels comme prétexte pour l’aborder, après qu’il l’eut vue y jouer seule. A vrai dire, il n’aimait pas ce jeu, auquel il s’avérait pour le mieux médiocre. Mais se montrer auprès de cette créature aussi belle qu’exotique n’avait pas été pour lui déplaire.
Quel cabot, se morigéna-t-il en s’asseyant, quelle vanité à l’époque ! Il s’inquiéta, à la pensée que l’affectation de T’Savhek obéissait peut-être à la même logique. Non, ce n’était pas possible. Il ne l’avait demandée à bord que pour ses compétences, et parce qu’il la connaissait un peu. Le fait qu’elle soit extrêmement séduisante n’entrait pas en ligne de compte. Quoique…
Refusant de suivre le fil de cette pensée, son regard erra à travers la vaste pièce. Sanders et son aide de camp n’étaient pas là non plus. Apparemment, ils se cantonnaient dans leurs quartiers, ce qui n’était pas pour déplaire à Harlington. Vues les relations pour le moins ambiguës qu’il entretenait avec Sanders, il valait mieux pour le commandant de bord comme pour l’amiral qu’ils se croisent le moins possible. Il se demanda brièvement si les rapports entre Sanders et la superbe Sasha Viligo n’étaient que professionnels, avant de soupirer intérieurement.
En se lançant à corps perdu dans une carrière au sein de Starfleet, il avait mis de côté ces histoires sentimentales. Il fallait croire que cela lui manquait. Malheureusement, le moment était plutôt mal choisi pour y songer. Ni maintenant, ni dans les prochains mois. Il amena à l’écran l’ouvrage de Jericho sur les stratégies et se plongea dans leurs études, en prenant des notes de temps à autre. Il s’était installé dos à un mur, pour que personne ne voit le sujet de ses recherches. L’apprendre pourrait avoir des conséquences désastreuses sur le moral à bord.

***
Au cours des jours suivants, chacun prit ses petites habitudes. Les membres d’équipage pouvaient être quasiment certains qu’à chaque fois qu’ils mettaient le pied dans le mess, ils y trouveraient leur capitaine, assis dans un coin et occupé à travailler furieusement sur un terminal. Bien qu’ils fussent curieux, nul n’osa venir l’importuner pour en savoir plus.
Cet état de fait convenait parfaitement à Harlington. Il commençait à mesurer à quel point ses lacunes en matière de combat spatial étaient criantes, et eut l’impression de se retrouver au pied d’une montagne inaccessible. Ressassant donnée sur donnée, il ingurgitait tout ce qu’il pouvait sur le sujet, même quand il n’était pas certain d’avoir réellement compris le contenu.
Il se livrait à des simulations informatiques dans sa cabine, mais se maudit en constatant que les programmes embarqués à bord étaient très limités. Il aurait dû y prêter une attention toute particulière. Penser que des membres de l’équipage risquaient de mourir à cause de cette négligence le rendait malade. Pourvu qu’il n’y ait pas d’incident était une pensée qui revenait souvent chez lui.
Harlington se rendait rarement sur la passerelle. Au début, sa gorge se serrait dès qu’il y mettait le pied, et à chaque fois qu’il s’asseyait dans son fauteuil de commandement. Il s’aperçut vite que la réalité de la fonction, cachée derrière le mythe qu’il s’était lui-même forgé, n’était pas très attrayante. Les heures de quart n’étaient que de longs moments d’ennuis entrecoupés par des rapports d’une routine affligeante, qu’il camouflait derrière un masque méditatif. Il en profitait pour faire le point sur les connaissances qu’il était en train d’acquérir.

L’équipage n’était pas désœuvré, loin de là : T’Savhek multipliait les exercices pour le tenir en alerte et optimiser ses performances, et évaluait toutes les sections du bâtiment tous les trois jours.
Les pilotes et navigateurs, menés par l’enseigne Garcia, peaufinaient leur art du pilotage sur des simulateurs dont les données étaient actualisées en permanence pour coller au plus près des performances du Baltimore : ils effectuaient inlassablement leurs gammes, tels que les arrimages aux bases stellaires ou les manœuvres, et les calculs de navigation, et testaient également leurs réflexes lors d’engagements fictifs. Harlington n’aimait pas tellement Antonino Garcia : s’il ne pouvait nier que le charisme de l’Ibérique aux traits harmonieux lui valait de francs succès, son attitude, mélange de nonchalance et de sûreté de soi, ne manquait pas de l’irriter. Harlington aurait aimé être aussi à l’aise que son pilote principal en toutes circonstances. Mais il se demandait surtout ce qui se cachait derrière cette apparence : Garcia s’écroulerait-il en situation de stress, ou resterait-il efficace ?
Quand Harlington s’était ouvert de ce problème éventuel à Sulok, médecin en chef, celui-ci l’avait gratifié d’un regard d’une froideur impressionnante, avant de lui répondre que les problèmes médicaux potentiels rencontrés par l’équipage étaient de son seul ressort, mais qu’il ne manquerait pas de l’en informer, s’il estimait qu’ils risquaient d’affecter l’efficacité des hommes.
Ce même Sulok était en train de former son équipe à la biologie moléculaire, afin de poursuivre ses propres recherches sur le virus hélicondratile. Harlington avait écouté les explications de Sulok sur ce sujet durant quarante-cinq minutes. Pendant les quarante dernières, il s’était borné à approuver, opinant du chef ou émettant des grognements en guise d’assentiment, ne comprenant rien à ce que lui racontait son interlocuteur. Au final, tout ce qu’il avait retenu était que Sulok était bien parti pour obtenir les plus grandes récompenses médicales de la galaxie. Il eut également l’impression d’être passé pour un singe, à peine savant, aux yeux de son médecin-chef.
De leur côté, O’Connor et T’Savhek s’étaient rapprochées, et s’étaient elles aussi lancées dans des recherches sur des avancées techniques qui, selon elles, pourraient peut-être s’avérer déterminantes pour la technologie de Starfleet. Rien que cela. Le sous-lieutenant Harry Harlington, commandant de l’USS Baltimore, était au bord de la déprime, habité par le sentiment de sa propre médiocrité.
A tout prendre, il préférait la présence de Dorin Lupescu et Evander Mitchell, respectivement en charge de la sécurité et de la logistique. Si le premier s’entraînait dur pour participer au championnat du monde de taekwondo, sur Terre, il n’en restait pas moins un homme simple et abordable, très heureux que sa carrière ait décollé. Quant au second, sa gentillesse presque pathologique en faisait quelqu’un de très apprécié parmi l’équipage. Grand mystère pour Harlington, qui ne s’en plaignait pas, au contraire, Mitchell avait le cœur sur la main mais nul ne n’essayait d’en profiter, à sa connaissance.
De temps à autre, l’amiral Sanders daignait sortir de sa cabine, le lieutenant Sasha Viligo sur ses talons. Harlington, mis au courant par T’Savhek que l’amiral déambulait dans les coursives, s’était senti obligé d’aller lui tenir compagnie, mais Sanders lui avait vite fait comprendre que sa présence n’était pas souhaitée. L’amiral et son aide ne frayaient avec personne, se contentant apparemment de promenades, entrecoupées d’apartés. Une situation qui convenait à Harlington.

En vérité, il en était presque à prier pour qu’il se passe quelque chose. N’importe quoi pour briser la monotonie régnant en maître à bord. Il allait être exaucé au-delà de ses espoirs, et plus vite qu’il ne l’avait escompté.

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Minos
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Ven 19 Sep - 12:33

Chapitre 12 : le signal de détresse


Cette vie monotone se poursuivit quinze jours, durant lesquels Harlington fit des progrès conséquents en matière de stratégies de combat. D’un autre côté, il n’avait pas tellement hâte de les mettre en pratique. Seuls T’Savhek et son frère Sulok avaient osé lui demander quel était l’objet de ses recherches acharnées, mais il ne s’en était pas ouvert à eux. Si la curiosité de son officier en second le touchait – se pouvait-il qu’elle s’intéressât à lui ? –, il refusait d’apparaître devant elle en position aussi désavantageuse, voire humiliante : un commandant de vaisseau qui ne savait pas le diriger en situation de crise n’était pas digne d’occuper un tel poste, et il désirait impressionner la Vulcaine. Il éluda donc ses questions, en lui promettant qu’elle saurait tout le moment venu. Elle n’avait pas insisté.
Il fut nettement moins diplomate avec Sulok, qu’il soupçonnait de vouloir miner son autorité, en prenant en défaut ses capacités de commandement. Il lui avait donc répondu sèchement que cela ne le regardait pas, et le médecin n’avait pas insisté, sans quitter son habituelle impassibilité…que Harlington interprétait comme de l’arrogance et du mépris.

Au matin du seizième jour, Harry Harlington, café à portée de la main, occupait sa place habituelle dans le mess, les yeux rivés sur le compte-rendu d’une manœuvre particulièrement hardie tentée par Jericho, et qui était depuis lors connue sous le nom de Triple Boucle de Jericho, rien moins que cela.
L’intercom trilla et la voix de T’Savhek se fit entendre :
– Le commandant Harlington est demandé sur la passerelle.
Il lâcha un lapidaire « Je suis en route » dans l’intercom et, son mug à la main, s’engouffra dans l’ascenseur le plus proche.

Dès qu’il entra sur la passerelle, T’Savhek se tourna vers lui, quitta le fauteuil de commandement et resta tout à côté, les mains croisées dans le dos.
– Qu’est-ce qui se passe ? demanda Harlington en s’asseyant.
– Nous avons capté un signal de détresse, monsieur. A deux jours d’ici en vitesse de distorsion maximale.
– Un… ? Bon sang ! Avez-vous pu identifier qui l’a envoyé, et pour quelle raison ?
Lupescu, assis à la console de communications, se chargea de répondre :
– Le bâtiment est un cargo minier, immatriculé au registre de la Fédération des Planètes Unies. Apparemment, il a subi une panne de ses moteurs de distorsion, et ne dispose pas des pièces pour réparer sur place.
Le chuintement des portes de l’ascenseur se fit entendre derrière Harlington, et un coup d’œil lui permit de voir l’amiral Sanders et le lieutenant Viligo entrer sur la passerelle. Il les salua sèchement de la tête et demanda à T’Savhek :
– Sont-ils dans une situation qui nécessite une aide d’urgence ?
– A priori, non, commandant. Leurs moteurs en panne sont leur seul problème.
– Possédons-nous les pièces nécessaires pour les tirer d’affaire ?
– Non, monsieur, j’ai déjà vérifié ce point.
– Y a-t-il un autre bâtiment de Starfleet dans les environs, susceptible de les aider ?
– Oui, monsieur. L’USS Constellation du commodore Matt Decker. S’il détournait sa route dans l’heure qui vient, il pourrait rejoindre le cargo d’ici trois jours. Et c’est un bâtiment de classe Constitution : il a les moyens et le personnel pour venir à bout des problèmes techniques du cargo.
– Très bien, contactez-le et informez-le de la situation, s’il ne l’est pas déjà.
– Je doute qu’il le soit, monsieur, ses canaux de communications ne doivent pas être tournés vers cette région de l’espace.
– Dans ce cas, re…
– Je me permets de vous signaler, lieutenant, qu’il s’agit d’un signal de détresse, intervint l’amiral Sanders d’un ton tranchant.
– J’en ai bien conscience, amiral, rétorqua Harlington en faisant pivoter son fauteuil vers le haut gradé. Mais ce n’est pas une situation d’urgence, et nous n’avons pas…
– Ce sont des civils, il est de notre devoir d’aller les rassurer. D’autant que nous pourrions peut-être les aider, malgré ce qu’en dit votre officier en second. Et ce n’est pas en n’y allant pas que nous le saurons.
– Amiral, commença T’Savhek, il est hautement improbable que nous…
– Ce sera tout, lieutenant, coupa Harlington. Garcia, calculez la trajectoire qui nous mènera au cargo…comment s’appelle-t-il, au fait ?
– C’est le SS Orcus, monsieur.
– Entendu. Vitesse de distorsion maximale. Lieutenant T’Savhek, prévenez votre section.
– A vos ordres, répondit-elle laconiquement avant de vider les lieux, sans laisser la moindre expression transpercer sa carapace vulcaine.
– A la bonne heure, lieutenant Harlington, fit l’amiral Sanders. J’ai cru un instant que vous étiez un lâche. N’oubliez pas que Starfleet est au service des civils. Venir en aide aux nécessiteux fait partie de nos missions, au cas où vous l’auriez oublié. Ne serait-ce qu’en faisant acte de présence, en assurant autrui que nous sommes là et que nous veillons sur les nôtres.
– Je n’oublierai pas cette facette de Starfleet à l’avenir, amiral, soyez-en assuré.
Sanders se permit un large sourire que Harlington trouva malveillant, avant de quitter la passerelle à son tour, suivi comme son ombre par le lieutenant Viligo, qui semblait comme à son habitude indifférente à son environnement. Pourtant, Harlington la soupçonnait de jouer un rôle, car il lisait beaucoup de curiosité et de vivacité dans ses yeux bleus par ailleurs magnifiques.

La scène qui venait d’avoir lieu le contrariait. Il était censé être seul maître à bord après Dieu, comme le disait l’expression consacrée, et voilà qu’il venait de laisser son autorité s’effacer derrière celle d’un passager. Certes, celui-ci était plus haut placé que lui dans la hiérarchie de Starfleet, mais tout de même. En intervenant, Sanders savait qu’il minerait la position de Harlington, et le jeune lieutenant l’avait compris sur-le-champ.
Il avait interrompu T’Savhek car elle allait insister sur l’inutilité de dévier le Baltimore de sa route pour porter secours au cargo. Elle avait raison et elle le savait, tout comme Harlington, et tout comme Sanders lui-même. Mais Harlington aurait mis sa main au feu que l’amiral avait attendu impatiemment ce genre d’occasion pour s’opposer aux décisions des officiers de bord.
Harlington trouvait cette méthode méprisable. Et espérait qu’en cas de crise, Sanders aurait assez d’intelligence pour faire passer l’intérêt commun avant sa rancœur.

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Mer 24 Sep - 19:39

REtard! Retard! C'est un mot qui me vient souvent à la bouche, en ce moment^^
Pour la fin de la semaine prochaine, ce sera lu^^

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Mer 1 Oct - 0:30

Et voilà j'ai tout lu. J'aime beaucoup. Je trouve un peu juste les deux derniers chapitres mais j'ai tout consigné dans le fichier que j'ai bien évidemment pas pu mettre en pièce jointe. Je passe donc par Heilénia pour te le refiler. Ca te donnera l'occasion d'y venir une fois de plus.
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Minos
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Mer 1 Oct - 7:44

Merci pour l'avis...et merci pour le fichier joint. Wink

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Ven 3 Oct - 20:01

ben vu que tu n'es pas venu le chercher, je suppose que tu n'es pas pressé pour le récupérer.... Encore des longueurs dans ton emploi du temps mon bon roi ?
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Ven 3 Oct - 20:30

Je parie pour un simple oubli...l'âge, la mémoire, tout ça...

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Minos
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Ven 3 Oct - 22:19

Non mais dites-donc, c'est fini de venir polluer mon bô topic ! Evil or Very Mad

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Lun 13 Oct - 21:59

Chapitre 13 : les pirates


Journal de bord du commandant Harlington, coefficient espace-temps 1586,2. Nous sommes presque arrivés à la position occupée par le SS Orcus. Notre équipe d’ingénieurs, menée par le lieutenant T’Savhek, se tient à prête à être téléportée sur le cargo afin d’en diagnostiquer les problèmes techniques, même si T’Savhek doute fort que nous puissions y faire quoi que ce soit. L’enseigne Lupescu les accompagnera, en tant que chef de la sécurité. Simple précaution de routine.
Certains membres de l’équipage du
SS Orcus ont par ailleurs demandé à venir sur notre propre vaisseau : leur médecin chef, qui va bientôt manquer de certains antibiotiques, ainsi que leur navigateur, désireux d’obtenir des cartes actualisées de cette partie du quadrant. Bien entendu, il serait tout à fait possible de téléporter ces produits et données, mais je comprends parfaitement que nos futurs hôtes aient envie de rompre leur routine en venant nous rendre visite en personne.

Sur l’écran principal de la passerelle, le SS Orcus ne tarda pas à apparaître. Il n’était rien de plus qu’un gigantesque parallélépipède pourvu sur son avant d’une passerelle en forme de quart de sphère, et de deux moteurs de belle taille à l’arrière, pour l’heure éteints. Des traces de rouille le constellaient ça et là, et Harlington se demanda depuis combien de décennies il arpentait l’espace.
– Le capitaine Valment du SS Orcus nous contacte, commandant, fit Gork Nimar, l’officier de sécurité suppléant de Lupescu.
Harlington n’avait jamais rencontré de Tellarite avant la mutation du jeune aspirant à bord, et il trouvait fascinant de voir que derrière l’apparence porcine de cette espèce se cachait un caractère prononcé pour la négociation et les pourparlers. La première fois qu’il l’avait rencontré, il s’était attendu à l’entendre couiner et grogner, avant de se morigéner intérieurement : face à l’inconnu, ses réactions primaires n’avaient pas lieu d’être.
– Sur écran, monsieur Nimar.
Harlington faillit sourire en découvrant le visage du capitaine Valment. L’humain qui lui faisait face avait un regard dur, les traits sillonnés de rides profondes, et une barbe poivre et sel qui lui tombait sur la poitrine. Un véritable vieux loup de mer, avec un air plaqué sur le visage qui semblait proclamer « On ne me la fait pas, à moi, je ne suis pas né de la dernière pluie ! ».
– Bonjour, capitaine Valment, je suis Harry Harlington, commandant de l’USS Baltimore. Ravi de faire votre connaissance.
– Moi de même, commandant, grogna Valment, même si j’aurais préféré que ce fût en de meilleures circonstances. En tout cas, merci de vous être donné la peine de vous déplacer.
– Je vous en prie, capitaine. Me ferez-vous l’honneur de monter à bord pour une visite de courtoisie?
– Hum…voilà une offre bien tentante, à vrai dire. Le temps de laisser des consignes très strictes aux babouins qui me servent de subordonnés et je suis à vous ! Valment, terminé.
Large sourire aux lèvres, Harlington hocha la tête et fit signe à Nimar de couper la communication. Valment semblait assez pittoresque. Harlington était curieux de savoir si Sanders viendrait à la rencontre de ce personnage. Il ne l’avait plus vu depuis son incursion sur la passerelle, deux jours plus tôt, ce qui n’était pas pour lui déplaire.

Quand Harlington entra dans la petite salle de téléportation du bâtiment, son équipe d’ingénieurs était déjà partie à bord de l’Orcus. L’aspirant Kimiko Heitashi, petit bout de femme à l’expression espiègle, de la section sécurité, y attendait l’arrivée du navigateur de l’Orcus afin de le guider jusqu’à la passerelle, où ils auraient accès à la cartographie la plus récente de Starfleet concernant cette zone de l’espace. Deux autres membres de l’équipage étaient présents : Venamir Inriek, membre de la section pilotage/navigation, Zaldan aux doigts palmés et au caractère entier, présentement installé à la console de téléportation, et Thif, l’infirmier de bord, et donc adjoint de Sulok.
Harlington n’enviait pas ce dernier dans ce rôle, car non seulement il soupçonnait Sulok de pousser son subordonné au-delà de ses limites, avec le sens du perfectionnisme inhérent aux Vulcains, mais Thif était en outre Andorien…l’inimitié entre leurs peuples respectifs ne datait pas d’hier, même si les deux faisaient partie des espèces fondatrices de Starfleet.

Inriek manipula des boutons de la console, et le scintillement caractéristique du rayon téléporteur se fit entendre. Trois silhouettes humaines, d’abord indistinctes, se matérialisèrent peu à peu. Le capitaine Valment fut le premier à descendre du plot de téléportation, et Harlington constata que l’homme marchait pesamment et qu’il lui arrivait à peine à l’épaule.
– Bienvenue à bord, capitaine Valment.
– Merci, commandant. Voici Preston et Vintizen, deux de mes officiers de bord.
– Enchanté, messieurs. Me ferez-vous l’honneur d’une visite de la passerelle, capitaine ?
– A vrai dire, je préférerais de loin jeter un œil de convoitise sur votre salle des machines, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.
– Dans ce cas, suivez-moi, fit Harlington en souriant.
Finalement, c’était Sanders qui avait eu raison, commençait-il à croire : avoir des invités permettait de casser la routine à bord. Tandis que ses officiers prenaient en charge ceux de Valment, il conduisit son homologue civil vers leur destination.

La salle des machines était occupée par l’aspirant Mitchell, désigné par T’Savhek pour y faire acte de présence pendant que toute l’équipe d’ingénieurs du Baltimore se trouvait sur l’Orcus. Les trois hommes ne furent pas longs à deviser gaiement.
– Je peux ? demanda Valment au bout d’un moment, en montrant du doigt un hublot donnant sur la chambre intermix du réacteur.
– Je vous en prie, fit Harlington.
L’événement qui suivit eut lieu beaucoup trop rapidement pour que Mitchell ou Harlington puissent réagir. Alors qu’il semblait fasciné par le spectacle qui lui faisait face, Valment fit brusquement volte-face. Dans sa main, un phaseur miniature pointé sur eux…
– Mais que…commença Harlington.
– Silence ! coupa Valment avant de sortir un communicateur de sa poche. Preston, Vintizen ?
– Passerelle sous contrôle, équipage paralysé, répondit le dénommé Vintizen.
– Idem en ce qui concerne l’infirmerie, assura Preston.
– Parfait ! Vintizen, infiltre-toi dans la console de sécurité et verrouille toutes les portes du Baltimore : nous devons piéger le reste de l’équipage.
– Je ne peux pas, il me faut le code d’accès d’un officier supérieur pour cela.
– Ne quitte pas, répondit Valment avant de se retourner vers Harlington.
– Commandant, je n’ai pas beaucoup de temps. Vous l’aurez compris, je prends le contrôle de votre navire. Le code, je vous prie ?
Sous le coup de la surprise, Harlington mit quelques secondes à réagir, avant de rétorquer :
– Mais à quoi est-ce que vous jouez ?
– Mauvaise réponse, dit Valment.
Le capitaine du cargo pointa son phaseur en direction des jambes de l’aspirant Mitchell et tira. Le genou du responsable de la logistique explosa, et il s’écroula à terre en hurlant.
– La prochaine fois, je vise la tête ! Le code, vite !
Harlington n’hésita pas et donna son code d’accès, indifférent aux conséquences et surtout désireux de gagner du temps. Quand il voulut s’assurer de l’état de Mitchell, qui se tenait la jambe et affichait un masque de souffrances, Valment l’en dissuada, en secouant la tête et en le menaçant de son arme.
– Je dois m’assurer qu’il ne va pas se vider de son sang, insista Harlington en se baissant tout de même.
– Aucun risque, jeune homme, mon phaseur est réglé sur une puissance intermédiaire et le tir n’a pas traversé.
Le jeune sous-lieutenant se demanda avec anxiété si certains de ses subordonnés avaient été tués lors de cette prise de contrôle, notamment l’équipe envoyée sur l’Orcus. Dans le communicateur du pirate, la voix du dénommé Vintizen se fit à nouveau entendre :
– C’est bon, je suis rentré dans les systèmes.
– Bien, répondit Valment. Verrouille toutes les portes du vaisseau, à l’exception de celle qui ouvre sur le local technique J-27, et éteins l’intercom.
– C’est fait.
– Valment à Orcus, comment ça se passe ?
– Aucun souci à déplorer. L’équipe du Baltimore est sous bonne garde.
– Parfait, envoyez-nous les renforts.
Il coupa la communication et, montrant le local technique ouvert derrière Harlington, lui dit :
– Commandant, si votre camarade et vous voulez bien vous donner la peine…
Harlington attrapa Mitchell sous les aisselles et se mit à le traîner vers le local.
– Qu’est-ce que c’est que ce cirque ? Qu’est-ce que vous comptez faire ?
Valment le regarda avec une lueur farouche dans les yeux, et finit par lui répondre :
– Mes hommes et moi sommes des anciens de Starfleet. Nous en avons été renvoyés chacun tour à tour, tous suivant le même schéma : on nous imputé de soi-disant erreurs, qui nous ont coûté notre carrière.
– Et qu’espérez-vous en prenant le Baltimore ?
– Rien du tout, commandant. Une seule personne nous intéresse à bord : l’amiral Sanders.
– Mais…pourquoi lui ?
– Parce que tout est de sa faute, cracha Valment. A un moment ou à un autre, nous avons tous servi sous ses ordres, directement ou non, et il nous a fait renvoyer pour masquer ses propres erreurs, parfois dramatiques. Aujourd’hui, il va payer pour cela !
Pendant cette conversation, Harlington était parvenu à tirer Mitchell à sa suite, jusqu’à entrer dans le local technique. Le pauvre aspirant était muet, visiblement en état de choc.
– Starfleet ne vous lâchera pas, vous devez en avoir conscience, Valment.
– C’est la grande différence entre d’un côté mes hommes et moi, et de l’autre l’amiral Sanders : nous, nous assumons nos actes. Je n’ai rien contre vous ni contre votre équipage, Harlington. Nous allons ramener à bord votre équipe prisonnière sur l’Orcus, saboter votre antenne subspatiale et partir avec l’amiral…ainsi qu’avec vos cristaux de dilithium.
Harlington sentit la pression qui l’étreignait baisser légèrement. Sans antenne subspatiale, impossible de communiquer avec qui que ce soit, et sans cristaux de dilithium, pas d’accès à la vitesse de distorsion. Heureusement, ils seraient tous en vie. Sauf si certains acolytes avaient la détente aussi facile que leur chef, ou si l’un de ses propres hommes avait tenté un baroud d’honneur.

Valment verrouilla la porte du local, enfermant Harlington et Mitchell pour le coup.

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Jeu 16 Oct - 12:56

Chapitre 14 : la contre-attaque


Harlington avait très peu de connaissances médicales, ce qui ne l’empêcha pas de faire un garrot juste au-dessus du genou de Mitchell, malgré l’affirmation de Valment quant à la non gravité de la blessure. Le responsable de la logistique était plus muet que jamais, et pour cause : il avait fini par basculer dans l’inconscience.
Harlington s’assit par terre, jambes croisées, mains sur le genoux et tête tournée vers le sol. Hébété, il avait besoin de reprendre ses esprits. Comment avait-il pu échouer à ce point ? Sa carrière, qu’il voulait glorieuse, était d’ores et déjà finie, au bout de quinze jours à peine passés dans l’espace. Il se demanda si un précédent commandant de bâtiment de Starfleet avait fait pire. Quelle que soit la réponse, il eut le sentiment qu’à l’avenir, l’univers entier le montrerait du doigt et l’écraserait de son mépris.
Il sortit vite de son abattement, car quelque chose en lui le poussa à se relever et à réagir. Tout était sûrement terminé et l’amiral perdu, mais cela n’allait pas l’empêcher de tout tenter pour réparer ses erreurs. Quand, une demi-heure plus tard, T’Savhek parvint à forcer la porte du local, il était prêt. Les kidnappeurs n’allaient pas l’emporter au paradis.

Harlington sortit du local et s’effaça aussitôt pour laisser passer Sulok, sa mallette médicale à la main. Plusieurs membres de l’équipage se trouvaient là, et tous avaient un point commun : l’air honteux qu’ils affichaient. Seule T’Savhek demeurait la personnification de l’impassibilité, et Harlington ne vit pas le moindre signe que son attitude n’était que façade.
– Tout le monde à son poste ! T’Savhek, avec moi, dit-il sèchement en se dirigeant résolument vers l’ascenseur le plus proche.
Dès qu’ils y furent entrés et qu’il eut ordonné à l’ordinateur de bord de les conduire sur la passerelle, il attaqua d’une voix froide :
– Rapport de situation !
– A l’exception de l’aspirant Mitchell, personne n’a été blessé. Dès que les pirates ont mis la main sur Sanders et Viligo, ils les ont emmenés avec eux. Notre équipe capturée sur le SS Orcus a été téléportée sur le Baltimore, et les pirates, après avoir détruit notre antenne subspatiale, sont passés en vitesse de distorsion, il y a vingt-trois minutes. Ils ont en outre dérobé nos cristaux de dilithium, y compris ceux de secours. Commandant, je prends l’entière responsabilité de l’échec de…
– Pas de ça avec moi, T’Savhek, il n’y a qu’un seul commandant à bord, donc un seul coupable.
Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, et ils pénétrèrent sur la passerelle. Garcia et Inriek, occupant les consoles de pilotage et de communications, se retournèrent vers eux avec une expression de chiens battus. Harlington les ignora et s’assit dans son fauteuil. Il appuya sur le bouton de l’intercom intégré à l’accoudoir de son fauteuil et dit :
– Ici le commandant. Je n’ai pas dit mon dernier mot quant à notre situation. Vos nouvelles instructions ne vont pas tarder à suivre.
Il coupa la communication et se tourna vers le Zaldan :
– Inriek, collez-vous à la console scientifique, analysez les traces énergétiques qui subsistent dans la zone et identifiez la signature de l’Orcus. Dès que vous l’aurez, transmettez vos données à l’enseigne Garcia, afin qu’il nous calcule une trajectoire de poursuite.
Inriek se contenta d’acquiescer, même s’il brûlait d’envie de rappeler à Harlington que sans leurs cristaux de dilithium, ils n’avaient plus accès à la vitesse de distorsion. Mais vu le ton presque mordant qu’employait son supérieur, il n’osa pas s’y risquer.
Harlington pianota à nouveau sur l’accoudoir et dit :
– Infirmerie, ici Harlington. Comment va l’aspirant Mitchell ?
– Il irait mieux plus vite si vous ne m’interrompiez pas dans cette opération chirurgicale délicate, répondit froidement Sulok.
– Je vous saurais gré de vous dispenser de commentaires mal placés, docteur. Je suis encore le commandant de bord, et je veux votre rapport médical.
– La blessure n’est pas grave, bien que spectaculaire. Le régénérateur de tissus est déjà à l’œuvre. Il faudra entre douze à dix-sept jours pour que l’aspirant Mitchell soit intégralement remis et puisse reprendre ses fonctions à bord.
– Bien, docteur, voilà qui est beaucoup mieux. Harlington, terminé.
Il se tourna vers son officier en second et dit :
– Lieutenant T’Savhek, j’ai lu avec la plus grande attention tous les rapports concernant la remise en état du navire. Je veux dire tous les rapports techniques, dans lesquels apparaissent toutes les pièces qui ont été changées, celles qui ont été évacuées comme celles qui ont été amenées à bord. Ainsi, dans l’un des rapports, il était noté que nous avons deux jeux de cristaux de dilithium : un principal, et un autre de secours. Mais une chose m’a frappé à cette lecture, et j’ai vérifié ce point plusieurs fois : il n’était nulle part fait mention des anciens cristaux de dilithium, qui se trouvaient pourtant à bord lors de mon arrivée, même s’ils avaient été déconnectés du système. Ma question est donc : qu’est-ce que vous en avez fait ?
Harlington eut la satisfaction de voir son interlocutrice incapable de dissimuler sa surprise…pendant au moins deux secondes, une éternité émotionnelle pour une Vulcaine.
– Les cristaux précédents étaient fissurés, et donc trop sujets à une explosion pour y avoir recours. Mais j’ai préféré les conserver à bord, au cas où…
– Le cas où, c’est maintenant, T’Savhek ! Faites remettre ces cristaux en place, et nous irons chercher nous-mêmes l’amiral Sanders !
– Mais…ils sont fissurés, commandant. Ils pourraient bien nous lâcher au bout d’une minute.
– Ou d’un mois, rétorqua Harlington. Vous renforcerez le champ de contention autour, et surveillerez seconde par seconde leurs performances, afin que nous puissions les désamorcer sur-le-champ en cas de problème. Je vous laisse gérer les problèmes techniques, vous êtes mieux armée que moi pour cela. A moins que vous n’ayez une meilleure idée ?
– Non, commandant. Je m’en occupe immédiatement.
Garcia et Inriek, l’air de rien, n’avaient pas manqué une miette de cette conversation, et savoir qu’il y avait une chance pour qu’ils réparent leurs erreurs leur donna un regain de motivation pour s’atteler à leur tâche.

Trois quarts d’heure plus tard, Garcia et Inriek avaient réussi à déterminer la trajectoire du SS Orcus. Presque deux heures après, T’Savhek annonça que les anciens cristaux de dilithium avaient été installés, et restaient stables pour le moment.
– En avant toute, Garcia ! ordonna Harlington sur un ton de colère froide.

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Jeu 16 Oct - 18:09

J'pense que j'vais attendre que tu aies terminé toute l'histoire avant de relire^^ Ca me donnera un peu plus de temps Razz

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Jeu 16 Oct - 18:37

Ce sera fini pour la fin du mois. Twisted Evil

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Jeu 16 Oct - 18:38

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Sam 18 Oct - 11:00

Bon comme pour Tel'Ey je vais attendre un peu avant de commencer mon prochain cycle de relectures.... J'ai de l'écriture à faire, mettre Dispe à un niveau qui me permette de faire enfin avancer mon histoire plutôt que de corriger cette maudite erreur temporelle de scénar

Vous donner quelques scénes du chapitre 3 sur le premier jedi.... Peut-être une nouvelle de "l'équipe" mais je n'y crois pas vu mon retard sur les fiches SW.... Donc, je delaye un mes lectures pour travailler un peu... Il me reste plus que Heroes à finir de voir pour mes séries regardées en semaine....
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Ven 24 Oct - 23:18

Chapitre 15 : la poursuite


Journal de bord du commandant, coefficient espace-temps 1588,1. Nous avons engagé la poursuite des ravisseurs depuis trois heures, et parvenons pour l’instant à suivre leurs traces. J’ai demandé à l’enseigne Garcia d’essayer d’anticiper la trajectoire de l’ennemi, mais il s’avère impossible de deviner où il compte se rendre. Notre base de données scientifique n’a pas été actualisée depuis deux ans en ce qui concerne cette région de l’espace. Cette dernière ne figurait pas sur notre plan de vol, et nous n’avons pas d’équipe scientifique à bord. Cela explique cette lacune, qui devra être corrigée dans les meilleurs délais dès notre retour.

Harlington, assis dans son fauteuil de commandement depuis des heures, était d’un calme olympien, qui l’étonnait lui-même. Il parvenait à évacuer l’énorme pression qui pesait sur ses épaules, et avait la lucidité nécessaire pour réfléchir à la suite des événements.
Il avait ordonné à T’Savhek et Lupescu de préparer une équipe d’abordage, ce qui pouvait toujours servir, et surtout, il avait passé en revue tout ce qu’il avait appris ces derniers jours dans les ouvrages du commodore Jericho. Il se rendit compte, avec une surprise teintée de satisfaction profonde, qu’il avait retenu beaucoup de choses sur les engagements spatiaux.
Il n’était pas certain de se sentir prêt – car pouvait-on jamais réellement l’être quand il s’agissait de mettre en balance sa vie et celle de son équipage ? – mais avait la certitude de pouvoir défendre leurs chances en situation de combat.
Peut-être se trompait-il. Cela, il ne le saurait que le moment venu.

***

La réunion de crise eut lieu à Starfleet Command, présidée par l’amiral en chef Heihachi Nogura. Les douze amiraux présents ignoraient la raison de leur convocation, mais ne tardèrent pas à le savoir, quand le chef suprême de Starfleet prit la parole :
– Merci d’être venus, mes amis. Vous savez peut-être que l’amiral Graham Sanders a embarqué à bord de la corvette de classe Pluton USS Baltimore, immatriculation NCC-1152, il y a quinze jours. Sa mission était d’inspecter nos bases stellaires avancées le long de la zone neutre romulienne. Depuis hier, nous avons perdu le contact avec le Baltimore, et nous avons reçu ce message, directement envoyé à l’Amirauté.
Nogura s’effaça pour laisser libre l’écran géant qui se trouvait derrière lui. Un humain au visage buriné par le temps et pourvu d’une longue barbe apparut et prit la parole, l’air revêche :
– Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis l’ancien capitaine de Starfleet Jack Merridock Valment. Vous trouverez dans mon dossier les raisons qui ont vu mon éviction de Starfleet, au terme d’une comparution, aussi injuste que honteuse, devant la cour martiale de l’Amirauté. Comme je l’ai toujours clamé depuis cet événement indigne, j’ai toujours été innocent des griefs qui ont été lancés contre moi, mais tout le monde m’a ignoré et tourné le dos. La faute à un homme. L’amiral Graham Sanders. Je ne suis pas le seul officier à avoir subi ses foudres : chaque fois qu’il a commis des erreurs, il a trouvé des boucs émissaires à qui faire porter le chapeau. Des dizaines d’officiers compétents ont ainsi été radiés des cadres par sa faute.
Aujourd’hui, ces anciens officiers, que je commande, et moi-même détenons l’amiral Graham Sanders. Nous allons nous pencher sur toutes les exactions dont il s’est rendu coupable au cours de sa carrière, pendant un procès que vous aurez l’occasion de suivre en direct. Et ne vous leurrez pas : le verdict sera la mort.
Valment, terminé.

Un silence de mort s’abattit dans la pièce. Nogura, qui avait déjà visionné le message, en avait profité pour observer les réactions des membres de l’État-Major présents. Il avait eu droit à un beau florilège d’émotions : sourires à peine dissimulés, colère, impassibilité, perplexité.
Pour sa part, et même s’il n’aimait pas Sanders, Nogura était partagé entre une inquiétude légitime pour le Baltimore et son équipage, avec qui tout contact avait cessé, ce qui laissait supposer le pire, et une colère sourde contre les ravisseurs. Ils avaient raison sur un point : plus d’une fois dans sa carrière, l’amiral Sanders s’était sorti de situations compliquées de manières peu orthodoxes, voire suspectes pour certaines. Mais dans la mesure où aucune preuve de sa déloyauté n’avait jamais été apportée, Nogura était obligé de considérer Sanders comme étant blanc comme neige.
Sa colère avait deux sources : les méthodes des ravisseurs et l’enlèvement en lui-même. Ce pseudo-procès qui s’annonçait le mettait hors de lui, car si les enquêteurs et les services secrets de Starfleet n’avaient jamais pu trouver de griefs officiels à reprocher à Sanders, nul doute à ses yeux que les « preuves » que les kidnappeurs avanceraient lors du procès ne seraient qu’allégations et ragots. Et le fait même qu’un amiral puisse être enlevé et utilisé comme une marionnette le faisait bouillir intérieurement, car c’était une attaque directe contre les institutions de Starfleet.

***

Sur la passerelle du Baltimore, chacun s’activait en silence, pleinement concentré sur sa tâche. Harlington passait inlassablement en revue tout ce qui pourrait se produire dans les heures suivantes. Comme il n’était pas devin, ses réflexions ne pouvaient lui être d’aucune utilité, mais elles lui faisaient passer le temps.
Derrière lui, les portes de l’ascenseur chuintèrent en s’ouvrant, et Sulok vint se poster près de lui, à sa gauche.
– Comment va Mitchell, docteur ? demanda Harlington.
– Le processus de guérison est entamé, commandant.
– Bien.
– J’ai cru comprendre que nous nous sommes lancés à la poursuite des ravisseurs ?
– En effet, docteur, nous avons un amiral à récupérer, au cas où vous l’auriez oublié.
– Commandant, je… euh… permission de parler librement ?
Harlington fronça les sourcils mais opina du chef.
– Je pense que nous devrions faire demi-tour, commandant. Il est évident que nous ne sommes pas armés pour une telle « récupération ». Notre équipage n’est pas au complet, et notre navire n’est sans doute pas assez puissant pour mener cette opération. Sans parler de nos cristaux de dilithium abîmés, véritables bombes à retardement. La logique suggère que nous mettions le cap sur la base stellaire la plus proche et que nous passions le relais à un vaisseau plus adapté à ce type de mission, comme un navire de classe Constitution, par exemple.
– Vous avez été promu officier en second, Sulok ? demanda sèchement Harlington.
– Non, commandant.
– Pourtant, vos remarques ressemblent fort à celles dont T’Savhek m’a fait profiter.
– Mon opinion conjuguée à la sienne vous fera-t-elle changer d’avis, commandant ?
– Non.
– Mais commandant, je vous l’ai dit, la logique…
– Je laisse la logique aux Vulcains, ayez donc l’amabilité de laisser l’irrationalité aux humains. Autre chose, Sulok ?
– Non, commandant, fit Sulok sur un ton guindé, avant de quitter la passerelle.

La porte de l’ascenseur venait à peine de se refermer que l’enseigne Garcia annonça de sa console de pilotage :
– Commandant, je crois que nous les tenons !
– C’est-à-dire ?
– La piste s’arrête, et d’après nos cartes, il y a un ancien astéroïde minier tout près d’ici.
– Bien. Alerte rouge, tout le monde aux postes de combat !

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 12:42

Encore une ligne sur mon CV d'auteur : cette histoire étant terminée, en voici les suite et fin. Very Happy

Chapitre 16 : le procès


L’amiral Nogura avait fait en sorte que la diffusion du pseudo-procès de l’amiral Sanders soit la plus limitée possible, contrairement à ce qu’avaient prévu ses ravisseurs. Les équipes techniques de Starfleet étaient parvenues à intercepter le signal de diffusion et à le brouiller, et seuls les membres de l’État-Major, à nouveau réunis, en avaient la primeur.

Nogura était révolté par les accusations proférées par les ravisseurs, d’anciens officiers de Starfleet. Remettre ainsi en cause la plus haute émanation de la Fédération des Planètes Unies était inadmissible, même si une part de lui n’avait aucun mal à croire les griefs prononcés à l’encontre de l’amiral Sanders par les insurgés.

Stelek, l’amiral Vulcain en charge des Services Secrets de la flotte, ne bouillonnait pas moins que son supérieur, intérieurement. Il ne quittait pas des yeux la vidéo tridimensionnelle du « procès », et plus particulièrement le visage impassible de Sanders. Il ne pouvait s’empêcher d’éprouver de l’admiration pour son collègue, traîné dans la boue et placé dans l’impossibilité de se défendre.
Car ce que l’État-Major ignorait, y compris Nogura, était que Graham Sanders, sous le couvert d’être en charge de la Zone Neutre Romulienne, était en fait à la tête d’une section des Services Secrets qui n’apparaissait même pas dans l’organigramme de l’organisation.
Cette section, les Opérations Spéciales, était chargée de toutes les besognes inavouables de Starfleet, et jouait un rôle important dans certaines opérations de propagande. Seul l’amiral à la tête des Services Secrets, ainsi que le Président de la FPU lui-même, étaient au courant de l’existence de cette entité cachée.

Stelek était empli de compassion pour Sanders : les ravisseurs annonçaient leur version des faits, leur vérité, mais toutes leurs accusations se basaient sur des erreurs d’interprétation... qui ne pouvaient être rectifiées. Ni officiellement, ni même officieusement.
Sanders allait être tué, Stelek en était persuadé. Mais il le serait pour de mauvaises raisons.

***

Graham Sanders n’avait que du mépris pour ses accusateurs. Ceux-ci n’étaient que des enfants, qui ne connaissaient que la surface des événements qu’ils lui lançaient à la figure, et au cours desquels il avait soi-disant agi de manière inhumaine.

– Moi, Rupert Valnius, je vous accuse d’avoir démis mon père Franz de son commandement, et de l’avoir muté sur la planète-jungle d’Essonex III, où il a participé à une mission qui s’est avérée être suicidaire, car j’ai mené mon enquête, et aucune équipe de secours n’était prévue pour récupérer le petit commando que vous y avez envoyé !
Pauvre imbécile, pensa Sanders. Ce que tu ignores, c’est que ton frère était aussi un trafiquant de drogues dures, et que je l’ai placé devant l’alternative suivante : voir ses agissements révélés au grand jour, être dégradé et emprisonné ; ou aller mourir sur Essonex III, se sacrifier pour anéantir la base de généticiens qui y élaboraient des neurotoxines mortelles. Ainsi, son nom et son honneur seraient préservés, et sa veuve toucherait une pension. On en a fait un héros !

– Moi, Elronn Hunter, vous accuse d’avoir fait abattre l’USS Vancouver, tuant ses quatre cents membres d’équipage par la même occasion, sans leur avoir laissé la chance de résoudre le problème médical auxquels ils étaient confrontés.
Pauvre crétin, j’étais en communication permanente avec leur médecin qui, bien qu’éminent membre de l’Académie de Médecine de Vulcain, m’a avoué son impuissance à combattre le virus mortel qui décimait l’équipage. C’est lui-même qui m’a recommandé, en dernier recours, de détruire le navire, pour faire cesser la propagation du virus !

– Moi, Til’Marinn Amonn, vous accuse d’avoir harcelé mon mari, qui commandait l’USS Vigo. Vous avez passé deux mois à son bord, ne manquant pas de le critiquer et de le harceler en public, jusqu’à ce que cédant à la pression, il se suicide. A la suite de quoi vous avez quitté le bord sans une once de remords, et sans un regard en arrière ! Malgré mes efforts, aucune cour martiale n’a daigné vous condamner pour ce forfait abject !
Et si je te disais que ton mari avait une maîtresse klingonne, à laquelle il avait transmis des informations classées secret-défense, mais qu’il avait été assez malin pour détruire toute preuve directe l’incriminant ? Ce n’était que grâce à l’un de nos prisonniers klingons que j’avais su la vérité, et nos sérums de vérité avaient confirmé son histoire. Malheureusement, ce genre de données n’était pas acceptées dans le cadre d’une cour martiale, d’autant que le prisonnier klingon était au secret car détenteur de beaucoup d’informations explosives. Il fallait mettre ton mari hors d’état de nuire…

Graham Sanders supporta sans broncher une quinzaine de témoignages de cet ordre, tout en continuant à y répondre mentalement, point par point. Il n’était pas fier de ce qu’il était, ni de l’image qu’il renvoyait à autrui, mais si ses méthodes étaient peu orthodoxes, elles étaient nécessaires. Il faisait le sale boulot, car il fallait que quelqu’un le fasse. Discrètement, sans se plaindre, et étant certain de laisser rancœur et haine dans son sillage. Ses pairs de l’État-Major ne l’aimaient pas, mais le défendraient par principe. Seul l’amiral Stelek connaissait réellement tous les sacrifices auxquels il avait consenti… mais pas plus que lui-même, il ne pourrait avouer la vérité à quiconque.

***

Le Baltimore quitta la vitesse de distorsion non loin de l’ancien astéroïde minier, portant sur leurs cartes le nom d’Aldataïr-235.
– Levez les boucliers, phaseurs en batterie, ordonna Harlington par-dessus l’alarme tonitruante. Et coupez-moi cette fichue sirène, j’aimerai encore pouvoir me servir de mes tympans à l’avenir !
Garcia manœuvra lentement le Baltimore pour le mettre en orbite autour d’Aldataïr-235, tandis qu’à côté de lui, Lupescu était prêt à se servir des armes du vaisseau en cas de menace.
– Je détecte trois vaisseaux en approche, commandant, annonça calmement T’Savhek. Ils sont en train de contourner l’astéroïde.
– Ouvrez une fréquence.
– C’est fait, commandant.
– Ici le lieutenant Harry Harlington, de l’USS Baltimore. Rendez-nous l’amiral Sanders, ou nous venons le chercher.
– Je reçois une réponse, commandant.
– Sur écran.
Le visage buriné du capitaine Valment apparut, sur ce qui semblait être la passerelle d’un vaisseau.
– Je ne m’attendais pas à vous voir, Harlington. Bravo, belle opiniâtreté. Mais cela ne changera rien au sort de l’amiral Sanders. Faites demi-tour ou vous mourrez !
Harlington allait répliquer quand une explosion secoua le vaisseau. Lui-même n’évita de se retrouver à terre qu’en agrippant les accoudoirs de son fauteuil.
– Rapport ! lança-t-il après fait signe à T’Savhek de couper la communication.
– Il semblerait que nous ayons heurté une mine, monsieur. Nos boucliers tiennent le coup.
– Comment se fait-il que vous ne l’ayez pas détectée avant ?
– Je pense qu’elle était occultée, monsieur. Il est probable qu’il y en ait d’autres.
– On n’a pas le temps de s’en occuper. Surveillez les trajectoires de nos trois amis : ça nous fera autant de routes sûres si nous parvenons jusque-là.
– Ils convergent sur nous, commandant ! annonça Garcia.
– À quel type de vaisseaux avons-nous affaire ?
– Des frégates de type Lunpaar, monsieur. Ils nous sont inférieurs en tous points… mais ils sont trois.
– Commandant, intervint Lupescu, deux d’entre eux suffirrraient à avoirrr rrraison de nous.
– Choisissez-vous une cible, Lupescu, et feu à volonté !

Lupescu ne se fit pas prier et envoya plusieurs salves de phaseurs sur la frégate du milieu, ce à quoi les trois vaisseaux répondirent sur-le-champ de la même manière. Alors que les boucliers de la frégate allaient lâcher, les deux autres se postèrent devant pour la protéger, et recommencèrent à tirer sur le Baltimore. Harlington nota que Garcia n’était pas un mauvais pilote du tout, et qu’il parvenait à éviter un nombre non négligeable de tirs. Mais il sut aussi que cela ne suffirait pas.
– Nos boucliers sont en surrrchauffe, commandant, cria Lupescu. Encorrre deux voirrre trrrois coups au but et nous n’en aurrrons plus !
– Garcia, vitesse d’impulsion maximale ! Lupescu, lancez le rayon tracteur sur l’appareil de tribord !
– La Boucle de Jericho, monsieur ? demanda Garcia, impressionné.

Valment en avait vu d’autres, et le jeune lieutenant qui lui faisait face ne l’impressionnait guère. Le peu d’estime qu’il avait pour son adversaire fut confirmé quand le rayon tracteur du Baltimore se verrouilla sur l’une des frégates latérales, et que le vaisseau de Starfleet prit de la vitesse.
– Pauvre imbécile, marmonna Valment, j’ai servi sous les ordres de Jericho, je connais toutes ses astuce. Ces jeunes commandants n’ont vraiment aucune imagination…
Tout haut, il annonça :
– Préparez-vous à tirez sur la position 5.1.2, il va incurver sa trajectoire par ricochet.

– Attention, tenez-vous prêts, fit Harlington, tendu. Lupescu, vous allez lancer trois torpilles à photons sur notre prisonnier à mon ordre. Dès que ce sera fait, vous couperez le rayon tracteur. Maintenant, feu !

Quatre secondes plus tard, Lupescu en avait terminé. La frégate, prise dans le rayon tracteur, fut incapable d’esquiver les torpilles, et ses boucliers ne résistèrent pas à ce tir groupé. Elle partit à la dérive.
Quant au Baltimore, il fila droit vers l’astéroïde dès que le rayon tracteur, coupé, eut cessé de le rabattre vers les frégates. Valment avait compté sur une Boucle de Jericho classique, mais Harlington ayant changé de stratégie en plein milieu de son application, les tirs anticipés des frégates ratèrent largement le vaisseau.
– Faites le tour de l’astéroïde, monsieur Garcia. T’Savhek, profitez-en pour le sonder, je vous prie. Salle des machines, rapports d’avarie ?
– O’Connor au rapport, monsieur. La mine a provoqué une décompression, mais nous avons scellé hermétiquement les compartiments atteints. Nous travaillons activement à rétablir la puissance des boucliers. Ils sont à 40% pour l’instant, monsieur.
– Merci, enseigne. T’Savhek, que font les deux frégates qui restent ?
– Elles restent sagement de l’autre côté d’Aldataïr-325, monsieur.
– Bien. On y retourne. Que tout le monde soit plus vigilant que jamais.
Deuxième round, pensa-t-il…

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 12:44

Chapitre 17 : la bataille


Les cinq anciens membres de Starfleet, assis solennellement devant une longue table, prononcèrent tour à tour le mot fatidique : « coupable ». L’un d’entre eux se leva et dit :
– Amiral Graham Sanders, vous avez été condamné à l’unanimité par ce tribunal, et la sentence sera la mort. Avez-vous quelque chose à dire avant l’exécution de cette décision de justice ?
Sanders resta silencieux. Il avait décidé de rester fidèle jusqu’au bout à ses idéaux, à Starfleet. Il mourrait avec dignité, la tête haute. Et savourait la frustration qu’il provoquait chez ses ravisseurs en ne leur répondant pas. Pathétique victoire, mais c’était tout ce qu’il lui restait.

***

– Ils nous contactent, commandant.
– Un instant. O’Connor, ces boucliers ?
– 55%, monsieur.
– Parfait, continuez comme ça, je vais tenter de gagner un peu de temps. Sur écran.
Le Valment qui apparut était plus préoccupé que précédemment.
– Lieutenant Harlington, félicitations pour votre manœuvre hardie. Mais n’espérez pas nous jouer ce genre de tour une nouvelle fois.
– Vous n’avez aucune idée de ce dont je suis capable, Valment. Et vous allez l’apprendre à vos dépends.
Ceci dit, Harlington tendit le bras à l’horizontale devant lui, poing fermé.
– Que faites-vous ? demanda Valment.
– Je mesure l’intervalle, Valment, je mesure l’intervalle.
Un regard à T’Savhek, et celle-ci coupa la communication.
– L’intervalle, monsieur ? demanda-t-elle en levant un sourcil.
– Tout est bon pour le déconcentrer, T’Savhek, sourit Harlington. Qu’ont détecté les senseurs sur l’astéroïde ?
– Nous avons de la chance, il n’y a pas de matière qui interfère avec leur fonctionnement. Ceci dit, si j’ai détecté quinze personnes, dont douze humains, je ne vois pas à quoi cela nous avance.
– Moi je vois, c’est l’essentiel, répondit-il sèchement. Où se trouvent les signes vitaux que vous avez détectés ? Sont-ils dispersés ou ensemble ?
– Ils semblent se trouver dans un périmètre restreint, monsieur. Ils sont tous armés, car je détecte également des nœuds focaux d’énergie qui correspondent à des fuseurs, monsieur.
– Chaque signe vital est associé à un fuseur, vous en êtes sûre et certaine, lieutenant ?
– Oui, commandant.
– Aucune forme de communication n’émane de l’astéroïde ?
– Difficile à dire, vu que notre antenne subspatiale est hors service. Mais je pense que non, j’en aurai des échos dans les grilles d’analyses scientifiques.
– Bon. Garcia, nous faisons demi-tour.
– Monsieur ?
– Faites-nous quitter l’orbite, en prenant soin de laisser Aldataïr-325 entre nous et nos ennemis. Vous allez décrire une large boucle pour que nous puissions fondre sur l’astéroïde, et vous, Lupescu, vous allez le détruire en balançant tout ce que nous avons. Si les êtres à son bord sont tous armés, ce sont des ennemis, et l’amiral ne se trouve pas parmi eux. Il est donc forcément à bord d’une des frégates.
– À moins qu’il ne se trouvait dans celle que nous avons détruite, commandant, releva T’Savhek.
– Non, Valment aurait été plus affecté que cela, m’est avis. Quoi qu’il en soit, il est trop tard pour faire machine arrière. O’Connor, vous allez redistribuer la puissance du navire : je veux que chaque parcelle d’énergie, hormis des systèmes de survie, soit affectée aux boucliers. Avec un peu de chance, ceux de nos ennemis seront affaiblis voire rendus inopérants. Dès que nous aurons fini de subir l’onde de choc, vous redistribuerez l’énergie normalement. Exécution !

Harlington ne l’aurait pas avoué pour rien au monde, mais lui-même trouvait qu’il y avait beaucoup d’impondérables à son plan. Heureusement, T’Savhek n’eut pas le mauvais goût de les relever. Il en fut soulagé : peut-être estimait-elle que ça pouvait fonctionner ?
Le Baltimore avait tout juste fini de faire volte-face, prêt à s’élancer vers sa cible, que les frégates ennemies surgirent de la face cachée de l'astéroïde pour le prendre en tenaille.
– Ils arrivent trop vite ! Garcia, vitesse maximale ! Lupescu, feu à volonté !
L’officier de sécurité tira salve sur salve, et une bonne partie de ses tirs fit mouche. Les explosions se succédèrent à la surface d’Aldataïr-325, et l’astéroïde ne tarda pas à se morceler en de multiples blocs rocheux qui jaillirent dans toutes les directions.
Les frégates avaient eu le temps de prendre du champ, mais l’une d’elles perdit ses boucliers au contact d’un énorme débris d’Aldataïr-325, et se mit à dériver.
– Celui-là est hors d’état de nuire, dirigez-nous vers l’autre, Garcia. Lupescu, paré à tirer ?
– Parrré, monsieur. Mais je n’ai plus d’énerrrgie que pour quatre tirrrs, je pense.
– Alors tâchez de ne pas rater la cible ! Feu !
Lupescu avait bien estimé les capacités offensives restantes du Baltimore : il eut droit à ses quatre tirs, et un seul rata l’objectif. Les deux premiers furent suffisants pour vaincre la résistance des boucliers de la frégate, et le troisième provoqua une explosion au niveau de son pont supérieur.
– Ils dérivent à leur tour, annonça T’Savhek, impassible.
– Parfait. Pouvez-vous les scanner, afin que nous soyons sûrs de savoir sur quelle frégate l’amiral se trouve ?
– Je crains qu’il y ait trop d’interférences dues aux débris pour que cela soit possible, monsieur.
– Répondre « non » suffisait amplement, lieutenant. Garcia, mettez le cap sur le premier à avoir surgi de derrière l’astéroïde. Logiquement, c’est là que se trouvent les têtes pensantes. Avec un peu de chance, c’est notre cible.
– Les têtes pensantes militaires au sein de ce groupe d’insurgés, peut-être, mais rien n’indique que l’amiral Sanders s’y trouve également.
– Vous avez une meilleure idée, T’Savhek ?
– Non, monsieur.
– Alors on y va ! Lupescu, préparez une équipe de sécurité, nous allons aborder leur frégate… et je viens avec vous !
– Il n’en est pas question, commandant, intervint T’Savhek avant que Lupescu n’ait pu acquiescer. Le règlement de Starfleet interdit à ses commandants de vaisseaux de se trouver en première ligne dans des endroits potentiellement dangereux, et nous sommes en plein dans ce type de cas de figure. C’est à l’officier en second de prendre ce risque.
Harlington faillit rétorquer qu’il n’avait pas confiance dans la capacité de T’Savhek à improviser, mais il s’abstint de justesse. Voilà qui aurait été pour le moins maladroit, surtout face à l’équipage. Il ne trouva rien de mieux à faire que d’opiner du chef.
Dépité, il regarda ses deux officiers quitter la passerelle, et se promit de réfléchir à des astuces futures pour contourner ce point de règlement.

Les vaisseaux de classe Pluton tels que l’USS Baltimore disposaient d’un sas pressurisé pour s’accoler aux navires de même taille, aussi Garcia se lança-t-il dans une approche prudente, et très lente. Trop pour Harlington, qui trépignait intérieurement. Il se demanda même si Garcia était capable d’exécuter la manœuvre. Après tout, bien qu’il ait été soumis à des séances intenses de simulateur avant leur départ, Harlington n’avait pas eu le temps de lire les comptes-rendus précis rédigés par T’Savhek, se contentant de lire les lignes de conclusion. Le mot « acceptable » dansa dans son esprit en repensant au commentaire laissé par son second à propos des performances de pilote de Garcia. Et ce ne fut pas pour le rassurer.

Finalement, à la suite d’un léger soubresaut, Garcia annonça, tendu :
– Nous sommes amarrés, commandant.
– Bien joué, Garcia, répondit Harlington, avant de pâlir en voyant son pilote le front trempé de sueur et les mains légèrement tremblantes.
– Nous entrons, annonça sobrement T’Savhek dans l’intercom.

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 12:47

Chapitre 18 : le guet-apens


T’Savhek jaugea l’équipe d’intervention : Lupescu était concentré, le Tellarite Gork Nimar avait sa tête des mauvais jours, et Kimiko Heitashi avait abandonné son air espiègle. La Vulcaine fit signe à ses hommes de se tenir prêts et activa l’ouverture du sas, après s’être assurée que chacun avait le doigt sur la gâchette de son fuseur.
La coursive qui leur faisait face étant déserte, ils commencèrent leur progression, prudemment. T’Savhek sortit son tricordeur pour scanner les lieux et, ayant repéré la direction de la passerelle de la frégate, fit signe à son équipe de la suivre. Des interférences mettaient à mal les capacités du tricordeur, et si T’Savhek repéra une vingtaine de bio-signes, elle fut incapable de les localiser précisément.
Elle reprit sa marche, l’équipe de sécurité sur les talons. Ils arrivèrent sans encombre jusqu’à l’ascenseur qui menait à la passerelle. La Vulcaine hésita une seconde ou deux avant de s’y engouffrer avec ses hommes.
– Passerelle, annonça-t-elle calmement.

L’ascenseur venait à peine de se mettre en branle qu’elle vit les bio-signes sur son tricordeur s’agiter. Elle sortit son communicateur.
– T’Savhek à Harlington.
– J’écoute, lieutenant ?
– Nous sommes dans l’ascenseur qui mène à la passerelle, mais selon toute vraisemblance, nous allons tomber dans un guet-apens.
Entendre T’Savhek prononcer ces mots sur un ton qu’un humain aurait qualifié de badin sembla quelque peu surréaliste à Harlington, qui n’en sentit pas moins ses cheveux se dresser sur sa tête.
– T’Savhek, je…, commença-t-il, avant de se rendre compte qu’il n’y avait rien à dire. Dans l’ascenseur, l’équipe de son officier en second était coincée, et il n’y pouvait rien, aussi frustrant cela soit-il.
– Bonne chance, ajouta-t-il simplement, alors qu’il avait envie de hurler. Garcia, la téléportation est-elle toujours impossible ?
– Oui, monsieur. Les débris se dissipent peu à peu, mais pas assez vite pour l’instant.
– Estimation du temps qu’il faudra pour qu’elle soit à nouveau effective ?
– Je ne saurais le dire, monsieur, avoua-t-il piteusement.
– Bon. Je vais constituer une deuxième équipe d’intervention, au cas où les nôtres auraient besoin de renforts.Inriek, remplacez l’enseigne Garcia et continuez à surveiller ce paramètre. Garcia, je vous confie la passerelle. Si le bâtiment est en danger, vous mettez le cap sur la base stellaire la plus proche, est-ce bien clair ?
– À vos ordres, commandant.
– Bon courage, Garcia.
– Merci, commandant. Et bonne chance à vous.

***

Quand l’ascenseur arriva à destination, l’ouverture coulissa. Bien que le tricordeur de T’Savhek eût indiqué la présence de six personnes sur la passerelle, celle-ci sembla vide au premier abord, à l’exception de l’aide de camp de l’amiral Sanders, Sasha Viligo, et de Valment, qui la tenait par le bras et se faisait un rempart de son corps, fuseur pointé sur sa tête. Dès qu’elle fut entrée, l’équipe du Baltimore braqua ses fuseurs sur le capitaine ennemi. Valment annonça :
– Rendez-vous, vous n’avez aucune chance. Au moindre signe de menace, je la tue. Et mes hommes sont en train de converger vers la passerelle.
T’Savhek aperçut les quatre hommes de Valment : ils les tenaient également en joue, abrités derrière des consoles.

T’Savhek ne répondit rien. Sans quitter Valment des yeux, Elle estima la position du panneau de contrôle de l’ascenseur dans son dos et, d’un geste vif, le détruisit d’un tir de fuseur. Si l’équipage de Valment voulait les rejoindre, ils seraient obligés d’employer les couloirs de maintenance.
– Vous ne faites que retarder l’inévitable, lieutenant. Je ne le répéterai pas, lâchez vos armes ! cracha Valment.
T’Savhek réfléchit furieusement, passant en revue des dizaines d’options en moins de cinq secondes. Elle se maudit de n’avoir pas eu l’occasion de mettre au point des techniques d’intervention concertées avec ses officiers de sécurité. Quoi qu’elle entreprenne, ils manqueraient de coordination. La logique la fuyait, elle n’avait plus le temps d’y recourir. Lui fallait une idée, et sur-le-champ.
Elle se décala légèrement pour avoir un pas d’avance sur Lupescu et, ramenant discrètement une main dans son dos, lui fit signe de se tenir prêt, dans le langage de bataille de Starfleet. Elle espéra qu’il reconnaîtrait le signe et qu’il réagirait au quart de tour.
– Valment… prononça-t-elle simplement en tournant légèrement la tête vers Lupescu, en espérant que son officier comprenne qu’elle s’adressait à lui, avant de tirer dans deux directions opposées et de se laisser tomber à terre.
Son premier tir atteignit la console de pilotage, derrière laquelle se dissimulait l’un des pirates. Elle connaissait par cœur ce type de console, et avait tiré précisément là où l’anticourt-circuits courait derrière. La moitié de la console explosa et l’homme, touché de plein fouet par l’explosion, hurla de douleur avant de s’affaisser.
Le deuxième tir de T’Savhek, quasiment instantané, toucha la console scientifique derrière un autre pirate, et plus particulièrement le senseur de bio-signes, dans lequel du gaz toxique circulait. Le jet de gaz qui en émana enveloppa la tête du pirate et l’aveugla. Il porta les mains à ses yeux brûlés et hurla de douleur.

Valment et ses deux hommes restants répliquèrent aussitôt, comme l’équipe du Baltimore. Le déluge de feu ne dura que dix secondes, avant qu’un silence sépulcral ne s’abattît, uniquement troublé par le chuintement de la fuite de gaz de la console scientifique.
Dès le premier tir, Valment avait projeté un lieutenant Viligo impassible mais pâle comme la mort vers l’équipe de T’Savhek qui, dans le feu de l’action, les avait tous deux paralysés.
T’Savhek, qui avait effectué un roulé-boulé pour s’abriter derrière une console, releva prudemment la tête. Rien ne bougeant, elle prit le risque de se redresser, et alla s’assurer que les cinq pirates étaient inconscients. En revanche, eux n’avaient pas réglé leurs armes sur la fonction « paralyser »…
Le lieutenant Viligo gisait au sol. T’Savhek se pencha sur elle et s’aperçut vite qu’elle était simplement inconsciente : seuls les tirs paralysants des membres de l’équipage du Baltimore l’avaient touchée. Lupescu, inerte, avait tout le côté droit de son visage ensanglanté, sans que T’Savhek puisse déterminer sur l’instant la gravité de ses blessures. L’enseigne Gork Nimar couinait de douleur, recroquevillé en chien de fusil, la main sur le ventre. Du sang noirâtre s’en écoulait en une mare qui s’agrandissait peu à peu. L’aspirant Kimiko Heitashi était la mieux lotie. Blême et adossée contre une console, elle se confectionnait maladroitement un garrot autour de la cuisse, transpercée par un tir. Quand elle croisa le regard de T’Savhek, elle lui lança un sourire las pour la rassurer sur son état de santé.

T’Savhek attrapa la trousse de premiers soins, qu’elle avait pris avec elle par précaution, et en sortit un tricordeur médical. Lupescu, inconscient, ne semblait pas être en danger. Ce qui était le cas de Gork Nimar. Elle lui injecta une seringue hypodermique de stabilisant, et préféra le plonger dans l’inconscience, ce qui lui éviterait de se blesser par mégarde. Il fallait l’évacuer de toute urgence sur le Baltimore. Sulok devait le voir le plus tôt possible.
Mais comment faire, alors qu’entre la passerelle et le sas se tenait tout l’équipage ennemi ? Une autre équipe du Baltimore pouvait les sortir de là, mais se posait toujours la question de secourir l’amiral Sanders. T’Savhek avait compris que l’officier de l’Amirauté ne se trouvait pas sur cette frégate-là, mais sur l’autre. Sinon, nul doute qu’il aurait été l’otage de Valment sur la passerelle à la place du lieutenant Viligo. Quelle option allait privilégier Harlington ? Mettre ses hommes en sécurité ou aborder l’autre frégate ? En tant que Vulcaine, elle n’aurait pas hésité une seconde à sa place, et serait partie à l’assaut de l’autre frégate pour secourir l’amiral. Elle eut peur que le cœur humain de Harlington soit tiraillé entre ces deux choix, tandis qu’elle ouvrait son communicateur pour lui présenter son rapport.

Harlington n’avait pas chômé et se trouvait déjà en salle de téléportation avec la deuxième équipe d’intervention quand T’Savhek lui annonça les nouvelles. Il bondit sur l’intercom :
– Garcia, où en est la téléportation ?
– Elle est possible, mais trop risquée selon les paramètres de sécurité.
– On n’a pas le choix ! Si on ne fait rien, Gork Nimar va mourir !
Harlington se précipita sur la console de téléportation et lança ses ordres :
– Sulok, préparez le bloc et envoyez-nous un brancard ! T’Savhek, allumez le communicateur de Nimar, qu’on le localise pour le ramener !
Très tendu, Harlington commença à pianoter sur la console, en priant pour qu’il ne soit pas trop tard pour sauver le Tellarite. Heureusement, le commandant du Baltimore connaissait sur le bout des doigts le fonctionnement de ce type de console, car il avait toujours été fasciné par le concept de la téléportation. Il ne lui fallut pas plus de dix secondes pour mener à bien la configuration des systèmes, repérer le signal du communicateur de Nimar, et mettre en marche le téléporteur, dont le son feutré se fit entendre.
Garcia n’avait pas exagéré, concernant les paramètres de sécurité. Le faisceau du téléporteur refusa obstinément de se verrouiller sur le signal, ne parvenant pas à faire le tri parmi les multiples interférences. Harlington pianotait comme un fou, éliminant les sources parasitaires les plus évidentes et, se rendant compte que cela ne suffirait pas, il verrouilla tout de même le système sur tous les paramètres qui lui parurent les plus adéquats.
Il secoua la tête pour se débarrasser de la sueur qui coulait dans ses yeux, attentif à la manœuvre délicate et corrigeant la procédure au fur et à mesure que des alarmes se mettaient en route. Après ce qui lui parut être une éternité, le Tellarite apparut enfin sur un plot de téléportation.
Tremblant de tous ses membres, Harlington s’adossa contre un mur, tandis que l’équipe médicale menée par Sulok emmenait rapidement l’enseigne Nimar vers l’infirmerie. Harlington éprouva une immense fierté en captant le regard empreint de respect dont Sulok le gratifia en sortant.

Harlington s’épongea rapidement le front et reprit son communicateur. Il restait encore tant de choses à accomplir…
– T’Savhek, statut de votre équipe ?
– Les enseignes Lupescu et Heitashi nécessitent des soins, mais ils ne sont pas en danger immédiat, monsieur. Bien qu’inconsciente, le lieutenant Viligo va bien.
– Bon. Pensez-vous pouvoir vous barricader sur la passerelle, le temps que nous allions récupérer Sanders sur l’autre frégate ?
– Affirmatif, commandant.
– Alors je vous laisse, lieutenant, bonne chance !

T’Savhek ne répondit rien. Elle venait de mentir à son supérieur mais n’en éprouvait aucun remords. Son équipe et elle ne tiendraient pas longtemps dans leur position précaire. Mais l’essentiel étant que l’amiral Graham Sanders soit récupéré, elle ne voyait aucun inconvénient à se sacrifier avec ses hommes. Son devoir était clair.
L’aspirant Kimiko Heitashi fut sidérée de constater l’aplomb avec lequel T’Savhek avait déformé les perspectives de survie de l’équipe. Lupescu inconscient, elle-même hors d’état de se mouvoir, ils n’avaient aucune chance de résister, ni de faire bonne figure en cas d’attaque. Quelque chose en elle avait envie de hurler son envie de vivre, et se révoltait à l’idée qu’ils allaient peut-être devoir se sacrifier pour sauver un amiral aussi antipathique. Mourir pour une telle cause lui laissait un goût de cendre dans la bouche, mais elle était trop disciplinée pour polémiquer ou contredire sa supérieure.

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 12:49

Chapitre 19 : le sauvetage


Harlington lança une nouvelle série d’ordres et Garcia, sur la passerelle, s’empressa de les relayer. Le Baltimore se détacha de la frégate, abandonnant l’équipe d’intervention à son sort, et mit résolument le cap sur la deuxième où, selon les déductions de T’Savhek, l’amiral Sanders devait se trouver.
Harlington était sur des charbons ardents. Il aurait pu attendre cinq minutes de plus pour récupérer son équipe, temps nécessaire pour que les interférences se dissipent assez pour que la téléportation soit possible sans danger. Mais c’était courir le risque que les pirates reprennent la main et se débarrassent de l’amiral.
Il fallait surprendre l’ennemi. Il faudrait cinq minutes au Baltimore pour atteindre la position de l’autre frégate. Les pirates devaient penser que comme précédemment, le vaisseau de Starfleet allait s’arrimer. Ils concentreraient sûrement leurs efforts à sécuriser la zone d’arrimage, tandis que l’équipe d’intervention du Baltimore serait déjà à bord par le biais de la téléportation.

O’Connor avait déserté la salle des machines, laissant ses deux aides s’occuper des réparations les plus urgentes tandis qu’elle gérait l’envoi de Harlington et de son équipe sur la frégate. Les données défilant sur la console de téléportation étaient de bon augure. Les débris d’Aldataïr-325 se dispersaient paresseusement, même si des explosions retentissaient de temps à autre, lorsqu’ils coupaient la trajectoire de mines occultées. De manière générale, les interférences pouvant affecter les performances du téléporteur étaient en nette régression, au fur et à mesure que l’ordinateur de bord les intégrait dans ses paramétrages.
Harlington balaya du regard ses hommes. Faire un choix parmi eux avait été difficile, car entre l’équipe restée sur l’autre frégate et un nombre minimum requis pour manœuvrer le Baltimore, les possibilités n’étaient pas légions. En fin de compte, il allait partir à l’abordage avec le dernier membre de la sécurité disponible, l’Andorien Gotram, et Vilmalia N’Wakalin, l’officier de la logistique assistante d’Evander Mitchell, à la peau sombre et aux yeux noisette.
L’officier de sécurité était d’un calme olympien, tandis que N’Wakalin semblait très nerveuse.
– Tout ira bien, lui lança Harlington, parfaitement hypocrite. Réglez vos fuseurs sur « paralysie ». Dès qu’on débarque, on tire sur tout ce qui bouge, otage ou non. Il faut frapper vite et fort. Dès qu’on met la main sur Sanders, on dégage aussi sec. Des questions ?
Après un briefing aussi pitoyable, ni Gotram ni N’Wakalin n’osa en poser une.
– Commandant, je suis en mesure de vous téléporter sur leur frégate, annonça O’Connor.
– Parfait, allons-y !
Chacun se plaça sur un plot de téléportation et Harlington ordonna :
– Énergie.

Ils se matérialisèrent dans la salle de téléportation de la frégate, vide, à leur grand soulagement. Harlington sortit son tricordeur et la configuration du vaisseau, obtenue grâce au relevés de T’Savhek sur le vaisseau jumeau, apparut. Il indiqua une direction et ouvrit la marche.
Ils se retrouvèrent nez à nez avec un pirate, sorti brusquement d’une pièce débouchant sur le couloir. Il fut promptement paralysé, et l’équipe investit la pièce dont l’homme était sorti. Elle était vide et servait manifestement de quartier d’habitation. Ils y traînèrent le corps et restèrent dans les lieux, après avoir verrouillé la porte.
Harlington fit signe à Gotram, qui alluma le serveur informatique de la chambre.
– Alors ? demanda le commandant.
– Ça va être du gâteau, monsieur. Vieille frégate, vieux matériel… aisément piratable.
– Alors allez-y, et pressez-vous. Nous devons savoir où se trouve l’amiral !
Intérieurement, Harlington pesta contre les tricordeurs, incapables de différencier les êtres autrement que par leurs espèces…
Malgré son assurance, il fallut plusieurs minutes à l’aspirant Andorien pour contourner les systèmes de sécurité du réseau informatique de la frégate, et accéder aux données plus sensibles.
– Je l’ai ! Il se trouve dans une grande pièce, peut-être un mess, au niveau inférieur à notre position. Ils sont quatre avec lui. Voyez, j’ai isolé une caméra de sécurité.
– Parfait ! En avant !
Ils sortirent des quartiers et reprirent leur progression, plus prudents que jamais. À deux reprises, ils durent en découdre avec des pirates esseulés, qui furent mis hors d’état de nuire avant d’avoir pu donner l’alerte.
Harlington ne l’aurait avoué pour rien au monde, mais il s’attendait au pire. Il trouvait cela trop facile. Ce fut pourtant sans encombre qu’ils arrivèrent en vue de la porte du mess.
– On entre et on arrose, annonça-t-il, avant de faire face à la porte, ses hommes à ses côtés.
La porte chuinta en s’ouvrant.

Comme convenu, ils déclenchèrent un feu nourri, sans même prendre la peine de regarder sur quoi ou qui ils tiraient. Harlington vit des corps tomber, et quand il fut certain qu’aucun ne bougeait, il lança :
– Cessez le feu ! Gotram, verrouillez la porte ! N’Wakalin, soyez vigilante.
L’Andorien s’acquitta de sa tâche avec célérité, tandis que les doigts de N’Wakalin se crispèrent nerveusement sur son fuseur en étudiant les lieux.
Harlington se rapprocha des corps. Quatre pirates… et l’amiral Sanders, ligoté à un siège qui avait basculé avec lui quand il avait été touché. Tous plongés dans l’inconscience. Le commandant sortit son communicateur :
– Harlington au Baltimore, vous me recevez ?
– Haut et clair, monsieur, annonça Garcia, soulagé.
– Cinq à remonter, monsieur Garcia, fit Harlington avant d’empoigner la tunique de l’amiral.
Quand le rayon du téléporteur eut fait son œuvre, les pirates inertes se retrouvèrent seuls dans le mess.

Harlington descendit du plot et se précipita sur l’intercom :
– Nous sommes à bord, Garcia ! Cap sur la première frégate, nous devons récupérer l’autre équipe. Dès que ce sera fait, je veux que les phaseurs soient réparés et qu’on détruise les moteurs de distorsion des deux frégates. Nous pourrons alors mettre le cap sur la base stellaire la plus proche, et de là faire revenir un autre vaisseau pour capturer les pirates. Je vous rejoins sur la passerelle dès que j’aurai fait un saut à l’infirmerie pour prendre des nouvelles de Nimar.
Il se tourna vers ses hommes, occupés à libérer l’amiral.
– Comment va-t-il ?
– Mon tricordeur indique qu’il est simplement inconscient, monsieur, sourit Gotram.
Harlington allait lancer un soupir de soulagement quand la voix de Garcia cria dans l’intercom :
– Commandant ! Une corvette vient de sortir de distorsion !
– Harlington jura et sortit de la salle en courant.

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 12:51

Chapitre 20 : la corvette


Harlington eut à peine le temps de calmer les battements enfiévrés de son cœur dans l’ascenseur, d’éponger la sueur de son front, et de tirer sur sa tunique d’un geste nerveux, que la porte s’ouvrit sur la passerelle, assombrie par la lumière tamisée de l’alerte rouge.
Garcia quitta aussitôt le fauteuil de commandement et regagna le poste de pilotage.
Harlington se laissa tomber lourdement dans son fauteuil, en se demandant combien de mauvaises surprises cette maudite journée allait encore lui réserver ?
– Rapport ?
– La frégate que vous avez quittée s’est précipitée sur la corvette dès son arrivée, monsieur. Ce n’est pas un modèle utilisé par Starfleet.
– Merci, j’avais deviné, rétorqua sèchement Harlington. La frégate avec nos hommes ?
– Elle dérive toujours, monsieur.
– Sommes-nous à portée de téléportation ?
– Oui, mais avec la densité de débris, il va nous falloir nous rapprocher si nous voulons les sortir de là. Et nous ne pourrons pas utiliser la téléportation si nous devons lever nos boucliers.
Harlington grogna de dépit, avant d’appuyer sur l’intercom intégré à son accoudoir.
– O’Connor, où êtes-vous ?
– J’ai quitté la salle de téléportation pour la salle des machines, monsieur. J’ai estimé que les réparations redevenaient prioritaires. Ai-je eu tort ?
– Non. Quel est l’état du Baltimore ?
– Nos boucliers sont efficients à 80%, et nos réserves d’énergie remontent lentement. Nous devrions avoir assez de puissance pour lancer une dizaine de tirs de phaseurs.
– Bon. Profitons qu’ils soient occupés pour mettre le cap vers notre équipe. Garcia, faites en sorte que notre approche protège la frégate où se trouvent nos hommes.
– A vos ordres, commandant.
– Inriek, demanda Harlington à l’autre pilote, en charge de la console tactique, un comparatif des performances de cette corvette vis-à-vis de la nôtre ?
– En théorie, nous lui sommes légèrement supérieurs, monsieur. Mais vu ce que nous avons essuyé récemment, je pense que le rapport de force tourne désormais en leur faveur.
– Ils passent en vitesse d’impulsion, monsieur, intervint Garcia. Droit sur nous !
– Accélérez aussi. O’Connor, il faut quelqu’un en salle de téléportation pour récupérer nos hommes. Maintenant !
Sans attendre la réponse, il appuya sur un nouveau bouton et lança :
– T’Savhek, vous êtes là ?
– Oui, commandant.
– Nous arrivons, préparez-vous à être évacués. Il faudra faire vite, un nouveau danseur est entré en piste.
– Un… danseur, monsieur ?
– Une corvette ennemie, lieutenant, rectifia Harlington en pestant intérieurement contre la manie des Vulcains d’interpréter littéralement toute les expressions imagées typiquement humaines.
Il coupa la communication et dit à Garcia :
– Gardez les boucliers levés tant que nous serons devant la frégate. Vous allez la contourner, et c’est à ce moment là que vous les baisserez pour pouvoir téléporter notre équipe.
– Mais monsieur, c’est la frégate qui sera exposée au tir ennemi !
– J’en ai bien conscience, Garcia. La frégate nous servira de bouclier, et nous n’aurons que peu de temps pour récupérer nos hommes et lever les boucliers à nouveau. Salle de téléportation ?
– O’Connor à l’inter, monsieur.
– Vous êtes prête, aspirant ? demanda Harlington, étonnée qu’elle ait fait l’aller-retour… et en si peu de temps.
– Affirmatif.
–Bon, le timing sera serré, attention !

L’enseigne Garcia pianota furieusement sur sa console de pilotage pour incurver la trajectoire du Baltimore quand celui-ci fut presque sur la frégate.
– Baissez les boucliers ! ordonna Harlington. O’Connor, ramenez-les à bord !
La corvette n’était pas décidée à laisser le navire de Starfleet réussir sa manœuvre de sauvetage, et il se mit à lancer tir de phaseur sur tir de phaseur. Le Baltimore fut touché deux fois avant de pouvoir se cacher derrière la frégate. Cette dernière encaissa à son tour trois tirs directs, dont le dernier la fit se briser comme une coquille d’œuf.
Harlington ignora les rapports d’alerte qui affluaient de tout le vaisseau, occupé à se cramponner de toutes ses forces aux accoudoirs de son fauteuil. Étrangement, il se sentait déconnecté de la situation, comme si rien de tout cela n’avait d’importance… ou comme si rien ne pouvait lui arriver.
– Je les ai ! cria O’Connor à travers l’intercom.
– Boucliers ! ordonna Harlington. Et feu à volonté !
L’échange de feu fut de courte durée, car la voix de T’Savhek se fit entendre :
– Commandant, je suis en salle des machines. Nous perdons trop de puissance, nous devons fuir. Nous allons être détruits si nous restons.
Quelque peu vexé de ne pas obtenir la cerise sur le gâteau, à savoir la destruction ou la mise hors service de la corvette ennemie, Harlington se fit vite une raison. Après tout, l’essentiel avait été réussi : l’amiral, son aide de camp et l’équipe de T’Savhek avaient été récupérés. Et surtout, personne n’était mort… même si l’aspirant Nimar, en soins intensifs à l’infirmerie, était loin d’être tiré d’affaire.
Harlington trouva de mauvais augure de ne pas avoir de nouvelles du docteur Sulok, mais ce n’était guère le moment de s’en préoccuper.
– Vitesse de distorsion maximale, monsieur Garcia. Cap sur la base stellaire 23.
– A vos ordres, monsieur.
Ce n’est qu’à cet instant que Harlington se rendit compte que ses mains tremblaient légèrement.

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Minos
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 12:53

Epilogue


Quelle ne fut pas la surprise des opérateurs de la base stellaire 23 en charge des senseurs quand le Baltimore apparut sur leurs écrans, alors que tout le monde croyait le bâtiment détruit.
Le responsable de la base, le commodore Jingsham, fut impressionné par le rapport que lui fit Harlington. Sanders, en revanche, avait été très peu loquace depuis sa libération, et ne s’était même pas fendu d’un remerciement à l’égard de Harlington. Il ne fallut que deux jours pour que Starfleet lui trouvât un vaisseau pour le ramener sur Terre, car il décida d’annuler sa tournée des bases stellaires aux abords de la zone neutre romulienne.
Les retrouvailles entre le lieutenant Viligo et l’amiral Sanders avaient été étranges aux yeux de Harlington : ils s’étaient bornés à se saluer de la tête, mais Harlington avait senti qu’un orage d’émotions contenues menaçait d’exploser. Il n’en avait pas su plus car ils s’étaient éclipsés rapidement vers les quartiers de Sanders.

L’équipage du Baltimore put goûter un repos bien mérité, et Harlington octroya une semaine de permission à tout l’équipage, pendant que les ingénieurs de la base se chargeaient des réparations du vaisseau, sous la surveillance de T’Savhek.

Les officiers blessés au cours de la mission, Lupescu, Heitashi, Mitchell et Nimar reçurent une citation, ainsi que Harry Harlington, pour la manière dont il avait géré son commandement.
Nimar était arrivé à la base dans un état critique bien que stable, et il fut vite tiré d’affaire, même si sa convalescence prendrait des semaines. De son côté, Lupescu n’avait pas été loin de perdre son œil droit suite à sa blessure, ce qui aurait sonné le glas de sa carrière au sein d’un vaisseau de Starfleet. Il en porta tout de même les stigmates, en perdant 50% de ses facultés visuelles sur cet œil. Quant à Mitchell, l’opération qui consista à reconstituer son genou fut un succès, même si là encore, la convalescence et la rééducation prendraient du temps.

Les sous-lieutenants Harry Harlington et T’Savhek furent promus au grade de lieutenants. Dorin Lupescu, chef de la sécurité, fut promu au grade de sous-lieutenant, de même qu’Antonino Garcia, le responsable du pilotage, et le médecin de bord, Sulok. Evander Mitchell, responsable de la logistique, fut promu au rang d’enseigne.
Harry Harlington était satisfait de ses hommes : certains pensaient leur carrière finie quand il avait pris son commandement, mais il avait réussi à les remettre dans le bain, et ils ne l’avaient pas déçu. Certes, cet équipage était encore inexpérimenté et manquait de liant, mais ce qu’ils venaient de vivre était déjà un bon début.
De leur côté, les membres d’équipage avait pu jauger leur commandant, et leur verdict lui était très favorable. Il ne manquait pas de ressource, il l’avait prouvé dès le départ, et il considérait ses hommes bien plus comme des personnes que comme des pions, ce qu’ils n’avaient pas manqué d’apprécier.

La halte sur la base stellaire 23 dura deux semaines, au terme desquelles de nouveaux ordres arrivèrent en provenance de l’Amirauté. Du fait du départ de l’amiral Sanders, la tournée des bases stellaires le long de la zone neutre romulienne fut annulée, au profit d’un autre type de tournée : le Baltimore fut chargé d’aller rendre visite à une série de colonies financées par la Fédération. Ses soutes furent remplies de ravitaillement en tous genres, des rations de survie aux équipements de première nécessité.

Harry Harlington était assis dans son fauteuil, sur la passerelle. Coudes reposant sur les accoudoirs, mains jointes, il ne pouvait s’empêcher de laisser traîner les yeux sur le liseré doré qui ornait les manches de son uniforme moutarde. Lieutenant. Il avait du mal à s’y faire, et en était encore à se gonfler de fierté dès qu’il y pensait.

Il balaya la passerelle du regard, lentement.
Il sentit une bouffée de chaleur, vite réprimée, en observant la silhouette aux courbes harmonieuses de T’Savhek, penchée sur la console technique. Comme à son habitude, elle avait entortillé ses longs cheveux noirs dans un impeccable chignon, et une frange droite, dégradée sur les côtés, descendait jusqu’à la moitié de son front. Il aurait voulu plonger dans les yeux verts de la Vulcaine pendant des heures, et se demanda quel goût pouvait avoir ses lèvres fines.
Elle leva les yeux vers lui, comme si elle avait perçu son désir ou ses pensées. Il ne put s’empêcher de rougir et se demanda si elle l’avait remarqué. Il lui lança un sourire piteux auquel elle répondit en levant un sourcil interrogatif. Il secoua la tête et regarda ailleurs.
Un tintement discret se fit entendre du côté de la console de communications. Le Zaldan aux doigts palmées qui tenait le poste à titre provisoire, l’aspirant Venamir Inriek, annonça :
– Le contrôle de la base nous autorise à décoller, monsieur.
– Bien. Envoyez mes salutations au commodore Jingsham. Monsieur Garcia, quart d’impulsion.

L’USS Baltimore, immatriculation NCC-1152, se mit à frémir, et le ronronnement feutré de ses moteurs changea d’octave. Harry Harlington sentit l’excitation le gagner. Ça y est, c’est reparti !

Sa permission lui avait permis de se rendre compte que tout comme lui, l’enseigne… non, le sous-lieutenant Garcia nourrissait la même passion que lui pour les technologies d’antan. Il esquissa un sourire et fit :
– Tournez la clé de contact, monsieur Garcia.
– A vos ordres, commandant, répondit le pilote, se prêtant au jeu.
– Desserrez le frein à main.
– Fait, monsieur.
– Enclenchez la première.
– Monsieur, je proteste, je ne conduis que des voitures automatiques. Les leviers de vitesse me donnent des boutons !
– Faites rugir les chevaux, monsieur Garcia. Distorsion 3.

Les étoiles se mirent à défiler sur l’écran panoramique. Harlington se sentait bien. En paix avec lui-même, et avec l’univers. Cette paix dura six jours. Quand le Baltimore se retrouva en orbite autour de Narnaya Prime et contacta la surface, la colonie de la Fédération qui y était installée ne répondit à aucun appel…


FIN

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Den
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 14:48

Hmmm... bon, ben je lirai tout ça à tête reposée incessamment sous peu... Je l'espère le plus vite possible^^

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 15:19

Ouarrraaouuuu,

Voilà plein de bonne lecture... J'ai tout copié dans mon fichier de correction concernant USS Baltimore, j'en ai 25 pages... depuis le chapitre 13. Je me suis sérieusement remis au premier jedi, Heilénia semble être reparti pour une suite d'écriture, donc vu le boulot à faire si j'ai beaucoup de commentaires à faire, je dirais que j'arriverai à relire tout ça d'ici 3 à 5 semaines environ.

Je te mettrai une pièce jointe sur notre petit monde lorsque cela sera bouclé. J'espère que tu n'es pas préssé par le temps sur USS. En tout cas je m'y mettrai dés cette semaine... Il ne faut pas que j'oublie de gaver ma clé USB ce soir...
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Minos
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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Dim 16 Nov - 15:22

T'inquiète, chuis pas pressé, en effet, avec le retard que j'ai moi-même partout par ailleurs... Razz

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MessageSujet: Re: L'USS Baltimore   Mar 25 Nov - 22:59

Et voilà, relecture effectuée de tous mes chapitres en retard... Je te dépose une pièce jointe dans un mp sur Heilénia d'ici quelques minutes sauf problème technique.

J'ai adoré la fin, c'est très bon, l'action est bien dosée et je n'ai dépassé la centaine de commentaires qu'avec peine. C'est du bon travail même si je trouve que la qualité est un peu en dent de scie d'un chapitre à l'autre. Mais ce n'est pas un problème, le plaisir était au rendez-vous.
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