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 A l'aube du changement

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Notsil
Candy
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MessageSujet: A l'aube du changement   Sam 29 Mar - 2:11

Allez, ça faisait longtemps, voici une autre petite aventure se déroulant sur Galéir...^^


Il s’appelait Lias. Seulement « Lias », parce que ses parents l’avaient adopté alors qu’il n’était qu’un petit bébé à peine âgé d’un an.
D’une taille moyenne pour ses treize ans, il était plutôt svelte, tirant sur la maigreur, avec des jambes tout en longueur. Les garçons plus costauds se moquaient de son manque de force, mais il compensait par une vitesse et une agilité hors du commun : aucun de ses camarades n’arrivait à le battre à la course.
Il avait de nombreux amis, deux notamment qui lui étaient très proches, Dogger Arc’eris et Malm Syr’datis, et ils formaient un trio inséparable.
Lias avait toujours su qu’il était différent. Il n’avait qu’à comparer sa peau restant désespérément pâle à celle cuivrée de sa famille et des membres du Clan. Il adorait les forêts, que ses parents adoptifs craignaient, et se sentait étrangement nu et vulnérable hors du couvert végétal formé par les vénérables hêtres et les chênes séculaires.
Il en avait parlé à son père, sans trop savoir comment préciser son problème, rougissant au fur et à mesure qu’il s’empêtrait dans ses explications. Mais à sa grande surprise, Ara’syris n’avait pas ri. Il ne s’était pas moqué de lui, bien au contraire.
Il avait ébouriffé les cheveux en bataille de son fils, avant d’expliquer au jeune homme que toutes ces différences et ces changements étaient normaux. Des paroles qui tranquillisèrent Lias. Tous les hommes de tous les peuples vivaient les mêmes problèmes à l’adolescence, période de grands bouleversements intérieurs et extérieurs. Cela signifiait aussi que bientôt, il serait un adulte.
Il frissonna dans l’air froid. Les dirigeants du Clan semblaient toujours savoir quand un garçon atteignait l’âge d’homme, peu importait son âge ou son caractère. Lias ne savait que peu de choses là-dessus, sinon qu’il participerait alors à une étrange cérémonie mettant en scène la divinité révérée par les Clans du peuple Far’Sharaz. Il en avait souvent discuté avec Malm et Dogger, ils avaient même tenté d’espionner la dernière cérémonie, mais n’avaient rien découvert de plus que ce qu’ils connaissaient déjà.
Dépités d’avoir passé une nuit blanche sans obtenir aucun résultat, ils étaient partis cueillir des framboises en lisière de la forêt d’Arfirod. Ici, ils étaient loin des adultes du village, libres de se moquer de leurs aînés, de comparer la beauté des jeunes filles du Clan, ou d’imaginer le déroulement de cette fameuse cérémonie.
–Quelle galère tout de même ! On était si près du but ! lança Malm en attrapant une poignée de framboises.
Les examinant d’un œil critique, il en avala trois avant de déposer les deux autres dans le panier en osier passé à son bras.
–Hé, goinfre ! On ne va pas avancer si tu manges la moitié de ce que tu cueilles ! s’énerva Dogger.
Le plus grand des trois garçons, il était aussi le plus prompt à se mettre en colère, et l’éclat qui brillait dans ses yeux noirs montrait que l’explosion risquait d’être proche.
–Et alors ? commenta Malm avec nonchalance, on n’est pas pressé. Le soleil n’a pas encore amorcé sa descente, et nous ne sommes pas loin du campement. A moins que tu aies peur des monstres de la forêt ! ajouta-t-il.
–Ne te moque pas de moi ! vociféra le jeune homme, tu pourrais regretter tes paroles !
–Cessez vos histoires, intervient Lias, agacé de voir ses amis se disputer pour une raison aussi stupide. « Il nous faut réfléchir à une nouvelle stratégie pour assister à la prochaine cérémonie. »
Malm soupira avant d’engloutir plusieurs poignées de framboises.
–Lias, tu ne crois pas que nous ferions mieux d’attendre notre tour ? finit-il par dire. « Je suis sûr qu’Azaz nous a repéré la dernière fois. Il n’a rien dit, mais je doute qu’il nous couvre encore. »
Malm avait raison, l’acolyte du Grand Prêtre pouvait être tolérant, mais s’ils insistaient trop, il finirait par les dénoncer au Grand Prêtre, ou pire, au chef du Clan lui-même. Lias ouvrit la bouche pour répondre et un grognement surgit de la forêt toute proche, accompagnés de bruits suggérant une fuite éperdue.
Les fourrés bruissèrent à quelques pas à peine des jeunes gens pétrifiés par la peur, les yeux dilatés par l’angoisse. Une poignée de framboises glissa de la main de Malm sans que celui-ci s’en aperçoive.
Le son des branchages cassés et piétinés fit place à un volatile étrange, courant de toute la vitesse de ses petites pattes, tout en battant follement de ses petites ailes d’une façon totalement inutile puisqu’il restait désespérément cloué au sol. L’oiseau avait à peine parcouru quelques mètres hors du couvert végétal qu’un félin bondissant le ratait de peu, grognant de frustration. Les pépiements stridents s’intensifièrent alors que la bête se ramassait pour une nouvelle tentative, et l’assaut fut cette fois couronné de succès, les gazouillis s’éteignant comme la panthère refermait ses crocs sur le cou de la créature.
Les yeux dorés du félin se posèrent successivement sur les trois jeunes gens, comme pour juger du rapport effort/quantité de nourriture. La gorge nouée, le cœur battant la chamade, ils n’en menaient pas large, confrontés à un danger auquel ils n’étaient pas prêts à faire face.
Puis lentement, le prédateur se détourna, et tenant toujours fermement sa victime dans sa mâchoire, repartit en trois bonds dans les buissons de noisetiers. Sa disparition dans un froissement de feuilles mortes fut comme un déclic pour les trois amis, qui abandonnèrent framboises et paniers et partirent à toute allure en direction du campement.

L’arrivée des jeunes gens en état de choc suscita l’effervescence dans le Clan. Les hommes et les femmes allèrent fourbir leurs armes en attendant que le Grand Prêtre et le Chef du Clan les interrogent sur les évènements, priant le Dieu qu’il ne s’agisse pas d’un funeste augure.
Ifan’Sharaz, qu’on pouvait littéralement traduire par « La Voix du Peuple Sharaz », plus communément appelé Grand Prêtre, fit signe aux trois garçons d’entrer dans sa tente.
Des tapis épais recouvraient le sol de la pièce principale, et isolaient parfaitement du froid de la terre, et des coussins multicolores étaient disposés ça et là. Une partie de l’espace était masqué par une séparation composée de deux pièces de cuir tanné, sur lesquelles était gravée l’histoire du Dieu, dont la légende voulait qu’il ait sauvé le peuple Sharazien de la famine en le guidant vers des sources d’eau et de nourritures après le Grand Cataclysme qui les avait conduit sur les routes en quête d’un avenir meilleur.
Intimidés par l’air solennel du Grand Prêtre, les trois jeunes ne pipaient mot.
–Racontez-moi précisément ce qu’il s’est passé, dit-il d’une voix grave.
Malm et Dogger se précipitèrent immédiatement, des flots de mots coulant de leur gorge en cascade. Mais pas pour Lias, dont les mots restaient obstinément coincés dans cette boule qui lui serrait la gorge.
Ils eurent enfin fini leur discours, et Ifan se tourna alors vers Lias.
–Tu es bien silencieux mon garçon…mais tu n’as pas à avoir peur. Dis-moi ce qu’il te reste sur le cœur.
Il voulait vraiment parler, mais impossible de franchir le barrage qui obstruait le passage des mots. Il ouvrit la bouche pour tenter d’émettre un son, au lieu de quoi surgit un feulement rauque.
Il plaqua aussitôt les mains sur sa bouche, les yeux écarquillés par l’incompréhension.
Le Grand Prêtre prit un air soucieux, et avisant Malm et Dogger complètement sidérés, clignant des yeux comme s’ils ne parvenaient pas à croire ce qu’ils avaient entendu, il dit :
–Laissez-nous seuls.
Les deux jeunes gens, qui ne demandaient que ça, obtempérèrent immédiatement, avec un dernier regard pour leur ami.
–Bien. Maintenant n’aie crainte, et essaie encore une fois.
La mort dans l’âme, Lias s’exécuta. Que lui arrivait-il ? Un grondement s’échappa de ses lèvres avant qu’il ne referme la bouche, complètement paniqué.
Un pli soucieux barra le front du Grand Prêtre, pourtant déjà ridé par son âge avancé, et il se leva, dépliant sa grande carcasse dans le petit espace.
–Ne bouge pas d’ici. J’ai besoin de l’avis d’Orphis.
Lias acquiesça sans oser desserrer les dents, et resta seul avec ses pensées en attendant le retour des deux hommes les plus importants du Clan.
Un tremblement le secoua. Il se sentait mal, il avait l’impression d’avoir chaud et froid à la fois, glacé à l’intérieur et pourtant sentant sa peau brûler comme lors des journées les plus ensoleillées de l’été.
Etait-ce l’un de ces signes de l’adolescence dont son père lui avait parlé ? Il était resté assez vague et mystérieux sur le sujet, pourtant Lias gardait un doute : si tout cela était normal, pourquoi n’avait-il jamais entendu grogner les autres jeunes ? A moins que ce ne fut partie intégrante de la cérémonie ? A moins que le Dieu ne l’ait puni pour avoir tenter de voir ce qu’il n’était pas autorisé à contempler ?
Ses réflexions furent interrompues par l’entrée du Grand Prêtre accompagné du Chef de Clan, Orphis’Sharaz.
Lias se leva précipitamment pour saluer comme il convenait le Chef, manquant de trébucher dans les coussins.
Ses aînés lui firent signe de s’asseoir et Ifan lui redemanda d’émettre un son. Lias grogna quelques secondes avant de se taire, ne sachant trop quelle attitude adopter tandis qu’un silence gêné tombait sur les trois Farsharaziens.
–J’ai déjà rencontré quelqu’un avec un problème similaire, finit par dire Orphis. Il y a de nombreuses années, lorsque nous avions effectué quelques transactions avec un peuple habitant la forêt d’Arfirod. Il s’agissait d’un de leur jeune en pleine…mutation, comme ils disaient.
–Se pourrait-il qu’il ait subi la colère des Esprits-Démons de la Forêt ? s’enquit le Grand Prêtre.
–Non, je pense plus raisonnablement que…qu’il pourrait être l’un des leurs.
L’un des leurs. Lias resta estomaqué. Certes, il savait qu’il avait été adopté tout bébé, mais de là à découvrir qu’il était si…si différent des autres, de tout ce qu’il connaissait…Qu’allait-il devenir ?
Son angoisse dut transparaître dans ses yeux marron, car Ifan s’empressa de le rassurer.
–N’aie crainte, tu es et tu restes un membre du Clan.
Qu’il était frustrant de ne pouvoir articuler un seul mot compréhensible alors qu’il avait tellement de questions à poser !
–Je vais te raccompagner chez toi, et j’expliquerai la situation à tes parents. Mais mieux vaut que tu restes chez toi le temps que nous éclaircissions ce souci, conclut Orphis en se levant.
Lias le suivit hors de la tente, se demandant comment il pourrait rester inactif alors que tant d’inconnues venaient d’apparaître dans l’équation de son existence.


A suivre ^^

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Minos
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Sam 29 Mar - 2:37

Autant lire le background des Svetlaniens, humains qui se transforment en animaux, fait bizarre car on a du mal à l'imaginer, autant cette histoire est très intéressante pour montrer ce phénomène unique ! Vivement la suite, d'ici 48 heures...enfin, 47 !

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Den
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Sam 29 Mar - 12:26

J'ai de la chance ce matin! Deux nouvelles à lire bounce
C'est une histoire vraiment très intéressante qui donne envie d'avoir la suite au plus vite bounce
Le jeune héros est vraiment bien décris et on commence à mieux comprendre les mutations Svetlaniennes!

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aj crime
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Sam 29 Mar - 13:33

Ah, nous allons en apprendre plus sur ces gens, mes voisins géographique. Et bien voilà un bon début, j'attends la suite avec impatience. Les descriptions sont un peu courtes mais c'est de la deformation personnelle... En tout cas merci Notsil pour ce bout de plaisir.


Dernière édition par aj crime le Dim 30 Mar - 18:46, édité 1 fois
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Titi

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Dim 30 Mar - 17:29

Je n'ai pas grand chose à dire à propos de ce début de nouvelle sinon que c'est bien écrit, que les pensée de Lias sont retranscrites avec réalisme et qu'on veut vraiment connaître la suite.
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Notsil
Candy
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Dim 30 Mar - 23:31

Merci pour vos avis ^^ Je vais tâcher de détailler un peu plus, je prend d'ailleurs des notes pour intégrer quelques plantes et animaux de Galéir qui pourraient être utiles ^^

Du coup je prend un peu de retard pour poster ^^ Mais la suite devrait arriver dans les prochains jours ^^

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mer 2 Avr - 23:59

Allez, une courte suite, il doit rester des fautes ^^ :

Lias dut le reconnaître, ses parents faisaient tout pour le mettre à l’aise. Pleine de tact, sa mère Sarah Daer’los lui avait donné une multitude de petites tâches quotidiennes qui lui occupaient autant les mains que l’esprit, et surtout, qui ne nécessitaient pas l’usage de la parole. La sensation de se savoir utile était revigorante, après l’abattement qui l’avait envahi ces dernières heures.
La soupe aux légumes et aromates du soir avalée, ils étaient partis se coucher. Mais libéré de tout travail, l’esprit de Lias avait rapidement fourmillé de questions restées sans réponses. Il lui était impossible de trouver le sommeil, et il passa un long moment à se tourner et se retourner sur sa couche.
Etouffant dans cette tente où il était resté enfermé plus longtemps que dans aucun de ses souvenirs, il rejeta sa couverture en douce laine de Gufu et écarta lentement les pans de tissu qui le séparait de l’espace commun. Ses parents semblaient dormir, la voie était donc libre.
Il veilla à faire le moins de bruit possible et quitta la petite habitation, avant de se redresser dans l’air frais de la nuit, qu’il inspira longuement, savourant une liberté retrouvée. Il y détecta de nombreuses odeurs qu’il n’avait jamais remarqué jusque là, l’effluve forte et musquée d’un Liamord en pleine chasse, celle de la peur d’un groupe de Bandara qui avaient sans nul doute repéré la présence d’un danger sans le localiser précisément, la douce fragrance des Silias, ces fleurs qui ne s’ouvraient qu’à la faveur de la nuit, formant un tapis fugitif de couleurs chamarrées ; les relents des excréments d’Uroks – nettement moins agréable, et heureusement noyée dans la masse ; et puis cette autre odeur, différente et pourtant subtilement familière, mais qu’il ne parvenait pas à identifier.
La multitude et la précision des informations lui parurent soudain effarantes. Depuis quand était-il capable d’identifier un animal grâce à son odorat ? Comment avait-il réussi cet exploit ? Une peur insidieuse s’infiltra en lui, lui enjoignant de courir, de fuir, de se concentrer uniquement sur sa respiration et lui permettant d’oublier tout le reste.
La lune était haute dans le ciel étoilé, éclairant la plaine d’un halo blanchâtre. Lias n’eut aucun mal à s’orienter vers le lac situé à quelques minutes du campement. Un petit plongeon dans l’eau fraîche lui ferait du bien et l’aiderait à dissiper ses angoisses.
Il commença à se dévêtir, ôtant bottes et chemise. Son menton le démangeait, il y porta la main pour se gratter tout en enlevant ses derniers vêtements.
Il stoppa alors net son geste, alerté par une sensation étrange. Des poils. Il avait une barbe ? Devenait-il un homme ? Il s’approcha de la rive en espérant que l’éclat lunaire soit suffisant pour lui permettre de distinguer son reflet.
Mais le visage qui apparut n’était pas le sien. Il se détourna avec horreur. Quelle était cette malédiction ? D’abord sa voix, et maintenant tout son visage qui s’était transformé en celui d’une panthère ! Jusqu’où cela irait-il ? Comment oserait-il revenir au Camp ? Impossible de se cacher parmi autant de gens !
–Ainsi, c’est bien ce que je pensais : tu es l’un des nôtres.
La voix surgie de nulle part le fit sursauter, paniqué, et son regard parcourut vivement les alentours.
Un jeune humain était nonchalamment assis sur le tronc d’un arbre abattu en bordure du lac. Enfin, si c’était bien un humain avec des yeux de la même couleur que l’ambre.
Sa première réaction fut de lui demander qui il était, et ce qu’il faisait là : mais seuls des grognements sortirent de sa gorge, renforçant sa frustration. Cet étranger constituait-il une menace pour le Clan ? La peur et l’impuissance furent renforcées par une sourde colère contre lui-même d’avoir été si imprudent, se combinant en un maelström d’émotions.
L’individu sauta souplement au sol. Il dépassait Lias d’une bonne tête, mais semblait suffisamment jeune pour que ses joues n’aient pas besoin du rasoir chaque jour. Il n’était pas vêtu d’habits en laine comme les gens du Clan, mais de cuir et de fourrure laissant les bras et les jambes nues. Il portait également des bottes lacées juste sous le genou, et ne paraissait pas armé, pour autant que Lias put en juger.
L’homme fit quelques pas en direction de Lias, et le jeune Sharazien recula d’autant.
–N’aie pas peur, voyons, je ne te veux pas de mal. Je peux t’aider.
La voix de l’étranger était calme et apaisante, presque envoûtante, et malgré sa méfiance coutumière, Lias se sentit en confiance.
–C’est la première fois que ça t’arrive, n’est-ce pas ? Non, je sais bien que tu ne peux pas me répondre. Fais moi juste un signe de tête.
Lentement, toujours sur ses gardes, Lias acquiesça.
–Il est normal que tu ne te contrôles pas encore. Tu dois d’abord te calmer, apaiser ton esprit. Faire le vide, et te détendre. Vas-y, prends ton temps.
D’abord hésitant, Lias finit par décider que suivre les conseils de l’étranger ne lui ferait pas de mal.
Il ferma les yeux, parce qu’il avait toujours plus de facilités à se concentrer lorsque le monde disparaissait derrière l’obscurité de ses paupières.
Bon, première étape, se calmer. Mais il était calme là, non ? Il n’était pas en colère contre cette malédiction qui s’était abattue sur lui, il n’était pas frustré de ne pas réussir à ne pas prononcer un seul mot, il n’avait pas envie de hurler en remarquant les regards compatissants de ses parents. Adieu l’impression de sérénité qui s’envolait alors que ses pensées s’éparpillaient. Sur quoi pouvait-il fixer son esprit ? Qu’est-ce qu’il était calme ?
Un lac. Voilà, il n’avait qu’à penser à un immense lac placide, sans une ride venant rompre l’harmonie de sa surface. Une belle étendue d’eau à perte de vue, que rien ne venait troubler. Il était l’eau, calme et imperturbable. Et pour la première fois depuis longtemps, il se sentit bien, en paix avec lui-même.
–Voilà, c’est mieux.
La voix fut un choc, un galet qui troubla toute la sérénité à laquelle il était parvenu.
–J’y étais presque ! Pourquoi…
Il s’arrêta, stupéfait. Il avait parlé ! Le maléfice avait-il disparu ? Il porta les mains à son visage, tâtant des contours qui lui étaient familiers, absolument lisses. Désireux de vérifier de ses propres yeux, il alla contempler son reflet. Oui, c’était bien le visage qu’il connaissait ! Un large sourire s’épanouit sur ses lèvres.
–Tu as levé le maléfice qui pesait sur moi, étranger ! Je t’en remercie. Tu dois être un puissant sorcier parmi les tiens.
L’être eut un signe de dénégation.
–Tu n’as pas compris. Ce n’est pas une malédiction, c’est la marque que tu appartiens à notre peuple. Tu es un Svetlanien, comme moi.
Lias hocha négativement la tête.
–Svetlanien ? Les Sharaziens voyagent beaucoup, et connaissent tous les peuples. Je n’ai jamais entendu parler de « Svetlaniens », et pourtant, de nombreux mythes et légendes sont parvenus jusqu’à nous.
–Je me doutais que tu ne me croirais pas…Très bien, je ne chercherai donc pas à te convaincre. Mais je serai là, demain soir, et le soir d’après, et ce jusqu’à ce que ton Clan change de campement. Quand tu auras besoin de réponses, je serai là.
Lias le vit reculer dans les ombres, avant d’entr’apercevoir une forme féline filer en direction des bois.
Il frissonna, et écartant l’idée d’un bain, entreprit de se rhabiller. Devait-il croire l’étranger ? Il avait eut l’air de le comprendre, et surtout il l’avait aidé à recouvrer la voix et une apparence normale…
Mais non, tout ça était du passé maintenant. Les Esprits-Démons de la Forêt avaient levé leur malédiction. Tout redeviendrait comme avant.


Suite et fin toujours prochainement ^^

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Jeu 3 Avr - 10:33

Belle suite, ma foi. Le fait que le texte se focalise sur Lias oblige le lecteur à se poser plein de questions, sur la détection des Svetlaniens entre eux, sur l'attitude des chefs Sharaziens sur le phénomène, et bien sûr sur comment les choses vont évoluer pour Lias.

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Jeu 3 Avr - 10:35

Merci, les réponses arriveront dans la suite ^^

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Jeu 3 Avr - 11:08

Aaaaah! Voici la suite^^
Une excellente partie qui est bien mystérieuse! On s'attache de plus en plus au héros.
J'aime particulièrement le passage où Lias respire les odeurs et les reconnaît. ;très poétique, je trouve^^

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aj crime
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Jeu 3 Avr - 12:53

Hummm c'est du tout bon ça !!!!

N'hésite pas à bien les décrire et à me donner quelques détails sur leurs capacités, j'aurais surement besoin de les utiliser dans ma nouvelle lorsque je vais faire passer les premiers cols à ma caravane de Séphropans...
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Lun 7 Avr - 18:53

Merci ^^

AJ si tu as besoin d'infos supplémentaires, n'hésite pas à me demander.
Une petite suite (encore ^^), mais le dénouement final approche ^^

Vous pouvez toujours tenter de trouver l'oeuf de Pâques géologique caché dans l'ensemble de la nouvelle sinon Razz

Allez zou :

Lias s’éveilla comme la lumière pénétrait dans la tente. Il venait de faire un rêve des plus étranges, où il se transformait peu à peu en un fauve redoutable. Il frissonna à cette seule pensée. Un rêve ? Un cauchemar plutôt !
Il sortit et s’étira longuement sous le soleil qui baignait la plaine, savourant la chaleur qui l’envahissait.
–Bonjour, Lias. Te sens-tu mieux aujourd’hui ?
–Bonjour maman. Je me sens en pleine forme. Quelque chose ne va pas ? ajouta-t-il comme elle semblait surprise.
–Mais tu…parles. Alors, tu es guéri ?
Lias sentit un froid glacial s’insinuer jusque dans ses os. Peut-être que ce cauchemar n’en était pas un…Tout avait-il donc été réel ?
Sarah ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus longtemps.
–Bien, Malm et Dogger sont partis ramasser des racines et des baies près de la rivière. Tiens, tu n’as qu’à prendre un panier et aller les rejoindre.
Songeur, le Sharazien suivit néanmoins les recommandations de sa mère. Il retrouva ses amis en pleine bataille de lancer de baies.
–Ah ben bravo…
Les deux jeunes gens se retournèrent brusquement, surpris de n’avoir entendu Lias approcher. Une trace de jus violet dégoulinait sur le visage de Malm.
–Lias ! Tu nous as fait peur ! s’exclama Dogger.
–Ravi de voir que tu t’exprimes de nouveau correctement, ajouta Malm, avant d'aller se frotter vivement les mais dans l’eau claire de la rivière, puis de s’en asperger le visage.
–Avoue plutôt que tu as fait une belle blague au Grand Prêtre ! fit Dogger tout en ramassant son panier. Il enleva toutes les baies abîmées et soupira quand il vit qu’il en restait si peu.
Indécis, Lias hésita à révéler à ses amis que non, il ne l’avait pas fait exprès…Comme il aurait tant aimé que toute cette histoire ne fusse qu’un mauvais rêve…
Le jeune homme ne prit pas la peine de répondre à son ami, et n’évoqua plus le sujet du reste de la journée. Sentant qu’il était d’humeur morose, Malm et Dogger tentèrent de le dérider, mais sans succès.
Leurs paniers débordants enfin, les trois adolescents prirent le chemin du retour en silence, se séparant sans un mot en arrivant au Camp.
Sarah lui prit la corbeille des mains sitôt qu’il fut à l’intérieur.
–Tout s’est bien passé ? s’enquit son père Erod avec précaution.
Cette fois, Lias ne put se contenir. Qu’avaient-ils tous à faire comme si ils craignaient quelque chose ?
–Je suis normal ! hurla-t-il.
–Lias calme-toi, intervint sa mère, le front plissé par l’inquiétude.
Le jeune homme fit volte-face, comme pour l’affronter.
–Je ne suis pas une bête, gronda-t-il alors qu’un bruit de poterie brisée résonnait sur le sol. Sa mère écarquilla les yeux. Un mauvais pressentiment l’envahit. Qu’avait-il encore fait ?
–Lias, commença son père, le Chef est venu me parler hier…j’avoue que j’étais sceptique, mais devant cette preuve, je ne peux que me ranger à son avis : tu appartiens à cette espèce des hommes-panthères.
–Quelle preuve ? demanda Lias, anxieux, en détaillant machinalement ses mains.
–Il vient de…te pousser une queue, finit par répondre sa mère.
Incrédule, le jeune homme se contorsionna pour observer le bas de son dos, où effectivement se trouvait une queue de panthère qui ondulait comme sous l’effet d’une volonté propre.
La bouche soudainement sèche, il s’exclama :
–Mais qu’est-ce qu’il m’arrive….
–Allons, fit Sarah Daer’los en le prenant dans ses bras. Tu ne dois pas t’inquiéter. Tu es et tu resteras notre fils, quoiqu’il arrive. Ne t’inquiète pas, répéta-t-elle.
Laissant enfin libre cours à ses pleurs dans le giron maternel, Lias ne vit pas le regard inquiet qu’échangèrent ses parents.

Le Sharazien ne dormit pas de la nuit. Après le repas du soir, sa queue avait tout simplement disparue, comme par magie. Tous ces changements lui donnaient des sueurs froides. De quoi avait parlé son père ? D’ « hommes-panthères » ? Mais quelle était cette abomination ? Il ne voulait pas être à moitié humain, il voulait être un homme tout court !
Et si l’étranger avait raison, finalement ? L’avait-il vraiment attendu, ce soir ? Aurait-il le courage d’aller le voir ? Il n’en avait encore parlé à personne. Avait-il eu raison ?
En lui, la curiosité le disputait à la méfiance innée qu’il éprouvait envers tous les étrangers qu’ils rencontraient au hasard des routes. Combien de fois avait-il entendu des histoires de magie qui tournaient mal ? De pauvres hères qui venaient se plaindre d’avoir été dépouillés sans compter tous ceux qui n’étaient plus vivants pour compter leurs mésaventures…
Lias passa toute la nuit à ressasser le pour et le contre. Il pouvait y aller, et ne jamais revenir…ou tout aussi bien il pouvait se trouver tout seul à attendre un miracle comme un imbécile…Peut-être devrait-il en parler d’abord à ses parents…mais s’ils lui interdisaient de venir ? A la réflexion, ses parents lui avaient rarement dénié leur autorisation, et puis, il pouvait toujours se faire la belle en cachette comme il en avait l’habitude avec Malm et Dogger.
Ou alors il mettait juste ses deux amis au courant, au cas où…Non, c’était une mauvaise idée : ils ne pourraient pas s’empêcher de le suivre, et si personne ne se montrait, il en entendrait parler pendant longtemps….et il n’avait aucune envie d’être la risée de tout le Camp.
La meilleure solution restait donc d’en parler à ses parents et d’aviser par la suite selon leur réaction.

Le matin même, devant son bol de gruau qu’il remuait sans conviction depuis un moment, il finit par prendre son courage à deux mains et se lança :
–Papa, maman…J’ai quelque chose d’important à vous dire.
Les deux adultes furent aussitôt sur leurs gardes, malgré un soulagement évident de voir que l’ambiance tendue était enfin rompue.
Erod Ara’syris posa sa cuillère dans son bol, avant de fixer Lias, pleinement concentré.
–Tu as toute notre attention, mon fils.
Des mots prononcés d’une voix sereine et assurée qui ne trahissait en aucun cas son malaise.
Et Lias leur raconta son entrevue nocturne avec l’étranger, ses révélations, ses doutes. Il finit par une question :
–Est-ce que vous pensez que…ça pourrait m’aider d’aller le voir ?
Sarah et Erod échangèrent un long regard. De nouvelles informations qui complétaient celles fournies par Orphis. Leur fils serait donc un Svetlanien…et dans ce cas, qui serait mieux à même de l’aider à passer cette étape difficile, qu’un autre Svetlanien ? Tout était trop concordant pour qu’il s’agisse d’un piège. Et puis, la vie valait parfois qu’on prenne des risques pour elle.
–S’il peut vraiment t’apporter des réponses, alors n’hésite pas, répondit son père. Et sache que nous serons toujours là pour toi, quoi qu’il arrive.

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Lun 7 Avr - 20:56

J'aime beaucoup, je trouve le perso crédible, l'ambiance dramatique est bien transcrite et évite le gnan-gnan. Bien vite la suite ! cheers

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Lun 7 Avr - 21:02

Les sharaziens font donc une grande confiance dans les Svetlaniens au point de confier leur fils à un inconnu sans même en débattre et discuter aprement ?????

Si non c'est très bien écrit comme à ton habitude et trés agréable à lire. Je lirais la suite avec impatience même si je n'ai pas encore trouvé de révélations profondes ce qui devrait bientôt arriver...
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Lun 7 Avr - 22:20

je n'ai pas grand chose à ajouter à mes prédécesseurs si ce n'est "mais quel est donc cet oeuf de Pâques géologique ?"
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mar 8 Avr - 11:52

Merki ^^

Citation :
Les sharaziens font donc une grande confiance dans les Svetlaniens au point de confier leur fils à un inconnu sans même en débattre et discuter aprement ?????
Les Sharazines sont un peuple pacifique et accueillants qui font généralement confiance aux gens...au contraire de Lias qui lui possède la méfiance instinctive d'un animal ^^

Bon en même temps vrai qu'ils n'en débattent pas trop...mais n'oublions pas qu'ils sont un peu perdus par rapport à ce que vit leur fiston et qu'ils aimeraient l'aider...

Enfin si d'autres trouvent aussi que ça mérite une explication supplémentaire, je pourrais essayer de la rajouter ^^

Pour l'oeuf de pâques, si je vous donne un indice ça va devenir trop facile Razz
Donc ça attendra éventuellement la prochaine fournée ^^

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mar 8 Avr - 13:51

Une histoire à l'ambiance dramatique bien marquée et plaisante à lire! Un héros du tonner! que demander de plus à cette histoire qui atteint déjà des sommets!
J'ai vraiment apprécié cette partie! bounce

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mar 8 Avr - 15:26

S'ils sont un peu perdu face aux évènements qui troubles la vie de leur fils cela provoque en général un rejet instinctif. Maintenant si cela appartient aux caractéritiques de leur peuple de ne pas provoquer le rejet de ce qui leur est étranger tant mieux mais il faudrait alors l'expliquer de façon clair et précise lors d'une discussion familliale ou une introspection de l'un des parents (des confidences sur l'oreiller ça c'est pas mal non plus) (comment ça avec une scène érotique en plus ????? j'ai jamais dit ça !!!!).


Dernière édition par aj crime le Jeu 10 Avr - 16:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mar 8 Avr - 16:29

^^ Oui j'ai pensé en effet à faire une scène où les 2 parents en discutaient...mais je l'ai finalement reportée parce que je ne voyais pas trop la caser ici, préférant rester centrée sur Lias.

J'essaierai de faire transparaitre tout ça plus clairement alors ^^

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Lun 14 Avr - 21:33

Allez zou, encore une suite ^^ mais normalement le dernier morceau avant la fin ^^ :

Lias passa l’après-midi à tourner comme un fauve en cage dans la tente qu’il occupait avec ses parents. Il n’osait plus sortir, de crainte qu’une partie de son corps ne change encore, le plaçant dans l’embarras.
Alors il patientait, anxieux, inquiet, et pourtant satisfait d’être parvenu à une décision. Mais n’allait-il pas être déçu ? Aurait-il vraiment les réponses à ses questions ? L’attente était vraiment insupportable. Et ce soleil qui n’avançait pas dans le ciel, paraissant immobile…pourquoi le temps semblait-il toujours s’arrêter lorsqu’on souhaitait au contraire qu’il accélère ? Il devenait fou !
Ses parents avaient bien tenté de lui confier quelques tâches domestiques pour occuper son esprit, mais il lui était impossible de se concentrer sur autre chose que cette rencontre dont l’échéance se rapprochait si lentement.
Malm et Dogger étaient passés prendre de ses nouvelles dans la matinée, étonnés de ne pas le voir déjà au travail, et Erod leur avait répondu qu’il était souffrant, ce dont Lias lui était reconnaissant. Il n’aimait pas mentir à ses amis, qu’ils soient passés lui avait mis du baume au cœur, mais il ne se sentait pas encore capable de leur expliquer la situation et encore moins d’affronter leurs regards. Seraient-ils aussi compatissants quand ils sauraient ce qui lui arrivait ?
Lias s’en rendait maintenant compte, il avait peur, mais non de ce qu’il devenait ; sa seule crainte était de perdre ses amis et les gens qu’il appréciait, de se retrouver seul, méprisé de tous.
Ses parents lui avaient pourtant dit qu’ils l’aimeraient toujours, et Lias avait confiance en eux et ne doutait pas de leur parole ; mais comment allaient évoluer ses relations avec les autres Sharaziens ? Aurait-il encore la chance qu’une jolie fille lui sourit ou lui adressa la parole ?
Dire que bientôt, il saurait enfin tout ce que qu’il avait besoin de connaître…
Le temps s’écoulait lentement, mais l’après-midi se termina enfin, à la grande joie de Lias qui voyait les ombres s’étendre jusqu’à ce qu’elles ne furent plus distinguables des objets eux-mêmes.
N’y tenant plus, il quitta la tente, oubliant dans son allégresse et sa précipitation de prévenir ses parents. Il évita les lieux fréquentés, zigzaguant entre les habitations pour rejoindre les grandes plaintes verdoyantes où les Clans avaient élu domicile.
Il avait tellement vu et revu dans sa tête le trajet qu’il devait parcourir pour rejoindre la rivière que le manque de lumière ne le gêna pas ; il ne nota même pas que cette absence de lune était due aux nuages chargés de pluie, trop concentré sur son objectif.
Il arriva essoufflé près du coude que formait la rivière, là où les eaux tumultueuses se calmaient quelque peu. Il lui suffit d’un coup d’œil pour voir qu’il était seul. Il scruta les lieux une nouvelle fois, plus lentement, prenant le temps de détailler chaque buisson, chaque rocher, partagé entre tristesse, soulagement et déception. Avait-il vraiment espéré que la solution à tous ses problèmes soit si simple ?
Il fit quelques pas avant de s’asseoir, sur un tronc d’arbre, celui-là même sur lequel lui était apparu l’étranger. S’était-il lassé de l’attendre ?
–Je ne t’attendais pas si tôt.
Lias bondit sur ses pieds, le cœur battant la chamade. L’étranger était là, perché sur un rocher, tout près du lit de la rivière.
–Je…vous…vous m’avez surpris, parvint à dire le jeune homme.
Un sourire découvrit les dents blanches de son vis-à-vis.
–A vrai dire, je suis surpris aussi. Je ne pensais pas que tu prendrais ta décision si rapidement.
Sautant souplement au sol, il s’avança vers le Sharazien.
–Mon nom est Lyderis.
–Lias, répondit-il sobrement.
–Alors, est-ce la curiosité qui t’a poussé à revenir ? Ou as-tu déjà accepté ta vraie nature ?
Le Sharazien réfléchit un moment avant de répondre, le regard rivé sur ses mains.
–Je ne sais pas vraiment, avoua-t-il. Comment êtes-vous sûr que je sois…l’un des vôtres ?
Un sourire narquois apparut sur le visage du Svetlanien.
–Il n’y a, à ma connaissance, que les hommes de mon peuple pour se changer à leur guise en panthère ; voir ta tête ce jour-là m’a suffi, bien que j’eusse déjà des doutes. Un Svetlanien sait en reconnaître un autre ; cela ne s’explique pas.
–Et donc, vous pouvez me dire pourquoi…tout ça…m’arrive maintenant ? demanda Lias en butant sur les mots.
–Nous avons aussi notre période de changements et de bouleversements. Nous avons pu observer que ce phénomène se traduisait de façon visible chez la plupart des peuples par une augmentation de la pilosité faciale…Il n’en est rien pour nous, nos joues resteront glabres et ne connaîtront jamais la morsure du rasoir…Le changement, pour nous, consiste à connaître sa partie animale. Tout débute par des transformations spontanées incontrôlées, et lorsqu’un Svetlanien maîtrise totalement sa technique de métamorphose, il est alors considéré comme un adulte. Tu dois donc apprendre à accepter cet autre corps.
–Tout semble si évident…, rétorqua Lias, amer, mais rien ne me dit comment faire.
–Parce que tu pensais naïvement que tout serait facile ? fit Lyderis d’un ton acide. Notre don fait notre force. Ses arcanes ne s’apprennent pas en un jour. Si tu n’es pas là pour t’instruire et t’obstiner quelque peu dans tes efforts, je n’ai rien à faire ici.
Le Svetlanien s’était animé en parlant, et Lias sentait la passion qui l’habitait. Plus grand que lui, il ne paraissait pourtant pas très âgé, Lias estimait qu’il devait avoir dans les dix-huit printemps…savait-il vraiment autant de choses qu’il le prétendait ?
–Alors, que décides-tu ? Veux-tu apprendre ou dois-je te laisser te débrouiller seul ?
Le sarcasme fit grincer des dents le jeune homme, qui finit par baisser la tête.
–Très bien. J’ai besoin de vous pour m’expliquer, je n’ai pas d’autre choix…Que dois-je faire ?
–Nous allons tenter d’accomplir ta métamorphose complète ce soir…mais avant, il y a une règle primordiale que tu dois intégrer : tu ne dois jamais rester sous forme animale plus d’un jour et une nuit ; jamais, quelles que soient les circonstances.
Lias ne put s’empêcher de frémir en entendant les paroles prononcées d’un ton grave par le Svetlanien.
–Que se passe-t-il sinon ? demanda-t-il malgré tout, poussé par la curiosité.
Les yeux ambrés le fixèrent avec intensité, jusqu’à ce qu’il se sente mal à l’aise.
–Ton esprit reste prisonnier du corps animal, dit-il enfin. Et peu à peu, ta conscience se dissout, jusqu’à ce que tu ne sois plus qu’un fauve féroce ne pensant qu’à sa survie…cela répond-il à ta question ?
Le jeune homme déglutit péniblement tout en acquiesçant. C’était donc le sort qui l’attendait s’il échouait à se retransformer…réjouissant.
–Bien, nous allons commencer. Pour ne pas être distrait et déséquilibré, je te conseille de te placer dès le départ à quatre pattes. Ce sera plus simple pour toi.
Ne parvenant pas à se défaire de l’idée qu’il devait vraiment avoir l’air d’un idiot, Lias s’exécuta. Il espérait vraiment que personne n’ait eu l’idée saugrenue de le suivre.
–Maintenant, la partie la plus dure et la plus facile à la fois…tu fois faire le vide dans ton esprit, puis te concentrer sur l’image d’une panthère. Tu es la panthère et elle est toi à la fois…Visualise surtout les détails : couleur des yeux, la fourrure qui recouvre son corps, les moustaches, dont tu comprendras l’utilité plus tard, les griffes, très utiles aussi…
Tandis que Lyderis continuait sa description précise sur un ton monocorde, Lias se laissait doucement bercer par sa voix envoûtante. Lentement, il sentait son esprit se vider de toute préoccupation, de toute question, il n’y avait plus que la voix de Lyderis, qui lui parlait de…panthère ?
–Maintenant !
Une partie de son esprit enregistra le ton de commandement, l’autre s’émerveilla de sentir ses muscles, ses os et ses tendons se réarranger, gagner en volume ou encore disparaître…
Il vit bientôt comme en plein jour, entendit le bruissement de petits rongeurs dans les herbes hautes de la plaine, sentit l’odeur du Camp, de Lyderis, et de toutes ces autres sensations qui lui permettaient de découvrir le monde sous un nouveau jour…
–Pas trop mal, pour une première tentative, fit Lyderis d’un air satisfait.
Pourquoi « pas trop mal » ? voulut demander Lias. La force de son grondement le surprit à moitié. Quelle puissance courait dans ses veines ! Une douce euphorie l’envahissait alors qu’il levait ses pattes une à une, comme pour tester ses muscles. Il avait réussi !
–Il te manque une queue, continua Lyderis. Concentre-toi davantage.
Une queue. A quoi pourrait-elle bien lui servir ? Il essaya cependant, après tout, il avait promis d’obéir.
Le rire sonore du Svetlanien le prit de court.
–N’as-tu jamais vu une panthère de ta vie ? parvint-il enfin à dire. La queue doit faire presque la longueur de ton corps, aussi courte elle ne te servira à rien !
Vexé et blessé dans son amour-propre, Lias aurait bien voulu lui demander de lui montrer. Mais comme s’il s’attendait à cette remarque, le Svetlanien continua :
–Regarde.
Là où il avait fallu plusieurs minutes à Lias, Lyderis se métamorphosa en quelques secondes et vint se poster sur un rocher tout près de l’eau.
–Viens voir.
Lias était curieux de savoir comment il avait réussi à parler sous son apparence animale…se sentant encore maladroit, il décida de ne pas bondir comme son mentor et préféra s’approcher prudemment.
Il put alors comparer son reflet à celui de Lyderis, et constata à quel point il manquait de pratique. Patiemment, il se corrigea, ajustant la taille de ses oreilles, allongeant ses moustaches et sa queue, et testant la longueur de ses griffes rétractiles. Lyderis le détaillait toujours, n’hésitant pas à pointer tous les défauts.
–Bien, ça me paraît suffisant, déclara-t-il une heure plus tard. Maintenant, il te faut t’adapter et pratiquer. Observe, et reproduis.
Le Svetlanien se détendit brusquement et atterrit souplement de l’autre côté de l’eau. Bouche bée, Lias se demanda comment il pourrait réussir pareil exploit. La rivière mesurait aisément cinq à six mètres de large !
–Ne tergiverse pas, fit Lyderis comme s’il comprenait son dilemme. Tu n’es plus un simple humain, saute !
Lias se ramassa sur lui-même et bondit à son tour. La puissance de sa détente le surprit, tandis qu’il avait l’impression de voler dans les airs. Le sol qui se rapprochait le tira de ses considérations, et la panique envahit son esprit. Dans un réflexe purement humain, il envoya ses jambes en avant pour amortir sa chute. Le résultat ne fut pas aussi probant que prévu, et déséquilibré, il fit un roulé-boulé avant que son agilité instinctive – décuplée sous cette forme – ne le fasse revenir sur ses quatre pattes, quelques peu flageolantes.
–Quelle réception ! se moqua Lyderis. Tu dois cesser de penser de façon humaine.
Lias se sentit vexé : pour une première tentative, il jugeait qu’il ne s’était pas si mal débrouillé que ça. Le Svetlanien dut se rendre compte de son air renfrogné car il ajouta :
–J’ai tendance à oublier que tu ne côtoies pas ces félins depuis ta naissance…enfin, la pratique te permettra de pallier à ce genre de problèmes. Maintenant, il te faut reprendre forme humaine.
Déçu de devoir quitter si rapidement cette apparence à laquelle il commençait à s’habituer, Lias se concentra sur l’aspect du jeune homme qu’il était. En ouvrant les yeux, il vit ses mains bien humaines, et s’approcha de la rivière pour vérifier si tout avait aussi bien fonctionné. Il grimaça en constatant qu’il avait encore ses moustaches et ses oreilles de panthère. Il se concentra de nouveau, sentant cette fois clairement ses moustaches se rétracter lentement, et ses oreilles reprendre leur taille et leur forme initiale. Satisfait, il se permit un sourire.
–Tu apprends vite, admit Lyderis. Je pensais que tu aurais besoin de beaucoup plus de temps…mais tu sembles avoir accepté ce côté de ta personnalité très facilement.
–J’ai eu toute la journée pour y réfléchir, reconnut Lias. C’était la seule solution logique…puis les sensations que j’ai eu, c’était si…magique…peut-être que quelque chose s’est débloqué en moi à ce moment, je ne sais pas…mais je ne considère plus tout ça comme…un problème.
–Je vois, fit Lyderis avec un sourire énigmatique. Tu as quand même besoin de pratique. Plus tu seras à l’aise, et mieux tu pourras te contrôler. Reviens demain, nous nous exercerons.
–Très bien. A demain, et merci pour ton aide.
–N’oublie pas : un jour et une nuit.
Lias acquiesça, mais le Svetlanien n’était déjà plus qu’une ombre qui filait en direction de la forêt.


L'oeuf de Pâques introuvable est toujours là, réponse dans le post de fin ^^

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Lun 14 Avr - 21:49

Eh bien, tu nous as concocté là une suite aux petits oignons! tu revisites le mythe du jeune héros apparemment sans talents spéciaux qui découvre sa vraie nature!
Je suis totalement tombé sous le charme de cette histoire!

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Lun 14 Avr - 21:57

Toujours aussi sympa et fouillé, j'aime bien toutes ces précisions sur Lias, ses pensées, etc, qui le rendent vivant et crédible.

Vivement l'oeuf de Pâques la fin de l'histoire !

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mar 15 Avr - 17:21

Crédible, oui. Tu as pris un peu plus le temps sur les descriptions, la discussion apporte des informations petit à petit nous immergeant dans l'univers que tu es en train de construire. Si un jour tu reprends le dialogue avec les parents, suis le même principe de demande / réponse, introduction / réponse et en ajoutant l'aspect trés émotionnel qui ressort toujours au milieu d'une cellule familliale. Avec des petites remarques assassines parce qu'ils savent où ça fait mal se connaissant sur le bout des doigts.

En tout cas l'interet de la scène est très bien relancé et l'environnement très bien dépeint. On s'y croirait !
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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mar 15 Avr - 20:31

Restera juste à peaufiner le background de la prime enfance des Svetlaniens, et les circonstances et conséquences de leur transformation...ou non-transformation. Twisted Evil

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MessageSujet: Re: A l'aube du changement   Mar 15 Avr - 21:07

Héhé t'inquiète j'y ai réfléchi ^^

Et merci AJ, normalement je devrais faire une scène avec les parents, j'espère que ça ira (ça me met de la pression tout ça ! ^^)

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